Marche de Nohxxx
- pierresauge
- 26 sept. 2025
- 71 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 déc. 2025
Marche de Nohxxx accompagné par Louise
Mardi 23 septembre
N : n’a pas écrit
Louise : Rencontre avec Célestin, responsable de marche, et N (le jeune que je vais accompagner sur Saint Jacques pour les trois prochains mois). Je le trouve courageux. Première rencontre entourée de cinq adultes avec Yvon (le directeur) et ses deux référentes sociales.
Après un bon resto welsh (on teste les spécialités), direction le supermarché pour les courses alimentaires, pré-étape, puis l’Airbnb pour une première présentation de la charte, itinéraire et organisation. Petite soirée après une balade en duo dans le centre-ville. Tout commence à merveille avec N. Il est super sympa et on se marre déjà bien
Mercredi 24 septembre
N : Ce matin, j’ai préparé mes affaires et cet après-midi j’ai marché lentement. C’était un peu facile. Ca m’a fait bizarre de marcher, mais ça va être un bon challenge
Louise : Réveil à 8h30 après 11h de sommeil pour N. Célestin est aux petits soins, on est comme des rois avec pains au chocolat et croissants. Le matin, objectif équipement avec un passage dans l’entreprise familiale de Seuil (la famille de Célestin) puis à Décathlon où N tombe sous le charme de mes anciennes chaussures : des Salomon. Midi : pizzas avant d'aller tout tester au terril des Argales, chouette première impression, avec Bosco (le chien de Célestin). Pré-soirée dans un bar de gaming où N me met 10/0 à Fifa avant de cuire des steaks dans la poêle cancérigène de l’airbnb (fumée et alarme incendie obligée !!) et petit visionnage de Bob l'Éponge avant le dodo.
Jeudi 25 septembre
N : Alors ce matin réveil compliqué, j’ai pris mon petit déjeuner et direction la gare avec Célestin qui nous amène au train (4 trains différents TER et TGV)
A l’arrivée, nous avons rencontré Jean-Michel qui nous donne notre premier tampon. On a dîné avec quelques personnes drôles, sympas, des nouvelles rencontres, de nouveaux goûts. Une soirée très drôle
Louise : Aujourd’hui, c’est le grand voyage avec pas moins de 4 trains différents. N est impressionné quand on repère que notre TGV fait du 296 km/h “c’est fou, on ne le sent même pas”
Changement musical à Lyon avec un véritable artiste pianiste qui joue La Bohème, la Marseillaise, une Souris verte… beaucoup de talent et d’humour pour enjailler toute la gare. 7 mn de changement pour le dernier train, une petite course où l’on repère les premières coquilles qui se dirigent vers la même destination. Nous y sommes : Le Puy en Velay. Evelyne, une pèlerine, y marchera avec son fils. Rencontre avec Jean-Michel (un autre responsable de marche) avec qui on récupère nos fameux crédentiales et notre premier tampon.
L’accueil aux pèlerins est chaleureux avec sa tisane de verveine.
Balade guidée avec Jean-Michel et soirée très très cool à l’auberge de jeunesse où nous dormons. Entourés de 6 belles dames : Jacqueline, Ginette, Mamarie-Odile, Patricia, Mireille et Christine. Les fous rires étaient garantis. Entre le fer à lisser, la malle postale et le plat de pâtes pour 15.
Allez, bisous demain c’est réveil aux aurores.
Vendredi 26 septembre
N : Ce matin, réveil à 6h pour la messe. On arrive, on écoute, après achat de la coquille Saint Jacques mise sur le sac et après on est partis. Le voyage commence par une montée compliquée mais après ça va sur la route mais avec de la pluie. Nous faisons une pause sympa. Philippe nous donne un cours d’histoire (drôle). Nous redormons dans le même gîte que les personnes que l’on avait vues la dernière fois. Nous faisons un skyjo et un cours de dessin. J’ai joué de la guitare. Je vous dis bonsoir et à demain pour un prochain blog
Louise : Réveil à 6h10 du matin, il s’agit de ne pas louper la bénédiction des pèlerins. Après une messe de 40 mn une première pour N, petit détour par la boutique pour acheter nos coquilles et recevoir notre tampon départ. J’observe certains pèlerins émus aux larmes et j’embarque avec moi N dans cet escalier mystérieux et magique à la fois. La pluie nous rafraîchit vite et tant mieux : il fait chaud dans cette montée. La marche est composée de beaucoup de papotages et rires. Observation de vaches et de sculptures. On rencontre un supposé Alain qui semblait tout à fait sympathique et passionné mais qui deviendra une énigme. En effet, il nous conseille de prendre le chemin bleu et jaune pour rejoindre les Bains, notre destination. 500m plus loin à l’intersection un panneau indique “ne pas écouter les conseils des marcheurs du coin” et on voit au loin Evelyne (du train) et son fils Thibaut ainsi que 4 autres pèlerins, déboussolés de ne pas savoir quoi faire ayant rencontré aussi Alain. En rigolant, on finit par suivre ses conseils. Chouettes retrouvailles et discussion avant de se poser dans un café tous ensemble et de les quitter. Arrivés à Bains on découvre la Maison Jaune, notre gîte pour la nuit. Magique ! mais surtout N se rappelle que nos 6 belles dames lui avaient parlé de ce dernier alors entre mon cours de ukulélé et guitare (il apprend vite) et des casse-têtes.
N ne cesse de regarder par la fenêtre. Il est amoureux (je rappelle qu’elles ont 60-70 ans ah ah ah !). Après une balade, elles sont enfin là. La soirée s’annonce belle. On vous laisse, on va faire un skyjo !
Samedi 27 septembre
N : Nous débutons la journée à 7h : nettoyage de la chambre pour la rendre nickel la Maison Jaune. Nous partons à 9h et nous arrivons à 16h au gîte Pont Eiffel. C’était une longue journée. Je me suis dit “j’arrête”, j’avais un coup de barre mais après les encouragements de personnes, je suis reparti pour un tour. Ça va être compliqué, mais je peux le faire.
Louise : Petit déjeuner en douceur avec les 6 mamies avant de quitter la jolie Maison Jaune. Sentier magnifique au milieu des champs et forêts, des poules et des vaches et tristement des chasseurs et leurs carabines. Paraît-il que la chasse aux lièvres commence demain mais je peux vous dire qu'on en a entendu des tirs !
La pause de midi avec nos sandwichs face au superbe château de Saint Privat était parfaite. On a tenté de retrouver le mari sénile (et en balade) d’une vieille dame paniquée : sauvé ! On a croisé un couple de vieux amoureux de la marche qui ont remotivé N. (Il n’est pas très fan du concept…)
Après une belle descente, arrivée chez André au gîte Pont Eiffel à Monistrol sur Allier. Un pèlerin, orateur né, a su trouver les mots pour expliquer à N la chance et le courage de réaliser Saint Jacques dans son entièreté.
Après-midi : pêche : c’était génial, mais dommage ça a tiré puis cassé.
Repas traditionnel de pâtes bolognaises d’André avant d’avoir un fou rire quand allongé dans son lit, N sursaute à la chasse d'eau tirée à l'étage qui est postée à côté de sa tête.
Espérons que les autres pèlerins n’y aillent pas trop durant la nuit. Ha ha ha ! Bisous - A demain.
Dimanche 28 septembre
N : Je me suis réveillé ; c’était très dur. Je ne voulais pas partir, c’était compliqué mais on l’a fait. Je ne me sens pas trop capable de faire trois mois pour l’instant, on verra. Nous avons vu des vaches, des moutons, un cheval et enduro de motos. La journée était sympa mais très dure.
Louise : Réveil difficile avec la lumière du jour qui se lève à peine à 7h. Le petit déjeuner n’était pas vraiment bien : pain industriel avec confiture d’orange et margarine, mais chouette de retrouver nos compagnons de la veille. Départ à 8h40 pour une sacrée montée bien gérée par N tant que je lui parle.
La forêt et les lumières sont magnifiques.
Passage par une boulangerie pour un délicieux sandwich. On traverse de beaux petits villages avant de se poser pour pique-niquer à 40 mn de l’arrivée.
Retrouvailles avec nos trois pèlerines du week-end, voisines de chambre, et la descente jusqu’à Saugues. Pour N, je me suis rapprochée d’un Enduro motocross : bruits et odeurs de pots d’échappement, mais bon il était heureux.
On retrouve nos 6 mamies qui logent au même endroit : la maison communale avant d’aller voir un match de rugby, puis d’aller écouter la légende de Bête du Gévaudan dans le superbe musée. Trop trop cool. Son et lumière.
Il est 18h, N a faim et tout est fermé le dimanche en épicerie alors direction un resto de kébab où j’ai dû prendre une assiette de frites surgelées comme seule option végétarienne, vraiment pas bon, mais pour une fois, ça passe. Bisous
Lundi 29 septembre
N : Réveil est encore dur mais je suis parvenu à marcher 20 km. J’ai trouvé un petit rythme. Nous avons vu un patou qui nous a aboyé dessus, des vaches qui donnaient envie de steak. Mais bonne journée. Soirée : petit cours de méditation en plein air, ça vide l’esprit et ça m’a connecté avec la nature. C’était super. Après nous avons mangé, regardé les étoiles et dodo. Demain 13 km
Louise : Lever 7h pour cette journée qui s’annonce costaude : 20 km au programme. Je me rends compte que N marche bien le matin alors c’est départ au lever du soleil à 8h après un passage à une boulangerie pour baguette choco et croissants aux amandes partagés.
Quelle pipelette, on ne voit pas les kilomètres avalés.
Photos challenge envoyées à nos mamies avec N qui pousse une tour telle celle de Pise.
Il est 12h quand on se pose après 15 km de papote active de N et d’écoute active pour moi. Il en a des histoires et quel bon orateur.
Cette pause est top, sandwich, transat au soleil et tarte aux myrtilles.
On rencontre Yan, pieds nus, il a mal avec ses chaussures
2 heures de pause accompagnées du petit chien Newton avant de repartir à trois.
N est heureux de continuer ses récits avec Yan.
On y est à la fameuse ferme auberge Le Sauvage.
C’est beau, la météo est avec nous.
Instant de méditation pour N et Yan, instant ukulélé pour moi. On retrouve les mamies qui nous offrent l’apéro.
Le repas : soupe, plat, fromage et dessert “coupétade” accompagnés de nos amies. C’est magique.
Quelle chouette journée !
Mardi 30 septembre
N : Réveil flippant. J’ai vu un pépé dans la chambre un peu bizarre. Je suis traumatisé.
La marche était de 13 km, c’était bien.
Le midi le petit chien a aboyé, la soirée : musique jusqu’à 21h après dodo, car demain 16 km. A demain pour le blog
Louise : Après une nuit bruyante où les boules quies ont été indispensables, petit déjeuner avec tout le monde dans la salle de restauration anciennement la porcherie.
Les couleurs du ciel sont splendides entre le rose et l'orange qui s'imprègnent dans les nuages avec le lever du soleil. Le décor est digne de Narnia dans une brume, brouillard en pleine forêt.
Randonnée courte de 13 km où j’ai pu me rendre compte du talent aérophagique de N après l’ingestion d’un saucisson et aussi de ses talents pour imiter les asiatiques après notre rencontre avec Gin, le japonais, des rires dans le respect de leur culture.
On a marché un peu avec Laure et pause pique-nique avec un chien et du ukulélé.
On arrive à 14h et le gîte est ouvert : un studio tout cosy, dans le style des années 50/62.
Après lecture de la BD “La Rue” de Seuil, puis pêche et courses, on passe au PMU prendre l’apéro avec nos six mamies, puis retour au bercail pour cuisiner. Soirée papote avec pour fond musical “Nostalgie” grâce à la très vieille radio-cassette du gîte. Quelle belle journée. Bonne nuit.
Mercredi 1er octobre
N : Je me suis levé et je me suis dit pourquoi, mais j’ai fait 13 km, c’était facile alors aujourd'hui, 27 km. Arrivés avec les mamies, karaoké, petits gâteaux.
Louise : On quitte notre petit studio cosy et l’on retrouve sur la route des pèlerines rencontrées lors de la visite du musée de la Bête du Gévaudan : Sophie, Rosy, Babette et Christine. Une heure de papote très chouette avant de traverser de très beaux paysages avec un pique-nique en plein soleil et notre tout premier changement de pantalon à short : quel bonheur !
On rencontre Yahn qui me conseille de goûter la coulemelle crue : elles sont partout sur le chemin. Grave erreur !! J’ai pas digéré et le soir, la cata aux toilettes. Ha ha !
En début d’après-midi, on recroise trois mamies et on est heureux de marcher avec elles pour la première fois. Patricia après une heure et l’arrivée à Aumont-Aubrac, nous annonce qu’elle n’a pas vu la route défiler tellement prise dans les récits de N “quel babel celui-là”
On découvre que pour leur dernière soirée sur Saint Jacques, on est dans le même gîte. Quel hasard et quelle joie ! Elle prépare une “truffade” spécialité du coin tandis qu’on cuisine un gâteau au chocolat.
Soirée émotion avec du ukulélé, un karaoké maison et beaucoup de papotage. La nuit va être belle. Bisous.
Jeudi 2 octobre
N : Au revoir avec les mamies. Ce matin c’était dur, mais nouvelle rencontre avec Zacharie qui est trop drôle. Je l’adore.
Midi, le repas payé par les parents de Zacharie qui ont insisté, donc : fromage, patates. Un régal. Après la petite pêche qui n’a rien donné, mais bonne journée, dure mais une soirée fête... Une soirée pour un homme qui a la droule oh ! oh le pauvre ! Je vous dis au revoir et bonne soirée et merci M. parce que ce n’est pas facile
Louise : Au revoir joyeux avec nos six anciennes. C’est sûr, elles suivront le blog.
Route magnifique où l’on rencontre Zacharie qui plaît de suite à N. Il ressemble à Requin dans Foot 2 Rue pour ceux qui ont la référence. On rattrape ses “vieux” : Fred, son père, Laurent et Richard les suit.
