top of page

Marche de Inexxx

Dernière mise à jour : il y a 6 heures

Marche de Inexxx accompagnée par Roxane

 

Stage de préparation :

 

I : Bonjour, je m’appelle I. J’ai 16 ans. J’étais placée depuis le 13 janvier en Foyer d’urgence, en région parisienne. J’ai décidé de faire ce séjour de rupture pour me vider l’esprit et retrouver la motivation.

Pendant le premier jour de stage, Sylvie,  m’a récupéré à la gare de Lyon et m’a présenté Roxane, mon accompagnante. Nous sommes parties manger un bout, avons fait connaissance. Ensuite, nous sommes allées à la gare pour prendre le train en direction de Saint Rambert d'Albon. On a dû attendre le train 4h30 à cause d’un chat sur la voie. On en a profité pour aller faire les courses du soir et pour acheter les ingrédients pour des pâtes à la crème et aux champignons pour les faire goûter. On est finalement rentrées ai gîte et on a mangé;

Le lendemain, on est allées à Decathlon acheter l’équipement et un maillot de bain. Je précise un maillot de bain, puis des livres. On a marché pendant 1h. On a enfilé nos maillots de bain et on a sauté dans le lac, puis on est rentrées et on a trié les sacs. Ensuite, on a fait à manger.  Sylvie nous a donné les consignes.

Le surlendemain, des journalistes sont venus à notre rencontre pour découvrir Seuil et notre binôme. Ils nous ont suivi tout au long de la journée. On a marché pendant 5h. C’était trop compliqué pour moi, mais j’ai réussi. On est rentrées au gîte, puis on s’est posées sur la terrasse et répondu aux questions des journalistes.

J’ai pu appeler ma famille !!! Je suis contente d’avoir pu leur parler. On a re-trié et préparé notre sac car durant les 5h de marche, on a décidé qu’on pouvait retirer des choses. Ensuite, direction le cinéma pour voir un documentaire sur les loups “Vivre avec les loups”. Je suis sûre qu’il va te plaire Sarah. Aujourd’hui, on a pris trois trains pour aller au Puy en Velay. On a décidé de faire un tour de la ville et on a mangé. On est allé au dortoir, on a déposé nos affaires et on a fait une micro-sieste. Ensuite, nous sommes ressorties faire des courses, avons mangé une pâtisserie, puis on est rentrées faire les comptes. Puis me voilà en train d’écrire. J’ai un peu peur de ce qui m’attend demain, mais je vais y arriver. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : Salut à toutes et à tous.

Je suis contente d’écrire ce premier billet pour le blog. L’aventure a bien commencé. Moi, c’est Roxane, j’ai 31 ans et j’adore marcher en plein air.

La rencontre avec I s’est bien passée. Elle a vite mis du sourire dans ces premiers moments. A Lyon, on a eu du beau temps, aussi ça a rendu le moment sous un beau jour ! Pendant les courses, on a compris avec I qu’on s’entendrait bien pour la nourriture. Gourmandes et avec Sylvie nous nous sommes restaurées, passé les consignes et imaginé le chemin qui nous attend.

A la gare, les aléas du train se sont  manifestés et… I a pris ça avec sagesse et philosophie. “Le départ imminent” nous a bien fait démarrer en douceur : direction la gare de Saint Rambert d’Albon, puis un gîte dans les collines de la Drôme. Eblouie par les étoiles brillantes, épuisée par la route, I m’a régalé et notre première soirée a été calme.

Une bonne nuit de sommeil plus tard, la deuxième journée de stage a été productive : Décathlon, Cultura mais surtout on a mangé dans un village type “Ranch, façon les Alpes.

On a vu l’Ardèche, le Vercors et le Mont Blanc. C’était magnifique.

Sylvie nous a proposé une balade digestive au bord d’un lac. Les filles m’ont mis au défi de les suivre dans une baignade. c'était glacé, mais très drôle. Sylvie et I m’ont donné beaucoup de force et sincèrement on s’est dépassées pour être récompensées par un temps de détente au soleil.

Au retour au gîte, Sylvie nous a transmis les règles de la marche, I a fait du tri (quelle témérité) dans sa trousse de toilette, un petit jeu, douche,avons mangé et dodo.

Troisième jour de stage, dès le petit déjeuner, on a accueilli deux journalistes de la Tribune de Lyon qui nous ont accompagnées marcher avec nos sacs à dos chargés. Premiers pas, première côte, première pause pique-nique, premières vaches, chevaux, oiseaux…

I est au taquet, c’est très cool ! A 16h, on rentre, le sourire aux lèvres (et les pieds fatigués). On s’allège encore un peu et on réalise peu à peu que le départ approche. Pour notre dernière soirée, Sylvie nous propose un film documentaire (I adore) sur le loup. C’était riche. J’ai adoré voir Le Sauvage et un peu mieux le comprendre.

Retour au gîte, nos sacs sont prêts, nous aussi. Le réveil va piquer demain (6h30). Nuit directe. Réveil efficace. Au revoir le gîte. Sylvie nous accompagne à la gare et pouf “on est dans le train” toutes les deux et rapidement, on joue.

Les gens nous voient avec nos gros sacs : Lyon Part Dieu, Saint Etienne et on arrive au Puy en Velay. J’ai bien aimé car I s’intéresse à la carte (pas de téléphone oblige) et on essaie de s’orienter dans la ville, elle est belle, alambiquée et en pente ! Après un sandwich équilibré (viande - salade - tomate - oignon - frites), on se dirige vers notre hébergement : ça monte ! On s'installe, on lit, on dort un peu, puis on retourne en ville pour des emplettes de survie de luxe. Au café, on échange entre nous et on a quelques interactions avec des locaux. On remonte vers la cathédrale d’où on part demain (j’ai insisté et on fait du dénivelé supplémentaire) mais demain, ça part de là ! Retour au Séminaire, il y a des jeunes ! On mange dans le calme et on fait les comptes comme des pros et nous voilà au bout du 4ème jour, à l’aube du 5ème et tout va bien.

Les proches sont dans nos pensées, la motivation est là, l’énergie et là. Et demain, j’y crois, on en aura encore plus. Bises.


Jour n°2

 

I : Bonjour, aujourd’hui, je me suis levée tôt pour faire 16 km de marche. On a commencé par une grosse côte. Une très grosse côte. On a quitté le Puy en Velay. On a croisé des gens qui nous ont raconté leur pèlerinage. Un chien nous a suivi pendant une bonne heure. L’après-midi, j’ai eu du mal à reprendre la marche, mais on est finalement arrivées au gîte.

 

Roxane : La nuit a été agitée. Je crois qu'on s’est réveillées vers 6h30 pour prendre le petit déjeuner à 7h. On s’est rendues à la cathédrale pour le départ. Après une petite course d’orientation on a finalement trouvé la porte du départ et nous sommes parties. Rapidement, la marche est devenue sportive ! On a cherché notre rythme : escargots, scarabées, tortues/turbos… C’est au rythme d’homme qu’on a avancé. I a lutté contre elle-même car la distance demande beaucoup : elle a assuré ! Après notre pause repas, on voulait boire une boisson chaude, mais tout était fermé, petit coup dur au moral, mais on est reparties. Il nous restait 4,5 km et ça tire un peu. Heureusement, les oiseaux, les chiens, les randonneurs et ruisseaux donnent une touche d’apaisement dans tout ça.

On est enfin arrivées au gîte, c'est calme, très calme et nous sommes contentes d’arriver. Le plan est simple, on se lave, on écrit, on dort. On l’a bien mérité.

 

Jour n° 3

 

I : Bonjour, aujourd’hui on a beaucoup marché, on a essayé de marcher assez vite pour pouvoir manger à midi, parce que la pâtisserie de Saint Privat d’Allier fermait à 13h. On a pu acheter à manger et on s'est posées sur un banc pour manger. Des personnes dans un café nous ont interpellées pour boire un café et nous protéger du froid. Ils étaient sympa. On a repris la marche jusqu’à Monistrol pour passer la nuit chez Dédé la Bolo (André). On a beaucoup parlé et bien mangé. Il est très sympa.

Je me prépare mentalement pour la côte de 4 km qui m’attend demain. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Salut ! J’ai dormi 11h et je vais mieux. Quel bonheur d’avoir un peu de repos, un bon petit déjeuner et une journée de crachin devant nous. Ici, c’est vide et pour midi, on a intérêt à être à Saint Privat,alors on se fait un peu violence au départ…. et pour que le défi soit de taille, ça grimpe et bien. Alors, I. m’épate, elle avance, elle réfléchit comment elle peut gagner de l’énergie avec les bâtons, bref elle prend sur elle. Arrivées en haut, une fable sur “mère nature” nous raconte qu’il faut la respecter, on fait une pause près des tourbières du Lac d'Oeuf, on repart et on apprend à descendre, les échanges reprennent, on est fières de nous. La boulangerie de Saint Privat nous ravitaille et des locaux nous invitent à les rejoindre au café. Cette pause est salvatrice et on repart le cœur chaud. I. se repère de mieux en mieux dans l’espace. Elle s’écoute et va à son rythme. Malgré la pluie. L’après-midi a été sympa. On arrive à Monistrol, on trouve le Pont Eiffel et chez André, on est accueillies comme des reines pèlerines. On parle électricité, récits de pèlerines, de nous et je crois qu’on va encore bien dormir. 

 

Jour n° 4 : 

 

I :  Bonjour, aujourd’hui, on a pris le petit déjeuner chez dédé la bolo. On a pris le chemin. On a monté une grosse côte, mais c'était assez simple. Je suis fatiguée. A demain. Bisous

 

Roxane : Il n’y a pas de pluie ce matin. André nous offre un petit déjeuner du genre “méga motivant”, on part avec une détermination d’acier, parce que la côte (euh ! non la pente selon I) était quand même raide (600 m d’altitude positive) et on l’a montée avec brio. Des petites pauses régulières et des histoires de phiso (so)phie pour s’occuper. La vue est dégagée et on est bien. Arrivées en haut, on voit quelque chose derrière nous avec des bâtons et un gros sac à dos, c’est Raphaël. Il est suisse et fort sympa. On est contentes de croiser quelqu’un de fou (ou téméraire) comme nous.  Alors on continue jusqu’à une petite pause pique-nique au top. Quelques chiens nous font la fête et l’un deux nous suit pendant plusieurs kilomètres et nous accompagne dans la plaine magnifique. Elle rencontre un autre chien et ils gambadent comme des p’tits amoureux. C’est beau ici.  Il y a des petits rochers de granit, des pins de Méditerranée et un bel horizon à perte de vue. Sur la dernière partie, I trace. Je suis impressionnée et on arrive à Saugues. Accueillies chez Maud, on se régale. Il fait chaud et c’est vivant, surtout grâce au petit chien de Maud.


