Marche de Anaxxx
- pierresauge
- 2 déc. 2025
- 22 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 janv.
Marche de Anaxxx accompagné par Yves
Vendredi 27 novembre
A : Bonjour, je m’appelle A. Je viens de commencer la marche aujourd’hui et j’espère arriver à mon but et voir de très beaux paysages.
Yves :
Samedi 28 novembre :
A : Je me suis réveillé ce matin. Je n’arrivais pas à dormir, la nuit d’hier, mais finalement j’ai bien dormi. On est partis à l’église, j’ai juste regardé les chrétiens prier et après on a commencé notre chemin. Je portais mon sac, il était bien lourd et quand je suis rentré au gîte j’avais des crampes aux épaules. J’ai pris ma douche, c’était bien. Mais sinon, j’ai passé une très bonne journée.
Yves : Bonsoir à tous. Nous voilà lancés ou presque. A depuis son arrivée à Rennes ne cesse de montrer sa motivation. Il ne réalise pas encore des efforts qu'il faudra fournir mais l'envie est bien là et il est heureux de la partager. Le premier jour en stage il a dit qu'il vivait un rêve, le deuxième il a fait savoir que quand il marchait il était bien et aujourd'hui alors que nous étions encore à la gare routière il était déjà tombé amoureux de la ville. L'ascension vers la ville haute n'a en rien atténué ce sentiment. A est très nostalgique de sa vie d'enfant en Italie. Il n'avait que 4 ans lorsqu'il a quitté l'Italie pour 2 années en Tunisie et pourtant il semble en avoir gardé beaucoup de souvenirs ou d'images. Il a appelé sa mère au téléphone ce soir et a pu également parler à ses frère et soeur. Il était heureux et a donné envie à sa mère de venir voir un jour Le Puy. Il voulait lui partager ce plaisir de la découverte. Tout n'est pas pour autant tout rose et le sevrage du tel portable lui est particulièrement difficile le soir et l'angoisse. S'il se réveille dans la nuit, cela lui devient vite insupportable. Nous en parlons. La nuit dernière a été bonne mais ce n'est pas encore gagné.. A demain
Dimanche : 29 novembre
A : J’ai passé une très belle nuit à Montbonnet. J’ai passé une journée nostalgique, puis après on a commencé notre chemin. J’ai passé par des chemins faciles et d’autres durs, mais ça va. Sinon, je suis passé par de très beaux paysages. J’espère trouver mieux.
Lundi 30 novembre
A : J’ai passé une journée un peu dure mais ça va. J’aime bien la difficulté avec cette montagne dure à monter. Sinon, hier, j’ai bien dormi chez André. Et là on vient d’arriver chez Sylvie à Saugues. Elle nous a bien accueillis après cette dure journée.
Yves : Un A transfiguré. Oublier la fatigue. Les jambes le portaient et le sac lui semblait léger. Le soleil nous chauffait le corps et le coeur et la beauté de l'étape nous donnent encore plus envie d'avancer et pourtant, il nous en reste des kms … Nous avons eu le droit à un premier contact avec les fameuses vaches de l'Aubrac chez Sylvie et Frank, un couple d'agriculteurs charmants qui nous ont logés sur l'étape de Saugues. Nous espérons pouvoir en observer lors de notre traversée du plateau même si la majorité d'entre elles passent l'hiver au chaud. Nous passons la nuit dans l'auberge du Sauvage au milieu de nulle part, mais accompagnés d'un autre marcheur, notre première rencontre en 4 jours de chemin. Bonne soirée à tous
Mardi 1er décembre :
A : On a bien dormi hier soir à Saugues chez Sylvie. On s’est réveillés le matin. Elle nous a fait un bon petit déjeuner. Après, elle nous a emmenés à la ferme de son mari. Il nous a fait voir ses vaches, c’était cool et là on vient d’arriver au Sauvage. On est passé par de très beaux endroits. C’était parfait aujourd’hui.
Yves : Les difficultés de la veille ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Aujourd’hui, sous un soleil radieux, A s’envolait presque sur le chemin, se sentant léger et fort. Les kilomètres ont été avalés bien aidés par la beauté des paysages de l’étape.
Mardi 2 décembre : Saint Alban sur Limagnole
A : On a passé une bonne nuit. La marche commence à être facile pour moi. J’ai vu de très beaux endroits, de belles vaches, de très beaux chevaux et là on vient d’arriver à Saint Alban sur Limagnole. C’est nul.
