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Marche de Lorxxx

  • pierresauge
  • 28 oct. 2025
  • 83 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Marche de Lorxxx accompagné par Cécile

 

Vendredi 24 octobre : Le Puy en Velay

 

L : Bonjour. Je m’appelle L. J’ai 15 ans et pendant trois mois, je m’aventure dans une marche reliant le Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle. Aujourd’hui, c’est le premier jour d’aventure. On a fait Rennes-Paris, Paris-Lyon, puis on a visité et mangé le meilleur tacos de Lyon, par la suite on a pris un bus jusqu’au Puy en Velay, fatiguant, mais content.

 

Cécile : Hello à tous ! Je m’appelle Cécile, j’ai 36 ans et je suis nomade depuis deux ans. J’aime les voyages, la marche et les aventures humaines, ce qui m’a conduit à vivre cette aventure à Seuil.  J’ai rencontré L il y a quelques jours à Rennes et aujourd’hui c’était le grand périple pour rejoindre le Puy en Velay. Le trajet a été long. L et moi avons chacun eu nos petits moments d’impatience, mais comme ils ne tombaient jamais au même moment, nous avons pu nous soutenir l’un et l’autre. Il est tard, nous prenons un petit temps dans la cuisine de l’auberge pour vous écrire et puis au dodo. Réveil demain 6h30 pour la bénédiction des pèlerins. A demain. 

 

Samedi 25 octobre : Bains

 

L : Aujourd’hui, c’est le départ, on a parcouru 15 km du Puy en Velay à Bains. La journée a été longue, on a croisé plusieurs êtres animaliers, de beaux paysages, c’est notamment ça qui me motivent à continuer de marcher malgré la fatigue.

Arrivés au gîte : des jeux de société, un autre univers comparé au précédent gîte.

 

Cécile : Ça y est, nous y sommes ! Ce matin, c’était le grand départ. Rendez-vous à 7h à la cathédrale du Puy en Velay pour la messe et la bénédiction des pèlerins. Incroyable, le prêtre a parlé de Seuil. A la fin de la messe, L a voulu lui parler. Très chouette moment. Sympa de commencer le chemin ainsi.

Aujourd’hui, nous avons parcouru nos 15 premiers kilomètres jusqu’au Bains. L était très enthousiaste dès les premiers pas. C’est agréable de marcher avec lui. Nous avons alterné des moments d’échanges et de silence. Des chouettes instants à contempler le paysage, les animaux, voire même des instants de caresses avec des chiens et des poneys.

Bon, petite anecdote quand même avec une frayeur de chiens qui gardaient leur territoire et nous avons un peu coursé. On était contents d’être passés !

Arrivés tôt dans le gîte du jour, une maison rien que pour nous deux. Au programme de l’après-midi et de la soirée : jeux de société, étirements et une pizza nous attend (pas de chance, l’épicerie est fermée depuis 2 jours). L’ambiance est calme et ludique, c’est agréable

 

Dimanche 26 octobre : Monistrol d’Allier

 

L : Aujourd’hui, c’est 15 km encore de Bains à Monistrol sur Allier.

A 8h30, nous avons démarré dans le froid, on a vu de beaux paysages, une grotte, un troupeau de vaches (environ une cinquantaine) marcher sur notre route, assez impressionnant. Il y avait des pentes, des montées rocheuses assez physiques. On s’est aussi trompés de chemin, donc le matin on a dû faire 3 à 4 km en plus. L’après-midi, des pentes encore plus rocheuses.

Arrivés au gîte, on a fait la rencontre d’André, un homme sympathique et fort chaleureux.

 

Cécile : Nous avons démarré en forme ce matin avec L, malgré la météo peu clémente. Petit arrêt chez Christian qui nous a préparé nos sandwichs du midi. L a trouvé un super spot pour le pique-nique, en bord de rivière, juste avant Saint Privat. J’ai beaucoup aimé ce moment de calme avec ce beau paysage, le bruit de l’eau, les feuilles qui tombaient. J’étais dans mes pensées pendant que L écrivait. J’ai beaucoup apprécié l’après-midi, la pause à Rochegude était incroyable. Le point de vue depuis là-haut est magnifique. L avait un grand smile qui faisait plaisir à voir. Nous nous sommes assis un peu pour profiter de la vue et du calme qui y régnait. Nous avons ensuite attaqué la grosse descente dans la forêt jusqu'à Monistrol d’Allier où nous avons rencontré André dans notre gîte. Avec L, nous avons instauré le rituel : étirements après la douche et écriture du blog, après le dîner. Et maintenant place au dodo pour laisser le corps se reposer.


Lundi 27 octobre : Saugues

 

L : La troisième journée de marche. On fait que 43 km sur 1687, trois mois ça va être long. En ce début de journée, il y avait 1h de montée, plusieurs sentiers. Nous sommes arrivés aux alentours de 12h30. Un tour au magasin pour un pique-nique et quelques courses pour la soirée. On se pose au bord d’un lac pour manger et jouer au jeu de dés. A 15h, nous rejoignons le gîte communal. Et aujourd’hui j’ai mangé la route grâce aux pâtes bolo d’André. J’étais au top de ma forme avec l’idée en tête que cette aventure sera longue

 

Cécile : Ce matin, L a démarré la marche, fatigué, mais cela a été de courte durée. Il a ensuite eu un regain d’énergie et a continué comme une flèche. Impossible pour moi de suivre son rythme, mais il faisait plaisir à voir et m’attendait régulièrement. Moi aussi, j’ai commencé à sentir la fatigue physique aujourd’hui et j’étais bien contente de cette petite journée de 13 km.

Une fois arrivés à Saugues et les courses faites, nous nous sommes posés au bord du lac du camping. Super endroit pour le pique-nique, suivi de nombreuses parties de Yam’s. Étonnamment, l’après-midi est passée super vite pour nous deux.

Ce midi, nous avons re-croisé Damien et ses 3 acolytes qui nous ont fait de grands signes. C’était sympa de discuter avec eux, car on ne voit pas beaucoup de monde, mais ça apporte une ambiance calme et apaisante plutôt agréable.

Ce soir, nous avons cuisiné au gîte communal, partagé le repas avec une autre pèlerine qui nous offert du chocolat noir au dessert. Miam.


Mardi 28 octobre

 

L : Ce matin, il y avait un grand soleil qui a persisté dans la journée. C’est fou, car ça ne fait que 4 jours que je marche et j’ai l’impression que ce sont les 4 jours les plus bénéfiques de ma vie. Je fais enfin quelque chose de concret dans ma vie, ça aura pris du temps mais j’y serais arrivé. Il n’est jamais trop tard pour une remise en question et éventuellement une évolution. Marcher en pleine nature ce n’est pas simplement marcher, c’est découvrir, se questionner, de l’apaisement, s’éloigner de ses mauvaises habitudes, revenir en étant meilleur et avoir réponse à ses questions avec du temps. J’ai encore beaucoup à apprendre mais j’y arriverais, j’en suis persuadé, ce n’est que le début d’une longue épreuve.

A l’arrivée au gîte du Sauvage, ils nous tendent une lettre, Damien, toi et moi on se comprend, si tu passes par là, un grand merci à toi !

 

Cécile : Cette journée de Saugues au Sauvage a vraiment été magnifique. Le soleil au rendez-vous, c’est avec beaucoup de joie que j’ai marché ces 20 km. Avec L nous parlons beaucoup et avons aussi nos moments de calme et de silence. Arrivés au domaine du Sauvage, une lettre nous attendait. Un joli mot de Damien, avec un magnifique cadeau : de quoi nous offrir le restaurant à Saint Jacques de Compostelle pour célébrer notre périple. Je suis très émue de cet élan de coeur et de cette générosité sur le chemin. Merci Damien. Ce soir, nous dormons au domaine du Sauvage où il y a beaucoup plus de monde que depuis le début de notre périple. De nouvelles rencontres en perspective.


Mercredi 29 octobre : Saint Alban sur Limagnole


L : Aujourd’hui, c’était fatiguant et impatience, trois mois, ça va être mois.


Cécile : Première journée un peu difficile pour L. Pour ma part, j’ai adoré la matinée de marche. Les paysages étaient magnifiques, je ne me lasse pas des couleurs de l’automne. Le vent, qui soufflait fort, nous a offert un beau spectacle de feuilles dansant dans les airs et sur le sol. L a repris un peu d’énergie dans l’après-midi et nous avons préparé à manger pour ce soir et demain midi. Je comprends L qui est en train de réaliser que ça va être une longue aventure. Demain est un autre jour, laissons place au repas. Des pâtes au saumon nous attendent ce soir. Nous allons nous régaler.


 Vendredi 31 octobre : Nasbinals

 

L : Aujourd’hui, une épreuve mentale et physique, ça allait. Je pense que d’ici une semaine, je serai à fond dans l’aventure. J’en ai marre de croiser des vaches. (David Goggins) c’est le mental qu’il faut surmonter car après mon corps et mon esprit me remercieront. Remerciements.

 

Cécile : Ce matin, nous avons quitté le gîte avec les encouragements de Romain et de quelques pèlerins qui s'arrêtaient là. La traversée du plateau de l’Aubrac a été magnifique, avec un vent puissant qui n'a pas trop plu à L, il me semble. Les 27 km se sont super bien passés, je pensais que ce serait plus douloureux. Nous avons beaucoup marché en silence aujourd’hui, et au gîte nous partageons nos moments de routine : les courses, les étirements, la préparation de repas et notre jeu favori : le yams. Bon ! je me mets aux pompes avec comme coach L. objectif 10 pompes à la fin des trois mois. Voilà notre deal avec L pour qu’il accepte les étirements en échange. Allez, je vous laisse, coach L. m’attend pour la session du jour.

 

Samedi 1er novembre : Saint Chély d’Aubrac

 

L : Ce matin, nous avons traversé un champ de vaches, on marchait à même pas 2 mètres d'eux. J’ai eu chaud qu’elles me chargent. Ça reste épuisant mentalement. Arrivés au gîte, la rencontre d’Eric, un bon Mood de bonne musique et de discussions passionnantes, avec une réduction de 50 % sur la nuitée. Dans le gîte 8 personnes, 4 personnes qu’on a déjà vues auparavant, un couple de retraités, un homme, futur militaire et une femme. Se joignent à eux un ami du couple et une autre personne âgée. Le couple nous propose de venir faire un apéro avec leurs amis dans le salon, des chips, du jus, une bonne ambiance. Quelques instants après, un homme sonne et demande s’il reste de la place dans le gîte. On l’accueille avec les 8 autres personnes et à l’heure du repas, nous avons réservé 8 tables au restaurant du coin, moment à la cool, de la bonne humeur, de bonnes discussions et pour le plat un aligot, je croyais ne pas aimer, finalement pas si mauvais que ça, c’est une sorte de purée au fromage avec une texture collante, visqueuse en bouche, une spécialité locale de l’Aubrac. J’ai vraiment apprécié cette fin de journée, ce moment d’échanges et de convivialité avec des inconnus à la fois.

 

Cécile : Cette journée a été incroyablement riche et intense. Ce matin me semble loin, tellement nous avons vécu de choses. Le moral de L remonte et ça fait plaisir à voir. Nous avons pas mal marché ensemble aujourd'hui, notamment pour traverser les champs de vaches qui étaient assez impressionnantes ! Mais tout s’est bien passé, L a fait preuve de courage et de self-control !

Aujourd’hui, nous avons crié sur le chemin, chanté dans une église qui résonnait et même commencé à créer quelques rimes. Si nous continuons ainsi, nous sortirons bientôt notre 1er rap du chemin.

Et la soirée se termine merveilleusement bien au gîte d’Eric en compagnie de plein d’autres pèlerins dont 3 belges : Weerle, Bieze, Luc qui ont aussi accompagné des jeunes avec un organisme belge, et Sophie, Thomas, Michel. Nous dégustons notre premier aligot en bonne compagnie. Je me sens fatiguée, mais très heureuse de cette journée. A demain.

 

Dimanche 2 novembre : Espalion

 

L : Aujourd’hui, une journée assez longue. Ce matin, nous avons mangé avec tous les pèlerins un petit déjeuner préparé par Eric, assez familial, puis c’est parti par une journée de 14 km. Je me disais que ça allait être tranquille, mais il y avait beaucoup de dénivelés, on a poursuivi la marche avec les trois belges, une pause à 11h dans un abri, car cette journée c’était de la pluie, un thé, une pomme. C’était bien de marcher avec de nouvelles têtes. Une fois le parcours fini, on a mangé dans une aire de pique-nique naturelle, des chaises en bois et une table en pierre. On a partagé un bon moment avec de la bonne compagnie, du partage, des sourires aussi malgré la pluie, on a continué de marcher jusqu’à arriver dans un village à 8 km d'Espalion, une pause, une pâte de fruit et c’est reparti avec de la fatigue car 9h - 15h : 17 km avec du dénivelé, ce n’est pas rien. A un certain moment, un choix : soit on continue de suivre la route pour les 7,5 derniers kilomètres, soit nous suivons le chemin de Compostelle, mais avec des pentes monstrueuses, puis de la descente, re-des pentes, arrivés à la Vierge, puis une grosse descente. Bien sûr, on a pris le chemin, avec quelques réflexions à la déviation. A la Vierge, après tant d’efforts, un point de vue magnifique, avant que la pluie s’abatte sur nous. Arrivés au gîte, nous re-croisons trois pèlerins/rines avec qui nous avons passés la soirée chez Eric. Et un super accueil de Florian avec de bonnes crêpes chaudes, après une longue journée

 

Cécile : Sacrée journée de marche aujourd’hui. Nous marchons ce matin avec nos 3 belges préférés ! Ambiance : capes de pluie de sortie. J’apprécie le thé chaud qu’ils m'offrent à la pause du matin et le pique-nique commun entre 2 averses. La journée est plutôt technique avec pas mal de dénivelés mais L et moi sommes fiers de l’avoir fait. Je commence à sentir une fatigue physique. La pause à Figeac dans quelques jours va me faire du bien. A notre arrivée au gîte de Florian à Espalion, super accueil avec des crêpes chaudes, puis activité découpage avec sa fille Héléna. Dans le gîte, bonne ambiance. Nous retrouvons Michel, Sophie et Thomas ainsi que deux lyonnais. L’ambiance est comme à la maison, c’est sympa. L a l’air d'avoir apprécié sa journée également et il est en super forme physique. Son moral va mieux aussi. Parler avec d’autres pèlerins lui fait du bien. Ces rencontres sur le chemin sont vraiment riches.


Lundi 3 novembre : Fonteille (25 km)

 

L : Ce matin avec les trois autres pèlerins, Michel, Thomas et Sophie avons décidé de reprendre le même gîte à la prochaine destination Fonteille, ça nous fera trois nuits qu’on passera ensemble, comme une petite colocation. Bien arrivés à Fonteille. Durant cette marche de 21 km, c’était de la fatigue due à l’accumulation des marches précédentes, quelques montées le matin et une grosse montée à  la fin de journée et c’est celle-là qui a été la plus difficile. On a crié dans la montagne, eu des coups de folie et de fatigue mais on l’a fait. Dans le gîte, on retrouve nos 3 pèlerins, mais ce sont deux bungalows, ce n’est pas un souci pour nous retrouver. Léo, l’hôte du gîte est très gentil et c’est amusant de discuter avec lui. Avec la demie pension, nous nous retrouvons tous à table pour un apéritif, un fromage blanc/herbes, une soupe de carottes, du riz et des lentilles avec un panné au fromage et en dessert le fameux gâteau de Compostelle avec une petite histoire avant de le savourer, et pour finir une tisane faite à base d’une plante similaire à la menthe, mais qui a des effets pour les paupières lourdes. Ce fut un magnifique moment, de la rigolade, de très bons moments passés à table et surtout une délicieuse cuisine.

 

Cécile : Magnifique journée dans le Lot, avec un beau ciel bleu qui nous changeait d’hier. J’ai beaucoup aimé ledéroulé de la journée ponctuée d’échanges profonds avec L, de partage avec nos amis belges, de vrais moments de craquage et de rigolade avec L sur la fin d’étape et pour finir, superbe accueil de Léa, notre hôte du jour et soirée conviviale avec Michel, Sophie et Thomas.Je suis impressionnée de voir à quel point le corps se régénère vite d’une étape à l’autre. Ce soir, je me sens vraiment émue et touchée d'accompagner L dans cette aventure et de vivre tous ces moments de partage, de rencontres, d’intimité et de générosité.


Jeudi 6 novembre : Figeac

 

L : Finalement les 30 km étaient simples, mise à part la pluie qui a vraiment duré, mais physiquement ça va. Le repas du soir c’était pâtes bolo. On s’est tous retrouvés à table : Thomas, Sophie, Agathe, c’était un bon moment.

 

Cécile : Une grosse journée sportive pour moi ! 30 km sous la pluie et quasiment au rythme de L, je me suis dépassée. Malgré la pluie, L se sentait heureux ce matin, ça faisait plaisir à voir. Et physiquement, il est sacrément en forme. Il m’impressionne.