Lundi 19 février :

 

I : Hola tout le monde. Aujourd’hui on a marché 13 km. Ça va, c’était assez simple.

Sur le chemin on a vu des vaches et des chevaux. On est arrivées au gîte aux environs de 15h. On a déjeuné et on s’est reposées puis on a fait un tour dans la ville de Saint Alban sur Limagnole ou nous avons fait quelques petites courses. On a mangé au restaurant. Je vais bien. Je vous embrasse.

 

Roxane : Réveil à Saugues dans le gîte de Maud. On est “comme à la maison”. Quelques courses dans le village avant de partir pour 19 km. Le temps est gris, I se sent moyen, mais elle est déterminée, alors on avance et plutôt bien. On traverse le Margeride avec entrain, la nature est belle mais il y a du vent. On fait une pause où une tour est construite sur un rocher (en forme de fesse). On trouve un abri pour casser la croûte et on est visité par les chats, les poules et les chiens. Pour passer le temps aujourd’hui, c’est Croc Blanc que je raconte, I est à fond. Elle apprécie la vue, le ciel se dégage et ça sent parfois la bouse des vaches. Cette fois, le soleil nous accompagne jusqu’à la fin. On monte, on descend et le temps passe vite, les villages et sous-bois aussi.

Dernière montée vers “Le Sauvage” avec des vestiges de mythologie à partager. Elle tient bon I. !  il nous reste quelques kilomètres et le coucher de soleil nous donne de belles lumières.

La grande ferme du Sauvage, pour une nuit bien méritée. Bonjour chez vous !

 

Mardi 20 février :

 

I :.Bonjour, aujourd’hui, je suis super fatiguée. On a marché 19 km. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : Après une pizza au café du centre du village (Saint Alban sur Limagnole), on retrouve notre gîte “La Perotte” et on écoute RFM, de la pop et ça fait du bien (Oasis, vous connaissez ?) et I… m’a fait des crêpes. C’est une crème.

On a passé une belle journée. Levées au Sauvage, tranquillement et petit à petit, le soleil est venu nous rejoindre et on a traversé la forêt de hêtres et de pins. Nos histoires, nos silences nous animent. Apparemment, on a encore beau temps demain et I est très contente d’appeler sa petite famille. Prenez soin de vous.


Mercredi 21 février :

 

I : Bonjour tout le monde. Aujourd’hui, on a marché 16 km. Ça allait, je n’ai plus de courbature. Sur le chemin, on a vu des vaches ; elles étaient plutôt mignonnes. On a rencontré une dame super gentille avec qui on a discuté une bonne trentaine de minutes. Cet après-midi, j’ai pu appeler ma famille. J’étais contente de l’avoir eue au téléphone. On est arrivées au gîte et on s’est reposées. On a retrouvé un homme qui nous a doublées plus tôt dans la journée. On a décidé d’aller au resto “Chez Linotte” et cet homme nous a rejoint.

On a pas mal discuté. On a bien mangé et pour info cet homme s’appelle  Benoit. On a passé une bonne journée. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Quand j’ouvre les volets ce matin, c’est gelé dehors. Le ciel est voilé légèrement. J’allume doucement la radio, vieille machine stéréo et le matin est prometteur. Le café coule et dès qu'une voiture passe, la radio s’arrête.

Matin tranquille. Départ prévu à 9h. Bon on part à 10h parce qu'on a le temps pour nous. 16 km jusqu’à Aumont-Aubrac. Ça marche doucement mais sûrement. I me partage des épisodes qu'elle a vécus au Foyer. On avance avec ça comme on peut. Le ciel se dégage, la forêt est presque au printemps. On marche jusqu’aux Estrets en croissant des tracteurs.

Arrivées au village, une femme de 82 ans nous fait la causette et nous ouvre sa porte. Elle est si douce ; elle  nous raconte la solidarité féminine et sa bagarre avec le maire pour qu'il mette des toilettes pour les pèlerins dans le village. Simone, présidente !

On traverse une route, la D806, et ça remonte. J’ai faim. Ça monte et moi j’ai dit qu’on mangeait là-haut. C’est dur et I, elle avance bien. J’ai faim. A la pause, on rit et on mange (ou l’inverse). La suite est en montée et en voit tout autour, C’est sincèrement grandiose On voit même les puys du Cantal enneigés. I appelle ses proches et moi j’appelle ma mère. Ça fait du bien aussi.

On arrive à Aumont-Aubrac et on pose notre sac au gîte - Laverie

Benoit, marcheur, nous accompagne au restaurant. L’aligot est délicieux et on passe un bon moment. Il nous raconte un épisode de son armée où sa troupe se fait masser les pieds. Enfin seulement le gauche, alors tout le monde boîte après. C’était fun (c’est dur de raconter).Il nous quitte pour un tournoi de fléchettes et nous, bah, c’est tisane, blog et au lit.On va dans d’Aubrac demain. Winter is coming.. 


Jeudi 22 février :

 

I : Bonjour à tous et à toutes. Aujourd’hui, je suis claquée. La journée a été épuisante. On a marché avec de la pluie et énormément de vent. Ça en dit long sur le temps qui nous attend en Aubrac. A part ça, tout va bien. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : Un réveil matinal pour partir à 10h. On a fait quelques courses pour le pique-nique et on est parties pour Malbouzon. Après avoir vu une autoroute, on a passé un tunnel sous l’A75 On y lit “je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends”. On est concentrées dans nos pensées et dans nos capuches. “Ça meule” comme on dit. On avance malgré le vent (force jaune), l’Aubrac ne se fait pas attendre. Ça a l'air joli hein !  mais vraiment c’est dur. On est passées par “4 chemins”, par le ruisseau fresh et nous, on verbalise nos ressentis. On est accueillies au chaud et le moral va mieux.


Vendredi 23 février :

 

I : Bonjour, aujourd’hui il a beaucoup neigé. On a marché seulement 12 km, mais ça m’a beaucoup fatigué. Sinon, tout va bien. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Le matin, je me réveille et il neige dehors. C’est la tempête de la nuit qui a déposé une couche de neige partout. Je vais à la boulangerie et ça craquelle sous mes pieds. Elle est fermée. Annie, notre hôte, me dit (avec son accent des Cévennes) “et oui, il est en congé”. Bon, on a des réserves avec nous, alors ça va pour commencer la journée. On s’habille ou plutôt on s’équipe pour notre étape et on part d’un bon pas. On est vraiment comme dans un film (style Fargo ou Polar Park) Question d’ambiance. On voit des empreintes de pas humains et on rencontre un photographe qui fait du repérage.

Nous arrivons à Rieutort d’Aubrac et on fait une petite pause là où les villageois cuisaient le pain. Ça se passe bien avec I, elle avance bien et garde le moral. On repart, on croise des gens, des chevaux, le pont de la Bès et enfin, les vaches d’Aubrac. C’est vrai qu’elles sont belles.

On arrive à Nasbinals, depuis le temps qu’on en parle et on se met au chaud dans le gîte. La tempête reprend et on s’interroge pour demain parce que c’est “La burle”. Bon.

“Chi va piano va sano. Chi va sano va lontano, comme dirait Annie. Truffade en doggy-bag et au lit.

 

Samedi 24 février :

 

I : Bonjour tout le monde. Aujourd’hui on était censé marcher 20 km, mais on en a seulement fait 10. On a dû s’arrêter parce qu'il neigeait trop. La dame du gîte aux Combrassats nous a proposé de nous récupérer. La dame (Nadège) est adorable. On s’est reposées, on a mangé et j'ai fini ma soirée au coin du feu. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane :  Il a neigé toute la nuit, c’était la pleine lune et je me réveille mal lunée. C’est dur de réveiller “la petite” et j’appréhende un peu la météo. Après les derniers préparatifs du sac, on prend le petit déjeuner au bar en face. BFM TV est allumée et ça chauffe au Salon de l'Agriculture. On échange nos premiers mots et avec un café ça va mieux. Deux - trois courses plus tard, nos adieux à Patrick et Marie-Claude, on part ; la route est déneigée par une machine toutes les 20 mn. Le chemin est caché sous une fraîche couche de neige, alors on avance sur le bitume. La neige, le vent nous rencontrent (pour ne pas dire que ça nous fouette la gu…) et nous les pèlerines du samedi, on râle et on se marre.

Après avoir subi quelques éclaboussures de voitures, on s’autorise un peu des noms d’oiseaux lâchés criés à la sauvage dans ce bel Aubrac. On ne voit pas très loin, encore moins I qui a de la buée sur les lunettes.

Au col de l’Aubrac, on atteint une limite et on avance vers le village d’Aubrac en rêvant d’un refuge chaleureux où on pourrait manger au sec. Mais bon, c’est mort, plein de neige partout et y’a personne. On trouve un abri près d’une maison mais c’est extrême limite. Notre hôte du soir est venue nous chercher (bénis soit-elle (je peux dire ça moi ?) et elle nous allume un feu. Là, on mange, on a le cœur chaud de cette belle aventure et pour unique télé, les braises qui crépitent. Ciao

 

Dimanche 25 :

 

I : Bonjour tout le monde. Aujourd’hui on a marché 20 km qui m’ont paru 100. Aujourd’hui, c’était compliqué. J’ai cru qu’on allait jamais arriver au gîte. Bon sur ce, bonne nuit. Bisous

 

Roxane : Réveil matinal, il fait chaud dans ce petit refuge. Je me lève et je rallume le feu. Je voudrais vivre dans cette maison. Un petit déjeuner copieux, un brin d'humour et de ménage, nos derniers au revoir à Nadège, la pèlerine et on se met en route. La neige fond sur le chemin, c’est glissant comme un repas de famille où ça parle politique. On avance bien, bonne humeur et des histoires sont racontées (Neige, Pema Tseden) et on s’arrête à l'abri d'un four à pain de village ; La descente est longue et I est devant. Peu à peu, autour de nous, c’est plus de la neige, c’est vert et gras. On croise des vaches qui ont peur de nous (mais enfin, pourquoi ?) et toujours ça descend dans la forêt. C’est vraiment sport car l’eau va sur le chemin aussi. Et ça remonte.;;; Dur jusqu’au Rozier. Il pleut depuis qu’on marche (il faut le préciser, ça joue beaucoup dans la journée) et j’ai faim. Des habitants sont en train de s’engueuler dans leur maison et je frappe à la porte : “excusez-moi, on aimerait se mettre à l’abri”. “Oh les pauvrettes, mettez-vous avec les ballots de paille, vous verrez”. Pique-nique à côté du tracteur, le bruit de la pluie m’apaise quand il fait raisonner la grange. On repart, I a mis sa cape (j'étais heureuse qu’elle dépasse ce cap) et on marche des heures durant sous la flotte. C’est extrêmement pénible.