La marche ensemble est sympa. A midi, ils nous offrent même une truffade dans le très beau gîte “La Rose de l’Aubrac”.
On repart à six, mais une rivière attire très vite l’attention de N, alors direction la canne à pêche. Dommage rien ne mord. On reprend la route, mais après 24 km, N commence à fatiguer alors on prend le temps et record 27 km. Trop fier de lui !
Petit apéro sirop à deux cuisine maison. Douche et dodo. A demain
Vendredi 3 octobre : Saint Chély
N : Je me suis réveillé et on est partis à 8h30 et arrivés à 15h15. J’ai appelé V, ça m ‘a fait du bien de parler avec lui et J. Après, nous avons rencontré Xavier et Roxane, très gentils. Nous avons fait un skyjo et à 19h20 dans le lit et dodo. La marche est compliquée mais je me bats pour quelque chose à la fin, donc je vais aller à la fin de ma mission et j’en sortirai vivant et plus fort mentalement et physiquement pour la cause.
Louise : On quitte le gîte du Sorbier et on fait la rencontre de Xavier et Roxane, deux individus qui se suivent souvent. Ils marchent lentement alors le rythme change et on prend un peu plus le temps pour regarder : insectes, plantes et journaux informatiques. Le pique-nique à Aubrac est merveilleux dans ce beau village de France.
On arrive à Saint Chély chez Fanny et Jérémy qui nous accueillent trop bien. La papote continue avec le chouette Xavier avant d’aller prendre l’apéro avec Laurent et Zacharie. Petit dîner maison et soirée skyjo avec Xavier, Roxane et les deux Annick. Que de belles rencontres. Bonne nuit
Samedi 4 octobre : Espalion
N : réveillé à 7h et parti à 9h pour 24 km. Une journée passée encore avec Zacharie et son groupe qui nous a encore payé à manger pour leur dernière route.
Louise : Départ à 8h30 avec la boulangerie ouverte qu’à 8h. On passe le début de la journée avec Cécile, Martine et Sophie sous une bruine bien mouillante. On a la chance d’entendre plusieurs fois le brame du cerf dans un brouillard épais. Et en marchant, un peu plus vite, on retombe sur la team de Zac, Fred, Richard et Laurent. N est avec une israélienne Hilit, aux anges. On arrive dans le superbe village de Saint Côme d’Olt avec un passage au couvent de Malet. La team nous invite au resto pour la 2ème fois : quelle générosité ! Je ne prends cependant rien parce que la carte est trop grasse pour mon microbiote, mais N est aux anges avec l’aligot et a surtout le droit à un très beau discours de Fred.
On leur dit “ultreia” avant d’entamer les 8 derniers kilomètres de la journée. La pluie est intense et le rythme de N aussi. On a hâte d’arriver. Plus d’énergie de visiter, ce sera pour demain mais on est bien à cuisiner des pancakes dans notre studio d’Espalion. Bisous.
Dimanche 5 octobre : Golinhac
N : Réveillé à 7h et parti à 9h pour 28 km compliqués mais faits. Je me suis fait mal au genou, mais ça va. On peut marcher encore. On a dormi dans un airbNb. Il était trop beau. J’ai kiffé. Je me dis je vais faire les trois mois
Louise : On est dimanche et qui dit dimanche, dit plaisir, alors ce matin c’était oeufs au plat, avocat et pancakes. Un régal. On quitte notre petit studio cosy pour prendre la route de Estaing. Matinée à papoter avec les 3 belles dames : Martine, Nathalie et Cécile avant de faire une pause dans la superbe ville d’Estaing. N en profite même pour pêcher.
Le château et l’église dans l’un des plus beaux villages de France sont magiques. Il est 14h. Il nous reste 13 km pour atteindre Golinhac. C’est beau, on retombe sur Marie-Astrid avec qui nous faisons un bout de chemin, une belge qui a la pêche.
On est heureux d’arriver à 18h après ces 27 km. Soirée très fun où l’on dîne avec Lisa et Cécile, deux amies infirmières hilarantes, avec une moussaka, une soupe de potiron/châtaigne, du fromage et un tiramisu. Ça nous change de notre cuisine de riz et de pâtes. N est épuisé, mais moi je suis heureuse d’aller regarder les étoiles en appelant ma sœur. “Oh ! une étoile filante” ! Bonne nuit à vous.
Lundi 6 octobre : Conques
N : Nous partons à 9h. Nous avons marché jusqu’à un château pour dormir. J’ai même acheté 3 souvenirs pour V, J et L. s’il les voit c’est pour vous et c’est trop beau. J'ai même vu un truc qui fait de la lumière. Je me suis dit pour L ça fait trop de bruit, ça va péter un plomb, donc je lui trouverai autre chose.
Louise : En dehors du réveil paniqué à 2 h du matin de N qui cherchait les toilettes en quasi somnambulisme, la matinée est splendide avec un excellent petit déjeuner de confiture poire/vanille et abricot/gingembre, mais surtout d’une mer de nuages au sortir du gîte. Je suis heureuse face à cette belle nature. Aujourd’hui, N et moi discutons puberté et je peux vous dire qu'il est beaucoup plus curieux de ce sujet que des tables de multiplications que j'essaye de lui apprendre ha ha !
A midi, petite pause dans le très mini village de Sénergues avec deux amies Sylvie et Dominique qui rigolent bien !
Encore une belle descente de 1,5 km après les 20 premiers et nous y voilà : Conques !! “C’est biot” me dit N (c’est beau) Oh oui ! c’est beau et ce n’est que le début de notre expérience ici. Arrivée à l’abbaye Sainte Foy, accueillis par l’hospitalière : Marie-Thérèse est d’une gentillesse transparente. On découvre notre dortoir de 16 lits. Je propose des étirements à N mais il préfère appeler sa mère. Balade dans un village d’exception avant de tous se retrouver pour le souper : soupe de courgettes, chili con carne, fromage et cookies, tout ça dans une grande salle à l’ambiance chaleureuse. Ce soir, je rencontre Henri et Jean-François, heureux d’être là.
20h30, c’est l’heure de complies dans l’abbatiale suivie de la bénédiction des pèlerins. 21h explication de l’iconique tympan. 21h30 concert de flûte et guitare, de la douceur dans un lieu unique : délicieux. N dort déjà : 22h15. Illumination du tympan. Quelle journée !!
Mardi 7 octobre : Livinhac
N : On s’est levés à 7h30 et partis à 8h10 de Conques pour aller à Livinhac, en tout on a fait 24 km. Au gîte j’ai fait une partie d’échecs, c’était bien, avec un argentin, un petit débat sur le foot avec donc pas de résultat, mais au moins on est d’accord que la France est trop forte, après jeux de société, après dodo.
Louise : La nuit à 16 a été agitée mais le petit déjeuner nous a vite remis sur pied.
Les “au revoir” sont chaleureux avec Marie-Astrid, Lise, Céline et Marcel (17x sur Compostelle). Ce matin, provocation de N. C’est normal, c’est de son âge mais j’ai eu besoin de marcher seule. Ça tombe bien, il a rencontré Hélène qui est très chouette et ancienne éducatrice canin. Je tombe sur I, discrète mais passionnante.
Vers 13h, c’est (l’Homme qui ne donne jamais son prénom) qui partage un panini avec nous dans la ville de Decazeville, avant d’arriver à Livinhac le Haut ensemble et d’atteindre notre gîte du soir chez le très adorable Christophe. Je sens que la soirée va être cool, mais je vous raconte demain ! Bonne soirée
Mercredi 8 octobre : Figeac
N : ce matin le réveil sonne à 7h mais réveillé à 7h50 🙂. Je suis choqué. J'ai pris 50 mn à me réveiller ! Après un petit déjeuner, on est partis vers 8h45 pour 26 km et à l’arrivée, pour mon attelle pour mon genou, c’est parti. Je suis le plus fort pour me blesser. Ah Ah ! Sinon après un petit verre au salon et après avoir mangé, bu, dodo. Demain grasse mat’.
Louise : Christophe a été un hôte formidable. On s’est sentis comme à la maison. Soirée papote avec I, Eglantine et Hélène, puis danish à 4.
Étape de Livinhac à Figeac accompagnés en partie d’Aurélien et d’Eglantine. Avec une pause ”pépite” chez Cécile au Bourdon. Véritable nouveau personnage du chemin.
A notre arrivée à Figeac, on retrouve Jin le japonais, Inès, Sébastien l’argentin, Henri. On est devenus comme une petite famille 🙂 Nathan, l'hôte est trop sympa. Comme on y reste deux nuits, ce soir, on réchauffe un plat (pas de cuisine mais pizza froide), après avoir pris un verre en plein centre-ville avec toute la famille des pèlerins. Bisous.
Jeudi 9 octobre :
N : J’ai fait la pause. Ma mère est arrivé avec mon frère et ma marraine. Je n’y étais pas prêt . Après, elle m’a dit : “je marche avec toi demain”. On a été au magasin de pêche et bu un petit verre tous ensemble. Après on a croisé Zakari et son groupe qui nous a dit “venez”. On y a été, après on a bu un verre. On est partis manger. Après petit appel avec la famille et dodo avec ma mère, ça faisait longtemps.
Louise : Aujourd’hui, c’est repos ! Enfin repos. C’est surtout un grand évènement pour N. La venue de sa maman et tout ça en surprise ! Le matin, je gère les comptes, les réservations et me repose dans le lit avec un peu de musique. Après avoir été chercher notre repas du midi à réchauffer, retour au gîte où à 14h, au détour d’un regard, N aperçoit derrière la baie vitrée, sa mère qui passe le portail. Il saute de sa chaise et fonce sur elle en s’effondrant en larmes dans ses bras : quel beau moment ! Il y a aussi son demi-frère V qu’il rencontre pour la première et sa marraine et tante.
Après un shopping au magasin de pêche, jeux dans un parc pour enfants et petit verre en terrasse d’abord en famille, puis avec des pèlerins après avoir quitté la tante et le frère. La soirée avec sa maman, attablés chez Nathalie est bon enfant. Ils s’éclipsent pour passer des coups de fil au reste de la famille pendant que je m’échappe avec la lecture des poèmes de Pierre Yves et son recueil “Les Émouvants” quel personnage cet homme-là. Finalement, la petite famille dormira côte à côte, pour reprendre des forces pour la journée de demain.
Vendredi 10 octobre
N : Le réveil avec ma mère. Petit déjeuner. Après nous partons marcher. Je parle avec, je profite, ça faisait longtemps que j’avais passé du temps avec elle ; ça m’a fait du bien. A midi, ils viennent la chercher, ma marraine et mon oncle, mon frère, M et Yann. 2 h de pause et bla-bla-bla de rigolades mais après les au revoir, et la marche, on arrive au gîte, et repos. Dodo.
Louise : Réveil à 7h. Départ à 8h30. La maman est fin prête avec ses nouvelles baskets. Passage par la boulangerie pour quelques viennoiseries et sandwichs avant d’entamer une sacrée montée ! A l’aide des bâtons de son fils et avec un mental d’acier, elle l’a faite cette première montée ! Objectif 12 km jusqu'à Béduer. Petite pause dans le village de Faycelles avant d’arriver à 13h30 pour le réconfort après l’effort. Déborah (la maman) est “au bout de sa vie” mais quelle première, elle l’a fait pour son fils et au son des rires, je crois qu’ils ont adoré.
14h30, le reste de la famille débarque, la marraine, son mari, son fils, son beau-père et N son demi-frère. Moment de retrouvailles très chouette avant de devoir les quitter pour nos derniers 12 kilomètres, dans une forêt de toute beauté. Au détour d’un sentier, on aperçoit une maison et notre gîte de la Tourette chez la très cool Marylène. Une petite maison ferme merveilleuse où nous papoterons voyage et devenir hôte sur Saint Jacques, après un excellent repas. Que le chemin est beau. Je suis heureuse pour N. Bonne nuit.
Samedi 11 octobre
N : On part du gîte avec Laura. On marche toute la journée et on arrive à 17h. Repas, après au lit et là je craque. On appelle Célestin, le responsable de marche. Je n'étais pas bien. Après dodo et le lendemain ça va, mais fatigué.
Louise : Départ en douceur à 9h avec Laura, une autre pèlerine qui cherche à créer un gîte sur le chemin. Nous circulerons dans ces paysages dits de “causse” au milieu de murets de pierre et de cabanes. Petite pause à Cajarc où je m’émerveille devant un local de passionnés de jeux de piste et de leur région qui ont créé un jeu “Le Louis d'Or” (un peu comme la chasse aux trésors de la Chouette d’Or). Il fait si beau et chaud que N décide enfin de faire tomber le pantalon pour le short.
Arrivés à Saint Jean de Laur au croisement d’une source d’eau et lavoir, on quitte Laura qui s’arrête pour la journée. Il nous reste 2h30 alors à 17h30 on cuisine des pancakes pour le dimanche matin mais finalement on craquera le soir et je croise les doigts qu'après une bonne nuit et toutes les émotions vécues ces derniers jours, ça aille mieux demain
Dimanche 12 octobre : Bach
N : Après l’appel avec ma mère, j’ai pris la route. J’ai fait 22 km. Nous arrivons au gîte. Je suis “explosé” physiquement. Je suis mort mais après le dodo j’irai bien. Donc après le dodo, je pars marcher comme tous les jours.
Louise : Réveil en douceur à 8h avec petit déjeuner de roi : kiwi, jus d'orange, œuf à la coque et pancakes. N a retrouvé le sourire, alors je suis heureuse. On démarre en silence, pensifs de la veille avant de rencontrer Gilles qui suite à une rémission du cancer marche sur le chemin. Il connaît déjà Seuil et est très soutenant. Puis, ce sera Nicolas un suisse du Tessin (italien) mais parfaitement francophone car traducteur de métier. Très cool aussi avant de se poser à Bach pour pique-niquer et entendre N jouer de l’orgue. Finalement après 22 km, on rencontre notre hôte Philippe “strict car éduqué par des protestants d’Alsace (proche de l’Allemagne).