Nous arrivons au gîte “Au Jardin de Lola” où nous sommes accueillis par Sophie qui a changé sa casquette de pèlerine pour celle d’hôte. Trempés, les pieds qui chauffent, c’est avec un grand soulagement qu’on se pose au gîte.

Et ce soir, c’est vraiment le bonheur pour nous : Thomas, Sophie et Agathe se sont occupés des courses, de l’apéro et du dîner (mention spéciale pour les pâtes bolo de Sophie). Je savoure qu’on prenne soin de nous comme cela. Je me sens un peu épuisée, la journée de repos de demain est vraiment la bienvenue.


Vendredi 7 novembre : Figeac - jour de repos

 

L : cette journée c’était le repos : quelques courses, un cinéma, une balade en ville (Figeac) et surtout pour le midi, un restaurant magnifique.

 

Cécile : Une journée de pause à Figeac qui me fait beaucoup de bien. Je sens que le corps qui relâche, je me suis sentie toute ramollo. Avec L nous nous sommes baladés dans Figeac, on s’est fait un bon restaurant et un cinéma. Au retour, petit arrêt dans un café associatif où il y avait une jam session. Bonne ambiance. Je crois que cette pause nous a fait du bien, nous repartons demain pour 24 km (les chaussures sont presque sèches)

 

Samedi 8 novembre : Le Verdier Haut

 

L : Aujourd’hui, nous avons fait 24 km, c’était une épreuve mentale, je me disais que ça allait être long, mais je me suis rappelé pour quelle raison j’étais là et dans la journée, je me suis senti mieux, c’est fou ce que la marche m’a apporté en 15 jours. Et c’est ce qui me pousse à continuer

 

Cécile : Ce matin, nous reprenons la marche. Je crois que nous avions chacun besoin d’être dans notre bulle, nous n’avons pas beaucoup parlé. J’étais un peu dans la douleur physique au niveau des mollets et des pieds. Pour L, ça continue de dérouler. Après la pause déjeuner, je me sens mieux. La portion du chemin est agréable. Avec L, nous passons un long moment à observer une truie qui retournait la terre avec son groin. En fin de marche, nous avons ri, chanté, crié. Notre façon à nous de décharger, je crois. J’aime ces moments de complicité où on se marre bien. Le cerveau débranche, la fatigue est présente, ça permet de bien lâcher. Nous arrivons assez tôt au gîte de Marylène où je prends le temps de me masser pieds et mollets pour tenir les deux grosses étapes qui nous attendent. On fait une petite sieste, on retrouve Sophie pour la soirée


Dimanche 9 novembre :Varaire

 

L : Ce matin, il y avait beaucoup de brouillard, on ne voyait même plus les montagnes, il faisait frais aussi, à la pause du midi, on a trouvé un endroit près d’une falaise pour y déjeuner, dans l’après-midi, on a eu une vraie discussion avec Cécile par rapport aux lettres que je vais envoyer à mes proches. J’y ai trouvé un intérêt pour qu’ils sachent comment je me porte, ce que j’ai sur le cœur et comment je vois la suite. En marchant, nous n'avons aucun moyen de distraction car nous nous retrouvons face à nous-même, face à nos pensées, nos idées et notre créativité. C’est parfois ça qui nous pousse à voir la réalité et c’est comme ça qu’on peut la changer en se questionnant.

Frédéric, l’hôte du gîte nous fait une entrée, plat, dessert absolument magique et pour finir Marie-Hélène celle qui nous a accueillis hier m’a passé le livre de Bernard Ollivier “Marche et invente ta vie”, le fondateur de Seuil qui y raconte la vie d’une quinzaine d’ados qui ont participé à Seuil, leur aventure et surtout le “après”, que sont-ils devenus entre ceux qui ont réussi et ceux qui ont échoué ? Merci Marie pour ce livre, je voulais même l’acheter à mon retour.

 

Cécile ; Aujourd’hui, nous avons pris notre temps, nous avons probablement besoin de ça.  Départ de chez Marylène dans la brume puis ça s’est levé. Le grand soleil de l’après-midi a fait du bien. Ces 30 km, à notre rythme et avec pas mal de pauses, ont été rythmés de nombreux échanges avec L qui chemine de jour en jour; il me partage certaines de ses pensées, de ses envies, de ses questionnements et cela nous a valu de belles discussions. Nous commençons à bien ressentir les effets de la marche sur les pensées et la reconnexion à l’essentiel. Avec tout ça, la nuit tombait et nous avons fini le chemin à la frontale, une chouette expérience.

Frédéric nous a réservé un super accueil et un dîner délicieux et réconfortant, que nous partageons avec Sophie et 3 nouveaux pèlerins. Maintenant, place au dodo car une nouvelle grosse étape nous attend demain.

 

Lundi 10 novembre

 

L : Ce matin, il faisait frais, mais il y avait 33 km à faire de quoi faire un aller-retour Villeneuve Saint Georges-Nanterre.

A 12h, nous avons fait plus que la moitié des 18 km, il n’y avait pas beaucoup de dénivelé aujourd’hui. J’ai trouvé une astuce pour boire 1,5l d’eau par jour et ça marche pas mal, c’est de boire une à trois gorgées toutes les 30 mn et avec cette solution hier et aujourd'hui, j’ai atteint cet objectif, niveau mental c’est le top. Depuis que j’ai arrêté de fumer, je sens que je suis plus vivant, plus actif dans la vie, mais j’ai de la culpabilité que mes proches aient dû vivre avec ça, ça a vraiment changé quelque chose. A mon retour, je ferai tout mon possible pour renforcer nos liens et leur montrer qu’on peut tous évoluer. Vers la fin du chemin, on reste pas mal de temps avec Tanguy et Armand, on discute et on contemple la vue. On les avait croisés la nuit dernière au gîte de Frédéric, ils sont sympas et viennent de la zone “Paris”

Arrivé à Cahors, je suis choqué, enfin une “vraie ville” depuis tout ce temps ce n’était que des campagnes. Arrivé au gîte un super accueil, vraiment excellent de la part de Sophie, et deveniez quoi on croise Michel dans le gîte, ce vieux en pleine forme, il m’inspire, il a trop de flow. Ce soir, on se fait un bon restaurant après tant d’efforts. Demain journée de repos.

 

Cécile : Encore une sacrée étape nous attendait aujourd’hui avec 33 km pour rejoindre Cahors. Le chemin n’a pas toujours été agréable avec beaucoup de cailloux qui faisaient mal aux pieds, mais au final, ce ne sont que les bons moments qui restent à la fin de journée : les quelques pauses avec Sophie, Tanguy et Armand, les discussions avec L et les moments de calme en pleine nature. Arrivé à Cahors, L est super heureux de retrouver une ville avec des jeunes, des kébabs et du monde ! Son enthousiasme débordant me fait beaucoup sourire. C’est presque contagieux ! Nous disons au revoir à Tanguy et Armand qui repartent sur Paris demain et avons la bonne surprise de retrouver Michel au gîte Le Cocon. Hey oui ! les rencontres sur le chemin font vraiment partie de l’aventure. Ce soir, j’ai de la bonne fatigue liée à la marche. Je suis heureuse de vivre cette expérience aux côtés de L avec tous ces moments de partage et rencontres et la performance physique aussi. Nous avons parcouru 350 km dont 63 km ces deux derniers jours. Notre binôme me semble solide et soudé. Je suis fière de nous

 

Mardi 11 novembre : Cahors

 

L : n’a pas écrit

 

Cécile : Tandis que L écrit, je me pose et prend du temps pour moi dans la journée. Cela me fait beaucoup de bien. Et puis, l’ambiance bascule. Ce soir, c’est compliqué. On se fait accompagner par Anthony, notre référent de marche. Je parlais hier de solidité, aujourd’hui ça vacille. J’espère que c’est passager et que la nuit portera conseil pour la suite.

 

Mercredi 12 novembre : Lascabanes

 

L : Aujourd’hui, ça fait 19 jours qu’on marche. Je ne vois plus les jours passer, on a fait 23 km et ce n’est pas pour me vanter mais ça allait, dans 17 jours c’est l’Espagne et on aura fait la moitié du chemin. En rentrant au gîte, j’ai continué à écrire des lettres à mes parents.

 

Cécile : Ce matin, nous reprenons la marche. En route, je reviens un peu sur hier soir et on discute. On aborde rapidement le sujet des émotions, des pulsions, des envies et puis des discussions plus légères sur le cinéma, des séries, films qu’on a aimés.

L’après-midi est agréable avec un soleil et 21°, ça fait plaisir.

Aujourd’hui, nos compagnons de route sont déjà loin et on ne croise aucun autre pèlerin, ni sur le chemin, ni dans le gîte. Journée en tête à tête. Et symboliquement, nouvelle étape pour moi. A partir de Cahors, je découvre le chemin ! Et oui, c’était mon point d’arrivée en 2021.

 

Jeudi 13 novembre : Lauzerte (25 km)

 

L : Cette journée était fatigante, surtout le matin, je pense que c’est l’accumulation des marches. A la pause midi, on y croise des chiens. On a mis tempête (= on est partis vite). Ce soir on y mange bien, l’hôtel est sympa. Le soir j’ai pu passer un appel téléphonique, un super moment.

 

Cécile : Une journée à 24 km qui se passe bien. Nous passons par des villages que je connais : Montcuq, Lauzerte et c’est agréable d’y revenir. Aujourd’hui, sur le chemin, nous voyons un joli dessin du parcours nous indiquant que nous sommes à la moitié de la voie française. Ça fait plaisir ! La relation au temps est vraiment étrange ici !

Nous arrivons chez Nicole à Lauzerte qui nous accueille avec une merveilleuse énergie et de délicieuses crêpes. Nous dînons tous les trois. Les pèlerins se font rares à cette époque !


Vendredi 14 novembre : Durfort Lacapelette

 

L : Aujourd’hui, j’étais ko. Je n’arrivais même plus à marcher, vers la fin du chemin psychologiquement off, on était dans un délire… Même dans le gîte, la fatigue était présente.

 

Cécile : Aujourd’hui, la journée invite à la lenteur. Je reviens dans l’instant présent, dans la contemplation et ça fait du bien. Nous prenons le temps ce matin chez Nicole et ne partons qu’à 11h. Le bonheur de traîner un peu le matin, avec une étape de seulement 12 km. Dans la matinée, sur le chemin, j’observe, je contemple, je ressens. Et c’est agréable. Le temps est nuageux, mais il fait doux. Le vent est agréable. Marcher m'invite alors à ralentir et j’adore ça. Le calme et le silence du chemin m’apaisent. Je vois bien que pour L c’est challengeant. Il en a un peu marre et perd un peu la motivation. Alors, on essaye tous les deux de mettre un peu d’humour dans tout ça. On a même failli aller chercher une aiguille dans une botte de foin, pour de vrai. Et oui, on s’amuse comme on peut et ça ferait un bon escape game.

 

Samedi 15 novembre : Moissac

 

L : J’étais fatigué pendant une partie de la journée. Zéro énergie, mais il y a eu un bon soleil, des pentes mais apparemment il y en aura de moins en moins.

Arrivés au gîte, une sorte de grand château à l’ancienne on pose nos affaires et nous allons visiter la ville de Moissac. Etant donné qu’on n’avait que 20 km, on y arrive vers 15h, on trouve un salon oriental, on y prend quelques pâtisseries et du thé marocains, on se pose, une ambiance agréable. On se demande même avec Cécile si nous pouvons continuer jusqu’au Portugal, puis prendre un bateau jusqu’en Algérie.

 

Cécile : Journée avec des hauts et des bas pour L et moi. La fatigue est de plus en plus présente pour L et la motivation du début s'essouffle un peu. Et oui, nous nous sommes lancés dans un marathon et non un sprint. Il nous faut être endurants. Nous arrivons assez tôt à Moissac, passons un agréable moment en compagnie de Patrick, notre hôte du jour. Nous visitons l’abbatiale et je me demande comment redonner le sourire à L. Et là, au détour d’une rue, nous tombons sur un salon de thé oriental. Le visage de L s’illumine et se transforme en quelques secondes. Nous nous offrons quelques pâtisseries marocaines et un thé à la menthe. Nous passons un très bon moment et je retrouve un L avec le moral, ça fait plaisir.

 

Dimanche 16 novembre : Auvillar (21 km)

 

L :  Ce matin, nous traînons un peu, réveil à 8 pour un petit déjeuner de roi. Nous démarrons le ventre plein, un au revoir et nous allons faire un tour au marché, quelques olives, du fromage et un stand de spécialités turques. Un marché “normal”, bien différent de tous les autres qu’on a vus jusqu’ici. Nous poursuivons dans un magasin de sport (hier, nous nous sommes arrêtés ici pour réparer les bâtons de Cécile, on rencontre un homme sympa) on lui dit un dernier au revoir et nous allons suivre le canal de Moissac jusqu'à Auvillar. C’était assez long, il y avait beaucoup de plats, le chemin se ressemble toute la journée. On arrive au gîte, un couple indien, un accueil super propre (je m’imagine déjà la cuisine) à 18h, on sent déjà l’odeur du bonheur, tandis que la maison fait quand même 3 étages, mise à part la cuisine, la maison est super propre avec la culture indienne qui est fort représentée. Sur le chemin, on rencontre beaucoup de monde, ça me dépayse des mecs des cités

Le repas est super bon, du riz, des œufs et du poulet au curry avec une sorte de ratatouille. C’était excellent, même la petite soupe au début et le gâteau au chocolat + de la glace, au niveau goût 10/10. Ils nous ont appris la culture indienne, des gens sympas.

 

Cécile : L’ambiance du jour est joyeuse et plus apaisée qu’hier, c’est agréable. Je suis descendue 5 mn trop tôt ce matin, L était en train de me préparer un plateau pour un petit déjeuner au lit ! Jolie attention. Aucun regret cependant car nous partageons un très bon moment en compagnie de Patrice.

Ce matin, nous prenons encore notre temps. Nous discutons, faisons nos emplettes au marché de Moissac pour le pique-nique, discutons avec le vendeur de la boutique de running. On profite quoi ! La journée de marche le long du canal se passe bien, même si mon sac me semble lourd aujourd’hui. Je suis épatée de la météo qui est vraiment avec nous et nous permet de savourer notre journée en pleine nature. Je me sens bien ce soir et notre nouveau gîte du jour est top. Il paraît qu’on va se régaler avec la cuisine indienne 🙂 Cerise sur le gâteau : un joli mot de Sophie nous attendait dans la chambre. Encore une attention qui fait chaud au coeur. Ce chemin est plein de surprises.


Lundi 17  novembre : Miradoux (18 km)

 

L : Aujourd’hui, nous avons tracé nos 18 km. A 12h, il ne nous restait plus que 1 km à faire. Cécile était fatiguée, moi en pleine forme, le chemin est passé rapidement. C’est bizarre car au début, tout me paraissait long, je pensais dans le négatif, tandis que maintenant je pense simplement, sans prise de tête. Nous arrivons au gîte à 14h, rendez-vous compte, c’est super tôt, on s’installe, on va faire des courses au village de Miradoux où nous sommes. Christelle “ notre hôte d’aujourd’hui, nous propose de jouer au jeu “6 qui prend” au début j’avais des appréhensions, finalement c'était bien, je cuisine des pâtes au saumon, nous mangeons et c’était super bon, Cécile peut confirmer. Demain, la plus grosse étape : 34 km jusqu’à La Romieu.

 

Cécile : Aujourd’hui, changement de département, nous passons dans le Gers. J’apprécie les petites collines, les champs à perte de vue. En revanche, la glaise qui colle aux baskets est franchement désagréable. Avec la fatigue, ça me rend ronchon sur les derniers kilomètres. Nous sommes accueillis par Christelle qui nous loue un petit studio pour la nuit. Nous passons un super moment tous les trois à jouer au “6 qui prend”, mauvais tirage sur la dernière partie, je suis la grande perdante du soir. Pendant que je rédigeais le rapport, L nous a refait sa spécialité : les pâtes au saumon, toujours un régal et maintenant c’est repos, une grosse étape à 34 km nous attend demain.

 

Mardi 18 novembre : La Romieu (34 km)

 

L : Ce matin, il fait super froid, même à 12h une galère pour manger avec ce temps. Dans l'après-midi, le ciel et le soleil sont les bienvenus. Ces 34 km, je ne les ai même pas sentis. Laurent, l’hôte de ce soir, nous offre le repas, et ma nuitée. Super généreux.

 

Cécile : Une longue étape nous attendait aujourd’hui. La marche a été calme et paisible. Comme souvent, L ouvrait le chemin avec un bon rythme et je suivais. Dans l’église de Lectoure, nous avons fait une halte et avons profité d’un joli chant. La pause déjeuner fut rapide car nous avions vraiment froid. On s'est demandé comment nous ferions en plein hiver. Le soleil est quand même venu nous réchauffer dans l’après-midi.