I râle et je la comprends. Moi aussi je n’ai qu’une envie c’est de plier cette étape, d’être au chaud et de m’allonger. Et le chemin est long…

Une dame sous un parapluie nous encourage, plus que 2 km. Un panneau plus qu’un kilomètre. Google 650m.

On passe le vieux pont de ce village d’Espalion comme des sauvages. Les gens font des vidéos parce que c’est vrai, c’est beau. Mais nous, on ne veut que trouver le gîte et c’est ce qui arrive. Florian nous accueille, il nous fait la proposition en or d’un sèche-linge. On mange, on a mal aux pieds (surtout I) et on va être bercées au son du Lot ce soir. Bonne nuit.

 

Lundi 26 février :

 

I : Bonjour, aujourd’hui avec Roxane on a marché 13 km. C’était très compliqué, surtout que j’avais des ampoules aux pieds. A part ça, tout va bien. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane :  Ce matin, à Espalion, devinez quoi, il pleut ! Je me lève avec l’idée d’aller chercher un petit déjeuner à la boulangerie, alors je mets ma cape et je croise un pèlerin en pause depuis 15 jours dans le gîte. C’est trop tôt pour moi, mais l’interaction est sympa. Quand je vais réveiller I, elle me dit qu’elle a mal aux pieds. Genre vraiment mal. Assez incroyable, deux ampoules identiques sur chaque pied. C’est pas joli, la pauvre. Malgré le petit déjeuner, Sylvie, responsable des marches, motive le départ et à 11h on décolle. L’ambiance n’est pas si mauvaise. Je suis espantée (avec l’accent du Sud) de comment I dépasse sa douleur.

On traverse de jolis villages, vraiment mignons et là, grosse montée. C’est dur, ça râle un peu, mais pas trop. On prend le temps. Casse-croûte en haut sur un promontoire de chasseurs. On a une belle vue. Il recommence à pleuvoir, on repart. D’un côté, le soleil, de l’autre, le côté obscur. On chemine entre les deux, des fois, on marche sur l’eau. C’est humide ici, tout est vert. On finit par Verrière , je crois que je n’ai jamais vu un village aussi beau. Et on trace jusqu’à Estaing (VGE City). Un bar à limonade, un repas chez Philippe aux couleurs de l’Afrique. Quel voyage étonnant. A plus.


Mardi 27 février :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui on a marché 15 km au lieu de 20 parce que j’avais mal aux pieds à cause de mes ampoules. A part ça, j’ai essayé de communiquer avec des vaches. J’ai vu des lapins et un petit poney. Sinon, tout va pour le mieux. Bisous

 

Roxane: Le réveil à Estaing est à base de confiture de banane et de discussions avec Philippe et Dany : deux personnages forts de café. Quelques courses plus tard, on décolle pour 20 km. I est impressionnante de courage car le chemin est une chose, mais avec des ampoules, c’est une autre chose.

Après une grande côte, nous arrivons au Riou du Prat chez Michelin qui me fait visiter son jardin. Nous sommes chargées d’amener une passiflore à Michel qui nous accueille ce soir. Le chemin est long l’après-midi. On se rapproche des vaches et des lapins.

Michel nous donne rendez-vous à Notre Dame des Hauteurs où une table d’orientation nous indique un panorama incroyable avec quelques lueurs de coucher de soleil.

Petite soirée chez Michel et Gaëlle, assez surprenante et sympathique. Je suis vannée. Bonne nuit.


Jeudi 29 février et vendredi 1er mars  :

 

I : pas de blog le 29 février

 

Roxane : Réveil dans l’albergue de Conques, petit déjeuner collectif où une vieille dame m'interroge sur l'association et me raconte ses 50 dernières années : une belle personne qui me dit qu’on se recroisera (inch’allah). On prend le départ dans le brouillard, la ville est presque un décor de cinéma, presque une ville fantôme. Et ça descend fort jusqu’au Dourdou, puis…. ça remonte   (n)1). Le chemin est du niveau force 5 : c’est raide, escarpé, glissant, bref, il y en a une qui s’entraine sans s’en rendre compe pour le Mont Blanc (et ce n’est pas moi). C’est 1km de côte qui pique, on passe de la haine à l’amour, du brouillard au soleil en un  rien de temps.

Pause pique-nique réconfortante après…. 1km de marche, là une coureuse de trails passe avec le sourire, pas une goutte de sueur. On est dégoûtées. La remise en route est lente, moi je veux décoller, I se cure les ongles… Bref, quand on repart, c’est pour de bon. La route, le panorama, les ânes, les cyclistes, les vaches. On s’arrête au-dessus de Noailhac, il est 15h et on n’a pas fini. I veut changer d’accompagnante, elle me fait rire parfois (assez souvent en vrai). On descend et on remonte (n° 2), elle râle et on discute politique un peu. Ça part d’une question sur les lucioles et on arrive sur des thèmes plus touchy;  On a la crête aveyronnaise pour nous et des cyclistes (qu'on recroise). Le soleil est là et on n’a plus d’eau. Alors je vais jusqu’à un village où je demande à des petits vieux, ils sont incroyablement marqués par la rudesse environnante. On repart avec du rire et des chants jusqu’à Decazeville, presque de nuit car Jean-Marie  nous récupère pour aller au gîte : un drôle de personnage.

On a bien mérité (et attendu) notre journée de repos. Heureuses et bien accueillies. Au programme : friperie, ciné (Bob Marley) nous délivre sa sagesse, tout comme nos hôtes. On a bien ri,et demain, c'est reparti.

 

 I (vendredi 1er mars)  :

 

Bonjour. Aujourd’hui c’est le jour de repos;. On a bien profité de la journée.

 

Samedi 2 mars :

 

I :  Bonjour, aujourd’hui, on a marché 12 km. Je les ai senti passer. On est arrivées à 16h30 au gîte La Mariotte, puis on s’est posées. Bisous

 

Roxane : J’ai hyper mal dormi et je ressens une fatigue certaine au redémarrage. La marche se fait bien malgré les pentes raides. On sait que l’étape est relativement courte. On fait une pause dans une cabane. I me fait découvrir un groupe de musique bien sympa (TV Girl) et on marche bien (surtout I). Arrivées au gîte, on se pose chacune un peu dans sa bulle. On passe un repas en musique (Sofiane Pamart) pas loin du feu et on a beaucoup ri. J’ai embêté I dans sa lecture, mais elle va bien. Je vais me coucher en espérant que la maison va me fournir du repos. Demain Figeac.

 

Dimanche 3 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane :Je vais avoir un peu de mal à écrire ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Tout allait bien. Je galère à réveiller I, mais elle se lève, se prépare et semble plutôt joyeuse ce matin. Il y a de la motivation mitigée, mais elle ne traîne pas à partir. On marche, tantôt dans nos bulles, tantôt on s’amuse de ce qu’on vit (la boue surtout et nos bêtises…) et on avance bien, les 9 km, c’était du gâteau.

Et on s’arrête pour manger et il y a plein de choses qui sortent : beaucoup de tristesse d’être loin des siens, de la colère passée qui se mélange aux incertitudes à venir. Je l’écoute et j’entends pour la xième fois qu’elle veut arrêter de marcher.

Mais cette fois, c’est différent. Elle met plein de mots, de larmes aussi. Je vois en elle toute la complexité de ces questionnements. Il faut qu’on en parle, à Sylvie, responsable du suivi des marches, aussi. Moi, je suis sous le choc. A aucun moment, je n’avais vu la forêt cachée par l’arbre. Je la vois tellement capable et prête pour ce chemin, aux antipodes de ce qu’elle ressent là. Elle veut être entendue, elle veut du changement, elle veut de l’apaisement. Il y a plein de questions sur où et comment, après. Mais là, dans son présent, je la sens bien, impuissante, frustrée, on arrive à Figeac et j’ai du mal à savoir comment faire pour. C’est pas le mien, c’est son choix et son chemin à suivre…

 

Lundi 4 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : Que d’émotions ces derniers jours. J’ai l’impression d’avoir encore passé quelques montagnes émotionnelles.

Après le petit déjeuner, en suspens. I a changé d’avis. Quand elle a dit “je sais que je n’ai pas envie d’arrêter” mon attention à son égard s’est reprise de joie (désolée j’ai un côté (eau de rose)

Alors on s’est reposées une journée à Figeac, c’est très mignon comme ville et ce matin, on a repris notre chemin. I avance bien, elle m’épate

On commence (depuis le début) à se supporter et s’insupporter. Tout à l’heure, il a plu (un orage), (je ne sais pas pourquoi tant de parenthèses) et je voyais le soleil, je l’ai supplié. On était abrité sous un abribus, la tension était à son comble et la pluie s’est calmée. Sur le chemin, on a vu 3 biches et il s’est mis à re-pleuvoir.

Ce soir aux Sources d’Ussac, il y avait des brebis caussenardes et de l’agneau dans nos assiettes. On est bien, mais fatiguées, I vous salue, moi aussi.


