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Marche de Inexxx

  • 21 août 2025
  • 119 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 nov. 2025

Marche de Inexxx accompagnée par Gaëlle, puis Anne-Cécile

 

Mardi 19 août

 

I : J’ai mangé avec Gaëlle et Jean-Michel au restaurant. Au bureau, j’ai rencontré Gaëlle. Elle est très gentille, souriante. Elle a la joie de vivre 🧡. Puis je suis allée à Intermarché pour faire les courses, toujours avec Gaëlle  et Jean-Michel.  Puis Jean-Michel nous a amenées en voiture au camping Saint Paulien dans le 43 (Haute Loire) Je me suis installée dans mon bungalow en bois. J’ai préparé à manger avec Gaëlle. On a fait tomates/ mozza et on a mangé des crêpes jambon/mozza. Puis on est allées au camping. Il y a un petit resto et nous sommes allées voir un concert. C’était trop bien. Je me sens bien. Je suis motivée pour cette aventure pour rendre ma famille fière et de moi-même. Bien sûr, je veux me construire un bel avenir avec l'aide de Gaëlle et de Jean Michel, de cette marche éducative sur le chemin de Compostelle.

 

Mercredi 20 août

 

I : Aujourd’hui, nous nous sommes réveillées à 7h50 et Gaëlle à 7h. Je me suis préparée et je suis allée au Puy en Velay en voiture ; c’était la voiture de Jean-Michel qui m’a amenée à Décathlon pour m'équiper. J’ai eu beaucoup de chance comme il n’y avait plus de stock pour l’équipement, donc nous sommes allées à Décathlon pour acheter des vêtements, du matériel, un sac à dos et des bâtons, puis nous sommes parties et on est allées dans un bar au Puy en Velay. On a rencontré une journaliste qui nous a interviewées oralement. Nous avons bu un coup. J’ai pris un coca puis nous sommes allées manger au resto snack. J’ai pris un wrap au poulet.

Nous sommes rentrées au camping. Gaëlle et Jean-Michel m’ont aidée

 

Gaëlle (mardi 19 et mercredi 20 août) :

 

Je découvre Jean-Michel à Lyon. Le programme est encore un peu flou mais j’écoute attentivement. I arrive accompagnée de Muriel, sa référente ASE qui tenait à l’accompagner avant de partir elle-même en congés. Le voyage en train se passe bien, l’arrivée au camping aussi. Jean-Michel connaît bien les ressources du secteur et a trouvé un rendez-vous orthodontique pour I qui souffre car son appareil est mal réglé.

I a été coopérante depuis le début, sur les horaires, les prises de médicaments, l'achat de vêtements. Chaque moment lui fait plaisir. Elle a fait un salto dans la piscine. C’était imprévisible, je lui ai dit que c’était dangereux sur 1,30 m de fond. Elle a été OK de ne pas recommencer. Ouf.


Jeudi 21 août

 

I : Aujourd’hui ma journée s’est bien passée avec Gaëlle et Jean-Michel. Ma première marche de stage s’est bien déroulée. Les paysages étaient très beaux, ça m’a fait du bien de marcher devant en silence avec l’air du vent. J’avais l’impression de ne pas être avec Gaëlle et Jean-Michel, le boss 🧡

Ça m’a fait du bien d’avoir ses sensations d’être seule au monde, ça m’a donné envie de vite être sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, même si j’ai très mal à la nuque, au cou, aux cervicales, mais je continue quand même le chemin. Je ne m’arrête pas, car je me sens bien dans cet endroit et de marcher devant avec le paysage devant les yeux et ne pas trop réfléchir.

 

Gaëlle : I semble avoir moins bien dormi et moins longtemps. Elle a lu l’empreinte de la marche et elle en était émue.

Elle passe un long moment à organiser son sac à dos pour la marche de stage. Elle apprécie que Jean-Michel veille à ce qu’elle ait tout le nécessaire. Elle est très reconnaissante de sa générosité. La marche se déroule tranquillement. I marche d’un bon pas et est toujours proche de nous. Elle participe volontiers à la préparation du pique-nique. L’hygiène corporelle ne pose pas de problème, l’hygiène du linge est à rappeler en tenant compte du temps de séchage.

Nous sommes allées au cours de yoga et I était en difficulté pour reproduire les postures mais gardait le sourire. Elle a rencontré une enfant de 12 ans qui aurait aimé en faire plus. Elle l’a invitée à jouer aux cartes ce soir. I lui dit “à ce soir”. Elle comptait m’en parler. J’ai dû lui rappeler qu’elle avait des choses à faire ce soir et pas encore quartier libre. Elle s’est confiée sur les raisons de son suivi PJJ.


Vendredi 22 août

 

I : Journée différente mais géniale. J'ai commencé à marcher sur le début du chemin de Compostel de Polignac jusqu’au Puy en Velay. On a fait 6 km, ça montait, mais j’ai beaucoup aimé quand même, ça ne m’a pas empêché de continuer. Ultreia. Jean-Michel nous a amené manger, puis on est allés chercher la crédencial. J'ai ensuite visité la maison du camino. Ça m’a beaucoup plu. J’ai trouvé ça très intéressant. J’ai aussi visité le village avec Gaëlle. On a fait les magasins ensemble, c’était trop bien. Puis on a payé notre gîte à l’accueil Saint-Georges. J’ai mangé avec les pèlerins. J’ai rencontré un monsieur qui s’appelle Philippe. Il est trop sympa. Il m’a touchée et j’ai aimé discuter avec lui.

 

Gaëlle : Balade dans la ville du Puy. Matinée orthodontie réglée et marche au départ de Polignac

Derniers moments d’I avec Jean-Michel, elle l’appelle beaucoup. Il va falloir qu’elle glisse doucement vers moi. Les boutiques, ça aide à créer un lien entre filles. Mon corps se met doucement à réapprivoiser les côtes et les trois étages de l’accueil Saint Georges. Première tablée ce soir avec les autres pèlerins. I est très à l’aise

 

Samedi 23 août

 

I : Aujourd’hui, j’ai assisté à la messe des pèlerins et la bénédiction de l’évêque. Il m’a bénie pour le chemin de Saint Jacques. La messe m’a beaucoup plu, ça m’a donné envie de me rapprocher de Dieu un peu plus et d’en connaître plus sur la religion chrétienne.

J’ai commencé ma première étape sur le chemin de Saint Jacques. J’ai beaucoup aimé faire cette première étape du chemin de 15 km de ma casquette lol. (mais non je rigole)  “Mon Bonnet” (mdr) c’est moi qui l’ai inventé.

Le chemin était un peu dur à la fin, après ça a été. J’ai chanté avec Gaëlle, ça m’a paru moins long et difficile. J’ai beaucoup aimé 🧡

J’aime parce que ça me fait du bien, je ne pense à rien sur ce chemin je pense juste au moment présent. Ça me fait plaisir de marcher seule sur le chemin ; j’ai l’impression que tout est à moi sur le chemin, je me sens seule au monde.  J’ai beaucoup apprécié la gentillesse des pèlerins et l’ambiance que ce soit dans le gîte ou sur le chemin. J’ai beaucoup aimé le gîte. Les pèlerines que j’ai rencontrées aussi. On a même fait un jeu de réunion où on parle de Seuil. Il y a même une dame qui connaissait car elle a rencontré un binôme au même gîte où l’on était ce soir. Même si j’ai mal au dos et aux cervicales. J’ai bien mangé, trop bon 🧡 

 

Gaëlle :  La messe et la bénédiction étaient de vrais bons moments. J’ai chanté et I m’a rejointe autant qu’elle pouvait. Elle est allée se faire bénir et moi aussi. La marche sous le soleil était la continuité de cette bénédiction.

Avant le grand départ Bernard nous a rejointes pour nous encourager une dernière fois.

I apprend vite les premiers codes du chemin, le tutoiement, l’entraide, la solidarité. Elle marche plus vite que moi en côte et vérifie que je suis toujours là. Le gîte de l’étape est très simple et convivial. La présence des autres pèlerins est bénéfique pour toutes les deux.

Elle met moins de résistance à mes conseils devant autrui.

 

Dimanche 24 août : Montbonnet

 

I : Aujourd’hui, je suis allée de “ma casquette” à Monistrol Nous avons profité d’acheter à manger à Saint Privat d’Allier. Le chemin m’a paru long, mais ça allait. J’ai toujours très mal à la nuque et aux cervicales. Mais j’avance quand même. J’ai aimé marcher toute seule. Seule au monde, il n’y avait personne sur le chemin. J’ai pu chanter sans que personne ne me juge. J’ai kiffé ma life. J’avais vraiment le chemin pour moi avec tout le paysage ; magnifique. Le chemin me faisait penser juste au moment présent. De marcher seule me fait plaisir. Je me suis même baignée dans le camping du propriétaire (mdr) trop bien, elle était très fraîche l’eau, c’était comme un genre de lac 

J’ai perdu Gaëlle car je marche plus vite qu’elle, donc je marche devant elle. Je suis arrivée avant elle à la fin du chemin et j’ai continué à suivre les marques du chemin car je suis arrivée à la fin du chemin et il y avait  une route avec des panneaux sans marque, il n’y avait de panneau marqué avec le nom du village, donc j’ai pris les repères dont  je connaissais les marques.  Et donc on s’est perdues de vue. Je m’engage à respecter la règle d’attendre Gaëlle à toutes les intersections. Voilà.

 

Gaëlle : Belle journée ensoleillée. Excellent départ de Montbonnet où je glane des prunes (I n’en mange pas), des mûres. Je demande à I un temps de silence et il s’instaure très facilement dans la montée. Une super pause pique-nique avec nos camarades de gîte. Partage des ressentis. Nous sommes soutenues dans notre démarche et ça fait plaisir. Les paysages sont doux, l’ombre nous protège et allège l’étape. Dans la descente jusqu’à Monistrol, I est tellement pressée d'aller se baigner à la rivière qu’elle en oublie que nous devons rester toutes proches. Bref, je crois qu'elle s’est égarée. J’applique la consigne. J’appelle Jean-Michel et heureusement je la retrouve au camping. Elle n’a pas encore conscience de la responsabilité qui m’incombe et ne comprend pas mon inquiétude. Bref, on apprend chaque jour, à chaque croisement

 

Lundi 25 août : Monistrol

 

I : Aujourd’hui, ça s’est bien passé, un peu dure la marche, ça montait beaucoup. On a dû changer de gîte à la dernière minute. On a trouvé le gîte Sauve qui Peut. Nous sommes dans le village de Saugues pour trouver à manger, donc nous avons trouvé un autre gîte communal. Très bien. Avec Gaëlle et moi ça se passe bien. On rigole, faisons des blagues. Elle est à l’écoute et a de l'empathie et sait reconnaître mes efforts dans le quotidien entre nous.

 

Gaëlle : Après une nuit bien frisquette en tente au camping de Monistrol, on s’offre un super petit déjeuner au gîte “Au repos du pèlerin”. Super accueillant et compréhensif même si on n’a pas dormi chez eux, nous nous régalons, quelle aubaine ! Seuil est reconnu pour son engagement et c’est bon de se sentir soutenues chaque jour. I est toujours aussi fière de chaque effort et reconnaissante de toutes les gentillesses. Elle râle autant qu’elle a de l’humour. Elle râle quand c’est dur, et retrouve le sourire en mangeant ce qu’elle aime. On a fait une mauvaise pioche sur le gîte et elle a été très adaptée, discrète à l’écoute et dans l’observation pour que tout se passe bien. Résultat, changement de gîte et récupération de notre mise. Belle complicité devant cette petite mésaventure. De mon côté, je prends mon rythme de marche, sans courbatures, ni douleurs pour durer longtemps, cette fois-ci j’ai trouvé la montée de Monistrol facile, ça me rassure sur la suite… Que de beautés chaque jour. Vous qui nous lisez, priez pour qu’il ne pleuve pas sur notre chemin (le moins possible)

 

Mardi 26 août

 

I : Aujourd’hui, ça s’est bien passé. J’ai marché de Saugues jusqu’à Chazeaux.

C’était très bien. Après je suis allée au gîte. Génial. On a bien mangé, les pèlerins sont très gentils. J’en croise beaucoup que je connaissais bien. Voilà

 

Mercredi 27 août

 

I : La journée s’est bien passée. J'ai marché 18 km. Jusqu’à Saint Alban sur Limagnole. J’ai rencontré au gîte des canadiens, des chinois aussi. C’est la même personne lol. Voilà

 


Jeudi 28 août : Saint Alban de Limagnole ---> Aumont-Aubrac

 

I : Aujourd’hui, la journée s’est bien passée avec Gaëlle. J’ai marché 16 km de Saint Alban sur Limagnole jusqu’à Aumont-Aubrac. C’est très joli.

Il a plu un peu. J’adore la pluie et j’aime marcher sous la pluie.

Nous sommes dans un gîte super grand où l’on peut même se faire à manger. Je me suis fait des pâtes carbo.

J’ai rencontré Benoît, le collègue de Gaëlle. Il est très gentil. Il m’a payé un coup à boire un Perrier avec du sirop de grenadine. Il m’a raconté un peu l’histoire du chemin de Saint Jacques. C’était intéressant. Voilà

 

Gaëlle : Premier jour de pluie de quoi tester le matériel et notre bonne humeur sous la pluie. Tout fonctionne et est opérationnel. Pluie du matin n'arrête pas le pèlerin et I fonce et m’attend aux intersections. Elle aime marcher seule. Elle est ambivalente à mon égard, reconnaissante de l’accompagnement et rejetante dès que j’essaie de lui apprendre quelque chose. Elle accepte quand ça vient de quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, elle peut dire toute la haine qu’elle a en elle et dont elle ne veut pas se défaire.


Vendredi 29 août

 

I : Aujourd’hui, j’ai marché 27 km, mais j'ai réussi sous la pluie, en plus on est toutes mouillées, souvent on m’appelle “la gazelle” (lol) sur le chemin mdr. Je marche vite. J’ai marché seule avec mes vaches. J’adore les vaches. Elles sont trop mimi. On a croisé Annie à Nasbinal. Elle est trop gentille. Elle nous a payé un coup à boire. Je l’adore. Elle a chanté. Elle a bon cœur.  Voila.

 

Gaëlle : Encore une journée où I montre ses dispositions physiques à la marche 27 km en 6h30, pause comprise, dont 2h et demie sous la pluie, le vent, la grêle.

Nous arrivons au gîte trempées et satisfaites. Annie, notre gentille hébergeuse de la veille à Aumont nous invite à partager une pâtisserie dans la brasserie Bastide. I généreuse propose de payer les boissons.

 

Samedi 30 août

 

I : Aujourd’hui, nous avons marché 15 km. Ça allait, ça montait un peu au début. J'avais très mal au dos, aux épaules, à la nuque, aux cervicales. J’ai revu Véronique, une dame que j’avais rencontrée sur le chemin. Elle est trop gentille et attachante. Je suis trop contente de l’avoir revue ; elle m’avait manqué. Elle m’a payé une gaufre au nutela. Je ne voulais pas qu’elle me la paie. Elle a insisté en disant que ça lui faisait plaisir de partager ça avec moi. J’avais envie de lui payer mais elle n’a pas voulu. Je lui ai demandé si je pouvais faire un bout de chemin avec elle. Elle a accepté, ça lui faisait plaisir et à moi aussi. J’ai chanté. Nous avons mangé au resto à Saint Chély car on avait assez de budget et d’économies.  Eric, un accompagnant qui a fait Seuil nous a offert un petit déjeuner et un lit. Il m’a offert un coup à boire car il ne sera pas là pour mon anniversaire. J'ai revu sur le chemin un canadien très gentil qui était avec nous dans un gîte. Il m'a offert un Perier et une banane que j’ai donnée à Gaëlle, “madame légumes et fruits” (lol).

J’adore les pèlerins. Ils sont adorables avec moi. Voilà

 

 

Dimanche 31 août

 

I : Aujourd’hui c’est très dur. L’étape est de 22 km. Ça allait. J’ai trouvé que l’étape de 27 km était moins dure parce que là ça ne faisait que monter et descendre. Sinon le paysage était très beau ! Je suis contente d’être en repos et de ne pas marcher, de me reposer, de voir ma grand-mère et mon petit frère. Le gîte où l’on est à Espalion, il est super, c’est un copain de Gaëlle. Elle connaît tout le monde, on dirait le pass VIAP (lol) avec elle, je me suis baignée dans le Lot. J’ai perdu ma claquette, elle a fugué mdr. Donc journée fatigante avec Gaëlle. J’ai retrouvé Véronique dans le gîte donc on est toutes les trois, c’est super, pas de ronflements lol et que des filles.


Lundi 1er septembre

 

I : Ma journée de repos s’est bien passée. Je me suis reposée. J’ai fait la grasse matinée puis j’ai mangé. J’ai eu ma grand-mère et mon petit frère qui m’ont encouragée. J’ai bu un coup au bar à Espalion et j’ai visité le centre de cette ville et c’est très joli. J’ai bu un chocolat et j’ai mangé un donut au chocolat, c’était un très bon petit goûter. Nous sommes toujours dans le même gîte. Je me suis bien reposée pour marcher demain. Voilà.

 

Gaëlle : n’a pas écrit


Jeudi 4 septembre

 

I : Mon anniversaire, c’était cool. Hier, j’ai dormi dans un château avec des animaux : mon ami le cochon Auguste, les chiens, les poules, le cheval, les moutons et le chat, toute la famille. J’ai dormi avec Anne-Cécile. Elle est trop gentille. Elle m’a offert un gâteau. J’ai mangé au restaurant 4*. Trop bien. C’était un festin (lol) Hier, j’ai rencontré Anne-Cécile. Elle est cool et gentille, très souriante, volontaire et avenante, a envie de bien faire, première impression, elle est à l’écoute. Nous avons visité les monuments : cathédrale, (rocher Saint Michel), Notre Dame de France. C’était magnifique et super haut. Trop cool. Ça m’a fait un peu bizarre de revenir sur mes pas mais c’est comme un nouveau départ, on peut dire. J’ai dormi au même endroit que le premier jour au Grand Séminaire chez les Soeurs au Puy en Velay.

Françoise (la dame) qui m’a accueillie pendant ces trois jours m’a fait un gâteau et m’a acheté une brioche aux fraises, trop bon, et avec des bougies et la chanson. Elle est trop gentille et touchante, sincère et bienveillante. Elle m’a fait un gros bisou, un câlin et des petits mots gentils et mignons. Voilà, bon je vais me coucher. A plus !

 

Anne-Cécile : Arrivée ce jour pour prendre le relais de l’accompagnement de I. J’ai été reçue par Jean-Michel, le responsable de la marche.

Nous avons fait un point m’expliquant le plan de marche et l’organisation d’une journée d’accompagnement.  I nous a rejoints, j’ai découvert son tempérament joyeux et volontaire.

Après notre installation, nous avons fait une balade en ville, une belle occasion pour commencer à faire connaissance.

I a commencé à m’exprimer ses souhaits pour la suite de la marche : réfléchir à son futur métier, approfondir sa connaissance de la “religion des chrétiens”, apprendre à moins “penser tout le temps”.

Ce soir, nous avons dîné au séminaire du Puy avec une tablée très attentive aux histoires d’I qui a exprimé plusieurs fois sa hâte de me rencontrer et de reprendre la marche. Comme c’est son anniversaire, les pèlerins lui ont souhaité bonne fête. I a eu une journée festive : restaurant, shopping, visite de la ville, elle le mérite


Vendredi 5 septembre

 

I : Aujourd’hui, 1er jour de marche avec Anne-Cécile. Ça s’est bien passé. Elle est très gentille et à l’écoute quand je lui parle ou que je lui pose des questions. Elle marche vite comme moi. Mon sac est plus lourd. Donc les montées sont plus dures mais ça va et aujourd’hui il y avait une grosse montée avec des cailloux. Il a fait très bon. Aujourd’hui grand soleil et il a fait très chaud. Dans les montées, j’avais chaud. Nous nous sommes arrêtées manger et boire un coup. Super agréable

Aujourd’hui, petite étape. C’était cool et puis nous sommes rentrées au gîte. J’ai pris ma douche et Anne-Cécile m’a aidée à faire mon linge. Elle est trop gentille, attentionnée. Elle a pris le temps de m’expliquer et de me donner des conseils pour mon linge à laver, essorer et à étendre. Puis nous sommes allées visiter l’église et tout le village. C’est très beau. En plus, il fait un temps magnifique. Voilà

 

Anne-Cécile : Première journée de marche. Nous avons rejoint Espalion en bus depuis le Puy en Velay ce matin et avons effectué 13 km jusqu’à Estaing. La journée était ensoleillée et I ne pensait qu’à une chose : sauter dans la rivière. Comme cette dernière n’avait aucune berge, nous avons convenu ensemble que demain nous dormirions au camping de Golinhac car il y a une grande piscine en forme de haricot là-bas.