Ce soir, Laurent, notre hôte, nous a invités à manger. Un moment chaleureux et convivial tous les trois, avant d’être complètement chouchoutés par Laurent qui m’a offert un massage que mon corps a adoré après ces 24 jours de marche


Mercredi 19 novembre : La Romieu

 

L : Ce matin, on décide de changer notre programme à la dernière minute. On n’ira pas à Condom on a décidé que ce sera notre jour de pause, aujourd’hui. On en parle avec Laurent (hôte du jour). Il est d’accord pour qu’on passe une nuit de plus et pour nous emmener aux thermes à 10h30 nous partons de La Romieu, direction Lectoure, on visite la ville, puis nous nous posons dans un café, on prend une boisson chaude. On prépare nos réservations de gîte, jouons au Yams avec une future dame dont on vient de faire la connaissance. Puis nous commandons à manger, après le repas, direction les thermes, j’avais beaucoup d’appréhension, Cécile voulait qu’on prenne la formule massage de pieds + bain thermal avec accès (hammam, sauna, piscine thermique et jacuzzi). Dans ma tête, c’était wtf on va me toucher les pieds, genre la personne qui te masse, c’est un esclave, comment aimer toucher des pieds de verrues de vieux tout ridés. Mais finalement, on a pris “juste” spa, là aussi beaucoup d’appréhension car ce n’est pas mon délire, finalement après acclimatation, c’était vraiment pas mal, on a même fini par inviter Laurent qui devait venir nous chercher à 17h. Nous sommes restés jusqu’à la fermeture. J’ai découvert et j’ai aimé surtout le sauna, mais j’ai eu quand même chaud qu’on nous enferme et qu'on cane dedans cramés.

 

Cécile : Changement de plan ce matin au petit déjeuner. Nous décidons de rester un jour de plus ici pour profiter des thermes de Lectoure. Laurent nous propose de nous y déposer et nous y rejoint même en fin d’après-midi. 4h de spa de pure détente. Je profite intensément de ce moment où je ne pense à rien et où tout mon corps se relâche. C’est une grande première pour L. qui a osé aller au-delà de son appréhension et qui a apprécié l’expérience. Comme quoi, l’inconnu a parfois du bon. Bravo à lui.


Jeudi 20 novembre : Condom (14 km) La Romieu ---> Condom

 

L : La veille nous avons bien profité, un réveil matinal dur, mais nous prenons quand même la route à 9h30 pour une étape de 13 km, de La Romieu Condom. Une fois arrivés après 3h30 de marche, nous allons dans un restaurant asiatique manger. A notre retour au gîte, il y a une douzaine d’hébergeurs dans la maison, on discute et nous faisons un apéritif. Au repas du soir, j’ai goûté le fromage de chèvre, c’est pas carré.

 

Cécile : Pour cette reprise, une petite étape nous attendait. Le froid s’installe, mais le soleil nous a accompagnés toute la matinée. La marche a été agréable, je sens que notre pause d’hier a été vraiment bénéfique. Nous sommes arrivés à Condom à 12h30 et nous nous sommes régalés dans un petit restaurant dans le village. Après-midi repos chez Pierre où je me sens comme à la maison. Nous avons partagé le goûter avec une quinzaine d’hébergeurs qui revenaient de Saint Jean Pied de Port. C’était animé. Nous n’étions pas habitués à voir autant de monde. Ce soir, nous dînons tous les trois avec Pierre. Comme depuis un long moment maintenant, toujours aucun pèlerin en vue, mais nous sommes bien entourés, avec nos amis belges juste derrière, Sophie, Michel et Thomas qui eux nous ouvrent la voie. C’est chouette de rester en contact avec les copains du chemin. 🧡


Vendredi 21 novembre : Eauze (34 km)

 

L : En ce moment, les températures chutent. Il fait plus frais, surtout le matin. Mais heureusement, il y a toujours du soleil qui revient durant la journée. C’était aussi une grande étape de 34 km de Condom à Eauze, mais aussi on arrive à 1000 km, c’est à dire qu’il nous reste 1000 km à parcourir. Ce soir dans le gîte, Cécile n’avait pas faim, j’ai donc fait mon repas avec du riz avec tarpin de légumes réduits et des œufs durs pour les protides, c’était tarpin bon !

 

Cécile : Je ne vous cache pas que ce soir, je suis épuisée. Épuisée mais heureuse et remplie d’une bonne fatigue physique. Nous avons cheminé à une bonne allure pour ces 34 km. L’étape était belle et agréable. Nous avons sorti les vêtements d’hiver, mais en mouvement ça va, on n’a pas froid. Je vous avoue que les derniers kilomètres ont tiré un peu, mais je suis fière de nous deux. L et moi sommes arrivés un peu ko au gîte. Nous avons ri car dans l’épicerie, nous n’avons jamais été aussi lents et indécis. Ah oui, j’oubliais, on a vu une biche ce matin ! Allez au lit, le sommeil m’emporte.

Oups ! j’oubliais un autre fait marquant de la journée ! Nous sommes à moins de 1000 km de Santiago aujourd’hui, sur le pont d’Artigues, traversée symbolique de ce chiffre qui fait plaisir. L’Espagne est toute proche.

 

Samedi 22 novembre : Nogaro (21 km)

 

L : On a vu la silhouette des montagnes des Pyrénées, c’est bizarre car en marchant nous avons plein d'idées pour le blog, mais le soir quand il s’agit d’écrire, il n’y a aucune pensée qui ressort.  Mis à part les Pyrénées que j'attendais depuis un moment d’ailleurs, dans sept jours, nous y sommes. A Nogaro, il y a un circuit de voitures qu’on entendait depuis les montagnes. Vrouuuum ! Et ce soir, ma spécialité :  les pâtes au saumon, mais Cécile n’a toujours pas faim, donc je me régalerai seul avec la vaisselle aussi malheureusement. Demain, 27 km jusqu’à Aire sur l’Adour, quelque chose comme ça. Bon, je vais aller me faire à manger car il est déjà 18h24 et j’ai les canines.

Finalement, Cécile n’a pas pu résister, elle a fini par manger. Bonne nuit !

 

Cécile : Ce matin, je me suis levée après L qui avait préparé le petit déjeuner. Super agréable.

C’était une plus petite étape aujourd’hui, alors j’apprécie de ralentir et prends mon temps.

A un moment, je vois L au loin me faire des grands signes avec ses bâtons, faire demi-tour et courir vers moi. Je ne comprends pas ce qu’il se passe jusqu’au moment où j’entends “les Pyrénées !” Ça y est, nous les apercevons enfin. Elles sont encore loin, mais quel bonheur d’observer la chaîne des montagnes en arrière-plan. La journée est vraiment agréable et une fois arrivés au gîte, la fatigue me tombe dessus.

L gère vraiment bien le soir. Il s’occupe de son repas, se prépare à manger et me tente de nouveau avec ses pâtes au saumon. Ce soir, nous retrouvons Bastien que nous avions vu au début à Saint Chély. Bonne surprise, cela faisait au moins 10 j que nous étions seuls.

 

Dimanche 23 novembre : Aire sur l’Adour

 

L : Il y avait beaucoup de pluie durant toute la matinée. On ne parle pas avec Cécile, nous avançons seulement. Nous arrivons à la pause midi, nous trouvons un abri avec banc plus table et je passe enfin mon appel à mon éducateur. C’était chanmé de ouf, ça m’a boosté pour la suite. J’ai aperçu une nouvelle fois les Pyrénées malgré le mauvais temps. Ce soir, nous étions en demi-pension, nous nous sommes régalés, la nourriture c’est une grande partie de l’aventure. On y pense régulièrement.

 

Cécile : Ce matin, nous mettons du temps à partir. Il faut dire que la pluie nous invite à rester au chaud et de profiter avec Vincent et Bastien. Nous finissons par enfiler les capes de pluie, cela faisait longtemps, et reprenons le chemin. Très vite, l’eau s’infiltre dans mon pantalon, glisse le long de mon mollet et trop dans les chaussures. Ça fait flop, flop mais malgré ça, je suis heureuse d’être là, dehors, à marcher, et je prends du plaisir. Nous sommes contents de trouver un abri pour déjeuner au sec. Bastien nous rejoint et nous passons l’après-midi de marche ensemble. C’est agréable d'avancer avec une autre personne aussi. Arrivés à Aire sur l’Adour, nous nous quittons en espérant nous revoir bientôt. Nous passons une très bonne soirée au gîte en compagnie de Christine. Nous avons un petit moment de nostalgie ce soir devant notre crédentiale, le recto est plein et nous retraçons notre chemin gîte par gîte, devant tous ces jolis tampons, ce qui nous marque le plus avec L, ce sont les hôtes, les belles rencontres, et les souvenirs de plats ! 30 jours, ça commence à en faire des souvenirs ! 🙂

 

Lundi 24 novembre

 

L : Aujourd’hui la pluie m’a saoulé, le matin ça allait, mais l’après-midi, la tête à popis, elle a voulu jouer avec mes émotions. Elle apparaît, puis elle disparaît, à la fin, j’ai fini par l’insulter, elle rendait trop fou. J’étais trempé, assoiffé. A la fin, j’ai fini par découvrir de nouvelles recettes culinaires dans le gîte de ce soir.

 

Cécile : La journée de marche a été vraiment difficile pour moi aujourd’hui. Je croyais que le plus dur était fait, que le corps était habitué et que ça allait dérouler. C’était une erreur ! Heureusement, notre halte de ce soir nous permet de nous ressourcer et d’oublier toutes les difficultés de la journée. C’est fou comme les moments chaleureux avec nos hôtes et un bon repas et un bon lit nous permettent de repartir le lendemain. Ce soir, nous dormirons à la ferme de Nordland où nous nous sommes régalés avec une sorte de terrine canard-foie gras, puis un magret de canard incroyable ! Ça valait le coup de s’arrêter à la ferme et de profiter de la gastronomie locale. Avec un couple aux petits soins pour nous deux.

 

Mardi 25 novembre : Larreule (19 km)

 

L : Il y a eu encore de la pluie et beaucoup de fatigue aujourd’hui, 2 - 3 jours de pluie d'affilée, c’est chaud, mais normalement il ne pleuvra plus les prochains jours. Ce soir, nous dormons à la ferme, il y a un perroquet, tu parles avec lui comme si c’était le frérot. Un train de vie totalement différent de la ville.

 

Cécile : 3ème jour consécutif avec les pieds dans l’eau, ça commence à devenir une épreuve mentale ! On s’est fait complètement tremper par une grosse averse et avec le vent, il faut dire que c’était pas le top du confort ! Après le sandwich du midi avalé sous un abribus, nous avons eu une éclaircie que j’ai savourée !

Le chocolat chaud plus kitkat servis par Patricia à notre arrivée au gîte nous a fait du bien.

Dans l’après-midi, nous avons réservé les prochains gîtes, les choix se restreignent vu la période, nous adaptons donc certaines étapes. Avec L nous restons soudés et déterminés à poursuivre. Au dodo pour recharger les batteries pour demain !


Mercredi 26 novembre : Maslacq (22 km)

 

L : La journée a été agréable, du soleil et zéro pluie. Les 28 km ont été rapides, c’était aussi très long à certains moments. On croise plusieurs fois les Pyrénées, on se pose face à elles, c’est un point de vue magnifique, et dire que dans quelques jours nous les traverserons et nous arrivons de l’autre côté en Espagne ! 

L’hôte, Béatrix, nous prépare un super repas, elle utilise que de bons produits pour le corps et elle est super gentille, elle crée une bonne ambiance, que ce soit dans sa personnalité ou chez elle simplement. Nous nous retrouvons au dessert et devant une tisane au citron devant la cheminée et les vibrations sonores de ses plantes. Elle nous transmet sa vision de la vie, nous discutons et on finit par faire une activité petit déjeuner : nous préparons nos bols de fruits secs et d’avoine pour demain. J’ai hâte de me lever pour aller manger, vu ce qui nous attend !!

 

Cécile : Alléluia ! Le soleil est revenu, et ça change tout ! J’apprécie vraiment cette journée de marche. L trouve un super spot face aux Pyrénées pour le pique-nique. Nous arrivons chez Béatrix à Maslacq après 28 km. Je suis contente d’arriver et je prends le temps  de me faire une bonne séance d’étirements et de massages  pendant que L discute avec Béatrix près du feu. Nous passons une superbe soirée tous les trois. Et Béatrix nous fait écouter le chant de ses plantes avec un appareil spécifique. Super expérience. Encore une belle rencontre qui va nous accompagner pour la suite du chemin.


Jeudi 27 novembre : Navarrenx (22 km)

 

L : Aujourd’hui, il y avait un grand soleil. La journée était bien mais avec un peu de fatigue. On voit de plus en plus proches les Pyrénées.

Ce soir, au gîte, on mange et on dort. A demain.

 

Cécile : Ce matin, nous profitons de Béatrix au maximum et prenons le temps au petit déjeuner. Elle nous propose un rituel avant de partir et je dépose donc un caillou coloré dans son jardin avec une intention. La journée est magnifique. Les Pyrénées enneigées sont là, devant nous, nous offrant un spectacle merveilleux. Nous croisons des chevaux avec des cloches, comme les vaches ! Cela nous surprend avec L.

En tous cas, la région est vraiment belle et j’ai encore du mal à réaliser tous ces kilomètres parcourus et cette chaîne de montagnes à quelques kilomètres de nous 

 

 Vendredi 28 novembre : Aroue (17 km)

 

L Une nouvelle fois une journée ensoleillée durant la journée. Nous avons 17 km avec une difficulté en plus, nous avons prévu le pique-nique, repas du soir, petit déjeuner du matin et pique-nique du lendemain, car il n’y a aucune épicerie pendant deux jours sur le chemin, le sac pesait pas mal son poids. Nous voyons toujours les Pyrénées de plus en plus proches, à chaque moment qu’on les aperçoit, nous sommes toujours aussi contents.

Presque arrivés au gîte, on s’arrête et une pause pomme dans une prairie, devant ces montagnes, avec une vue inhabituelle dans cette prairie.

On en profite aussi pour se reposer devant un grand soleil.

Ce soir, c’est à nous de cuisiner, demain une grande étape de 29 km et ensuite 19 km jusqu’à Saint Jean Pied de Port. Quelques modifications de programme, mais on vous en parlera plus tard.

Cécile : Une agréable petite étape aujourd’hui. On arrive au gîte par une immense prairie où on décide de profiter de la belle vue et du soleil. On se pose au moins 30 mn, c’est super agréable. Le gîte Bellevue porte bien son nom.

 

Samedi 29 novembre : Larceveau (29 km)

 

L : Ce matin, Cécile me laisse de l’avance, mais elle me dit qu’à midi, je dois m'arrêter pour qu'on trouve un endroit pour manger. Après deux heures de marche solitaire, je m'arrête car il y a un chien sur la route, j’attends donc Cécile car moi je ne vais pas au front seul. Au moment où nous avançons, le chien aboie, il veut notre peau, on ne le calcule pas et nous traçons notre chemin. On marchait et il nous suivait pour nous intimider.

A midi, nous faisons une pause, Cécile trop fatiguée à l’idée de reprendre juste après le repas me laisse partir seul, elle me donne le nom du gîte et c’est parti pour une après-midi, seul, face à la nature. Même pas 5mn après l’avoir quittée, mon appréhension se réalise, un chien sur la route, vous pouvez penser que j’ai attendu Cécile et bien non, j’ai tracé ma route, il aboyait, il se rapprochait de moi. Je n’étais pas serein, mais je l’ai fait et pas qu’une fois. Car oui, j’en ai recroisé encore un autre, mais lui, il était vraiment touché par la vie. Il m’a suivi sur 50m, il bougeait de partout, j’ai fait la technique Cécile, j'avance sans le regarder, dès qu’il est derrière moi, bâtons en arrière légèrement baissés pour qu’il ne me morde pas les mollets. Je suis devenu tout pâle, je me disais “là, L y’a que toi qui peux te sauver”. J’ai vu aussi un magnifique point de vue, j’ai d’abord monté une montagne, puis une vue sur toutes les Pyrénées. C’était vraiment bien, j’étais seul face à elles, il y avait une bonne météo, c’était magique. Quand j’arrive au gîte, il est 15h. On a rencontré Guillaume, l’hôte du gîte. Nous passons une bonne soirée à discuter autour d’un bon repas.

Cécile : Cette étape était magnifique. Les paysages de ce matin m'ont replongée dans mes souvenirs de Nouvelle-Zélande, avec les prairies, les moutons et les montagnes.

Cet après-midi, j’ai pris le temps et j’ai fait plusieurs pauses pour profiter des paysages pendant que L filait à toute allure. Nous nous sommes retrouvés au gîte, contents de nous raconter notre après-midi. Deux expériences avec des chiens vraiment pas sympas aujourd’hui. Heureusement que les bâtons étaient là pour nous protéger. On a eu chaud ! On passe une super soirée avec Guillaume qui nous propose un apéritif maison (guindillas, anchois à catalane, ossau iraty et maïs grillé) et un bon repas qui fait du bien après cette grosse journée de marche.

