Marche de Saexxx
- 26 janv.
- 65 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 avr.
Marche de Saexxx accompagnée par Fanny
Vendredi 23 janvier : Le Puy en Velay
S : Coucou, c’est S. Aujourd’hui avec Fanny et notre chef de marche, on a marché pendant 3h dans une jolie ville avec une grande forteresse pour se préparer au départ de demain. Il y a eu beaucoup de pluie, de neige et même du soleil, c’était cool, ça nous prépare pour les trois mois à venir 😀🧡
Fanny : Je m’appelle Fanny et je suis l’accompagnante de S. Nous sommes en stage de préparation au départ, au Puy en Velay depuis deux jours.
Tout en faisant connaissance, nous avons profité de ces journées pour visiter le Puy, préparer notre itinéraire et nos affaires.
Ce matin, une mise en jambe avec le sac à dos. S marche très bien quelles que soient les conditions météorologiques (pluie, grêle, neige) qu’on a eues ce matin.
C’est une jeune au tempérament tranquille. Elle est motivée et impliquée dans son projet de marche.
Ces deux premières journées se sont bien passées et nous sommes prêtes pour le départ demain matin. ULTREIA.
Samedi 24 janvier : Le Puy en Velay ---> Bains (15 km)
S : Aujourd’hui avec Fanny on a commencé notre périple. Il faisait froid mais c'était agréable.
On pouvait voir les montagnes au loin et l’épais brouillard qui les recouvrait ressemblait à un joli océan 😀🧡
Fanny : Bonnet et gants sont de mise pour se lancer sur notre première étape !
Nous sommes dans un petit gîte bien sympathique. Au programme : étirements, douche, petites courses, préparation des prochaines étapes, cuisine et repos. Sans oublier une petite soirée Star’Ac pour S.
Dimanche 25 janvier : Bains ---> Lac de l’Oeuf --- > Rougeac ---> Nolhac ---> Saint Privat d’Allier --- Monistrol d’Allier (environ 18 km)
S : Aujourd’hui, on est passées dans une jolie forêt enneigée. Après on s'est un peu perdues dans la montagne et un groupe de chevaux nous a suivies.
Et pour finir, j’ai failli tomber une centaine de fois d’une montagne cauchemardesque qui descendait en pente raide.
Fanny : Longue deuxième étape en passant notamment par une magnifique forêt enneigée de Fay à Rougeac ainsi que d’une descente bien technique dans les sous-bois de Saint Privat à Monistrol.
S m’impressionne. Elle marche bien, à son rythme. Elle reste motivée quelles que soient les difficultés techniques en côte et en descente.
Ce soir, nous dormons au gîte du Pont Eiffel. André nous reçoit avec soin. Au repas, des pâtes à la bolognaise pour se requinquer avant la grosse montée qui nous attend demain.
Lundi 26 janvier : Monistrol d’Allier --- > Saugues
S : Aujourd’hui, avec Fanny on a monté progressivement sur une jolie montagne, c’était facile et apaisant. Nous sommes ensuite passées par un joli village enneigé où l’on a pu manger. On a pris un long chemin qui nous a mené tout en haut de la jolie ville de Saugues où la bête nous attendait. 😀🧡
Fanny : Aujourd’hui, pas de détour !! Après avoir été dans le dur hier, la journée nous a paru facile, et ce, malgré les 600m de dénivelé positif. La journée était vraiment appréciable. Nous avons pu pique-niquer dans un joli hameau au soleil. Puis l’arrivée jusqu’à Saugues sur des chemins enneigés était très chouette. C’est très apaisant de marcher sur la neige, dans la nature.
S m’impressionne toujours autant. Elle marche très bien, parfois devant moi, elle ouvre le chemin, d’autres fois, nous sommes côte à côte, à papoter ou en silence. A d’autres moments, c’est moi qui ouvre le chemin, en particulier, dans les petites descentes un peu plus raides.
Cet après-midi, nous nous sommes baladées dans les ruelles de Saugues. Nous avons fait des petites courses pour le repas du soir et les prochains pique-niques
Nous sommes dans un petit gîte, en autonomie.
Cette journée m’a beaucoup plu !
J’ai hâte de poursuivre cette aventure avec S, sur les chemins de la liberté !
Mardi 27 janvier : Saugues ---> La Clauze ---> Chazeaux ---> Le Sauvage (1292 m) -
20 km
S : Aujourd’hui, moi et Fanny on s’est envolées dans les airs à cause du vent, mise à part ça le début du chemin était facile, puis on s’est transformées en Anna et Elsa de la Reine des Neiges quand nous sommes arrivées dans une horrible montagne où il n’y avait que de la neige. En plus de ça, un panneau indiquait qu'il ne nous restait plus que 4 km à parcourir, mais ça ressemblait à plus de 10 km. J’ai cru que j’allais mourir.
Fanny : La journée a commencé tout doux une petite mise en jambe, parfaite pour se réveiller musculairement.
S, briseuse de glace !! Aucune flaque glacée ne lui résiste !
Tout au long du chemin, S fait le lièvre…. En regardant régulièrement si la tortue suit !!
Certains paysages traversés font penser à des peintures impressionnistes ; les champs enneigés avec quelques fermes et hameaux.
Les six derniers kilomètres étaient assez incroyables, très sauvages. On ne voyait plus que des traces d’animaux (biches, cerfs…) dans la neige. Plus aucune trace de pas. Ces derniers kilomètres, à travers cette forêt sauvage, furent éprouvants également. A chaque pas on s’enfonçait un peu plus dans la neige.
Quelle satisfaction d’arriver jusqu’au refuge Le Sauvage, perdu dans la forêt.
D’après S, si on a réussi cette étape, on ne peut qu'”aller jusqu’au bout “ !
Jeudi 28 janvier : Le Sauvage ---> Saint Alban sur Limagnole (13 km)
S : Aujourd’hui, c’était une journée plus facile et reposante. Le chemin était plat et le paysage très enneigé. La journée était si facile que le seul inconvénient était que, lorsqu’on passait sous un arbre, les gouttes d’eau nous tombaient à la figure 🙂🧡
Fanny : Ce matin au réveil, il neigeait. Le gîte et les alentours étaient couverts d’un manteau neigeux d'une blancheur pure. Nos pas s’enfonçant jusqu’au tibia, nous avons décidé de passer par la “route” jusqu’à la chapelle Saint Roch, puis Les Faux. Les paysages étaient magnifiques. Cette neige délicatement posée sur les branches d’arbres, de pins et de hêtres donne une atmosphère reposante et endormie. En redescendant sur Limagnole par le GR, le soleil était radieux. Nous avons marché côte à côte avec S une bonne partie de la journée. Nous avons bien discuté de ses envies de projets professionnels, de ses projets de vacances…
Une fois au gîte, nous avons nos petites habitudes : goûter, visite du village, courses, préparation des pique-niques, étirements, douche, repas et soirée lecture.
S est au top. Elle assure pour la marche et pour toutes les activités annexes. Je suis ravie d’être à ses côtés pour cheminer.
Merci les amis et la famille de lire notre blog, c’est trop chouette de vous savoir avec nous en pensées.
Jeudi 29 janvier ----> Aumont Aubrac (16 km)
S : Aujourd’hui on a eu du soleil. On a eu quelques montées et descentes un peu difficile, puis on a fini par la neige jusqu’à Aumont Aubrac
Fanny : Ce matin, réveil à 7h30. Comme chaque matin, S se coiffe et se maquille joliment avant de me rejoindre prendre le petit déjeuner. Une fois bien rassasiées, nous sommes parties en direction d’Aumont Aubrac. Nous avons traversé de jolies plaines encore enneigées sous un soleil de janvier. C’est une belle étape.
Sur les derniers kilomètres, la fatigue se fait sentir. C’est aussi un des apprentissages du chemin de savoir gérer son énergie et son effort au fil de la journée.
Un bon repos s’impose pour continuer sur une grande étape demain jusqu’à Nasbinals.
Vendredi 30 janvier : Aumont-Aubrac ---> Nasbinals (27 km)
S : Aujourd’hui, c’était la journée la plus difficile. Il y avait beaucoup de neige, des montées difficiles et un peu de pluie, de vent et de neige qui tombait. Mais le paysage plutôt plat et enneigé de l’Aubrac était agréable à regarder.
Fanny : Ce matin, avant le départ pour cette longue étape à venir, s’inspirant de la lecture des accords toltèques, notre devise était “croire en soi, marcher, arriver” et c’est chose faite !
L’étape a été longue et ardue. De nombreux passages au coeur de l’Aubrac dans la neige avec le vent.
S a relevé le défi avec beaucoup de courage. Efforts, ténacité, abnégation… elle en a fait preuve.
Le chemin nous fait passer par plein d’états différents. Tantôt la joie, tantôt le doute, parfois du découragement mais aussi le soulagement d’arriver et tant de satisfaction et de fierté une fois arrivées.
Le chemin nous fait traverser également des tas d'émotions. On laisse derrière soi…. On avance vers le nouveau.
En arrivant au gîte, on se régale d’un bon goûter bien mérité. Car cette étape, en plein hiver, est vraiment difficile. On s’en souviendra longtemps.
Samedi 31 janvier : Nasbinals ---> Saint Chély d’Aubrac
S : Aujourd’hui, c’était une journée très facile, l’église du village d’Aubrac est très jolie. On a croisé des chevreuils et même un renard qui a volé ma couleur de cheveux. L’église de Saint Chély d’Aubrac est aussi très jolie 🧡🦊(135 km)
Fanny : Malgré la rudesse de l’hiver de l’Aubrac, cette étape de “récupération active” redonne le sourire !
Accord toltèque du jour “tu as un trésor à l’intérieur de toi”. Même si tu ne le vois pas encore ou que tu n’y crois pas, cela n’empêche qu’il existe. Sois patiente !
C’est tellement vrai, S. tu as de belles valeurs et une véritable profondeur d'âme et d’esprit. Le chemin t’accompagnera vers cette quête.
Aujourd’hui, nous avons marché avec Pierre, un pèlerin avec qui nous avons fait connaissance hier soir. Nous sommes montées jusqu’au col de l’Aubrac à 1600 m environ. Nous avons pique-niqué dans un abri à Aubrac avant de visiter sa jolie église, puis nous sommes re-descendues jusqu’à Saint Chély.
Neige et pluie nous ont accompagnées tout au long du parcours.
Ce soir, nous dormons chez Eric qui a déjà accompagné des jeunes de Seuil. Le gîte est fort agréable, avec des pierres et poutres apparentes, c’est douillet.
Dernière journée de marche demain avant notre journée de repos à Espalion.
Dimanche 1er février : Saint Chély d’Aubrac ---> Espalion (24 km)
S : Je ne sais pas quoi dire de cette journée à part que je me suis fait voler mon repas du midi par deux chats et un chien, qu’on a dû traverser une forêt qui ressemblait à une jungle sous la pluie et qu’on a gravi une montagne à l’allure d’un volcan avec la Sainte Vierge Marie à son sommet (159 km) 😸🐈🐕
Fanny : parcours alternant des descentes plus ou moins techniques, dans la boue, parfois dans le ruisseau, d’ailleurs, j’y ai laissé un pied… bien trempé toute la journée !! et des montées assez raides.
Les paysages étaient variés, tantôt dans les bois avec des arbres pleins de mousse, des bogues de châtaignes sous les pieds, tantôt en hauteur sur des plateaux dominant les collines et villages alentours.
Nous sommes passées par un charmant village médiéval, Saint Côme d’Olt du Lot.
Ce soir, nous sommes au gîte La Halte Saint Jacques avec une soirée en autonomie, accompagnées de Pierre qui lui continuera son chemin demain
Lundi 2 février : Espalion - Repos n°1
S : Aujourd’hui, j’ai mangé de l’aligot au magret de canard, c’était très bon.
J’ai fait une affiche d’auto-stop pour une pèlerine. J’espère qu’elle ne va pas trop patienter.
Fanny : Hier soir, Pierre avec qui nous avons partagé quelques étapes ensemble, nous a fait part de son blog. Il marche du Puy en Velay jusqu’à Roncevaux pour faire connaître et récolter des fonds pour une association Koala Pau qui oeuvre pour les enfants hospitalisés. Dans son blog, il raconte notre rencontre avec S et moi-même. Avec toute sa gentillesse et sa bienveillance, il nous a adressé des mots justes, doux et pleins d’encouragements et nous l’en remercions. Pour les curieux, vous pouvez lire son blog (les chemins-de-pierre.blog.spot.com)
Nous nous sommes aussi régalées autour d’un bon aligot, baladées dans le centre-ville et quelle coïncidence nous trouvons le livre des quatre accords toltèques dans une boîte à livres que S s’est empressée de prendre.
En fin d’après-midi, nous avons écrit chacune notre “lettre à soi-même” à ouvrir une fois arrivées à Saint Jean Pied de Port, ainsi qu’une lettre écrite pour l’autre.
Une journée de repos qui a fait du bien au corps et à l’esprit. Une bonne respiration avant de repartir de plus belle.
Mardi 3 février : Estaing ---> Campuac (172 km)
S : Aujourd’hui depuis Espalion on a marché 135 km (C’est faux on a pris un taxi jusqu’à Estaing)
Estaing est super jolie, ça ressemble au village dans “La belle et la bête” mis à part ça, j’ai pas trop aimé la journée. On a dû se tremper les pieds dans des rivières, marcher dans des ruisseaux, il y avait des ronces et des troncs d’arbres partout sur notre passage. On dirait que la nature voulait “nous tuer”, heureusement, il y avait un petit chat tout mignon. Et ce soir, mamie Mimi va bien s’occuper de nous (poulet rôti).