Aujourd’hui, nous avons rencontré beaucoup de pèlerins et certains marchaient avec un chien. Nous avons aussi croisé de nombreux troupeaux : à chaque fois nous sommes émerveillées. I et moi remarquons que nous avons toutes les deux une âme de philosophe et que nous aimons avoir des discussions profondes.

Nous apprécions aussi les moments simples de la vie, ça tombe bien, le chemin nous en offre tous les jours !  Nous terminons notre marche par un verre plus un encas dans une auberge/restaurant avant d’arriver à Estaing.

A l’arrivée, I me fait part de sa difficulté à garder ses vêtements propres alors nous avons fait un “cours de lavage à la main”. Un beau moment. Vivement demain.

 

Samedi 6 septembre

 

I : Aujourd'hui j'ai marché 14 km jusqu'à Golinhac c'est bien mais il y a beaucoup de montées et il faisait très chaud.

 il faisait bon temps, le ciel était bleu. Il y avait plein de vaches comme d'habitude lol. Nous avons pique-niqué ; il était incroyable le pique-nique que nous avons choisi ensemble. J'ai bien mangé. Elle m'aide beaucoup, c'est une ressource pour moi et une ressource humaine. Le chemin est super et les rencontres font me sentir comme ce que l'on peut éprouver quand on est bien. Hier le gîte était super j'ai bien mangé et dormi. Je commence à créer du lien avec Anne-Cécile, on rigole, on a des choses en commun, elle est géniale et simple. Nous avons joué ensemble dans la piscine sous l'eau etc... C'était un moment très agréable. Un petit temps de rapprochement de liens pour en créer un au fur et à mesure et amener à se connaître. Petit à petit en discutant et en prenant notre temps. Tout en douceur, la douceur de Anne-Cécile m'aide et c'est encourageant aussi. Nous avons vu aussi un chien errant sur le chemin Il était noir et blanc, il est trop beau et je me suis inquiétée pour lui.  Garou c'est son prénom. J'ai beaucoup d'amour pour les chiens. Il y a tellement de simplicité avec Anne Cécile, pour tout : pour se confier, pour discuter, pour lui demander des choses, des conseils etc. pour tout quoi. Je suis contente qu'elle soit là avec moi et qu'elle m'écoute et je suis heureuse en même temps. On a des sujets de discussion tellement profonds à des moments et si sincères en même temps, c'est une ressource humaine, ce regard qu’elle porte sur moi est très authentique et doux. À demain.

 

Anne-Cécile :  Notre dîner d'hier soir était copieux et notre tablée très sympathique. I a parlé de son parcours. Les pèlerins l'ont félicitée pour son chemin et souhaité à nouveau un joyeux anniversaire. Comme nous étions dans un gîte familial, nous nous sommes tous couchés et levés à la même heure et nous nous sommes rejoints au petit déjeuner et départ. L'hospitalier, Philippe, nous a saluées en partant en redisant à I son admiration devant sa démarche.

La journée a débuté avec une grosse montée. Pas un arrêt, I a filé, rejointe par un chien prénommé Garou, elle était contente de partager un bout de son chemin avec lui. Après la montée, nous nous sommes arrêtées dans un hameau avec une aire de pique-nique. Nous avons déjeuné avec des produits locaux : jambon, fromage, pain frais... C'était un régal pour nous deux. Nous avons eu une discussion sur le thème de la « liberté" : “est-on libre en faisant tout ce que l'on veut ?” C'était super pour nous deux de parler de ça librement et d'exprimer nos ressentis.

Jusqu'à l'arrivée à Golinhac nous avons croisé beaucoup d'animaux : lapins, chevaux, vaches chiens, âne. A chaque fois, même rituel on s'arrête et on caresse les animaux qui se laissent faire. I m'a même confié que si elle le pouvait elle aurait des vaches dans son jardin.

15h30 : moment tant attendu du plouf dans la piscine. Nous avons fait bronzette, des longueurs, des bombes et même une mini compétition. Bien sûr, c'est i qui a gagné, mais j'aurai ma revanche. Il fait vingt-huit degrés, mais profitons des derniers jours chauds de l'été avant les nuages et la pluie qui s'annonce. Demain nous prévoyons d'aller à Conques. Si nous arrivons à temps, nous irons à l'abbatiale pour 11h. Ultreia

 

Dimanche 7 septembre

 

I :  Aujourd'hui on a fait 20 km. On s'est réveillées à 5h, enfin moi à 4h parce que j'avais hâte de faire une marche nocturne. J'adore la nuit et j'étais très motivée de fou. On a fait 6h de marche. J'ai tracé quand il y avait de la descente et des montées. Il y avait beaucoup de montées, j'avais chaud et le soleil s'est levé. C'est cool de marcher la nuit jusqu'au lever du soleil, tu vois l'évolution de la pleine lune et du lever du soleil. C'est magnifique. Et une belle aventure. Avec Anne-Cécile. Puis j'ai mangé mon petit déjeuner au bar à Espeyrac. C'était trop bon et le monsieur était trop sympa, il nous a même proposé de prendre la douche. Trop cool. Bien évidemment qu'on a dit “non” mdr.

Hier soir, on a mangé au resto snack du camping après la piscine. Anne-Cécile a pris un temps pour prendre sa douche et appeler sa famille. Pendant que moi je suis restée à la piscine et bronzer, j'ai profité du beau temps et de la piscine, puis j'avais froid donc j'ai pris ma douche bien chaude parce que j'avais froid et nous sommes allées au resto c'est très bon et bien j'ai pris un hamburger frites et un Coca-Cola zéro bien évidemment.

J'ai rencontré des personnes et aujourd'hui au bar j'ai revu Véro, une pèlerine que je connaissais. Pas Véro qui m'a offert une gaufre, il y en a une autre. J'étais très contente de la revoir et elle aussi. Elle m'a dit qu’elle pensait à moi.

Nous sommes donc à Conques. C'est trop beau on a mangé là-bas, c'est trop bon les produits locaux d'Aveyron : jambon, fromage, etc puis nous sommes allées faire quelques magasins. J'ai acheté un petit bout de nougat trop bon. Du vrai nougat car il y a une usine de nougats dans l'Aveyron près de Conques et j'ai regardé dans une boutique mon prénom avec marquer ma personnalité, selon mon prénom. Puis nous sommes allées à notre gîte, l'abbaye de Conques de Sainte Foy. C'est très beau, les hospitaliers sont gentils, géniaux, bon accueil avec beaucoup de monde. Nous prenons le repas du soir là-bas. Pendant la marche nocturne, j'ai entendu des animaux, mais j'avais pas peur car les animaux sont mes amis.

 

Anne-Cécile : Hier soir, nous avons dîné et discuté au restaurant. Nous avons aussi rencontré un trio suisse. À nouveau, ils ont félicité I. Nous leur avons dit que nous nous levions à cinq heures pour arriver à onze heures à Conques. Comme cela nécessite de préparer tous nos bagages en avance et de partir très tôt avec nos lampes frontales, ils ne voulaient pas nous croire. Ce matin le réveil a bien sonné à 5h. J'étais stupéfaite de voir I quasiment prête. Elle n'arrivait plus à dormir depuis 4h, toute excitée de partir marcher dans la nuit et "d'affronter les sangliers qui seront sur notre passage". Nous partons à 5h15 en faisant un énorme boucan dans les chambres et en réveillant les pèlerins qui dormaient. Nous sommes parties à toute vitesse à tel point que nous avons eu le temps de prendre un café croissant à Espeyrac. L'aubergiste nous a présenté certains résidents de la commune, nous a proposé de nous reposer, de laver si besoin.. c'était comme à la maison ! À chaque fois je laisse I se présenter et j'observe la réaction des personnes qui l'écoutent. Au café ce matin, tout le monde l'encourage, elle était super souriante et fière. On repartant marcher, I m'a confié : "Anne-Cécile, franchement, mon seul regret avec Saint-Jacques... C'est de ne pas être partie plus jeune !"

Ça m'a fait rire de l'entendre dire ça car elle est très jeune, et en même temps elle m'exprime par ici que ce chemin la protège de son environnement, l'encourage, lui donne des idées pour son avenir et comme elle traverse des épreuves depuis longtemps, elle se rend compte petit à petit de ce que ce chemin lui apportera.

Juste avant de descendre le gros dénivelé vers Conques, nous sommes tombées nez à nez avec un certain Grégoire, soixantaine, parti en avril de Strasbourg et sur le retour de Santiago à pied . Il était très touché de nous croiser, car il connaît l'association Seuil et a lu les livres de Bernard Ollivier. Il a papoté avec nous et a même fait quelques kilomètres pour encourager i. Il nous a confié qu'il trouvait le projet grandiose et que sur ses 4,5 mois de marche, sa rencontre avec I restait l'une des plus fortes. Sur tout ce temps, c'est le 1er premier duo qu'il croise. Nous descendons jusqu'à Conques.  Quelle matinée et quel timing parfait.

Nous nous félicitons en allant déjeuner "chez germain" des produits aveyronnais encore une fois les gens interrogent I à table et elle est appréciée. Germain, l'aubergiste, est aux petits soins pour I et celle-ci énonce à tout le monde que "Germain est trop cool."nous quittons la table pour un grand rangement de sac, lessive, douche, temps de repos. Nous devons vous laisser car il paraît qu'il y a une rivière, son Germain vante les mérites en contrebas de Conques, alors nous allons piquer une tête avant le dîner communautaire.

 I est toujours motivée pour tout et nous nous soutenons mutuellement. Son énergie m'a donné envie de faire plein de choses pour décrire tout ce qu'il est possible de voir sur le camino.


Lundi 8 septembre :

 

I : Aujourd'hui nous sommes allées à Livinhac le Haut en faisant 25 km. On s'est trompées de chemin. On a fait plus que prévu. On a rigolé avec Anne Cécile et donc on n'a pas vu le chemin, bref j'en pouvais plus, j'avais trop mal aux jambes et aux pieds de partout en fait. Les muscles chauffent et ça craque. Il y avait une grosse montée au début, j'ai cru que j'allais mourir, je faisais que de me décourager, mais j'ai réussi avec les encouragements de Anne Cécile.

Elle est trop mignonne. Avec sa douceur, nous tissons du lien tous les jours en parlant et rigolant et en faisant les bêtes, en refaisant les accents et principalement l'accent canadien. Ils ont un accent bizarre un peu mdr. Anne-Cécile fait trop bien les accents, on pourrait croire qu'elle est canadienne.

On a mangé le petit déjeuner au bar, et on a pris un sandwich, mais la dame n'était vraiment pas aimable, limite agressive. Elle m'a perturbée pour choisir mon pique-nique. Anne Cécile est venue m'aider car cette dame me parlait trop méchamment. Anne Cécile a expliqué à la dame qui on était. Elle a dit :" je m'en fous, on n'a pas besoin d'être deux pour choisir un sandwich". Je lui ai donc expliqué que j'attendais mon accompagnante qui était occupée. Bref elle s'en fout et moi aussi 😀 

Anne Cécile est beaucoup à l'écoute quand je me confie à elle sur mes ressentis, mes questions et même mon vécu, mon histoire. Elle aime me faire plaisir. 💛 

Hier, on a assisté à la veillée musicale à l'abbaye. C'était trop bien et très joli.

Le repas était bof, j'ai pas aimé, mais bref c'est pas grave, je me suis rattrapée avec le dessert : trop bon, un cookie au chocolat. Comme j'étais chaos de la veille de la montée, je suis donc allée dormir.

Aujourd'hui, j'ai trop bien mangé. La dame super agréable lol. Bon accueil, on a mangé que toutes les trois avec la dame : c'était un dîner donativo.

On va dormir dehors à la belle étoile dans un dortoir super avec des moustiquaires. Voilà je vais dormir. Ciao.

 

Anne-Cécile :  Hier soir, nous avons dîné avec les pèlerins à Sainte-Foy et passé la soirée traditionnelle avec la bénédiction des pèlerins, concerts, explications et illuminations du tympan. I et moi nous sommes couchées tôt après notre lever à 5h. Ce matin, la montée s'est avérée difficile pour nous deux. I a, malgré sa fatigue, réussi l'étape, non sans mal.

Aujourd'hui, nous devions prendre un raccourci pour éviter des cas... Mais nous nous sommes perdues à un moment où nous avons ricané sur le chemin.

Résultat des courses : 3 km en plus, des bonnes courbatures avec I qui s'allonge tous les 100m à moins de 2 km de l'arrivée.

Pour la première fois, nous avons croisé des restaurateurs peu aimables. I était très déroutée et ne savait pas comment répondre ; lorsque cela fait 2 semaines que l'on est dans la bienveillance et l'humanité, notre cerveau fait comme un bug système.

Heureusement, nous avons débriefé pour nous rappeler qu'il faut toujours rester vigilantes même sur le camino.

Cette journée fut forte en discussion : nous avons discuté de nos vies respectives et parlé de notre enfance. I a une simplicité déconcertante et une facilité à exprimer ses ressentis : elle m'a notamment dit qu'elle souhaitait travailler sur ses émotions et je l'y ai encouragée. Un moment fort de la journée : quand nous avons croisé, perdues dans la campagne, l'hélicoptère du samu qui s'est déposé à 10 mètres de nous, I était ravie.

Finalement, pas si sûre qu'elle veuille être kiné, ça serait plutôt médecin ou conductrice d'hélico. Nous avons profité du ventilateur grandeur nature des ailes de l'hélicoptère et salué les médecins dans la carlingue.

De jour en jour, je continue à connaître I. je la trouve courageuse et je l'encourage. Je ressens que nos premières façades commencent à tomber et que nous sommes plus authentiques. Notre duo est en train de se créer une forme d'identité qui me paraît équilibrée et j'espère que cela continuera en ce sens.


Mardi 9 septembre

 

I :  La journée s’est bien passée. J’ai marché 28 km au lieu de 25 km. On s’est arrêtées à côté de “Faycelle” dans un gîte super. On a bien mangé. L’accueil des hospitaliers Olivier et Marie, les responsables était super. C’est un donativo. J’ai beaucoup aimé le tour de table avec les hospitaliers et les pèlerins. Il y a Pilou (lol) (c'est moi qui l’ai surnommé comme ça) un chien qui était au milieu du chemin à côté des maisons. Je l’ai caressé. Il était aux anges Je me suis attaché à lui.  Il est génial, il m'a suivie, il connaissait bien le chemin. Il y a un pèlerin que je connaissais qui l’a fait fuir et qui lui a dit “dégage”, ça ne m’a pas plu, ça m’a vraiment énervé grave. J’aime les chiens.

Je me suis arrêtée pour mettre ma polaire sur la route et il y avait un groupe de canadiens. Il y a une canadienne, elle m’a dit “allez, allez ; avance” je me suis donc énervée, je lui ai dit c…. quand je suis passée devant elle. Donc j’ai pris ma revanche mdr.

Je suis passée devant pour passer. En gros, ils m'ont dit “avance” parce qu’il y avait de la boue et que je faisais attention. Bref, Anne-Cécile et moi avons bien rigolé ensemble.

Les pèlerins m’ont émue, tout le monde autour de la table parlait de ce qu’il voulait, j’ai aimé cette ambiance humaine. Super. Anne-Cécile aussi m’a touchée quand elle a parlé à son tour, d’elle. J’ai appelé ma famille aujourd’hui qui m’a encouragée, ils sont fiers de moi.

 

Anne Cécile : Après notre nuit à la belle étoile mais dans un gîte, nous partons pour une grosse journée de 28 km. Greet, émue, nous photographie avant notre départ. La journée s’annonce plus chaude et moins pluvieuse que les jours précédents, mais je remarque que les montées sont de plus en plus difficiles. J’essaie de me placer derrière I afin qu’elle ne se décourage pas et cela fonctionne.

La générosité dans les villages nous fait toujours plaisir. A Montredon, nous prenons notre petit déjeuner au presbytère

Aujourd'hui, nous avons croisé plusieurs groupes et l’arrivée prochaine à Cahors nous rappelle que nous allons devoir en quitter certains. Souvent, nous transmettons notre blog ou notre numéro pour échanger nos nouvelles et les photos que nous avons prises.

Vers Saint Félix, nous rencontrons Cécile, une femme très pêchue qui a fait le chemin en 2007 et qui vend des produits fermiers aux pèlerins. Elle connaît Seuil car elle a vu beaucoup de duos et encourage I pour son camino et son chemin de vie. Sa joie de vivre a bien inspiré I qui l’a questionnée sur le fait d’être heureux.

Nous sommes arrivées à Figeac vers 15h. Les derniers kilomètres étaient difficiles.

A plusieurs moments, j’ai ressenti une forme de tension avec certains pèlerins. I et moi nous avons pu en discuter. Tous les goûts et les couleurs sont dans la nature et je suis bien d’accord sur le fait qu’on ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Parfois, il faut tout de même faire attention à ses propos pour garder une entente avec tout le monde.

L’appel d’I avec sa GM, sa famille d’accueil et son frère, lui a heureusement remonté le moral. Après un bon burger, elle retrouve la force de reprendre ses bâtons pour les 4 derniers kilomètres jusqu’au gîte Le Relais Saint Jacques.

Nous avons à nouveau bien discuté de nos vies respectives. I m’a confié ses projets de vie et d’études.

Ce soir, nous avons été bichonnées par Olivier et Marie : un moment hors du temps avec des hospitaliers en remise de burn out à pèlerins.

 

Mercredi 10 septembre : Carjac

 

I : Aujourd’hui, la journée était bien. On a bien marché avec Anne-Cécile. Hier, nous avons dormi dans un gîte donativo au Relais Saint Jacques. Incroyable, le meilleur. Bonne ambiance. Bon accueil des hospitaliers. Génial. Je me suis amusée. Bon repas : riz chorizo, lardons, oignons, sauce crème fraîche, poivron rouge. Tour de table émouvant et touchant. Les gens parlaient de soi ou chantaient et dansaient, faisaient ce qu'ils voulaient, quoi. Moi j’ai préféré chanter car j'aime pas beaucoup parler de moi et j'ai du mal à dire ce que je ressens. Tout le monde m’a dit que je chantais bien.

J’ai massé une pèlerine, trop sympa, j'adore masser, elle a failli s'endormir mdr.

Aujourd’hui, on a fait 28 km au final. C’était dur au début mais après ça allait avec la petite pause de midi. J’ai bien marché même si j’avais mal de partout. J’ai une grosse ampoule. Anne-Cécile, ma sauveuse, m’a soignée, elle m’a expliqué ce qu'elle faisait quand elle s’est occupée de mon bobo lol. Elle est géniale et à l’écoute quand je parle. Là, nous sommes dans un gîte. Il est génial, grand, propre avec une cuisine à disposition pour se faire à manger.

La dame est gentille, avenante, accueillante ; C’est un gîte en autonomie. Elle vient pour les tampons et le paiement et elle repart chez elle. Le village où l’on est super beau. On va aller faire un petit tour. Le paysage est magnifique et m’apaise sur le chemin et me fait penser à rien. Le village où l’on est est super

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui, nous sommes le jour de la Sainte I et comme si c’était un clin d'œil pour I, nous avons du Nutella au petit déjeuner. Miam

Je n’ai jamais vu I prendre un aussi gros petit déjeuner et c’est tant mieux car nous avons presque 29 km à faire jusqu’à Carjac

Dès le départ, nous avons marché séparément, c’était l’occasion pour chacune de réfléchir au chemin parcouru, de repenser (certainement) aux difficultés rencontrées la veille et de discuter avec de nouveaux pèlerins.

I papote avec les uns et les autres, elle va super vite au point où ceux qui la croisent me demandent ce qu'elle a bien pu manger ce matin (la réponse : du nutella)

Après 20 km, nous nous arrêtons dans une épicerie pour déjeuner du local. Nous recroisons d’abord le fameux groupe de canadiennes, puis le monsieur  qui a fait fuir les chiens. Je sais que I fait un effort pour leur parler, au point que nous finissons par partager un  bout du dessert avec eux.

La fin de journée, nous alternons entre gouttes de pluie et rayons de soleil. Un vrai temps breton.

La descente vers Carjac était impressionnante avec la vue, en longeant la roche, nous avons une idée du paysage qui nous attend jusqu’à Cahors.