 

Dimanche 30 novembre : Saint Jean Pied de Port (17 km)

 

L : Nous arrivons enfin à Saint Jean Pied de Port après 37 jours de marche, ce fut de très beaux paysages et de très bons et très mauvais moments. J’ai vu la générosité du chemin, j’ai aussi découvert plein de choses, de différentes cultures de manière de vivre, ça m’enrichit beaucoup.

Arrivés à Saint Jean Pied de Port, on goûte la spécialité locale du pays basque, leurs gâteaux basques, un gâteau avec soit une crème pâtissière soit une crème à la cerise. On a pris celle à la crème pâtissière pour plus de gourmandise. C’était très bon avec un chocolat chaud de qualité. C’est décidé, demain matin nous retournerons goûter celle à la cerise pour le petit déjeuner.

Demain, nous devions faire une pause, malheureusement tous les gîtes sont fermés le 1er décembre. Nous allons donc couper en deux l'étape de la traversée des Pyrénées. Demain 11 km jusqu’à Val Carles et mardi 11 autres kilomètres jusqu’à Roncevaux.

Nous avons traversé la moitié de la France, c’est donc parti pour traverser toute l’Espagne dès demain. Il y a impatience et appréhension d’être dans un autre pays où tu ne comprends même pas la langue et surtout les gîtes communaux, il n’y aura pas autant de convivialité et de rencontres, je pense.

Pour finir la journée en beauté ce soir nous allons au grec de la campagne, nous mangeons dehors dans un parc. Puis en rentrant au gîte, on discute avec notre hôte Marie. Elle nous offre la nuit, un très beau geste, une fois de plus sur le chemin.

Cécile : Wha wha wha, ça y est nous sommes à Saint Jean Pied de Port qui marque une sacrée étape. 37 jours que nous sommes partis du Puy en Velay avec L et ça y est, nous avons parcouru la Voie en France. J’ai ressenti beaucoup de joie ce matin. Je me sentais plus légère, plus joyeuse comme si ce chemin aux côtés de L m’avait aussi permis un cheminement intérieur.

D’ailleurs mon bâton a cassé ce matin. Je dois m'en délecter, je suis prête à les lâcher. Avec L, nous nous arrêtons à l’accueil pèlerin de Saint Jean Pied de Port où nous récupérons les informations pour la suite. Puis, on s’offre un goûter bien mérité, chocolat chaud, gâteau basque chez Barbier Millox. Nous faisons un petit tour dans la ville mais tout est fermé (dimanche après-midi)

Au gîte, j’apprécie un petit temps d’écriture, ainsi qu’un temps d’échanges avec Marie, notre hôte et L.

Cet après-midi de pause a fait du bien à mon corps et je me réjouis à l’idée de continuer le chemin demain, avec le passage en Espagne


Lundi 1er décembre Valcarlos (12 km)

 

L : Ce matin, nous avons mangé du gâteau basque, la spécialité du Pays Basque. Hier, nous avons goûté celle à la crème pâtissière et ce matin pour le petit déjeuner ce sera celle à la cerise accompagnée d’un chocolat chaud. Nous avons pris la route pour Valcarlos, mais avant ça nous avons fait un tour à la poste pour récupérer ma carte d’identité pour passer la frontière. Il y a aussi un cadeau de mes chers éducateurs, Justin et Coralie. J’ai vu des chaussettes colorées. J’ai directement pensé à eux. Ce n’est pas simplement des chaussettes, elles sont personnalisées. Ils ont écrit des mots d’encouragements et plein d'amour. Ça m’a redonné un coup de boost et un sourire (ils sont drôles quand ils veulent). Peu avant midi, nous croisons un centre commercial à la frontière France-Espagne, la caissière nous parle en espagnol, on n’a rien compris, heureusement Cécile maîtrise l’anglais, ils ont communiqué. A midi, on était au restaurant, avec un dessert plein de gourmandises. Pour aller à Valcarlos, nous passons dans les montagnes, une fois arrivés, on va au gîte qui est sur une montagne avec vue sur les montagnes.  Le gîte est spécial, pas de plaque de cuisson, des dortoirs de 12, mais heureusement nous sommes seuls. Il n’y a pas de couette, on doit dormir dans nos sacs de couchage, ça change vraiment du côté français.

 

Cécile : Ce matin, nous allons goûter au gâteau basque à la cerise cette fois-ci. Un régal au petit déjeuner. Avant de partir, nous passons par la poste pour récupérer la carte d'identité de L. Il y trouve des petites attentions de ses éducateurs qui lui donnent le sourire et lui font vraiment du bien. Et nous marchons jusqu’à Valcarlos. Une petite étape, qui remplace notre jour de pause à Saint Jean Pied de Port, faute d’hébergement. Et ça y est, nous voici en Espagne ! Nous dormons dans l'auberge municipale, assez sommaire mais ça fait le taf. Trop contente de ré-entendre de l’espagnol, même si les mots ont du mal à revenir. Il me faut encore un peu de temps, mais j’adore, ça fait voyager. Nous retrouvons Bastien ce soir au gîte. C’est marrant de se croiser comme ça, de temps en temps, par surprise. Ça donne une saveur particulière à ce chemin.


Mardi 2 décembre : Roncevaux (12 km)

 

L : On a traversé les Pyrénées. Hier ce n’était rien comparé au dénivelé d’aujourd’hui, on a monté de 300 m à 1000 m d’altitude des montées à en suffoquer. Une fois arrivés tout en haut, nous avons marché quelques kilomètres et nous arrivons enfin à Roncevaux, ce n’est ni un village ni une ville. Il y a une collégiale, un restaurant/hôtel et un bureau de pèlerins, c’est tout. Ça n’a pas le même fonctionnement qu’en France, pour y dormir il faut remplir des documents et si tu n’as pas ta carte d’identité, c’est mort tu ne dors pas. Une fois que nous nous sommes enregistrés, on va au restaurant manger juste après, ils nous ramènent dans la chambre, elle est tarpin bien pour le prix, la qualité ! Une penthouse, on ne s’attendait pas à ça

Au repas du soir, nous rencontrons Mario, un Croate, et une Coréenne. Ils ne parlaient qu’anglais. J’ai essayé de communiquer avec eux avec l’aide de Cécile et j’ai quand même réussi à faire quelques phrases. Je les ai compris quelques fois je n’avais pas compris la phrase, mais je savais ce qu’ils avaient dit. J’ai aussi demandé à quelle heure est le petit déjeuner et s’ils pouvaient mettre de la musique en espagnol au petit déjeuner, à l'accueil du bar du gîte. J’ai fait une phrase toujours avec l’aide de Cécile, et je l’ai faite et j’ai osé finalement ils ont accepté ; pour le coup fallait oser.

 

Cécile : Hier soir, nous apprenons que nous ne pouvons pas continuer en Espagne et qu’il nous faut revenir dès ce matin à Saint Jean Pied de Port pour régler des questions administratives. Cela met un peu de piment et d’imprévu dans notre voyage et comme il n’y a rien de grave, je prends ça avec beaucoup d’humour. C’est finalement assez vite réglé et nous sommes autorisés à reprendre le chemin. Après cette petite péripétie, nous traversons les Pyrénées et arrivons à Roncevaux vers 13h30. Je m’attendais à une étape beaucoup plus impressionnante niveau paysage par contre l’effort physique me fait beaucoup de bien. Le burger à l’arrivée aussi d’ailleurs. On sort de notre zone de confort ici. Nouvelle langue, nouveau fonctionnement. C’est la découverte. J’ai la sensation qu’un nouveau voyage commence.

D’ailleurs, ça y est nous rencontrons quelques pèlerins qui commencent à Saint Jean Pied de Port. Nous dînons avec une coréenne et Mario, un croate avec qui nous échangeons pas mal. Ah que ça fait du bien. Et L se lance en anglais et en espagnol, c’est chouette de le voir oser et vouloir échanger, malgré la barrière de la langue. Je suis sûre qu’il va vite progresser, il a l’air motivé.

 

Mercredi 3 décembre : Zubiri (22 km)

 

L : Ce matin, nous partons avant le lever du soleil, mais avant de démarrer, un bon petit déjeuner, du pain perdu, un gâteau…mais je trouvais que le beurre avait un goût spécial. J'avais énormément de fatigue aujourd’hui. On a fait notre premier pique-nique en Espagne, il y avait de la pluie mais nous nous sommes construits un abri avec des bâtons et une cape de pluie pour que nous puissions manger dans le sec.

On arrive tôt au gîte, quelques courses et nous recroisons la coréenne et la chinoise. Je ne saurais vous dire leur prénom, on a croisé aussi quatre autres hommes, deux espagnols, un français et un anglais. Il faut vachement que je me mette à la langue, ils me parlaient, je ne comprenais rien.

Je passe ma soirée près de la cheminée. Cécile cuisine des tortillas aux poireaux et à la tomate, une spécialité espagnole. 

 

Cécile : Ce matin, nous partons relativement tôt et j’apprécie marcher. Nous papotons pas mal avec L pendant la marche. Nous nous créons un abri de fortune pour déjeuner. On a encore de quoi s’améliorer pour rester au sec en cas de pluie !

Arrivés à l’auberge, c’est international et ça parle anglais. Heureusement, il y a Val’, un français avec qui L échange pas mal. C’est beaucoup plus animé ici qu’en France en tous cas ! Coréenne, chinoise, espagnol, anglais, il y a un mélange de toutes les nationalités. C’est dépaysant, changer de pays enlève encore des repères ce qui peut venir bousculer, perturber. Bravo à L qui tient bon et s’adapte à tous ces changements.


Jeudi 4 décembre : Pampelune (22 km)

 

L : Ce matin, je me suis levé tôt à 6h15. J’ai essayé de faire des oeufs au plat, ce fut un échec, les jaunes se cassaient. On se fait des toasts avocat, oeufs et des yaourts avec une pomme. Un régal pour le début de la journée.

Nous démarrons la journée avec l’Anglais (Neil) rencontré au gîte hier soir. Il parle beaucoup. Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il dit, mais il a l’air d’être bon délire.

Sur le chemin, il me parle, je lui dis “no speak english” et il continue à me parler anglais.  D’autres fois, je le comprends grâce à des gestes ou à la traduction de Cécile.

Nous avons aussi rencontré Chloélia sur le chemin. Elle vient de France, ou discute alors.

On arrive dans notre première ville espagnole Anne. On y déjeune et j’admire la ville, une ambiance de quartier locale, avec des grecs et des épiceries comme à Paris. Quatre kilomètres plus tard, nous arrivons à Pamplona, cette fois-ci une grande ville, avec des trams, des bus et beaucoup de civilisation. Nous cherchons le gîte et un monsieur vient nous aider à le trouver, super sympa.

Dans le gîte, je suis impressionné : des grandes lignes de lits superposés sur deux étages, il y en avait des centaines. Nous recroisons Bastien dans le gîte (l’albergue) notre meilleur prof d’histoire ; depuis 700 km nous le croisons à chaque fois. Puis nous allons faire nos courses et c’est parti pour une après-midi à Piqua Vox, un spa, jacuzzi, hammam. Il y avait même une salle de sport. Bastien nous y a rejoints même. *

En rentrant au gîte, nous nous préparons à manger avec Cécile. Il y a très peu de demi-pension en Espagne. Ce soir, c’est pâtes-pesto/brocolis. Il ne manque plus que des protéines. Il y a aussi un anglais qui m’a dit que je ressemblais à un vrai chef. Il a bien évidemment utilisé google traduction.

Ce soir, nous sommes beaucoup dans le gîte, environ une quinzaine. On ne parle pas à tout le monde, mais ça fait quand même plaisir de voir des gens. Et j’espère que demain, il ne pleuvra pas, car depuis qu’on a passé la frontière, on ne fait que d’utiliser la cape de pluie.

Pour finir, merci Cécile pour la vaisselle.

Bonne nuit ! 

 

Cécile : Ce matin, nous partageons un bout de chemin en compagnie de Neil, un écossais bien bavard et Chloélia.

Il y a du monde à l’auberge. L’albergue de ce soir est immense, dans un beau bâtiment et c’est une tout autre ambiance qu’en France.

Dans l’après-midi, nous profitons du complexe spa-piscine avec L et Bastien. Un vrai bonheur que je recommande à tous les pèlerins de passage à Pampelune.

Dans notre itinérance, une forme de routine s’installe. C’est agréable mais il y a toujours la surprise d’un nouveau lieu pour la fin de journée. Ce périple est très riche.


Vendredi 5 décembre : Puenta de la Reina (25 km)

 

L : On a monté une montagne, 300m de dénivelé positif, une fois arrivés au sommet, il y a une belle vue sur toutes les montagnes. On croise environ quatre villages espagnols durant la journée, il y a une bonne ambiance. En ce moment, on se lève tôt, on mange et nous ne marchons que le matin car nous démarrons tôt et nous avons entre 16 et 23 km à faire pendant six jours. On aime ce rythme car ça nous laisse l’après-midi de libre alors qu’avant nous partions à 9h et nous arrivions à 15h même dans les étapes les plus courtes. Arrivée au gîte à Puente la Reina, la chambre commençait à se remplir de pèlerins de la veille. Cette fois-ci, c’est un gîte avec des chambres de six lits superposés, pas du tout grande, il n’y a que la place pour y dormir, un peu trop conviviale. Nous étions 9 dans la chambre, que des hommes sauf Cécile et une autre pèlerine, l’odeur était insurmontable, nous avons demandé à changer de chambre, on est partis avec une Coréenne et une chinoise, nous n’étions que 4 et le temps d’aller faire les courses, en rentrant nous étions 8 dans la chambre, mais ça va ça sentait meilleur que dans l’autre chambre. J’ai fait apprendre des mots français à Neil. J’essayais de me débrouiller en anglais. Il a aussi utilisé Chatgpt pour que nous puissions se comprendre. Pendant ce temps, il ne fait aucun effort pour m’enseigner l’anglais. Je commence à comprendre quelques phrases, mais c’est vraiment minime et c’est grâce à lui un peu qu'il ne fait que parler toute la journée en anglais. Au repas, nous cuisinons du riz avec des légumes, nous partageons le repas avec Bastien toujours présent depuis le début. Buenas noches.

 

Cécile : ça y est, c'est le premier jour de beau temps depuis notre passage en Espagne. Le ciel est dégagé et nous apercevons enfin le paysage espagnol. Une fois sortis de la ville, l’étape du jour est très agréable. Je profite d’un café en terrasse à notre point de chute du jour. Dans l’auberge, il y a beaucoup de monde, les dortoirs sont optimisés au max. Nous sommes loin du confort des gîtes en France ! Mais c’est une chouette ambiance où plein de retrouvailles se rencontrent. J’apprécie rencontrer de nouvelles personnes et en découvrir chaque jour un peu plus sur ce camino francès.

 

Samedi 6 décembre : Estella (23 km)

 

L : Ce matin, nous prenons notre temps, on se lève un peu plus tard qu’habituellement. Nous rencontrons Tim un américain et Juan Jo, un espagnol, deux amis. J'essaye de communiquer malgré la langue, j’aime leur façon d’être. Sur le chemin, on croise plusieurs pèlerins, notamment Tim et Jean-Jo, on reste pas mal de temps avec eux à discuter. Sur le chemin, Cécile m’apprend le verbe “be” (être) en anglais, mon niveau d’anglais est très bas ! A la pause midi, on croise Bastien, une nouvelle fois, puis d'autres pèlerins se joignent à nous, je fais une session sportive avec Juan-Jo. Une fois reparti, je fais une grosse partie du chemin avec Bastien, on parle de plein de sujets différents. Les trois derniers kilomètres ont été super fatigants pour moi. Arrivé à l’auberge, je suis choqué du rapport qualité/prix, un endroit, super propre, grand, seulement 8 €. Cependant, ce n’est pas de leur faute, mais il y a quelques pèlerins grave sales, l’état de la salle de bain après seulement quelques passages, la table à manger pas nettoyée, les plaques de cuisson toutes grassouillées etc… Nous avons fait des courses, c’est une super ville, j’aime l’ambiance qu’il y a dedans. Dommage qu’on n’ait pas eu le temps d’y passer plus de temps. Cécile fait des pâtes bolognaises et je fais la vaisselle. Buenas noches amigos.

 

Cécile : Cette journée a été riche en rencontres et en échanges. Ce matin, nous discutons beaucoup avec L en marchant. L’ambiance est décontractée et légère. On se remet à chanter et créer nos paroles. Nous sommes bien inspirés et cette fois nous les notons. L veut carrément aller en studio pour nous enregistrer. On a encore un peu de répétitions à faire, mais ce serait drôle !