Fanny : Ce matin, nous avons visité Estaing. C’est un beau village médiéval. Nous avons ensuite traversé un pont afin de rejoindre le GR 6 et avons grimpé jusqu’à Campuac. Les pieds dans le lit du ruisseau, parfois à gué, nous avons dû passer en escaladant sur des branches ou encore en retirant les chaussures. A d’autres moments, nous avons dû franchir des arbres déracinés par la neige et le vent, tantôt en passant sur des troncs, tantôt par en-dessous. Aventure et sport étaient au rendez-vous.
Ce soir, nous allons nous faire dorloter par Mimi qui tient un gîte très coquet et chaleureux. Soirée que nous partagerons avec trois autres pèlerins
Sur le chemin ce matin, S m’a appris à parler quelques phrases en coréen : “Naeun Fanny inmida. Saranghnee”!
Mercredi 4 février : Campuac --- > Sénergues (18 km)
S : Aujourd’hui, c’était plus facile, on a traversé des plaines, il y avait plein de moutons qui nous regardaient Fanny et moi. 🐑
Madame Ginette qui est très rigolote nous a raconté plein d’anecdotes.
Fanny : Hier soir avec S nous avons lu ou relu les messages reçus sur le blog de Seuil. Quelle joie de recevoir vos encouragements et de vous savoir avec nous. Merci !
Nous avons partagé un délicieux festin avec trois autres pèlerins, Jean-Pierre qui s’arrête à Conques, Benoît et Camille qui vont jusqu’à Saint Jacques. Ces rencontres avec les autres pèlerins sont ressourçantes. On échange sur nos vies, on se raconte les “galères” du chemin, on rigole..
Ce matin, nous nous sommes laissées inspirer par cet accord toltèque “chaque jour, tu deviens plus forte sans t’en rendre compte. Tu fais de ton mieux et, chaque jour, même si tu ne le vois pas, tu grandis et tu progresses, tout comme le destin d’une fleur est d’aller vers le soleil.”
Notre étape aujourd’hui m’a beaucoup plu. Nous avons traversé des collines vertes jonchées de petits villages, de hameaux et de granges, bâtis de solides pierres grises et de toits en ardoise.
Les chemins en pente douce sillonnent les vallées de l'Aveyron, nous étions accompagnées d’un soleil bien agréable.
A l’arrivée à Sénergues se trouve un joli village perché avec un château en granit du XIV°s, une belle église et des maisons traditionnelles.
Jeudi 5 février : Sénergues ---> Conques (9,5 km)
S : Aujourd’hui, on a eu que du plat jusqu’à croiser un âne qui a “ch…” sur moi et Fanny. Je ne suis pas sûre mais je crois qu’il voulait nous prévenir de la grosse descente vers Conques qui est horrible, mis à part ça, l’Abbaye de Conques est super jolie et grande.
Et j’ai pu appeler mon meilleur ami L pendant 30 mn 🙂 🧡
Fanny : Chemin d’intentions, chemin de prières, chemin de gratitude
Poussées dans le dos par le vent, entourées de collines verdoyantes, nous sommes arrivées à Conques, village médiéval niché au creux des vallées.
Cet après-midi, nous avons visité Conques, le musée des reliques, la chapelle, l'abbaye. C’est un village-musée ! Hors du temps qui plus est en cette saison.
S s’est achetée un joli chapelet avec son argent de poche épargné depuis quelques jours.
Vêpres à 18 h, repas béni à 19h….
Vendredi 6 février : Conques ---> Livinhac le Haut (24 km)
S : Encore une montée toute droite sortie de l’enfer dans une espèce de forêt, sous la pluie, pour sortir de Conques et une grosse montée pour aller à la chapelle Saint Roch et encore une descente pour aller à Livinhac le Haut
Fanny : Suite à l’histoire de la rencontre avec l’âne hier soir, j’ai raconté une anecdote à S. Lorsque j’étais petite, j’aimais bien chanter “le petit âne gris” d’Hugues Aufray. Je lui ai donc fait écouter la chanson. Elle n’a pas aimé !!! J’ai tenté un autre style avec “Over the rainbow” mais là non plus, je n’ai pas eu beaucoup de succès ! Elle préfère de loin Jul et la K.pop !! 🙂 Aujourd’hui, j’ai bien aimé la petite grimpette au sortir de Conques. Un bon petit dénivelé, des virages en lacets, une forêt luxuriante, j’étais dans mon élément. Le reste de l’étape était moins spectaculaire. C’est une étape “pour avancer !” Ce soir, on dort dans un bungalow dans un camping. S est super contente car il y a une balançoire ! Pour ma part, c’est plutôt soirée “étirements”
Samedi 7 février : Livinhac le Haut ---> Figeac (26 km)
S : Aujourd’hui, on a fait que de marcher dans la boue, c’était fatigant.
Fanny : Long, pas facile et fatigant…. Pas mal de passages “ruisseau dans le chemin” avec de la boue. Bien contente d’être arrivée avec S. C’était au mental. Courage, il ne faut rien lâcher.
Dimanche 8 février : Figeac ----> Gaillac ( environ 33 km)
S : on a vu beaucoup de chevaux aujourd’hui, plein de maisons avec de drôles de forme dont une avec le toit en feuillage comme la maison de Shrek et de jolies collines avec beaucoup de pierre calcaire
Fanny : Nous avons eu une journée plus légère côté marche car la fatigue d’hier était importante et comme un marathon, le chemin s'envisage dans la durée. Avec Jean-Michel, notre responsable de marche, nous avons convenu que nous marcherions jusqu’à Faycelles à environ 8 km, nous prendrions un bus jusqu’à Cajarc avant de terminer sur 3 km pour rejoindre le gîte à Gaillac et nous l’avons fait. Une étape de plus à notre actif dans la joie et la bonne humeur !! malgré les petites douleurs par-ci par-là ! Ce matin, nous avons pu en profiter pour se balader “sans les sacs” dans le centre de Figeac. J’ai trouvé l’abbaye magnifique.
Lundi 9 février : Gaillac ---> Limogne en Quercy (15 km)
S : Aujourd’hui, chemin facile, on a vu plein de maisons comme celles dans Kirikou. Les gens à Limogne sont un peu bizarres ou particuliers, mais très gentils. La dame du gîte est très gentille, un peu particulière, mais bienveillante, par contre son chien est trop moche on dirait une serpillère et Fanny a dit qu’il puait (c’est vrai, il sent la saucisse desséchée 🤐)
Fanny : Cette journée a été bien agréable. Une météo très clémente. Des chemins et sentiers dans les bois et prairies à petits murets en pierre, chênes aux formes biscornues et recouverts de mousse verte, quelques mas et capitelles.
S était bien en forme. Elle aime observer la nature, s’arrêter, regarder les animaux que l’on croise, surtout des vaches et des ânes aujourd’hui. Parfois, on croise des animaux de la basse-cour.
On a aussi bien discuté aujourd’hui de son foyer, de dessins animés, du chemin et des prochaines étapes, des gîtes dans lesquels on a dormi et ce qui nous a plu ou déplu.
En arrivant à Limogne, nous avons recroisé Benoît et Camille. C’est chouette les petites retrouvailles en cours de chemin. Il y a Pierre aussi avec qui on continue d’échanger par messages, qui prend de nos nouvelles et nous encourage !
Le rythme est dense : marche, logistique, sac à dos, courses, cuisine (pas tous les soirs) réservation des gîtes…
En arrivant tôt dans les gîtes, cela nous donne aussi du temps pour se reposer, s’étirer, lire, écrire nos blogs !
Il nous tarde d’arriver à Cahors pour se délester de quelques kilos… Comme dans le livre de Wild, toutes proportions gardées, nous allons renvoyer au Puy en Velay quelques affaires pour se sentir plus légères.
Mardi 10 février : Limogne en Quercy ---> Vaylats (16 km)
S : Journée facile mais pas très intéressante en raison de la pluie, mais le lieu où l’on va dormir, le couvent de Vaylats, est incroyable, on y a très bien mangé et on a fait la rencontre de Soeur Annick, une femme très gentille, dévouée et empathique qui a aidé de nombreux enfants à lire ou pour des baptêmes etc… Elle avait un joli sourire rempli de sincérité et d’amour de Dieu.
Fanny : “A chaque pas un pas du coeur” du “dreadlock” à l’âne rencontré à Limogne.
Telles deux rainettes couvertes d’un sac poubelle comme aime plaisanter S, nous avons marché sur des jolis sentiers bien aménagés à travers la Causse du Quercy que nous traversons depuis deux jours.
Nous avons bien bavardé ce matin avec S, échangeant sur l’actualité, sur nos centres d’intérêt spécifiques. S m’apprend beaucoup de choses sur les mangas, sur le maquillage, sur la coiffure. Elle m’a d’ailleurs conseillé une butterfly cut avec un curtain bangs, accompagné d’un balayage au burn ou caramel. Tout un programme.
Nous sommes passées dans deux petits villages typiques des Causses : Varaire et Bach. Dans ce dernier, nous avons trouvé refuge dans une belle église pour y pique-niquer sous les yeux attentifs de l’archange Saint Michel et de la sainte Jeanne d’Arc.
Pour finir cette belle journée pluvieuse, nous nous sommes mises au sec dans un magnifique couvent à Vaylats où nous allons passer la nuit.
Ici vivent quatre Soeurs de la Congrégation des Filles de Jésus de Vaylats et de Kermaria, qui poursuivent le projet entamé en 1820 d'œuvrer pour les soins en milieu rural. Actuellement, le couvent accueille des personnes seniors, des pèlerins, des groupes. Ce soir d’ailleurs, un groupe d’étudiants ingénieurs partagera le repas avec nous dans la salle commune. Ils sont ici pour une formation “introspective”.
Quel magnifique échange, nous avons eu avec Soeur Annick, lors du dîner. Âgée de 82 ans, elle nous a raconté quelques étapes de sa vie. De l’amour, de la bienveillance, de la positivité.
S avait les yeux qui brillaient et l'écoutait avec une grande attention. Elle lui a posé des questions très intéressantes sur sa foi et son parcours de vie. Une vraie pépite d’or cette conversation en toute simplicité dans le réfectoire du couvent.
Et quel bon repas aussi !
Mercredi 11 février : Vaylats ---> Cahors (25 km)
S : Journée étonnamment facile pour 25 km de marche, un peu de pluie très apaisante. Cahors est une très jolie ville avec la plus belle des églises, l’église Saint Etienne, on croise enfin des gens normaux pas comme à Limogne en Quercy…
Demain, je pourrai enfin alléger mon sac 😀🧡
Fanny : Quelle chouette journée !!
Avec S, on marche et on discute. Aujourd’hui de politique, d’anecdotes du collège et du lycée. On marche et on médite, on observe la nature, en observant ce qui se passe en nous. On marche et on se ravitaille, c'est très important !
Quelle satisfaction d’arriver à Cahors ! Fin de la 2ème étape. Je suis contente de ce chemin parcouru avec S. Elle peut être fière d’elle. Je suis fière également de moi de ce premier bout de chemin parcouru ensemble. La suite s’annonce de bon augure avec une 3ème étape de 7 jours jusqu’à Condom ! Youhou !! 😀
Jeudi 12 février : Cahors - jour de repos n°2
S : Aujourd’hui, j’ai mangé un bon confit de canard. Je me suis promenée dans Cahors avec Fanny et on a regardé le film Marsupilami qui était super drôle au cinéma. Mon sac de marche a perdu 4 kg, c’est la meilleure nouvelle de la journée. 🙂🧡
Fanny : Au programme : le rapport de la deuxième session, repérer les prochaines étapes et prochains gîtes, faire le tri dans les affaires à renvoyer, aller à la poste.
S a bien profité de sa matinée pour prendre soin d’elle. Nous sommes ensuite allées nous promener dans le centre historique et avons dégusté une des spécialités locales le canard. On s’est délestées de quelques kilos, environ 1,3kg pour ma part et environ 4 kg pour S !! Elle va courir comme un lapin !
S a reçu du courrier, deux lettres qui lui ont fait plaisir.
Et merci pour vos messages sur le blog qui nous font chaud au coeur et nous animent.
Vendredi 13 février : Cahors ---> Lascabanes (22 km)
S : Journée facile encore une fois, terrain plat, on a vu trois chevreuils. Le gîte où l’on va dormir fait un peu peur avec des décorations un peu particulières (surtout aux toilettes).
Fanny : Nous avons quitté Cahors et le gîte du “Deuxième Souffle” (qui porte bien son nom) pour le majestueux pont médiéval Valentré. La première partie de la journée n’était pas folle en termes de paysage. Heureusement, quelques chants d’oiseaux égayaient les sous-bois.
Un point positif de cette étape est que les corps s’aguerrissent. Je ne suis pas encore au pic de ma forme, mais je n’en suis plus trop loin ! S quant à elle est dans une forme olympique. La fatigue s’atténue et l’endorphine commence à pointer le bout de son nez.
S gère de mieux en mieux sa marche. A l’écoute des conseils, elle a su aujourd’hui s’arrêter et se ravitailler dans une côte un peu éprouvante et ce avant de se sentir agacée ou trop épuisée, avant de puiser dans les réserves.
S s'améliore aussi dans tous les petits gestes de la vie quotidienne et je l’en félicite.
Cet après-midi, nous avons cheminé sur une ligne de crête surplombant quelques champs. Après avoir discuté sur les rêves, nous avons échangé sur tic-toc et les réseaux sociaux avec des approches et des points de vue fort différents.