Mercredi 6 mars :

 

I : Bonjour, aujourd’hui on a marché 25 km. Je les ai senti passer.Cette journée était très éprouvante pour moi. On a vu des vaches sur le chemin. J’ai pu appeler ma famille. J’étais contente de les avoir au téléphone.Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Réveil à la ferme. J’ai dormi comme un caillou, c’était top. Je réveille I à 7h et pour la première fois, elle me répond. J’ai pas l’habitude, alors j’ai pris peur. Drôle d’humeur ce matin. 

Après le petit déjeuner, Dominique (notre hôte et fermier de la ferme),cause un peu avec nous. On prend le départ à 9h et on avance bien. On a une grosse étape aujourd’hui et on avance d’abord jusqu’à Cajarc. On redescend dans la vallée du Lot. Il y a un mini lagon près d’une grotte. Ça fait du bien de voir une ville connue où il y a de la vie. On fait quelques courses pour le repas du midi et les en-cas (gingembre confit). Comme on écoute les conseils des sages du chemin, on a décidé de faire la pause après la côte qui est au ¾ des personnes. C’est beau, mais c’est très long et j’ai faim. I me trouve insupportable (elle aussi, elle a faim) et on parle de la colère, de nos besoins et on continue. Je suis brassée par pas mal d’émotions, conscientes et usantes, mais j’apprends. On voit des vaches, en haut de la côte.Elles sont belles et elles nous observent, on les observe aussi. Surtout I d’ailleurs qui analyse leur fonctionnement. Pendant ce temps, casse-croûte, appel à la famille et il faut repartir, il nous reste du chemin.Il fait beau, mais à l’intérieur, ça souffle sur Limogne sur Quercy. Bisous

 

Jeudi 7 mars : 

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : Deuxième réveil exceptionnel d’I, sans plus de dépense d’énergie pour moi, je suis refaite ! Un départ à 9h, avec le soleil comme compagnie (et un peu de nougat aussi). On quitte le village d’un bon pas pour 21 km relativement plat. I trace, je la suis de loin. Nos hôtes hier nous ont dit qu’ils marchaient sans se parler de la journée et on essaie.On partage des petites pauses, le repérage sur le chemin, quelques anecdotes et on va à notre rythme. C’était une belle journée (moi j’ai eu une phase de réflexion intérieure, I était top, j’ai bien mangé) Pourvu que ça dure !

 

Vendredi 8 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : C’est pas facile là, je ne sais pas vraiment où nous a échappé la motivation ou même la patience. Mais la pluie à seau n’a pas aidé.

Heureusement, on a rencontré Noëlle aujourd’hui. J’avoue que son énergie alors qu’elle ne boit pas de café,reste un mystère. Bref. I est malade, ses difficultés respiratoires m’inquiètent, mais elle me dit que ça va. On a un peu perdu le sens aujourd’hui, mais je crois qu’on va chercher à retrouver un cap. Ensemble. La cohabitation n’est pas évidente, malgré des éclaircies. Il y a un jeu d’équilibre, vertigineux, déstabilisant, mais en vaut la chandelle.

 

 Samedi 9 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : Départ de Cahors après des secousses motivantes au gîte. La côte est raide après le pont Valentré. Il ne fait pas trop moche. J’ai dans les chaussettes beaucoup d’énergie et sur mes épaules, il me manque des ailes.

 

Dimanche 10 mars :

 

 I : n’a pas écrit

 

Roxane : Alors là, il y a beaucoup à dire. C’était pas un dimanche comme les autres. On s’est réveillées au “Nid des Anges” avec un soleil bienveillant après une nuit réparatrice. I a cependant le vague à l’âme. Elle veut rentrer, être avec sa famille, arrêter la marche. On a l’objectif d’arriver au marché de Montcuq pour se régaler. Mais rien n’y fait et les vagues sont grandes. A certains moments, j’ai cru qu’elles allaient être trop difficiles à surfer. Mais le cap et la force d’I ‘m’ont prouvé le contraire. Après une belle pause Montcuquoise, on repart pour 13 km. Ça monte. Il y a de la boue mais on avance.  I râle, mais moi je suis dans ma bulle. J'avance aussi un peu pour donner le rythme.Après une mini-journée à discuter avec une petite vieille à sa fenêtre, il faut repartir. Il faisait encore beau à ce moment-là. 1 km plus loin, le ciel est noir et il nous tombe sur la tête.Littéralement. Mais aujourd’hui, c’est différent. On prend le mal en patience et on continue. Quelques brebis nous rejoignent avant une côte infernale. On est arrivées dans le Tarn et Garonne et cette année, il y pleut beaucoup. Alors, on nage plus qu'on marche.Heureusement, I a fait de la piscine. et moi, en astrologie chinoise, je suis”eau”. On arrive comme des stars de la night chez Mélanie. Bonne nuit.


Lundi 11 mars :

 

I :  n’a pas écrit

 

Roxane : Aujourd’hui, on s’est trompées, on a cru qu’on était dimanche et on a traîné chez Mélanie ce matin. Il faut dire qu’il pleut et qu’on a “seulement 14 km à faire”. On a fait les malines, les courses à Lauzerte, on met nos capes de pluie et on monte dans la vieille ville par un chemin raide et boueux. Je joue la carte “récompense” en acceptant une petite pause au café là-haut. Mais c’est lundi et tout est fermé. On redescend à l’auberge, il est midi et on est toujours à Lauzerte. Les malines, je vous dis. Sylvie nous speed par SMS (judicieusement) et on se bouge. C’est globalement raide, boueux et compliqué moralement. Mais ça va et ça vient. On gravit une côte raide et on se pose fièrement sur un banc en haut. On voit bien la ville avec un ciel noir derrière. On commence à manger nos sandwichs et la pluie revient. On constate que le guide nous induit souvent en erreur (des descentes “verte” qui nous paraissent “rouge”) mais on se dirige sur la Chapelle Saint Sernin, où on s’abrite 30 mn (dur de repartir). Côte, boue, ferme, route. Là ça tire et I s’arrête. On a du mal à communiquer au bord de la route, mais j’entends que I a mal au pied et est fatiguée. Mais on doit avancer, alors j’avance et je néglige ma présence auprès d’elle dans ce moment où c’est à nouveau pente et boue.

L'heure tourne, les genoux craquent, tombent une première fois (dans la boue) et I se relève. Derrière elle, un arc-en-ciel énorme, je n’ose pas m’émerveiller tellement elle me trouve “trop positive”.

Le ciel se dégage et on a encore 3 km (de boue, de pente et de purs vert)I craque, me partage beaucoup de ressentis, je suis touchée et scotchée qu’elle reparte. Une biche nous croise (ou le contraire) et les couleurs sont magnifiques. On arrive à Durfort, ravitaillement, on mange. I teste la guitare et elle reprend les comptes. J’ai fait une erreur dans les comptes, on est à découvert. Diantre.

 

Mardi 12 mars : 


I : Bonjour. Aujourd’hui on a marché 15 km avec Roxane. Je les ai senti passer. J’ai mal aux pieds et aux mollets. Heureusement qu’il faisait beau et que Sylvie, responsable de marche, nous a rejoint. Je suis contente de l’avoir vue après un mois. Bisous. Vous me manquez.

 

Roxane : Encore une drôle de journée : départ à 10h au lieu de 9h30, c’est un peu en manque de motivation que nous partons.. On s'arrête au soleil à l’église longtemps. I a beaucoup d’émotions qui sortent, c’est bluffant comme ça se voit qu’elle se dévalorise. J’essaie de prendre sur moi et d’attendre son top départ qui finit par venir. Et on enchaîne, descentes, bords de route, côtes, boue, photo (x2). La dernière côte qui faisait “peur” à I, elle la termine en 15 mn. Easy. Sur les hauteurs de Moissac, elle me demande si on reverra l’Aubrac, comme si les montagnes lui manquaient déjà (projection).


Mercredi 13 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : Réveil dans l’ancien carmel de Moissac avec un joli lever de soleil brumeux. Après un petit déjeuner à trois, on essaie de finir de faire sécher les dernières affaires propres. Quelques courses plus tard, on prend le chemin du Canal de la Garonne. Il fait un temps magnifique et rapidement, il fait trop chaud pour moi. Le chemin est plat, monotone. Notre heure de silence passe comme les kilomètres. J’apprends quelques trucs sur notre environnement. I marche vite, s’arrête beaucoup, mais a son humour avec elle. Plusieurs jours qu’elle dit qu’elle va arrêter, mais avec Sylvie, il va peut-être y avoir des petits plus. J’espère. C’était cool d’arriver au Par’Chemin vers 16 h. Bises

 

Jeudi 14 mars : 

 

I : Bonjour, alors aujourd’hui avec Sylvie et Roxane, on a marché 18 km. On a aperçu des chevreuils. C’est la première fois depuis le début de la marche qu’on en voit. J’ai eu très mal au mollet et j’ai toujours mal, j’espère qu’avec le temps la douleur va s’estomper. Sinon, tout va bien. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Se réveiller avec la lumière du soleil, quel régal. I est difficile à réveiller, mais le petit déjeuner est sympa. On part à 9h30 au lieu de 9h. On s’arrête une heure à Auvillar, I est bien là et ne veut pas avancer. On a tout : soleil, pique-nique, Sylvie, paysage. La marche reprend, mais l’ambiance n’est pas des plus joviale. Pourtant, il y a de belles choses à tirer de cette journée ; une pause au soleil qui réchauffe, les couleurs du printemps.

Le rythme est sportif du coup et on arrive au coucher du soleil à Miradoux. L’ambiance du Gers va peut-être nous coller aux chaussures autant que la terre. Les Pyrénées nous font de l'œil.


Vendredi 15 mars

 

I : Bonjour. Aujourd’hui avec Sylvie et Roxane nous avons marché 16 km. J’ai plutôt bien aimé marcher. Ça m'étonne de dire ça, mais j’ai passé un très bon moment à marcher. J’espère que ça arrivera plus souvent. J’ai vu plein de petites bêtes aujourd’hui, des lézards, une grenouille et deux chevaux. C’était une journée ensoleillée. Une belle journée. Ensuite, on est arrivées à Lectoure. On s’est posées dans le gîte et on a décidé de manger au resto. On s’est régalées. J’espère que vous allez bien. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : A Miradoux, le réveil n’est pas facile. Je sens et entends I qui ne veut pas marcher alors que nous sommes prêtes à partir à 9h. Le soleil se pointe et après une sollicitation de toutes nos ressources, I se re-mobilise pour marcher (et avec un grand sourire svp !). Ça me fait du bien de la voir joyeuse et vivante comme ça, parce qu'hier, je commençais à douter aussi. Mais là, ce matin, elle s’implique et rayonne à nouveau.