Yves : Bonjour à tous. Nous voici arrivés à Saint-Alban sur Limagnole qui, à part son château anciennement asile de fous et rendu célèbre par un poème de Paul Eluard, n'a rien à offrir. On en profitera donc pour se reposer et se préparer mentalement à l'étape de demain, car on annonce des chutes de neige toute la nuit. La surprise, ce sera au petit matin. A est toujours vaillant et heureux de marcher. Nous avançons à petits pas, mais des pas formateurs. Les marches alternent naturellement et sans qu'on ait à se l'imposer, moments de silence et grandes discussions, souvent à l'initiative d'A lui-même.
A a rempli sa gourde d'eau guérissante à la fontaine Saint Roch et a aussi dominé sa peur de caresser un cheval après avoir vaincu celle des chiens, grâce à tous ceux qui sont venus chercher des caresses sur notre chemin. Bonne fin de journée
Mercredi 3 décembre
A : Aujourd’hui, c’était sympa, il y avait de la neige, c'était bien. On est arrivés à Aumont-Aubrac, c’est une très belle ville. Mais, sinon, ça fait 10 jours que je suis là, il m'en reste 80. J’essaie de tenir au maximum les trois mois, mais ça devient compliqué, mais j’espère peut-être réussir.
Yves : Bonsoir à tous. De la neige et encore de la neige. A et moi, nous sommes réveillés dans un pays nouveau couvert d'un épais manteau blanc. C'était magique. Nous étions seuls à mêler nos pas aux nombreuses traces de chevreuils. Demain rebelote cette fois-ci sur le plateau. Les vaches n'y sont déjà plus, mais nous avons la neige et tout le beau avec. 27 km nous attendent et cela ne fait aucunement peur à A qui a trouvé son rythme de croisière et se plaît sur le chemin. Un souci tout de même, et de taille, le sevrage des réseaux, de la famille et de ses amis est très très dur pour lui. Il se sent seul. Je fais de mon mieux pour l'occuper, notamment en lui apprenant des jeux de cartes et autres réussites. Déjà il me bat au rami. On peut compter sur lui et sa volonté. Il fera tout son possible pour aller au bout
Jeudi 4 décembre : Nasbinals
A : J’ai passé une très belle journée. J’ai marché 27 km. C’était agréable et là on vient d’arriver à Nasbinals. J’espère que l’on sera prêts pour les 20 km demain.
Yves : Bonsoir à tous. 27 km avec encore un peu de neige, nous sommes fourbus, mais contents. A considère cette journée comme la meilleure. Il a souvent marché seul devant et a beaucoup aimé le silence et le sentiment d'être seul sur le chemin.
A l'arrivée, il a pris le temps de se reposer avant d'appeler sa mère, il était si heureux de pouvoir lui raconter toutes ses découvertes de cette première semaine de marche.
Ce soir, je sens qu'il réalise mieux les regards bienveillants et admiratifs posés sur lui et ça le porte. Il est tout sourire.
Demain, je le prépare déjà à la prudence, car nous allons faire la longue et raide descente vers Saint-Chély. Il va encore neiger cette nuit. Les pierres seront couvertes et glissantes. On prendra notre temps.
Vendredi 5 décembre
A : J’ai passé une très belle journée aujourd’hui, puis après j’ai fait une crise pour un simple téléphone. Je m’excuse envers Yves et Anthony de les avoir dérangés. Il faut que j’apprenne à gérer mes émotions. Je vais tout faire pour dégager l’autre A et ramener le vrai A.
Yves : "Il faut que je m'affronte moi-même, je suis encore trop faible", voici les mots d'A après avoir vécu une grosse crise, liée à son sevrage du téléphone. Pour A, la solitude du soir est le vrai sujet, alors que dans la journée c'est un champion pour la marche. Il aime cet effort et profite pleinement de tout ce qu'il voit. La neige n'est plus et c'est mieux comme ça même si ces trois jours enneigés ont été magiques et hautement appréciés. Demain, Espalion, un autre jour, une nouvelle aventure. Il y a encore deux heures A n'était plus sur la liste de départ, le voici maintenant dans les starting-blocks. Bonsoir à tous.
Samedi 6 décembre : Espalion
A : J’ai passé une très belle journée en parlant avec Yves. Le temps passe vite. Demain pour la prochaine étape 32 km. J’espère que ça va passer crème.