Aujourd’hui, nous croisons beaucoup de monde sur le chemin. Nous faisons une longue pause déjeuner avec Bastien, puis avec Tim, Juan Jo et John qui se joignent à nous. Français, Américain, Espagnol et Hollandais, tous réunis sur le chemin. J’échange beaucoup avec Tim et je suis surprise car tous les trois ont déjà fait d’autres voies, comme le camino del norte, ou refont ce même chemin. Ça illustre bien l’énergie spéciale qu’on ressent ici. Sur le chemin L est super motivé à apprendre l’anglais et même l’espagnol. Tous l’aident et l’encouragent.

On se retrouve tous ensemble à l’auberge.

J’ai adoré cette journée et dans l’après-midi, je me suis trouvée très chanceuse de vivre cette aventure aux côtés de L. On forme une bonne équipe même si, comme il dit, avec humour “on n’a pas trop le choix” !

 

Dimanche 7 décembre : Los Arcos (21 km)

 

L : Aujourd’hui, nous essayons de faire des œufs au micro-ondes, ce fut un échec et deux réussites. Il faisait beau. On s’arrête à Los Arcos, dans le gîte il y a Tim et nous, les autres ont continué le chemin. Ce soir, j’ai appris à Tim le français et il m’a appris l’anglais, on a mangé au restaurant et fait des activités.

 

Cécile : Les auberges espagnoles nous mettent dehors de plus en plus tôt, mais avec L nous avons pris le rythme ce matin, première déception en découvrant que la cuisine est fermée le matin et que nous devons renoncer à nos oeufs. C’était sans compter les bonnes astuces de pèlerins qui m’ont appris à faire des œufs au micro-ondes. Bon, la première tentative fut un échec total. Tout a explosé dans le micro-ondes qu’il a fallu nettoyer complètement. Mais j’ai persisté et nous avons pu manger notre super petit déj. Une drôle d’expérience dès le matin ! A 8h, nous quittons l’auberge pour une journée de marche absolument incroyable. J’ai adoré cette partie entre Estella et Los Arcos avec des montagnes, des paysages vallonnés, des vignes, un beau ciel bleu. C’était magnifique et super paisible, j’ai beaucoup aimé. Nous arrivons tôt à Los Arcos et croisons Tim avec qui nous allons à l’auberge. C’est calme ce soir, à l’image de cette journée. Comme quoi, toutes les journées nous apportent une ambiance nouvelle.

 

Lundi 8 décembre : Logroño (28 km)

 

L : Cécile et moi prenons de la distance sur le chemin, à midi, on se retrouve à Viana, une petite ville espagnole. Il y a du monde et du beau temps depuis que j’ai invoqué le soleil, il ne cesse d'être présent. On y déjeune et nous testons des gâteaux locaux, une superbe découverte. A Logroño une super ambiance, on sort dehors, il y a le marché de Noël, énormément de touristes, une ville pleine de vie, de décorations et d’illuminations avec les fêtes de fin d’année qui se rapprochent. J’avais des appréhensions sur le gîte, finalement, il est bien et c’est en donativo. Au repas, on rencontre des espagnols et un anglais, je ne connais pas encore leur prénom, mais si nous continuons à les suivre je les mémoriserais.

 

Cécile : Encore une magnifique journée avec un soleil incroyable en cette période de l’année. La matinée est paisible. Je ressens les bénéfices de la marche et de ce matin. Vivre avec peu de choses, profiter de la nature, des paysages, être dehors… Et vivre l’aventure, chaque jour changer de lieu, de faire des rencontres. Je ressens beaucoup de bienveillance de la part des pèlerins, des hospitaliers. Ce soir, nous sommes accueillis par deux bénévoles de l’auberge de Logroño. A table, pèlerins et hospitaliers félicitent L pour sa marche. Hey oui, déjà 45 jours que nous sommes sur le chemin. Ça impressionne pas mal de monde ici. J’ai beaucoup aimé l’ambiance du repas partagé ici. C’était une superbe soirée. Au dodo maintenant, une autre grosse étape nous attend demain.

 

Mardi 9 décembre : Nagera (29 km)

 

L : Il ne faisait pas trop beau aujourd’hui. 29 km agréables malgré tout, arrivés à Najera dans le gîte, on revoit Bastien, Tim et Juan-Jo qui arrivent juste après nous.

Ce soir avec Tim, nous allons faire les courses, que c’était dur de faire les courses avec un anglais (américain). On ne se comprenait pas trop, mais ça l’a fait. En sortant du magasin, je n’en pouvais plus. Finalement, on a cuisiné une soupe et des pâtes, c’était ce qui était prévu, c’était une super soirée, on a pu partager la soupe avec tout le monde. Je m’améliore en espagnol et en englais, même si on ne parle pas la même langue, ça ne nous a pas empêché de rigoler et de nous faire comprendre. A la fin du repas, on se fait plaisir, on met du nougat et du chocolat sur la table. Cette soirée était super, de vrais souvenirs qui resteront dans ma tête. On s’améliore aussi dans l’écriture. Buenas Noches ! 🧡

 

Cécile : Ha ! Quelle merveilleuse journée ! Il a fait froid mais la soirée nous a réchauffé les coeurs ! Ce soir, je me suis fait chouchouter par les garçons. L et Tim se sont occupés des courses et du dîner. J’ai pu m’offrir une bonne séance d’étirements et de méditation pendant ce temps-là. Et ensuite, nous avons passé une merveilleuse soirée de partage, de rires, de chants avec Juan Jo, Tim, Bastien, Roberto et Inès, nos deux hôtes du jour. Que j’aime ces moments ! L a vraiment bien géré, malgré la barrière de la langue, il se fait comprendre et progresse super vite.

 

Mercredi 10 décembre  : Grañon (27 km)

 

L : Ce matin, nous faisons notre spécialité avec Cécile, des oeufs avocat, yaourt, banane. Pour toute la famille, on mange et nous partons tous en même temps sur le chemin. Dès le matin, il se met à pleuvoir, c’était un peu saoulant, mais ça l’a fait. Nous avons fait 27 km jusqu’à Grañon. Dans l’auberge, un super accueil, c’est encore en donativo. Nous dormons sur des matelas au sol, ça change des lits. Nous sommes peu, il n’y a que Tim, Juan-Jo et sans oublier Bastien, car normalement l’étape du chemin est à 6 km avant, mais nous avons préféré continuer avec la famille pour le donativo. J’ai fini par aider en cuisine, il y a une vraie ambiance avec une musique dans la pièce. Le dîner est excellent. On a bien rigolé et passé de très bons moments à se marrer avec Juan-Jo et à dessiner avec Tim. C’est la meilleure aventure que j’ai pu faire jusqu’à présent, elle m’apprend tellement de choses et il y a trop de bons souvenirs à prendre.

 

Cécile : L n’a plus assez d’énergie pour activer son super pouvoir, alors la pluie est revenue. J’espère qu’il va vite récupérer pour qu’il fasse revenir le soleil !

Notre petite famille se retrouve en donativo à Grañon ce soir. Les hôtes sont encore adorables et d’une grande générosité. Nous partageons un super dîner ensemble, avec L, Tim, Juan-Jo, Bastien. Des liens se tissent. Nous discutons, dessinons, L et Juan-Jo font pas mal de sport. C’est chouette !


Jeudi 11 décembre : Espinosa del camino (24 km)

 

L : Ce midi, nous allons dans un restaurant. On y a mangé des pastels. chelou, mais super bon. J’étais beaucoup fatigué aujourd’hui sur le chemin. Ce soir, c’est un gîte avec une française qui parlait français et son mari, dès les premiers pas dans la maison, je savais que j'allais bien manger, un confort comme on n’a jamais eu en Espagne, ça ressemblait énormément au gîte français, c’est un plaisir de retrouver ce confort.

Finalement, un super repas

 

Cécile : Notre petite famille part ensemble de Grañon ce matin et très vite des petits groupes se forment, selon les rythmes de chacun. On se retrouve tous les deux avec L en milieu de matinée. Nous partons et nous nous trompons de chemin. On s’est fait une super pause dans un petit bar en bord de route où on goûte les trois empanadas. La suite du chemin se passe super bien et nous nous retrouvons tous les 5 chez Lilie et Edouardo, un super gîte.

 

Vendredi 12 décembre : Atapuerca (22 km)

 

L : n’a pas écrit

 

Cécile : Aujourd’hui, on a pas mal marché seuls. C’était de grandes lignes droites, dans la forêt, dans le brouillard. Hier, les partages étaient plutôt profonds. Ça m’a fait du bien de marcher dans le silence. La marche sur le long terme, c’est vraiment quelque chose à expérimenter. Il se passe tant de choses. Notre stop du jour est un peu moyen, il n’y a vraiment rien ici et il fait froid ! Heureusement qu’il y a Tim et Juan-Jo avec qui on passe une chouette soirée.

 

Samedi 13 décembre : Burgos (18 km)

 

L : Aujourd’hui, ce n’était pas trop long, 18 km jusqu’à Burgos. On démarre le matin et sur le chemin on trouve un bar, on se fait un lunch, Cécile : croissant salé et pour moi un beignet à la crème. C’était super bon et vraiment pas cher. A l’entrée de la ville de Burgos, on se rend compte que ce n’est pas une petite ville. 46 minutes pour aller au centre-ville. J’apprécie de marcher dans une grosse ville. On arrive à l’hôtel car nous faisons un jour de pause à Burgos, nous voulions du confort. C’est super grand, une vue sur la ville, c’est beau. Je m’y sens bien, il y a même Netflix dans la chambre. On pose nos sacs dans la chambre et nous allons chercher un restaurant pour y manger, dans l’hôtel il n’y a pas de cuisine, donc on ira manger dehors matin, midi et soir. Le restaurant de ce midi était super bon, j’ai goûté pour la première fois une salade avec de la burrata. Une fois le ventre rempli, on rentre se reposer. A 19h30, on rejoint Bastien et Tim dans la ville, Burgos est une grande ville, la plus grande depuis le début du chemin, plein d‘illuminations de Noël, un marché de Noël, un grand esprit de fête, énormément de monde dans les rues, sur la place et dans les restaurants, on a fini par aller à la source (un grec) après tant de recherches pour un restaurant. On a mangé sur la place de Burgos à la daesh, les gens étaient “apprêtés” et nous, sur un banc avec deux gros grecs bien gras. Mais pour le coup, c’était super bon. J’ai hâte d’être à demain pour encore plus profiter de cette ville.

 

Cécile : Nous avons commencé la journée en pèlerins, puis, une fois arrivés à Burgos, nous nous sommes transformés en touristes !

Malgré une étape quasi totale en bord de route, j’ai apprécié marcher. L était trop content d’arriver dans la zone industrielle de Burgos, puis dans la ville. Nous restons ici deux nuits pour une pause qui va nous faire du bien à tous les deux je crois. Et la ville est animée, décorée en ambiance de noël. C’est un peu bizarre en plein chemin de Compostelle, mais ça nous fait une vraie déconnexion.

Ce soir, nous disons au revoir à Juan Jo, Tim et Bastien qui continuent le chemin demain. Qui sait, peut-être que nous les recroiserons ! 

 

Dimanche 14 décembre : Burgos - jour de repos

 

L : Ce matin, on dort jusqu’à 10h. Nous en avons bien besoin. Je mets du jazz sur la télé histoire de passer une bonne matinée. On se prépare et nous allons au centre-ville pour y manger un brunch, encore une première découverte pour moi. Un vrai chocolat chaud, il était vraiment super bon, on dirait presque que c’est un dessert. Cocktail hibiscus pamplemousse, des bowls aux fruits et au muesli, des toasts avocat/saumon fumé, des pancakes à la crème de mascarpone, de la confiture et des fruits. Et pour finir, un café latte au caramel, ce fut une découverte bien surprenante. Après toutes ces calories ingurgitées, je me suis rendu malade, tout évacué et tout va bien maintenant

Puis on se reposa et nous sommes ressortis à 16h, pour un goûter en terrasse. Le soir, Cécile me donne des sous et je vais manger un grec. J’apprécie les journées comme ça, où nous mangeons et nous reposons.

 

Cécile : Cette journée de repos me fait un bien fou ! Déjà, on dort bien, au calme, dans un lit confortable et rien que ça, c’est le bonheur ! Bonheur de traîner au lit ce matin et se lever à 9h45 ! Bonheur de partager un super brunch à la Boveda, dans un lieu vraiment accueillant, avec L, pour qui le brunch était une première. On s’est fait cette réflexion d’ailleurs. Cette aventure aura apporté plein de premières fois à L. Des choses qu'il n’aurait jamais penser faire ou sur lesquelles il pouvait avoir des a priori. C'est génial de voir tout ce que ça lui permet de découvrir, d’expérimenter et l’ouverture d’esprit que ça apporte. Cela donne aussi des idées pour le futur et nourrit de nouvelles motivations.

L’après-midi, on se balade dans Burgos. L regarde un peu la télé, je me repose, j’écris, je regarde un peu la suite du parcours et rédige le rapport.

Ce soir, je me sens détendue et j’ai encore envie de bien me reposer pour repartir de plus belle demain, pour 20 km de marche.

 

Lundi 15 décembre : Castrojeriz (40 km)

 

L : Aujourd’hui, nous devions faire 20 km, mais avant ça, un bon petit déjeuner nous attendait. Pour moi ce sera une brioche à la chantilly, depuis notre arrivée en Espagne, je voyais sur la plupart des boulangeries cette brioche sur des affiches à l’extérieur. Je me suis dit c’est le moment de goûter, avec cela je me suis encore pris un vrai chocolat chaud. A Burgos, il y a trop de bonnes adresses pour manger. On part sur le chemin, une fois arrivé j’étais fatigué et je ne sais pas comment on vient à parler de continuer à marcher, car nous étions arrivés à 14h30. Et l’idée de sauter une étape nous convient, donc au lieu de nous arrêter à Hormillos del camino, nous continuons pour 20 autres kilomètres jusqu'à Castrojeriz. J’ai bien aimé car sur un coup de tête, nous avons fait 40 km alors que le matin il était prévu 20.

Finalement, nous arrivons à 19h, on fait quelques courses, je fais à manger, Cécile la vaisselle. Une douche et c’est parti pour dormir. Buenas Noches

 

Cécile : Ce matin, avant de partir, nous avons pris un bon petit déjeuner dans une bonne boulangerie à Burgos. Un passage par la poste et nous partons pour nos 20 km de la journée. Arrivés à notre étape du jour, un élan d’aventure et de folie nous prend tous les deux et nous décidons de continuer le chemin ! L était ultra motivé pour enchaîner avec l’étape de demain et faire donc 40 km.  De mon côté, j'avais quelques appréhensions à faire autant mais l’énergie de L était contagieuse et je me sentais bien. Nous avons donc continué jusqu'à Castrojeriz, où nous sommes arrivés à la frontale à 19h30 ! Une toute petite déception à l’arrivée car nous pensions retrouver Tim, Bastien et Juan-Jo et leur faire la surprise. Mais eux aussi ont fait de grosses étapes. Ça n’enlève rien à notre belle performance du jour. Je crois que nous sommes tous les deux fiers, mais surtout, on a adoré la manière dont ça s'est fait, en mode “coup de tête” allez on continue ! Là c’est sûr, on vit l’aventure !


Mardi 16 décembre : Fromista (26 km)

 

L : On enchaîne 26 km après une étape de 40 km, pour moi ça va toujours physiquement, mais je ressens quand même des sensations aux pieds, mais pas douloureux.

Et maintenant, ce matin, c’était chaud, j'en avais marre de marcher, finalement c’est passé et j’ai pu continuer sans trop galérer. Aux alentours de 11h30, nous nous sommes arrêtés dans un bar dans un village paumé, j’ai une nouvelle fois goûté un cappuccino, car il n’avait pas de vrai chocolat chaud. Au début, j’ai encore trouvé ça bizarre, vers le milieu du café, j’ai commencé à bien aimer. Arrivé dans la ville de Fromista, j’étais quand même content d’être arrivé, une douche, des courses, on a fait du riz, des lentilles, des gnocchis et des œufs, histoire de bien tenir les prochaines marches. Cécile a planifié les prochains jours et moi je regarde, puis nous allons dormir. Buenas Noches. Los Amigos ! 

 

Cécile : J’ai beaucoup apprécié la matinée de marche. En revanche, 15 km auraient été largement suffisants après nos 40 km d’hier ! A midi, mon corps m’a bien fait comprendre qu'il ne fallait pas pousser “mémé dans les orties” non plus ! (cette expression nous fait beaucoup rire avec L). Ça a été dur, mais j’ai tenu le coup ! L’avantage, c’est que L et moi n’avons jamais nos coups de mou en même temps, donc nous nous encourageons l’un et l’autre.

Avec tout ça, vous n’imaginez pas le bonheur ultime d’une douche chaude et d'affaires sèches (bah oui parce que pluie, vent et froid nous ont accompagnés aujourd’hui !). Je suis ravie d’arriver à l’auberge tenue par Patrick, un Allemand. Et maintenant REPOS !