12h12, j’entends “je crois que je commence à aimer marcher”, intérieurement je dis “merci”. Puis, question de bronzage, elle essaie de marcher sans ses lunettes. Elle décrit alors un univers psychédélique où les dimensions ne sont plus les mêmes. C’est drôle

A 13h, on fait une pause au bord d’un ruisseau, c’est juste parfait. L’heure de redémarrer arrive et chacune digère tranquillement, dans nos pensées. I trouve un bâton pour Sylvie. Elle prend soin d’elle et montre beaucoup d’entrain dans cette journée. Je la vois se dépasser physiquement et se satisfaire de son présent. On arrive à Lectoure, en équipe féminine “Mud Girl” et on ne passe pas inaperçues. L’accueil chez Isabelle est doux, on va se poser là demain. La soirée au resto était délicieuse. Le temps des consignes après m’aide à digérer. J’ai une ampoule et de l’espoir ce soir.

 

Samedi 16 mars : 

 

I : Bonne nouvelle aujourd’hui, c’est jour de repos. J’ai fait une grasse matinée, ça m’avait manqué. J’ai fini mon livre. J'aurais aimé ne jamais recommencer (j’ai acheté le tome 2). Lelivre se nomme “Le clan des otaries”. Mon personnage préféré est mort. Je suis en plein deuil. A part ça, avec Roxane on a fait 2-3 petites courses. On est allé boire un café et le meilleur pour la fin, on a eu une jolie vue sur les Pyrénées. On s’en rapproche. Sur ce, bonne journée. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : Réveil avec Sylvie sur le départ, ça fait bizarre de voir quelqu’un partir si vite et si loin, alors que nous, nous reprendrons notre chemin demain. Journée de pause à Lectoure. I peut s’octroyer une grasse matinée. Et moi, j’ai du temps libre, ça fait du bien. Lectoure est une jolie ville avec de belles pierres, il y a de la vie, c’est samedi.

Avec I, on s’est retrouvées à deux et le lien se retrouve facilement. Elle reprend doucement les choses en main et ça m’apaise d’y croire à nouveau. Elle fait les comptes à la main, observe (avec envie ?) les Pyrénées et trouve faux la musique “Méditation” (c’était une) bonne journée.

 

Dimanche 17 mars :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, la matinée a été difficile. J'avais mal au ventre. Puis on a croisé une pèlerine qui m’a re-motivée. On a bien avancé avec Roxane. On a fait 19 km. On est parties à 10h et on est arrivées à 17h30. Je ne ressens aucune douleur musculaire. Je crois que mon corps s’est habitué. Ca a été une journée plutôt agréable. Vous me manquez. Bisous.

 

Roxane : Il fait un temps magnifique ce matin à Lectoure. Le réveil est difficile mais les croissants ont l’air bon. La mise en route met du temps freinée par les douleurs. On s’arrête après 5 km pour une petite pause au soleil, on s’écoute. Béné, un pèlerin fraîchement parti, par sa simple présence, redonne de l’entrain au départ. Sur cette colline gersoise, je vois I qui marche loin devant moi et je me dis ”comment elle fait ?”. Nos silences permettent de cheminer intérieurement “Articule quand tu penses” disait l’Alchimiste. Aux abords de La Romieu, on reprend nos discussions, parfois en anglais. I apprend beaucoup, moi aussi. On arrive dans la ”cité des chats” et quel dommage, les 168 marches pour monter la tour sont fermées.

 

Lundi 18 mars :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui on a marché 13 km avec Roxane. Je suis fière de nous parce qu'avec Roxane on a passé les 500 km. Les 13 km d’aujourd’hui ont été assez simples. Je pense que je commence réellement à apprécier la marche. On est arrivées au gîte à 15h. L’hôte est très sympathique. On a décidé de faire une balade dans la ville parce qu'on a estimé qu’on n’a pas assez marché. On a pris la demie pension et on a mangé avec Franck (hôte) et sa famille. J’ai bien rigolé avec la petite fille âgée de 10 ans. Elle m'a bien fait rire. Bisous

 

Roxane  : Il y a 4 ans, on était confinées. C'est Béné qui nous rappelait ça. Là, je me dis que nous, I et moi, avons encore 2 mois de liberté. Ça fait 1 mois qu’on marche ensemble, et ce soir, on aura atteint les 500 km parcourus : c’est incroyable parce que, limite, ces centaines de kilomètres me semblent si grandes et si courtes à la fois. On est parties ce matin avec sérieux et enthousiasme. La marche est soutenue et en plus, misère ! , j’ai des ampoules ! On s'arrête ensemble pour le pique-nique, c’est tranquille. I a bien cheminé et ça s’est apaisé j’ai l’impression. On repart pour Condom, où on arrive à 15h. I se détache du matériel avec philosophie.


Mardi 19 mars :

 

 I: Bonjour. Aujourd’hui, c'est une journée de repos. Avec Roxane, on n’a pas très bien dormi, on était avec deux pèlerins qui n’arrêtaient pas de ronfler. A part ça, nous sommes allées faire du shopping (acheter des chaussettes et des chaussures) et nous sommes allées manger au resto. On est retournées au gîte, on s’est reposées et à l’heure du dîner, on a bien ri avec Roxane, Laura (une fille de 10 ans) et Yohan, un garçon de mon âge. Ça a été une belle journée. Bisous.

 

Roxane : Journée de repos à Condom ; il fait très beau. On prend le temps, je m’étire et on va “en ville” pour consommer un peu. I a usé ses chaussures, moi je n’ai que des chaussettes d’hiver et ça y est, demain il fera 22°. La pharmacie nous donne quelques conseils après on se pose pour trier un peu le sac, on a des affaires propres, un endroit où dormir les prochaines nuits. Bref, ça va. On dîne avec la petite famille et deux Suisses. On rit bien à table (il y a des jeunes et des vieux, je me sens entre les deux). Petit appel à Sylvie et grosse nuit sans ronfleur en perspective. J’adore.


Mercredi 20 mars : 

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, on a marché 18 km avec Roxane. C'était comme boire de l’eau. On a vu trois chevreuils, deux d’entre eux étaient à 10m de nous. C'était surprenant de les voir si près de nous. Roxane a du mal à me rattraper. On est arrivé à Montréal-sur-Gers à 16h. On est allées boire un café. L’hôte était plutôt sympa, on a bien mangé. On a passé une bonne journée. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : C’est le printemps ;  ! est prête et d’attaque pour un départ avant 9h, c’est cool déjà ! On passe la Baïse et on croise un gars qui avait fait la promesse de faire le chemin à un être cher. Ce type était encourageant. Après la ville, on marche dans nos têtes, en silence. On fait un détour pour éviter une pente (boue + glisse) jusqu’à Larressingle, un mini Carcassonne. Le paysage est vaste, des chevreuils nous accompagnent. Pause midi, culture et ça repart. I va trop vite pour moi, c’est une fusée. Elle a le smile, de l’implication et de l’appétit. Une bien belle journée. Le Bonjour chez vous. 


Jeudi 21 mars :

 

I : Bonjour aujourd’hui, nous sommes parties pour faire 18 km. Je trouve qu’on a un bon rythme. On a encore vu deux chevreuils. Vous me manquez. Bisous

 

Roxane : Salut, alors c’était un réveil très efficace et un peu avant 9h nous sommes prêtes. A la pharmacie, on a fait une bonne action (grâce à I) et c’était cool de commencer par ça. On avait 17 km aujourd’hui, que du plat. On a traversé une petite forêt, des vignes, de la boue, des herbes hautes et humides et on est dans le brouillard. Nous marchons avec un peu de distance, mais quelques sourires sont là quand on se croise (oui, ça arrive). Des chevreuils nous montrent encore leurs derrières, comme pour nous narguer d’être aussi légers et habiles. Je m’habitue à leur présence. On a bien marché jusqu’à midi. I a quand même baptisé ses nouvelles chaussures dans un bel effet ventouse avec la boue. Elle finit la côte avec une chaussure à la main (j’avoue que son autodérision me fait bien rire). On reste 2h à Lamothe car Florence du gîte” Le Mille Bornes” nous offre le café au soleil, ça fait du bien. On quitte ce petit havre de paix pour une voie verte semi-ombragée, plate mais longue. Il y a du vert sur les arbres et ce calme est méditatif. I trace dans ses pas, elle m’attend à l’entrée d’Eauze où Jean-Michel tape la causette comme un pro et nous amène jusqu’au gîte. Eauze est très mignon et on passe une belle soirée. Ciao

 

Vendredi 22 mars :

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 21 km. Au début de la journée, je ne voyais pas les kilomètres passer, mais les 5 derniers kilomètres étaient longs. On a vu des chevaux magnifiques, et on a créé un pont avec des branches qu’on trouvait pour éviter de s’enfoncer dans la boue. A la fin de la journée, en enlevant mes chaussettes, j’ai découvert 4 ampoules. Je vous laisse imaginer ma tête en les découvrant. Bisous. 

 

Roxane : “La patience est un arbre dont les racines sont amères et les fruits savoureux”. Ce matin, on s'est réveillées toutes les deux à 7h. Allez savoir, il y a des jours comme ça où il est possible d’en prendre plein la vue lorsqu'on n’a pas encore les yeux ouverts. Départ après un passage à Lidl, j’oublie mes bâtons dans l’émotion. On marche bien, pendant 1h en silence, puis une mare d’eau nous barre la route. On décide de solidifier le chemin en le blindant d’un pont (j’adore). I se mouille les chaussures et on repart. On rencontre Etienne, un papy qui nous offre un bon café sur sa terrasse, en face du champ de vignes qu’il a plantées là il y a 40 ans. Il nous faut avancer jusqu’à Manciet où une bonne pause au soleil nous fait du bien.

L’après-midi, nous repartons. On monte, on redescend, on remonte. Vous connaissez la suite.