Ici, on ne rigole pas et on apprend qu’être pieds nus c’est pas hygiénique et pas respectable. Il reste passionnant malgré ces idées très radicales et c’est un fin gourmet. C’était excellent de l’entrée au dessert avec un flan maison. Bisous.
Lundi 13 octobre : Cahors
N : Départ à 9h de chez Philippe. On a marché 22 km. Philippe vient d’une famille de catholique protestant, donc c’était carré chez lui comme chez les militaires, on parle des militaires. Avant d’arriver chez Philippe on en a vu au moins 20 (les militaires) qui marchaient ; après le repas on nous offre des carottes, obligés de finir. Après dodo.
Louise : Départ vers 9h de chez Philippe pour rejoindre le GR à 3 km. Matinée de marche sous le thème de The Walking Dead, moi qui ne connaissais pas la série, je peux maintenant vous spoiler tous les épisodes. Ha ha ! On a la chance de découvrir deux petites chaises sous un parasol avec des boissons fraîches en libre-service pour pèlerins alors le pique-nique était très confortable sur le chemin de la marchande
Arrivée à Cahors où à l’octroi, après le pont, Corinne nous accueille avec sirop, sucettes, madeleine et tampon, puis direction l’auberge de jeunesse avec notre amie pèlerine Viviane. Sieste pour moi avant de tomber sur Laura et Sébastien dans le centre historique. Petite balade sur les quais avec les reflets aux couleurs automnales sur le Lot avant de les quitter définitivement.
Dîner au restaurant Antalya, vous vous en doutez, resto turc où l’on mange des drums, tacos.
Puis comme demain c’est congé, direction le cinéma où l’on tombe sur le skatepark et quelques freestylers.
Après l’achat d’un pot de pop-corns, 2h42 d’animés au programme : Démons Slayer
Vraiment pas fan mais ça a rendu N heureux, alors on s'adapte 🙂 Des combats de démons pour sauver le monde avec des lunes et des pouvoirs magiques : je ne sais pas si ça vous parle. Ha ha !
Mardi 14 octobre : Cahors
N : Ce matin réveil, petit déjeuner, petit sommeil dans le canapé devant la télé, après pêche d’un silure de 1,60m que je sors sans Louise encore. Après une grande pause télévision, promenade et dodo.
Louise : Grasse matinée jusqu’à 8h45, oui parce que le petit déjeuner finit à 9h15. Mais très vite de retour au lit où je rédige le 1er rapport de marche et commence à regarder la suite de l'itinérance. Oui, oui, on a déjà fini un miam miam dodo.
A midi, on va faire les courses et déjeuner sur la terrasse rooftop de l’auberge.
Puis sieste pour moi après avoir réussi à dissoudre un bouchon de cérumen dû à l’utilisation quotidienne de boules quies (oups : N ronfle !)
Je me sens vraiment remise après cette journée quasi dans le lit. A 16h, je décide d’aller visiter Cahors dont je tombe sous le charme des librairies engagées, des poèmes, des jardins colorés et des beaux bâtiments.
Passage à la cathédrale où je serai la seule pèlerine pour la bénédiction.
Puis souper avec coucher de soleil sur le pont Valentré depuis le rooftop de l’auberge : moyen l’aligot industriel de “Reflet de France”. Bisous, demain retour sur le chemin 🙂
Mercredi 15 octobre : Lascabanes
N : Ce matin, réveil à 7h. Je suis debout à 7h20 et on est partis à 8h10 pour 22 km. On a vu des pèlerins qui m’ont appris une musique. Après on a marché toute la journée avec eux. On est arrivés à 14h. Je n’ai pas vu l’heure passer, c’était trop bien. J’ai kiffé ma journée de marche.
Louise : Après un petit déjeuner, vue sur le lever de soleil, sur le pont Valentré, départ pour 23 km.
On démarre avec une belle côte où l’on tombe sur Patrick et Michel, deux grands bavards, passionnants avec qui on partagera la journée.
Première pause vers 10h avec un petit verre offert par Patrick. Il en a des histoires ! il est “gîteur”. Il tient un gîte à Moissac. Je découvre le monde militaire de Michel durant l’après-midi.
Petite pause pique-nique avec Franck. On aura bien rigolé !
Arrivés vers 14h20 à Lascabanes, à l’accueil “petite pause” pour une glace, N révise la chanson apprise avec nos deux nouveaux amis pèlerins.
On rencontre notre hôte, Françoise, avant une pause lecture. Nous avons bien ri pendant tout le repas. Allez bisous à vous !
Vendredi 17 octobre
N : On est partis à 8h50, après on a été voir les animaux de la ferme. On a marché avec Franck et on a fait à manger chez Patrick. J’ai fait de la mécanique avec son fils. On a bien rigolé, après on est rentrés et dodo.
Louise : Matinée comme à la maison chez Jean-Yvon et Marie avec leur petit-fils, à table. Les couleurs matinales sont splendides et le chant des oiseaux dans cette région arboricole enchanteur. Après 2h, on retrouve au détour d’une église, Anne, notre voisine de chambre d’hier et Franck. Quel plaisir de continuer nos discussions. Tous deux sont habités par l’esprit du chemin. Franck y voit des signes partout qu’il a plaisir à me partager, tandis qu’Anne se sent revivre physiquement après un diagnostic compliqué.
On découvre vers 16h30 l’ancien carmel de Moissac dans lequel nous logerons.
A 18h, N m'accompagne aux vêpres. Il ferait un enfant de chœur charmant. Mais on a dû quitter avant la bénédiction des pèlerins parce qu’on a la chance d’être invités par Patrick dans son gîte. Il est venu nous chercher en mini-cooper décapotable pour le plus grand plaisir de N avant que l’on découvre une maison du 18°s de toute splendeur.
La soirée à 5 avec son fils fut magique. Soupe de tomates, moules/frites et glace, le grand luxe. Merci Patrick pour cette très belle soirée. Bisous
Samedi 18 octobre
N : On part à 8h. On dit au revoir à Franck et Patrick. Le soir, j’ai appelé ma mère et on a bien rigolé. Le matin, on a mangé des croissants et c’est parti pour 21 km. On arrive au gîte à côté d'un marché où l’on achète du miel. Après on est rentrés, puis mangé et dodo
Louise : Matinée à la cool avec les “au revoir” à Franck, à Damien, Patrick, puis avec ceux au café pour un dernier chocolat croissant.
L’itinéraire du jour nous emmène le long du canal parallèle à la Garonne et N s’amuse à pêcher en de nombreux spots.
On passe par le gîte de l'Écluse n°28 où je fais la connaissance de Rémy chez qui ma sœur et une amie sont passées il y a un mois en roulant à vélo sur la vélo-route de l’Entre deux Mers. Rémy y propose les bonnes crêpes en libre-service alors c’était l’occasion pour N de se prélasser dans le canapé.
On finit les derniers kilomètres pour atteindre le très beau village d’Auvillar après 21 km.
C’est samedi et c’est la fête du miel alors on prend le temps de découvrir le village à travers les stands et on finit par acheter une pâte à tartiner miel, choco, noisette, un délice !
Le coucher de soleil depuis le village surélevé est magnifique.
Bonne soirée à tous
Dimanche 19 octobre : Castet-Arrouy
N : On est partis à 8h, on a acheté un saucisson et après on a marché. On a retrouvé Anne. Après on a mangé. On est arrivés au gîte. On a fait une partie de pétanque et j’ai gagné. Après on a mangé et dodo.
Louise : Réveil en douceur avec un petit déjeuner muesli et fruit, puis l’émerveillement devant le lever de soleil au loin. C’est dimanche, donc jour de marché : saucisson du pays pour N, puis marche en silence chacun un peu dans notre coin.
On traverse des merveilleux villages de pierre : Saint Antoine, Flamarens et son château et Miradoux et ce soir Castet Arrouy. On pique-nique avec Anne qu’on re-quitté très vite. Observation de milans dans le ciel et d’un gros cadavre de ragondin.
Arrivés au gîte communal avec un moment ukulélé pour moi et musique et danses dans les oreilles. A demain.
Lundi 20 octobre : La Romieu
N : On est partis à 9 h pour 30 km. On a “charbonné”, on a marché comme des oufs. J’ai croisé une femme avec 3 chiens. On a parlé. Elle avait un lévrier, un husky et un golden. Après on a vu Jacques qui nous a donné des pommes. Après on est arrivés au gîte. On a vu plein de gens. Une soirée drôle et dodo
Louise : Départ sous la pluie pour 30 km de marche de Castet Arrouy jusqu’à La Romieu. Je suis trempée jusqu’à la culotte mais la motivation est là et l'ambiance aussi. On arrive à Lectoure pour une pause au sec et après s’être remplis le bide, on repart sous un superbe soleil. Passage par le trop mini village de Marsolan avant de rencontrer Jacques qui nous offre des pommes. Raccourci vers La Romieu pour 4 km de moins et nous voilà devant la collégiale. En discutant avec notre super Laurent, je n’ai pas vu le temps passe alors j’ai loupé la visite de la collégiale mais pas grave ce sera apéro avec Hugues, Nicolas, Tracy et Lisa. Soirée à table avec une trop bonne cuisine, puis partage autour de la guitare et ukulélé. Bisous.
Mardi 21 octobre
N : On est partis de chez Laurent. Après on est arrivés accompagnés de Hugues avec qui je voulais aller au cinéma, mais c’était fermé. Après-midi, bénédiction des pèlerins. Après au gîte, une partie d’échecs avec Hugues. J’ai gagné. Il a abandonné. Je l’ai bloqué dans tous les sens. Après dodo
Louise : On quitte Laurent et la super troupe de pèlerins, après un bon petit déjeuner, passage à l’épicerie pour un sandwich Sur la route, je suis hypnotisée par des panneaux historiques et N en profite pour me faire une farce en tournant un panneau directionnel du GR. Je commence à tourner en rond autour du château avant qu’il ne me rattrape. C’était bien fun.
Passage par Castelnau et la chapelle Sainte Germaine, puis descente pépère. 14 km trop facile ! On était sous la pluie, mais accompagnés d’Hugues, on s'est bien marrés.
Petite pause sirop avant de faire la sieste chez nos hôtes Virginie et Alain. Virginie, ancienne famille d'accueil, super sympa. Ils ont ouvert le gîte il y a 3 mois “Pose ton sac”. J’entame un livre “Les Impatientes” qui me rappelle la dure réalité des femmes dans certains pays et me replonge dans mon précédent voyage à vélo en Afrique de l’Ouest : c’est dur.
On retrouve tous les pèlerins à la messe et bénédiction : très beau moment entourés d’une vingtaine d’autres cheminants.
19h15 il est l’heure d’aller manger au gîte. On s’est régalés. On y a retrouvé Hugues, Sashia et les 3 Suisses de la veille. Bonne nuit.
Mercredi 22 octobre
N : C’est le jour de pause avec Jérôme avec qui on a été à la piscine et au spa. Après apéro mais avant au matin bande dessinée. Après Louise a dormi jusqu’à 12h24. J’avais faim. Je l’ai réveillée en douceur, mais j’ai secoué le drap et j’ai dit “on se réveille”. Ce soir, repas et dodo.
Louise : Grasse matinée avec le réveil oublié de N à 7h30. Sans commentaire ha ha ! C’est jour de repos. Alors je me plonge dans mon bouquin que je finirai dans l’après-midi (bouleversant !) On cherche en vain à aller au cinéma, mais finalement ce sera espace bien-être dans un hôtel Spa entourés de deux pèlerins, Anne d’il y a 3 jours et Jérôme, un jeune homme illuminé par le chemin qui adorerait partir avec Seuil. Trop chouette moment de 1h30 dans la piscine à remous et sauna suivi d’un drink offert par Anne ! Que les personnes sont belles ! Il est l’heure d’aller manger. Soirée anglophone avec ma voisine Sashia, venant d’Australie. Ukulélé et dodo. Bisous.
Jeudi 23 octobre
N : Je me réveille pour 21 km et on me dit : il y a trop de vent, on ne va peut-être pas partir, donc j’étais content, ça fait 2 jours de pause. Après on me dit on part et ça va pas. On nous dépose donc on part et après 2h de marche, j’ai trop mal au genou, donc appelle Virginie. Elle me dépose dans le lit. Dodo. Après avoir mangé, on rigole. J’achète des bracelets. Après dodo.
Louise : Ce matin c’est la tempête de prévu alors on hésite à deux fois avant de prendre la route. Finalement, on y va doucement et on rencontre Edouard un jeune flamand, parti de chez lui il y a deux mois avec un sac de 19 km en autonomie : une brute !! Hyper sympa, on contourne des forêts à risque (les branches sont petites mais tombent quand même) et on se réfugie dans Larressingle, trop beau village médiéval. 1h de marche de plus et c’est la pause midi. On se relève et là plus possible pour le genou de N qui le lance. Virginie notre hôte de la veille viendra nous sauver en nous déposant au “1000 Bornes”. On est à 1000 bornes de Santiago, chez des belges Bernard de Florence. La soirée : frites/saucisse, accompagnés de deux autres pèlerins Magali et Ludovic est hyper sympa.
Malgré la voiture qui nous a fait louper une jolie partie et la découverte de Montréal, la journée a été superbe et j’ai même eu le temps de danser. Bonne soirée.
Vendredi 24 octobre
N : Ce matin, je me réveille, pas envie de marcher. Mais je n’ai que 15 km et après repos, mais j’ai la flemme. On marche avec Ludovic avec qui on rigole bien. Après on arrive au gîte et là on prend un verre. J’appelle ma mère et après fais un petit jeu avec son fils du gîteur Après repas et dodo
Louise : Réveil au 1000 Bornes, les chevreuils du crépuscule ne sont plus là à l’aube. Petit déjeuner avant de souhaiter buen camino à Magali et de prendre la route avec Ludovic. Ludo c’est un prof de français hilarant qui adore mimer des réactions extrêmement sûrement inspirées de ses 8 années au Japon et de la culture des animés. On se “mange” bien la pluie avant d’aller manger au sec dans une boulangerie à 3.