Sur la dernière partie du chemin, il y avait des stèles recouvertes de citations d’intellectuels, de poètes, de philosophes…. toujours bien inspirantes et qui faisaient passer le temps plus vite.
Samedi 14 février : Lascabanes ---> Lauzerte (21 km)
S : Très jolie journée. On change enfin de région, de paysage et un très bon gîte pour se détendre
Fanny : De belles discussions avec S.
De magnifiques champs de lavande bien taillés dans un coeur de verdure
De la boue et du vent …
Dimanche 15 février : Lauzerte --- > Moissac (29 km)
S : Encore une journée bien boueuse, comme aux jeux olympiques, patinage artistique sans le côté artistique malgré les 30 km. C’était pas très difficile, parfois je me tournais pour voir où était Fanny et elle était si loin qu’elle avait la taille d’une fourmi.
Fanny : La soirée d'hier a été très sympa au Gîte Fleuri. Mélanie, l’hôte, dynamique et très accueillante nous a raconté quelques étapes de sa vie, des bouts de chemin de Saint Jacques et la vie de son gîte.
Aujourd’hui, nous avons eu une étape assez longue, pluvieuse et venteuse par moments. Nous avons traversé de nombreux champs et chemins en sous-bois dans la boue. On s'enfonce, on glisse, c’est une débauche d’énergie vraiment importante. S marche remarquablement bien, que ce soit sur terrain sec ou glissant. Par expérience de la randonnée, un chemin avec ces conditions climatiques n’est vraiment pas évident, mais elle s’en sort hyper bien.
Après nos discussions d’hier sur la spiritualité, la foi et la religion, nous avons échangé ce matin sur ses interrogations quant à l’après-marche. S s’intéresse, se questionne et veut être actrice de ses projets à venir, a possibilité d'être en Foyer Jeunes Travailleurs, au refuge, commencer à postuler pour des jobs d’été…
C’est super intéressant d’échanger ensemble et cette marche va permettre de mûrir toutes ces idées et envies.
A travers ces chemins, on découvre la campagne française. Aujourd’hui dans le Tarn et Garonne, parsemé de fermes et de vergers, on découvre des hameaux, petits villages et petites villes, des vieilles bâtisses, du patrimoine local (pigeonniers), des fontaines naturelles.
Lundi 16 février : Moissac --- > Auvillar (18 km)
S : On a marché entre deux canaux pendant des heures. C’était tout plat et ennuyeux. Du coup, j’ai mis des branches sur le chemin pour faire tomber Fanny 😡
Fanny : La soirée d’hier au gîte Chez Aliénor était très sympathique. L’hôte, Patrick, quinquagénaire breton, papa de quatre enfants, très bavard, nous a raconté mille et une histoires de pèlerins !
Le gîte est dans une belle bâtisse du 19ème siècle, un immeuble sur deux étages en partie dans son jus et avec de belles boiseries et décorations en plâtre datant de 1820.
Aujourd’hui, c'était une étape de “récupération active”, le long du canal sur les berges du Tarn. Du bitume sur 18 km, histoire de marcher en cadence et de dérouler la foulée !
S continue de me faire bien rire, avec son humour, ses jeux de mots, ses petites blagues sur le chemin. Ses blogs aussi, avec ses petits dessins et autocollants (que vous ne voyez pas) qui sont tip-top.
Ce soir, nous logerons à Auvillar. C’est un très beau village. Il y a des maisons à colombages en brique rouge, une ancienne halle aux grains circulaire située au centre d’une place aux arcades et une très belle église romane devenue gothique.
Nous sommes à l’accueil catholique Les Amis de Saint Jacques, avec Monique, une hôtesse pleine de gentillesse.
Mardi 17 février : Auvillar ---> Miradoux (17 km)
S : Journée simple avec beaucoup de routes et une grosse montée dans la boue, bien fatigante que Fanny, la fourmi, n’a même pas faite (elle a préféré prendre la route).
La dame du gîte est mon hôtesse préférée, elle est accueillante et très sportive (je recommande ce gîte) et elle est devenue la meilleure amie de Fanny (elle a remplacé Céline, la patineuse, c’est pas gentil (je rigole) car elle est sportive et a fait du foot et du tennis, comme Fanny, la fourmi
Fanny : Petite étape. Les paysages sont marqués par les tempêtes et inondations des derniers jours : arbres arrachés, champs inondés.
Au passage deux petits villages : Saint Antoine, sa ruelle de maisons à colombage et sa belle église. Flamarens avec son château médiéval et les vestiges d’une église en ruine.
S avance parfois loin devant, telle une abeille (avec sa cape noire et ses cheveux blonds) qui s’envole vers l’autonomie.
Cet après-midi, nous avons écouté de la musique, chacune son tour choisissant une chanson, c’était bien sympa !
Ce soir, les hôtes du gîte nous proposent une petite soirée jeux de société, c’est top ! Hâte !!
Mercredi 18 février : Miradoux --- > Lectoure (18 km)
S : Beaucoup de marche sur la route aujourd’hui. Lectoure est une jolie petite ville, la Soeur Véronique du couvent qui nous a accueillies est super gentille. 😀❤️
Fanny : Hier soir, nous avons joué au jeu des petits chevaux canadiens (Tok), un jeu de plateau sur le principe des quatre chevaux qui doivent faire le tour et rentrer dans leur maison. Chrystèle et Jean-Clément ont fabriqué leur plateau de jeu avec plein d’images de personnalités célèbres. S était en équipe avec Chrystèle et j’étais avec Jean-Clément. Elles se sont bien défendues, mais nous avons quand même gagné ! C’était sympa ce jeu. J’y avais déjà joué notamment avec ma tante Monique !!
Petite étape aujourd’hui. Vu l'état des chemins, parfois inondés, nous avons emprunté à plusieurs reprises des bouts de route. S étant de plus en plus à l'aise, en confiance et en demande de marche en autonomie, on se retrouve à un point tous les 3 km environ. Elle se prépare progressivement ainsi à marcher dans quelque temps une étape toute seule en autonomie.
Ce soir, nous dormons au couvent du Carmel, accueillies chaleureusement par la Soeur Véronique.
Jeudi 19 février : Lectoure ----> Condom (28 km)
S : plat du jour : pluie, grêle, vent puissant, soleil, nuages, ouragan, tempête, encore du vent, encore de la pluie, encore un peu de vent et la surprise du chef : 28 km à parcourir
Bon appétit 😡
Fanny : A Lectoure, nous avons relevé la mission “trouver un doudou”. S a adopté un petit âne gris tout doux et trop mignon ! Comme Baloo avait tenu compagnie à Céline à Valladolid alors qu’elle était à l’hôpital, un doudou à qui se confier.
La traversée de l’Aubrac avait été éprouvante, celle du Gers l’est tout autant ! Après les derniers jours de boue, les chemins n’étaient pas praticables, nous avons opté pour des pistes et petites routes de campagne. La météo était surréaliste : des rafales de vent qui nous faisaient presque reculer, de la pluie, de la pluie avec du vent, quelques rayons de soleil et rebelote ! ! Malgré la difficulté, cette journée nous a bien plu. Solidarité et détermination ! Ultreïa
Vendredi 20 février : Condom - Jour de repos
S : Aujourd’hui, j’ai mangé de bons sushis. On a visité l’incroyable église de Condom (incroyable, pas comme le nom de la ville en anglais…) et on a bien mangé et discuté avec l’hôte du gîte et une autre dame du gîte.
Fanny : Nous sommes au gîte “Pause ton sac “, géré par Alain et Brigitte depuis quelques mois. J'aime beaucoup l’endroit : ambiance auberge de jeunesse, une énergie positive et tranquille, une décoration sympa. Ils accueillent des pèlerins, mais aussi des festivaliers, des vacanciers, des gens de passage, des ouvriers pour le chantier de la cathédrale.
Ce soir, Alain nous a offert le dîner. Louise, une hôtesse d’un autre gîte, était invitée également. Nous avons bien échangé tous les quatre, tantôt sur le projet de Seuil, tantôt sur leur parcours de vie. C’est tellement riche la diversité des gîtes et des raisons et motivation des hôtes à accueillir et offrir l’hospitalité.
C’est une vraie source de motivation, un moteur d’énergie que de faire ces rencontres et d’imaginer en faire d’autres tout au long du chemin.
Samedi 21 février : Condom ----> Montréal du Gers (16 km)
S : On a marché dans la boue, des rivières, on a traversé sous et sur des troncs d’arbres comme au bon vieux temps. Pour une fois, il n’y avait ni vent, ni pluie, ni tempête, mais du soleil. La journée est passée vite.
Fanny : Quelle magnifique journée !!
J’ai échangé mon bonnet péruvien pour mon chapeau “safari” !
T-shirt et pantalon retrouvés, on est partis pour une étape bien sympathique. Quelques passages dans la boue. On gère ! Deux ruisseaux à franchir, j’ai déchaussé. S quant à elle, même pas peur même pas mal, y va directement avec ses chaussures ! Et pour rajouter un brin d’aventure, des troncs d'arbres énormes tombés au milieu du chemin, un coup par-dessous, un coup par-dessus, nous les avons escaladés.
Au cours de cette journée aventureuse, nous avons visité une belle cité médiévale, Larressingle.
J’ai beaucoup aimé cette journée, pleine de partages avec S.
En arrivant à Montréal du Gers, on avait l’impression d’avoir marché une heure !
Ce soir, nous logeons au Victorien Lodge, une ambiance entre cluedo et Agatha Christie.
Dimanche 22 février : Montréal du Gers --- > Eauze
S : J’ai bien aimé l’hôtesse de ce soir, très gentille, religieuse et dans l’aide. Elle fait partie d’une association d’aide aux migrants et je trouve ça vraiment super sympa.
Fanny : Cette étape était bien agréable. Une journée ensoleillée, des chemins empruntant des voies vertes à travers les bois, quelques passages dans les champs. On a vu quelques troncs d’arbres à nouveau jonchés sur le sol et en travers du chemin.
La marche était assez introspective aujourd’hui pour l’une comme pour l’autre.
A certains moments, je pense à mes proches, à ce que je ferai ou ce que j’aimerais faire dans les prochaines semaines et mois à venir. La question : “qu’est-ce qu'on vient chercher sur le chemin ? ” me revient souvent comme une ritournelle : de la paix, de l’amour, de la satisfaction, le plaisir d'être à sa place, des rencontres, du partage, du lâcher prise, de la remise en question…
Le chant des oiseaux me ramène à l’instant présent, l’effort de marcher dans la boue me fait me concentrer sur mes pas.
Ce soir, nous sommes à l’accueil pèlerins Béthanie. Temps de prière, puis repas avec la famille de Pauline l’hôtesse du gîte.
Lundi 23 février : Eauze ---> Nogaro (21 km)
S : Un insupportable chien nous a suivies toute la journée jusqu’à Nogaro avant que son maître vienne enfin le chercher. Une autre chose insupportable qui me suivait, c’est le soleil…. Je déteste le soleil.
Fanny : Le chemin à deux c’est parfois des incompréhensions, des différends…On échange, on s’explique, on s'excuse et ça repart de plus belle !
C’était drôle aujourd’hui les rencontres au gré du hasard. Déjà un chien qui nous a suivies pendant quelques kilomètres. Heureusement son maître a réussi à nous retrouver pour le récupérer, puis une gérante d’un gîte qui nous aperçoit de sa voiture et vient nous faire la causette. C’est chouette toutes ces rencontres fugaces, des petites conversations “du chemin”.
Demain, S se lance en autonomie, youhou ! Elle partira une demi-heure avant moi et on se retrouvera à Lelin-Lapujolle, à environ 13 km de Nogaro.
Ce soir, nous sommes au gîte “Le Repos des Rêves” tenu par Vincent, encore un gîte très agréable et où il fait bon vivre !
Mardi 24 février : Nogaro ---> Aire sur l’Adour (21 km)
S : Après avoir agréablement marché seule dans la fraîcheur du matin, le midi j’ai retrouvé Fanny. On a marché des heures dans un désert sous un soleil de plomb et au moment de mourir de soif comme une saucisse desséchée, trois gentilles hôtesses d’un gîte nous ont donné à boire et m’ont donné une casquette.
Séquence animale : je me suis fait aboyer dessus par un mini chiwawa. J’ai vu un chat sans queue, plein de grenouilles qui sautaient dans l’eau quand moi et Fanny desséchions au soleil, j’ai vu aussi une belette.
Fanny : S a remarquablement marché en autonomie jusqu’à Lelin Lapujolle. On s’y est retrouvé pour le pique-nique, puis nous avons mangé ensemble l’après-midi sous les premières chaleurs du printemps. En longeant les champs de maïs sous ce soleil chaud, un peu plus on se transformait en pop-corn !!!
Aujourd’hui, premier panorama sur les Pyrénées. Magnifique !
Quelques mimosas bien jaunes et des dahlias. Trop beau !
La journée a été quand même bien éprouvante. On a eu la chance de pouvoir faire une pause dans un gîte à Barcelone sur Gers qui nous a gentiment offert du sirop.
Ce soir, nous sommes au gîte “A la Maison”. Encore une histoire bien singulière de l’hébergeur Stéphane et de sa fille Lucia.
Une bonne nuit s’impose avant les 28 km de demain
Mercredi 25 février : Aire sur l’Adour - jour de repos
S : Après avoir mal dormi cette nuit, Fanny m’annonce la meilleure nouvelle de ma vie, on ne marche pas aujourd’hui !
Après avoir mangé une incroyable pizza que j’ai créée moi-même, “parce que je suis incroyable”. On a mangé ce soir du magret de canard avec Fanny et Jean-Michel, notre chef de marche, (malheureusement, ce n’est pas moi qui a créé le repas du soir …).