Mercredi 17 décembre : Carrion de Los Condes (19 km)

 

L : Ce matin, on a eu du mal à démarrer. 3 km en 2h ! On était super fatigués, pour moi, heureusement dans la journée, c’est passé.

Arrivés à Carrion de Los Condes, on prend une albergue avec une chambre, deux lits pour bien se reposer. Pas grand-chose à dire de cette journée à part qu’on est fatigués.

Buenas Noches !

 

Cécile : C’est dur, très dur ! Il faut que je récupère. Passage à vide pour moi.

Belle illustration de l’impermanence des choses. A demain.


Jeudi 18 décembre

 

L : C’est toujours épuisant et long de marcher, mais je pense que c’est aussi parce qu’on se rapproche de la fin.

Demain, il y a une bonne nouvelle, de une car c’est mon anniversaire et la deuxième je vous en parlerai demain. Buenas Noches 🙂

 

Cécile : n’a pas écrit


 Vendredi 19 décembre (16 km puis León)

 

L : Aujourd’hui, nous démarrons dans la “nuit” (7h45). On avait 16 km à faire jusqu’à Sahagun, on arrive à 11h16, c’était un peu long, mais ça l’a fait encore une fois. On y mange une entrecôte au restaurant et qu’est-ce que c’était bon ! Une fois le ventre rempli, on prend un bus direction Léón, juste je repense à l'entrecôte, c’était vraiment trop bon. Bon du coup on a pris un bus jusqu’à Léón, on devait y être pour dimanche mais finalement c’est aujourd’hui pour mon anniversaire, une grande ville pour un anniversaire, c’est vraiment bien. Genre j’allais le fêter à Sahagun en vrai je m’en foutais d'être à Sahagun, mais ça fait quand même plaisir d’être à Léón. On a pris un hôtel pour y retrouver Bastien et Juan-Jo, avec Cécile on se repose, puis on va se faire masser. Je n’étais pas à l’aise qu’on me mette des huiles, chelou, sur moi, mais c’était quand même super trop la frappe, à la fin, elle nous a même offert une tisane à la pomme et à la cannelle avec quelques gâteaux pour mon anniversaire. Pendant que Cécile se fait masser, je fais un tour dans la ville, j’ai bien aimé avoir un temps pour moi seul, dans un lieu que je ne connaissais pas du tout. En rentrant, on se met tous en cuisine, Bastien s’est occupé d’une salade au saumon, Juan-Jo et moi de couper y Cécilia de cuisiner, on a mis de la musica espagñola , il y avait une vraie ambiance. A la fin un bon gâteau. J’ai aimé cette soirée, ce voyage m’aura beaucoup appris et j’en garderai de bons souvenirs. Merci à eux pour cette soirée ! Muchas Gracias ! C’est mon anniversaire Monique !

 

Cécile : Aujourd’hui, nous célébrons les 16 ans de L ! Après 16 km de marche dans la matinée, on déguste une bonne pièce de boeuf ! Je ne vous cache pas que la marche et la pluie étaient encore dures pour moi, mais je vais un peu mieux. Nous prenons ensuite un bus pour rejoindre Léón. On triche un peu, mais on a tous les deux besoin de ça ! On fait en un heure ce qu’on aurait fait en trois jours, c’est fou !

Là, c'est une petite pause avec du confort, un bon massage et en plus, on retrouve les copains Bastien et Juan-Jo. On passe une super soirée tous les quatre.

Et demain, un jour de pause qui va faire du bien.

Au dodo et encore Joyeux Anniversaire L !

 

Samedi 20 décembre - Léón - jour de repos

 

L : n’a pas écrit

 

Cécile : Jour de pause à Léón pour L, Bastien, Juan-Jo et moi. C’est une journée chill, au chaud, dans le confort de l’auberge. Je sors juste pour faire un petit tour avec L qui s'arrête, se prend un kébab. Je fais les courses et hop retour au chaud ! Je récupère de ce gros rhume qui m’a mise ko ces derniers jours. Avec L et Anthony, le responsable de marche, on fait un point pour aborder la suite et maintenant, place à la soirée burger/frites.

 

Dimanche 21 décembre : San Martin du Camino (25 km)

 

L : Aujourd’hui, il faisait beau, mais froid. Les 24 km ont été simples et pas trop longs. Arrivé à l’albergue, une douche et je vais dormir, je pense que je suis fatigué. Bonne nuit !

Cécile : Ce matin, je retrouve le plaisir de la marche et ça fait du bien. Nous apercevons une belle chaîne de montagnes enneigée ce matin. Les températures tournent autour de 0°c,

Heureusement que le soleil était présent car le vent est bien froid. Malheureusement, nous ne pouvons pas compter sur l’auberge pour nous réchauffer ! Emmitouflée dans mon manteau, je lis et organise un peu la suite pendant que L dort profondément. Le camino en hiver nous confronte à des conditions pas toujours très confortables. Il nous faut parfois un bon mental pour garder l’énergie, l’envie et la joie (et un bon équipement !). A demain !


 Lundi 22 décembre : Astorga (24 km)

 

L : Ce matin, nous partons avant le lever du soleil (8h05). Cécile prend le bus direction Léón pendant que moi je m’aventure sur le chemin, direction Astorga. C’était bien de se retrouver seul dans les montagnes tel un pèlerin. Cette fois-ci, Cécile n’était pas sur le chemin, donc pas derrière moi. Et c’était vraiment agréable de pouvoir marcher sans me dire qu’il y a quelqu’un derrière moi, de pouvoir m’arrêter quand je le souhaite, de me dire que je suis vraiment “seul” face à ce chemin. Pour accompagner cette pure journée d’autonomie quoi de mieux qu’un bon soleil.

Arrivé à l’albergue, je retrouve Cécile dans un parc à côté, on y déjeune et nous nous reposons à l’auberge.

Dans notre chambre, on fait la rencontre de Daniel qui vient de la République Tchèque. Pour le dîner du soir, Bastien nous propose de faire une soupe, donc Juan-Jo, Cécile et Bastien nous mettons tous la main à la pâte pour cuisiner. Ce fut un très bon repas.

A demain les loulous, je dois aller me reposer. Buenas Noches.

 

Cécile : Ce matin, L et moi nous nous quittons à l’arrêt de bus de San Martin. Je dois faire un aller-retour à Léón, l’occasion pour L de faire sa première journée de marche en autonomie. Nous nous retrouvons à Astorga vers 14h. Il a le sourire et nous sommes contents de nous retrouver. Il a apprécié cette marche en autonomie qui apporte un souffle de liberté.

Bravo à lui, il a géré le chemin, mais surtout l’achat du pique-nique, en espagnol, tout seul comme un chef.

A Astorga, je visite le musée de Gaudi, un magnifique palace et nous partageons un bon repas avec Bastien et Juan Jo, nos supers acolytes de route. Depuis hier, nous croisons de nouvelles têtes qui ont commencé à Léón, Mathias et Pablo, espagnols et David de République Tchèque.


Mardi 23 décembre : Foncebadon (27 km)

 

L : Astorga direction Foncebadon 26 km et 700m de dénivelé positif. Ce matin, un super bon petit déjeuner, yaourt grec avec des framboises. On s’est dit avec Cécile qu’il fallait changer des bananes et c’était une super bonne idée. Je  rends la route un peu avant Cécile, une nouvelle journée d’autonomie. Et aujourd’hui, on n’a pas eu le droit au soleil, ni à la pluie, mais à la neige. A environ 10h, il s’est mis à neiger. J’ai tracé pendant 23 km de 8h à 12h car c’était que du plat. Je me suis dit qu’à la pause de midi, il fallait que je sois au pied des montagnes pour me reposer et puis monter tout ce dénivelé. L’après-midi c’est le moment de monter, il y avait beaucoup de neige, c’était super beau et ça changeait des paysages précédents. Nous sommes actuellement à 1500m d’altitude et l’hôte du gîte, une pépite née en Italie qui vit en Tunisie. Dans le gîte on y retrouve Bastien et Juan-Jo comme d’habitude, les deux Coréens et les deux Argentins et une Coréenne et une Chinoise. A table, Adriano (l’hôte du gîte) nous propose un super repas et à la fois nous faisons un tour de table pour raconter un peu notre histoire et ce qui nous a amené sur le chemin. Plein d’histoires différentes. J’ai ressenti une énergie sans nom pour quelques-unes d’entre elles. On finit par jouer au Uno avec Bastien, Cécile, Juan-Jo et les deux Argentins. C’est ici que s’achève la soirée. Bonne nuit à vous lecteurs de nos aventures et merci à vous d’être présents.

Buenas Noches

 

Cécile : Ce matin, L part devant moi pour une nouvelle journée en autonomie. Je m’attendais à une étape difficile avec 600m de dénivelé positif et finalement ça a été nickel. Nous avons eu de gros flocons qui ont donné une ambiance magique. J’ai adoré observer ces flocons tomber, puis marcher dans la neige. Ça nous plonge dans l’ambiance de Noël. Arrivée à l’auberge, je retrouve L qui avait le sourire. Nous sommes ici à plus de 1400 m d'altitude, autant vous dire qu’il fait très très froid ! En attendant le dîner préparé par Adriano, nous nous glissons dans nos duvets pour y trouver un peu de chaleur ! Nous sommes 10 autour de la table ce soir, c’est très convivial et nous finissons par quelques parties de Uno autour du feu avec L, Bastien, Juan-Jo, Mathias et Pablo.Une belle soirée avec des partages et des rires.

 

Mercredi 24 décembre : Ponferrada (27 km)

 

L : Une nouvelle journée dans la neige et une nouvelle journée d’autonomie. J’ai perdu ma gourde sur le chemin, heureusement qu’il y avait Cécile derrière moi pour me la rapporter à l'albergue. Il y avait un super beau paysage même si la fatigue se ressentait un minimum, j’ai bien aimé avoir cette vue.  Arrivé à l’albergue, je retrouve Juan-Jo le premier arrivant dans l’albergue, nous faisons un tour dans la ville (Ponferrada) en attendant les autres. Anna et Félix, les deux hôtes de ce soir, nous ont préparé un super repas de réveillon de Noël avec énormément de choses à manger et plein de gourmandises, moi qui aime manger, j'étais servi ! Mise à part la nourriture, c’était un bon moment à table avec beaucoup de pèlerins et beaucoup de gentillesse. On y retrouve aussi John, le Hollandais qu’on avait perdu de vue depuis Logroño.

A part la journée d'aujourd'hui, je voulais parler de mon évolution pour la grammaire, depuis le début avec l’aide de Cécile, nous corrigeons chaque soir le blog et à force ça rentre dans ma tête. Maintenant, je ne me trompe quasiment plus sur les “é”, “en”, les “s” ou bien les “sa”, “ça”. Ce n’est pas encore parfait mais il y a vraiment du mieux.

Encore une fois merci à vous ! Et à demain pour une nouvelle journée d’aventures.

Buenas noches.

 

Cécile : Aujourd’hui, nous avons marché dans la neige avec le soleil. C’était vraiment beau. Je me suis sentie heureuse d’être là et pleine de gratitude. Me retrouver seule dans ces paysages grandioses m’apporte beaucoup de joie et une sensation de grande liberté. Et marcher dans la neige, c’est un vrai plaisir ! J’ai adoré la matinée, la pause déjeuner au-dessus de la mer de nuages, puis j’ai fini par accepter de re-descendre sous les nuages pour rejoindre tout le monde à l’auberge de Ponferrada. Anna et Félice, nos hôtes du jour nous ont préparé le dîner pour le réveillon que nous avons partagé avec nos amis pèlerins. Avec L, nous nous sommes fait plaisir sur les desserts ! J’ai beaucoup trop mangé.  Mais que c’était bon ! Ça va être dur de repartir demain !

Bon réveillon à tous et à demain.

 

Jeudi 25 décembre : Villafranca (27 km)

 

L : Ce matin, mère Noël est passée au pied du sapin (Cécile) ce fut un très beau cadeau. Nous partons sur le chemin tous ensemble, Juan-Jo, Cécile et Bastien. Nous étions super contents, la joie de vivre se faisait ressentir dès le matin.

A un moment dans la matinée, je prends mon envol et je m’aventure sur le chemin en autonomie.

A 12h, je suis à Cacabelos (c’est la ville) pour précision pour les plus immatures d’entre nous, donc à 12h je me prends un smoothie en terrasse, je mange et je repars sur le chemin. Arrivé à l’albergue de Villafranca, je rencontre trois hospitaliers (hôtes du gîte) Iva, Fernando, Steven. Je profite du soleil dans le jardin en attendant les autres. Bastien réchauffe ses chaussures près de la cheminée avant de les mettre, dû au froid. Jésus le big boss de l’albergue vient à son tour, il me parlait, je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’il me  racontait, la langue, l’articulation, la vitesse dont il parlait et la vieillesse n’arrangeaient pas les choses. Il s’est mis à écrire une date sur le mur, on en a ri avec Cécile et Bastien. On a aussi joué avec la mascotte (le chat) tout mignon, cette petite boule de poils.

Au dîner, Jésus le boss nous a préparé un magnifique repas, il y avait aussi trois pèlerins qui sont arrivés au même moment, il y en a un qui m’a plus marqué car il était en short, t-shirt, ce grand malade, tout le monde crève de froid, mais lui non. En regagnant ma chambre, la mascotte (le chat) s’y est incrustée, le dernier jeu avant d’aller dormir, c’était de l’attraper pour le sortir, du moins on a essayé, on en a aussi beaucoup ri. Cécile dort en tenue de randonneuse, il fait super froid et je ne sais pas pourquoi, j’ai même pris trois couettes plus le duvet. L’un des trois pèlerins s’est mis dans le lit à côté de moi, j’espère qu’il ne ronflera pas.

Buenas noches !

 

Cécile : Ce matin, nous partons ensemble avec L, Bastien et Juan-Jo. C’est sympa de se retrouver tous les quatre. L a    ensuite filé et j’ai passé l’étape jusqu’à Villafranca avec Bastien et Juan-Jo. Arrivés à l’auberge, nous profitons du soleil dans le jardin.

Et là, nous sommes tous auprès du feu parce que ça caille sévère ici ! On nous conseille de dormir avec 3/4 couettes pour vous donner une idée !

Allez, je ne m’attarde pas. Au lit !

 

Vendredi 26 décembre : O’Cebreiro (27 km)

 

L : Ce matin, je pars avant le lever du soleil, et dès le matin un gros dénivelé, mais une fois arrivé en haut de la montagne, je voyais le lever du soleil, j’étais au-dessus des nuages. C’était super beau, je me suis même posé pour admirer la vue. La journée a été physique, un parcours difficile aussi bien les montées que les descentes.

A 11h, je fais mes courses pour le midi dans un village pourri et je m’assois sur un banc, pendant 1h environ et je vois des pèlerins passer mais je ne vois ni Cécile ni Bastien ni Juan-Jo. Je me dis que je vais continuer et c’était un peu dur de reprendre la route, j’en avais marre de marcher, mais une fois lancé c’est un peu passé. Je refis une longue pause vers 16h pour manger, à 2 km de notre destination. Je croise Daniel, donc je me pose avec lui pour manger. Vers la fin c’était aussi très fort en descente et arrivé à l’entrée de la ville, j’aperçois Cécile qui vient vers moi sans sac avec un seul bâton. Moi super choqué, je lui demande comment elle est arrivée avant moi étant donné que j’ai démarré avant elle et que je ne l’ai pas vue sur le chemin. Je devrais être arrivé avant elle. La seule explication et la plus cohérente qu’on ait trouvé c’est qu’au début il y avait une flèche direction montagne une autre direction route. J’ai pris la montagne, ils ont pris la route. Donc à 11h quand je les attendais, ils étaient déjà loin, car en montagne le chemin est plus long dû au dénivelé. Arrivés à l’albergue, on sort au restaurant, d’ailleurs la ville, où nous sommes, est gelée, il y a du verglas sur tout le sol, vraiment c’est amazing ! Faut qu’on fasse gaffe à chaque pas. Au restaurant, il y a Juan-Jo, Daniel et Manuel, il y a toujours de nouvelles rencontres sur le chemin. Bon, mes aventuriers, Buenas Noches.

 

Cécile : La journée a commencé par un défi de taille pour L et moi : sortir du duvet ! Ha ha ha ! Cette auberge restera gravée dans ma mémoire par le froid qu’il y faisait ! Une fois cette épreuve réussie, nous attaquons la journée de marche. L continue les journées en autonomie donc il part avant moi avec un peu d’argent pour son repas du midi et l’arrivée à à l’auberge et il gère tout ça à son rythme, selon ses envies. Nous faisons cela depuis quelques jours. Aujourd’hui, j’ai beaucoup apprécié l’étape dans les montagnes. La météo était incroyable et j’étais heureuse dans mon élément avec soleil, montagne et neige.