Arrivée, je soigne I qui a une belle cloque au pied en perçant la phlyctène et en faisant une grosse poupée. Maintenant au dîner pour la fête d’I.


Jeudi 11 septembre

 

I : Aujourd’hui, j’ai marché 18 km, petite journée. J’avais super chaud et était découragée mais après j’ai repris mes esprits et j’ai foncé lol. C’est super beau, le paysage, les pierres. Au bout de la rue, il y avait une croix montrant une piste noire de ski lol. Puis on est allées prendre notre petit déjeuner dehors. Trop bien. Puis on est parties marcher. J’ai marché toute seule un bon moment. Puis on a mangé dans la meilleure boulangerie de ma vie et du monde. Incroyable.  Panini, croustillant, pizza, éclair au chocolat. Incroyable Tout était un coup de coeur.

Nous sommes au gîte “La Halle Saint Jacques". Première étape géniale. On est allées au supermarché, pas simple, mais bon quand je suis sortie j’ai croisé Pilou. Il m’avait beaucoup manqué. Je l’adore, il est génial. Il m’a touchée. Il est sincère et généreux. Il a préparé à manger, fait la vaisselle. On a partagé un moment convivial avec Mireille et Jean Richard, un petit couple trop chou. Mireille a la joie de vivre, elle est si bienveillante et géniale avec des bons conseils pour ma vie. Et je suis allée faire un massage de fou.

Bye

 

Anne Cécile : Le réveil a sonné à 8h et ma chère acolyte I s’est réveillée d’un seul coup. J’ai trouvé la technique du jour : ne pas parler de marche, mais plutôt de pains au chocolat que nous allons chercher à la boulangerie.

Petit déjeuner avalé, nous nous dirigeons vers la prochaine étape, Limogne en Quercy. La marche le long de la rivière était très paisible, chacune prenant nos marques et fixant nos points d’arrêt. L’un sera “Chez Pierrot”, un passionné du camino qui accueille les pèlerins tous les matins et distribue des boissons/gâteaux en donativo.

Nous nous engageons sur les derniers kilomètres et je sens que I veut “tracer sa route”. Alors je la laisse devant, à nouveau, elle décolle rapidement et rattrape quasiment tous les pèlerins.

Lorsque nous nous retrouvons, nous nous rappelons que le chemin n’est pas une course et qu’il vaut mieux rester visibles l’une pour l’autre afin de ne pas se perdre. Pour éviter tout problème, I apprend mon numéro de téléphone par cœur. Je sais qu’elle trouvera quelqu’un pour me joindre si nous nous égarons.

A Limogne, je discute avec I de notre pause prochaine à Cahors et de la difficulté à trouver un spot de spa/massage (comme elle m’en parle depuis le début) à prix abordable. Je vois que cela est important pour elle tant elle est parfois “sous tension”. Nous réalisons alors qu’il est possible de se faire masser dans le village : I aura eu son soin en fin de journée et en est sortie toute apaisée et revigorée.

Ce soir, nous dînons un repas préparé par nos soins : la tablée encourage I et lui rappelle de voir, à l’image du camino, toujours le verre à moitié plein.


Vendredi 12 septembre

 

I : Aujourd’hui, on a marché 13 km, petite étape pour aller à Bach. Facile et trop bien. J’ai marché avec Pilou un peu et Mireille et son mari. On a discuté avec eux et on a croisé un groupe de jeunes qu’on avait rencontrés dans un gîte et nous les avons croisés sur le chemin. On fait un bout de chemin avec eux jusqu’à Varaire.

On a pris notre pique-nique à la boulangerie de Limogne en Quercy et j’ai déjeuné à la boulangerie. Trop bon. miam lol

A midi, comme par hasard, je vois Gaëlle, son chien et son compagnon. On a discuté ensemble. La destinée était que je devais la voir.

Ce soir, je suis au gîte “La joie du chemin” chez Laetitia.

 

Anne-Cécile : La soirée d’hier était forte et a permis à I de créer de nouveaux liens. Nous savons que nous allons recroiser Mireille, Roland et Bernard au gîte aujourd’hui et nous nous en réjouissons de cela.

Ce matin, c’est presque la grasse matinée car nous nous réveillons à 8h30. Nous n'avons que 13 km à parcourir. Nous savons que la journée sera plate et moins longue que d’habitude. Lors de notre passage à Varaire, Gaëlle qui habite la région, était de passage. I l’a saluée, elle était très heureuse de croiser son chemin et de lui dire au revoir plus officiellement. Nous avons échangé quelques minutes puis nous avons repris notre chemin.

Arrivées au gîte, nous avons fait la pause dans les transats. Laetitia, notre hôte, semble sensible au projet Seuil et l’auberge est pleine. La soirée s’annonce très sympathique.

 

Samedi 13 septembre

 

I : Aujourd’hui, ça s’est bien passé.  Longue étape mais facile. Je suis arrivée à Cahors Trop cool la journée de repos. Je suis un peu fatiguée. Cahors c'est trop beau. Je suis au gîte “Le deuxième Souffle” chez Jacky. Il est trop gentil et accueillant. On a trop bien mangé. Il a même chanté mon anniversaire avec une bougie sur la pomme et après il m’a offert un cahier avec la coquille. Trop gentil. Christophe et Christine sont des hébergeurs sur le chemin 6 km avant. Ils nous ont offert le repas de midi. Trop bon : fromage, jambon, dessert. Trop sympa. Puis nous avons bu un coup avec des pèlerins qu’on a rencontrés hier. Il y avait un monsieur, il a tout payé. Voilà. A plus

 

Anne-Cécile : Réveil à 7h pour une marche de 27 km vers Cahors aujourd’hui. Nous sommes réveillées par les pèlerins qui se lèvent un à un. Je suis à peine debout que I est déjà au petit déjeuner.

Laetitia et son compagnon ont pris soin de nous de A à Z. Nous partons encouragées jusqu’au départ sur le pas de la porte. La journée démarre de bonne humeur entre les rencontres, les chants pour I, les échanges avec certains. I a un très bon rythme. Nous comptons arriver vers 13h à Flyer Poujols. Nous y faisons la rencontre de Sandrine et Nathalie qui partagent le déjeuner avec nous et repartons invitées par Christophe et son épouse Christine qui nous reçoivent dans leur gîte/snack.  Nous échangeons avec Christophe. Celui-ci verse 5 € par achat de t-shirt à l’association Seuil. Il est tellement heureux de rencontrer I et de contribuer au projet Seuil qu’il fait promettre à I qu’elle irait à Santiago et qu’il imprimerait un poster en son honneur si cela advenait.

A Cahors, nous sommes reçues par des hospitaliers à l’entrée de la ville. Ils se ménagent pour nous aider à acheter les produits qui nous manquent et prennent grand soin de nous recevoir.

Nous arrivons chez Jacques au Second Souffle et profitons de Cahors. Maintenant, nous préparons notre journée de pause qui arrive. Nous savons “enfin” que nous pourrons lever le pied et nous reposer une journée. Je sens que I est heureuse à l’idée de changer de rythme une journée. Nous avons déjà prévu un restaurant à volonté, peut-être que l’après-midi sera détente à la piscine, cinéma, canoë, bowling…Nous devons encore déterminer notre planning de demain. Bonne nuit.

 

Dimanche 14 septembre

 

I : Aujourd’hui c’est notre journée de pause. Super journée.  On est parties à 8h30 du gîte. Malheureusement je n’ai pas trop dormi mais c’est pas grave. Nous sommes allées boire un coup au bar. J’ai pris un chocolat trop bon. J’ai vu Pilou. Nous sommes allées au restaurant chinois à volonté. Je me suis cassée le ventre (mdr) trop bon. J’ai bien mangé. On a marché, on est allées au sauna-hammam, jacuzzi et piscine, piscine à vagues, piscine à bulles. C’est trop bien. Incroyable. J’y suis restée toute la fin de l’après-midi de 15h à 17h45. Trop cool. Je me suis trop amusée et détendue. J’ai passé ma meilleure journée de repos avec Anne-Cécile. On a marché aussi parce que c’est loin de la ville. On est dimanche et il n’y a pas de transport en commun mais c’est pas grave.

Demain je vais faire un signalement car je suis témoin à la piscine à l’espace douches d’un papa qui donnait des coups violents sur le cou et le visage sur sa petite fille, donc j’ai réagi avec un regard au monsieur. Il a tout de suite remarqué mon regard lui disant d’arrêter. Il a tout de suite changé de manière avec sa petite fille. Il a fait ces violences juste parce qu'elle s’amusait avec l’eau au lieu de prendre sa douche.  Je suis sortie avant lui et je me suis dirigée vers l’accueil et signalé les faits et mon témoignage de A à Z. La directrice de l’accueil m’a donc dit qu’elle ne pouvait rien faire de plus car elle n’a pas vu les faits. Elle m’a dit d’aller voir la police nationale de Cahors et d’apporter mon témoignage et mon signalement d’actes de violence et de maltraitance sur un enfant. Donc j’ai décidé de ne pas faire la sourde ni l’aveugle. Si je ne le fais pas, personne ne le fait, je trouve ça inacceptable de commettre un acte de violence sur un enfant. Je suis sortie de l’établissement et suis allée à la police nationale comme prévu mais aussi donné les premières lettres et chiffres de sa plaque matricule de voiture et la couleur.  J’ai fait mon devoir de citoyenne car cet enfant ne peut pas faire grand-chose malheureusement  à part crier ou pleurer. J’appelle la police judiciaire mais ils n’étaient pas là

A demain pour la suite mais je ne vais pas en rester là.

 

Anne-Cécile : Qui dit 10 jours de marche, dit pause. Alors aujourd’hui on ne s’octroie non pas une grasse matinée, mais tout ce dont nous rêvons depuis dix jours et qui ne se trouve pas dans les hameaux traversés.

Visite de Cahors et de son centre-ville, restaurant chinois. I en parle depuis le début et il n’y a que dans cette grande ville que l’on en trouve, et balnéo.

La journée fut reposante malgré nos difficultés à choisir nos activités. Nous ressentons maintenant que nous nous connaissons mieux que nos tempéraments apparaissent.

Parfois, nous prenons le temps de repenser à une phrase ou un ton employé dans une phrase. I est toujours attentive à mes remarques et travaille dessus.

En fin de journée, à la sortie de la balnéo, I a vu une scène difficile à accepter pour elle : un papa violent avec une petite fille. I en colère face à cette scène m’a exprimé son souhait de dénoncer ce qu'elle avait vu auprès de la police. Sûre d’elle, nous sommes allées faire un signalement en fin de journée. I n’a cessé de me dire à quel point cela était important de dénoncer ces faits pour avoir une bonne conscience.

Apaisée par cette dénonciation, I était plus décontractée à la fin de la journée. Nous avons dîné au même gîte qu’hier et avons fait de nouvelles rencontres.

Demain, nous commencerons la journée par un passage à la poste et un appel au commissariat pour confirmer le signalement. 25 km nous attendent, avec une belle montée au départ et comme dirait I ”ça va être super facile, suffit juste de mettre un pied devant l’autre”     .  Bye.

 

Lundi 15 septembre

 

I : Aujourd’hui, j’ai passé une bonne journée agréable. J’ai marché 25 km, 12 pour aller manger. Trop bon. au snack/bar/resto, super épicerie. Puis nous avons marché jusqu’à Lascabanes.  Après être passées à La Bastide, nous sommes reparties au gîte 3 km de plus.  Nous sommes au gîte d’Escayrac. On dort là-bas. Très bon accueil. On a mangé super bien. C’est génial, l'hospitalière m'a massée avec des huiles essentielles. Trop bien. J’ai chanté. Tout le monde a adoré. Aujourd’hui ça allait. il y avait des personnes que je connaissais. Il y avait aussi Pilou, mon amie.

Anne-Cécile m’a accompagnée au commissariat de Police pour faire mon signalement et ils ont fait une main-courante. Voilà. A demain. Bonne nuit !

 

Anne-Cécile : Le 15 septembre, après notre journée de pause, nous avons prolongé notre séjour jusqu'à 10h30 à Cahors, afin de gérer les derniers éléments administratifs : poste, passage à la police pour l’histoire de la veille, révision et envoi du surplus des sacs.

Le départ de Cahors se fait en douceur sans passer par la grande montée qui était fermée. Nous avons donc pris une déviation, impliquant l’ajout de 2 km sur notre itinéraire. A la Bastide Marnhac, nous avons fait une pause pour le déjeuner. La dame du snack était très sympathique et I a pu partager son périple avec les locaux. Tous étaient admiratifs face à sa détermination.

La fin de journée était au ralenti. Nous avons avancé à 3 km/h sur les 13 derniers kilomètres. Chaque champ de vaches était une occasion de s’arrêter. Enfin atterries à Lascabanes, nous avons bu un petit coup et avons eu la bénédiction des pèlerins de l’église. C’était un magnifique moment.

Ce soir, nous dormons à Notre Dame d'Escayrac, un gîte donativo très familial où nous sommes 6 pèlerins. I était au service du repas et nous a fait un mini concert dans la chapelle. Elle travaille tous les jours sa voix. Je peux vous assurer que maintenant Kendji Girac, Céline Dion n’ont plus aucun secret pour moi.


Mardi 16 septembre

 

I : Aujourd'hui, ça s’est bien passé. J’ai bien marché 22 km, ça allait. Le village était super joli. Arrivée au gîte, j’ai pris ma douche, puis fait une machine. Puis nous avons visité l’église et le village de Lauzerte. Super joli. Ensuite, nous sommes allées chercher à manger. J’ai fait un croque-monsieur, trop bon. Puis nous sommes rentrées au gîte “La Libellule” chez Nicole, adorable. Elle a fait des crêpes pour le goûter. J’ai passé la soirée avec Pilou et Anne-Cécile mais il y a eu un incident malheureusement et ça a tout chamboulé. Il y avait une dame qui fumait du c….. devant moi, ça m’a rappelé de mauvais souvenirs, alors Jean-Michel, responsable de la marche, a trouvé une solution. Il a appelé Nicole, la dame du gîte qui a appelé Luc, son voisin qui a été super gentil et heureux, il est plein de joie. Il m’a même offert un pin’s en forme de trèfle à 4 feuilles qu’il avait mis sur sa crocs. Un amour. Nous avons dormi chez lui, moi dans un lit dépliant et Anne-Cécile sur un matelas. Il a poussé les murs pour moi. Trop chou. A demain

 

Anne-Cécile : Départ de Lascabanes ce matin, les pèlerins qui ont dormi au gîte donativo ont été accompagnés par les hospitaliers. Nous avons vécu un bon moment d’au revoir.

Une journée de 22 km nous attend. Les paysages sont magnifiques, surplombés par un grand soleil. I a chanté quasiment toute la matinée.

Une pause s’est imposée pour I à Montcuq afin de prendre son pain au chocolat du matin. Nous y avons fait les courses pour le déjeuner. Ce village dont le nom a bien fait rire I et moi aussi, reste l’un des plus charmants de la voie du Puy.

Au déjeuner, nous étions dans une ferme : une table de fortune au milieu de la grange, une distribution de boissons en donativo, un fermier et son chien fidèle, un paysage à couper le souffle, toutes les conditions étaient réunies pour passer un bon moment.

L'après-midi fut plus difficile avec plusieurs montées et descentes qui se suivaient. Heureusement, Bernard notre ami depuis quelques jours était là pour encourager I.

A Lauzerte, nous avons dîné à l’auberge un repas concocté par I : croque-monsieur. Je découvre alors les talents de ma co-équipière.

La fin de la journée/soirée s’est passée calmement jusqu’à ce que I vive un sentiment d’insécurité. Nous avons dû communiquer toute la soirée et réorganiser notre couchage pour qu’elle se sente mieux. Je prends conscience que I a besoin d’évacuer. Nous reverrons demain la situation de la veille car c’est souvent a posteriori que les discussions sont les plus constructives. Bonne nuit !

 

Mercredi 17 septembre

 

I : Aujourd’hui, c’était dur. J’étais fatiguée et contrariée par ce qui s’était passé la veille. Donc j’ai marché que 17 km. Après ça allait beaucoup mieux. J’ai vu des jeunes que je connaissais. On a marché ensemble. Je suis passée dans un gîte/ferme avec tous les animaux (mdr). Mais ils criaient car ils voulaient du melon, les coquins. La dame du gîte nous a avancées un peu car j’avais mal aux cervicales et au cou et je n’étais pas en forme. La dame de la ferme était là. Maintenant, ça va mieux. Il y avait aussi Pilou. Il m’a attendue au bar pour manger à Durfort Lacapelette. Trop gentil. Je parle beaucoup avec lui, il est super bienveillant avec moi. Il me soutient. Voilà. A demain

 

Anne-Cécile : Nous avons dormi sur un lit de fortune dans un gîte qui a bien voulu nous recevoir à 23h hier soir. Ce matin, le lever était donc à 6h45 avant que les pèlerins du gîte qui dormaient-là n’arrivent pour le petit déjeuner. Luc nous a aidées à nous lever et à remballer nos affaires, mais I, a eu du mal à se réveiller.

Nous sommes retournées chez Nicole afin de récupérer notre sac et de rediscuter de la situation de la veille. Celle-ci était aux petits soins pour nous et vraiment désolée de l’insécurité dans laquelle I a pu se sentir dans son gîte. Elle nous a servi un petit déjeuner copieux et nous a permis de quitter les lieux à l’heure que l’on souhaitait.

I fatiguée me dit qu’elle ne quitterait pas les lieux ce jour, elle finit par accepter de marcher un tout petit peu. Épuisée, nous avons pris notre première pause à moins d’un kilomètre du départ. Nous avons discuté longuement de cette longue journée qui nous attendait et que I ne se sentait pas de faire. Nous avons, en effet, décidé la semaine passée de cumuler plusieurs étapes car I et moi avancions d’un bon pas, mais aujourd’hui, impossible de mettre un pied devant l’autre.

Jean-Michel, notre responsable de marche, était une ressource précieuse afin de nous aider à temporiser la situation et déterminer notre rythme. Nous trouvons un consensus : marcher 5 km jusqu’à la première épicerie pour faire une pause, puis aller jusqu’à Durfort Lacapelette et écourter la fin de l’étape selon notre fatigue.

5 km plus loin, vers 11h du matin, nous arrivons à l’épicerie. Nous rencontrons Jean-Yves et Marie du gîte. Ils tiennent une ferme composée de pleins d’animaux qui cohabitent ensemble. I leur distribue des friandises et Marie nous donne un déjeuner…Et la magie du chemin, elle comprend notre besoin et nous propose de venir nous chercher à Durfort pour nous déposer en voiture à Moissac.

Résultat des courses : une journée qui s’annonçait impossible et au final près de 16 km parcourus au ralenti dans le Tarn et Garonne.

Nous avons été à l’accueil des pèlerins de Moissac et dormons au gîte ”Les Étoiles”.  I et moi, sommes seulement à deux dans la chambre et une nuit très reposante s’annonce.


Jeudi 18 septembre

 

I : Aujourd’hui, c’était une journée avec Anne-Cécile. On a pris la variante le long du canal. Tout plat. Parce que les arbres perdent leurs feuilles, c’est bientôt l’automne, donc les couleurs apparaissent. Puis nous nous sommes arrêtées avant de prendre le chemin de la boulangerie pour prendre un pique-nique pour le midi. Nous avons décollé et nous sommes arrêtées en route dans un gîte qui fait halte à côté du canal, c’est une jeune fille et son copain qui ont ouvert ce gîte qui s’appelle “L’Ecluse”. C’est là où les bateaux passent le long du canal. Avec Anne-Cécile nous avons parlé de nos vies, de nos plus grands regrets. Nous avons beaucoup de points en commun. Nous en avons discuté et échangé nos ressentis.

Anne-Cécile prend beaucoup soin de moi. Elle m’a acheté des crèmes hier soir pour mes douleurs musculaires et mes ampoules. Elle me fait mes pansements et m’applique la crème.

Nous aimons beaucoup aussi chanter et refaire l’accent canadien. Ça fait passer le temps. Je trouve que nous tissons des liens de plus en plus chaque jour. Anne-Cécile est à l’écoute de mes besoins. Elle prend le temps de trouver des solutions, de ce qui est le mieux pour moi. Elle me rassure dans les moments difficiles, c’est un recours pour moi et ça me rassure.

Nous aimons aussi faire des selfies.

Nous sommes dans un gîte communal, cool, super grand. Nous avons une chambre à nous deux, encore une fois, nous sommes chanceuses. Anne-Cécile aime beaucoup me faire plaisir et je trouve ça attentionné.