Ça va être rigolo demain de marcher plus vite qu’eux deux, ça fera deux fourmis pour le prix d'une. 🐜🐜
Fanny : Ce matin, une contracture dans le dos m’a poussée à un repos improvisé… bien apprécié également par S qui se sentait fatiguée.
Ce soir, Jean-Michel, notre responsable de marche, va nous rejoindre et passer la soirée avec nous. Je vais en profiter pour récupérer un sac plus adapté.
Ce matin, nous avons eu la chance de visiter l’église Sainte Quitterie avec Jacques, bénévole à l’association Les Amis de Saint Jacques, qui nous a merveilleusement raconté l’histoire de ce lieu.
Jeudi 26 février Aire sur l'Adour ---> Pimbo
S : Après avoir dépassé les deux fourmis jusqu’à midi, j’ai vidé ma bouteille d’eau sur ma tête pour ne pas cramer à cause de la chaleur. Je crois d’ailleurs que le soleil tape trop sur la tête de Fanny puisqu’elle a confondu un chat avec un hamster… D’ailleurs Fanny est très triste aujourd’hui, elle a perdu quelqu’un de très cher à ses yeux, son tee-shirt à manches longues orange fluo. Pauvre Fanny !
Fanny : Matinée un peu ennuyante côté paysage… Heureusement, Jean-Michel nous a accompagnées jusqu’à Miramont Sensacq avec sa bonne humeur.
Aujourd’hui, j’ai pu enfin changer de sac-à-dos, je revis !! Nouveau sac, nouveau départ !
Cet après-midi, les paysages étaient bien plus sympathiques. De jolies collines, des petits passages dans la forêt.
S avait envie de converser en espagnol puis en anglais, c’était sympa ! Puis j’ai pu découvrir son talent d’imitatrice. Naturellement, j’ai eu le droit à la mienne. Très drôle et tellement juste !
Vendredi 27 février : Pimbo --- > Larreule (18 km)
S : (Encore) une journée avec cet impossible soleil, mais ça allait encore, au moins le soleil nous fait bronzer, moi et Fanny, et rend mes cheveux plus clairs. En arrivant au gîte, vision d’horreur,ma pire phobie est en liberté dans le jardin, des chèvres. Heureusement, on a pu parler avec Pierre, notre pèlerin préféré, qui est venu nous rendre visite… (avec son fils qui est tellement beau, c’est pas croyable). Voilà - voilà… � �
Fanny : J’ai bien aimé cette étape dans les Landes. Nous avons marché entourées de collines verdoyantes, bien entretenues et relativement “sauvages”. On trouve des eucalyptus, des pins. On aperçoit les premières fleurs, certains bourgeons qui commencent à fleurir. La journée était ensoleillée. Et dire qu'il y a trois ou quatre semaines, j'avais les moufles. En fin d’après-midi, Pierre avec qui nous avions marché dans l'Aubrac est passé nous faire un coucou avec son fils Samuel. C’était très chouette de se réunir. Il a fini hier son périple du Puy en Velay à Roncevaux.
Samedi 28 février : Larreule ---> Maslacq (28 km)
S : Enfin une journée sans soleil. Je respire enfin, il y a même eu de la pluie. Quel bonheur ! Bon, Fanny n’était pas très contente qu’il pleuve, mais ce n'est pas grave. L’hôtesse du gîte est très gentille. C’est une ancienne danseuse ! (d’ailleurs aujourd’hui, il n’a pas fait si froid, si on repense à la journée d’hier …). Voilà - Voilà
Fanny : Une étape bien agréable. La pluie de la nuit dernière a rafraîchi l’air. S était contente car la chaleur des derniers jours ne lui convenait pas tant ! Les collines du Béarn sont bien verdoyantes et avec une végétation luxuriante. Je découvre l'architecture béarnaise. Je contemple des paysages vallonnés. Je m’émerveille devant les mimosas et les magnolias, quelques jonquilles et violettes sur les bords de route. Cet après-midi, nous sommes arrivées au gîte Chez L. Béatrice, l’hôtesse, a rénové toute seule son gîte. Il est magnifiquement décoré. La soirée en sa compagnie s'annonce fort sympathique.
Dimanche 1er mars Maslacq --- > Navarrenx (22 km)
S : Super journée, du soleil mais pas trop. Ce matin, on a fait des rituels spirituels avec Béatrice � � je pense que ces rituels nous ont bien guidées, car la journée a été incroyable, aucune douleur, des beaux paysages (les Pyrénées) (674 km). Le gîte paroissial où l’on est trop cool. La gérante est sympa, il y a plein d'enfants mignons et attachants et de bonnes pizzas. Seul point négatif de la journée, un chien qui ressemblait à une serpillère, m’a mordue, mais pas de panique, après quelques coups de bâton, il a fini dans ma pizza
Fanny : La soirée d’hier fut effectivement sympathique. Nous avons discuté, S, Béatrice et moi au coin de la cheminée. Béatrice nous a raconté sa vie de danseuse professionnelle, puis son aventure en tant qu'hôtesse depuis ¾ ans environ. Accueil qu’elle n’avait pas prévu au départ pour les pèlerins, mais conquise par la magie des rencontres, Son projet a pris cette tournure. Elle nous a raconté également la métaphore de l’alchimiste, du plomb qui se transforme en or et des nouvelles perspectives qu'offre le chemin au retour. Ce matin, nous avons fait des rituels de départ : écrire son prénom sur une pierre, la poser sur une étoile constituée de pierres des autres pèlerins afin de s’ancrer dans l’univers ; écrire son prénom sur un ruban attaché à une plume pour y déposer ses intentions et telles des L pour qu’elles puissent s’envoler. C’était un très chouette moment suspendu dans le temps. La première partie de la matinée s’est faite dans la brume à travers une forêt “lutinesque” où l’on imaginerait des petits lutins cachés un peu partout. Des dizaines de chants d’oiseaux nous berçaient. J’ai adoré ! Et arrivées en haut de la colline, un ciel bleu magnifique, des rayons de soleil et un panorama sur les Pyrénées toutes blanches. Nous avons fait une pause à l’abbaye de Sauvelade, belle bâtisse du XII°s. Le reste de l’étape était super agréable jusqu’à l’arrivée dans le beau village de Navarrenx. Un petit coup de cœur pour le Béarn ! Nous sommes à la Maison d’Accueil La Providence. Constance nous a chaleureusement reçues. Une ambiance, repas partagé avec les gens de la paroisse, des enfants qui jouent, une partie de jeu type ”pelote basque”... J’ai passé une super journée ! Ce soir, pour couronner le tout, nous allons manger une pizza !
Lundi 2 mars : Navarrenx ---> Aroue (18 km)
S : Après une journée bien plus chaude, Fanny s’est prise pour une sirène ou pour un thon en pataugeant dans un lac.
En arrivant au gîte, le gentil papi nous a fait part qu’en arrivant à Compostelle, certains pèlerins brûlaient leurs habits, comme pour marquer une finalité et là, il a dit “vous aussi, vous allez brûler “vos culottes” au lieu de dire “habits”. Super drôle 🙂
Fanny : Hier soir à La Providence, nous avons fait connaissance avec Paola. Elle est partie de chez elle en République Tchèque jusqu’à Saint Jacques avec son sac et sa tente. Waouh ! Elle est revenue à La Providence il y a quelques semaines pour s’occuper de l’accueil des pèlerins. Nous avons passé deux heures à converser avec elle en anglais.
S m’a impressionnée. Elle comprend et s’exprime très bien.
Aujourd’hui encore l’étape est géniale. Les paysages ”cartes postales”, du ciel bleu et du soleil, des sentiers dans la forêt et à travers des vallons et des immenses champs verdoyants.
S m’a évoqué des projets dont elle rêve. C’est trop chouette ! : vivre dans des pays où il fait froid comme les pays scandinaves, le Canada où le système éducatif est mis en valeur. Elle aimerait apprendre sept langues…. Ce sont des projets très enthousiasmants.
En marchant, je me disais “le chemin c’est trop bon !” même si parfois cela fait un peu mal aux pieds ! Je vois jour après jour S qui prend du plaisir à marcher, qui sourit à la vie, qui rêve, son visage qui s'adoucit et s’illumine.
Moi, je m’apaise, je me détends. Je profite de tous ces instants magiques et uniques qui appartiennent à ce chemin, au chemin de S, à mon chemin, à notre chemin partagé, avec des rencontres ici et maintenant, avec des pensées, des prières et des encouragements qui nous accompagnent et enfin avec ceux qui sont dans notre cœur.
Cet après-midi, j’ai fait trempette (à Lichos) jusqu’aux genoux dans Le Saison, un petit cours d’eau bien frais. Une pause fraîcheur tellement appréciable.
Nous sommes arrivées en milieu d’après-midi au gîte Bellevue qui porte effectivement bien son nom. Située au cœur des champs, il y a une vue panoramique sur les Pyrénées. J’ai eu le luxe de faire mes étirements au soleil et face à cette vue magnifique.
Ce soir, nous allons cuisiner avec S ! Des pâtes à la sauce tomate et une omelette aux légumes du jardin de Marie-Paule et Marcel.
Mardi 3 mars : Aroue ---> Larceveau (26 km)
S : Tu es au plus bas, tout autour de toi, des vallées hautes à perte de vue, peut-être même les Pyrénées et toi tu es au centre, telle une perle lumineuse, précieusement cachée au coeur d’une coquille Saint Jacques et c’est à cet instant précis quand tu sens la légère brise te chatouiller le visage, que tu te demandes pourquoi cette perle qui rayonne en toi, dans tes yeux, souffre-t-elle autant ? Ouvre les yeux, respire. Un monde nouveau s’ouvre à toi !
Fanny : Étape assez intense dans le Pays basque. Nous avons traversé de nombreux vallons composés de grands champs et de fermes. Des troupeaux de moutons et de brebis dans les champs, sur les sentiers avec leur berger/agriculteur. Des maisons traditionnelles blanches avec des volets rouges.
Du dénivelé en grimpant à la chapelle de Soyarza pour atteindre comme un plateau surplombant les collines avec un beau panorama sur la chaîne des Pyrénées. Sacrée grimpette mais qui en vaut la peine.
Ce soir, nous sommes au gîte Maison Hego Alde, reçues par Annick, hollandaise, qui s’occupe du gîte depuis juillet.
Hâte de goûter le Ossau Iraty en voyant toutes ces brebis !
Mercredi 4 Mars : Larceveau ---> Saint Jean Pied de Port (18 km)
S : Après une dernière étape facile et une bonne soirée avec Annika, la gentille hôtesse hollandaise d’hier qui parlait très bien français, on est enfin arrivés à la dernière étape en France. Avec l’aide de Fanny, j’ai fait des croque-monsieur et un bon gâteau aux spéculoos. Viva España ! 🙂🐂
Fanny : Après avoir découvert son talent d'imitatrice, j'ai découvert hier soir celui de poétesse en écoutant son blog, un récit touchant et sensible.
Ce matin, alors que nous lisions nos cartes des accords toltèques, Annika nous a proposé de tirer une carte d’un oracle “murmures de la nature”.
S a tiré une carte évoquant une porte vers une nouvelle vie. Quant à moi, elle portait sur une rencontre inattendue avec un lieu, une personne qui m'apporterait une nouvelle voie. Elle me parlait également d’être en lien avec mon environnement, de m’adapter et d’interagir avec le cosmos.
En échange, S a fait tirer une carte des accords toltèques à Annika.
Ces rituels le matin sont extrêmement appréciables. Déjà, cela nous met en joie et de bonne humeur. Puis au fil de la journée, ces petits mots, ces petites phrases nous reviennent dans la tête et cheminent vers nous.
Étape fort sympathique. Des moutons et des brebis qui pâturent dans les champs. En veux-tu en voilà ! Avec des poils longs, avec des poils courts avec ou sans cornes, la tête blanche ou la tête noire, il y en a pour tous les goûts. Sans oublier quelques vaches et quelques chevaux qui vivent paisiblement dans les champs du Pays Basque.
L’arrivée à Saint Jean Pied de Port était fort agréable, une petite rue qui monte progressivement, des maisons en chaux blanche et volets rouges, des jardins bien entretenus. Il régnait une atmosphère douce et paisible.
Une fois atteint la porte Saint Jacques, quelle joie ! Poh ! Poh ! Poh : On y est !! Quelle fierté d’avoir accompli quelques 740 km. J’étais très contente de partager ce moment avec S.
Ce soir et demain, nous sommes au gîte Estelan Etxea, une magnifique demeure retapée par Marie et Fernando.
Le chemin c’est aussi du pragmatisme. Pour ce repos (de marche !) nous nous lançons dans des ateliers cuisine. Nous avons cuisiné un gâteau au yaourt citron spéculoos et des croque-monsieur aux saveurs basques. Nous avons convié Marie et sa petite fille Inès pour les remercier de leur gracieuse hospitalité. Et quel régal ce festin !!
Demain, on préparera des pâtes avec une sauce “maison” (oignons, poivrons, lomo, tomates + crème froide) encore un bon plat en perspective ! On prend des forces pour la montée de Roncevaux !
Jeudi 5 mars : Saint Jean Pied de Port - jour de repos
S : Après avoir longuement dormi, j’ai passé toute la journée à essayer de trouver de nouvelles chaussures avec Fanny pour Fanny.
J’ai pu appeler ma mère et mon meilleur ami. L. ♥️
Fanny : Journée de repos à Saint Jean Pied de Port. Beaucoup de relâchement…. De la logistique pour continuer l’organisation des prochaines étapes en Espagne.