A l’arrivée à l’auberge, surprise, pas de L ! Le village était très mal indiqué, j’ai d’abord pensé qu’il avait continué son chemin ! Petite aventure donc pour retrouver L. Je mène une petite enquête auprès des autres pèlerins et j’apprends qu’en fait, il est derrière nous ! Je prends le chemin à l’envers pour aller à sa rencontre, il arrivait bientôt. Après cette petite péripétie, nous mangeons au restaurant avec Juan-Jo et deux autres pèlerins, Daniel le Tchèque rencontré il y a quelques jours et Manuel, un Espagnol que nous voyons pour la première fois.

Nous avons enchaîné pas mal de grosses étapes ces derniers jours. Je sens un peu de fatigue ce soir.

Grand bonheur, le dortoir est chauffé et nous pouvons rester jusqu'à 9h30 demain. Nous allons en profiter, prendre notre temps et faire une plus petite étape.

 

Samedi 27 décembre : Triacastela (20 km)

 

L : Ce matin, nous prenons notre temps avec Cécile, on se lève à 9h. Nous voulions prendre un petit déjeuner dans un café, mais celui-ci est fermé. Nous partons donc le ventre vide en espérant qu’on trouvera quelque chose sur le chemin et vers 10h30 nous trouvons un café-épicerie. Nous y prenons un café et de quoi se faire un petit déjeuner, banane, yaourt, muesli. La première fois qu'on se fait un petit déjeuner au comptoir d’un café. D'ailleurs, la dame était super gentille et grave accueillante. En sortant du café, on croise un chat, on le surnomme “Cacahuète”, il était vraiment mignon. Ça a été dur ensuite, mais c’est passé. On a marché dans la neige, la glace aujourd’hui, c’était un peu énervant de tout le temps glisser. On croise aussi un chien qu’on surnomme “L'Ours" car il était énorme. Je pense 1,40 m sans blaguer. Il a commencé à vouloir jouer, il a pris mon gant dans sa bouche autant vous dire que je lui ai laissé mon gant. J’allais partir en ayant qu’un gant, heureusement Cécilie a parlé avec lui, il a lâché le gant. On a pu le récupérer. Puis, il nous a suivis sur plusieurs kilomètres. Arrivé à l’albergue, j’étais bien content ; en vrai on a cru qu’il restait 4 km, on regarde et on arrive dans 3 minutes, on était bien contents. Une douche et nous allons faire les courses, il n’y a qu’un micro-ondes, donc pour moi ce sera des nouilles et pour Cécile patatas ou tortillas.

Sur le chemin du retour, Bastien joue au frisbee avec cette tortilla de patatas, les adultes avec cet esprit un peu enfantin, on adore. A l’albergue on discute avec d’autres pèlerins. Je trouve que c’est compliqué d’exprimer ce qu’on vit sur le chemin, il faut vraiment vivre l’expérience pour bien comprendre. Et d’ailleurs, excusez-nous pour les jours de retard, on n’avait pas de forfait. Courage Monique. Buenas Noches.

 

Cécile : Ce matin, nous prenons notre temps car nous avons une petite étape. Finalement, elle n’est pas si facile que ça et nous arrivons à 16h30 à l’auberge. Nous passons la journée tous les deux avec L. Ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. Nous avons pas mal discuté. L était émerveillé devant les stalactites. Il est tombé amoureux d’un petit chat que nous avons appelé “cacahuète” et il s’est fait un copain (un gros chien tout mignon mais un peu collant !). J’ai bien aimé cette journée en compagnie de L. A l’auberge, nous retrouvons tous nos copains pèlerins et d’autres. Il y a de plus en plus de monde dans le camino. Pas mal d’espagnols commencent le chemin quelques kilomètres avant Santiago. D’ailleurs, ça y est nous avons passé la barre des derniers 150 km avant Santiago. Ça paraît tout près maintenant mais il nous faut encore parcourir environ 6 j de marche.Ça devient réel cette arrivée à Santiago. Je ressens pour la première fois une excitation à chaque dizaine qui passe. Je me dis qu'il faut profiter de chaque moment.

Temps de récupération maintenant

Bonne nuit chers lecteurs.

 

Dimanche 28 décembre

 

L : Aujourd’hui, nous partons ensemble avec Cécile vers 10h40 car nous avons 17 km à faire aujourd'hui. Sur le chemin, je prends mon autonomie, j’arrive à l’albergue, il y a Juan-Jo. Je prends une douche, je lis. Bastien ensuite Cécile arrivent. On fait des courses. Ce soir, repas au micro-ondes, j’espère que demain il y aura une cuisine pour y manger mes pâtes au saumon, il y en a marre des pâtes chinoises au micro-ondes. Bonne nuit les LouLous.

 

Cécile : Ce matin, nous prenons encore notre temps à l’auberge. Quand on se lève, il ne reste plus que le couple d’italiens avec qui nous partageons la chambre. On prend notre temps, petit déjeuner, lecture du blog, correction des fautes d’orthographe, notre petit rituel du matin. Je suis bluffée par l’évolution de l’écriture de L qui fait de moins en moins de fautes et qui a vraiment progressé en seulement deux mois.

Nous partons tous les deux et faisons les premiers kilomètres ensemble. Puis L prend son envol et continue à son rythme. On se donne rendez-vous à l’auberge de Sarria. J’apprécie beaucoup cette journée ensoleillée et je nous trouve très chanceux de pouvoir profiter d’un si beau soleil en cette période de l’année. Je rejoins L, en fin d’après-midi. J’ai vraiment pris mon temps, fait des pauses dans la forêt. Une envie de lenteur, de ralentir et le peu de kilomètres me le permet alors j’en profite. A l’auberge, nous sommes toujours avec nos deux acolytes préférés, Juan-Jo et Bastien. D’autres pèlerins que nous retrouvons chaque jour et deux mexicains que nous n’avons pas vus depuis plus d’une semaine sont aussi dans l’auberge. Ça promet une nuit riche en ronflements. A demain.

 

Lundi 29 décembre : Portomarin (22 km)

 

L : Aujourd’hui, je repars en autonomie, il faisait beau, un grand soleil, à un moment je suis passé à travers les nuages, il y avait du brouillard. J’ai passé un pont, mais je ne voyais ni la fin, ni le dessous, c’était recouvert de brouillard assez impressionnant. Il y avait plusieurs déviations, mais j’ai pu retrouver ma route. J’arrive à l’auberge à 12h30, c’était même pas encore ouvert (dingue !). On avait 22 km à faire et aujourd’hui on a dépassé la barre des 100 km, il nous reste 92 km à faire jusqu’à Compostelle. Dans l’albergue, une cuisine sans ustensile, donc ce soir, encore une fois, repas au micro-ondes… Je rêve de pâtes au saumon ! Je fais mon blog, je lis et une fois Cécile arrivée, je fais une sieste. A mon réveil vers 17h30 le dortoir est pratiquement plein, un changement brutal.

On va manger finalement au restaurant. On s’organise pour le 31. Il ne restera plus que trois semaines soit 21 jours avant mon retour à Paris. Buenas noches

 

Cécile : Encore une journée de marche sous un grand soleil, ça fait plaisir. Je marche un peu avec Bastien et Juan-Jo et un peu seule. Aujourd’hui, nous passons la barre des 100 km avant Santiago. Arrivée prévue pour cette semaine c’est fou. Quand j’arrive à l’auberge, L va faire une sieste. J’ai envie de profiter du soleil alors je vais me poser en terrasse avec Juan-Jo et nous organisons un peu le nouvel an. L’objectif était de trouver une auberge avec une cuisine que nous pouvons utiliser car depuis que nous sommes en Galice, nous avons retrouvé le chauffage mais les cuisines n’ont aucun équipement. Objectif atteint pour le 31. Et ce soir, avec L, nous allons au restaurant pour éviter un plat micro-ondes. L me parle de ces plans de retour et ça lui donne le sourire. Il a hâte et je le comprends, mais il nous reste tout de même trois semaines avant la fin de l’aventure. Je suis confiante pour la suite, pour que nous profitions ensemble jusqu’au bout.

Je vous écris depuis le dortoir qui est quasi plein. Les nuits sont un peu agitées entre les ronfleurs et les lève-tôt. Je me couche tôt pour récupérer de la petite nuit d’hier. Buenas Noches !

 

Mardi 30 décembre : Casanova (30 km)

 

L : Ce matin, je pars avant Cécile, je me suis levé du mauvais pied, je râlais pour tout et pour rien. Je me suis rappelé qu’il fallait positiver et si tu te dis que c’est une mauvaise journée, ça le sera, et si tu te dis ok j’ai passé un mauvais moment mais maintenant qu’est-ce que je peux faire pour que ma journée s'embellisse. Merci les petits conseils de Cécile.

A un moment, je sens un caillou dans ma chaussure, je m’arrête un moment, j’enlève ma chaussure et ma chaussette… Je vois une ampoule sur mon pied droit, vous voyez le tout petit orteil. J’espère que demain, ça ira mieux et qu’on n’aura pas à me la percer avec une aiguille, c’est marrant car au début je disais à Cécile “j’aurai jamais d’ampoule, vu que je suis Algérien”. Ben voilà ! il y a un début à tout, même pour les Algériens. C’est fou le seum à trois jours de Santiago. Mais ça va il me reste 7 km je crois, demain 25 km, puis 20 - 20 km et nous sommes arrivés, pas à la fin, mais il y aura un jour de pause.

Bon, j’ai fini de manger, je reprends la route les loulous. Je suis arrivé au gîte, franchement un gîte merveilleux, il y a Juan, Sébastien et Cécile, c’est tout. On a fait 5 km en plus pour que demain on ait une plus petite étape, pour le nouvel an, donc évidemment que nous sommes seuls. Quand je suis arrivé au gîte devant sur la petite “terrasse”, je croise Natalia et son fils Victor. Ils me gâtent à mon arrivée, dattes et noix. On discute car ils parlent français, super sympa cette rencontre. Malheureusement ils ne dorment pas dans l’albergue, ils continuent sur 20 km, mais peut-être qu’on les recroisera sur le camino, qui sait ? Avec Juan, on écoute de la musique en attendant Cécile et Bastien. Ce soir, c’est pâtes chinoises et dodo. Buenas noches

 

Cécile : Aujourd’hui, c’est une grande étape à 30 km et les derniers kilomètres sont un peu durs pour moi. Je commence à sentir la fatigue physique, notamment au dos, avec le poids du sac, mais le moral est vraiment au rendez-vous, les paysages sont beaux, le soleil est toujours présent, nous avons beaucoup de chance.

Ce matin, L est parti pour une journée en autonomie. J’arrive à l’auberge avec Bastien et nous retrouvons L et Juan Jo qui, comme d’habitude, sont arrivés bien avant nous ! L me raconte sa journée, nous papotons pendant que je fais mes étirements. Et puis douche, repas et dodo !

Ce soir, c’est trop bien. Nous nous sommes arrêtés au milieu de nulle part, à 5 km de l’étape principale et nous sommes donc que tous les quatre dans l’auberge et le dortoir. Bon choix stratégique.

A demain chers lecteurs !


Mercredi 31 décembre - Arzua (25 km)

 

L: Ce matin, je prends mon temps pour me lever et me préparer. Quand je descends Cécile a fini de prendre son petit déjeuner, je mange et nous partons sur le camino ensemble. C’était très fatigant et un peu beaucoup d’énervements. Je ralais pour tout et pour rien comme d’habitude. Il faut vraiment que je fasse un vrai travail sur moi pour que ça cesse, du moins diminue.

A un moment crise de fatigue, on s’allonge en pleine forêt pour nous y reposer. On recroise aussi Natalia, nous parlons, elle rencontre Cécile.

Arrivés à l’albergue, je suis un peu fatigué, je prends même pas la peine d’enlever mon sac, je souffle un peu, j’enlève mon sac, je fais mon lit, une douche… quel bonheur !

Ce soir, nous avons fait des courses, il y a Manel qui nous a rejoints, Mathéo et Laura, le couple d’italiens, on passe une bonne soirée de nouvel an à bien manger et rigoler.

Enfin, nous avons une auberge avec une cuisine pour y cuisiner des pâtes au saumon, une salade/mozza en entrée et pour le dessert, c’est Manuel qui s’en est occupé, la tarte de Santiago, accompagnée avec de la glace.

A 23h59, les Espagnols ont une tradition de manger 12 raisins au lieu de dire “bonne année”, ils mangent 12 raisins. On s'assoit tous devant la télé, le décompte :1 un raisin, 2 deux raisins… à la fin un fou rire éclate, c’était super drôle. Bastien a même failli y passer. 39 km avant Santiago,.

A demain ;   buenas Noches. Il est tard et très très fatigué.

 

Cécile : Ce matin, L a été contrarié que je ne l’attende pas pour le petit déjeuner. J’ai découvert que c’était un moment qu’il aimait qu’on partage. Bon, il faut dire que j’avais faim et qu’il s’était rendormi. Alors bon, je n’ai pas attendu ! C’est rigolo les petites habitudes qui s’installent. Finalement on a quand même eu notre rituel de partage au blog et de son envoi. Après cela, nous sommes partis tous les deux, Bastien et Juan Jo ayant décollé avant nous.

Nous avons passé la journée de marche ensemble avec des petits moments un peu durs, la fatigue se fait sentir et il est parfois un peu dur de continuer. Dans une côte, nous avons fini par nous allonger tous les deux au sol, histoire de se reposer et recharger ensemble nos batteries. J’accompagne du mieux que je peux dans ces moments de démotivation et nous avons fini par arriver à l’auberge d’Arzua.

Ce soir, petite soirée du nouvel an entre pèlerins. Toujours avec Bastien et Juan Jo. Il y a Laura et Matéo les italiens, et Manel qui est revenu spécialement de Compostelle pour passer le nouvel an avec nous. Nous passons une belle soirée avec jeux de cartes, musique, dîner. Et à minuit, je découvre la tradition espagnole de manger un raisin les 12 premières secondes de l’année. Hey bien nous avons beaucoup ri, car c’est un sacré défi. Il faut être sacrément rapide ! Bonne année à tous !

 

Jeudi 1er janvier 2026

 

L : Je me lève tôt ce matin, on prépare le petit déjeuner de sportifs pour tous les pèlerins avec Cécile. On a tous pris notre temps, une fois qu’on a fini de manger, j’étais chaud patate, en pleine énergie prêt à en découdre avec ce camino ! J’ai même accroché un sac à mon sac pour y porter toutes les courses (tu me remercieras Cécile). Je prends de l’argent pour l’albergue, je demande à Cécile où elle se situe, je me speeds à ranger mes affaires, j'enfile mon sac et je me casse ! J’avais pour projet de manger à l’albergue, car démarré à 11h, mais à 13h il se met à pleuvoir. Ah elle ne m'avait pas manquée celle-là ! Une fois que j’avais fini de manger, il me restait 6 km. Les deux derniers kilomètres ont été durs, pourtant on avait une “petite” étape (20 km). Je pense que la pluie joue beaucoup sur l’humeur de la journée. A Pedrouzo, j’ai mis au moins 30 mn à chercher l’albergue car elle n’était pas sur le chemin. J’ai demandé à des espagnols où était l’albergue, ils me l’ont indiquée. Ça m’a saoulé au début de ne pas la trouver et d’avoir fait 1 km aller 1 km retour pour rien, mais quand je suis arrivé j’étais content.

Ce soir, pâtes chinoises à 18h - 19h au lit, demain direction Santiago

A demain les Loulous, bonne nuit, faîtes de beaux rêves.


Cécile : L’année commence entourée de la petite famille du camino. Nous partageons un super petit déjeuner. L est ultra motivé à partir avant tout le monde comme une flèche ! Quant à moi, je pars de l’auberge à 11h avec Bastien, Manel et Tim qui nous a également rejoints. J’étais contente d’avoir une petite étape de 20 km d’autant que la pluie est revenue aujourd’hui. A l’auberge, c’est chill. Petite sieste, étirements et dodo tôt pour récupérer de la courte nuit d’hier et profiter pleinement de l’arrivée à Compostelle demain.


Vendredi 2 janvier : Santiago de Compostelle (19 km)

 

L: Aujourd’hui, c’est notre arrivée à Santiago, je ne réalise pas. … Pour moi, c’est une journée normale, on se lève, on marche. Avec Cécile, on décide de partir marcher ensemble, pour cette arrivée à Santiago qui remémore une bonne étape. On y arrive, on est évidemment heureux et fiers, on va jusqu’à la cathédrale (point d’arrivée principale de Santiago) et nous nous prenons en photo devant celle-ci. On y récupère notre compostella, un diplôme, un certificat pour te féliciter pour ton chemin. On passe évidemment par la case nourriture, une côte de bœuf pour ce midi, Juan Jo et Bastien nous y rejoignent.