Eauze est connue pour son festival Street Art Magnac dont on observe quelques œuvres mais c’est à la cathédrale Saint Luperc que nous avons passé le plus de temps. Ludo étant un passionné des Saints. Il nous a raconté la vie d’une dizaine de statues et la plus stylée reste Jeanne d’Arc. On reprend la route direction notre gîte “Le Chalet du Bonheur” tout en évitant de glisser dans toute la boue accumulée. Ludo prend un verre avec nous puis repart vers son gîte à 4 km.
On rencontre Alexandro, notre hôte, qui nous offre du raisin cueilli pour nous, puis on découvre notre chez nous : un mobil-home avec notre chambre, une première. Quel luxe.
Petit cache-cache dans le champ de maïs avant le repas et un gros dodo.
Samedi 25 octobre
N : On est partis à 8h, on a marché et dans la chapelle il y avait Lulu. On a re-marché avec lui. On a bien rigolé. Après on est arrivés au gîte. L’hospitalier m’a fait peur et après on a mangé, rigolé. Soirée bd et après dodo
Louise : Réveil à 7h30, grosse journée avec 27 km de prévu. On part de bonne heure aux lueurs du jour accompagnés des oiseaux qui se réveillent. Les couleurs sont très belles mais surtout il fait sec.
On arrive à Manciet où l’on voit notre première arène : N est fan ! De retour sur la route, au milieu des bois, on découvre la chapelle de l’hôpital et là… une ombre, N l’avait deviné, c’est notre Lulu ! On enchaîne les kilomètres et 2ème arène, celle de Najera mais surtout la découverte de la meilleure viennoiserie de Saint Jacques : un croissant aux cookies. Je vis un véritable moment de kiff culinaire. Puis second beau moment de culture Saints avec cette fois-ci les statues de la collégiale Saint Nicolas
L’après-midi, on a la chance d’éviter la pluie de peu et d’atterrir à la grange Dubarry chez Philippe.
Soirée trop cool avec les retrouvailles des deux Suisses, Fabrice et Héléna, puis lecture de bd Spirou. A demain
Dimanche 26 octobre
N : On part avec Lulu encore et c’était super. On a bien rigolé. Après on a mangé une pizza. Puis on a visité une église qui n’était pas mal. Après repos, on rigole, on mange, on rigole et dodo.
Louise : Dernier jour pour Ludovic alors N veut absolument qu’on marche avec lui et tant mieux. C’était très chouette cette dernière journée à 3 : discussion sur les Disney, le féminisme, le catholicisme et l’écologie avant d’aller se poser à une pizzéria après nos 14 bornes et de s’engouffrer au cinéma.
On a beaucoup ri devant Hopper et le Secret de la Marmotte qu’on vous conseille tous. Petite visite de la ville du jour : Aire sur l’Adour et sa cathédrale avant de manger à 6 en compagnie de 3 allemands : Léa, Christian et Tobiaz. Beaucoup de fous rires avec N complètement explosé de fatigue. Bonne nuit. On en a bien besoin 🙂
Lundi 27 octobre
N : On part vers 8h15. On est partis de chez Alexandro et Isabelle pour aller à Pimbo. On a marché avec les Allemands. Je n’ai rien compris à ce qu’ils parlaient. On a dormi avec un chasseur et après on a mangé et 19h20 dodo 🙂
Louise : On quitte Ludo qui repart sur Paris et on prend la route. 3 jeunes cools en formation cirque nous offrent du gâteau dès le premier kilomètre, puis beauté devant le lac du Brousseau.
La pluie se remet à tomber alors on avale les kilomètres au milieu des champs. On se pose entre 2 gouttes derrière des ballots de foin pour s’abriter du vent le temps du pique-nique.
Mais tristement la fatigue fait qu’en fin d’après-midi ça “pète” entre nous. Après un appel à Célestin, notre responsable de marche, N va mieux et on arrive dans une superbe bastide dans le village de Pimbo. On re-croise nos 3 Allemands et on rencontre Pierre, un retraité français. Incroyable mais vrai. Au milieu de ce petit village perdu dans cette région, il y a un super café “Chez Ruzette” avec tout pour se remonter le moral : jus d’abricot pour moi et crêpe au caramel pour N. Je vais me ressourcer à la très belle collégiale Saint Barthélemy.
Les églises, chapelle et collégiale sont des moments très ressourçants pour moi où N absorbé par les bougies se met enfin en pause.
Au soir, on va chercher nos doggybags au point de collecte avant de les manger en compagnie d’un chasseur dans notre gîte communal. Chasseur de palombes… Vous en connaissez-vous ? Sacré Frédéric.
19h30 N ronflotte, alors je me cale dans mon lit pour un bon moment de répit. Bonne nuit
Mardi 28 octobre
N : On est partis à 9h. On a marché 27 km. Je suis mort. Après on a mangé. On a vu le maire qui a appelé un serrurier pour ouvrir le pot en argent de l’église car il avait perdu les clefs. Après on est arrivés au gîte. J’ai fait du foot avec les autres jeunes. On a bien rigolé. Après repas et dodo.
Louise : 7h15 le réveil sonne. N aura dormi 11h45, belle performance mais la matinée est encore un peu tendue entre nous alors on part à 15m de distance en silence. Après 200m, c’est l’émerveillement pour moi : on la voit enfin. Mais qui ça ? Bon la chaîne des Pyrénées ! Oui avec les 5-6 jours de temps gris, c’était impossible de la repérer, mais elle est maintenant là, plus imposante et majestueuse que jamais. J’ai de nouveau le sourire. Je souris du chant des oiseaux, des fleurs et des maisons en pierre. Heureusement, N revient vers moi et la journée nous apportera notre lot de découvertes : le coin de paradis de Tony avec la yourte et ses 3 hamacs, un moment de tendresse avec des boeufs et leurs caresses, un apiculteur jouant au squash sur des frelons attaquant ses protégées, des amas de champignons sortis de terre et un cambriolage légal du coffre renfermant la monnaie des bougies et cierges après la perte de la clé par le curé.
Nous sommes heureux d’arriver après 27 km à Pomps. Pendant que N joue au foot, je prends l’apéro avec Pierre, puis dîner dans une salle de sport liée au gîte communal en compagnie de la taïwanaise, un allemand Peter, Sandrine et Pascal
Hâte d’être dans mon lit pour lire mon nouvel achat. Bonne nuit.
Mercredi 29 octobre : Sauvelade
N : On est partis à 8h pour 27,4 km, c’était dur. Après, arrivés au gîte on a été voir l’église. Ce n'était pas top. Après douche, repas et dodo
Louise : Aujourd’hui, la pluie repointe le bout de son nez. 28 km au programme. On passera une bonne demi journée avec Sandrine et Pascale, deux copines d’Aix, avant de continuer vers notre destination Sauvelade.
Peu de surprise aujourd’hui si ce n’est la discussion avec un papi ramassant du pissenlit pour son lapin, gagné à une loterie de chasse-lapin au doux nom de “Cartouche”
Le gîte communal est très confortable pour cuisiner et l’abbaye nous a même offert un petit film sur l’histoire du village. Bisous.
Jeudi 30 octobre : Navarrenx
N : Que 13 km. On a fait une pause après. Arrivé au gîte et petit achat. Un appel avec Val et Juju. Repos. Après on a été voir les catacombes romaines. C’était super glauque, mais je les ai faites. Après on est rentrés et dodo.
Louise : 14 km. Journée de marche très courte qui nous fait arriver à 13h à Navarrenx. La route est splendide. Il fait grand soleil et je suis hypnotisée par les vols d’étourneaux qui sont par centaines dans des nuages aux formes mouvantes.
Le gîte n’ouvre qu’à 15h alors j’accepte que N regarde Netflix pour la 1ère fois en 1 mois pendant que je lis un livre. Je ne vous dis pas la crise qu’il a faite pour sa lessive à 16h. Les écrans ne lui font définitivement pas du bien et je suis dépassée par la situation.
Heureusement, on retrouve Sandrine, Pascale, Seswye (la taïwanaise), Perrine et la rencontre avec Gray (un australien). Je pars prendre l’air. Il y a des moments où je doute de mes capacités à aider N dans cette marche ; et puis après une danse, une chanson ou un silence, je relativise et je sais qu’il faut lâcher prise sur certaines choses alors je me sens mieux.
Le soir, l’ambiance à table était très chouette et Romain que nous avons rencontré à la messe nous emmène à 7 dans les catacombes des remparts. Ambiance sympa sous la lune éveillée. Bonne nuit
Vendredi 31 octobre
N : On est partis à 8h52. On a encore marché. On ne fait que ça. On est arrivés au gîte. Le gars est trop drôle. Après appel avec ma mère et douche, je voulais aller dans le jacuzzi, mais trop sale, donc nous avons pris une douche, repas et après dodo
Louise ; La marche du jour a été dure nous avons 22 km mais dès le matin, la tension est là dans notre binôme.
Je n’arrive pas à arranger les choses, alors dans ce cas, autant marcher seule. Heureusement, on se retrouve pour pique-niquer mais on se rend vite compte qu’il vaut mieux reprendre cette marche, éloignés pour apaiser les émotions. J’en profite pour appeler mon frère et j’essaie de comprendre d’où ça peut venir même si parfois il n’y a rien à comprendre : on est 24h/24 l’un sur l’autre et l’on a chacun besoin d’espace en ce moment.
L’après-midi, j’aurais la chance de voir un vol de cigognes en migration et de discuter avec un basque usant de sa faux.
Finalement la journée se finira en beauté avec la rencontre de notre hôte Steeve, une sorte de Jack Sparrow, indépendantiste dans sa “principauté de Landaco.
Incroyable maison où nous retrouvons notre petite famille de la veille, Bernice, Gray, Sensey et Cyrille (un français), toilettes sèches et savon maison, on s’y sent bien.
Nous aurons un superbe dîner, le meilleur depuis le début du chemin : apéro, soupe de potimarron, riz avec un accompagnement aux épinards et tarte au chocolat : délicieux. On aura beaucoup ri et m’endormirai apaisée en regardant N lire ses BD
Samedi 1er novembre
N : On est partis à 8h15 et arrivés vers 16h pour 24 km. On a vu un cochon, le premier du chemin, c’est pas une blague. Il ressemble un peu à Tom Ah Ah Ah. On a croisé Léo qui est trop drôle. Il m’a même donné son numéro pour des stages en électricité. C’était cool. Après être arrivés au gîte repos. On rigole. Je vois avec le gîteux pour sa boxe et dodo
Louise : Il est dur de quitter un endroit où l’on se sent si bien mais “salut Steeve et bon vent d’indépendance”.
Aujourd’hui, on arrive à re-marcher à deux et on aura la chance d’avoir deux superbes milans royaux voler à nos côtés. Quelle envergure.
Les Pyrénées sont à quelques kilomètres et de mon côté l’excitation monte.
On traverse Ostabat et ses maisons basquaises blanches aux volets bordeaux avec Léo, un électricien fort sympathique. Les derniers kilomètres avec Cyrille où l'on s'amuse avec Jean-Jacques, le cochon, puis nous y sommes chez Guillaume.
Soirée hyper sympa avec Cyrille, Gray, Patrice et Constance (une française)
On se marre bien avec notre nouvelle famille. Bisous
N : jour de repos après-demain. Je me suis rappelé ça toute la journée. On a marché 14 km. C’était long. Après avoir lavé notre linge, visite des lieux, le giteux est sympa mais Louise ne l’apprécie pas. Après tout on peut dormir, ça me va. Ce soir, resto parce qu’ils ne font pas les repas et on ne peut pas cuisiner, donc on sort après dodo.
Louise : Journée de 14 km pour atteindre Saint Jean Pied de Port. On s’amuse avec les animaux du chemin. On s’arrête pour regarder du saut d'obstacles dans un manège avant de s’allonger dans l’herbe au soleil avec de la musique pour la pause pique-nique. Serwey nous rattrape et on marchera finalement avec elle pour les derniers kilomètres de cette via Podiensis jusqu’à la porte Saint Jacques.
N refuse de me checker alors je checke avec Serwey. La ville est superbe et je suis stupéfaite de retomber sur Saskier (la hollandaise d’il y a trois semaines qui est arrivée malgré sa blessure).
Ce soir, restaurant avec une belle tablée de 10 pèlerins pour nos derniers moments ensemble. Merci Bernice, Kway, Serwey, Salkève, pour un bout de chemin ensemble. Bonjour Jean et Antoine. Au retour, N nous mettra la raclée aux fléchettes, champion de France.
Lundi 3 novembre
N : jour de pause avec “la paupiette” qui est ko. Je pense pas rester sans rien faire, donc fléchettes, à 16 h pelote basque. Il y a un mec à la boulangerie à 8h du matin qui m’a obligé à jouer au Uno, Il m’a saoulé. Après le soir un repas en commun avec Antoine. Après dodo. Je les ai explosés aux flèches.
Louise : Je suis dans le mal, premier jour d’indisposition, alors je reste avachie dans le lit tandis que N prend son quartier libre.
Finalement à 12h, on ira déposer un colis à la poste. Tchao les bâtons de marche et le ukulélé. Puis on se rend au marché du lundi : des fruits, des légumes, de l’Ossau Iraty (du fromage) et un burger pour N. Passage au Carrefour pour le reste et moment carte postale pour moi en haut de la citadelle face aux montagnes.
16h, il est l’heure de la ½ finale de pelote basque. Ce fut un moment exceptionnel. Après le passage traditionnel par le guichet extérieur nous voilà dans les gradins. On aurait cru à l’allure, l’âge du public, que c’était un tournoi de pétanque mais non ! la différence est là : le béret.
Je ne savais pas où donner de la tête entre ce public mythique de messieurs à moustache blanche et béret surexcités où le jeu qui était impressionnant de force et de stratège. Pépite sur le gâteau avec un goûter à base de gâteau basque, puis messe des pèlerins et repas en compagnie de notre hôte Fernando et Antoine, un cycliste remontant du Maroc à chez lui. Chouette moment de partage. Bonne nuit !
Mardi 4 novembre
N : On est partis avec Louise à 8h40 pour les Pyrénées. C’était super beau mais Louise a pété une durite, mais bon. Après on est arrivés au gîte. Appel avec Célestin et ma mère. Après pause dans la chambre et repas et dodo.