Avec S, nous avons lu les lettres écrites l’une à l’autre lorsque nous étions à Espalion. S m’a écrit une lettre très touchante. Cela fait chaud au cœur et je me sens encore plus motivée pour l’accompagner jusqu’au bout !
Vamos à Santiago de Compostela ! Venga !
Vendredi 6 mars : Saint Jean Pied de Port ---> Roncesvalles (22 km)
S : Après être passée entre la France et l'Espagne au moins 30 fois parce que la frontière n’est pas toute droite. On a pris toute la pluie, moi et Fanny. On a perdu Inès, notre amie pèlerine, dans le brouillard, j’ai tracé dans la montagne, des anglais, des coréens et des suisses. C’était rigolo de les voir en difficulté.
Fanny : ¡Qué bién , que fuente ! Y a estamos en España;
A partir de maintenant, c’est le camino francès que l’on va suivre jusqu'à Santiago.
Hier soir, nous avons fait la connaissance d’Inès. Elle vient de Reims. Elle a 25 ans. Elle a cheminé sur la voie du Puy en Velay l’année dernière. Elle se lance sur le camino francès, comme nous. S a bien sympathisé avec elle. C’est chouette. Nous avons marché ce matin avec elle, puis nous l'avons retrouvée plus tard à l’albergue de la Colegiata où nous dormons ce soir avec une autre bonne dizaine de pèlerins : allemands, coréens, espagnols et encore plein d’autres nationalités !
Samedi 7 mars : Roncesvalles --- Zubiri (22 km)
S : Je ne sais pas quoi dire de la journée à part que je perds déjà mon français et que j’ai tracé tout le monde.
Fanny : Changement de paysage depuis hier. On est, à nouveau, dans la montagne. En altitude assez basse, aux environs de 800 m, de la forêt avec des couleurs automnales et tout juste sorties de l’hiver. Dépaysement total par rapport à la nature luxuriante du Béarn et du Pays Basque.
Changement d'ambiance avec les pèlerins internationaux que l’on côtoie et avec qui on échange quelques mots.
On a marché avec Inès aujourd'hui. C’était très sympa. Elle va continuer son chemin demain avec nous, direction Pamplona y sus delicias pinches !
Dimanche 8 mars : Zubiri ---> Pamplona (20 km)
S : Après Ines, je me suis fait plein “d’amis” pèlerins”, la hawaïenne trop gentille et Na-Em, la coréenne, qui aujourd’hui s’est arrêtée en plein milieu du chemin pour faire une danse devant ses followers.
Puis on a découvert l’immense ville de Pamplona (où vivent plein de “beaux garçons” 🙂). Ensuite, moi, Fanny et Inès nous nous sommes agréablement “pétées” le bide dans un restaurant espagnol, puis un bus nous a éclaboussées de l’eau sur nous.
Fanny : Petite étape à travers la forêt en suivant la rivière Arga jusqu’à Pamplona. Nous continuons notre chemin avec Inès. Nous formons une jolie petite équipe !
En fin d’après-midi, nous irons nous balader dans le centre historique de Pamplona qui semble bien joli et déguster quelques spécialités.
Lundi 9 mars : Pampelune ----> Puente la Reina (24 km)
S : Aujourd’hui, on a monté une jolie colline d’où on voyait Pampelune de loin. C’était trop bien.
Fanny : La soirée à Pampelune était super sympa. Un café-restaurant avec des locaux et des habitués. Les uns au café, les autres au tapas et nous pour le dîner à 19h … pas très espagnol comme horaire !
De retour au gîte, nous avons eu de bons fous rires toutes les trois. S a un rire bien communicatif ! Et comme on dit, ce qui s’est passé à Pampelune reste à Pampelune !
Nous étions dans un gîte “Les Amis de Saint Jacques de Paderborn”, une ville jumelée en Allemagne. Trois pèlerins allemands tiennent le gîte bénévolement trois semaines par an. C'était très chaleureux comme accueil.
L’étape d’aujourd’hui était bien agréable avec des sentiers le long des champs, des petits villages “pueblos” typiques. On rencontre de plus en plus de pèlerins avec qui on partage des bouts de chemin, une pause dans un café, des repas en commun.
S aime bien dépasser des pèlerins dès qu’elle en a un en vue. Elle s'est fait une sacrée réputation et elle en impressionne plus d’un.
Mardi 10 mars : Puente la Reina ---> Estella (23 km) - (854 km depuis le début)
S : Après une journée plus facile de marche, moi, Fanny, Inès et Albane nous nous sommes goinfrées dans une boulangerie espagnole. Vive l’Espagne !
Fanny : Petite étape. Belle météo. Une jolie petite ville à l’arrivée.
L’équipe s’est agrandie ! Nous marchons et partageons le gîte dorénavant avec Albane, originaire d’Annecy. Elle vient marcher quelques jours pour découvrir le chemin.
Soirée entre filles ici à Estella dans un gîte où nous sommes que toutes les quatre.
Petit repas, discussions, puis coucher assez tôt car une légère fatigue se fait sentir.
Demain, à nouveau, une petite étape pour rejoindre Los Arcos.
Mercredi 11 mars : Estella ---> Los Arcos (21 km)
S : Après avoir marché 20 km en seulement 3h15 (peut-être parce que le beau canadien était devant nous), moi, Fanny, Inès et Albane, avons (encore une fois) dévalisé toute la nourriture du petit café espagnol de la ville.
Fanny : J’ai bien aimé cette petite étape à travers les vignes, les oliviers et quelques champs. Chacune partant à son rythme, marchant parfois ensemble, parfois seules, nous nous sommes retrouvées toutes les quatre sur la belle place de Los Arcos pour profiter d’un café et de quelques rayons de soleil.
Cette nuit, nous restons au gîte Des Amis de Saint Jacques de l’association flamande. Accueil très agréable. Avec la team, nous allons préparer un repas ensemble et profiter de la soirée !
Vendredi 13 mars : Logroño -----> Najera (28 km)
S : On a marché dans le désert avec Inès et Fanny. Malheureusement Albane n’est plus là. Il y avait des vautours et des aigles. Heureusement que j’ai mangé une bonne pizza au final.
Fanny : Étape pour avancer …. une vraie de vraie ! Des pistes le long de l’autoroute, des chantiers, des pylônes électriques dans les cultures viticoles. Cette région La Rioja est réputée pour son vin. En marchant, on a traversé pas mal de vignobles dans des paysages assez urbanisés.
Samedi 14 mars : Nájera ---> Santo Domingo de la Calzada (21 km)
S : Journée très drôle sous la pluie. J’ai marché 20 km en 3h.
Fanny : Cette étape dans La Rioja était belle, quant aux paysages : des petites collines verdoyantes, des vignobles.
S a marché en autonomie l’étape entière. Que fuerta ! Car la météo n’était pas facile. De la pluie qui fouette le visage, un vent glacé. J’avais l’impression de faire une séance de cryothérapie !
J’ai donc retrouvé S à Santo Domingo en début d’après-midi. Elle était fière d’elle. Encore bravo S.
Suite de la journée : logistique (courses et lessive) et visite de la ville avec notre coéquipière de marche, Inès.
Ce soir, nous allons cuisiner ensemble. Nous sommes à l'albergue Cofradia del Santo, une belle bâtisse paroissiale. C’est un joli village avec une architecture de la fin du moyen-âge.
Avec S, nous avons lu les derniers messages sur le blog. Un grand merci !! On relit aussi les anciens. C’est très fort, c’est très encourageant de savoir que chaque jour nos proches et nos rencontres du chemin nous lisent, nous portent une attention de là où ils sont, nous encouragent.
Dimanche 15 mars : Santo Domingo de la Calzada ---> Belorado
S : Hier soir, Fanny s’est transformée en chasseuse de ronfleurs, cette fois la criminelle était une vieille mamie irlandaise. La chose la plus intéressante aujourd'hui était un mur de bottes de foin. Wouah trop impressionnant !
Moi et Inès avons fait écouter une musique de Théodora à Fanny et elle s’est mise à danser comme jamais, après, on a bien mangé (miam !)
Fanny : Une étape de plus pour avancer. On chemine maintenant en Castilla y Léon. Journée en binôme, une première depuis quelques jours. Inès est partie plus tôt ce matin. Nous l’avons retrouvée à l’arrivée. Nous avons trouvé une auberge à l’entrée du village, une chambre pour trois personnes. C’est sympa cette retrouvaille en fin d’étape. On se raconte la journée. La bonne humeur est de mise ! C’était sympa de marcher aujourd’hui. A défaut de beaux paysages, nous avons eu des discussions sympas avec S et nous nous sommes bien accordées sur nos rythmes respectifs. Ce qui n’est pas toujours évident, mais tellement important pour aller jusqu’au bout !
Après notre petite marche de récupération active en visitant le petit centre-ville de Belorado, nous nous sommes reposées et détendues dans la chambre en écoutant “je prie en chemin” (recommandé par Albane) puis des musiques actuelles avec DJ S.
Lundi 16 mars : Belorado ---> San Juan de Ortega (25 km)
S : La nuit d’hier a été incroyable, des punaises de lit nous ont réveillées à 1h. Fanny était toute gonflée, comme si la foudre l’avait frappée 7 fois. J’ai donc dormi par terre dans une douche (il y avait du vomi dans le lavabo), des gouttes d’eau me tombaient sur la tête toutes les 2 mn. Le matin, Inès m’a comparée à une SDF dormant dans une douche…Sinon, j’ai parlé avec plein d’américains etc ... Trop cool.
Fanny : Nous retiendrons Belorado : son église et ses belles façades murales mais pas que… une bonne nuit en perspective dans notre chambre privative… mais ce n'était pas sans compter sur des invitées surprises : les punaises de lit !!! Vers 1h du matin, je me suis réveillée avec les bras et le visage qui me grattaient de plus en plus. J’ai alors allumé ma frontale et là j'ai découvert une petite dizaine de punaises de lit grouillant sur mon oreiller !
Heureusement, les punaises n’avaient pas encore eu le temps d’attaquer S et Inès.
S, tellement dégoûtée, s'est enfuie dans la salle de bain avec son duvet et a dormi dans la douche ! Avec Inès, nous avons passé le reste de la nuit dans la chambre, lumière à fond pour faire fuir les indésirables !
Aujourd’hui, nous avons retrouvé un peu de nature et de dénivelé à travers des pistes forestières dans les bois de pins et de végétation méditerranéenne.
Ce soir, nous sommes dans une charmante auberge, une maison en pierre et aux poutres apparentes.
Un repas en commun pour les pèlerins, une petite quinzaine, est prévue : soupe de courgettes, paella et gâteau au fromage.
Mardi 17 mars : San Juan de Ortega --- > Burgos (27 km)
S : Journée très ensoleillée. Fanny et Inès ont fait les thons à patauger agréablement dans une rivière.
Burgos est incroyable, une immense et belle cathédrale. On a mangé avec nos amis canadiens qui nous ont offert le repas sucré. Mais nouvelle salée, c'était notre dernier jour de marche avec Inès…Trop triste.
Fanny : Burgos me ramène quelques années en arrière, en 2003/2004 plus précisément, alors que j’étudiais ma licence d’économie internationale à Valladolid. Je suis venue ici même à Burgos avec mon équipe de futbol sala. Que de bons souvenirs avec cette équipe ! Et que de bons souvenirs également de cette année en Erasmus.
L’étape d’aujourd’hui était ensoleillée et plutôt urbaine, à part un passage en forêt très agréable au sortir de San Juan. Pour fêter le pot de départ d’Inès qui continue son chemin demain, je vais leur faire découvrir à toutes les deux la chocolaterie Valor, son chocolat “à la taza y sus churros”, une vraie institution !
A l’auberge de jeunesse où nous sommes, nous avons croisé tout un groupe de collégiens dans la salle à manger qui viennent d’Avila et sont en voyage scolaire. Une ambiance bien à l’espagnol !
En fin d’après-midi, nous sommes allées visiter le centre-ville. La cathédrale est magnifique, majestueuse et tout en détails dans l’architecture
Nous avons recroisé Léo et Suzanne, un couple de jeunes retraités canadiens respirant la bienveillance et la gentillesse. Il se sont joints à nous au Valor et nous ont même invitées en remerciements de notre rencontre et pour nous féliciter de tout ce chemin parcouru.
Mercredi 18 mars : Burgos - jour de repos
S : Malgré le triste départ de Inès dans le désert, moi et Fanny avons visité la jolie cathédrale de Burgos et on a bien mangé pendant que Inès dessèche dans le désert.
Fanny : A l’instar de Pierre qui nous avait devancées jusqu’à Roncevaux, Inès est partie en exploratrice ce matin jusqu’à Santiago. C’était très chouette de partager ces 12 jours en Espagne. Je suis heureuse que S ait pu faire la connaissance d’Inès, joyeuse, spontanée et engagée et qu’elles se soient liées de sympathie.
Comme d’habitude, la journée de repos est un équilibre à trouver entre un peu de logistique, commencer à préparer les étapes à venir, profiter du lieu où on est et se reposer sans tout relâcher… Ce moment de pause permet aussi de prendre le temps, de changer de rythme le temps d’une journée et d’appréhender un rythme différent à celui de la marche, un retour à la vie “normale”, “ordinaire”, car pendant la marche, on goûte à l’”extra”ordinaire”.
Comme une bonne espagnole, j’ai fait une petite sieste cet après-midi, c’est “phénoménal” !
Quelle jolie ville que Burgos ! La cathédrale est incroyable et on ne se lasse pas de la regarder. Nous avons aussi visité l’intérieur. C’est grandiose. Des sculptures, des chapelles, de la peinture, des tapisseries, tous les arts et artisans sont exécutés avec virtuosité.