La peau tannée par le soleil au milieu des champs de maïs mort, on arrive peu à peu à une route, ligne droite pour la fin d’étape. J’en peux plus des voitures même si toutes font attention à nous. I a mal aux pieds, moi j’ai besoin de me poser, de m'hydrater et de préparer demain. Heureusement, on a droit à un bon repas. Et un moment sympa. Ultreia !

 

Samedi 23 mars :

 

I : Bonjour, Aujourd’hui on a marché seulement 8 km avec Roxane. Je ne les ai pas vu passer. Ce matin, on est d’abord allées au marché acheter du gingembre confit, puis on a marché. On est arrivées au gîte, on s’est reposées, on a pris soin de nous et on a regardé les deux prochaines étapes qui nous séparent de Saint Jean Pied de Port. On y est presque. On a très bien mangé chez Pierre (l'hôte) et on a bien ri. Bisous.

 

Roxane : Ma nuit a été agitée, j’ai du mal à émerger. I s’est réveillée en même temps que moi à 8h. On a le droit à un petit déjeuner copieux et sympa, tranquille pour une petite étape (8 km) dans Nogaro, de la musique est diffusée dans la rue, après les courses, on part au rythme de Mamma Mia du groupe Abba. Il y a un sentier pédagogique sur le vin et au début, je m’arrête. Mais déjà qu’I marche vite, il ne faut pas trop traîner. Elle lit bien les marquages, se repère sur le plan, ça devient plus facile. On arrive à notre gîte tôt et on profite du soleil pour écouter un peu de musique, faire des recherches sur les origines de Freddy Mercury et du coup du zoroastrisme (chercher le lien). Après on s’est posées sur le plan de marche pour les prochains jours, moi j’ai retrouvé les Vieux Fourneaux (BD géniale) et la suite c’était délicieux : rencontre de Frédérique, dégustation des frites de Pierre et beaucoup de joie partagée. Les étoiles sont belles. La lune grandit. Bonne nuit.

 

Dimanche 24 mars :

 

I : Bonjour, Aujourd'hui, on a marché 20 km avec Roxane et Frédérique, une nouvelle personne marche avec nous. C’est une femme très joviale 61 ans et plein d’énergie. On a aperçu les Pyrénées, on les voit même à une centaine de kilomètres. Sur ce, bonne soirée.

 

Roxane : Quand j’ouvre les yeux ce matin, je capte que c’est mon anniversaire. Je suis bien dans ce quotidien : réveil 7h, routines du matin (réveil d’I), étirements, petit déjeuner…) mais ce matin est différent, un dimanche sur le chemin. On a dormi dans un ancien presbytère, je suis allée ouvrir l’église avec Pierre. On a aussi la routine de faire les sacs, cette fois en silence et à un moment je vois le sourire d’I. Je suis refaite. Après nos “au revoir” à Pierre, on marche dans une forêt qui sent bon. I est devant, moi à mon rythme. Je la rattrape et dans ce point de vue, j’ai le droit à mon deuxième cadeau du jour : les magnifiques Pyrénées. On est contentes de les voir et on a rattrapé Frédérique. On s’est un peu perdues et on est fun toutes les trois. On marche toute la journée ensemble, notre repas est “frugale” mais le lieu est stylé, “libre et sauvage” comme j’aime, ce sont des cabanes à l’arrache dans les bois. “Le mieux est l’ennemi du bien” disait l’autre. Ben franchement, on est bien.

On arrive vite à Barcelonne du Gers, puis Aire sur Adour, où nos hôtes, Isabelle et Alyarcho, nous accueillent trop bien. J’ai même soufflé des bougies. Merci à celles et ceux qui sont là, c’est un cadeau aussi ça !


Lundi 25 mars :

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 17 km avec Roxane et Frédérike (hier, je me suis trompée sur l’écriture de son nom). C’était assez simple. On s’est trouvées au gîte à 15h, on s’est reposées et quelle fut notre surprise quand Roxane et moi avons découvert Mélanie, une ancienne hôtesse qui nous a hébergées à Lauzerte il y a deux semaines. Elle a repris son chemin à Aire sur Adour. On a passé une très bonne soirée. Bisous. 

 

Roxane : J’ai dormi sur le canapé. C’est mon sommeil qui me fatigue ces jours-ci, mais assez vite Isabelle m’offre une dose de café et tout va mieux. I émerge plus tard, Pierre (du presbytère) est passé nous faire un coucou et on part peu à peu. La montée n’est plus un problème et rapidement on est en route. J’avance que c’est plat, les champs ne sont pas très stimulants et il ne fait pas beau. Heureusement, on trouve en nous-mêmes de la distraction. I me parle de musique, ça lui manque beaucoup. Elle dit qu’elle a eu “un bémol” en sortant de la sieste, le redémarrage ! Elle semble bien, elle dit des trucs comme “j'ai mal aux pieds, mais ça va aller”. Les Pyrénées sont massives et encore un peu loin. On a passé le cap des 600 km aujourd’hui : mon corps est vif et fatigué. Mon esprit, lui, oscille entre méditation et survoltage. Mais ce chemin nous amène des surprises constamment, ça donne confiance et envie pour la suite. Des salutations tranquilles.

 

Mardi 26 mars :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, on a marché 16 km avec Roxane, Frédérike et Mélanie. Je crois que la marche coule dans mes veines. Je ne vois pas les kilomètres passer. Je n’exagère vraiment pas. A midi, on a mangé au resto avec les filles, puis on a dit au revoir à Frédérike. Elle avait plus de kilomètres que nous. On est arrivées à Arzacq Arraziguet et on a dit au revoir à Mélanie (elle voulait faire plus de kilomètres). En arrivant au gîte, on a rencontré Maela (une pèlerine). Elle est très sympa, je kiffe sa personnalité.

On passe une très bonne soirée. Bisous. Vous me manquez

 

Roxane : Salut ! Ce matin il pleut fort. Le réveil est pourtant doux. Avec Mélanie et Frédérike, on va à la boulangerie chez un “vrai boulanger” à la retraite, (cuisson au feu de bois) chaleureux. On se fait secouer par la femme qui vient nettoyer et on part avec nos capes de pluie. C’est un temps à se raconter des blagues. Moi, je raconte celle de l’ours et du chasseur (vous la connaissez, non ?) ; bref, je marche avec Mélanie et on parle comme des copains. On s’arrête à Pimbo, où on mange dans un petit resto pour être au chaud. Oui parce que je n'ai pas dit, mais j’ai marché en short pour ne pas “mouiller” mon pantalon.  Et là, ça caille. Après le café, on repart dans une descente, en marche arrière. J’ai saoulé I ce midi (du fait qu’elle voit trop ma tronche) mais on s’est retrouvées dans la marche après c’était cool. En arrivant à Arzacq-Arraziguet, on fait des courses, on dit au revoir à Mélanie (j'étais triste) et on a rencontré Maela (je suis refaite). On s’est régalé avec elle qui marche sur la voie du Puy depuis le début mars. Ça Fait plusieurs jours qu'on marche entre nanas et c’est de belles synchronicités. Sur "Nothing else matters”, je vous souhaite un bon jour.

 

Mercredi 27 mars :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, journée de repos. J’ai été triste d’avoir dit au revoir à Maela. Mais ce n’est qu'un au revoir. Dans la matinée on est allées à la bibliothèque. J’ai pris les 7 tomes d’un manga (Après la pluie) et j’aime bien. J’en suis au 5ème tome. Cet après-midi, lecture, puis on est allées manger des pizzas XXL dans une pizzeria (on ne s’y attendait pas).Sur ce, je vais dévorer mes mangas.Bonne soirée.

 

Roxane : Une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise c’est que Maela est partie sans nous ce matin ; la bonne c’est que c’est une ronfleuse de moins pour la nuit prochaine. Sans rire, c’était une belle rencontre ; elle nous a motivé à nous dépasser les prochains jours.

Ce matin, on rencontre Philippe, passionnant de discuter avec lui, de nature et de l’humain. Ensuite, on est passé chez un réparateur d'instruments à vent (oui, c’est original) et à la bibliothèque, au super magasin où entre autres, on a acheté du fenouil. Bref, c’était une belle journée de repos. On est dans les Pyrénées Atlantiques

 

Jeudi 28 mars :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, on a marché 20 km avec Roxane. Ça a été dur de reprendre après une journée de repos, mais on l’a fait, avec une magnifique vue sur les Pyrénées. On est arrivées au gîte et on s’est installées. On a fait de la balançoire et on a joué au foot à 20h, on s’est bien marrées.  Bon. Bisous. Je vais reprendre ma lecture.

 

Roxane : Ce matin, j’ai pris un petit déjeuner avec une femme écolo et I nous a rejointes. Notre pizza d’hier dans le sac et bien chargées de nos provisions, on part d’un très bon pas. Le paysage est vallonné et I se dépasse, moi aussi d’ailleurs. J’ai aimé quand je l’ai finalement rattrapée qu’elle me dise qu’elle se sentait bien avec son rythme. On a fait une grande pause au soleil, avec toute proche, la vue sur les Pyrénées. C’est un délice dans nos yeux. On se rapproche pas à pas. C’était une belle journée. Même la soirée était posée. Je ne sais pas si je lui apprends grand-chose, mais ce qui est sûr c’est que j’en apprends beaucoup et je ris. J’ai de la chance. Allez bye.


Vendredi 29 mars :

 

I : Bonjour, aujourd’hui on a marché 20 km avec Roxane et Manu. Et oui quelqu’un nous a rejointes. On a très bien marché. Les côtes ne m'ont même pas ralentie. On est arrivées au gîte à 15h. C’est une première. On a causé avec l’hébergeuse toute l’après-midi. Elle est très sympa. Bonne soirée.

 

Roxane : Réveil avec les employés de la municipalité. Les gens sont bien sympas ici. On rencontre rapidement Manu, pèlerin belge qui partage avec nous le début du chemin. Il se met à pleuvoir ; I avance d’un pas décidé ; c’est chouette. Arrivées à Arthez de Béarn, Manu nous offre une limonade dans un café culturel et on mange un bout. Après la pause, il pleut des cordes et on a une vitesse de 5 km/h. L’ambiance est bonne jusqu’à notre arrivée à Maslacq. Béatrice nous accueille avec beaucoup de pétillance. On passe une belle soirée après avoir pris soin de nos pieds et plus généralement de nous. C’est bon d’être là.