Je trouve aussi notre duo fluide et simple. Nous rigolons pour essayer de vivre notre condition plus facilement. Malheureusement, il y a plein de gens. J’ai pris ma douche, j’ai lavé mes cheveux. Je suis sortie et je me suis séchée et une guêpe m’a piquée. Nous pensons qu’il y a un nid de guêpes et que la guêpe était dans ma serviette et elle m’a piquée.

Anne-Cécile m’a sauvée. Heureusement, qu’il y a une infirmière sur le chemin. Lol. Elle m’a fait un pansement avec du vinaigre et elle est géniale. Si vous avez un problème, appelez SOS Anne-Cécile (mdr)

Et ensuite, j’ai mangé dehors. Trop bien. C’est un gîte communal libre sans demie pension. Voilà. A demain pour les aventures de Tintin lol.

PS. Attendez aussi, j’ai mangé un super dessert dans un ESAT super, touchant les personnes en situation de handicap. C’est tellement touchant ce genre d’endroit.

Allez cette fois, c’est la bonne. Ciao

 

Anne-Cécile : Ce matin, réveil à 7h20 pour le petit déjeuner servi par Guy. Nous avions jusqu'à 7h30 pour arriver et nous arrivons à table à 7h20 tapante.

La journée s’annonce chaude : 30°C sous un soleil de plomb, heureusement la route est toute droite et parsemée de hauts arbres. La route jusqu’à Auvillar est plate, le long du cours d’eau.

Nous croisons beaucoup de vélos. Nous nous arrêtons une première fois dans une écluse pour le déjeuner. L’accueillante avait préparé des crêpes et nous avons fait la découverte de ce lieu d’accueil hors du commun ; juste à côté, nous découvrons un ESAT qui nous propose un service déjeuner. Comme I sera amenée à intégrer une formation de restauration à la rentrée, nous visitons et grignotons un petit quelque chose.

Le service est atypique et I est très réceptive à l’accueil que nous réservent les personnes handicapées. Ce milieu très joyeux et hors du commun nous plait à toutes les deux. Nous nous disons qu’à l’avenir, nous voulons continuer à servir cette cause.

La fin de l’étape se passe sans encombre jusqu’à l’arrivée à Auvillar où nous devons gravir une grosse montée. I trace devant et nous arrivons au gîte à 14h. Un exploit.

L’après-midi s’annonçait reposante jusqu’à ce que I se fasse piquer par une guêpe dans sa douche. Une fois la panique calmée, nous cherchons un traitement à la pharmacie mais celle-ci était en grève…Alors je sors ma “casquette” d’infirmière pour soigner mon acolyte. Je ne veux pas que I soit bloquée à cause d’une fichue piqûre.

Heureusement, la douleur s’estompe et nous pourrons continuer la marche car I a un moral d’acier.

Ce soir : bénédiction des pèlerins et restaurant   en guise de réconfort ! Tchuss

PS. J'oubliais…. L’automne commence à apparaître et les paysages sont magnifiques. I et moi avons hâte de voir la suite.


Vendredi 19 septembre

 

I : Là aujourd’hui c’était une belle journée ensoleillée. On a parcouru 19 km. Il y a eu pas mal de montées et nous nous sommes arrêtées pour déjeuner à Miradoux puis on a fait 2 km de plus pour dormir dans un château super joli avec des champs ; il y a un coucher de soleil super beau avec un peu de vent. On a commandé des pizzas. Super cool et nous avons fait une séance photos.

Hier à Auvillar, je suis allée à l’église où j’ai rencontré le prêtre qui est africain ; il vient du Congo et il est trop chou. Nous sommes dans un endroit super, magnifique, seules (on est que trois dans le gîte). J’ai aussi pris le lit de deux places, premier arrivé premier servi, règle d’or. Bon à demain.

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui, nous avons 19 km à parcourir. Nous quittons Auvillar en forme après un petit déjeuner copieux à la boulangerie.

I m’a fait promettre qu’elle serait plus vigilante lorsqu’elle se réveille, car le matin n’est jamais trop son truc.

La route était sympathique, sans trop de côtes à tel point que nous arrivons pile à temps pour le déjeuner.

Nous disons au revoir à deux pèlerins que nous aimons beaucoup : Ludo et Mario. Maintenant I est habituée et sait que le chemin se présentera comme ça.

En fin de journée, nous avons re-discuté de ces personnes porteuses d’un handicap que nous avons croisées hier. Jacques, présent avec nous au gîte, nous a raconté son expérience du handicap avec sa famille. Un moment fort et très intense pour nous trois.

Ce soir, nous dormons dans un domaine près d'un château. Il y a une vue incroyable sur les vallons.

I est tellement fatiguée qu’elle a fait une grosse sieste de 3h. A son réveil, nous sommes parties chercher des pizzas pour reprendre des forces.

Demain, une petite journée de 14 km nous attend alors nous nous permettrons un lever plus tardif.

 

Samedi 20 septembre : Lectoure

 

I : Ce matin, nous nous sommes réveillées sur les coups de 8h. Nous sommes allées directement au petit déjeuner préparé par Marie, la gérante du gîte. Super déjeuner. Puis nous sommes parties et nous étions directement sur le chemin ; nous avons fait une étape assez simple. Nous sommes allées au cimetière pour un ami que Anne Cécile a perdu et nous avons mangé dans un snack/glacier. Nous avons fait 14 km pour aller à Lectoure. A Lectoure il y a des eaux chaudes et nous sommes allées aux thermes pour fêter mon anniversaire avec Anne Cécile, puis je suis allée manger une crêpe au nutella.  J’ai passé un bon moment avec Anne Cécile au jacuzzi, hammam. Incroyable. Une journée reposante et de rapprochement qui fait du bien. Et ce soir, moi et Anne, nous sommes dans un gîte de Lectoure. Nous avons retrouvé beaucoup de pèlerins que l’on connaissait. Trop cool.  Pour mon anniversaire, j’ai partagé mon gâteau avec Anne-Cécile. Bon à demain. Ciao.

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous nous sommes réveillées sans même avoir mis de réveil. Comme I a fait une bonne sieste hier, elle se lève comme une fleur aujourd’hui.

Nous n’avons que 14 km à parcourir dans une descente pour atteindre Lectoure. Nous traversons les champs de tournesols et croisons beaucoup de pèlerins.

La journée se passe bien, à l’arrivée, nous avons une discussion au sujet de la vie d'adulte et du travail. I a hâte de rentrer dans cette vie-là et me fait comprendre qu'elle est prête à rompre avec ses habitudes/personnes pour trouver une stabilité en tant qu’adulte. I me dit aussi que Saint Jacques est comme un rêve et qu’elle aimerait que la bienveillance trouvée sur le camino soit la même dans ”la vraie vie”. 

Cet après-midi, comme nous avions du temps libre, nous avons fêté l'anniversaire de I (avec 16 jours de retard) au spa. Nous avons profité des eaux thermales de Lectoure et des fortes chaleurs pour faire un après-midi entre filles. Au spa, nous avons croisé une dizaine de pèlerins, tous ont eu la même idée que nous d’aller se baigner.

Ressourcées, nous avons passé la fin de journée au gîte de Lectoure.

L’ambiance était très conviviale, les accueillantes aux petits soins pour I. Nous avons prévu de marcher quelques kilomètres avec certains pèlerins de la tablée demain matin. Comme ils veulent prendre la même variante que nous, cela nous permettra de ne pas nous perdre sur l’itinéraire.

Avec I, nous nous sommes rappelé que ce type de journée ”off” devrait être réservée aux jours de pause et que l’après-midi cocooning que nous avons eu était exceptionnelle car nous étions  arrivées très tôt à Lectoure et que nous avions quelque chose à fêter.

 

Dimanche 21 septembre : Condom

 

I : Ce matin, je me suis réveillé à 6h55 pétantes du tac au tac. J’ai déjeuné la première. J’ai marché avec Eric, un pèlerin. Trop sympa. On a fait 27 km environ. J’ai eu très mal au dos et  au cou. Je suis arrivée à Condom pour mon jour de repos. Je suis allée manger mon pique-nique à la boulangerie et je suis arrivée au gîte que Anne Cécile a trouvé pour que je puisse me reposer et faire la grasse matinée car c’est notre jour de repos. Mais malheureusement j’avais super mal aux cervicales, donc je suis allée à l’hôpital, Anne-Cécile m’a accompagnée car le dimanche il n’y a pas de médecin. Où l’on était, j’ai vu des médecins, j’ai fait des examens. On a attendu pour avoir les résultats. Ils m’ont donné un traitement pour me soulager et des crèmes. Trop gentils le docteur et l'infirmier. Anne-Cécile m’a accompagnée et m’a aidée pour que ça aille mieux demain.  Elle va essayer de me trouver une séance d'ostéopathie. L'hôpital a dit que je n'avais pas de lésion, mais des contractions musculaires. J’ai mangé des tacos à Condom. Trop bon. Bon à demain.

 

Anne-Cécile : Levées à 7h, nous filons vers 7h45 après avoir avalé notre petit déjeuner à toute vitesse. Une pluie battante nous attend et Eric, un pèlerin rencontré hier, se propose de nous accompagner.

Ce matin était difficile. Savoir que nous avons 27 km sous ce temps n’est pas très encourageant même si I adore la pluie. Aussi les douleurs cervicales de I se font de plus en plus fortes.

La présence d’Eric dans le duo apporte une bonne dynamique à la marche. Nous traversons des sentiers pleins de boue et découvrons des paysages différents.

Nous arrivons à Condom vers 13h30…Pile pour le déjeuner. Heureusement, une boulangerie est ouverte.  Alors, nous vidons la moitié de l’étalage pour nous rassasier après ces 27 km. Eric qui avait pris quelques photos nous les envoie et nous lui disons au revoir.

Sur le trajet du gîte, I a des douleurs, depuis plus d’un mois, se tortillait dans tous les sens de douleur. Elle ne voulait pas attendre la séance d’ostéopathie de demain, alors nous sommes allées aux urgences pour voir un médecin et faire un scanner. Au total, nous avons attendu 4h mais avons fait de belles rencontres dans la salle d'attente de l’hôpital. Nous repartons sereines car I aura dès ce soir un nouveau traitement, le scanner ne relève aucune anomalie et surtout la marche n’est pas contre-indiquée.

Gros tacos pour fêter ça et au dodo pour une longue nuit… demain, c’est jour de pause et nous n’avons aucun horaire obligatoire pour quitter la maison :)

 

Lundi 22 septembre : Condom

 

I : Aujourd’hui, grasse mat’. Je me suis bien reposée. Je me suis réveillée à 11h45. Anne-Cécile a appelé tous les ostéopathes du coin, elle n’a pas trouvé. Sandrine l’a accompagnée à la pharmacie pour prendre les médicaments que le médecin a prescrits hier qui m’ont fait beaucoup de bien, ça détend les muscles. Les responsables du gîte sont adorables. On a mangé au resto. On s’est fait plaisir. J’ai pris une entrecôte et j’ai payé un peu avec mon argent. Ce soir, on est toutes seules au gîte. Trop bien. J’ai fait un atelier peinture avec Sandrine. Trop bien. Elle m’a appris la technique de peinture et Anne-Cécile m’a trouvé une séance d'ostéopathie demain. Trop forte. Bon à demain

 

Anne-Cécile : Journée de pause à Condom. Il est 11h45 et I se réveille. J’ai tout fait pour ne pas la réveiller et qu'elle puisse profiter de sa grasse mat’.

Sandrine qui nous accueille avec sa compagne Michèle, nous accompagne à la pharmacie pour aller chercher tous les traitements prescrits par le médecin des urgences.

De mon côté, j’ai contacté la CPAM de I pour connaître les remboursements de ses soins, pris rendez-vous chez l'ostéopathe et le dentiste pour les derniers soins dont elle aura besoin avant la frontière espagnole. Cette matinée de pause était très administrative mais bénéfique pour la suite du périple.

A midi, nous avons déjeuné au restaurant La Padoue. I a pu savourer une entrecôte servie par un rugbyman. Un vrai restaurant gersois.

Cet après-midi, nous avons fait un atelier peinture. Nous avons appris toutes les techniques et même si I dit ne pas être satisfaite, pour ma part, j’ai trouvé ce qu'elle a fait joli et cette activité était des plus reposantes. Sandrine et Michèle se sont pliées en 4 pour nous recevoir et prendre soin de nous. I leur promet une carte en arrivant au bout du périple et aucun autre cadeau ne pourrait les réjouir.

I a aussi pris le temps d'appeler sa mamie, Y et C. Cela l’encourage, elle apprécie ces moments où elle peut raconter ses aventures. Elle est très courageuse et sa famille lui fait savoir. C’est très important pour elle.

Nous avons croisé Richard qui nous a ramené un maillot de bain et une serviette oubliés à Lectoure. La magie du camino et des rencontres. Sandrine et Michèle, très généreuses nous ont invitées à dîner. Merci


Mardi 23 septembre

 

I : Aujourd’hui, grosse étape de 34 km. Trop bien, “les doigts dans le nez”. Je suis contente d’avoir réussi. Je me suis arrêtée au 1000 Bornes. J’ai mangé un sandwich au ketchup. Trop bon. Il faisait super bon. Le matin j’ai pris un pain au chocolat à Eauze.  Ils appellent ça chocolatine lol. On dirait qu’on est à Bordeaux

Après le 1000 Bornes, j’ai fait 7 km. Je suis arrivée à 14h42 exactement et j’ai attendu Anne-Cécile qui est arrivée à 14h47 exactement. Nous avons été au gîte Béthanie. J’ai pris ma douche et je suis allée chez un soi-disant ostéopathe (mdr). C’est pas du tout un ostéopathe, c’est un acupuncteur chinois qui est ostéopathe et qui soulage en 15 mn chrono lol. 60 €. Tout ça vaut mieux en rire que pleurer. Avec sa chaise roulante, qui fait un bruit de bourrin, il tournait autour de moi. Il a gambergé 5 secondes à ce qu’il allait me faire. Un disque dur qui tourne en boucle qu’on a oublié d’éteindre.

Mais Anne-Cécile a demandé un remboursement. Il l’a remboursée sans problème. J’ai revu un pèlerin, Eric,  qui nous a payé un coup à boire et à une pèlerine qu’on a rencontrée sur le camino. Denis nous a proposé gentiment de nous faire un steak au poivre comme on en avait parlé sur le chemin, quand on aurait faim mdr.

J’ai passé une bonne soirée avec les pèlerins et j’ai bien mangé. Bonne nuit. Ciao

 

Anne-Cécile : 34 km, c’est le nombre de kilomètres que nous avons à faire aujourd’hui. Alors nous décidons de nous lever à 6h45.

Les premières minutes de la journée sont très difficiles pour I qui finit par sortir de son lit, enfile sa tenue et fait son sac en un temps record. Nous lui mettons sa ceinture lombaire, ses straps sur les épaules et prenons les médicaments pour les douleurs lombaires et cervicales et I enfile son sac.

Honnêtement, le temps était idéal et après le petit déjeuner, I était super agréable. Nous avons avalé les 27 km jusqu’à notre pause déjeuner. Nous nous sommes arrêtées au “1000 Bornes” et nous avons passé les 1000 derniers kilomètres. Nous en avons profité pour immortaliser l’instant, surtout que la bonne humeur était au rendez-vous. Je sens que les traitements font du bien à I et qu'elle est plus détendue. Mais la douleurpersistant, nous avons été chez l’ostéopathe à Eauze en fin de journée. Tout était mené pour que cela se passe bien mais le professionnel rencontré était plus déterminé à faire de l’acupuncture. Nous étions peu satisfaites du soin, mais je suis restée aux côtés de I pour l’accompagner. En partant, I, peu soulagée, me fit part de son manque de réceptivité aux gestes que le professionnel avait faits, j’ai indiqué cela au monsieur qui remboursa le soin.

Ce soir, nous avons raconté nos péripéties et exploits du jour à Eric et Emmanuelle (nouvelle pèlerine avec qui nous avons marché vite cet après-midi), autour d’un verre. Eric nous a invitées et nous a proposé de nous rejoindre demain soir pour un vrai steak au poivre au dîner. Bien sûr, ce n’est pas I qui va y renoncer.

Le gîte dans lequel nous dormons à Eauze est très bienveillant et nous y passons une soirée calme en compagnie d’une tablée de dix pèlerins. Marcel et Pauline nous bichonnent et encouragent I dans son périple.

Une belle journée se termine, j’espère que d’autres comme celle-ci se présenteront. A demain.


Mercredi 24 septembre

 

I : Aujourd’hui, réveil un peu dur car je suis fatiguée. J’ai fini par me lever. On a 21 km. Super cool. Les paysages sont beaux avec des champs d’agriculture. Anne-Cécile et moi on a fait une petite pause gourmande au gîte “Le chalet du Bonheur” en donativo. Super joli et agréable. Nous sommes reparties et avons fait une pause déjeuner à Manciet et nous sommes arrivées à Nogaro à 15h au gîte communal. Super bien. On était beaucoup, Eric et Anne-Cécile et une pèlerine qu’on a rencontrée sur le chemin. Nous avons bu un coup au bar du coca et des cacahuètes. (chl loulilou).  Anne-Cécile et moi c’est notre délire quand on a une petite étape. Nous sommes rentrées pour faire les courses qu’on s’est réparties. Emmanuelle nous a gentiment proposé de payer une partie des courses avec sa carte resto. Trop cool. Emmanuelle est souriante et sympa. Un amour. Et Eric le fameux, Eric qui nous a proposé pas un steak mais une escalope à la crème. Super bon avec du saucisson. Super soirée avec Emmanuelle et Eric, et le super pèlerin papy, je l’appelle comme ça. Après-demain, il s’en va. Alors on profite. C’est un ange ce monsieur. J’ai trop mangé (lol) allez j’ai encore les yeux plus gros que le ventre (mdr) Bon je vais au dodo, je suis fatiguée. A demain

PS. Anne-Cécile s’est occupée de moi : médocs, crème etc…Elle est trop chou 🧡 Pour tout. Bon hasta la vista. Bye Bye

 

Anne-Cécile : Réveil matinal pour moi, mais très difficile pour I qui aurait certainement préféré rester bien au chaud dans son lit. Vers 9h30 nous quittons Eauze en présence d'Emmanuelle, une jeune pèlerine, qui a dormi dans notre chambre.

I trace comme elle peut au point où nous la perdons de vue. Emmanuelle ralentit le pas et je rejoins I qui était en train de gamberger. Je comprends assez vite qu’elle a besoin de parler alors nous passons la matinée à discuter de notre lien, de nos fragilités et de nos attentes vis-à-vis de l’autre. Je suis à l’écoute de I qui m’indique qu’il est difficile pour elle de marcher avec une tierce personne au milieu de notre duo. Elle peut se sentir à l’écart et elle préfère rencontrer du monde dans les gîtes ou dans les pauses plutôt que dans l’effort de la marche.

Notre pause au Chalet du Bonheur était plus que chouette et nous en sortons apaisées. La fin de la journée était très joyeuse.  En fin de journée, nous rejoignons Eric et Emmanuelle pour une visite de la ville, verre et préparation du dîner. Eric nous a fait sa spécialité : un steak à la crème. Nous nous sommes régalées. Eric a pris soin de I en lui servant la plus grosse part, à l’heure actuelle elle me dit avoir trop mangé. C’est la première fois que je l’entends dire une chose pareille. Elle va passer une bonne nuit :)


Jeudi 25 septembre

 

I : Aujourd’hui, on a fait 29 km. On a bien discuté Anne-Cécile et moi ; j’ai perdu mon bâton vert. On a pris le bâton de quelqu’un, un bâton de dépannage (mdr), un vert et noir. On a fait une enquête. Anne-Cécile a appelé tous les pèlerins qui étaient là avec nous hier et Anne, et une pèlerine nous l’a retrouvé et c’est Michel qui l’a vue et qui l’a donné à Anne. On a fait un échange de bâton. Dans un gîte/snack on a mangé pour la pause et Eric nous a conseillé de dormir à la chapelle des Ursulines et c’est trop bien. J’ai chanté, on a bien mangé.

On a été à Aire sur l’Adour. Incroyable, deux messieurs géniaux et super gentils ont construit tout seuls la chapelle où on dort. Bonne ambiance. On a vu les Pyrénées de loin. J’aime bien marcher. Je me sens libre et je m’imagine dans les paysages plonger dedans à repenser juste à mon avenir, à ce que je pourrais enjoliver ma vie future et changer les choses à éliminer, faire des choix qui vont être valables pour ma vie, du début à la fin, ils me suivront. Bon. A demain. Bonne nuit.