Jeudi 19 mars : Burgos ---> Hornillos del camino (20 km)
S : Une des journées la plus facile du chemin. Le début du “désert” est très joli. J’ai retrouvé mes copines galloise et allemande.
Fanny : Une reprise en douceur avec cette petite étape. On entre progressivement dans la “meseta”, vaste plateau d’une altitude moyenne de 600 m, autrement appelé “le désert” en raison de ses champs de céréales à perte de vue.
On retrouve à nouveau quelques pèlerins qui ont aussi fait une pause à Burgos, puis des nouveaux. C’est très international : Allemagne, Roumanie, Porto Rico, Italie, Corée, Pays de Galles
Vendredi 20 mars : Hornillos del camino ---> Castrojeriz (20 km
S : Encore une jolie journée dans la meseta. On a vu avec Fanny les ruines d’un couvent et le village de Castrojeriz très joli aussi avec en son sommet, un château en ruines. On a retrouvé notre ami coréen qui a joué dans une émission coréenne sur Netflix.
Fanny : Une petite étape dans la “meseta”. Un plateau assez surprenant composé de champs et d’éoliennes au loin. Au creux d’un vallon surgit le petit village de Hontanas; En cette saison, les champs sont encore assez verts mais la rudesse du climat l’été doit rendre cette terre bien aride.
Aujourd’hui, nous avons marché avec une fraîcheur qui rend l’étape, quoique monotone, bien agréable. Au détour du chemin, on passe devant les ruines du couvent San Anton du XV°s avant d’arriver à Castrojeriz, joli petit “village-rue”. Nous sommes à l’auberge municipale, bien remplie. S a parlé avec son coréen, la classe ! Il était hyper admiratif et content d’entendre S s’adresser à lui en coréen. Il n’en revenait pas !
Parmi tous les internationaux, un couple de français à la retraite en itinérance à vélo. Cela donne aussi sacrément envie !
Demain, S repart à l’aventure en autonomie jusqu’à Fromista, soit 26 km.
Samedi 21 mars : Castrojeriz ---> Fromista (26 km)
S : Journée presque incroyable, il n’y avait juste pas Fanny. J’ai marché toute la journée avec un don juan italien.
Fanny était très contente de me retrouver. Je la comprends, ça doit être dur une journée de marche sans moi.
Fanny : A 8h, S était dans les startings blocks, prête au départ !
Une nouvelle étape dans la meseta. La météo est excellente, grand ciel bleu, du soleil et une légère brise qui rafraîchit l’air. C’est un paysage toujours assez surprenant. Ces grands champs peu mécanisés, pas de ferme à l’horizon, des monticules arides par-ci par-là et cette grande piste qui ne semble jamais finir.
Cette étape en autonomie me rappelle à quel point j’aime marcher seule aussi, centrée sur mes ressentis, ralentir, accélérer quand j’en ai envie, m’arrêter et contempler le paysage, prendre une pause au soleil, plein de petits moments magiques.
L’étape en autonomie, c’est aussi cette retrouvaille avec S, voir son sourire, la voir fière et heureuse. On échange sur nos ressentis. S me raconte les anecdotes de sa journée. C’est chouette de la voir s'épanouir ainsi sur le chemin.
Hier, elle a échangé avec un bénévole du Refuge, une structure d’hébergement qui pourrait l’accueillir à moyen terme. L’après-marche se met en place progressivement.
Demain, on entame la troisième et dernière page de notre plan de marche !!
Dimanche 22 mars : Fromista ----> Carrion de Los Condes (20 km)
S : Journée de marche nullement esthétique. J’ai passé la journée à raconter des choses inintéressantes à Fanny, village inintéressant, gîte très peu intéressant, mais les toilettes et la douche sont cools.
Fanny : Ce matin, nous avons lu les messages du blog. Effet positif assuré ! Le plein à nouveau d’énergie et de motivation, nous avons continué notre chemin dans la meseta.
Beaucoup de bitumes et de routes… pas fou, fou… heureusement, S était très joyeuse et très loquace, nous avons discuté durant toute l’étape, ce qui l’a rendue plus gaie et sympathique.
A Carrion, nous sommes hébergées dans un beau monastère, Santa Clara, où vivent sept sœurs. Celle qui nous a accueillies vit ici depuis ses 19 ans et est âgée de 75 ans. C’est une vie tellement différente de nos quotidiens.
Lundi 23 mars : Carrion de Los Condes ---> Terradillos de Los Templarios (26 km)
S : Aujourd’hui, Fanny s’est presque battue avec une gérante d’un café qui ne voulait pas la laisser manger, alors qu’on avait payé des trucs à manger, heureusement Fanny est plus musclée donc elle a gagné le combat.
Gîte très mignon dans un village en ruines où j’ai trouvé mes amis coréen et italien.
J’ai hâte du repas de ce soir, moi et Fanny on va “se péter le bid”. 😀
Fanny : Une douzaine de kilomètres sur une longue, longue, longue piste, toute plate, toute droite. En fond sonore quelques chants d’oiseaux et parfois les moteurs des voitures et des camions au loin. Le vent frais dans le dos et quelques rayons de soleil réchauffent les mollets. Le bruit des pas sur le sol. Une synchronisation parfaite avec les bâtons de marche, telle une automate. C’est une expérience de marche surprenante, un pas devant l’autre, le cerveau se met en pause.
Auberge Saint Jacques de Molay, terrasse ensoleillée. En discutant avec des italiennes, l’une d’elles vient de Cunéo. On discute des Langhue, d’Aisone, cette magnifique région piémontaise.
Mardi 24 mars : Terradillos de Los Templarios ---> Calzadilla de los Hermanillos (28 km)
S : Journée longue dans le désert avec beaucoup de soleil dans un village paumé.
Fanny : Santiago, Cap Fistera, Muxia approchent à grands pas… Avec S, nous nous remémorons les étapes en France et en Espagne, les hôtes et hôtesses rencontrés, les paysages, les anecdotes… La projection dans la suite fait aussi son chemin.
Cet après-midi, après avoir passé échangeur d’autoroutes et ligne de chemin de fer, nous avons marché sur une longue et large piste en terre sablonneuse, au milieu de nulle part. Et tel un mirage, un pueblo, lui aussi sorti de nulle part, a surgi à l’horizon. Cet environnement est déroutant.
Ce soir, nous sommes dans une albergue municipale en donativo, simple et efficace ! Seul un pèlerin est avec nous, un français de Mayenne. C’est un peu dur pour S qui s’ennuie des italiens et autres coréens !
Demain sera un autre jour.
Mercredi 25 mars : Calzadilla de los Hermanillos (28 km) ----> Mansilla de los Mulás (25 km)
S : Début de journée sympa avec Fanny et la nature. Fin de journée moins sympa avec aucune indication et juste de la route.
Je suis contente, car aujourd’hui, on n’est pas toutes seules, il y a les coréens et Fanny m’a donné le privilège de choisir ce que je veux manger, c’est-à-dire de la “malbouffe”. Adieu les fruits et légumes.
Fanny : Aburrido, boring, en bref pas une étape incroyable. La fin de la meseta sur fond d’urbanisation, pas très fun…
Le point positif dans ce genre d’étape c’est l’exaltation que l’on a quand on arrive : ya, por fin, se acabó ! Et le goûter bien mérité !
S retrouve le sourire dans cette auberge où logent également quelques pèlerins internationaux âgés entre 20 et 30 ans et avec qui elle aime bien discuter et rigoler.
Jeudi 26 mars : Mansilla de las Mulas ---> Léón (19 km)
S : Journée de marche encore une fois en bord de route. La cathédrale de Leon est très jolie avec plein de vitraux éclairés par la lueur du soleil
Fanny : Une petite étape, un air frais et sec propre à la Castilla et León. Léon est une assez grande et assez dense. Dans le centre historique, ce qui retient particulièrement l’attention est sa cathédrale gothique. Très belle de l’extérieur avec une architecture soignée, l’intérieur est magnifique. Pour glorifier la religion catholique, les travaux à l’époque commencés au XIII°s étaient remarquables. Les vitraux sont colorés harmonieusement, représentant du végétal ou des scènes de la vie de Jésus, de Marie et des Saints. Selon les représentations des vitraux, ils sont placés aux différents coins cardinaux pour que les couleurs et la lumière agissent et illuminent plus ou moins la cathédrale.
Vendredi 27 mars : Léón ---> Villar de Mazarife (22 km)
S : Journée courte et plutôt paisible dans la meseta avec une auberge où les murs sont recouverts de dessins et de messages encourageants des pèlerins précédents.
Fanny : Après un succulent café dans notre cafétéria préférée de Léón, nous sommes sorties de la ville pour rejoindre Villar de Mazarife. Nous avons emprunté une variante du chemin initial pour éviter de suivre la nationale. Option plutôt sympathique. Nous sommes toujours dans un paysage type meseta, mais peu urbanisé et avec au très loin un aperçu sur des sommets enneigés.
L’auberge où nous restons ce soir est aussi le café et l’unique du village, si bien qu’il y a une ambiance très locale !
Nous y avons aussi rencontré deux autres pèlerins : un canadien prénommé William avec qui j’ai bien échangé autour des énergies et en particulier, l’énergie de la voix et du chant, très inspirant. Et il y a Pierre (un autre !) qui a, lui aussi, vu le film Compostelle en avant-première, invité par un de ses amis du Rotary Club de Versailles. Séduit par le film, il était curieux de faire notre connaissance.
Samedi 28 mars : Villar de Mazarife ---> Hospital de Orbigo (16 km)
S : Journée courte et cool. La petite ville de Hospital de Orbigo est très jolie avec son pont. Le gîte où l’on est ; possède un grand et magnifique jardin chrétien.
Fanny : Nous continuons sur notre série de petites étapes sur la variante du Camino Francès afin d’éviter la nationale. C’est bien ces petites étapes car on arrive tôt ; on profite du jardin de l’auberge pour s’étirer, se reposer au soleil, papoter.
Demain, on finit la série en allant à Astorga avec en prime une journée de repos !
Dimanche 29 mars : Hospital de Orbigo ---> Astorga (15 km)
S : Après une journée courte dans la meseta, on arrive à Astorga, la cité du chocolat. On a bien mangé avec Fanny dans un café/bar bruyant. On a vu l'incroyable cathédrale d’Astorga avec le château Gaudi juste à côté. On a assisté au défilé du dimanche des rameaux avec de la musique, et une jolie statue de Marc portée jusqu’à l’église.
Fanny : Une petite étape entre champs et petits bois, avec une bonne fraîcheur ce matin. Merci les moufles !
S partie devant en autonomie a assuré, comme d'habitude ! Elle a dépassé tout le monde, puis m’attendait tranquillement à l’entrée d’Astorga. Après s’être bues un “café bonbon”, le temps que je la rejoigne.
Lundi 30 mars : Astorga - jour de repos
S : Après avoir été éjectée de notre gîte à 8h tapante, moi et Fanny avons mangé notre déjeuner dans un café, grimpé dans une tour de la cathédrale d'Astorga, participé à la messe du lundi saint, mangé des tacos (maison et healthy), puis on a visité un musée du chocolat avant de dévaliser une chocolaterie. Puis on s’est baladées dehors, avons observé les ”beaux gosses” d’Astorga et je crois que c’est fini.
Fanny : L’auberge des pèlerins où nous sommes a accepté que l’on reste deux nuits, mais nous avons dû quitter l’auberge à 8h comme les autres pèlerins. Il faisait encore presque nuit… Cafecito y buenos fritos dans une cafétéria, puis nous sommes allées à la messe donnée dans la cathédrale, messe assez sobre.
Nous sommes allées ensuite visiter une des tours de la cathédrale, 80 marches dans une tour bien étroite afin d’arriver en haut à l’étage des cloches gothiques et de profiter ainsi d'une vue sur le panorama.
Jour de repos : on en profite pour cuisiner un peu plus : des légumes frais, de la viande…des petits plats”healthy” comme aime bien dire S.
Astorga, c’est aussi la ville du chocolat et quelques douceurs locales, tout ce que j’adore ! On a fait le plein de tablettes !!
S m’a aussi montré ses talents de couturière en réparant avec du fil et une aiguille l’usure de son sac.
Cet après-midi, on a commencé des bracelets ”canadiens” avec des fils multicolores. C’est une technique de bracelet que j'ai apprise lors d'un été dans un summer camp à côté de Toronto. S s’est entraînée sur un “bracelet d'entraînement” et elle est prête à faire le sien ! Trop forte !
Mardi 31 mars : Astorga ---> Rabanal del camino (22 km)
S : Journée jolie, courte et avec un peu plus dans la nature, 300 m de +dénivelé invisibles et des conversations drôles et intéressantes avec Fanny. J’ai appris qu’il fut un temps, Fanny a mangé des hamsters (des cuys) au Pérou.
Fanny : Nous entamons les dernières lignes droites de notre “marathon”, les derniers kilomètres où il faut tout donner… nous y sommes ! A l’échelle de notre chemin, ce sont les derniers 300 km environ. C’est très enthousiasmant de nous savoir si près du but. Nous avons un regain d’énergie et de motivation, avec le souhait de profiter au maximum de cette dizaine de jours de marche qui s'offrent à nous.
L’étape d’aujourd’hui était sympa.
Un retour sur des chemins plus proches de la nature, des légers dénivelés. En partant, le matin, il fait bien frais, puis à partir de 10-11h, le soleil commence à bien chauffer.
Nous sommes passées par un joli village, Castillo de los Polvazares, tout en pierre, de jolies maisons en pierre et aux volets verts, des rues pavées à la romaine.