 

Samedi 30 mars :

 

I : n’a pas écrit

 

Roxane : Quel doux matin chez notre Posoère (entendre sorcière en béarnais). Le soleil brille et on entend les vibrations des plantes (ne vous inquiétez pas, tout va bien !). Après les rituels du départ, on part pour 21 km. Ça sent bon le pain dans les champs et rapidement on monte rapidement dans la forêt. Sur les crêtes, on retrouve notre vue préférée : les Pyrénées en neige ! Le panorama est de plus en plus immersif. Le chemin est long mais bien beau. On joue au chat et à la souris avec I ; qu’est-ce qu’elle m’épate ! Dans nos bulles l’après-midi, on arrive à Navarrenx où ce bon Manu nous paie une tisane. Après un délicieux repas, c’est l’heure “zzzz”

 

Dimanche 31 mars :

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 23 km avec un bon dénivelé. On a la vue sur les Pyrénées même s’il ne faisait pas beau. On est arrivées au gîte à 17h. Steeve, l’hébergeur, est drôle et très sympa. Le soir on s’est régalées. Bisous

 

Roxane : Réveil à Navarrenx avec une heure de moins de sommeil, ça pique un peu. On part avec Manu, traversant la ville avec fraîcheur et un ciel dégagé. I part comme une flèche, je ne peux pas la suivre. Je ne me plains pas, mais les tendons sont en train de cuire. La journée de marche est instructive, plutôt introspective. On fait un stop pour le midi, mais il fait assez froid, alors on ne traîne pas trop. La pluie arrive et Manu nous propose une limonade 4 km avant notre halte. On rencontre des gens, mais les animaux nous sont plus sympathiques. Quand on repart, la pluie est passée.

Je suis très agacée, elle trace mais je lui demande de faire gaffe aux marquages parce qu’elle va trop vite pour moi. Sur cette dernière partie, elle fait attention à m’attendre. C’est cool de se reparler après nos silences. On arrive au gîte où on est bien accueillies. C’est une animalerie ici et notre hébergeur est très gentil. Peu de réseau, un apéro soft, des étoiles dans le ciel… La fatigue est là, mais tout va bien.

 

Lundi 1er avril :

 

I et Roxane : Avec I, on avait fomenté quelque chose de bien. Un récit pour nos lecteurs et lectrices qui avait vocation à susciter de l’émotion, du suspens et des rires. Le but était aussi de faire une spéciale dédicace à Monique qui retranscrit nos aventures depuis le début. Bref, pour le 1er avril, on allait marquer le coup.

Mais très tôt, quelque part dans le pays basque, je me lève avec habitude et I me rejoint au petit déjeuner. Elle n’est pas comme d’habitude et son état laisse à ce lundi une tout autre aventure. On ne marche pas aujourd’hui. On va visiter ce que peu de pèlerins ont vu de leurs propres yeux. Le fraîchement opérationnel service des urgences de Saint Palais. Eh oui, bien qu’elle n'ait pas froid aux yeux, la météo a eu raison des défenses immunitaires d’I. Alors, la blague du 1er avril n’a qu’un mot d’ordre. Repos ! Au programme de l’après-midi, initiation aux échecs et sieste. Pas de stress, on est au chaud, on mange bien et l’humeur est douce.

 

Mardi 2 avril :

 

I et Roxane : Le soleil se lève doucement dans cette mini-vallée où la nature explose. C’est dur ce matin pour I qui lutte pour guérir. Elle a des airs de guerrière en partant, affrontant le chemin d’un pas décidé malgré la fatigue accumulée. On avance bien et les Pyrénées sont blanches et lumineuses. Des troupeaux de belles vaches nous encouragent. Après la pause midi, on traverse “La Bidouze” à Uhart-Mixe et I apprécie l’architecture basque. On a une grande côte où, en montant, on se retourne et on voit qu’on est entourées (de loin) par les montagnes. Bientôt un panneau nous indique “Saint Jean Pied de Port - 27 km” ça nous surprend et nous ravies en même temps. Les kilomètres font partie du patrimoine mondial de l’Unesco ; c’est, en effet, plein d’histoires et de beauté.

I est fière d’elle et a de quoi. Elle reprendra le blog avec un peu de patience. En espérant qu’elle vous raconte son arrivée au pied des Pyrénées. Prenez soin de vous.

 

Mercredi 3 avril : 

 

I : I : Bonjour, aujourd’hui on a marché 18 km. J’ai vu le lever du soleil ce matin. Le petit déjeuner avalé, on part pour nos derniers 18 km sur la voie du Puy. On traverse des troupeaux de moutons, de vaches et de chevaux dans un décor magnifique. C’est vallonné, vert et les Pyrénées sont dégagées.

C’était un peu dur étant donné que je suis malade. On est arrivé à Saint Pied de Port et j’ai eu un choc en voyant le nombre de personnes qu’il y avait. Je suis fière de moi et je suis satisfaite d’être arrivée au milieu de mon chemin. Bisous

 

Roxane : I marche d’un bon pas. L’humeur est bonne. Je crois qu’on est fières de nous et que les kilomètres paraissent aussi longs que courts.

En arrivant à Saint Jean Pied de Port, la foule nous choque. Nous qui avons traversé le désert humain, sommes en décalage avec les personnes qui débarquent juste sur le chemin. Ça fait bizarre, vraiment. Heureusement notre hôte est super aimable et on est chouchoutées. Demain, c'est un repos bien mérité pour nous deux. Ado


Samedi 6 avril : 

 

I : Bonjour, aujourd’hui on a marché 21 km avec Roxane. Après deux jours de repos, on a attaqué la voie d’Arles. “On a mangé du bitume” toute la journée, mais heureusement que c’était plat. En arrivant à Saint Gilles, on est parties boire une limonade. On s’est posées dans le gîte et on attend impatiemment nos tacos. Bisous.

 

Roxane : La ville d’Arles nous a très bien accueillies dans le sud, avec du soleil, un joli marché et une très belle architecture. Après, nos provisions, on est parties sur le nouveau GR. En pleine Camargue, nous évoluons sur une route très plate, bordée de rizières et de propriétés privées. La pause de midi s’est faite dans le style Grunge et on a sorti notre nouvel échiquier pour passer une belle pause. I a réussi à me faire oublier les moustiques aujourd’hui ! L’ambiance était bonne, on a croisé quelques “peregrinos” et le gîte nous a été ouvert. Vous verriez la tête des gens quand on leur dit “nous étions sur la voie du Puy et maintenant sur la voie d’Arles” Motivées !

 

Dimanche 7 avril : 

 

I : Bonjour. Aujourd’hui avec Roxane, on a marché 18 km. C’était long. On n’a pas eu de jolis paysages, mais heureusement qu’on a vu de belles bêtes. Je progresse aux échecs. On est arrivées chez Eric, très sympa, mais très bavard. J’ai laissé ma trace poétique sur le mur de chez Eric. Allez bonne soirée.

 

Roxane : Cette nuit, les ronfleurs ont encore sévi. Le petit déjeuner avec I était, cela dit, très drôle. Nous avons pris le départ tranquillement. Beaucoup de routes, quelques moments sympas sur le chemin, l’ambiance est plutôt bonne. Le décor, par contre, n’est pas folichon. Après 10 km de marche, nous faisons une pause agréable où les parties d’échecs s'enchaînent : on apprend heureusement.

Nous avons été solidaires face aux moustiques. Au loin, nous avons aperçu les étangs de la Camargue.

Arrivées en milieu d’après-midi, on se pose chez Eric, très généreux, bavard mais il nous a donné à rire. Salut


Lundi 8 avril : 

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, on a marché 13 km avec Roxane. On a ralenti un peu le pas parce que le médecin me l’a conseillé. C’est passé assez vite. A midi, on a fait une pause de 2h. On a fait une sieste, de la balançoire et on a joué aux échecs. Je commence à saisir. Le soir, on a cherché un resto, mais hélas, ils étaient tous fermés. Alors, j’ai improvisé un repas. Déçue de ne pas avoir été au resto, mais satisfaite d’avoir une nouvelle recette. Im, ce n’est pas que je ne veux pas t’appeler, c’est que je ne peux pas. Je vais négocier avec le directeur, espérons qu’il accepte. Bisous

 

Roxane : Réveil dans un ancien box à chevaux de Camargue, tout doucement ce matin. Nous avons le temps, alors nous le prenons sereinement. Après un achat d’un anti-moustiques, nous partons vers le chemin, chacune dans sa bulle. Le rythme est tenu et I avance devant. L’oasis de la pause de midi était salvatrice et bien agréable. I m’épate dans sa lancée. Nous arrivons à Gallargues et elle est à l’écoute, soigneuse et drôle. Les courses improvisées avec respect de nos envies respectives, I m’a régalée. En plus, nous retrouvons ce précieux auto-radio et la musique nous accompagne dans ce moment de quiétude. Bises lecteurs-rices.

 

Mardi 9 avril :

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 11 km. Je trouve que c’est peu, mais ce sont les recommandations du médecin. Avec Roxane, on a fait une pause de deux heures où on a joué aux échecs et on s’est jetées dans la rivière. Les cris de Roxane m’ont bien fait rire. L’eau était très fraîche. En arrivant au village, nous sommes allées à l’épicerie et l’épicier m’a bien contrariée, mais j’ai gardé mon sang froid. Après être arrivées au gîte et avoir pris ma douche, Roxane et moi nous nous sommes retrouvées à éponger le sol. La douche a des problèmes d’évacuation. Génial ! A part ça, on a passé la soirée à jouer aux échecs. Bonne soirée

 

Roxane : Démarrage tranquille depuis Gallargues. La marche commence bien et très rapidement nous arrivons à Villetelle où une pause-café nous amène dans le village. Nous repartons vers notre première côte, facile ! Le point de vue est classe, on aperçoit le Pic Saint Loup et la rivière Le Vidourle, très belle et très fraîche. La pause de midi nous a vivifiées. On a bien ri ! Au redémarrage, c’est très champêtre : le paysage est plus joli ! Nous arrivons tôt à Saint Christol où comme c’est mardi, beaucoup de restos sont fermés. On va à l’épicerie et I m’a épatée dans sa répartie, fine et classe ! Je vous passe le détail du dégât des eaux, mais la soirée était trépidante


Mercredi 10 avril :

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 13 km avec Roxane. On a traversé une forêt ce qui n’arrive pas souvent. On a vu des chevaux. On a aussi croisé un groupe de marcheurs. On est arrivé au Airbnb. On s’est posées. On a mangé, puis voilà. Bisous

 

Roxane : En quittant Saint Christol ce matin, nous doublons un groupe de randonneurs qui nous a pris pour leur guide, tellement les marquages n’ont plus de secret pour nous. Nous traversons une forêt typique du Sud et ça fait du bien d’être à l’abri du vent. I est devant, elle m’attend tranquille sur un banc. Nous faisons une pause midi en plein soleil, ça fait du bien. Bon, à un moment, c’est trop. Nous repartons pour les 6 km qui nous séparent de notre halte. C’est facile, on se nourrit bien, on s’informe un peu, on se soigne et nous sommes accueillies chez Kévin, Marjorie et Nira.