Louise : ce qui devait être une très très belle journée s’est avérée très difficile pour moi. Le soleil et les forêts colorées étaient pourtant au rendez-vous… 22 km pour passer la frontière et atteindre le point le plus haut du camino à Roncevaux. La journée avait pourtant bien commencé avec un pique-nique au bord de l’eau mais une première tension déclarée pour une histoire bête de casquette, puis au col, ça pète pour de bon lors de la non prise d’une photo.
Bref, je suis épuisée émotionnellement. On a pu compter sur Célestin pour calmer N et me conseiller mais je dois avouer que je me sens très fatiguée.
Mercredi 5 novembre
N : On part à 8h45 du gîte avec Jean-Jean et petite étape de 23 km ou 21 je ne sais plus mais chille après on est rentrés au gîte et dans la soirée repas et après un peu de télé mais ça m’a saoulé, après je vais dans les escaliers et là j’ouvre la porte et la meuf, elle ronfle. Je suis choqué.
Louise : Mon corps a très vite répondu à l’accumulation de fatigue émotionnelle et j’ai très peu dormi ayant chopé un rhume.
Heureusement ça s’est bien apaisé entre N et moi et Jean qui a dormi dans la même chambre prend la route avec nous. Ce fut une très belle étape avec de beaux paysages automnales. Petite pause dans un café typique espagnol avec une mama non souriante servant tortilla et café.
Au soir, on retrouve les mêmes pèlerins qu’à Roncevaux. Je suis toujours fatiguée avec mon rhume alors je vais me poser au lit tandis que N et Jean prennent l’apéro et cuisinent pour tous. Je remonte vite me requinquer, mais retourne me reposer en retournant tôt au lit.
Jeudi 6 novembre
N : Au matin, on se réveille, plus personne à part Jean. Donc on repart avec. C’était drôle pour 21 km. Après être arrivés au gîte, douche, repas et dodo.
Louise : 8h tout le monde est déjà parti. Un petit déjeuner à deux et on prend la route vers Pampelune. N marche vite dans l’espoir de retrouver Jean sur la route. C’est chose faite après 2 bonnes heures de marche où la joie est de retour dans notre binôme.
Nous sommes donc à 3 à débarquer dans la plus grande ville croisée depuis le début.
Arrêt dans un incroyable bar espagnol où Jean nous offre poulet/frites et potatos, puis 1 heure de marche dans l’urbain : ça change !! tellement d’informations, d’odeurs, de couleurs et de bruits. Je suis enfin consciente que nous ne sommes plus en France mais bien en Espagne
On va à l’accueil pèlerins où l’on se tape un énorme fou rire avec un rideau et des lumières qui déconnent dans tous les sens lors du microfilm sur la ville de Pampelune. Puis on passe déposer nos sacs avant de faire un tour touristique de la cité. Impressionnant. Passage à la cathédrale lors du récital d’un rosaire : ici aussi on sent la culture espagnole. Puis souper pâtes à l’auberge où malgré mon envie de discuter avec plein de pèlerins, je me préserve et pars dormir. Bonne nuit.
Vendredi 7 novembre : Puenta la Reina
N : On est partis à 8h ou un truc comme ça. Après on a marché et j’ai revu Charles qui s’était arrêté pour des trucs persos, moi ça m’a fait plaisir. Après repas et dodo
Louise : On quitte Pampelune sous la pluie pour une journée de montées puis descentes avec un col au niveau de Alto El Perdon, devant le monument aux pèlerins, rencontre joyeuse avec José qui depuis 6 ans remet les pierres de son beau jardin d’oliviers quotidiennement pour embellir notre chemin.
Pique-nique sous la pluie à défaut d’abri.
Et danse avec Jean, Miguël, et Carmen sur de la chanson italienne
Arrivée à Puente la Reina pour un petit verre au bar, des pâtes faites avec amour par Jean et du repos pour moi après une discussion en chinois avec Sisu et Isu
Samedi 8 novembre
N : Nous sommes partis à 8h et arrivés à 15h. Nous avons marché avec Charles, c’était rigolo, mais trop vite la journée, après repas et dodo
Louise : Je vais mieux. La journée fut magnifique avec un soleil superbe et une journée à papoter avec Charles et Jean
Petit arrêt dans un bar traditionnel puis dans un beau jardin d’oliviers
On rencontre Thomas, un cycliste belge qui rentre chez lui au Maroc en passant par Santiago mais surtout une superbe soirée à l’auberge des pèlerins de Estrella avec un repas communautaire, seul point négatif : le Tchèque…
Dimanche 9 novembre
N : On est partis à 9h pour 22 km, c’était cool avec Jean-Jean. Après, arrivés au gîte repos, douche et dodo
Louise : Je vais beaucoup mieux. Je suis totalement guérie. Aujourd’hui, j’impose la matinée en solo sans notre petite famille francophone que l’on apprécie tant. D’ailleurs je vous la présenterai bientôt.
Les couleurs des vignes sont superbes, la fontaine de vin déshydratante, les chèvres attendrissantes. La vie est belle, je me sens vraiment mieux.
Au soir, on atterrit en sous-sol dans un petit gîte de 200 ans avec une cave élégante où l’on y mangera la très bonne salade maison de Jean qu’est-ce qu’il nous gâte !
J’irai voir le coucher de soleil sur le village. Magique.
N regarde le match avec Charles pendant que je respire la bonne odeur de mon linge propre. Je vais bien dormir.
Lundi 10 novembre : Logroño
N : On est partis à 8h pour je ne sais plus combien de kilomètres. Après, dîner avec Jean et Charles qui nous ont rejoints. Arrivés au gîte : douche, repas et dodo. Soirée très drôle
Louise : Départ en équipe avec Jean et Charles direction le café pour un petit déjeuner espagnol. La journée s’annonce magnifique. On retrouve Yves très vite. Quelle équipe ! D’ailleurs qui sont ces mousquetaires, enfin plutôt Frère Jean et Frère Charles avec qui nous partageons nos soirées et quotidiens ? Jean est un homme d’une soixantaine d’années en reconstruction mais avec une joie de partager et d'amuser la galerie inégalable !
Charles c’est un gentilhomme de 37 ans qui en marchant sur St Jacques a pris la grande décision de prendre un nouveau tournant dans sa vie, toujours accompagné de la grande croix de sa grand-mère.
On papote à 5 avant d’arriver à Viana, joli village où l’on s’installe en terrasse au soleil pour un incroyable moment de détente. On atteindra Logroño et son accueil paroissial avec Christine et l’hospitalière canadienne. Surprise de rencontrer un autre binôme Seul M et Nadia. On part avec Miguel, Carmen, Mike, Jean et Charles au bar avant de partager un trop bon repas à l’auberge. On se sent si bien sur ce chemin.
Mardi 11 novembre : Najera
N : Soirée drôle. Journée aussi. Après la marche, le gîte, le gars c’est un militaire pour faire son so so. J’ai pas bronché, après resto avec Jean et Charles. Je ne me sentais pas trop bien. Après dodo.
Louise : Il est dur de dire au revoir à Carmen et Miguel avec qui nous avons beaucoup partagé en soirée mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir trois mois devant soi pour péleriner. On dit aussi au revoir à M et Nadia avec qui nous ne pouvons pas marcher mais c’était vraiment trop chouette de les avoir rencontrées. Buen camino ! Vous êtes des guerrières, vous allez y arriver. J’impose à N une journée sans Jean et Charles et on prend la direction de Najera, traversée du parc de Logroño avec l’observation d’écureuils beaucoup trop mimis avant de circuler au milieu des vignes.
2h de papote avant que N s’ennuie de moi alors il hausse le ton et part marcher devant. On se retrouve au pique-nique pour enfin arriver à Najera et son auberge municipale. Ce soir, c’est resto avec Jean et Charles avant de partir dormir dans un dortoir militaire. Bonne nuit.
Mercredi 12 novembre
N : C’est reparti pour 27 km avec Jean, c’était chouette. Après le gîte au-dessus d’une église. Messe. Repas et dodo
Louise : Départ de Najera à 8h pétante, les hospitaliers ou plutôt Jésus a dû avoir une formation militaire parce qu’avec lui l’auberge municipale tourne parfaitement. Les premiers kilomètres sont magnifiques avec un décor tout autre dans une forêt de pins où N tentera en vain de retirer l’épée d'Excalibur coincée en son socle. N souhaite marcher avec Jean alors j’avais le droit à une matinée en musique au milieu des vignes automnales et des milans royaux. Des pas de danse me rendent heureuse et je suis pleinement présente dans ce décor somptueux.
A 10h pause-café de Azofra pour notre premier tostado avec tomate accompagné de Jean, Charles et Mike. Puis plus tard au bar Jacobeo pour le bocadillo aux poivrons où je rencontre Anne-Marie, une française en reconstruction après la perte de son fils, elle est rayonnante. Passage par San Domingo avec la visite de sa cathédrale unique au monde où se trouve un coq et une poule en hommage au miracle du coq. Puis arrivée à Grañon après 28 km. La soirée fut magique dans l’ambiance communautaire de l’accueil hospitalier de la paroisse. Cuisine commune, vaisselle commune et moment de réflexion et d’amour à 21h dans l’église. Merci Salvator, Carmen, Anna, Constance, Michel, Jean, Charles.
Vendredi 14 novembre
N : On est partis avec Constance à 9h du gîte. On a fait 19 km ou 20. Après on est arrivés et on a bien rigolé. J’ai appelé ma mère. Après repas, douche et dodo.
Louise : A 8h30 on comprend qu’il est l’heure de partir : ménage oblige. La journée fut belle dans la forêt. N apprécie énormément Constance donc je suis contente de le voir heureux. On se pose dans un petit bar à San Juan Ortega pour une bonne lasagne où l’on retrouve Michel des Pays-Bas. On reprendre notre route où N escalade des pyramides de bottes de foin avant d’atteindre Atapuerca : village au site archéologique où une mandibule humaine datée de 1,1 million d’années. On découvre un petit gîte Plazuela Verde trop sympa où l’on a des lits superposés avec un rideau. N appelle sa mère tandis que je discute avec Constance qui s'avère être très très sympathique et passionnée. Puis petite danse devant le beau paysage avant de cuisiner à trois et de faire dodo.
Samedi 15 novembre
N : On est partis du gîte à 10h pour 20 km jusqu’à Burgos. Après on a bu un verre, direction décathlon pour de nouvelles chaussures, puis au gîte, repos, repas, douche et dodo.
Louise : Grasse matinée !!! Incroyable ! dodo jusqu’à 8h45. Je suis aux anges. Petit déjeuner posé avant de marcher sur le bitume pour atteindre Burgos. Ce fut long depuis l’aérodrome où nous avons laissé les planeurs nous survoler ; près d’1h30 de ville industrielle. Nous sommes arrivés à l’albergue 🙂 Mais malgré la pluie, nous avons une nouvelle mission : acheter de nouvelles chaussures à N : direction le décathlon et merci au taxi de nous avoir sauvées ! N a maintenant trop la classe avec les zappator rouges. Direction les courses, puis la cathédrale pour une très belle messe. Repas à l’auberge en compagnie de James, 72 ans, 10ème camino… Puis repos pour N et petit verre avec Philippe et Michel pour moi avant le couvre-feu de 22 h. A demain.
Dimanche 16 novembre
N : Jour de pause. Petit déjeuner avec Jean et Charles et Constance. Après repas : pizza, puis repos et ce soir petite rigolade après dodo. Au dîner, je n’ai pas mangé après j’ai pas faim.
Louise : Pas de grasse matinée, ni de pancake pour ce dimanche matin, on doit quitter à 8h pétante malgré le fait qu'on reste une seconde nuit. Heureusement on peut laisser notre sac dans une armoire. N part avec Jean et Charles prendre un petit déjeuner espagnol : chocolate con churros tandis que je pars découvrir la ville par ces hauteurs.
Un superbe point de vue avec une table d’orientation au niveau du château pour une vue plongeante sur la cathédrale. Je les retrouve à midi avec Constance mais les cuisines sont encore fermées, alors on continue la visite de la ville avant d'aller sur le choix de N et Jean, dans une pizzeria… Elles ressemblaient plus à des tartes mais à cinq l’ambiance était tellement très chouette.
14h30 on rentre tous à l’auberge qui a rouvert et c’est après-midi glandouille. On prend soin de nous, on papote avec les autres pèlerins, on goûte, on retrouve l’autre binôme Nadia et M. le temps de la soirée 🙂 Bonne nuit.
Lundi 17 novembre
N : On est partis à 8h45. Après marche avec Jean, Charles était déjà parti. Il a fait 40 km, nous 32 km, c’était chaud. Après on est arrivés au gîte, puis douche, repas et dodo.
Louise : Ce matin, deux options s’offrent à nous : 20 km prévus par le planning Seuil ou 32 km pour rester avec Charles et Jean. N n’a pas hésité une seconde et c’est parti pour une belle journée de marche. On commence à trois avec N et Jean et très vite je discute avec Albert, un habitant d'Andorre.
A midi, on rencontre Tiphaine, une française complètement fada (hyper impressionnante) qui dort dehors avec du matos 1er prix, des palladiums toutes plates pour 50 km de gravier par jour et sans argent !!! 30 mn après je retrouve Jean et N avec Flora, une suissesse qui dort aussi sous tente. On reprend la route à 4 pour arriver à Hontanas et sa confortable auberge municipale où l’on retrouve Anne-Marie. Petit moment de détente où je pars danser au coucher du soleil avant d’aller ouvrir l’église avec un vieux monsieur responsable des vieilles clés de 200 ans !
Trop chouette repas de lentilles en communauté avec deux frères ukrainiens, Jean-Paul d’Autriche, Albert, Anne-Marie, Flora, Jean, N moi et Flora à qui on offre le souper.
La journée fut splendide. Première journée dans la meseta validée !