Yves : Hier nous étions très heureux de quitter la neige, aujourd'hui nous l'avons regrettée. 95% de notre marche s'est faite sous un brouillard léger, dans des chemins boueux et/ou caillasseux. Pendant deux heures, nous marchions même entre deux chasses aux gibiers, créant une ambiance moyenne. Cela ne nous a pas empêché d'apprécier les paysages de fin d'automne quand nos regards ne se portaient pas sur nos pieds. Nous voici à Espalion, jolie petite cité aveyronnaise où nous avons, à peine arrivés, supporté l'équipe locale mixte de rugby U14. Demain, 32 km nous attendent, on en a déjà mal aux jambes. Aïe aïe aïe
Dimanche 7 décembre : Estaing
A : Les 32 km m’ont mis ko. Mais ça va, je m’habitue. Mais sinon, j’ai vu des bons endroits comme d’habitude. Rien à dire de plus.
Yves : Longue longue journée. Partis à 8h et arrivés alors que le soleil avait déjà tiré sa révérence. Beaucoup de brouillard nous a empêché d'apprécier les beaux paysages du Lot et notamment la vue de ses méandres aux abords de la jolie ville d'Estaing. Ce n'est que partie remise, nous reviendrons tant le département de l'Aveyron le mérite. A commence souvent sa journée en silence et marche sur un rythme régulier, ce qui est rare pour un marcheur débutant. Il devient plus loquace par la suite, ce qui est bien car ça me permet alors de désamorcer les tensions issues de ses pensées. Il travaille, ça brasse, c'est perturbant surtout quand ça se rajoute à la fatigue physique. Il a toute mon admiration.
Lundi 8 décembre : Conques
A : On était chez Mimi hier et on a bien dormi. Elle était très gentille. Elle s’est occupée de nous comme une grand-mère. Très sympa. Là on vient d’arriver à Conques. Quand je suis arrivé dans le village, j'ai cru que j’étais dans un jeu vidéo et c’est parfait.
Yves : Après les Sœurs de Saint-François du Puy en Velay, voici maintenant les Frères de l'abbatiale de Conques. Étant arrivés bien tard, nous avons dû attendre que l'office des vêpres se déroule. A a eu la totale. Cela ne l'a pas dérangé, plutôt intéressé même. Arriver la nuit tombée l'hiver, dans une splendide ville de Conques vidée de ses pèlerins, touristes et résidents, est un spectacle curieux. Nous nous croyons dans un décor de film, d'ailleurs pour A, cela ressemblait fort à une ville de son jeu vidéo favori.
L'Aveyron décidément continue de nous plaire.
Mardi 9 décembre : Decazeville
A : J’ai passé une très belle nuit chez les Frères. Ils étaient très gentils. Puis, le matin à Conques, dans le petit village, je me suis crue au Japon. C’était beau et là, on est arrivés à Decazeville. C’est une belle vie, mais déçue personnellement le soir
Yves : Nous voici à Decazeville pour une étape de repos bien mérité. La surprise d'une bonne côte de 3 km à la sortie de Conques a eu pour effet qu'A se ferme comme une huître et devienne même désagréable. Les corps et les esprits réclament clémence. Ça tombe bien, car vu le côté super glamour de la ville, nous sommes sûrs de ne rien faire demain. Le repos total
Jeudi 11 décembre : Figeac
A : J’ai passé une journée sympa, ça commence à être facile pour moi, je commence à m’habituer. Mais, sinon c’est très cool. Figeac est une très belle ville, ça me fait penser quand j’étais petit en Italie. J’espère trouver meilleur.
Yves : Nous voici abonnés aux 27 km. Une reprise soutenue après une journée de repos. Cette nouvelle marche sous le soleil nous a mené à Figeac où nous avons pu arriver suffisamment tôt pour en apprécier la beauté. Le département du Lot et toutes ses promesses, prennent le relais. Notre traversée de la France continue de nous séduire même si pour A, la forte ruralité et son rappel nostalgique de sa petite enfance dans la campagne italienne a laissé maintenant placent au sentiment du manque de la ville. Mais la marche continue de lui plaire et depuis qu'il sait que l'utilisation des bâtons travaille le haut du corps, il accepte de les utiliser et déjà, je cite, "sens ses pecs travailler de ouf". Une très bonne nouvelle a clos la journée. A a fini par accepter de rentrer dans une librairie et en est même sorti avec une belle BD sur l'aventure de Bernard Moitessier
Vendredi 12 décembre
A : n’a pas écrit
Yves : Nous voici maintenant à Cajarc. Encore une très belle étape qui rappelle celle autour de Conques. Ces trois jours ont été marqués par des soucis d'hébergement qui ont pu être résolus en avançant plus vite que prévu. Nous serons donc à Cahors dimanche au lieu de lundi et nous gérerons cette journée d'avance plus tard en fonction de nos besoins. Tout va bien, A commence à envisager à nouveau le chemin dans son entité quelle que soit l'option qui sera la nôtre suivant l'obtention de son visa ou non
Samedi 13 décembre
A : J’ai passé une super journée aujourd’hui avec du grand soleil à Limagne. Magnifique
En plus, il y avait le marché de Noël. J’ai croisé un maghrébin comme moi. Il nous a fait du couscous.