Ensuite, nous avons emprunté des chemins et pistes au cœur de forêts de pins et de végétation méditerranéenne, malgré les 1000 m d’altitude, le climat est assez sec.
Rabanal del Camino est un joli village aussi, construit avec des maisons, de vieilles granges en pierre, une église romane d’un intérieur assez sombre et troublant.
Une fois arrivées à l’auberge, nous avons profité d’une bonne pause au soleil dans la belle cour intérieure. J’ai passé un super moment en compagnie de S , des échanges très sincères.
Toujours dans cette cour intérieure, alors que j’écrivais mon retour sur la journée, un moine bénédictin du Congo, Antoine, est venu échanger avec moi. Un petit moment de bonheur. De sa joie, il me transmet de l’espérance et du courage. Il m’encourage à mon tour de recevoir de la joie en accompagnant S et de lui insuffler de l’espérance et du courage.
Mercredi 1er avril : Rabanal del Camino ---> Ponferrada (33 km)
S : Journée longue, chaude et remplie de cailloux et de dénivelés. Fanny s'est endormie près d'une mini plage, pendant une pause dans un village pendant que j'observais les biscotos de certains beaux gosses. A Ponferrada, on a visité un château fort, puis on a bien mangé après cette étape de 33 km.
Fanny : Hier soir, alors que S était couchée, je suis allée faire un tour dans le village, assister à la tombée de la nuit, un ciel bleu et rose, les derniers chants des oiseaux. Magnifique ! Puis je suis allée à la messe de la bénédiction des pèlerins.
En rentrant à l’auberge, j’ai fait connaissance avec des dames espagnoles très conviviales.
Nous avons passé un bon moment à échanger sur les chemins de Compostelle. Je leur ai expliqué les missions de Seuil, son origine, elles étaient hyper intéressées. Elles ont même entendu parler du film Compostelle !
Depuis quelques jours, j’ai rencontré plusieurs personnes qui ont fait le chemin plusieurs fois, parfois 2, 3, 5 jusqu’à 12 fois.
Aujourd’hui, une étape un peu plus longue, avec un peu plus de dénivelé positif, mais surtout négatif, des chemins et des sentiers plus “nature”.
Nous avons traversé de jolis villages avec des maisons en pierre, dont un plutôt touristique, Molinaseca, qui possède un joli pont et quelques coins d’herbe pour se poser le long de la rivière. L’eau est hyper fraîche, tellement agréable d’y tremper les pieds !
Jeudi 2 avril : Ponferrada ---> Villafranca del Bierzo (24 km)
S : Journée chaude et ensoleillée dans des champs viticoles jusqu’à un village nommé Villafranca, avec beaucoup de vent, de jolis bâtiments et une rivière. Le gîte est super bien avec des hôtes qui parlent français.
Fanny : Chaque matin, à l’idée de se rapprocher de Santiago, je me sens d’un enthousiasme grandissant d’être si près du but en y accompagnant S.
Pour elle, l’arrivée signifie aussi le retour en France et de nouvelles étapes de sa vie qui soulèvent quelques appréhensions.
Je suis confiante pour la suite, car grâce à tout ce chemin parcouru, les nouveaux chemins à venir n’en seront que plus beaux.
A la joie que S m’apporte en l’accompagnant sur le chemin, je lui apporte autant que peuvent le courage et l’espérance.
Nous avons quitté ce matin Ponferrada et son beau château du moyen-âge en suivant le rio Boeza, une sortie de ville agréable.
Un peu avant Cacabelos (encore un nom de ville qui fait bien rire S), nous sommes passées par de belles collines remplies de vignes, de magnifiques domaines viticoles et ce, jusqu’à Villafranca.
Vendredi 3 avril : Villafranca del Bierzo ---> O’Cebreiro (28 km)
S : Ma nouvelle journée préférée : plus facile que d'aller à Ponferrada, les jolies montagnes de Galice, le joli village de O’Cebreiro, un pied en moins, le ventre rempli comme toujours (merci le restaurant) et on a pris plein de photos avec Fanny
Fanny : O’Cebreiro, c’est très mignon comme petit hameau de montagne, très visité par les espagnols qui sont en vacances en ce moment. C’est la Semaine sainte, Vendredi saint. Les familles espagnoles se retrouvent, se baladent, assistent au temps religieux. Certains sont aussi sur le chemin, à pied ou à vélo, le temps de quelques jours. C'est une ambiance très agréable et printanière.
Meilleur moment de la journée : cette bonne grimpette dans la montagnette depuis Hospital, à travers des chemins forestiers.
A l’arrivée à O’Cebreiro s’offre un beau panorama sur la petite chaîne des montagnes des Asturies.
S était, à nouveau, au top de sa forme aujourd’hui. Comme très souvent “c’était sa journée préférée !”
Moment détente sur la terrasse de l’auberge. Du soleil, une belle vue, S qui tisse son bracelet “canadien”, “la vida es bella”.
Samedi 4 avril : O’Cebreiro ---> Triacastela (22 km)
S : Très jolie journée en descendant les montagnes, des vaches sont passées à côté de moi et Fanny. J’ai terminé de raconter toutes mes anecdotes de mes trois semaines passées chez mon meilleur ami Lohan, dont j’ai raconté des épisodes de la série Netflix “Black mirror” à ma coéquipière. Ensuite Fanny a aidé une pèlerine malvoyante en portant son sac jusqu’à l’arrêt de bus. Fanny est un ange 😀(Healthy, Fanny la best)
Fanny : Une étape très agréable pour redescendre dans la vallée en passant dans des sous-bois sur des sentiers roulants.
Le coucher de soleil et le lever de soleil à O’Cebreiro sont magnifiques.
C’est vraiment un petit hameau très charmant avec ses maisons en pierre et ses toits en chaume.
Après-midi relax à l’auberge. Etirements au soleil, courses, cuisine et soirée sur la terrasse pour profiter des derniers rayons de soleil.
Dimanche 5 avril : Triacastela ---> Sarria (19 km)
S : Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de notre meilleure copine du chemin de Compostelle à moi et Fanny, I (🧡) petite pensée pour son mec moche, PauPaul
On a vu aujourd'hui un pèlerin qui ressemble à notre responsable de marche, Jean-Michel (en train de fumer), c’était très drôle. Ensuite moi et mon acolyte Fanny, avons mangé une glace à Sarria. 🧡
Fanny : J-5 Santiago. Nous approchons à grands pas !! J’ai beaucoup aimé cette étape aujourd'hui, c’est une vraie et belle découverte de cette traversée dans la campagne galicienne. Nous passons à travers des sous-bois couverts de mousse, des champs fleuris, des petits cours d’eau, quelques fermes bien rustiques. Il y a de beaux paysages verdoyants, des oiseaux qui chantent magnifiquement. Nous nous sommes trouvées un joli coin pour pique-niquer, assises sur un muret en pierre à contempler les champs !
Nous logeons ce soir au couvent La Magdalena, une belle bâtisse.
En fin d’après-midi, nous avons fait un petit tour dans le centre et nous sommes tombées par hasard sur un glacier ! A défaut d'œufs de Pâques et pour mieux supporter la chaleur, nous avons craqué ! Des glaces artisanales produites en Galice. Une tuerie !! Elles rivalisent largement avec Mama Mia !! (pour mes amis de Montpellier)
Lundi 6 avril : Sarria ----> Portomarin (24 km)
S : En me levant, je m’aperçois qu’on m’a volé mes bâtons de marche. Je savais déjà que ce n’était pas ma journée, du sable dans les yeux, des centaines de faux pèlerins que j’appellerai plus des “moutons” (ou des thons) une odeur de caca incessante, heureusement que Portomarin est magnifique, au bout du Rio Miño gigantesque, comme une île, avec des smoothies pour vaincre le soleil et l'interview d'Alexandra Lamy que j’ai vu avec Fanny
Fanny : Une très belle étape de plus dans la campagne galicienne. Que de belles prairies séparées les unes des autres par des murets en pierre, ses petits ponts en pierre pour traverser quelques ruisseaux, ses fermes et ses maisons rustiques en toit de lauze. Cette partie du chemin est très agréable. La météo est printanière, voire estivale. C’est impressionnant comme en trois mois, nous sommes passées de la neige au soleil chaud et radieux. La nature a tellement changé également. Ici, elle est particulièrement verte, fleurie et luxuriante. J’aime beaucoup.
C’est impressionnant aussi de repenser à toutes les diversités de paysages traversés depuis le Puy en Velay. Des campagnes, des villages, des villes, des forêts, des montagnes…. avec des univers propres, des traits singuliers, des énergies particulières.
Le chemin demande beaucoup d’adaptation. Changer de lieu chaque jour, défaire son lit, faire son sac, refaire son lit et défaire son sac… plein de gestes du quotidien qu'on réitère machinalement. Des routines qu'on s’approprie et qui rassurent.
S'adapter à cette météo qui change au fil des saisons. Un jour la cape de pluie, un autre jour le chapeau et le short.
S’adapter aux autres et partager des espaces de vie en collectivité. Lâcher prise et accueillir.
C’est aussi dépasser la fatigue pour continuer et aller au bout ! ULTREIA.
Mardi 7 avril : Portomarin ---> Palas de Rei (25 km)
S : J’ai oublié d’ajouter qu’hier, il y avait des brujas (des sorcières) déguisées sur le chemin. Aujourd’hui, il y a un peu plus, il faisait moins chaud, Palas de Rei n’est pas le plus joli village. Notre copine Inès est enfin arrivée à Santiago, suis trop fière d’elle 🧡🧡.
Fanny n’a pas voulu que je prenne un deuxième coca-cola, elle a raison, c’est pas bon pour la santé (mais je regrette de ne pas avoir pris une canette quand elle avait le dos tourné ah ah ! )
Fanny : Petit coup de cœur pour la Galice ! Ce matin, une petite pluie a rafraîchi l’air, ce qui était bien agréable. Les paysages sont toujours bien verdoyants.
Après avoir marché plusieurs semaines en France en basse saison, lors desquelles nous avons rencontré quelques rares pèlerins et avons vécu des moments en petit comité, avons été accueillies avec beaucoup d’attentions et avec des échanges privilégiés avec certains hôtes. Certaines journées nous marchions toutes les deux sans rencontrer quasiment personne. Le passage en Espagne nous a permis de découvrir une autre facette du chemin, plus internationale, des rencontres fugaces et d’autres plus prolongées.
Ces jours-ci, nous découvrons encore une autre facette du chemin. Des dizaines et des dizaines de pèlerins qui partent plus ou moins à la même heure le matin. On marche dans les pas des uns et des autres ; on se dépasse, on se fait dépasser, on retrouve des visages déjà vus.
Tout au long du chemin, il y a des stands pour “sello”, les tampons que l’on fait sur le Compostelle. C’est une ambiance vraiment différente.
C’est très chouette d’avoir pu observer et vivre ces différents moments, ces différentes ambiances tout au long du chemin.
Pas mal de personnes se font porter leur sac. Je n’avais pas idée de ce système de transport.
On croise des jeunes lycéens et étudiants espagnols, des familles, des personnes âgées, cosmopolites et inter-générationnelles, quelques-uns marchent avec leur chien.
Seul, à deux, en groupe, chacun sa route, chacun son chemin !
Mercredi 8 avril :Palas de Rei ---> Astorga (30 km)
S : Ma nouvelle journée préférée. Hier, j’ai bien fait rire Fanny ou je l’ai peut-être traumatisée avec mes talents de doublage.
Aujourd’hui, on a marché dans une jolie forêt et vu un pèlerin qui ressemble à mon ex, version 10 000 fois plus beau m’a dit “buen camino” (deux fois) avec le plus beau des sourires.
Fanny, me connaissant un peu trop bien, savait déjà qu’il était à mon goût.
Mis à part ça, c’était une jolie journée, jolie forêt. Bref, tout était beau aujourd’hui.
Fanny : J’ai passé une très bonne journée en compagnie de S. Plus les jours avancent, plus la confiance mutuelle s'installe, plus la complicité se fait sentir, on se remémore tant de moments passés ensemble lors de cette aventure hors du commun.
Hier, nous avons regardé un entretien d’Alexandra Lamy dans une émission que j’ai découverte “Lueur” très bien animée par le journaliste. Il était question du film Compostelle et des réflexions sur ce qu'apporte la marche, la bienveillance, l’amour, tout plaquer et aller au bout de ses projets. Le débrief avec S, ce matin, nous a bien occupées.
Nous avons eu, comme souvent, de belles discussions, tantôt sérieuses, tantôt légères. La légèreté de l’adolescence, c’est tellement drôle !
Sur le chemin, les paysages étaient très agréables. On aperçoit de jolies réserves à grains : des anciennes réserves en bois sur un promontoire en pierre qui servaient auparavant à faire sécher les grains, les épis de maïs et qui maintenant marquent le paysage comme un souvenir d'antan, une architecture culturelle du pays de Galice.
Pour finir la journée en beauté, nous avons dégusté des spécialités dans une “pulperia, parillada” locale, ce qui va ravir les papilles de S.
L’auberge où nous dormons retransmet le match de foot Barça - Atlético de Madrid, ce qui va ravir mon côté ”aficionada”
Vive le printemps !
Jeudi 9 avril : Arzua ---> Pedrouzo (20 km)
S : Journée courte et rigolote. Les nouveaux amis canadiens nous ont offert à moi et Fanny de jolis petits bracelets par pure gentillesse.
Fanny : Une petite étape bien agréable où l’on a cheminé dans de belles forêts celtiques et traversé quelques petits hameaux typiques de la Galice.