On arrive à l’albergue, on y rencontre de nombreux pèlerins, particulièrement pour ma part trois français : Mathilde, Manu et Jo (Johan je crois). Il y avait aussi Tim, l’américain rescapé qu’on avait perdu de vue, ce même Tim nous prépare une super sopa, sa spécialité, une super soupe de lentilles aux poivrons. Merci Tim. On la partagera avec tous les pèlerins. Après le repas, on se rejoint entre pèlerins sur la terrasse, j’ai passé un bon moment. On a même mangé des noix qu’on devait casser à 3h du matin, une bonne soirée avec Mathilde, Jo et Manu. Bon, il est temps d’aller dormir, demain, journée de pause avant de reprendre le camino, direction Fisterra. Buenas Noches.

 

Cécile : Ce matin au réveil, je ressens une petite excitation à l’idée d’arriver à Santiago. Étonnamment, elle passe rapidement et je passe une matinée de marche “normale”. Je ne réalise pas vraiment finalement que nous y sommes !

Nous marchons ensemble avec L, ou proche, car comme il dit “nous avons commencé ensemble, nous arriverons ensemble”. Et je partage complètement son envie d'arriver ensemble devant  la  cathédrale de Santiago. On forme une sacrée équipe, lui et moi !

Quelques kilomètres avant l’arrivée, nous croisons Juan Jo et hop !  Nous voilà tous les trois devant cette immense cathédrale. Et je ne réalise toujours pas ! Nous allons récupérer notre compostella et notre certificat de kilomètres. : 1515 km parcourus. Là encore, je ne réalise pas du tout. Je pense tout de même à tout ce chemin parcouru aux côtés de L depuis 70 jours maintenant.

A l’auberge, je l’observe avec les autres pèlerins, parler, rire, écouter. Quelle évolution en deux mois ! C'est beau de voir cette transformation.

Nous passons une chouette soirée avec Tim, Bastien, Juan Jo et de nouveaux pèlerins, notamment trois français avec qui L parle beaucoup. Je vais me coucher alors que la soirée s’éternise. Je laisse L profiter de cette ambiance chaleureuse et conviviale.

 

Samedi 3 janvier : Santiago - jour de repos

 

L : Ce matin, un brunch, full pistaches pour moi, chocolat chaud pistaches,  Une gaufre à la pistache et un toast au saumon. Puis je me pose dans l’albergue, une vraie journée de pause.

Ce soir, c’est Cécile qui cuisine une salade burrata, des patates et de la viande. Je m’occupe de la vaisselle et au dodo : Buenas Noches

 

Cécile :  Aujourd’hui, c'est la pause à Santiago. Un peu d’émotions ce matin au départ de Juan Jo, puis de Bastien que nous accompagnons avec L sur ces premiers kilomètres.

L’envie de L du jour, profiter d’un brunch comme à Burgos. On trouve un super endroit pour se poser et bien manger. J’en profite pour écrire et intégrer un peu toute cette aventure. Cette après-midi, je profite d’un bon massage que mon corps apprécie vraiment, petit tour dans la ville, dans la cathédrale. L et moi sommes en mode chill. Cette journée de repos me fait beaucoup de bien. Je me sens prête pour repartir demain, direction Fisterra.

 

Dimanche 4 janvier : Negreira (21 km)

 

L : Ce matin, j’ai un peu de mal à me lever, mais j’y arrive seulement 1h après. On mange, enfin je mange car en l’espace d’une heure Cécile avait déjà mangé et préparé nos salades de pâtes pour ce midi. Nous démarrons ensemble et je prends mon envol dans la matinée. C’était bien aujourd’hui il y avait un grand soleil, et une petite étape. A l’albergue je me pose, Cécile arrive 2h après, je suis un peu fatigué, ce soir c’est encore pâtes chinoises et je vais aller dormir tôt. Demain, une grande journée nous attend. 33 km jusqu'à Olveiroa, puis 31 km pour mardi, direction la playa (Fisterra). Buenas Noches !

 

Cécile : Le réveil est un peu dur pour L ce matin. Pour ma part, je me sens reposée et d’attaque pour reprendre le chemin. Je laisse à L le temps dont il a besoin (en le motivant doucement tout de même) puis nous partons de l’auberge pour une petite étape de 21 km. Nous nous arrêtons devant la cathédrale de Santiago pour reprendre une photo, avec le soleil cette fois-ci. La journée est super agréable, il fait beau, nous traversons plein de cours d’eau. Cela me donne vraiment envie de profiter et de prendre mon temps. Je repense à tout ce chemin parcouru aux côtés de L et j’ai vraiment envie de profiter de l'aventure jusqu’au bout. Je rejoins L à l’albergue de Negreira en fin d’après-midi. Petit rituel de massage et d’étirements. L a l’air encore fatigué ce soir, il souhaite se coucher tôt. Je vais sûrement faire de même après un peu de lecture. 


Lundi 5 janvier : Olveiroa (34 km)

 

L : Ce matin, je pars dans la nuit, dans une forêt, un peu galère à trouver le camino mais ça l’a fait. Il y avait du soleil, dans l’après-midi de la pluie, puis du soleil, le temps était vraiment bipolaire. Je recroise Neil au début du camino espagnol, il avait tracé. Il est arrivé à Fisterra, et il fait la boucle retour pour revenir à Santiago.

Je m’arrête dans une boulangerie pour mon déjeuner (je me suis vraiment mis bien), la boulangère avait le sourire, ça faisait plaisir, j’ai même appris quelques mots espagnols. J’y suis resté au moins une heure quand Cécile arrive, je reprends la route, mais je m’arrête peu de temps après, car il y avait un gros chien sur le chemin. Je me suis dit que j’allais attendre Cécile pour qu’on y aille ensemble. Finalement, il y a Alfonso qu’on a rencontré à Santiago qui est venu avant, il m’a convaincu de passer avec lui et tout s’est bien passé. On a passé la fin de journée à parler sur le camino ! On se comprenait malgré la langue, il m’a parlé de ses voyages, de sa culture des îles Canaries, il m’a montré des photos, je crois bien que j’irai faire des vacances là-bas. On se pose dans un restaurant, une fois arrivés, foot sur la terrasse, je rencontre un chat super mignon, il vient se poser sur moi pour y dormir, je le caresse, il s’endort petit à petit.

Le soir avec Alfonso et Cécile, on va au restaurant de la ville, on rencontre Denise que j’avais vue à la boulangerie de ce midi, mais nous ne sommes pas parlés, on rencontre aussi David un Espagnol. On a passé une bonne soirée, à se marrer, mais la serveuse ne souriait pas.

Ah j’ai failli oublier de vous parler de mon ampoule. Elle a bien grossi depuis le temps. Le petit orteil avait triplé de volume. Mais j’ai décidé de la percer, j’avais chaud et je ne faisais que de penser à quand l’aiguille allait rentrer dans mon pied, alors qu’en vrai ça ne fait pas mal. Cécile a fini par me mettre un dessin animé pour me distraire, ça a bien fonctionné finalement.

Allez au dodo, je vais dormir avec le fil.

Buenas Noches

 

Cécile : Ce matin, L part pour une nouvelle journée en autonomie. Nous partons alors qu’il fait encore nuit noire et j’aime voir le jour se lever pendant que je marche. La matinée me semble un peu longue et je suis en joie de voir la boulangerie pour la pause du midi. J’y retrouve L et Alfonso, un autre pèlerin. On papote un peu, mais j’ai besoin de me poser, manger pour reprendre de l’énergie. Cette pause me fait beaucoup de bien et malgré la pluie qui s’invite dans l’après-midi, je retrouve le plaisir de la marche. Quand j’arrive à l’auberge, je suis surprise de ne voir personne. L et Alfonso arrivent peu après, ils s’étaient fait une pause au café/restaurant à l’entrée du village. Nous y retournons le soir pour le dîner, car ici il n’y a rien du tout, c’est complètement mort ! Et après une étape de 34 km, on a bien mérité un petit restaurant ! A l’auberge, nous faisons aussi un petit point avec Anthony pour évoquer la suite. Dans dix jours, nous revenons à Rennes, donc nous évoquons un peu nos prochains jours.

Avant le restaurant de ce soir, mission perçage d’ampoule pour L qui a dépassé sa peur de l’aiguille et au fil qui reste dans le pied. Ce fut tout un sketch, mais il a fini par se détendre et y arriver.

Superbe soirée en compagnie de Alfonso, David et Denise. L est super à l’aise en mixant l’anglais, l’espagnol et le langage des signes, il se débrouille comme un chef pour communiquer.


Mardi 6 janvier : Fisterra ( 35 km)

 

L : Ce matin, on a démarré ensemble avec Cécile. 35 km → direction Finisterre. J’ai bien aimé la matinée de marche, la pluie venait, puis repartait. A 12h, on trouve un spot avec vue sur la mer avec un grand soleil, on y pose nos affaires et d’un coup une pluie, on a tout remballé. On parle à des locaux, ils nous conseillent un restaurant, je me débrouille de mieux en mieux avec la langue.

A quelques pas de Finisterre, j’entends les mouettes, j’aime beaucoup, cela veut dire qu’on se rapproche de la mer. On finit par se mettre les pieds dans l’eau à 7 km de Finisterre. On y voyait Finisterre, c’était une sorte de petite plage. L’eau était froide, la marée haute montait, on est partis. Pendant 10 km on a longé la mer, c’était trop bien, je faisais des blagues à Cécile, en lui disant j’abandonne à 8 km de la fin en voyant les grosses montées pour atteindre l’arrivée.

Quand on arrive à Finisterre, je suis trop content. Il y 10 jours on était dans la neige et là nous sommes à la plage avec le bruit des mouettes.

A l’albergue, un super accueil, ils nous offrent un chocolat chaud et une part de leur galette des rois, car eux, ce n’est pas le 1er, mais le 6, ce n’est pas une galette des rois plutôt un bagel à la crème, mais c’est vraiment super bon. Ils ont aussi une tradition : si tu as une sorte de fève, tu payes la galette. Ah ah ces espagnols !

Dans l’albergue, on y retrouve aussi Denise, David et Bastien. On a juste le temps de prendre une douche et direction le restaurant avec Denise, David et Bastien. On mange du poulpe et des coquilles Saint Jacques, la spécialité d’ici, on partage et mon plat sera une entrecôte. En vrai, le poulpe et les coquilles c’est validé ! On rentre y buenas noches.

 

Cécile : Aujourd’hui, nous marchons ensemble avec L pour notre arrivée à Fisterra. C’est une longue étape, mais vraiment jolie et surtout la mer apparaît enfin ! L s’adapte à mon rythme et on passe une bonne journée. Quelques kilomètres avant l’arrivée, une belle plage en contrebas nous appelle tous les deux ! Nous descendons pour y mettre les pieds dans l’eau !

Nous arrivons assez tardivement à l’auberge de Fisterra où nous avons un super accueil d'Alex et Miky. Aujourd’hui, c’est la fête des rois ici. On a le droit à une part de galette (qui est différente de celle que nous connaissons).

Ce soir, au restaurant avec David, Denise et Bastien que nous retrouvons. Depuis plusieurs jours, nous voyons des pulperias partout et c’est très réputé ici. Ce soir, nous goûtons donc ce fameux poulpe et je confirme, c’est bon ! Nous partageons tous ensemble poulpe et coquilles Saint Jacques. L m’épate, il goûte et en plus il en reprend.

Encore une belle soirée, entourés de supers pèlerins. Maintenant, place au repos avec un dodo bien mérité.


Mercredi 7 janvier : Fisterra

 

L : Ce matin, je me suis levé avec ce fameux bruit de mouettes. Avec Cécile on sort, Marcus nous conseille un café avec une belle vue sur le port, on y va et nous le rejoignons à table. Il était super gentil. Il nous a même offert des coquillages. On est aussi partis au phare de Finisterre, le point le plus à l’ouest de l’Espagne, à 2,800 km du centre-ville. C’était super beau.

On s’est aventurés entre les rochers, pris plein de photos. C’est aussi le kilomètre 0 des pèlerins (la fin de la terre).

On rentre, maillot de bain et nous allons nous baigner dans l'Océan Atlantique, l’eau était tellement froide, Cécile combattante a foncé et moi j’ai un peu plus pris mon temps, mais nous l’avons fait.

On va faire les courses, la douche, je cuisine des tagliatelles au saumon avec de la burrata et Cécile s’occupe de la vaisselle.

Demain, la dernière journée de marche :  28 km, direction Muxia, ensuite place aux vacances. Buenas noches.

 

Cécile : Belle journée de pause à Fisterra aujourd’hui. Je me sens super bien ici. L’auberge est très accueillante, les personnes rencontrées également. Le lieu invite au calme, à ralentir. Et en même temps, une fois arrivés au phare, au bout du bout, devant l’immensité de l’océan, je ressens beaucoup de joie. La joie d’avoir accompli ce chemin aux côtés de L, la joie d’être là, de profiter du soleil et de ces merveilleux paysages. Nous avons marché quasiment 1600 km pour être là. Alors forcément ça donne une saveur particulière à ce moment. Nous restons un moment avec L dans ces rochers derrière le phare.

Et puis nous ne pouvions pas venir ici sans faire un plouf ! L’eau était très froide, mais quelle sensation d’y aller ! Je me sens vivante et L aussi brave le froid. Beau moment de se retrouver tous les deux à se baigner (rapidement certes).

Je savoure cette journée, consciente que la fin de l’aventure approche.


Jeudi 8 janvier : Muxia (28 km)

 

L : Aujourd’hui, il a plu toute la journée pour notre dernier jour de marche. C’était aussi ma dernière journée en autonomie. Le matin, on se donne rendez-vous dans un café, on prend la route ensemble et je prends mon envol sur le camino. C’était dur aujourd’hui de tracer, 1h après s’être dit au revoir, Cécile était toujours derrière moi. Il y avait beaucoup de vent aujourd’hui, c’était vraiment dingue ! Le midi, j’ai mangé ma salade de pâtes sur la place et à un moment je n’étais même plus sur le chemin. Heureusement, je ne m’étais pas trop égaré, j’ai pu le retrouver. Il y aussi un monsieur qui s’est arrêté en voiture pour me demander de quel pays je venais. Je lui ai dit la France et il ne comprenait pas, super chelou !

J’arrive à Muxia, une tempête de pluie et de vent. Il fallait voir les vagues. J’ai un peu galéré à trouver le café, une fois dedans j'étais bien content d’être à l’abri de la pluie. Cécile arrive un peu plus tard. On a loué un petit studio, un super endroit avec vue sur la mer. On va à la douche, au restaurant et au dodo. Buenas Noches.

 

Cécile : Ce matin, nous traînons un peu à l’auberge La Espinale. Le petit déjeuner est top et l’endroit vraiment agréable. J’y serai bien restée une journée de plus, mais nous reprenons le chemin, direction Muxia. J’apprécie beaucoup cette dernière journée de marche, c’est un peu vallonné, avec parfois vue sur la mer et parfois avec des sentiers dans de grandes forêts. Je me fais complètement tremper la dernière heure marche ! J’arrive à Muxia poussée par un vent ultra puissant et je suis dégoulinante ! Je rejoins L dans le café qui était notre point de rendez-vous et je me réchauffe avec une boisson chaude.

Ce soir, j’ai réservé un petit studio pour qu’on soit au calme et qu’on puisse se reposer. La ville est assez déserte je trouve. Très peu d’options pour manger, mais un super burger nous attendait ! Soirée tranquille. J’espère qu’il fera beau demain pour se balader un peu dans Muxia et profiter du bord d’Océan avant le retour dans les terres.







L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %

Le reste est financé par vos dons



(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)




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18 commentaires


Assa
il y a 2 jours

L,

Force, honneur et persévérance !

Je suis très fière du chemin que tu as parcouru, autant sur les kilomètres que sur le plan personnel. Un énorme respect pour ton implication, ton courage et le dépassement de toi-même. Cette expérience marquera beaucoup de choses. Courage pour les derniers kilomètres !


“Pas à pas on va plus loin qu’on ne l’imaginait”


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El CPE
il y a 2 jours

Lettte bien recue, merci mille fois pour votre attention L.

C'est un plaisir de lire tout ce périple, qui, j'en suis sûr, prendrai un livre pour y poser ce que vous avez traversé tout les deux. Bravo.

On se voit à votre retour.

À très vite, El CPE

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Marcos
il y a 3 jours

Ce fut un immense plaisir de découvrir votre voyage et de pouvoir le lire ici, et de vous rencontrer à Finisterre. Que la bonté et la lumière brillent toujours dans vos yeux. Amitiés de Santiago

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Chrilo
il y a 5 jours

J'espère que je ne trompe pas de personne, mais je viens de lire le blog de Lorxxx avec beaucoup d'attention. Bravo Lorxxx ! ^^

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Laurène et Alice
31 déc. 2025

Bonjour à vous deux,

nous nous étions croisés a Saugues et au Sauvage au début de votre parcours, et nous sommes ravies de suivre votre blog et de voir que vous avancez bien sur le chemin !

nous vous souhaitons à tous les deux un bon réveillon, et une belle arrivée à destination en 2026 !

Laurène et Alice

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