 

Anne-Cécile : Départ à 9h pour une journée de 27 km. Les paysages sont magnifiques, quelques champs, peu de dénivelés, du soleil… et surtout l’apparition des Pyrénées au loin. Avec I, nous admirons ces montagnes que nous voyons pour la première fois et qui s’agrandiront de jour en jour. Il nous reste environ 150 km jusqu’à la frontière et nos discussions sont tournées sur le sujet de l’Espagne.

A quelques kilomètres du départ de Nogaro, I réalise qu’elle a emprunté un mauvais bâton. Après sa serviette et son maillot de bain, j’ai l’habitude, donc j’appelle le gîte communal de Nogaro et je récupère tous les numéros des pèlerins qui ont dormi avec nous, ce matin “radio camino” se met en route toute seule et les pèlerins qui ont notre bâton sont retrouvés. Il se le transmettent et nous finissons par intervertir nos bâtons à Aire sur l’Adour.

A 16h, j’accompagne I chez l'ostéopathe pour ses douleurs qui persistent. La séance était efficace et elle ressort satisfaite.


Vendredi 26 septembre : Pimbo

 

I : Réveil à la chapelle des Ursulines tout en musique. Didier m’a préparé mon petit déjeuner, mon chocolat. J’ai dormi dans le dortoir avec Papy, pèlerin. Eric partait aujourd’hui. Il va me manquer. Le petit déjeuner était super et on est partis sur le chemin à 8h45 pour Pimbo. Anne-Cécile et moi avons bien discuté, avons abordé des sujets philosophiques. Elle me pose des questions et je lui réponds en argumentant mon point de vue à ses questions. Je lui ai donc parlé de ce que je me disais dans ma tête, à ce que je pensais pendant la marche, mes ambitions, par exemple : “pour avoir une belle vie ; il faut choisir sa vie, on a tous une vie plus moins dure et pour se créer une vie qu'on aime, il faut se donner les moyens de pouvoir l’avoir. Pour cette belle vie il faut choisir les bonnes personnes qui vont t’aider à pouvoir aboutir au projet de vie que tu veux pour toi. Choisir, accepter de l’aide, prendre du recul, écouter les bonnes personnes”. Ces quatre petits mots sont une leçon de vie. 

Aujourd’hui, je dors au gîte communal et j’ai mangé un plateau repas proposé par le gîte communal avec une vue magnifique sur le coucher de soleil sur les Pyrénées.

Hier, je suis allée chez l’ostéopathe super génial et doué. Bon choix de Anne Cécile

Bonne nuit. A demain - Bye - Bye

 

Anne-Cécile : Encore une fois, réveil tardif et difficile ce matin. Nous devons quitter la chapelle des Ursulines à 8h30 et I peine à se réveiller.

I commence à connaître des techniques de pointe pour partir en vitesse. Habillées et petit déjeuner avalé, nous enfilons nos chaussures pour une belle journée jusqu'à Pimbo.

Nous traversons les landes sur des chemins plats et droits. Ce matin, les discussions étaient philosophiques, nous parlons de nos passions, de ce qui nous sécurise, de nos projets. I développe une analyse incroyable et pourrait philosopher durant des heures.

A Miramont Sensacq, nous prenons un déjeuner à la boulangerie et nous anticipons nos prochaines étapes.  I et moi réservons les futurs gîtes jusqu'à Saint Jean Pied de Port.

Vers 16h, nous arrivons à Pimbo ; I trouvant le village “ennuyeux” nous allons au gîte pour nous reposer, c’est l’occasion de se bichonner et de laver nos vêtements (à la main car malheureusement, il n’y a pas de machine)

Ce soir, nous sommes allées visiter le village après avoir téléphoné à Jean-Michel, responsable de marche, et avons dîné face au coucher de soleil sur les Pyrénées. Un moment magique.

 

Samedi 27 septembre

 

I : Aujourd’hui réveil au gîte communal de Pimbo. J’ai pris mon petit déjeuner et on est partis pour aller à Pomps au gîte communal. On a bien marché avec Anne Cécile. 28 km;  incroyable. On s’approche de jour en jour des Pyrénées. On continue nos échanges philosophiques. J’adore ces échanges, ça a un rapport avec la marche. Exemple : “c'est quoi qui te donne le plus de sens : le chemin ou l’arrivée ?” “Quel sens la marche donne à ta vie !”

On a bien mangé. J’ai passé une excellente soirée avec les pèlerins. J'en connaissais pas mal et j’ai revu un pèlerin que je connaissais, Mireille et Roland, des amours tous les deux. Ils ont refait ma soirée. On a fait un apéro dehors avec les pèlerins et j’ai payé une paella et un croque-monsieur. Trop bon. Dédé et Monique, les hébergeurs du gîte, étaient trop cools. C’est un des meilleurs gîtes. J’ai parlé avec Eric, un pèlerin qui a dormi plusieurs fois au même gîte que moi et on a parlé de ACDC et là je vais dormir. Bonne nuit.

 

Anne-Cécile : Nous quittons Pimbo vers 8h30 pour une grosse journée de 28 km.

La journée était pleine de beaux paysages vallonnés, les montées étaient difficiles mais nous les avons enchaînées sans difficulté.

Aujourd’hui, nous avons discuté de nos émotions. I m’a fait part de sa difficulté à comprendre ce qu’elle ressentait. Souvent ses émotions négatives s'expriment par des réactions fortes et parfois impulsives et ses émotions positives s’expriment par la joie. I aimerait comprendre si elle ressent de la colère, de la tristesse, de l'excitation ou de la paix pour mieux gérer ses ressentis et ses émotions.

Encore une fois, cette discussion est l’occasion de philosopher et de créer un lien plus précieux.

A midi, nous nous arrêtons chez Myriam au gîte “Mi Chemin”, généreuse, elle nous offre une partie de notre dîner et nous encourage.

La journée se termine par une note positive avec des retrouvailles improbables avec Mireille et Roland, Valérie que nous suivons depuis un certain temps qui nous offrent un verre et nous nettoyons notre linge sale. I et moi passons une belle soirée en compagnie de tous les pèlerins du gîte.

Toute la journée, I a été agréable et joyeuse et je vois les efforts qu’elle réalise pour contenir sa colère. Nous discutons facilement et I est très réceptive aux encouragements.

 

Dimanche 28 septembre : Maslacq

 

I : Réveil au gîte communal. Gégé nous propose de boire un chocolat chaud, puis nous approchons des Pyrénées. Super beau. Nous avons mangé à la boulangerie. Il y avait beaucoup de monde. La dame nous a gentiment proposé de nous arrêter à Campuac pour acheter le repas du soir. Nous avons fait 19 km et des pauses car j’avais mal au cou et à l’épaule comme d’habitude. Nous avons bien parlé. J’ai surtout discuté de mon avenir qui est bien tracé dans ma tête. Les référentes m’ont dit que j’allais les détester car il savait que moi et la marche, on n’était pas pote. Lol. Et maintenant je vous adore. Merci, maintenant on est copines (mdr). J’ai passé une bonne soirée. J’ai retrouvé des pèlerins que je connaissais et on a une chambre pour bien se reposer. Bon. Bye

 

Anne-Cécile : Gégé du gîte communal de Pomps nous ayant permis de dormir dans un endroit calme et à l’écart du grand dortoir, nous avons eu une ”vraie nuit” reposante. Ce matin, nous devons déguerpir à 8h mais le réveil tant compliqué, Gégé nous a accordé quelques minutes supplémentaires pour émerger.

Nous n’avons que 19 km à parcourir alors nous prenons notre temps.

Après une heure de marche, I a une douleur intenable. Nous faisons tout notre possible : traitements, massages, exercices de respiration mais rien n’y fait. Après un appel avec Jean-Michel, I reprend courage et nous décidons de repartir jusqu'à mi-chemin pour une grosse pause.

Le déjeuner était long et requinquant. Nous réalisons que nous sommes dimanche alors la dame qui tient le café du village nous accompagne gentiment chercher notre dîner au Carrefour.

Nous repartons pour 10 km dans la chaleur. Nous refaisons plusieurs pauses et I et moi finissons par arriver à Maslacq.

Ce soir, c’est I qui régale avec pâtes carbos et fondant au chocolat. Nous passons la fin de la journée au gîte pour revoir l’histoire de Saint Jacques. I a pris des notes et semble très intéressée par l’histoire de Compostelle.

 

Lundi 29 septembre

 

I : Réveil au gîte l’Estanquer. J’ai bien dormi dans un lit double. Trop cool. On a fait 22 km. Il y avait plein de moutons. On a fait une belle photo car il y avait plein de pèlerins qu'on connaissait qui étaient regroupés. On a profité de ce moment pour faire une photo souvenir.

Aujourd’hui, c’est mon jour d’appel à mes proches. Trop cool. J’avais hâte et j’ai appelé mes référentes.

Nous avons pris un pot de l’amitié. Super agréable. Nous devions dormir normalement au gîte La Providence mais comme on n’avait aucun signe de vie de la part des hospitaliers, alors nous avons dormi au gîte communal. Laure, trop gentille, et un monsieur nous ont bien accueillies. Ils nous ont trouvé une chambre à la dernière minute pour qu’on puisse se reposer. Bon demain 38 km de wash, c’est énorme. Trop bien. Ce soir, nous mangeons dehors à la pizzeria des remparts. Trop bonne ma pizza. Nous avons passé une bonne soirée avec Anne-Cécile. Bon.  Bonne nuit.

 

Anne-Cécile : Comme nous avons dormi dans une chambre à nous seules. Je laisse I dormir un peu plus ce matin. En plus elle a un lit double à elle seule.

Nous quittons le gîte vers 9h. Notre petit déjeuner provenait direct de la ferme. Ces produits étaient tous du producteur. I a eu du mal à boire le lait qui provenait direct de la vache, mais pour ma part, je trouvais cela très authentique et bon.

Sur le chemin, I a contacté sa famille et ses référentes. A la fin des appels, j’ai vraiment pris conscience de l’importance des encouragements de la famille et de ses proches. Par exemple lorsque les personnes disaient “j'espère que tu iras jusqu’au bout”, cela lui faisait se poser des questions “est-ce que ça veut dire qu'elles ne sont pas sûres que j’y arriverai”.

La journée était vallonnée et I a beaucoup réfléchi à son avenir. Elle m’a aussi parlé de la vie de Saint Jacques qu'elle a apprise par cœur hier.

Nos discussions étaient longues et vivantes comme d’habitude à tel point que nous n'avons pas vu le temps passé.

Ce soir, le gîte auquel nous devions dormir ne répondait pas et les portes étaient fermées. Nous avons trouvé une solution rapidement et dormons au gîte communal de Navarrenx. Il a été difficile pour I d’accepter le changement de plan et que la situation soit instable.

Finalement rassurées de découvrir le gîte et notre chambre à nous deux pour la nuit, nous allons à l’accueil pèlerins et au pot offert par la ville et finissons notre journée par un bon resto.

Demain, nous nous réveillons à 6h30 pour une grosse journée de 38 km pleine de surprises. A demain.


Mardi 30 septembre

 

I : Aujourd’hui, réveil à 6h30. Départ à 7h10 pour 35 km. On approche des Pyrénées. Trop bien. Très grosse journée et dure, ça monte et ça descend. Enfin arrivée au gîte de Marie. Super accueil avec Anne-Cécile des hospitaliers. Super bon repas, excellent et elle est géniale. Super adorable.

Je suis vraiment KO. Bonne nuit. A demain

 

Anne-Cécile : Réveil à 6h30, nous quittons Navarrenx à 7h15 pour notre plus grosse journée depuis le départ du Puy.

La journée s’annonce belle, nous admirons le lever du soleil et la ville de Navarrenx au loin.

Les 35 km parcourus aujourd’hui étaient parsemés de hauts et de bas tant dans le paysage qu'au niveau des états d’âme. Nous avons malgré tout réussi à avancer. En faisant une aussi longue distance, nous rencontrons de nouveaux pèlerins, notamment sur le temps du déjeuner où nous croisons des pèlerins de langue étrangère.

Les 18 derniers kilomètres étaient les plus difficiles sous le soleil. Malgré notre heure de pause du midi, nous nous re-arrêtons 3-4 fois pour reprendre nos esprits. Vers 18h, nous gravissons enfin notre dernière grosse montée. Cela est difficile pour toutes les deux, mais nous nous disons que nous nous préparons à la montée de Roncevaux.

Au gîte Etchetoa, nous sommes reçues par Marie. Je vous épargne les détails de la soirée, mais je vous assure que le lieu est unique et vraiment une des pépites du chemin. Nous avons pu nous poser, laver, dîner dans une ambiance chaleureuse. Marie encourage I et nous lui promettons une photo/un message à la fin de ce voyage.

Une journée intense qui se termine dans les meilleures conditions.

 

Mercredi 1er octobre : Saint Jean  Pied de Port

 

I : Aujourd’hui 26 km, ça s’est bien passé, même si c’était dur, j’avais mal aux jambes et aux pieds mais j’ai continué quand même. Les paysages sont super beaux et sympas, surtout ceux des Pyrénées et du Pays Basque. Avec Anne-Cécile, on a écrit une chanson sur la marche. Chez Marie, ça s’est bien passé. Super soirée et bon dîner et ce matin bon petit déjeuner basque et Nutella.

Jean-Michel est venu nous voir. Trop bien. J’ai bien discuté avec lui. Jean-Michel, le bosse est là, il nous emmène au resto. Trop gentil. Il a fait 7h wash quel pilote automobile (lol) !  Anne-Cécile prend soin de moi pendant tous les soirs pour que j’aille bien au niveau douleurs. Trop chou et douce. Bon, bonne nuit. A demain

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui, nous sommes allées jusqu’à Saint Jean Pied de Port. Nous sommes quasiment arrivées aux Pyrénées et découvrons des paysages basques avec beaucoup de dénivelés.

La journée est, à nouveau, ensoleillée et nous peinons à effectuer nos 27 km. Heureusement, I aime le chant et me fait un concert quasi privé qui nous aide à avancer.

Nous nous arrêtons à chaque champ de vaches et dans une ferme avec des brebis. I questionne le fermier. Nous déjeunons à Saint Jean le Vieux.

Le soir, nous retrouvons Jean-Michel, notre responsable de marche. Il vient de faire 7h30 de voiture pour nous rejoindre et passer la soirée avec I.

Nous faisons un point général sur notre marche et dînons au restaurant.

Jean-Michel et I ont longuement discuté du courage que I avait de faire le chemin, de la fierté de ses proches et de ses souhaits de formation après Saint Jacques.

C’était une belle soirée qui nous a permis aussi d’anticiper nos prochaines étapes et d’imaginer ce que nous allons bien pouvoir vivre en Espagne.

Demain, nous avons une journée de pause… bien méritée !


Jeudi 2 octobre

 

I ; Aujourd’hui, journée de pause avant l’Espagne. Trop bien. Nous nous sommes bien reposées à Saint Jean Pied de Port. Eric, l’hébergeur du gîte où on est, nous a prêté l’appartement de ses enfants. Trop gentil. On a de la chance et on a même deux chambres pour nous. Trop bien. Nous avons fait des achats, un pantalon pour moi et des claquettes car celles que ma mamie m’a achetées étaient cassées. Rendez-vous aussi du jour pour l’achat du Miam Miam Dodo d’Espagne. On a revu des pèlerins que l’on connaissait.  Trop cool. J’ai mangé au resto avec Valérie, une retraitée, au bord de la rivière. Ce soir : pizza. J’ai fait mes rendez-vous du jour : ostéopathe, médecin de Saint Jean Pied de Port. J’aime beaucoup, c’est beau le Pays Basque. Super touristique aussi. Allez hasta luego tout le monde. mdr Tchuss

 

Anne-Cécile : Il s’agît de notre jour de repos, alors une fois n’est pas coutume, I fait sa grasse mat’.

Nous prenons notre petit déjeuner à 11h avant de faire une séance de shopping de rando, I a besoin d’un pantalon, d’un t-shirt et d’une paire de chaussures. Nous trouvons notre bonheur dans un des nombreux magasins de l’allée principale de Saint Jean Pied de Port.

Nous retrouvons Valérie, une pèlerine, pour le déjeuner. Nous sommes allées dans un restaurant choisi par I et discutons de nos hauts et de nos bas du chemin. Nous regardons le Miam Miam Dodo de l’Espagne et les étapes qui nous attendent. La fin de journée était calme car nous avions deux rendez-vous médicaux. Nous faisons toutes les mises à jour nécessaires pour que I puisse passer presque deux mois en Espagne sans avoir à s’inquiéter pour sa santé. Même si nous savons que les douleurs de I peuvent ressurgir, nous aurons au moins fait tout le nécessaire pour que I parte apaisée vers la frontière.

La journée était reposante et nous nous couchons sereines, d’autant que demain nous n’allons pas directement à Roncevaux, nous faisons une escale à Orisson, afin de couper notre étape en deux et profiter de la montagne.


Vendredi 3 octobre : Saint Jean Pied de Port

 

I : Aujourd’hui, une demie journée de pause. Nous sommes allées à l'orthodontiste pour faire une vérification parce que j'avais mal. Elle m’a donné de la cire et prescrit du gel. J’ai mangé un bout et on a monté la côte à la moitié de Roncevaux. On a fait 7 km de montée. Ultra dur, mais j’ai réussi car j’avais envie et la volonté d’y arriver. Nous dormons au refuge d’Orisson où nous avons bien mangé. Il y a beaucoup d’étrangers. J’entends parler de toutes les langues. Trop bien. J’ai décidé d’apprendre l’espagnol, alors j’apprends tous les jours.

Les paysages sont magnifiques des Pyrénées. Trop beau, on est dedans. Bon je vais me coucher, car demain il y a le reste de la montée de Roncevaux qui m’attend. Trop cool. A demain  

 

Anne-Cécile : Notre deuxième jour à Saint Jean Pied de Port. Nous profitons de ce temps de pause pour passer chez l'orthodontiste où I a fait un check up complet et nous pouvons reprendre sereinement la marche.

Aujourd’hui, nous dormons au refuge d’Orisson. Nous avons donc effectué 3h de marche dans la montagne pour atteindre notre objectif.

Le début de la montée en début d’après-midi était difficile dans les discussions, juste après notre déjeuner. Mais I avait beaucoup d’énergie alors nous avons enfilé les kilomètres. La vue du chemin est magnifique : nous voyons le Pays Basque et surplombons les villages. Il y a des aigles qui volent au-dessus de nous et les efforts sont largement récompensés par les choses simples de la marche : l’eau, les pauses, l’arrivée.

Le refuge d’Orisson est niché dans la montagne et la vue est sublime.

Demain, nous aurons une belle étape dans la montagne.  Notre lever est prévu à 7h pour une belle journée dans les Pyrénées.

 

Samedi 4 octobre : Roncevaux

 

I : Aujourd’hui, j’ai monté le reste de la montée de Roncevaux. Trop bien. Super beau, c’est magnifique. J’avais l’impression d’être dans un rêve : plein de moutons. On a assisté au refuge d’Orisson à un lever de soleil sur les montagnes, les oiseaux et animaux en liberté, les vaches et les taureaux, des chevaux magnifiques et même des moutons. Ce sont des animaux sauvages, ils font leur vie. Extraordinaire, incroyable. Je souhaite à tout le monde de voir ou de vivre ça.  Avec Anne-Cécile, j’ai vu des paysages hors du commun avec des animaux en liberté sur la route, des vaches, des chevaux sauvages comme dans un dessin animé Spirit avec une grosse crinière et de gros sabots, c’était sublime. Je n’ai jamais vu ça, ça m’a donné envie de voir ça tous les jours. J’ai passé une journée magique avec Anne-Cécile.  On est à la frontière espagnole à Roncevaux. Trop bien. J’ai parlé avec un espagnol à table. Trop bien. J’ai mangé : poulet/frites en Espagne trop bon. Je dors à l’abbaye de Roncevaux avec toutes les nationalités et tout le monde entier. J’ai assisté à une messe espagnole. Trop bien. L’église était magnifique. Bon bonne nuit les garis (expression de ma mamie)

 

Anne-Cécile : Ce matin, réveil matinal pour notre ascension d’Orisson à Roncevaux, I s’est levée toute seule. Durant le petit déjeuner, elle m’interpelle en me disant de venir vite dehors : le lever du soleil est splendide et elle veut faire un “shooting” sous ce ciel brûlant qui a mis près de 30 mn à passer du violet, orange au bleu.

Nous partons pleines de motivation, mais nous sommes fatiguées alors nous prenons notre temps. 6h30 pour faire les 17 km de montée.