Yves : Un gîte qui rouvre juste pour pouvoir nous accueillir en tant que binôme de Seuil, un marché de Noël en plein soleil, A qui est de plus en plus motivé pour rester jusqu'au bout et une nouvelle journée de repos qui s'offre à nous après-demain. Tout ça est plutôt bien. Nous prenons les jours sans aucune attente et chacun nous réserve de belles surprises.
Dimanche 14 décembre : Cahors
A : J’ai passé une journée chill. De jour en jour, j’ai plus envie de rester. J'espère arriver jusqu’au bout. Hier, je suis rentré, j'avais grave mal au pied, mais c’est pas ça qui va me faire arrêter la marche.
Yves : Deux soirées de repos où nous avons été bichonnés. Une nouvelle heure d'autonomie pour A dans les rues de Cahors. Des semelles neuves pour ses petits petons. Bref tout va bien, dormez tranquilles braves gens.
Lundi 15 décembre : Jour de repos - Pas de Blog
Mardi 16 décembre
A : J’ai passé une journée en silence. La marche est devenue simple. Je commence à supporter mes douleurs au dos, à l’épaule, au pied et à la jambe. Sinon, c’était bien comme d’habitude.
Yves : Pour le simple plaisir de la réflexion, les pensées et citations des grands écrivains, poètes, philosophes de notre histoire universelle vous accompagneront dans la traversée du Quercy-Blanc - rien de plus.
“Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose.” Nietzsche
A. marche et souhaite toujours aller au bout. Aujourd'hui ses seules motivations sont d'impressionner ses amis et de gagner en respectabilité, ainsi que de se faire un corps de rêve .... pourquoi pas ? mais espérons qu'au bout il y ait autre chose.
Mercredi 17 décembre
A : n’a pas écrit
Yves : A gère maintenant son ennui assez bien. Ce soir nous dînons à Lauzerte et avec la fille de notre hôte âgée de 13 ans, ils ont enchaîné les parties de Kapla en musique. A. a gagné, ouf ! l'honneur est sauf ! sinon j'aurais eu à gérer une crise d'orgueil. Se faire battre par une fille est malheureusement pour A quelque chose d'inconcevable.
Pour la première fois depuis que nous sommes en chemin, nous avons partagé notre repas du soir avec d'autres convives, des seniors, certes, mais des échanges auxquels A à participé avec entrain. D'ailleurs vous n'aurez pas le blog d'A. aujourd'hui, trop occupé qu'il était à échanger.
Le chemin traversant le Quercy blanc à été semé de citations diverses d'écrivains, de poètes ou philosophes. Voici celle du jour :
"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement". Bouddha
Jeudi 18 décembre : Moissac
A : J’ai passé une super belle journée. On a fait amis avec des chiens et des chats. C’était bien et là on vient d’arriver à Moissac. C’est une belle ville. La dame nous a bien accueillis, très gentille la dame.
Yves : Drôle d'étape. Le pénible s'est mêlé au beau. Le joli village de Lauzerte a servi de décor pour le commencement de notre route, puis nous avons traversé des paysages encore agréables même si moins plaisants que ceux de l'Aveyron ou encore du Lot mais beaucoup trop de chemins boueux au milieu de champs.
Et une arrivée détestable sur Moissac qu'heureusement le centre-ville nous a vite fait oublier. A, photos à l'appui, a dépassé sa peur des chiens. Ils sont au même titre que les chats, ses nouveaux amis.
Pour le reste, nous sommes sur notre lancée, toujours présents.
La pensée du jour sera la suivante
"Rien ne fut, rien ne sera ; tout est, tout a sa vie et appartient au présent." Hermann Hesse
Vendredi 19 décembre
A : J’ai passé une journée comme d’habitude, c’était bien. Rien à dire et là on vient d’arriver à Auvillar. On nous a bien été accueillis, comme d’habitude. Go ! pour demain pour la prochaine aventure.