On croise de plus en plus de stands à sellos (tampons) et de plus en plus de marcheurs ! Mais l’ambiance reste malgré tout très sympathique.
Demain, c’est le jour J…Nous allons enfin voir la cathédrale de Santiago de Compostelle. Youhou …. !
Vendredi 10 avril : O’Pedrouzo ---> Santiago de Compostelle
S : Enfin à Santiago, j’ai recroisé le coréen et plein d’autres, nos amies françaises aussi. J’ai eu le certificat de marche du Puy jusqu’à Santiago. Fanny aussi. On est super contentes.
On a recroisé la femme malvoyante que Fanny a, un jour, aidée.
On a mangé une glace, visité l'incroyable cathédrale en l’honneur de Saint Jacques. J’ai mangé un tacos.
Demain, je vais chez le coiffeur.
Bref, tout va bien.
Fanny : Quelle belle journée bien remplie !
Nous y sommes enfin…. Quelle joie et quelle satisfaction d’être arrivées jusqu’à Compostelle, d'avoir parcouru tout ce chemin.
Ce matin, nous avons traversé une magnifique forêt en sortant de O’Pedrouzo, des chênes majestueux, des eucalyptus immenses. Cette odeur qui me rappelle mon enfance ainsi qu’une étape de mon VSI à Saraguro (en Equateur).
Ce matin en partant, nous n’étions que deux dans cette immense forêt. Au fur et à mesure de la journée, nous avons marché entourées de plus en plus de marcheurs.
La découverte de la cathédrale était très chouette. L’ambiance est joyeuse. Des groupes scolaires chantent. D'autres pèlerins pleurent de joie. Nous avons revu et discuté avec des pèlerins rencontrés sur le chemin. On se congratule, on se prend dans les bras.
J’ai beaucoup aimé ces 19 km pour arriver jusqu’à Santiago. Je profitais de chaque kilomètre, de chaque pas. Heureuse et fière d’accompagner S depuis toutes ces semaines.
Ce chemin, c’est aussi toutes les personnes qui nous ont accompagnées à leur manière. C’est un chemin fait en équipe. Merci à toute notre belle équipe.
Demain, nous restons à Santiago pour nous reposer, puis l’aventure continue encore quelques jours, direction Cap Fisterra, puis Muxia.
Samedi 11 avril : Santiago de Compostelle - jour de repos
S : Après une horrible nuit où Fanny n’a pas fermé l'œil de la nuit, moi, j’ai passé la journée chez le coiffeur, avec plein de massages crâniens très agréables pendant que Fanny luttait contre le sommeil sur sa chaise.
Après ce court moment chez le coiffeur, Fanny et moi sommes allées nous balader dans Santiago et on est allées dans une chocolaterie sans rien acheter parce qu'on est “à découvert”…
Fanny :
Un chemin qui relie
L'âme, le coeur et l’esprit
Traverser des paysages
Rencontrer des visages
Ecouter son coeur qui bat
Infiniment inspirant
A chacun de ses pas.
Dimanche 12 avril : Santiago ---> Negreira (21 km)
S : Très jolis paysages et énormément de forêts
Beaucoup de villages avec des fleurs colorées de partout.
Le chant des oiseaux
Avec un temps incertain entre pluie, vent et beau temps, à la Galicienne.
Fanny : Une petite étape de reprise pour notre bonus “Fisterra --->Muxia” très agréable. Nous entrons progressivement dans la partie océanique de la Galice.
Toujours une nature très luxuriante, verdoyante, fleurie de toutes les couleurs… et même quelques mouettes !!
Lundi 13 avril : Negreira ---> Olveiroa (33 km)
S : Jolie forêt sous la brume ce matin. Après-midi pluvieux jusqu'à notre arrivée.
Fanny : Nous sommes bien contentes d’être arrivées !!
L'étape était assez longue, surtout cet après-midi avec la pluie qui est entrée en jeu.
Ce matin, en revanche, nous avons suivi un joli cours d'eau, puis marché dans de belles forêts embrumées, c’était un brin fantastique.
Ce soir, nous sommes dans une auberge assez rustique. Nous allons profiter d’un menu “pèlerin” pour reprendre des forces avant la deuxième longue étape qui nous attend demain.
Mardi 14 avril : Olveiroa ---> Fisterra
S : Journée pluvieuse avec beaucoup de brouillard jusqu’à Fisterra où il y avait le joli océan bleu (qu’on attendait depuis trois mois).
On a mangé dans un restaurant avec William, le québécois et le fameux “viking” qui a entendu parler de nous depuis Conques.
Fanny : Départ dans la brume avec la cape de pluie… Lors des dix premiers kilomètres, on ne voyait pas à plus de 10 m. La brume a disparu en partie vers midi alors qu’on arrivait à Cee et les premières vues sur l’océan.
Après avoir longé un peu la côte, on a aperçu Fisterra au loin, quelques criques et la longue plage de sable blanc, l’eau claire et turquoise. On sentait l’air marin, cette petite brise humide de l’océan, quelques mouettes volant dans le ciel.
Nous y sommes enfin arrivées !!
Comme me le rappelait S, nous avons marché 1600 km pour y arriver. Incroyable aventure !
Maintenant, nous allons savourer notre étape ici en allant se promener dans le petit centre et aller au phare demain sans sac à dos !
Mercredi 15 avril : Cap Fisterra + 7 km (bonus) - Jour de repos
S : Ce matin, on a déjeuné dans un café, puis on a marché jusqu’à l'extrême-côte de Fisterra.
Au phare, on s’est pris toute la pluie et il y avait un vent, plus violent que dans le Gers. Il y avait du brouillard, donc on voyait mal, et lorsqu’il a fait beau, Fanny et moi avons marché pieds nus au fil des vagues océaniques sur le sable blanc.
Fanny : Ce matin, nous avons bravé la mini-tempête pour aller jusqu’au phare. On ne voyait pas grand- chose, mais on a été au bout de la terre galicienne !
Cet après-midi, changement d’ambiance. Grand soleil, balade à la plage et trempette des pieds !
C’est très drôle car nous avons recroisé la pèlerine malvoyante qui marchait au phare avec son bâton de marche, sa canne et son gilet jaune. Quelle détermination de marcher dans ces conditions physiques et météorologiques à plus de 80 ans !
La nouvelle, dont je me réjouis aujourd’hui, est de savoir que S a trouvé une structure d’hébergement à notre retour en France. Elle partagera un appartement avec 3 autres jeunes, en semi-autonomie, en attendant d’avoir une place au refuge, ce que je lui souhaite le plus rapidement possible une fois qu’elle aura 18 ans.
Demain, c’est notre dernier jour de marche….
Jeudi 16 avril : Fisterra ---> Muxia (29 km)
S : Pour notre dernier jour de marche, il faisait beau, des locaux nous ont donné à boire pour ne pas mourir de soif. On a croisé des vaches 🐮qui nous observaient par un trou dans le mur. Fanny et moi avons marché pieds nus sur la plage belle et déchaînée de Lives (la plage de Nemiña) puis on y a mangé, on a ensuite marché sur toute la côte jusqu’au point final, Muxia, très joli village, pour finir, le début du chemin d’une nouvelle vie
Fanny : “Cerise sur le gâteau” que cette étape jusqu’à Muxia. La plus belle de celles en Galice océanique.
Nous sommes passées dans de belles forêts d’eucalyptus et de pins. Quelques citronniers bien garnis dans les jardins. Et l’océan, des côtes un peu escarpées, des vagues assez impressionnantes, une eau très belle.
Nous avons opté pour une petite variante le long de la côte ce qui nous a amené à marcher le long d’une plage sauvage au sable blanc, à retirer nos chaussures pour passer une petite jetée, heureusement que c’était marée basse.
Quelle joie cette dernière journée de marche avec en prime une superbe météo.
L’arrivée à Muxia est très chouette avec de belles vues sur l’océan.
Nous sommes très heureuses avec S, l’étape finale est atteinte, étape qui amorce le retour et le renouveau !
Ce soir, nous allons profiter du calme de Muxia et de ses spécialités de la mer !
Vendredi 17 avril
S : Fanny et moi avons marché tout en haut de la colline de Muxia où l’on voyait toute la ville puis nous sommes allées au sanctuaire de Muxia au bord de l’océan et pour finir sur les énormes rochers au bord de l’eau derrière le sanctuaire on a pris le bus jusqu’à Santiago. Ça faisait un peu peur car ça faisait longtemps qu’on n’avait pas pris les transports
Fanny : Nous avons profité de la matinée à Muxia pour se balader le long de la côte et contempler l’océan. S’imprégner de son calme à l’horizon et s’inspirer de la force de ses vagues sur le rivage. Le spectacle était magnifique sur la jetée où se trouve un sanctuaire dédié aux marins et à Santa Maria de la Barca.
Nous avons aussi enfin lu les lettres que nous nous étions écrites à nous-même à Espalion, il y a un peu plus d’un mois et demi. C’était très chouette pour l’une comme pour l'autre de relire nos mots pour s’encourager et pour décrire l’état dans lequel nous étions à ce moment, ce qui nous animait, ce qu'on souhaitait.
Cet après-midi, nous avons pris un bus pour retourner à Santiago, trajet bien agréable : se poser et se laisser conduire, regarder le paysage, laisser filer ses idées, le tout en écoutant le fond sonore musical du bus, de la musique d'ambiance espagnole et internationale.
Ce soir, nous allons flâner dans les rues de Santiago et profiter de cette dernière soirée ici avant le grand retour en France prévu demain matin avec une arrivée au Puy en Velay dimanche après-midi. Quelques heures de bus à venir pour refaire le chemin
Samedi 18 avril
Fanny ; Trajet de retour depuis Santiago. Bus longeant le camino del Norte. On a fait un tour touristique en passant sur La Corogne, Oviedo, Santander, Bilbao, San Sebastián
Puis de nuit, un deuxième de Bordeaux à Saint Etienne
Dimanche 19 avril
S : Après un long voyage retour jusqu’au Puy en Velay beaucoup d’émotions d’autant plus après avoir vu le film Compostelle qui nous a rappelé et ravivé beaucoup de souvenirs et malgré une histoire romantisme, c’est très beau et très réaliste à la fois.
Fanny : Suite du trajet ce matin en train de Saint Etienne au Puy en Velay là où l’aventure a commencé.
Nous avons retrouvé cet après-midi l’appartement au Puy en Velay. Bonne session de lessive, puis nous sommes allées voir le film Compostelle au cinéma. Nous y avons retrouvé des paysages, des scènes, des moments comme des clins d'œil à notre chemin. C’était émouvant de voir la cathédrale de Santiago, alors qu’hier matin même nous lui disions au revoir
Lundi 20 avril : stage de retour au Puy en Velay
S : Aujourd’hui, j’ai pu réaliser mon album photos, visiter la statue Notre Dame du Puy et bien manger avec Fanny et notre responsable de marche.
Fanny : Excellente journée. Je suis très contente de la façon dont notre aventure prend fin, dans la douceur, le repos, le plaisir de prendre le temps d’échanger sur des anecdotes du chemin et de retrouver des coins du Puy en Velay. Nous avons visité et découvert de nouveaux lieux : le camino et son musée, Notre Dame du Puy.
Jean-Michel nous a rejoint ce matin. Nous avons échangé tous les trois, nous sommes allés manger au restaurant, puis nous avons fait les visites. J’aime beaucoup l’énergie heureuse qui se dégage du Puy.
S a pu choisir une centaine de photos pour réaliser son album. C’est chouette de revoir toutes ces photos et ces souvenirs.
Mardi 21 avril : Le Puy en Velay
S : C’était mon dernier jour avec Seuil. Fanny et Jean-Michel m’ont offert de jolis cadeaux en rapport avec Compostelle. Ils m’ont fait la surprise d’un très bon gâteau avec écrit “Bravo S”, très émouvant.
On a pu appeler Inès qui était contente de nous voir dans cette dernière belle journée
Fanny : Dernière journée au Puy en Velay avant de repartir demain matin très tôt.
Nous avons conclu cette belle aventure autour d’un bon repas, d’un gâteau et quelques cadeaux !
De la joie et de l’espérance nous ont accompagnées tout au long de la journée.
Prendre le temps de clôturer et de se dire au revoir, heureuses et apaisées, avant d’aller chacune vers de nouvelles aventures.
L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %
Le reste est financé par vos dons
(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)
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Incroyables héroïnes ! Plein de respect et d'admiration pour votre superbe chemin. Demain sera votre toute dernière étape marchée ensemble, je vous souhaite d'en savourer chaque pas, chaque odeur, chaque vision, chaque rire, chaque sourire, chaque rencontre. Tout ceci avant d'autres étapes qui vous attendent chacune, et si on y réfléchit bien, qui sont autant de petites et grandes étapes du chemin de la vie. La vie est un chemin...
Bravo pour tout ce parcours. 💪💪🙏
S POUR LE COLIS , DOMMAGE j espere ils vont me le renvoyé pour que tu puisse l avoir.
Bravo les filles ! Nous nous réjouissons avec vous, c'est un bel exploit et une belle étape de vie !
Bravo S et Fanny !! Quelle aventure extraordinaire. Je vous rejoins seulement maintenant sur ce blog, je n'ai absolument pas vu le temps passer et je découvre que vous touchez "déjà" au but... Bravo pour tout votre parcours. J'ai plaisir à reprendre au fur et à mesure le récit de vos journées. Profitez bien des derniers kilomètres 🚶♀️🚶♀️⛪🔔
Si proches du but !!! Même ici, l'excitation monte de vous savoir faire vos derniers kilomètres jusqu'à Santiago de Compostela. Ultreia, plus que jamais !