Nous profitons de la vue splendide et comme dirait I de ce zoo géant dans lequel nous marchons : il y a des chevaux en liberté, des vaches, des vautours, des brebis, des moutons. I s’arrête dès qu’elle en voit pour tenter de les caresser. Elle s’est demandée plusieurs fois pourquoi elle n’était pas partie sur Saint Jacques plus jeune et s’est écriée “franchement merci Jean-Michel, merci Murielle, merci Elodie, merci Yvon ! “

Face à tant de beauté, elle avait du mal à contenir sa joie et son enthousiasme. Elle m’a chanté des nouveaux chants qui avaient un air de rap et m’a raconté des histoires avec ses grands-parents (qui lui sont très chers !). L’une parlait d’une semaine de marche dans la montagne où elle était peu préparée mais qui l’a beaucoup marquée et qui lui fait penser à la marche vers Roncevaux.

Ce soir, nous sommes à l’abbaye.  Le Camino Francès s’annonce international, nous découvrons des nouveaux pèlerins et I tente de parler espagnol avec ses notions apprises sur le chemin. Elle se débrouille très bien.

 

Dimanche 5 octobre  : Zubiri

 

I : Aujourd’hui, réveil à 7h50. A 6h à l'abbaye de Roncevaux car il y a de la musique et il y a un monsieur qui a apporté toute sa maison sur le dos et avec l’aide de la malle postale ; il a dormi avec une machine pour l’apnée du sommeil qui faisait du bruit pas possible. Ah ah ah (mdr). Nous sommes parties marcher pour Zubiri (21 km) Le chemin en Espagne est différent, l'ambiance aussi. C’est moins convivial et plus international. On était dans une auberge espagnole. Premier jour en Espagne pour moi, les spécialités espagnoles sont super bonnes. Anne-Cécile m’a fait goûter les croquettas. Trop bien. Bon. A demain. Bonne nuit.

 

Anne-Cécile : Première journée de marche en Espagne.

Ce matin, nous nous sommes réveillées vers 6h car l’abbaye de Roncevaux et des chants grégoriens à forte dose dans les dortoirs. En réalité, nous ne partirons qu’à 8h car le réveil était difficile après la grosse montée vers Roncevaux.

La marche se passe bien, sous un temps pluvieux. Nous découvrons les signes et bornes espagnols pour avancer sur le bon chemin. Nous arrivons vers 14h30 à Zubiri pour un bon déjeuner espagnol.

I m’a exprimé sa peur de s'ennuyer et de ne pas réussir à communiquer avec tous ces nouveaux pèlerins que nous croisons qui sont des 4 coins du monde. Elle aimerait parler davantage espagnol mais se sent bloquée par la barrière de la langue.

Ce soir, nous découvrons des spécialités locales et prévoyons une bonne nuit de repos. A demain.

 

Lundi 6 octobre : Pampelune

 

I : Aujourd’hui, 22 km pour Pampelune, une ville géante. J’ai goûté toutes les spécialités : tapas, tortillas, churros.

Il y a beaucoup de monde en Espagne. A Pampelune, belle étape. Après une bonne nuit reposante, j’ai passé une bonne journée. Avec Anne-Cécile, on est allées à l’église de Pampelune. Incroyable. Superbe église, la plus belle que j’ai vue sur le camino. Anne-Cécile a trouvé un hôtel pour que je puisse me reposer et faire une grasse matinée avec une chambre pour nous deux et demain, nous avons prévu, après la grasse matinée, de partir à Puente la Reina (24 km) Voilà. Bonne nuit.

 

Anne-Cécile : Notre départ de Zubiri s’est passé dans la bonne humeur, après un petit déjeuner pris au café du coin.

Nous profitons de notre arrivée en Espagne pour planifier les journées et dire les plats typiques que nous souhaitons goûter.

Durant la marche, nous avons discuté de nos humeurs, des émotions que nous pouvions ressentir. Nous avons aussi marché sans discuter.

Ce midi, nous avons déjeuné avec des tapas dans une fête locale à l'entrée de Pampelune. Cet après-midi, nous avons découvert la ville et son architecture, ce qui était superbe. Certains pèlerins nous ont accueillies et encouragées l’entrée de la ville.

Nous avons fait une virée en ville pour acheter des produits de beauté. Après le dîner, nous avons été dans un café prestigieux dans le centre de Pampelune pour manger des superbes « churros con chocolaté ». Un régal.

Ce soir, nous dormons à l’hôtel afin que I qui se sent fatiguée puisse faire une grasse matinée, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on prend soin de nous et cela fait du bien.


Mardi 7 octobre

 

I : Aujourd’hui, nous avons décidé de nous reposer car j’ai mal dormi et j’étais enrhumée donc nous avons décidé de rester une nuit de plus à Pampelune. On a dormi dans un gîte donativo en Espagne. Les hospitalières, Conchita et Malicia, sont super gentilles, des amours. Elles nous ont fait à manger. Superbe. Nous avons retrouvé l’ambiance du chemin avec les hospitalières. Des amours. Elles sont adorables. Elles ont pris soin de nous pendant toute la soirée. Nous avons vu et fait des rencontres françaises avec plein de français autour de la table. Malicia nous a appris des choses en espagnol. Trop bien. Elle est attentionnée et à l’écoute. Bonne soirée, on a chanté avec Conchita. Je l’ai aidée à faire la vaisselle. Elle est la joie de vivre. Les espagnols sont supers. Je suis allée chez le médecin espagnol. Elle est très gentille et super, c’est un bon médecin. Elle est douce et à l’écoute et bien professionnelle et devinez ? Elle m’a fait carrément un câlin. Trop chou. Il n’y a que sur le chemin qu’on voit ça, c’est génial. Elle est super géniale. La doctoresse est trop chou ; elle m’a fait une ordonnance et m’a prescrit un lavage des sinus pour mon rhume

Demain, lever à 6h50 et je peux vous dire que demain, je vais à Puente la Reina et j'y vais en courant (25 km en 5h30 de marche) Je rigole. Mais demain, nous reprenons la marche. Allez à demain. Bonne nuit. Hasta mañana. Adios

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous quittons l’hôtel vers 11h après une nuit agitée. I a attrapé un bon rhume et a finalement peu dormi cette nuit.

Lors de nos courses pour le déjeuner, alors que nous n’avions pas encore quitté Pampelune, elle me fait part de ses problèmes et nous décidons ensemble de passer une journée de plus ici.

Aujourd’hui, nous avons donc été chez le médecin. Il a ausculté I et lui a prescrit des médicaments. En partant, le médecin qui a été touché par I, lui a fait un gros câlin qui, croyez-moi, a aussi bien fonctionné qu’un médicament pour lui redonner le sourire.

Cet après-midi, nous avons fait les vitrines et visité davantage la ville de Pampelune le soir, nous dormons dans une auberge où l'accueil est des plus chaleureux, les hospitaliers prennent soin de I et nous ont laissé une chambre à nous deux. Nous aurons un dîner communautaire en présence d'une majorité de français, de quoi redonner la pêche à I qui se sentait un peu perdue en Espagne à cause de la barrière de la langue.

 

Mercredi 8 octobre

 

I : Levée 7h finalement (mdr) départ de la marche. Nous avons marché avec Viana et Houda, deux jeunes femmes que nous avons rencontrées au gîte la nuit dernière. Trop gentilles. Nous avons bien discuté avec elles. On a passé une bonne journée avec elles dans la joie et la bonne humeur.  25 km, comme des perles sur un fil. On a bien rigolé et on a eu un temps magnifique avec un grand ciel magnifique et nous avons déjeuné en haut de la montée Sierra del Perdon avec des pèlerins et une vue magnifique, apaisante, avec un grand soleil qui émerveille nos coeurs de joie, de paix et de liberté et qui amplifie la beauté du camino et des paysages et des rencontres.

Nous avons marché avec Thierry et Jean-François un petit bout de chemin avec eux. La vue sur l’Espagne d’Est en Ouest avec des paysages désertiques, magnifique. C’est ça qui fait la beauté. Tu laisses ton imagination créer un paysage avec l’aide de ta pensée, c’est ça le truc qui te laisse créer un paysage désertique qui est propre à toi. Mais il faut se laisser entraîner dedans comme si on te poussait dedans et que tu te laisses pousser et tu te plonges dedans et tout ira bien.

J’ai bien mangé à midi. C’est une agréable étape à Puente la Reina. Nous dormons dans une auberge Reparadora espagnol (Albergue), commune de la ville Puente la Reina, un petit village trop beau d’Espagne, avec le pont et la rivière en dessous.

Petite récompense. Nous allons manger dehors et nous avons bu un coup à Puente La Reina. Demain 22 km pour Estella, petit village, mais bonne soirée. Adios

 

Anne-Cécile : Nous quittons Pampelune en compagnie de deux françaises rencontrées hier à l’auberge. Nous discutons toutes les quatre, prenons nos pauses et déjeunons ensemble à Sierre de Perdon, un lieu emblématique du camino, qui surplombe l’Espagne. D’en haut, nous voyons au loin la ville de Pampelune que nous venons de quitter et les paysages désertiques que nous allons traverser ces prochains jours. La montée s’est faite sans encombre pour I et moi qui avons maintenant l’habitude de marcher. Beaucoup de nouveaux pèlerins ont débuté leur marche à Roncevaux Et nous remarquons leur présence aujourd'hui. Certains ont des courbatures et nous avançons à leur rythme. Cela ralentit notre marche et nous permet de réaliser que nous sommes bel et  bien en Espagne. Heureusement, il y a beaucoup de français et cela rassure I.

Aussi I est aujourd’hui moins malade de son rhume d’hier et est très motivée à avancer vers Santiago.

Ce soir, nous dormons à Puente la Reina. Le village est magnifique. Nous visitons ses ruelles et son pont connu.

Comme nous avons marché en groupe toute la journée, I et moi prenons le temps de nous retrouver autour d’un verre ce soir et cela fait du bien à notre binôme. A Puente La Reina, nous  découvrons un binôme d’une association allemande, similaire à Seuil qui marche en même temps que nous. I se sent moins seule dans cette démarche même si elle ne comprend pas le jeune qui marche avec cette association car il parle allemand. Une belle rencontre.


Jeudi 9 octobre : Estella

 

I : Réveil à 7h30. Un peu plus de repos. 22 km pour aller à Estella. On a marché avec Anne-Cécile un bon moment et puis avec Jean-François et Thierry. Thierry m’a offert une flèche jaune de Compostelle. Trop chou. Nous avons bu un coup tous ensemble.

Les paysages sont incroyables avec les roches usées. Superbe. J’ai beaucoup chanté. Anne-Cécile est ma fan number one.  On avait un temps magnifique et un grand soleil. Une belle journée, même si j’ai un peu mal au genou et aux mollets. Bref, au moins je ne lâche pas l’affaire. Je continue jusqu'à Santiago de Compostelle.

Nous sommes à Estella, une super petite ville, très jolie avec sa grande église. Nous avons mangé au resto. Super bien. Demain, c’est reparti pour Los Arcos pour 22 km. Ciao ooooo !

 

Anne-Cécile : Nous partons de Puente la Reina après un passage express à la boulangerie. Aujourd’hui la journée est ensoleillée et I continue sur sa lancée, dynamique et motivée.

Toute la journée, elle a chanté à mes côtés, même si je ne m’y connais pas en musique, j’essaie de l’aider pour qu’elle trouve le bon rythme. J’adore écouter I chanter, elle a vraiment du talent et cela la rend joyeuse.

Thierry, un pèlerin, a offert un pin’s à I en forme de flèche jaune en souvenir du camino francès. Elle était ravie et l’a accroché à son sac.

A un moment, I avait mal au genou, alors nous avons fait plusieurs pauses. Des pèlerins lui ont mis des straps et donné un cachet pour éviter l’inflammation.

Après cela, elle est repartie de plus belle et nous avons terminé l’étape en groupe.

Ce soir, nous avons retrouvé Emmanuelle que nous avions perdue à Aire sur l’Adour. Nous avons échangé de nos nouvelles et nous nous sommes dit que nous nous retrouverons demain en marche vers Los Arcos


Vendredi 10 octobre

 

I : Aujourd’hui, belle journée avec Anne-Cécile. Lever un peu dur, mais nous sommes allées prendre notre petit déjeuner à la boulangerie. Trop bien. Nous avons fait 22 km. Nous nous sommes arrêtées boire un coup dans un bar pour le déjeuner, il y avait plein de guêpes. Trop ch… mais bon. Nous sommes reparties. C’est un peu dur car il faisait chaud et j’avais mal aux jambes. Nous avons rencontré Clémence, une dame qui connaît une jeune de Seuil et qui était hospitalisée dans un gîte où nous sommes déjà allées “Chez Marie”, elle s’appelle I, comme moi. On a retrouvé tout le monde au gîte communal de Los Arcos. Ce soir, on se fait une soirée avec les filles (trop cool) et Marco, un italien, trop gentil qu’on a rencontré grâce aux filles. On ne le voit pas (mdr) sur le chemin car il marche super vite et il part super tôt. Il est invisible. Voilà. Nous avons retrouvé toute l’équipe française. Bon, bonne soirée à plus.

 

Anne-Cécile : Ce matin (comme tous les matins depuis notre arrivée en Espagne), nous faisons une escale à la boulangerie. Cela nous motive pour notre journée, surtout que Marco, un pèlerin, a offert un petit pot de Nutella à I. Alors, nous en mettons dans notre croissant. Oui, ce n’est pas très équilibré, on sait, mais c’est tellement bon ! I et moi avons 22 km à parcourir.

Comme I ne veut pas arriver trop tôt, nous prenons notre temps. Nous déjeunons à Villamayor un pique-nique que nous avons fait, puis nous avons marché jusqu'à l’arrivée à Los Arcos. La fin de la journée entre les repas copieux et la chaleur a été compliquée mais heureusement nous avons rencontré de nouvelles personnes, dont David et Clémence, qui ont été attentionnés. I a, notamment, toujours mal au genou gauche alors Clémence lui a donné un comprimé qui permet de bien rester hydratées toute la journée en complément d’une bonne ingestion d’eau toute la journée, cela permet d’éviter les tendinites et d’être en forme. Ce soir, nous dormons à Los Arcos avec un bon groupe que nous connaissons depuis plusieurs jours. Nous prévoyons un dîner entre nous tous et une visite de la ville.

 

Samedi 11 octobre

 

I : Journée de 28 km. Grosse journée avec un grand soleil. J’ai chanté toute la journée. Trop bien. Anne-Cécile m’écoute attentivement et donne des conseils pour m’améliorer. Nous nous sommes arrêtées à Viana pour déjeuner dans un bar à tapas. Trop bon. Le village est sympa, très vivant, musique, ambiance espagnole. Nous sommes arrivées à Logroño, une énorme ville, un peu du même style que Pampelune avec sa grande église magnifique et tout en or à l’intérieur. Nous avons bu un coup offert par Houda et la bande. Trop bien. Houda devait rentrer chez elle en Normandie pour son travail donc on a passé un dernier soir tous ensemble. Puis nous avons visité la ville Anne-Cécile et moi. Nous sommes au gîte en donativo. L’ambiance est chaleureuse et avec de l’humanité des anglais et il y avait aussi Clémence. Trop bien. On a bien discuté. Voilà. Demain 30 km. Waooh. Les paysages sont magnifiques, les couleurs et le changement des paysages, c’est trop bien. Bon à demain. 🧡

 

Anne-Cécile : Journée à nouveau ensoleillée. Nous quittons Los Arcos après une soirée sympathique entre pèlerins et un réveil difficile.

Les paysages du jour sont à nouveau magnifiques et I m’offre un concert privé. Je me transforme en professeur de chant improvisé pour la journée.

Après 18 km, nous arrivons à Viana pour le déjeuner. Nous prenons des tapas… un régal. Puis nous nous remotivons pour  les 10 km restants jusqu’à Logroño.

Cette grosse journée de 28 km est passée à toute vitesse et nous arrivons à temps pour boire un verre avec les pèlerins. Aujourd’hui, Houda, une amie pèlerine, finit son chemin. Elle nous offre un verre généreusement.

Ce soir, nous avons dîné dans une ambiance très chaleureuse au gîte de Logroño. La chaleur humaine est présente et nous passons une belle soirée.

Demain, réveil à 7h pour 30 km… peut-être moins ?

 

Dimanche 12 octobre

 

I : Aujourd’hui, bonne journée. On a fait 30 km. Trop bien mais un peu dur. Mais je l’ai fait car j’ai osé et j’avais la volonté, c’est important.  J’ai mangé un pique-nique. Très sympa. J’ai chanté et puis je suis arrivée à Najerá et j’ai passé une bonne soirée avec l’équipe : Emmanuel, Cédric, Romain et Célia.  Super bonne soirée. Célia est super attentionnée et à l’écoute. J’ai bien discuté avec Célia et Romain est super à l’écoute aussi. J’ai passé une soirée géniale et je ne vous oublierai jamais. Trop génial. J’ai mangé un hamburger espagnol et on a chanté pour nous deux. Trop bien. Bon, je vais me coucher. Ciao.

 

Anne-Cécile :  Ce matin, nous quittons Logroño de bonne heure. Nous avons 30 km à parcourir et hier soir, I avait mal à la jambe gauche et des douleurs cervicales. Nous commençons par notre café/croissant habituel puis nous nous fixons un premier objectif, la ville de Navarrete. Arrivées à 11h, nous décidons d'effectuer nos 30 km prévus initialement.

Nous faisons notre pique-nique sur une aire de repos et l’ambiance y était sympathique. Là, nous croisons Thierry et Jean-François qui  marchaient  derrière nous.

Thierry nous annonce son départ car il doit rentrer en France. I et moi sommes tristes d’apprendre la nouvelle imprévue de son départ mais nous savons que le chemin est fait de cela.

Nos derniers 5 km étaient difficiles car nous manquions d’eau et d’énergie et que nous avons appris que l’auberge communale dans laquelle nous devions dormir, était full.

Nous avons finalement trouvé une chambre pour deux dans une auberge en centre-ville.

Comme demain, nous n'avons que 21 km, nous prévoyons de dormir jusqu'à 8h.

Ce soir, les discussions étaient fortes, nous avons parlé de notre avancée sur le chemin et de nos réflexions… C'est beau de voir l’évolution de I.

 

Lundi 13 octobre :

 

I : Aujourd’hui, nous avons dormi un peu plus jusqu’à 8h. Nous avons une chambre pour nous deux et nous avons déjeuné. Nous avons quitté Najerá. Nous nous sommes mises en marche et j’ai appelé ma famille qui m’a encouragée et qui m’aide dans ma marche. De toi et de ta vie, c’est un lavage de tête avec les pieds (mdr) ; j’ai mangé à Santo Domingo de la Calzada au restaurant. Trop bien. J’ai continué jusqu’à Grañon 25 km. J’ai voulu faire plus que prévu. Je dors dans une auberge donativo. Je dors sur des matelas “bleus” (mdr) par terre, dans une ancienne église. Les hospitaliers sont géniaux. Nous avons bu un coup et nous allons à la messe des pèlerins ce soir. Demain, nous avons 19 km pour Belorado, petite étape. Bon, ciao.

 

Anne-Cécile : Réveil tardif ce matin car nous avons pu bénéficier d’une chambre à Najerá. A 8h30, nous cherchons une boulangerie, mais nous n’en trouvons pas cela est fâcheux car nous avions pris l'habitude de notre croissant/pain au chocolat sortis du four et qu’ici…  il n’y en a pas. Heureusement vers 9h, une supérette nous en a fait sur le pouce et nous partons requinquées. Il est 10h15 et il nous reste environ 26 km à parcourir, ce n’est ni notre départ tardif, ni la chaleur de l’Espagne qui retiendront I. Nous nous enfilons les kilomètres et faisons notre pause à Santo Domingo de la Calzada avec un restaurant copieux, pour arriver à Grañon à 18h.

Durant la journée, I a contacté sa famille. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point ces appels lui remontent le moral et combien cela me rend heureuse de savoir fière d’elle et de ses  exploits sur Santiago. Ce lien précieux avec ses proches est essentiel et donne un sens à sa marche. Elle arrive toute heureuse à Grañon.

Ce soir, nous dormons dans une auberge paroissiale, il y a des matelas “bleus” au sol, cela est spartiate… mais c’est l’aventure comme on l’aime, alors on va s’y faire.

A demain, en espérant que la nuit soit reposante pour nous deux !