Yves : Je confirme et signe, notre traversée du Tarn et Garonne n'a rien de comparable à celle de l'Aveyron ou même du Lot. Depuis deux jours les paysages sont moins beaux, le temps se couvre et l'ambiance de Noël qui ne touche pas A et qui moi, me pèse, s'installe. On ne va quand même pas trop se plaindre, la marche est toujours là et le plaisir avec. Notre pensée du jour vient du grand marcheur qu'était Théodore Monod : "Le peu qu'on peut faire, le très peu qu'on peut faire, il faut le faire".
Samedi 20 décembre
A : J’ai passé une journée bien. J’ai plus de douleurs. La marche est simple. On avait bien dormi hier et aujourd’hui, on vient d’arriver à Caslet.
Demain 30 km, ça m’avait manqué les longues étapes.
Yves : Une étape riche. Nous sommes entrés dans le Gers pour notre plus grand plaisir et avons au passage dit 'Adieu' au Tarn et Garonne, département qui ne nous a pas fait la plus grande impression. Notre premier contact dans ce nouveau département a été riche en rencontres, notamment au passage du premier village traversé et charmant, Saint-Antoine. Il y régnait comme une vague ambiance de petite kermesse avec des visiteurs venus de tout le Sud-Ouest faire la 'Ronde des Crèches' exposées dans 8 villages et consacrées au thème de la musique, la nôtre représentait la classique étable intégrée dans un décor de rap. Curieux. Un habitant de ce village n'est autre que le grand nomade fou Jacques Sirat, un homme qui n'a fait que parcourir le monde entier à pied et à vélo durant ces trente dernières années. Nous avons discuté longuement et c'était un plaisir. A a aimé cette étape plus courte et facile. Ça repose et il n'angoisse plus à l'idée d'arriver trop tôt dans les gîtes. Il gère beaucoup mieux ces temps creux.
Dimanche 21 décembre
A : J’ai passé une journée en silence. Des fois, j’aime passer des journées en silence, des fois en parlant. Sinon, c’était cool. On vient d’arriver à Marcelan, c’est bien et c’est parti pour demain.
Yves : Ça y est nous rentrons dans l'hiver et, en effet, il s'annonce après cette fin d'automne, particulièrement clémente avec nous. On croise les doigts pour la suite. On évite encore les pluies et pourtant nos chaussures sont trempées par les herbes et terriblement sales tellement la boue est présente sur notre chemin. Nous continuons à ne croiser personne si ce n'est nos hôtes tous charmants et très accueillants. Pas la catégorie d'âge souhaitée par A mais il s'en contente et s'y fait et moi ça me va très très bien
Lundi 22 décembre : Condom
A : J’ai passé une belle journée sur un chemin avec de la boue, ça glissait. Là, on vient d’arriver chez Pierre à Condom. Très belle ville. C’est notre jour de repos. On va essayer de se reposer pour les prochaines épreuves.
Yves : La gadoue, la gadoue, la gadoue, ouh la gadoue, la gadoue la la la la li la la ... Je pense que cette chanson va accompagner notre marche jusqu'au bout tout comme la matière qui l'a inspirée. Elle se collera à nos godasses par paquets de 3 kg.
Nous voici à Condom pour une étape de repos.
Les marchés de Noël et diverses chorales se succèdent et apportent une couleur de saison. Il est marrant de voir les personnes réagissant à notre passage. Surprises d'abord, puis finissant par nous encourager et nous féliciter. Ça aide....
Mardi 23 décembre : jour de repos
Pas de blog
Mercredi 24 décembre : Montréal du Gers
A : On a fait 16 km. J’avais une impression de marcher 5 km. Je fais presque même plus de pauses. Aujourd'hui, ça fait un mois ! Je ne suis pas rentré chez moi ! Il m’en reste deux mais le temps passe vite.
Yves : Quitter Condom, c'est déjà avoir fait plus de 500km et en passant le pont d'Artigues, c'est débloquer le décompte des 1000 km restants. Tous ces chiffres motivent A, tout comme l'apprentissage des départements traversés, lui le spécialiste de l'Ile-de-France et des stations du métro parisien. La journée de repos s'est déroulée gentiment et dans le calme. Nous avons pu comparer nos forces à la mini fête foraine... il a gagné haut la main. Et en soirée nous avons assisté à la victoire des Aigles de Carthage lors de leur match face à l'Ouganda dans le cadre de la CAN. De quoi installer la bonne humeur chez notre ami et ce pour quelque temps.