Mardi 18 novembre
N : On est partis avec Jean à 9h, après on est arrivés au gîte. On a bien rigolé, après on a mangé, douché mais Jean nous saoule pour le magasin. Je ne voulais pas, après j’y ai été mais sans envie. Après on a mangé, j’ai failli dormir sur le canapé mais dans le lit et dodo
Louise : Réveil en douceur où on a la surprise de trouver café et chocolat chaud au rez-de chaussée en descendant. Matinée à marcher seule devant un paysage grandiose et l’observation de daims, rapaces avant de passer l’après-midi à 4 Flora, Jean, N et moi. Il semblerait que Charles ait pris trop d’avance, alors on pense fort à lui et on forme une nouvelle p'tite famille.
Aujourd’hui, c’est record du binôme 34 km 🙂
Au soir, Jean et N nous cuisinerons d’excellentes pâtes à l’ail après avoir été à la bénédiction des pèlerins et d’avoir découvert que mon voisin de table de la veille : Jean-Paul était aussi prêtre ! Le temps est bon sur le camino, on s’y sent bien
Mercredi 19 novembre
N : Nous sommes partis sans Jean, c’était long la journée après 20 km je ne suis pas ko mais après on verra après la pause. Au gîte on se pose. On fait la cuisine. Après dans le lit on rigole avec les autres.
Louise : Ce matin, on sépare la “famille” : N marche avec moi et Jean avec Flora. N s'amuse nettement moins avec moi alors c’est bien, il prend un temps de silence en marchant seul. Il fait froid et on se retrouve à manger dans une petite zone abritée par des pins. On s’arrête dans un petit magasin où l’on fait la rencontre avec Manuel et Sophia qui sont trop sympas et nous réalisent un superbe tampon à la cire.
Après 20 km, on atteint Carrion los Cordes juste après s’être fait doubler par un polonais ayant marché 45 km tel un détraqueur avec son poncho volant au vent.
Arrivée dans l’auberge Santa Spirit d’une congrégation de Soeurs, N s’installe devant des ordinateurs tandis que je fais une sieste réparatrice. Petit passage à l’oratoire pour chanter la chanson du chemin de Saint Jacques en espagnol avant de partager un excellent repas préparé par Jean et N accompagnés par Flora, Albert, Onnun (un coréen). Bonne nuit.
Jeudi 20 novembre :
N : Nous sommes partis à 8h du gîte et c’est reparti pour 28 km. En plus, je fais plus le malin, il fait froid. Je remets le pantalon, les gants, le cache-cou et la casquette. On arrive au gîte. J’appelle Val, après repos, repas et dodo.
Louise : Départ de Carrion où N ne souhaite plus marcher sans Jean. Je les laisse donc à deux et finalement à 3 avec Flora pour ma première journée de marche sans N. Je le sais entre de bonnes mains et surtout il ne veut pas être avec moi : “on est mieux entre mecs, ça me fait du bien de ne plus être trop ensemble”. Matinée sur une ligne droite à écouter un livre-audio avant d’atteindre Calzadillos de la Luze, je tombe sur une française de ma ville de naissance d’Alix. Après-midi à deux ; à moi aussi ça m’a fait du bien !
Arrivée à Terradillos de Los Templarios où l’on découvre une auberge/restaurant magnifique pour la soirée en compagnie de Jean, Flora, James et Jean-Paul.
Vendredi 21 novembre
N : n’a pas écrit
Louise : Aujourd’hui, N doit un peu lâcher Jean, alors retour au binôme. La matinée se passe trop bien à deux. On passe par des petites églises. Le froid rend le paysage magique et les montagnes enneigées du Nord sont majestueuses. On passe par Sahagun pour quelques courses, mais on se pose finalement dans un café à Calzada del Cortes pour pique-niquer au chaud. Retour dans le froid pour deux dernières heures et atteindre Calzadilla de Los Hermanillos à son donativo municipal : 28 km. Il fait glacial mais on retrouve Jean-Paul devant un feu chaleureux. On s’y colle tous et je cuisinerai avec Jean pour nous quatre. Au soir, j’aurais mon tout premier câlin de N,un moment de complicité dont je me souviendrai ! Je m’engouffre dans mon sac de couchage, tandis que Jean et N déplacent leur matelas devant le feu.
Coucher à 21h30 : demain record des binômes Seuil de Célestin à battre : 44 km.
Samedi 22 novembre
N: Salut, je suis fatigué physiquement et mentalement après je pense résister. Je suis fort, on a fait plus de 1000 km. Il nous reste au moins 340 km pour Santiago. Après ça va. On a passé la meseta. Il nous reste un jour dedans après cela pas question de refaire du plat, c’était tout plat, mais les 44 km c’était chaud. J’ai eu mal aux jambes, après j’ai dormi. Après c’est jour de repos. Incroyable et même on nous dit de sortir de trois magasins où je peux pas regarder. Je dois acheter. C’était ch… Après ça j'ai fait une visite d’une chapelle gratuite, c’était cool.
Louise : Réveil à 6h12 du matin, départ à 7h pétante pour notre première marche dans la nuit. N a peur mais avec sa lampe frontale et situé entre Jean et moi, il arrive à s’émerveiller des constellations tout en cherchant des monstres dans les champs.
Vers 7h15, les lueurs s’orangissent c’est de toute beauté, nous sommes subjugués. Il fait -3°c on est équipés en bonhommes de neige. Le givre recouvre tout le décor et N joue avec les flaques d’eau gelées. On avale les kilomètres et après 25 kilomètres nous atteignons Mansillas à 12h15. On entre dans un café très austral et on découvre avec bonheur que, comme à Grenade, pour une boisson achetée, une boisson est offerte.
Après 1 heure de reprise d’énergie, on réattaque pour les 19 “derniers” kilomètres. On joue au lièvre et la tortue avec Albert, au loin, on aperçoit “Léon”. Arrivée à l’albergue San Francisco d’Assisis, on l’a fait, 44 km ! Respect Jean, respect N ! !
Accueil chaleureux par Frère Frédérico et Frère Félix ! Dinguerie : Frère Frédérico connait Père Mauro de mon service européen à Palerme. Dans le quartier de Danissini le monde est petit.
Retrouvailles le soir pour des verres et des tapas en plein cœur de ville cuisinés avec Charles, mais aussi Constance, Albert, Jean et N ! Sympa le bar El Gaucho avant de finir au kébab après tous ces efforts ! Bonne nuit 🧡
Dimanche 23 novembre
N : n’a pas écrit
Louise : Jour de repos à Léon. N veut rester avec Jean. Je pars donc visiter de mon côté la ville en goûtant les churros au chocolat. L’ambiance est très chouette et les bâtiments très beaux, comme la maison du dragon de Gaudi, les murs historiques de la ville et des anciens monastères. Rendez-vous à 12h à la cathédrale où la messe a lieu dans la chapelle sur le côté. Pour y accéder, nous passons par le majestueux cloître et je retrouve toute “la famille” pour un beau moment de sainteté : Constance, Jean, N, Charles, Albert et Frère Frederico.
A midi, N souhaitant toujours pas quitter Jean, je pars manger avec Constance, puis repos à l’auberge avant d’aller se détendre à la piscine d’un hôtel avec Constance et de passer la soirée à deux. Ça fait du bien de pouvoir parler ouvertement sans N à côté surtout après l’ultimatum que j’ai dû lui mettre dans l’après-midi dû à son comportement intolérable à caractère sexuel. J’espère que demain ira mieux pour lui et notre binôme. Cette journée presque off m’a fait un bien fou. Merci à Constance
Lundi 24 novembre :
N : On a marché 20 km avec Albert et Jean. Arrivé au gîte, douche, blog puis repos.
Louise : Départ sous la pluie à 8h avec Jean et Albert. La route au bord d’un axe rapide avec le passage des 38t toutes les 2mn a rendu le chemin pas terrible. Je l’élirai même partie la plus moche depuis le Puy !! On s’arrête dans un café pour le midi, quelques boissons et tapas avant d’atteindre l’albergue municipale de Villadangos del Paramo accueillis par Sergio et Valentin, les hospitaliers “Repos” avec N qui nous fait un concerto aérophagique et qui prend le lit superposé pour un trampoline. On ira prendre l’apéro dehors avant de partager le repas “maison” à 4.
Encore une fois, quelques pas de danse au coucher du soleil m’ont rappelé la beauté du chemin sous toutes ses façons
Mardi 25 novembre
N : Nous sommes partis à 8 h du gîte, après on est partis à l’aventure, à mon avis et depuis deux mois ah ah. On est partis de l’albergue et on a marché avec Richard toute la journée. C’était amusant. Après le repas, pause et au lit et dodo. Demain encore une autre journée
Louise : Jean-Jean est tendu ce matin, on le sent fatigué. Il part sans nous prévenir, alors au plus profond de moi, je lui souhaite un “buen camino” car je sens qu’il va reprendre son chemin.
Hier soir, nous avons fait la connaissance de Richard, un français passionnant. N lui propose de marcher ensemble et nous voilà à 3 devant le lever de soleil avec les montagnes au loin. Petit pique-nique au soleil avant de se les “peler”, rencontre avec des veaux trop mimis mais surtout passage par un donativo de hippies., des couleurs, des graines, des chiens, des fruits, de l’art : une pause où l’on s’y sent bien !
Arrivée à Astorga d’un charme fou où l’on mangera au restaurant à 3 pour finir en beauté cette nouvelle rencontre.
Mercredi 26 novembre
N : Je suis parti à 8h du gîte et arrivé à 16h à l’auberge. Après on a bien rigolé J’ai fait un Uno avec des espagnols. J’ai gagné 2 fois sur 3 parties. Après on a préparé le repas. J’ai fait la vaisselle avec le coréen et dodo mais on re-dort avec le Brésilien qui crie en pleine nuit. Je vais “l’étouffer” après je vais avoir froid forcément.
Louise : Dorénavant, c’est N qui ne veut pas partir sans Richard, mais Richard, après le café/viennoiseries, prend son temps, alors on commence à deux avant qu’il ne nous rattrape. Chouette matinée à papoter et à prendre en photo les bornes et les croix avant d’atteindre un magasin/jardin. S’y trouvent Albert et Jean. Jean nous annonce vouloir reprendre sa route seul, alors cette fois-ci c’est de vive voix que je lui souhaite un “buen camino”.
Richard veut faire 40 km, alors on se dit aussi au revoir, N veut marcher seul. Après-midi à marcher en silence à côté d’Albert, un beau contemplatif.
Nous atterrissons à l’albergue Le Foncebadon avec Riccardo L'ambiance à 14 est au rendez-vous et notre hôte est un vrai numéro. Repas communautaire. Vaisselle communautaire ou retrouve l’ambiance de Granon. Faites de beaux rêves !
Jeudi 27 novembre
N : Je suis parti à 8h40 du gîte, petite musique pour démarrer. On rigole avec le gîteur, cette nuit le brésilien n’a pas crié, on a mis du scotch sur sa bouche avec Carlos. Après nous sommes partis tous ensemble du gîte jusqu’à là-haut. On a mis une pierre avec un bracelet français autour de la pierre pour ma mère qui a marché avec lui. Puis une photo et c’est reparti. J’ai vu une mer de nuages. J’ai kiffé. Je me suis allongé dans l’herbe. Après Charles m’a rejoint en route. C’était magnifique. J’ai adoré. Je recommande d’aller le faire. C’est super. Allez. Bisous les paupiettes.
Louise : Réveil à 7h pour être à l’heure au petit déjeuner de notre hôte Ricardo à 7h15. Pourquoi tant de précisions dans les horaires parce qu’un spectacle magique nous attend : le lever de soleil à 1400 d’altitude ! Les couleurs du ciel en reflet sur le sol givré et ses forêts de chênes sont sublimes. Nous atteignons le col à 1504 m où se situe “La Cruz de Ferro”, lieu emblématique où chacun dépose une unique pierre de la taille de ses péchés : une pyramide s’offre à nous ! Nous continuons sur les hauteurs avant de se retrouver de l’autre côté du massif pour un autre spectacle magique. Une mer de nuages. Peut-être la plus belle partie du camino !!! Petit café au beau village d’El Acebo avant de passer sous les nuages et de découvrir d’autres très beaux villages. Rencontre avec une autre française Aurélie et Thierry, sur le chemin retour pour une association “km 4 hope”.
Après 27 km, on atteint Ponferrada et son magnifique château médiéval. Sans succès pour des coiffeurs dispo pour N alors Shrek devant le repas avant de se reposer. Merci à Albert pour nos pieds. Bonne nuit.
Vendredi 28 novembre
N : Nous sommes partis à 8h du gîte et Bruno a bu une bière à 7h50, c’est un fou, mais drôle. Après la vue c’était trop beau. Après repas au restaurant : burger patatas. C’était bon après 2 heures de marche visite du gîte et d’un cimetière.
Louise : Aujourd’hui, il fait froid. Nous sommes emmitouflés dans nos tours de cou, bonnet et veste. Matinée à papoter avant qu’un nouveau froid s’installe entre nous. N a faim alors il revient vers moi et on se fait un bon petit resto à midi pour se changer les idées. Velouté de carottes pour moi ; quoi de mieux pour réchauffer le corps et le cœur. Après-midi au milieu des vignes avant d’atteindre une albergue historique du chemin à Villafranca : Ave Félix ! 4 hospitaliers nous accueillent dont deux français : N est aux anges. Il peut enfin re-partager toutes ses bêtises les plus folles. Je pars explorer la ville, ses ruelles, ses habitants et sa basilique. A 20h, repas commun où l’on retrouve Albert et l’on rencontre Giovanni un brésilien, Juliette une française et nos hospitaliers. L’ambiance est bon enfant au coin du feu, et me fait du bien après cette matinée difficile. Bonne nuit.
Samedi 29 novembre
N : Nous sommes partis de l’auberge à 8h pour 15 km ou 20 km, c’est ch…, mais bon après on rigole bien. Les gîteurs sont sympas mais des fois casse-pied à mon goût. Après c’était bien on a fait un Uno avec une italienne, un argentin et sa pote, un Allemand et un brésilien, c’était bilingue mais drôle. L’argentin râlait. J’ai gagné deux parties. Après Le repas incroyable et la flemme.