Mardi 14 octobre : Belorado

 

I : Aujourd’hui nous n'avons fait que 19 km. Trop bien. Nous pourrons nous reposer. J’ai passé une super soirée avec les hospitaliers, surtout Santiago et Pierre. Santiago est trop chou, c’est un espagnol. On a bien discuté, il était touché par moi et m’a fait un câlin, trop gentil et attentionné. Nous avons mangé une tortilla. Trop bonne avec un crumble. Trop bon. Pierre est très sympa et sa femme aussi.

Nous avons retrouvé Clémence, une pèlerine qu’on connaissait et David, un anglais sympa

Nous retrouvons Emmanuel. On a marché ensemble jusqu’au déjeuner et aussi Dominique, un pèlerin que j’avais rencontré au Puy en Velay et la bande Célia et Cédric. Trop bien. Les paysages sont magnifiques de plus en plus. Nous avons eu un grand soleil. Nous dormons ce soir à Belorado au gîte communal. Nous allons manger dehors et nous avons prévu de boire un verre avec l’équipe ce soir. Bon à demain pour une belle journée à Saint Juan de Ortega. Bon Tiouse

 

Anne-Cécile : Nous avons passé la nuit au sol sur un matelas sans oreiller et le réveil était douloureux pour I qui a un torticolis.

Avant de partir, nous faisons un passage express chez le médecin ! où oui, il y a un médecin dans le petit village de Granon qui nous re-prescrit le traitement que I a déjà eu pour ses douleurs cervicales. I est tout de même motivée pour affronter les 18 km de la journée et nous partons vers 9h30. Nous croisons Emmanuelle et Dominique. Nous prenons le temps de discuter avec chacun.

Nous déjeunons à Villamayor del Rio dans une tiendo locale en compagnie d’un grand nombre de pèlerins

Cet après-midi, il ne nous restait que 5 km pour rejoindre Belorado. I m’a confié qu’elle souhaitait davantage discuter avec moi durant la marche. De fait, nos discussions sont nombreuses et nous rencontrons beaucoup de monde. Parfois, il peut aussi être bénéfique de prendre des temps de silence pour penser et prendre du recul sur ces marches que nous vivons. Nous instaurons ces temps dès demain dans l’idée de créer des temps “off” qui soient un peu plus délimités.

Ce soir, nous prévoyons une soirée jeux de cartes avec Célia et Cédric que nous avons rencontrés il y a quelques jours, puis dîner tapas.

Nous allons aussi prendre le temps de prévoir nos futures étapes, dont celle de Burgos où nous ferons une journée de pause dans deux jours seulement.


Mercredi 15 octobre : Juan de Ortega

 

I : Nous avons mangé dans un bar à tapas, restaurant trop la classe et nous sommes allées dormir. Aujourd’hui, on avait un grand soleil. Les paysages changent tout le temps et c’est super beau. Nous avons marché un peu avec Célia et nous avons déjeuné avec eux. Trop bien. On a bien marché et nous dormons à la Cuadra de Luisito, albergue superbe qui fait resto-bar avec un dortoir atypique, les murs sont en bois et le lit aussi et devinez quoi ? on nous a invité à manger. La classe ! On est des stars. James un monsieur qui vit à Londres et qui est australien et son chien, il marche avec sa maîtresse et c’est un bébé malinois. Trop chou. Il a des chaussures pour ses papattes pour que les cailloux ne lui fassent pas mal. Bon Ciao. A plus.

 

Anne-Cécile : Hier soir, nous avons passé une très bonne soirée avec Cédric et Célia. Nous avons fait un Quems. C’est un jeu de cartes qui se joue en équipe et nous avons bien vu le tempérament joueur et dégourdi de I qui n’en démordait pas pour trouver une bonne stratégie.

Nous avons retrouvé Dominique pour le dîner. Les tapas étaient au rendez-vous et la bonne humeur aussi (comme le dit Jean-Michel). Nous avons passé une bonne nuit dans un vrai lit confortable qui nous a bien fait rattraper la nuit au sol de la veille.

Le matin, nous avons visité une boulangerie et avons vu les “dessous” de la préparation du pain. Cette petite boulangerie à l’ancienne n’est même pas répertoriée sur google maps et nous y avons bien trouvé nos Napolitanos du matin.

Nous partons pour 25 km et peinons à mettre en place le temps de silence instauré hier car I a quelques nouvelles douleurs et nous recroisons des pèlerins.

Cet après-midi, nous avons une belle montée de 150m de dénivelé, mais nous l’avons gravie et sommes arrivées à 16h30 à Juan de Ortega. Nous dormons dans un gîte incroyable tout en bois et la soirée s’annonce prometteuse. Nous avons rencontré Estelle (de Hongrie) et James (Australien). Ce dernier, touché par l’association Seuil, nous invite pour le dîner… Quelle gentillesse. Demain, nous aurons 25 km à parcourir pour rejoindre Burgos et nous nous réjouissons par avance de nous reposer.


Jeudi 16 octobre : Burgos

 

I : Aujourd’hui, je me suis levée à 7h30. James nous accompagne marcher pour nous aider à trouver le chien que j’ai rencontré, nous ne l’avons pas vu malheureusement et nous avons passé une bonne soirée avec les pèlerins anglais au gîte. James nous a offert le repas : lasagnes, salade. Trop bon miam miam et nous avons passé une bonne soirée à Burgos. C’est notre jour de repos demain et nous avons pris un hôtel, une chambre pour nous reposer et nous avons bu un coup et mangé au bar à tapas avec l’équipe. Trop sympa. Il y a Marco l’italien, le clown du chemin, il est drôle avec son accent. Il fait rire tout le monde et Vania est venue me voir pour passer la journée avec moi. Elle m’a offert un petit gâteau, trop mignon, un carnet, un stylo et une lettre. Trop chou Vania est vraiment un amour. Célia et moi avons bien discuté et rigolé. Elle est trop chou avec moi. Puis nous sommes rentrées à l’hôtel et j’avais mal au ventre. Heureusement c’est notre journée de repos demain. Je me réveille à 1h du matin comme Anne-Cécile et j’étais pas bien. J’ai vomi et Anne-Cécile est malade aussi. J’étais vraiment mal. On décide de se recoucher et on verra demain.

 

Anne-Cécile : Ce matin, I compte revoir le chien que nous avons rencontré hier qui porte des mini chaussons pour marcher. Alors nous quittons l’auberge de San Juan de Ortega en compagnie de James qui comptait nous y conduire.

Nous traversons des prés de chevaux et de vaches et I tente quelques caresses. A la fin de la matinée, I m’a confié qu’il était difficile pour elle de garder le lien avec les personnes qui ne parlent pas français malgré mes traductions. La barrière de la langue reste un problème et j’essaie de l’aider à se sentir à l’aise. Nous déjeunons au restaurant, puis enchaînons sur les 7 km restants le long d’une voie rapide pour rejoindre Burgos.

A Burgos, comme c’est notre jour de pause, nous prenons un hôtel. La nuit s’annonçait très confortable mais I et moi étions malades, donc nous avons pris soin mutuellement l’une de l’autre

 

Vendredi 17 octobre

 

I : Je me lève à 11h30, grasse matinée, c’était vraiment pas le jour de repos que j’imaginais. Nous devons quitter la chambre d’hôtel à 12h et nous décidons d’aller voir un médecin. 20 mn de marche, je n’étais pas bien du tout et Anne-Cécile aussi. Nous arrivons au centre médico comme je vous l’avais dit je ne comprends rien en espagnol et eux aussi le français alors on part au guichet pour au final il n’y a plus de place. On est allées à 10 mn dans un autre centre médico, donc nous allons au centre qu’on nous a conseillé, mauvaise pioche encore, une ramolo de la vie, elle n’avait pas 2 de tension, elle en avait 0. Elle était lente, on aurait dit une mémé. Pas de chance aujourd’hui, on a pas beaucoup attendu pour voir un médecin, un peu de chance, Elle nous a prescrit des médicaments et nous a dit qu’on avait une gastro-entérite et qu’on n’était pas les seules à avoir ça, sur le chemin nous avons pris le bus pour retourner au centre-ville. Un petit tour de manège ne nous fera pas de mal (mdr). Nous allons à la pharmacie et j’ai mangé un bout, mais je suis irritable. Je me suis reposée 1h. Demain, je repars. Rien ne m’arrête c’est pas une petite gastro qui va faire la loi (mdr). Bon demain nous dormirons dans un gîte communal. Allez ciao

 

Anne-Cécile : Réveil tardif mais difficile pour I et moi ce matin car nous sommes toutes les deux barbouillées.

Nous faisons un petit check-up chez le médecin qui nous ordonne des traitements et partons nous poser à l’auberge municipale. Là, nous y faisons une petite sieste et reprenons contact avec certains pèlerins. Nous découvrons que la plupart ont repris la route et n’ont pas fait de pause. I et moi savons que nous allons dès lors entrer dans un nouveau chapitre de notre chemin avec de nouveaux pèlerins.

Ce soir, il nous reste à faire un peu de shopping et à visiter la ville de Burgos : I a fait le Petit Poucet avec ses chaussettes de marche alors nous devons en racheter. Aussi, elle souhaite acheter un pendentif en souvenir pour son collier. Nous espérons trouver ces deux petites choses ici.

 

Samedi 18 octobre : Hornillos del camino

 

I : Je me suis levée à 7h30. Nous avons déjeuné à la boulangerie. Génial. Nous avons fait une petite sieste sur le chemin dans un champ de blé. Trop bien. Nous avons fait 20 km. Petite étape trop cool et nous avons un temps de silence. Petite pensée. Il faut prendre du recul quand on fait toujours la même chose, des habitudes, notre environnement, nos fréquentations sont un cercle vicieux pour qu’on puisse prendre du recul sur notre vie, pour commencer à réfléchir si c’est vraiment ce que l’on veut pour notre vie, se pardonner aussi et important pour ne pas refaire la même erreur que l’on a faite, se faire une réflexion et pour faire des choix qui sont le mieux pour toi et ta vie. Être maître de la vie, on me l’a souvent dit “tu as les cartes en mains, à toi de jouer de se remettre en question tout en prenant du recul sur ta vie pour ne pas être tentée de retourner dans la mauvaise voie de ce qui est pas bon pour toi et de ce que tu veux pour toi et ta vie. Nous dormons dans un gîte. Trop sympa. Demain 20 km aussi. Nous sommes dans un petit village de Hornillos del camino. Très beau les paysages ont une évolution magnifique et me font évoluer. Bon ciao. A plus.

 

Anne-Cécile : A peine sorties du lit, nous sommes mises à la porte par le gérant de l’auberge municipale de Burgos. Nous allons donc chercher notre petit déjeuner et partons vers 8h30 en direction de Hornillos del camino. Nos pépins de santé de notre jour de repos ne retiennent pas I et moi et nous marchons d’un bon pas. Nous savons que les futures journées de marche seront pluvieuses alors nous profitons du soleil et de la chaleur.

I et moi discutons de notre chemin, de la rapidité à laquelle il est pour le moment passé et des quelques semaines qu’il nous reste. Nous savons que le temps va passer de plus en plus vite et nous promettons de profiter de chaque instant.

Ce midi, nous nous sommes fait un bon restaurant et avons été rejointes par Célia et Cédric, I et moi avons ensuite fait une pause/sieste dans un champ. Carpe diem. Ce soir, nous arrivons vers 17h au gîte, nous recroisons Lucas (le jeune qui marche avec une association similaire à Seuil) et son accompagnant et buvons un petit coup ensemble. C’était intéressant de rencontrer une autre association et une autre histoire.

Comme nous dormons dans un tout petit village, nous espérons aussi du choix pour le dîner. A demain.

 

 

 

I : Aujourd’hui, super journée. Nous avons eu un beau coucher de soleil, tout rose. Magnifique. Avec des nuages tout roses et noirs. Nous avons fait une petite pause dans un champ et nous avons vu un groupe de 14 jeunes et 4 accompagnants dont un éducateur de vie scolaire d’un lycée de garçons et filles et mixte à 1h de Mantes. C’était très intéressant de voir des jeunes marcher sur le chemin comme moi. Ils nous ont proposé de marcher avec eux. J’ai trouvé ça génial. Ils étaient de mon âge entre 15 - 16 et 17 ans. J’ai discuté avec les filles et quelques garçons. Nous avons passé toute la journée ensemble. Nous avons pris le temps de dîner ensemble et ils nous ont gentiment proposé d’y participer et de nous intégrer dans leur groupe. Ils nous ont super bien accueillies dans leur groupe. Trop chouette. Ils ont fait un tas de réflexions et en lien avec le chemin. Et on pouvait témoigner.

Nous avons bu un coup en arrivant et ce soir nous mangeons une pizza dehors. On va voir si elle est bonne et nous dormons au gîte communal. Voilà. Demain c’est leur dernier jour de marche et ils nous proposent de re-marcher avec eux. Trop cool. Nous dormons à Castrojeriz, un petit village sympa. Anne-Cécile et moi avons vu Carlota, une pèlerine qu’on avait déjà vue dans le chemin français, c’est une espagnole qui parle 5 langues, le français et l’espagnol est sa langue natale. Voilà.

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui est une journée très spéciale pour I et moi : nous avons rencontré à notre départ de Hornillos, un groupe d’un lycée vendéen en marche pour 5 jours sur le camino de Santiago. Ils nous ont gentiment accueillies dans leur groupe et nous avons passé toute la journée avec eux. Cela était vraiment sympa de pouvoir discuter avec des personnes de l’âge de I. Toute la petite troupe et les responsables (18 au total) ont été extrêmement accueillants avec nous deux.

Dans la matinée, nous avons fait un temps de méditation tous ensemble. Tous les élèves ainsi que les encadrants nous ont inclus dans leurs échanges. Nous avons fait notre temps de silence de la journée en groupe, ce qui était différent de l’habitude et très porteur.

Vers midi, nous sommes arrivées à Hontanas et avons tous ensemble été reçus avec une messe imprévue. Un moment fort pour I et moi, au milieu de ce groupe de jeunes français. Nous avons déjeuné et sommes reparties en direction de Castrojeriz.

La journée est passée à toute vitesse. Nous dormons à l’auberge municipale avec une personne rencontrée il y a plus d’un mois à Livinhac le Haut. Carlola, une espagnole que nous avions appréciée et que nous sommes heureuses de retrouver.

J’oubliais… première journée pluvieuse depuis plusieurs semaines et nous n’avons quasiment rien senti. Une superbe journée.

 

Lundi 20 octobre : Fromista

 

I : Aujourd’hui, je me suis levée à 7h30. Nous avons retrouvé le groupe de lycéens. Trop bien. Nous passons la journée ensemble. J’ai bien parlé avec eux pendant la marche et nous avons tissé des liens tous ensemble. J’ai parlé et rigolé avec les filles et même nous avons mangé avec eux. Ils m’ont donné la part d’un pique-nique d’une jeune et nous avons fait un jeu avec le groupe. On devait poser des questions pour trouver ce que l’autre n’avait pas. Ce soir nous mangeons avec eux au restaurant. Ils nous invitent à le prendre avec eux et demain, c’est leur dernier jour. Ils n'ont que 13 km et nous 20, ils nous proposent gentiment encore de marcher avec eux car c’est leur dernier jour de marche. Nous dormons à Béthanie (donativo) Lourdes, l’hospitalière, nous accueille gentiment. Voilà. A demain. Ciao.

 

Anne-Cécile : Nous avons passé une belle journée, encore en compagnie du groupe de lycéens vendéens.

Ce matin, ils nous ont attendues pour que nous partions tous ensemble. Nous avons revécu des temps forts dont le temps de réflexion spirituelle. Lors du déjeuner, les accompagnants ont gentiment partagé leur repas tiré du sac avec I et moi. Nous n'avons pas vu la journée passer, tous les échanges étaient profonds et bienveillants, tant avec les encadrants que les élèves. Bérangère, l’organisatrice de leur séjour, particulièrement touchée par la dimension humaine de notre aventure, nous propose de partager d’autres moments avec l’équipe, un dîner ce soir et certainement un bout de la marche de demain car il s’agit de leur dernier jour sur le camino.

Les rencontres fortes redonnent un élan à notre binôme et nous en débrieferons facilement en fin de journée.

En fin de journée, nous avons recroisé Marco, Célia et Cédric qui nous ont encouragées. Ces retrouvailles nous font tellement plaisir.

Ce soir, après 25 km, nous dormons à Fromista. Nous sommes chaleureusement accueillies par Lourdes. Nous dormons dans un gîte cocooning où il n’y a que 4 places. De quoi passer une bonne nuit bien reposante.

 

Mardi 21 octobre : Carrion de Los Condes

 

I : Aujourd’hui réveillée à 7h30. Départ à 9h30 un peu tard car on a rejoint les lycéens. Trop bien. Hier nous avons mangé avec eux. Génial. Nous avons bien rigolé et nous avons fait des jeux. C’est un jeu à il y a, c’est le fait de faire et dire le truc gênant. On a passé une bonne soirée géniale. J’ai bien marché avec les filles et les gars, Jules, Max, Timéo, Laure, Ermine, Justin 1, Justin 2, Chanel, Clémence, Adrien, Mélodie. C’était trop bien. On n’a pas vu le temps passer, c’est génial. Les paysages sont de plus en plus désertiques, c’est trop beau. Nous sommes en plein cœur de la meseta. Ils m’ont donné le pique-nique. Trop sympa. J’ai fait de la balançoire tournante. Trop bien. On a bien rigolé et nous avons fait notre temps de réflexion. Ils m'ont offert une carte avec la flèche “Santiago” avec des petits mots gentils et nous les avons quittés malheureusement car ils avaient 13 km à faire et nous 20 et ce soir, nous rejoignons l’équipe et Marco, le chef cuistot, italien, qui nous invite à un repas. Trop bon : gnocchi et on fait un jeu de cartes. Trop bien. On a retrouvé Célia et Vania. Trop bien. On va passer une bonne soirée au gîte Carrion de Los Condes. Voilà. A demain

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui, à nouveau, nous croisons l’école des Sables d’Olonnes et décidons de remarcher avec eux. C’est leur dernier jour de marche et leur accueil pour cette dernière journée de marche nous marque beaucoup.

A peine arrivées, ils nous donnent notre pique-nique qu’ils avaient déjà préparé pour nous. C’est touchant. Nous marchons la moitié de la journée avec eux. Au moment de les quitter, l’équipe nous fait un au revoir très chaleureux. i reçoit une petite carte signée de tous les lycéens et nous nous disons “au revoir”. Nous remercions chacun et spécialement les professeurs et accompagnants de leur bienveillance avec nous. Ces 2-3 jours de marche ont été très forts et on apporté un nouvel élan à notre binôme. Merci.

De mon côté, je garde en tête tous ces échanges avec chacun des élèves, et avec les accompagnants (Patrick, Bérangère, Elodie, Anna)

Dès lors, une nouvelle page de notre aventure se tourne, pleine de bonnes vibes.

Ce soir, nous retrouvons notre cher Marco à Carrion de Los Condes . Avec Vania, ils nous ont préparé un dîner : gnocchi au bœuf et aux petits légumes. Nous partageons notre table avec une flopée de français et faisons ce soir la connaissance de Helena et Marina, un binôme français d’une autre association similaire à Seuil qui est en chemin depuis Burgos. Helena a le courage de nous raconter une partie de ses motivations et I et moi espérons échanger davantage avec elle. A demain.


Mercredi 22 octobre : Terradillos de Los Templarios

 

I : Aujourd’hui, je me suis levée à 7h30 et après je suis partie sur le chemin. Je suis en plein cœur de la meseta, c’est un endroit désertique, nous avons fait 17 km sans village ni eau/nourriture. Il y avait beaucoup de vent, j’ai rejoint la team amoureux Cédric et Célia, les meilleurs, Cédric est très gentil, il m’a proposé du saucisson si gentiment que j’ai accepté. Nous avons fait 20 km avec le vent.

Hier, j’ai passé une excellente soirée avec la team Marco, Vania et les amoureux. Nous avons joué aux cartes et dîné ensemble.

Nous dormons ce soir dans une auberge qui fait bar/restaurant et nous avons passé la soirée avec la même team, Marco a joué de la guitare, j’ai chanté un karaoké après le repas et tout le monde m’a complimenté. J’ai même chanté avec Carlota et une dame. Trop sympa. Je suis une vraie star du camino

Nous avons de la chance, nous avons un dortoir pour nous 6

Allez Ciao. A + dans le bus

 

Anne-Cécile :   Nous quittons Carrión de Los Condes après un petit déjeuner en compagnie de Vania.

C'était très sympathique de partager ce moment avec elle, fatiguée, qui souhaitait poursuivre le chemin en stop.