Ce soir, veillée de Noël en chambre d'hôtes. Vrai repas de Noël copieux dans une atmosphère conviviale. Demain, journée de Noël en marche entre Montréal du Gers et Eauze.
Jeudi 25 décembre : Eauze
A : J’ai marché sur du plat aujourd'hui. Pu…. c’est pire que les montées. On s’ennuie, rien à faire même à Eauze, il n’y a rien à faire. Aujourd’hui, c’est nul.
Yves : Un réveillon de Noël qui nous a permis de faire une très agréable rencontre avec Walter, notre hôte hollandais. Un sacré personnage, polyglotte et marionnettiste. Il possède 180 marionnettes qu'il a lui-même fabriquées et détient au Guiness book le record de durée (12h) d'un spectacle en solo. Lui et son épouse Annick nous ont choyé et gâté.
Les chevreuils (les gazelles comme les appelle A) ont fait la suite du boulot en ayant la bonne idée de croiser à plusieurs reprises notre chemin. Nous en avons compté 7 au total. Malheureusement les 10 derniers kilomètres de plat vers la ville morte d'Eauze ont cassé l'ambiance et le moral d'A. Ce n'est rien …. demain étant un autre jour.
Vendredi 26 décembre : Nogaro
A : J’ai passé une belle journée mais c’est vrai que marcher sur du plat, c’est très nul. Mais sinon, en vrai, ça va et là on vient de faire 21 km. On est arrivés à Nogaro, une ville morte comme Eauze etc….
Yves : Passer dans des villages ou des petites villes au moment de Noël ou du jour de l'an accentue la pression sur nos marches. Des gîtes, des commerces et lieux de restauration fermés, c'est tout ce que nous rencontrons. Difficile de nous organiser dans ces conditions mais bon, à chaque problème sa solution. Heureusement nous continuons à passer à travers les gouttes. A se détend de plus en plus en présence de nos hôtes. Il se renferme moins et participe même aux conversations de plus en plus. Il s'adapte aussi doucement mais sûrement aux exigences de ceux qui nous reçoivent et commence à jouer le jeu. Il y a encore du boulot mais les progrès sont indéniables. Ce n'est pas gagné mais on tient le bon bout.
Samedi 27 décembre
A : J’ai passé une très belle journée. Aujourd'hui c'était que plat, mais en vrai j’ai kiffé si c’était à refaire le chemin d’aujourd’hui, je le referais sans problème.
Yves : Nouveau département et nouvelle région. Il n'en faut pas plus pour satisfaire A et lui faire (presque) aimer le plat. A a fait une demie étape en autonomie aujourd'hui. Sa première
Dimanche 28 décembre
A : Hier, j’ai passé une journée, c’était que du plat aujourd’hui aussi, c’était moins bien qu'hier mais sinon tranquille. Aujourd’hui, on a vu la montagne des Pyrénées entre la France et l’Espagne. Dans une semaine je serai devant cette montagne.
Yves : Une nouvelle étape en autonomie pour A qui a quand même trouvé le temps long sans son accompagnant préféré et m'a donc attendu aux trois quarts du chemin. Les Pyrénées se sont enfin dévoilées, majestueuses. On ne va plus les quitter avant longtemps pour notre plus grand bonheur.
Lundi 29 décembre
A : J’ai passé une belle journée. On a vu les Pyrénées de plus près aujourd’hui. Vivement l’Espagne. Je serai déçu si je n’ai pas le visa, peut-être même que je vais arrêter.
Yves : Journée fatigante et demain encore plus longue, mais quel plaisir de marcher sous un ciel bleu azur et la douce chaleur d'un soleil d'hiver. La vue des Pyrénées enthousiasme de plus en plus A qui ne pense maintenant plus qu'à passer la frontière, connaître et vivre l'Espagne, puis finir le chemin là où il doit se finir, à Santiago. Nous espérons vraiment obtenir son visa et attendons avec impatience les nouvelles concernant la procédure en cours.
Mercredi 31 décembre:
A : On a passé de très bonnes journées ce mois-ci. A partir de demain, c’est le premier janvier 2026, une nouvelle année qui commence. Les gens nous prennent pour des fous car on marche en hiver et qu’on a passé plein de fêtes loin de sa famille mais ce qu’ils ne savent pas, on est des guerriers, on aime le danger.