Louise : Départ au lever du soleil, on a une grosse journée devant nous 28,8 km et beaucoup de dénivelé. Nous passons la matinée à longer la route nationale à côté de l’autoroute alors je propose à N d’écouter des podcasts dans ce décor un peu nul : l’attentat du Bataclan pour lui (chacun ses goûts) et 1984 de George Orwell pour moi (en livre audio). Arrêt cola cao (chocolat chaud) à Pereje après 1h où la pluie se met à tomber ardemment.
On reprend la route, nous sommes trempés, alors pique-nique au chaud à la postela de Vacarce pour se sécher un peu avant de continuer dans une forêt boueuse.
Petit stop à La Faba dans l'atelier d’un habitant qui nous abrite pour un thé chaud avant d’atteindre la Galice avec une très belle montée avec vue dégagée jusqu’à O’Cebreiro.
Ce soir, aucun magasin d’ouvert c'est resto burger après une très belle messe des pèlerins dans ce superbe village de pierres. Bisous.
Dimanche 30 novembre
N : Nous sommes partis du gîte à 8h et on est arrivés à l’autre à 17h avec Carlos et Pablo. Ils ont pris un autre gîte pour manger et nous, la municipale. Après le café, le repos. Après-midi cool. Je dors comme un bébé après le repas. Alors à 23h pas encore couché. Soirée longue et dure
Louise : Aujourd’hui, la pluie n’est pas prévue pour notre plus grand bonheur. Seulement 20 km au programme. Matinée splendide dans une forêt givrée. Après une belle côte, on a atteint Padornelo pour se poser au chaud au café. N est une fois de plus absorbé par l’écran alors je le laisse prendre son temps. Nous rattrapons alors Carlos, Uve et Albert.
On marchera toute la fin de l'étape avec Carlos et Uve ainsi que Daniel qu'on rattrapera. Chouette discussion de voile avec Capitaine Carlos, un skipper professionnel et discussion plus profonde avec Uve qui est en changement de vie familiale. A 14h30 après plusieurs beaux villages tels que Viduedo et son arbre de 800 ans, on arrive à notre destination du jour : Triacastela. On est dimanche, tout est fermé alors restaurant à midi et restaurant le soir à 100 m de notre auberge municipale où j’aurais la chance de faire une incroyable sieste réparatrice de 1h30. J’ai encore envie de dormir alors faites de beaux rêves.
PS. Une biche avant d'aller dormir est passée sous la fenêtre, quoi de mieux pour rêver !
Lundi 1er décembre
N : La journée commence dure. Je suis fatigué physiquement et moralement, le seul truc qui me donne le moral, c’est les appels avec ma mère et avec Valérian, Juju, mais bon c’est bientôt la fin.
Louise : 2 options s’offrent à nous : 2h à 17 km. Hier, N s’est un peu ennuyé en arrivant trop tôt alors il est parti pour 24 km. La météo fut bien plus clémente : 10°c, soleil/nuages et luminosité splendide.
Matinée qui commence en papote et … finit en froid après 30 mn. Je crois que N a hâte de rentrer, tout semble l’énerver. Chacun de notre côté on atteint Sanos et son majestueux monastère. C’est pause-café et j'apprends que d’ici 1h, il y a une visite. Je rencontre une pèlerine japonaise au café et comme N ne veut pas jouer, me voilà à discuter les règles du domino en attendant la visite. A 12h, un moine nous accueille et nous fait découvrir ce lieu magique dans lequel il y est depuis 27 ans. Le cloître est grandiose et le petit groupe que nous sommes ravi : Daniel, Charles, N, la japonaise et moi, N marchera toute l’après-midi avec David, tandis que je m'émerveillerai avec ma musique dans les oreilles. Que ce chemin est beau même si ce n’est pas vraiment facile tous les jours. Sarria, auberge municipale, on retrouve tout le monde pour un repas micro-ondes. Que la famille des pèlerins est chouette. Bisous.
Mardi 2 décembre
N : Super journée, petit appel avec Célestin. Je ne vais pas vous mentir, je n’étais pas dans un bon monde. Je râlais pour rien, mais c’est passé. Après, marche solo. Je réfléchis après avec Carl s et une blindaxe c’était drôle et des chiens, c’était chaud. Arrivés au gîte, on se fait plaisir, petite chambre en solo, télé, un vrai lit et pas un lit sale d’hôpital et gros sommeil. Le réveil va être compliqué.
Louise : Nous quittons Sarria en passant par le château historique dont il reste surtout une tour. Après 1h de papote à deux, N est de nouveau dans la régularité du chemin et la critique. Cette fois-ci, ce n’est plus possible, j’appelle notre responsable Célestin pour que discussion ait lieu. N semble avoir finalement apprécié la discussion malgré son refus catégorique au début d’appel. Néanmoins, cela ne change toujours rien à notre relation qui est unidirectionnelle. Je l’écoute quand il veut parler mais chaque mot de ma bouche est pris comme une attaque. Du coup, ce sera une fin de matinée en silence avec de mon côté l’appel d’une amie pour me changer les idées. Après la pause midi, marche en silence à deux jusqu'à la borne 100 km à Portomarin sous une belle drache pour une soirée tout confort dans une belle chambre de lit simple avec télé et Bob l'Éponge pour N. Bonne soirée
Mercredi 3 décembre
N : Réveil dur mais j’ai bien dormi, après préparation du sac et le petit déjeuner. Après on part, on traverse un pont magnifique. On est partis à 9h15 et on a rattrapé tout le monde. J’ai revu JuL. Il avait oublié sa crédenciale. Il a été la rechercher, après on a marché, rigolé et là un chien énorme et magnifique nous fixe d’un regard méchant et là il trace sa route, c’était drôle. Arrivés au gîte et borbec avec Jul et Charles et la japonaise, c’était bon. J’ai fait des patates au bouillon, c’était bon, après douche et au lit.
Louise : Départ à 9h ; il est dur de quitter son lit douillet. Il faut croire que la discussion de la veille n'a pas trop eu d’impact puisque N me répète en boucle que je devrais supprimer toutes photos de lui dans mon téléphone et nous n’aurons plus aucun contact. Contradictoire avec le fait qu’il veut continuer le chemin jusqu’au bout mais soit ; je lâche prise, pars devant avec musique aux oreilles pour me détendre. Je découvre de superbes ruines du château de Portomarin datant du II avant J.C
La Galice est verte et humide et je m’émerveille devant les oiseaux et chiens de ferme présents par dizaine. N s’est fait un nouvel ami Julien, un français tant mieux. Arrivée à 16h à Palas del Rei où ce sera après-midi/soirée barbecue avec notre famille du chemin : Carlos, Uve, Michelle, Christine, James, Charmi (la japonaise), Charles, Julien et N. Chouette ambiance, beaucoup de rires, de danses et d’amour. Bonne nuit.
Jeudi 4 décembre : Arzua
N : Coucou, je suis fatigué mentalement et physiquement, mais on arrive bientôt à Santiago. Je pars avec Julien et Charles, puis on part boire un café, un gâteau et on part.
À leur arrivée au gîte, ils se sont fait plaisir les gars. On boit un verre après un film avec Julien et Charles, bonbons, chips, coca. A minuit dodo frère.
Louise : Réveil rude dans notre auberge municipale où les néons s’allument automatiquement à 7h pétante. Pour changer, il pleut… Il faut s’habituer à cette météo galicienne. N veut marcher avec Julien, alors je les laisse entre hommes et marche seule. Cela me fait du bien même si cela ne règle pas le problème de communication de notre binôme. Je l’attends à Melide dans une pizzeria, après avoir traversé une superbe forêt remplie de champignons et le très joli village de Furelas.
1h20 après, les voilà. Ils sont rincés.
Après avoir repris des forces, on reprend la route à trois, mais leur rythme et leurs discussions ne m’enchantent pas, alors je reprends les devants et rattrape Charles avec qui j’aurais plaisir à marcher.
Nous arrivons à 17h20 à une super auberge avec de vrais draps “Via Lactea”. N et Julien me rejoindront à la messe des pèlerins à 18h juste dans les temps. Petite douche avant un verre de l’amitié avec Michelle, Albert, Chiho, Julien et N avant une soirée pâtes au pesto à l’auberge. N regardera un film à la télé avec Julien et Charles
Deux jours avant Santiago.
Vendredi 5 décembre
N : Réveil dur, drôle avec des gaz puants, c’est affreux. J’ai failli vomir. Après le petit déjeuner on part. On marche sous la pluie. Nul. Arrivés au gîte, on se pose, on boit un truc et au lit.
Louise : Départ d'Arzua seule. N veut de nouveau marcher avec Julien. Seulement 13 km au programme, mais une journée de nouveau très pluvieuse. Je retrouve très vite Albert, Chiho, James sur la route. Chiho me fait rire avec son parapluie de pèlerine, James avec ses chansons et Albert, son catalan. La journée se passe très bien et N ne me contacte pas alors je le laisse tranquille avec Julien. J’arrive à 14h à l’auberge de La Porte de Saint Jacques et N débarque seulement à 16h30. Il est au bout de sa vie. Il râle pour tout : les explications de notre hôte, les lits, la pluie… Je lui demande si ça va aller et là c’est l’explosion. Journée de m…..avec la pluie, les problèmes personnels de Julien à 50 % au téléphone, “que je l’ai lâché seul avec lui” !! C’est le parfait moment pour communiquer et lui dire que c’était son choix, que j'étais là au téléphone comme prévenu… mais rien n’y fait, c’est l’explosion. Célestin, responsable de marche, au téléphone n’arrive pas à le calmer, résultat il prend la fuite et va au bar retrouver Julien… Je suis révoltée, je suis coupable peu importe la situation. Seul moyen de me détendre, je pars courir sous la drache. Demain est un autre jour, on verra bien.
Samedi 6 décembre
N : Aujourd’hui, arrivée à Santiago, mais on ne s’emballe pas. Je débute avec Julien et l’après-midi tout seul. Arrivée à Santiago. Super beau, compostella, gîte. Dans le lit, la télé et pour bouger après au bar, on rigole. Je rentre, Louise rentre à 1h, la nuit et la fête, ça va. A demain.
Louise : Ce matin est important pour notre binôme… N ne veut pas marcher avec moi et me demande de l’argent pour aller au café et marcher avec Julien. Je lui dis “oui” en échange d’une communication qu’il refusera catégoriquement en prenant la fuite vers Julien. Message à Julien pour lui dire que je le rembourserai s’il fait des dépenses pour N et surtout pour lui demander de laisser N marcher au minimum 1h seul pour processer l’arrivée jusqu'à Santiago. Je suis triste, mais pour lui montrer que je suis quand même là pour lui, je prévois de l’attendre 4 km avant la fin. Finalement après 8 km, Julien m’envoie qu’il a laissé N et qu’il aimerait finir seul. J’attends donc N à la borne km10. Pas de réaction spécifique de sa part, comme si rien ne s’était passé. Seulement, après 3 km, tout éclate ! Je suis de nouveau coupable d'empêcher N de marcher avec qui il le souhaite, suite à mon message à Julien, comme c’était le cas avec Jean. Je m’en prends plein la face pour finalement prendre les devants et pleurer d’une situation que je ne peux pas contrôler et qui me blesse énormément.
Les pleurs d’arrivée à Santiago ne sont pas ceux que j’espérais, mais ils sont là et font partie intégrante de cette marche qui me retourne humainement.
Je laisse tout couler, les gouttes de pluie sans ma capuche se mêlent à ces larmes d’émotion. C'est y est, la voilà la cathédrale. Je trouve mes amis Chiho, Daniel, Carlos, Christine et Uve. Je veux être seule alors je les laisse partir à l’office des pèlerins et je reste plantée là, devant cet édifice majestueux et sous cette pluie ruisselante.
15mn après, N arrivera à son tour. Comme à son habitude, comme si rien ne s’était passé, toute communication est impossible et pas souhaitée pour ce moment unique.
Après 3 mn de silence “il est où l’hôtel ?”, nous partons d’abord récupérer nos diplômes de crédentiale où Roberta notre bénévole me donnera le sourire. Un échange simple avec un sourire d’un “Bravo” sera partagé avec N.
Les souvenirs lui attirent l'œil ; Roberta et son discours sur nos 1515 km, un peu moins. Arrivés à notre hostel, nous avons une belle chambre avec lits jumeaux, bruyante car vue sur le haut clocher de la cathédrale.
En 2 mn, la télé est allumée et N avachi. Je ne veux pas rester là, alors je pars rejoindre des pèlerins dont Albert et Giovanni pour un café. Je ne sais pas si c’était la meilleure idée mais ça me change les idées.
Repos à la chambre avant de rejoindre toute la famille au restaurant avec N. L’ambiance est festive, ça me fait du bien. N souhaite rentrer mater des séries. Les coña con limone sont bonnes et les chupitos aussi.
2h, je suis fatiguée, il est l’heure pour moi de rentrer dans notre chambre, mais ce fut une belle soirée. Bonne nuit.
Dimanche 7 décembre
N : Réveil à 10h. A 11h encore dans le lit. Je suis resté au gîte toute la journée. On boira un verre avec Jean et c’est tout
Louise : Réveil à 12h, les émotions de la veille et le coucher nocturne de la fête m’ont nécessité 10h de sommeil. N est réveillé depuis 1h et souhaite continuer la journée devant la télé.
Après 1515 km et jour de repos, c’est mérité. Je prends la direction de la lavanderia. En allant chercher de la monnaie, je tombe sur Charles dépité qui est rentré de la soirée sans son téléphone.
Après avoir prévenu N qui souhaite rester au sec, nous partons à la chasse au trésor du téléphone avec la géolocalisation de son frérot. On arrive dans une zone de jardin partagé miteux. 1h à fouiller, mais rien de rien, malgré nos tentatives de fouille dans une cabane de rescapés. Finalement après un énième appel au frangin, la localisation du téléphone a bougé. Il serait au commissariat. On fonce là-bas, non l’autre commissariat etc… il est là !
Que d’aventures.
Je retrouve N qui n’a pas bougé d’une semelle. Avec la pluie, il ne veut pas sortir, alors il mange ses pâtes au micro-ondes que je lui ai achetées la veille. Je ressors pour un durum falafel et me repose enfin avec du linge propre.