 

Jeudi 11 avril :

 

I :  Bonjour, aujourd'hui j’ai marché 15 km. Ça a été long. Arrivées à Montpellier, on est allé boire un café avec Roxane. On a fait les fripes à la recherche d’un maillot de bain pour la baignade à la mer de demain.

On est arrivées au AirBnb. On s’est posées. On a joué aux échecs et on est allées au restaurant. Bonne soirée. Bisous

 

Roxane : Départ sur le GR dans une ambiance tranquille et agréable. Nous traversons un petit parc où au milieu coule une rivière. Ensuite, c’est ville, route, voitures, camions, zone commerciale et logistique. C’est très urbain. Un petit parc laisse I envieuse de choisir son chemin.

Nous trouvons un petit espace arboré pour piqueniquer en ville avant de finir sur Montpellier. Il fait chaud, on se ravitaille en eau au cimetière et on retrouve les joies de la ville. Nous ne suivons plus le chemin, c’est le chemin qui nous suit. Les sacs posés, nous faisons une pause avant de retrouver (un peu) les transports en commun et la foule


Vendredi 12 avril :  

 

I : Bonjour. Aujourd’hui jour de repos à Montpellier. Ma journée a commencé par une grasse matinée. Ça faisait longtemps. On s’est baladées à Montpellier avec Roxane. On a essayé de se fondre dans la masse. A midi, on est allées manger dans un resto coréen. C’était bon. Ensuite, on a pris le tram (ça fait deux mois que je n’ai pas pris de transport en commun). Ca m’a fait tout drôle, en direction de la mer, attention ! Je me suis empressée d’aller me baigner, tandis que Roxane prenait tout son temps. Roxane s’est baignée jusqu’à la taille et moi jusqu’à la tête. Ça m’a fait du bien, mais j’ai été déçue par Roxane. On était censé y aller ensemble. Après la baignade, nous sommes allées chercher des burgers et on les a mangés au AirBnb en se faisant découvrir des musiques. Bisous

 

Roxane : Pas de réveil ce matin, ça fait plaisir. I prolonge sa nuit, alors que je me charge du petit déjeuner et profite d’un moment tranquille dans le jardin. Nous allons visiter la ville et trouvons que ça à son charme. Toutes ces stimulations sont coriaces ! Nous mangeons avant de partir à la mer. Je suis frileuse et l’eau est trop froide pour moi alors oui, c’est vrai, j’ai fait la petite joueuse. C’était chouette de voir I kiffer dans l’eau cela dit, et de “chiller” un peu sur le sable chaud.

Puis retour en ville, provision pour demain et repas du soir, bonne douche et le sommeil va encore me faire du bien.

 

Samedi 13 avril :

 

I : Bonjour. Aujourd’hui avec Roxane, on a marché 10 km. C’était super rapide. On est arrivées à midi au gîte. On a posé nos sacs, puis de quoi pique-niquer et on s’est posées près de la rivière. Ensuite, on s’est baignées dans la source. C'était super. On est reparties vers 16h30 et on s’est préparées pour aller manger avec Yvon (le directeur de l’association) et Cécile. La soirée s’est super bien passée. On n'a pas arrêté de rire. Bisous.

 

Roxane : Ce matin, en me réveillant vers la machine à café, je me suis prise une remontrance en mode “AirBnb” ; ça m’a agacée, mais I et sa bonne humeur a vite récupéré le bazar ! Nous sommes prêtes à 9h pour quitter la grande ville. I et moi avons discuté et partagé aussi un temps de silence. Nous quittons la ville pour se prélasser au bord d’une eau fraîche ! Cette fois, j’y vais ! I est vraiment comme un poisson dans l'eau. De retour au gîte, nous avons passé un moment calme et agréable. Fin de journée ensoleillée où nous retrouvons Yvon, le directeur de Seuil, et Cécile pour partager le repas, pertinent et agréable.

 

Dimanche 14 avril :

 

I : Bonjour, aujourd’hui avec Roxane on a commencé la journée en se baignant dans la source. C’était agréable jusqu’à ce qu’un chien m'éclabousse de l’eau dessus. On a marché 10 km. On a décidé de poser nos sacs et de se poser au soleil toute l’après-midi. J’en ai profité pour appeler ma sœur. Ça m’a fait plaisir d’entendre sa voix. J’ai fini mon livre. J’ai adoré ce livre. J’en ai pris un autre. Le soir on a retrouvé d'autres pèlerins et on a passé une agréable soirée. Bisous.

 

Roxane : Un petit réveil dans le sud, le soleil brille, la rivière est fraîche et I est de bonne humeur. Au départ, nous rencontrons Bernard qui est impressionné par la cadence d’I. Il fait vite chaud, et on profite d’une petite pause après avoir vu un cours de cheval qui guide les vaches. Nous arrivons à Montarnaud et nous nous dirigeons vers un coin de verdure pour nous reposer. C’est détente ! Après une quête de la boîte à livres, nous rentrons au gîte où un coréen, un père, sa fille et Bernard sont là. Nous partageons le repas et allons profiter d’un bon repos en dortoir.

 

Lundi 15 avril : 

 

I : Bonjour, aujourd’hui, on a marché 22 km avec Roxane. Ça faisait longtemps qu’on n'avait pas fait autant de kilomètres. Dans la matinée, j’ai tracé et Roxane a cru que je m’étais perdue. Quand elle m’a aperçue, elle était soulagée.

Dans l’après-midi, on a vu une belle rivière et on s’y est baignées. C’est devenu une routine. On est arrivées à Saint Guilhem le Désert et on a bu un coup. On a recroisé une pèlerine qu’on avait vue quelques jours plus tôt et on a mangé au resto. Elle est adorable. C’est une Hollandaise.

 

Roxane : Le réveil sonne à 6h30. Toute la petite équipe est discrète et efficace. C’est la première fois qu’on part aussi tôt. L’air reste frais, nous aussi. Nous marchons bien dans la garrigue. A un moment, je me perds et je perds I. Heureusement qu’elle se repère facilement et je suis rassurée de la retrouver à Aniane où nous nous octroyons une bonne pause. Nous repartons ensemble jusqu’au Pont du Diable où une baignade rafraîchissante nous vivifie. Le paysage est magnifique jusqu’à Saint Guilhem le Désert. Ce village nous éblouit car vraiment c’est beau ! Au refuge, nous retrouvons une Hollandaise, nous partageons un pot et un repas. L’ambiance est douce. Le vent fort et la nuit prometteus.


Mardi 16 avril

 

I : Bonjour. Aujourd’hui on a marché 12 km. On a commencé par une grosse côte de 3 km. J’étais triste de quitter Saint Guilhem, c’est tellement beau. Les trois premiers kilomètres ont été durs, mais le reste était simple. En arrivant au gîte, on s’est retrouvées avec Ingrid (l’hollandaise). J’ai fait une sieste à 18h qui n'était pas une sieste, puisque je me suis réveillée à 8h le lendemain. Bisous.

 

Roxane : Nous partons de Saint Guilhem après une bonne nuit en dortoir. C’est un départ dans une vallée calcaire où nous sommes minuscules dans cette immensité. La tramontane, le vent d’ici, est déchaînée, 400m de dénivelé positif, I n’a plus peur de ça et dévore le chemin comme une vraie montagnarde. Elle reconnaît au loin le Pic Saint-Loup et nomme un autre pour le plaisir.

L’ambiance est bonne, nous marchons la fin d’étape avec Ingrid jusqu’à Montpeyroux où nous cuisinerons une bonne ratatouille. I récupère du sommeil et moi je finis mon livre OKLM

 

Mercredi 17 avril

 

I : Bonjour. Aujourd’hui, on a marché 11 km. On a eu 5 km de côte. C'était plutôt simple. Nous sommes arrivées tôt au gîte. J’ai pu appeler ma mère, profiter du bon vent et là j’attends mon plat de lasagnes. Bisous

 

Roxane : Au réveil, le temps était mitigé. Nous partons cependant d’un bon pas vers Arboras où Sébastien, notre hôte de la veille, nous montre la petite chapelle et nous offre un petit thé. Nous repartons en écoutant I : ”pas de pause avant la fin de la côte !”. Ça me va bien. Nous croisons des ânes, des petits cochons et des bipèdes. Le paysage est magnifique, I apprécie les vues et la flore. Nous passons du plateau calcaire au schiste en arrivant à Saint Jean de la Blaquière. C’est presque la Méditerranée ici. Je me masse l’épaule avec la Gaulthérie de Manu (merci) et dodo.



515 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Marche de Enzxxx

Marche de Enzxxx accompagné par Pierre Samedi 30 mars : E : Je m’appelle E. J’ai 15 ans. Je viens du Nord. Pendant les trois derniers jours, je suis parti rencontrer mon accompagnant, Pierre, pour mar

Marche de Anaxxx

Marche de Anaxxx accompagné par Damien Samedi 30 mars : A : Après un premier jour chaotique et un vent à faire tomber les dents, la 2ème journée de marche commence sous la pluie. Heureusement, elle ne

Marche de Rjoxxx

Marche de Rjoxxx accompagné par Martin Jeudi 21 mars : R : Bonjour, je m’appelle R. J’ai 17 ans et demi Je viens de Candé dans le 49. Je suis vraiment pressé de partir. Je suis impatient de découvrir

Comments


bottom of page