Yves : ça y est, l'année se termine. A et moi, en vieux couple, allons fêter ça de la plus discrète des manières, extinction des feux 22h, comme d'habitude. Pour le reste, c'est pareil, l'année va commencer comme elle se termine, par une marche. On prend les mêmes et on recommence. On vous souhaite à tous, binômes inclus, une très belle année 2026, qui nous l'espérons apportera, joie, paix et sérénité
Jeudi 1er janvier
A : Une nouvelle année qui commence. Dans deux jours on sera à Saint Jean Pied de Port déjà la moitié du chemin et j’aime la marche. J’ai hâte d’explorer d’autres choses dans le monde.
Yves : Une nouvelle année qui commence sous le soleil. On touche presque les Pyrénées de nos mains. Nous serons à leurs pieds dans deux jours seulement. Une journée d'avance qui nous permettra de prendre deux jours de repos bien mérités avant d'entamer notre chemin de retour.
Vendredi 2 janvier
A : J’ai passé une super belle journée. Demain on est à Saint Jean Pied de Port et ce sera la moitié du chemin français. Les gens du gîte pensent que Yves et moi on triche. Alors qu’on est juste des sportifs.
Yves : Sans doute l'envie déjà d'arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port car nous nous envolons sur les chemins et voilà déjà deux étapes où nos hébergeurs se surprennent de nous voir arriver si tôt. C'est vrai que nous marchons vite sans vraiment nous en rendre compte. La fatigue se fait quand même un peu sentir, même si la forme est là.
Avoir deux jours de repos nous ravit d'autant plus qu'un ongle incarné d'A se doit d'être soigné au plus vite. Curieusement il lui fait mal au repos, mais peu dans la chaussure, aussi la marche se fait elle, mais il y a des limites à tout et des soins maintenant s'imposent. La Tunisie joue ce soir son 8e de finale contre le Mali. On essaiera de trouver une solution pour voir le match. Allez les Aigles de Carthage !!!!
Samedi 3 janvier
A : J’ai passé une journée sous la pluie, on était trempés de la tête aux pieds. C'est dommage, c’est tombé aujourd'hui, le jour où on part à Saint Jean Pied de Port. Mais sinon très belle ville, dommage on part sur Arles et pas sur l’Espagne, c’est pas grave c’est la vie.
Yves : Égalisation du Mali dans la dernière minute du temps réglementaire. A s'énerve puis se calme, philosophe. Je ne vous donnerai pas le score car je me couche sans attendre la fin.
Mais je reviens à la marche et cette dernière journée de la route du Puy s'est faite sous une pluie fine. On se repose.
Demain, visite sans doute possible chez un médecin de garde. On vous tient au courant.
Mardi 6 janvier
A : J’ai passé une belle journée depuis le voyage pour aller au Puy. Je n’ai pas pris le train. On est passés par de très belles rivières et on est sur Bayonne. Très belle ville.
Yves : Bien, maintenant on y retourne. Une journée d'avance sur notre programme associée à une journée de repos et une de transfert, voilà trois jours qui nous ont bien reposés. Nous voici à Bayonne, la plus grande ville traversée depuis notre départ et donc la préférée d'A. Dès demain matin, nous entamons une boucle qui va nous faire revoir l'intérieur du pays basque pour ensuite nous amener à Hendaye et remonter sur la partie la plus belle du chemin côtier entre Saint-Jean-de-Luz et Guéthary. Un changement de paysage qui, je pense, nous fera le plus grand bien avant de reprendre notre chemin de retour vers Arles.
Mercredi 7 janvier
A : Aujourd’hui, rien à faire, que du plat et des routes. On s’est trop ennuyés. J’espère que demain ce sera meilleur.
Yves : Comme reprise de marche, c'était très moyen. Du plat, puis des zones résidentielles et de la boue dans la forêt domaniale.
Espérons que demain sera meilleur. Au moins la mer nous attendra. Le beau temps, c'est fini. Nous avons mangé notre pain blanc et la pluie nous rattrape. Il y a un prix à tout.
Jeudi 8 janvier
A : J’ai passé une belle journée aujourd’hui. J’ai vu la mer. C’était très beau. On a bien marché aujourd’hui, mais en soi ça vaut trop le coup avec ce bel endroit.