A 19h, on retrouve Jean, N est heureux, mais l’écran de la télé du bar le rendra taiseux pour cette soirée de retrouvailles.
22h, je suis épuisée. Retour à notre hostel où N me fera découvrir son film préféré du moment Démon Hunter. Bonne nuit.
Lundi 8 décembre
N : Ce matin, on a pris un verre avec Pierre et Y et j’ai fait un foot avec Y. C’était drôle. Il joue bien. Après la messe Botafumeiro. Super. Au gîte, on mange avec Constance des churros. Après au gîte et grosse pause. Le soir, un verre avec tout le monde et au lit.
Louise : Ce matin, on a rendez-vous avec un autre binôme Seuil Pierre et Y à 9h30 pour un chocolat chaud. Rencontre très sympathique avec ce duo et leur petite famille des trois dernières semaines. Je me rends compte que nous n’avons pas du tout vécu le même chemin. Je ne sais finalement pas si ça m’a fait tant de bien malgré leur gentillesse.
A 10h30, direction la cathédrale pour voir l’évènement tant attendu, le Botafumeiro. C’est le jour de l’immaculée conception et en Espagne, ils ne font pas les choses à moitié, on se croirait au théâtre.
Ha ha ! On retrouve plein de pèlerins du monde entier qu’on a croisés en France et en Espagne il y a un mois, deux semaines ou trois jours. C’est la beauté du chemin.
On va se réchauffer et manger à l’hostel avec N avant qu’il ne retrouve Julien, puis à deux Constance et Alix au mercado.
Je suis épuisée, je les laisse à trois pour des churros et je rentre me poser au gîte. N me rejoint pour regarder une série.
A 19h, on a rendez-vous avec des amis, mais je laisse N y aller seul, j’ai besoin de repos, de faire les comptes et d’écrire le blog. Bonne nuit.
Mardi 9 décembre
N : Aujourd’hui, c'est mort. Je dis stop mais je vais à Fisterra et pour finir j'ai mal à la cuisse. Je ne sais même pas pourquoi 😔Je suis de mauvaise humeur tout le temps, on dirait que j’ai mes règles. Alors que je suis un mec, mais bon Santiago, demain c’est fini on part après c’était cool, mais quand tu connais, c’est ch… Tu fais rien. Après on boit un verre avec Nadia et ses potes pèlerins, M, Chloé, Anne-Marie. Après gîte et au lit
Louise : Nous devions partir ce matin pour Fisterra, mais les averses matinales en ont décidé autrement.
Matinée film One Piece avant qu’une communication ne soit tentée de mon côté pour poser des mots et émotions sur ces derniers jours. Communication refusée. Je sors appeler Célestin, la mère de N pour comprendre mais rien n’y fait. Je retente auprès de N mais je me retrouve de nouveau face à un mur mais qui envoie des balles perdues sans aucune explication. Je suis dépassée. Je pars écouter de la musique sur la grand’place face à la cathédrale et tombe par hasard sur M et Nadia, ainsi que Philippe et Anne-Marie. Quelle chance et joie de retrouver ses amis pèlerins à leur arrivée ! Je les quitte et là j'explose en sanglots. Qu’ai-je mal fait pour arriver à une telle relation avec mon binôme ? Je cherche une fois de plus des réponses mais sans communication, aucune solution. Je suis à bout. Je n’ai jamais pleuré ainsi en dehors de relations amoureuses et fraternelles.
Je ne peux plus continuer ainsi, c’est décidé. J’arrête. Après un appel à Célestin tardif.
Nous verrons les options qui s’offrent à nous dans les jours à venir pour un logement pour N. Je lui annonce que je souhaite rentrer les yeux en pleurs, aucune réaction de sa part, fixé à son Bob l'Éponge.
Impossible pour moi de rester dans cette chambre et de le voir avachi avec chips et chocolat devant ses dessins animés tout en ayant rien à faire.
Demain, on prend la direction de Fisterra, en attendant un rapatriement. Je préfère encore être en mouvement. Bonne nuit.
Mercredi 10 décembre
N : Aujourd’hui, c’est peut-être fini s’ils trouvent une famille d’accueil. Je rentre et finito pépouze. Après j’en ai marre de marcher. Je suis fatigué et j’ai mal aux jambes, donc c’est fini après l’arrivée à Fisterra. C’est bien, marcher ! non moi. Journée plutôt pas mal. J’ai mangé un burger, churros et au lit.
Louise : Départ pour Fisterra; Nous marchons à 100 m de distance les deux premières heures. Puis N demande un colacao. La discussion reprend. Je l’écoute me parler de GTA pendant 1h de marche avant un autre café dans le village de Ponte Maceira devant une rivière puissante et son pont historique, la nature est belle. N a l’air heureux. Je prends conscience qu'il a hâte de rentrer, qu’il attendait que je craque. Je cite : “oui mais c’est pas moi qui prends la décision de rentrer… “ La motivation pour cette marche n’était peut-être pas les bonnes. Mais il l’a faite : bravo à lui.
Nous atteignons Negreira vers 14h pour un burger/frites avant de retrouver Charles pour un café et de rejoindre l’auberge.
Soirée : jeux sur téléphone à deux joueurs. Bonne nuit.
Jeudi 11 décembre
N : Nous sommes partis à 7h40 du gîte dans le noir, c’est chaud dans le noir mais facile avec la lampe frontale. 8h le jour se lève et en vrai c’est beau mais demain la mer Fistera, ça va être cool et beau ; on verra demain. Surprise. Le gîte est trop nul et on prévoit l’autre. Après avoir bien dormi et réveillé à 7h30. On a mangé au resto avec Charles et Louise et après au lit.
Louise : Réveil à 7h15 pour une longue journée de marche qui nous attend. Il fait nuit noire et nous traversons une forêt à la lampe frontale. N a un peu flippé, c’est mignon. Il me demande s'il y a des loups, mais on risque plus de tomber sur des sangliers. La brume et le soleil nous offrent un lever de lumière magique.
Aujourd’hui, j’ai la flemme de faire des efforts pour l’écouter alors que lui n’en fait aucun pour communiquer. Alors une fois le soleil levé, je pars marcher à mon rythme.
Après 2h de silence, quelle joie ! Je m’assois face au paysage avec ma carte de Santiago. 30 mn passent et toujours rien. Soit il a arrêté, soit il traîne de la patte. J’appelle Charles qui me dit qu’il le voit au loin et qu’il marche à 2 à l’heure sûrement dans l’idée d’attendre Charles pour marcher avec lui. Dommage Charles ne souhaite pas non plus marcher avec N mais en silence. Je retrouve N à une boulangerie 2h plus tard pour le midi, mais reprends ma route seule pour l’après-midi. A 15h, je l’attends dans l’herbe et il s’empresse de me demander d’appeler Célestin pour ne pas marcher demain. Forcément c’est plus compliqué seul qu’accompagné.
Vendredi 12 décembre : Fisterra
N : Alors aujourd’hui c’est Fisterra 35 km c’est chaud. J’ai mal aux jambes, mais je vais le faire. Je l’ai fait et c’est bien Fisterra, c’est beau et grand, mais la mer c’est magnifique. J’ai vu un gars qui parle français, après j’ai bien rigolé avec. Après un verre avec Charles et au gîte, je me pose dans le lit. J’appelle ma mère et après achat et au lit pour un bon dodo.
Louise : Réveil dans ce très beau village où N ne souhaite pas marcher mais comme il ne veut pas perdre Charles, il décide de se motiver. Petit déjeuner au café à l’angle de la rue avant de démarrer 40 mn à deux dans la nuit étoilée. N traîne les pieds alors je lui dis que je vais avancer et qu’on se retrouvera à 12h30. 13h sur la première plage de notre périple de deux mois et demi.
Dans le village de Cée à la sortie de la forêt. J’y arrive à 12h et me pose sur le banc. 1h passe et pas de N à l’horizon. 2h passent et je commence à me poser des questions. J’appelle Célestin et lui explique la situation : Charles l’a dépassé il y a 1h mais il devrait largement être passé. J'attends une troisième heure avant de prendre la décision de reprendre la route car mon intuition me dit qu’il avait envie de continuer de me faire ch… comme il a envie de rentrer.
C’est ainsi que la dernière étape pour atteindre l’océan et Fisterra se fera dans le stress, la colère, et l’incompréhension d’un tel acharnement. Je n’ai pas eu tort. Malgré notre rendez-vous très clair, N a trouvé ça cool de me contourner pour me montrer qu’il peut être encore plus “cool” avec moi. J'atteins donc la fameuse plage de Fisterra à la tombée du jour après un appel de Charles me disant avoir repéré le loustic dans la ville.
Heureuse d’atteindre le bout du monde mais dans quel état ! L’auberge municipale était fermée nous allons à l’Espinal et je suis désolée pour les autres pèlerins à qui je ne montrerai pas mon état des jours meilleurs. La messe de 18 h avec chorale sera magnifique et j’irai me détendre à 22h devant les vagues s’écrasant sur les voiliers. Bonne nuit
Samedi 13 décembre :
N : Aujourd’hui, nous sommes sortis à 7h50 du matin. On passe la journée avec Charles pour les au revoir et vers 15h on décide de partir pour Muxia.
On arrive, on rentre dans le gîte et au lit. Télévision Bob l'Éponge et dodo.
Louise : Réveil tranquille dans notre auberge où nous laisserons nos sacs toute la matinée pour aller explorer le Finistère et atteindre le km0 et son phare du bout du monde. La météo est grandiose et notre dernière matinée en compagnie de Charles trop chouette devant ce paysage marin. Petit resto pour se dire au revoir avant que N se décide finalement à marcher jusqu’à Muxia pour finaliser en beauté la marche. Nous partons donc à 15h30 pour 3h de marche jusqu’au village de Liner. Le chemin historique nous fait traverser de très beaux villages et forêts.
On atteint le très beau village de Oliveira à 16h. Des horreos dans tous les sens, c’est très beau en pierres du pays. Les cuisines espagnoles ouvrent tard, alors restaurant à 20h à trois avec Charles pour un très bon menu du pèlerin.
Après ça, c’est l’heure du dodo. Demain on verra bien.
Dimanche 14 décembre :
N: Aujourd'hui on est partis à Muxia. C’est beau. On visite, on mange. Le phare est petit mais stylé et après on prend le bus pour Santiago, puis gîte et dans le lit et dodo
Louise : Dernier jour de marche. N a trouvé une famille d’accueil pour la fin de semaine. Et quelle journée ! Nous sommes en short, tee-shirt à la limite de mettre de la crème solaire et le chemin est superbe. On croise les rares pèlerins de la saison et rejoignons Muxia vers 14h. Resto au café du coin pour N, pas d’option vêpres pour moi et direction le k0 et le phare. Surprise, il y a un superbe sanctuaire ! Les vagues sont déchaînées et je rencontre David, un guide, qui me raconte la légende du navire où la Vierge Marie aurait été vue par Saint Jacques. Mais surtout, il nous propose de rentrer à Santiago avec son bus de touristes. N a hâte de retourner en ville, alors je m’imprègne vite de cette atmosphère marine avec les 20 minutes imparties.
Merci David pour cette invitation, retour N a adoré avec la conduite GTA de ton chauffeur fonceur !
On retrouve la chambre d’y il y a 4 jours. N l’avait adorée. Petite masse de 13h avant de finir la série One Piece sur Netflix. Bisous
Lundi 15 décembre : Santiago
N : Santiago c’est trop. Bon moi j’ai plus d’argent de poche. J’ai acheté des cadeaux de Noël pour tout le monde. Après au gîte on mate un film et au lit à 12h du matin. Demain, le bus à 11h pour rentrer en France.
Louise : Réveil tranquille pour ce dernier jour à Santiago. N veut faire du shopping pour lui et pour Noël. C’est parti pour un max de boutiques de souvenirs. A 12h, petite pizza avant d’aller siester.
15h, on va faire les courses pour le long périple qui nous attend demain puis on rentre à la chambre pour Bob l'Éponge et des cartes postales pour moi. Nous restons profiter une dernière fois de la ville avant de rentrer manger avec N et mater Spider Man avant de dormir. Bisous.
L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %.
Le reste est financé par vos dons
(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme
mais permettent réellement de financer leur marche)
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Bonjour N. :-)
Bravo à tous les 2. Je vous suis depuis le début. Vous m'avez fait rêver tout au long de votre chemin pas toujours facile mais très inspirant.
Un coucou à Louise qui a consacré quelques semaines de sa vie pour t'accompagner.
J'espère que tu garderas un beau souvenir de cette aventure hors-norme.
Ciao
Patricia
Hello Nxxx et Louise.
Tellement content d’avoir croisé votre route et d’avoir fait votre connaissance.
Bravo pour votre courage, c’est un exploit d’avoir parcouru tout ce chemin.
Vous êtes presque à Compostelle 🙏
Buen Camino
Bonjour Nxxx et Louise
Trop heureux de vous lire depuis mon départ
Courage a toi Nxxx et à Louise (paupiette ;-)) bien évidement
je n ai eu de cesse de promouvoir l'association et votre engagement
Bravo et à très vite (why not à Paris ?)
Hugues ........ du 19 au 21 octobre
PS Noxxx je n'ai absolument pas perdu aux Echecs !! Nous ne pouvions plus bouger.....et j'avais fini ma biere ;-)
Coucou N. C’est maman et p’tit frère e tonton 😊juste un p’tit message pour te dire qu’on est très fière de toi et du chemin parcouru j’ai pu faire un p’tit séjour avec vous et franchement chapeau à tout ce qu’il le font et je ne c’est pas quoi te dire de plus à part fonce mon fils on est tous derrière toi tu sauras de qui je parle profite à fond on t’aime ❤️
Après être rentrée chez moi je lis le carnet de route de Nohxx et Louise que j’ai eu la chance rencontrer sur mon chemin. Un jeune garçon extraordinaire qui a mis du soleil dans nos journées pluvieuses. Bon chemin à tous les deux.
Sandrine