Yves : Sachant que le temps sera mauvais demain avec la tempête qui nous vient dessus, nous avons opté pour le sentier côtier. Bien nous en a pris. Voir la mer a été une joie pour A. La cerise sur le gâteau étant la charmante ville de Saint-Jean-de-Luz. Nous avons ainsi pu profiter des derniers moments de soleil dans un beau décor.
Demain, nous aviserons, mais remonterons sûrement assez vite sur Bayonne car dès samedi, les affaires sérieuses reprennent et le chemin de retour vers Arles commence.
Vendredi 9 janvier : Bayonne
A : J’ai passé une super journée comme d’habitude. La mer plus la pluie, l'eau devient magnifique et là on va bientôt prendre le chemin de Arles.
Yves : tous les trains du jour ayant été supprimés, le retour sur Bayonne s'est donc effectué en bus. Nous en avons profité pour voir sur le chemin Biarritz battue par les vents et la pluie. Pas le meilleur jour, ni la meilleure saison pour faire du tourisme par ici certes, mais suffisant pour donner à A l'envie de s'installer peut-être un jour dans ce département qui est son préféré parmi tous ceux que nous avons traversés.
Demain, nous tournerons le dos aux Pyrénées pour commencer notre chemin de retour.
"A et Yves 2, le retour"
Samedi 10 janvier
A : On a dit au revoir à Bayonne. On a passé une très belle semaine. Là, on revient sur nos pas pendant trois jours. Après, on attaque notre chemin d’Arles.
Yves : Une drôle de première étape sur le chemin de retour, car les trains du matin ayant encore été supprimés, nous ne pouvions commencer notre marche qu'à 15.30. Nous nous sommes donc repliés sur.... du stop.... à défaut de bus. C'est frustrant car nous avons hâte de retrouver ce rythme que nous avons connu à l'aller.
Cette semaine qui s'est déroulée en gymkhana entre repos, marche, averses, neige, bus, trains, campagne et côte a assez duré et même si cet intermède a permis à A de rencontrer plus de monde et de s'ouvrir un peu plus aux autres, vivement le chemin....
Dimanche 11 janvier
A : n’a pas écrit
Yves : Tout commençait bien, la journée était belle, le chemin encore plus beau qu'à l'aller, l'envie de marcher était là et d'un coup d'un seul, A est passé d'une gorge qui gratte à une fatigue soudaine associée à de la fièvre.
Nous étions sur un chemin qui n'avait pas d'échappatoire par les routes, toutes désertes et ne se dirigeant pas vers notre destination. Au bout de 16 km, alors qu'il était bien fatigué, une femme à qui on avait demandé de l'eau a eu pitié de lui et nous a amené proche de notre destination finale. Trois heures plus tard, après une énorme suée qui a trempé draps et matelas, le voilà mieux. Une soupe et au lit. Je continue de le soigner avec ma pharmacie adéquate. Ça devrait le faire pour demain d'autant plus que l'étape n'est longue que de 18 km. On verra déjà comment se passe la nuit et on avisera au matin. Sans doute le travail du chemin .... gros nettoyage intérieur
Mercredi 14 janvier
A : J’arrête la marche. Je ne vais pas dire que je me suis lassé, mais pour moi depuis le début, j’ai fait un très bon boulot. Je l’ai constaté moi-même. Je contrôle mieux ma colère. Je fais des choses comme la vaisselle etc… que je ne faisais pas chez moi et je trouve que j’ai bien évolué. Je suis prêt à rentrer chez moi.
Yves : n’a pas écrit
L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %
Le reste est financé par vos dons
(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)
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Bonne année mon fils on te souhaite le meilleur pour cette nouvelle année la santé avant tout et beaucoup de courage pour la suite continue ton parcours comme tu le fait toute la famille pense a toi et te soutient
Force à toi ce que tu fait c’est vraiment fort marche après marche tu va y arriver lache rien et profite de l’aventure, fier de toi.
Bravo Anas 👏💪 ! Ce que tu fais est vraiment admirable. Continuer à marcher à travers plusieurs villages demande beaucoup de courage et de détermination. Ne lâche rien, chaque pas te rapproche de ton objectif. Tu es une vraie source d’inspiration. Bonne continuation 🌟
Tata Meriem
bon courage anas
Fier de toi mon fils. Continues comme sa, c’est pas facile ce que tu fait mais tu t’accroche et sa se voit. Chaque jour tu avance et t’apprend des choses que personne peut t’enlever. Prend soin de toi, profite de chaque étape et lache rien. On pense fort à toi.