Petit déjeuner acheté, nous débutons notre journée. Toute la journée nous avons affronté le vent fatiguant de la meseta.

Durant 17 km, pas un seul point d’eau. I m’a paru très forte face à cette météo. Elle a avancé sans relâche. Nous avons même fait notre temps de silence dans le vent.

Lors de notre temps de pause, nous sommes rejointes par Célia et Cédric. Ils sont toujours très bienveillants avec I et sont très sympathiques. Nous prévoyons de les rejoindre ce soir avec Vania et Marco.

Aujourd’hui, avec I, nous avons eu l’occasion de faire connaissance et avons beaucoup parlé de notre famille. C’était très fort de parler de nous et d’échanger aussi profondément. I est très mature et je l’admire pour le discernement qu’elle est capable d’avoir à son âge.

Ce soir, comme prévu, nous nous retrouvons à Terradillos de Los Templarios après 28 km. Marco nous a fait un concert incroyable au moment de notre dîner. I et moi avons vécu une superbe soirée. Merci à chacun. Et à demain.


Jeudi 23 octobre : Léon

 

I : Aujourd’hui levée à 7h30 au gîte, petit déjeuner avec l’équipe trop sympa. Nous sommes parties à 9h30 du gîte de Terradillos de Los Templarios

Nous avons dîné à Sahagun au resto. Trop sympa. J’ai pris un hamburger du chef. Trop bon et puis j’ai repris la marche. J’ai fait 5 km et mes douleurs se sont accentuées et j’avais mal à la jambe de plus en plus et à la hanche. Je n’arrivais pas à la lever ni à la bouger, donc Anne-Cécile a appelé le 112 pour qu’on vienne me chercher. Ils sont donc venus me chercher. Ils m’ont emmenée dans un petit hôpital à Sahagun. Le docteur a dit que ce n’était pas une fracture mais plutôt une inflammation de la hanche et qu’il fallait du repos et prendre des myorelaxant pour que ça aille mieux et faire une séance de physiothérapie

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous passons une bonne première partie de journée en compagnie de Célia et Cédric qui partagent avec nous le temps du petit déjeuner. Nous quittons l’auberge vers 9h30 pour nos 28 km. Nous savons qu’il s’agira d’une grosse journée alors nous prévoyons plusieurs temps de pause.

Ce matin, le silence s’est instauré naturellement, nous avons maintenant l’habitude de ce temps propice aux réflexions (ou au vide intérieur, dans le cas d’I)

A midi, nous déjeunons dans un beau restaurant à Sahagun. Nous repartons d'attaque pour les 25 km qu’il nous reste. L’ambiance était joviale mais I ressentait une douleur à la hanche droite. Au bout de quelques minutes d’arrêt sur le bas-côté du chemin, I réalise qu’elle ne peut plus se relever tant la douleur est présente, nous avons donc appelé une ambulance pour qu’elle consulte un médecin.

Nous avons été reçues à Sahagun et un diagnostic d’inflammation de la hanche est tombé.

Le médecin a prescrit des traitements et surtout un arrêt de 48 h à I. Donc demain, nous prendrons le bus pour rejoindre Léon pour faire une pause et prendre soin de soi.

La soirée était sympathique car nous avons re-croisé Héléna et Marina comme si nous ne pouvions les quitter comme cela et que nous devions les revoir.

 

Vendredi 24 octobre

 

I : Aujourd’hui ça a été une journée spéciale pour moi. J’ai pris le bus car hier j’avais mal à la jambe et à la hanche. Anne-Cécile a trouvé à Léon une séance de physiothérapie. Nous dormons dans un hostel. On est parties à 12h, grasse matinée et dimanche je rattrape ma marche. Je vais cumuler les étapes que j'ai ratées, je m’en fous. J’ai oublié de vous dire, ils m’ont fait une piqûre pour que ça aille mieux avec des myorelaxants. Voilà. A plus dans le bus. Ciao

 

Anne-Cécile : I, Marina, Helena et moi nous nous donnons rendez-vous ce matin pour un temps ensemble avant de nous dire au revoir Nous prenons un café avant de nous séparer pour prendre notre bus.

Je suis heureuse de voir que les traitements ont aidé I à se remettre sur pied. Dans le bus pour rejoindre Léon, elle me fait part de son tracas car elle trouve cela dommage de prendre le bus.

J’essaie de lui expliquer qu’il s’agit là d’un beau cadeau qu’elle se fait à elle-même de prendre soin de soi.  Dans la vie du quotidien, c’est pareil, il faut aussi parfois lever le pied pour mieux repartir.

Ce midi, nous nous faisons un petit plaisir peu diététique mais très bon pour le moral : un Mcdo. I a une séance de physiothérapie à 14h et ce soir, un groupe de pèlerins organise une soirée karaoké pour qu’elle puisse enfin nous faire un vrai concert et exprimer ses talents. Nous avons hâte !

 

Samedi 25 octobre : Léon

 

I : Aujourd’hui, jour de repos à Léon. Trop bien. J’ai fait la grasse matinée. Trop bien de se reposer. Après je suis allée me faire masser. Trop bien. Relaxation de fou. On est allées manger une pizza et on a rejoint  Marco pour aller au musée Gaudi, un architecte qui a construit la cathédrale de Barcelone et le musée de Léon. Trop cool. J’ai décidé de préparer le dîner. Nous sommes allées faire les courses et nous avons invité Marco. J’ai préparé un risotto que j’ai inventé au poulet, et un petit dessert fraises chantilly, je sais c’est pas la saison mais je m’en fiche. Trop bon quand même. James a apporté les boissons. Il est trop gentil. James, le pèlerin qui nous a offert la dernière fois à Saint Juan de Ortega et Marco, des glaces. Nous sommes allées à la messe. La cathédrale est magnifique et James m’a prêté sa veste. Trop gentil. J’ai passé une bonne soirée. Hier soir, nous avons mangé avec l'équipe un kébab. Trop sympa et nous avons passé la soirée dans un bar où il y avait des tapas. J’ai chanté avec Célia et Marco un karaoké, nous sommes rentrées tôt car j’étais fatiguée et pour profiter d’une chambre que pour nous deux, pas d’horaire pour rentrer et se lever. Le monsieur est sympa car au départ on devait dormir en dortoir. Demain je reprends le chemin. Trop bien. Bon à demain. Ciao

 

Anne-Cécile : Ce jour, I se réveille à midi après une bonne grasse matinée bien méritée. Hier soir, nous avons passé une excellente soirée durant laquelle I a pu exprimer ses talents de chanteuse. Elle est reposée et ne souffre pas de douleurs car elle a été chez le physiothérapeute et qu’elle a reçu un traitement très ajusté.

Nous décidons de passer une journée reposante à Léon. I a reçu un massage ce midi et nous nous faisons un restaurant à midi. Cet après-midi, nous avons visité le musée de Gaudi à Léon. C’était une superbe visite avec une vue incroyable sur la ville.

Ce soir, I a préparé un dîner pour Marco et James qu’elle a spécialement invités. Nous avons tous été surpris par ses talents de cuisinière. Nous avons dîné un risotto et des fraises à la chantilly, cela était superbe. A demain pour de nouvelles aventures.

 

Dimanche 26 octobre

 

I : Lever à 8h30 pour moi. 21km trop cool. Nous avons revu Clémence, une pèlerine que je connais. Nous avons fait un bout de chemin ensemble et nous a payé le déjeuner. Nous sommes reparties et je dors villa Mazarife et il y a James qui va nous faire à manger et demain petite étape 15 km, toute seule en autonomie sans Anne-Cécile. Trop bien.

Aujourd’hui, j’ai fait 21km et je dors dans l’albergue de Jesus et demain je vais à Hospital de Orbigo. J’ai expliqué le fonctionnement de l’ASE et de mes référente

On a un grand soleil et ces paysages sont beaux. On va voir la montagne de Galice. Magnifique. Voilà. A demain dans le bus. Signé la star du camino. Ciao

 

Anne-Cécile : Nous quittons Léon bien reposées dans la nuit, nous avons gagné une heure de sommeil car il y avait le décalage horaire ici, c’était très cocooning

Nous avons une petite journée de 22 km jusqu’à Mazarife. La journée était ensoleillée et nous avons découvert de nouveaux paysages. La meseta est dès lors derrière nous et nous retrouvons notre “cher” dénivelé. I n’a plus mal à sa hanche et comme d'habitude, elle enfile les kilomètres

Nos discussions sont tournées vers la fin de la marche et l’après-marche. C’est très bien de voir I évoluer dans ses réflexions.

Demain, elle aura sa première journée de marche en autonomie et nous prévoyons tout le nécessaire pour qu’elle s’y retrouve.

Villages traversés, auberge, pique-nique, plan de marche, tout est revu ensemble pour qu'elle passe une journée apaisée et qu’elle ne puisse se perdre. A demain

 

Lundi 27 octobre: Hospital de Orbigo

 

I : Aujourd’hui, j’ai fait ma marche en autonomie. J’ai marché toute seule pendant 15 km et j’ai déjeuné seule à 12h. Je suis allée au gîte seule. J'ai fait ma toilette et j’ai fait ma sieste. Anne-Cécile est arrivée. Nous dormons à l’albergue verte. Trop bien. Les hospitaliers sont gentils. Nous avons mangé végétarien. Trop bon. Plein de nouvelles saveurs. Il y avait la maman du créateur du gîte qui est décédé. Elle a 98 ans waow ! presque 100 ans. Elle est trop chou, Elle a le sourire, c’est une bonne soirée avec de la musique avec plein d’instruments différents. Une ambiance brésilienne avec la décoration des îles.

Nous sommes que 3 au gîte. James est là, trop bien. A demain. Je fais du yoga car il y a une salle de yoga et un hospitalier, prof de yoga. Bon à demain. Ciao.

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous avons eu un superbe lever du soleil depuis notre lit car il n’y avait pas de rideau. I a eu du mal à se lever mais elle est finalement sortie vite du lit lorsqu’elle s’est rappelée qu’il s’agit de sa journée de marche en autonomie. I a quitté Mazarife bien rodée pour la journée vers 9h.

Je quitte le gîte une bonne dizaine de minutes plus tard.

La journée était plate et cela était très étrange de marcher sans I, pas de blague, pas de chanson, pas de philosophie. C’était comme si I prenait son envol et j’ai bien pensé à elle toute la journée.

Vers 12h, alors que je cheminais avec un autre pèlerin I était à 5 km de l’arrivée, elle m’a appelée pour me dire qu’elle était déjà arrivée avec le téléphone d’un ami pèlerin. Heureusement, l’auberge était prévenue que I arriverait seule et I est très dégourdie. Lorsque je l’ai retrouvée, elle était douchée et faisait une grosse sieste.

Nous étions toutes les deux ravies de nous raconter nos journées.

Ce soir, nous dormons à l’albergue Vende de Hospital de Orbigo. Nous profitons du dernier jour de soleil en compagnie d’un ami australien et d’un ami allemand.

Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, nous dînons à l’auberge et l’ambiance est très chaleureuse. L’un des hospitaliers nous attendra à notre réveil demain pour nous faire une séance de yoga. Nous avons hâte.


Mardi 28 octobre

 

I : Lever à 7h30. Nous avons déjeuné. Nous avons fait du yoga. J’ai passé la soirée à jouer du tambour et j’ai eu un cours personnalisé. Trop bien. Il fallait dire pour apprendre le rythme : “Jamon com Pan”. Avec Pim un français et les hospitaliers on a joué de la guitare 

J’ai marché 16 km. Petite étape. Trop cool. C’est mon jour de repos à Astorga. Nous nous approchons de la Galice (269 km). Nous y sommes presque. Nous avons une nuit à l’hôtel pour se reposer. Dans la nuit, Anne-Cécile a eu le téléphone de l’hôtel qui a donné. Le monsieur de l’accueil nous a dit qu’il y avait la police pour I R, donc moi. Anne-Cécile m’a réveillée pour m’informer et je n'ai pas compris, la Police était à l’hôtel pour venir me chercher car il y avait un bug du système français à cause du passage à la frontière car je suis mineure et qu’il manquait des papiers officiels. Ils m’ont donc amenée au commissariat et on a passé la nuit là-bas le temps que tout se calme. On a dormi sur des matelas. Voilà.

 

Anne-Cécile : Nous partons pour une journée calme de 16 km seulement, mais c’est en réalité loin d’être le cas. Ce  matin, nous avons commencé la journée en disant au revoir à James qui a des impératifs et doit rejoindre Santiago bien avant nous. Sniff. Les hospitaliers nous ont préparé une séance de yoga sur mesure. Malgré la fatigue du réveil, nous faisons la séance et partons détendues. L’ambiance de la marche était sympathique. I a même pu caresser des vaches et des petits veaux. Elle était toute heureuse d’être dans sa passion.

A Astorga, nous prévoyons une pause girly dans un spa-hôtel.  Nous y passons une soirée très agréable et fatiguées, nous nous couchons tôt.

Vers minuit et demie, nous avons été réveillées dans notre sommeil par la police nationale qui recherchait I pour des raisons administratives.

Nous avons dormi au sol à la police et avons attendu que la France communique les bonnes informations à l’Espagne sur ce voyage qu’elle fait.

 

Mercredi 29 octobre

 

I : J’ai passé une nuit pas très agréable. Le problème a été réglé à 9h et nous sommes parties à 10h20. Nous sommes allées à l’hôtel pour rassembler nos affaires et la dame de l’hôtel nous a offert une nuit en plus. Trop bien. Sympa. On va pouvoir bien dormir. Nous avons visité la ville d’Astorga et nous avons oublié de récupérer ma lettre à Léon et comme ça me tenait à cœur, nous prenons le bus pour aller la chercher. Demain, nous reprendrons la marche. A + dans le bus. Ciao

 

Anne-Cécile : Heureusement, les informations de I ont été mises à jour rapidement et nous avons pu quitter la police dans la matinée. Les policiers ont pris le soin de nous offrir un petit déjeuner et de faire en sorte que I puisse dormir, alors nous ne repartons pas traumatisées de cette aventure nocturne et l’hôtel dans lequel nous dormions nous propose généreusement de garder la chambre une nuit supplémentaire. Nous avons été prendre un bon petit déjeuner à Astorga et visité la ville. Cet après-midi, nous prévoyons une deuxième escapade à Léon (en bus) car I veut récupérer une lettre là-bas et que ces échanges avec ses proches sont son moteur sur la marche.

Nous aurons, à nouveau, la possibilité de dormir dans un bon lit confort ce soir. En espérant que la nuit soit plus douce que celle d’hier 🙂 


Jeudi 30 octobre

 

I : Lever tardif car on était à l’hôtel. Nous avons profité de la marche. Nous avons pris le petit déjeuner à la panaderia. Trop sympa. Nous sommes parties de Astorga à 9h30 et on a commencé les 27 km pour Foncebadon. Nous avons pris le déjeuner dans un petit village et nous avons rencontré un monsieur trop sympa. Il était intéressé de faire accompagnant à Seuil.

Nous devions dormir dans un donativo, mais il était fermé malheureusement car beaucoup ferment à cette époque de l’année en novembre. Nous nous approchons de la Galice et les paysages changent. Nous voyons les montagnes de la Galice. Magnifique. Nous sommes dans un village en hauteur et nous voyons les montagnes.

Anne-Cécile et moi nous voyons bien que nous approchons de la fin. Nous savourons tous les bons moments passés ensemble sur le chemin. Le chemin commence à être vallonné car nous allons monter les montagnes et emprunter les chemins de montagne.

Demain, nous ferons 28 km et nous dormirons dans un superbe gîte. Nous ne sommes pas beaucoup dans le dortoir. Trop bien pour une bonne nuit de repos. Ciao

 

Anne-Cécile : Hier soir, I et moi avons visité le musée du chocolat de Astorga. C'était très sympathique surtout pour I qui projette de faire des études dans le milieu de la restauration. L’étape de la dégustation a tout naturellement été la plus rapide…I et moi avons cette passion commune pour le sucre et le chocolat d’ici est tout simplement délicieux.

Notre nuit à l’hôtel était parfaite : sans réveil en pleine nuit et bien reposante.

Le matin, nous partons vers 9h30 pour une belle étape de 27 km. I et moi prenons conscience de notre arrivée prochaine à Santiago et cela nous réjouit et nous attriste à la fois.

Dans l’après-midi, nous avons rencontré Christophe, un pèlerin parti de Besançon le 22 septembre et arrivant à Saint Jacques le 3 novembre. Il fait 60 km par jour et est très inspiré par Seuil et I. Nous dînons avec lui ce soir et échangeons sur les choses simples de la vie.

Nous prévoyons de nous coucher tôt car demain 28 km nous attendent jusqu'à Ponferrada.


Vendredi 31 octobre

 

 I : Ce matin, levée à 8h car le check out était tardif. Nous avons pu en profiter. Nous avons quitté Foncebadon à 8h45. Nous avons une grosse journée avec beaucoup de descentes et de montées glissantes et caillouteuses, ça y est nous sommes dans les montagnes de Galice. Les paysages changent chaque jour et les montagnes sont magnifiques, avec les couleurs de l’automne des feuilles des arbres 28 km. Nous avons vu la Cruz de Ferro où il faut déposer une intention avec quelque chose dans nos vies et que l’on a choisie. Exemple : un caillou, c’est symbolique de Santiago et nous avons déjeuné à Molinaseca et puis 7 km pour Ponferrada et nous dormons dans un donativo, Nicolas dans un de flux, dans un dortoir de 4 et demain 28 km pour 28 km pour Villafranca del Bierzo. Nous avons une journée de plus. J’ai oublié de vous dire, pardon, lors de notre jour de repos à Astorga, j’ai visité le musée du chocolat et comment on constitue le chocolat.

 

Anne-Cécile : Notre départ de Foncebadon se passe sans encombre jusqu’à ce que la pluie s’invite dans notre marche. Nous arrivons à la Cruz de Ferra toutes trempées et déposons notre petit caillou. Pour I comme pour moi, il s’agit d’un moment symbolique où nous pouvons laisser notre “petit fardeau”. Nous continuons sans plus attendre car nous sommes frileuses et qu’il nous reste 28 km à parcourir. La journée est en descente et nous sommes très prudentes. Il n’est pas question de se fouler la cheville à 210 km de Saint Jacques. Le sol rocailleux est glissant et la pente est raide mais nous rejoignons notre lieu de pause puis notre auberge sans problème. Les discussions de l’après-midi étaient profondes et fortes I et moi réalisons que la fin du chemin est proche et nous profitons des derniers kilomètres ensemble. Ce soir, nous dormons à Ponferrada et visitons cette ville sublime. Nous profitons de la soirée pour préparer nos prochaines étapes.

 

Samedi 1er novembre

 

 I : Ce matin, je me suis levée à 7h30 direct et j’ai déjeuné puis je suis partie sur le chemin. Les paysages sont magnifiques. Super beaux avec les montagnes Nous avons passé la barre des 200 km, il nous reste 163 km. Trop cool. J’ai fait 25 km. Nous avons couru dans un magasin pour acheter le dîner de ce soir que je vais préparer car aujourd’hui, c’est la Toussaint et c’est férié, les magasins ferment à 16h et d’autres sont fermés. On a notre dîner. Yes. Nous dormons dans un hostel. Super et demain nous commençons la montagne et allons en Galice. Demain, ça monte. Nous décidons de nous coucher tôt pour être en forme demain pour une nuit reposante. Je vais préparer le dîner pour Anne-Cécile. Je vous dirais qu’est-ce que j’ai fait. Bon à +. Ciao

 

Anne-Cécile : Nous quittons Ponferrada de bonne humeur entre une forme d’euphorie car nous arrivons bientôt à Santiago et de nostalgie à l’idée d’entrer en Galice et de débuter la dernière partie du périple. Nous sentons toutes les deux les courbatures de la descente de la veille et nous nous rappelons qu’il faut prendre soin de son corps en continuant à se ménager et s’étirer pour atteindre notre objectif. Vers 13h, nous atteignons Cacabelos. Nous y prenons notre déjeuner dans une halle/bodega. Durant l’après-midi, nous traversons des vignes sous le temps automnal et découvrons un nouveau paysage très montagneux. Un couple d’américains nous accompagne durant un temps et nous finissons par arriver à Villafranca del Bierzo. L’auberge municipale et beaucoup d’hostels sont fermés… mais nous trouvons un superbe lieu pour dormir… Nous serons seules dans la chambre, le paradis ! Ce soir, c’est I qui régale avec ses talents de cuisinière. Heureusement, nous avons une cuisine à disposition. J’ai hâte de goûter. A demain pour 28 km de montagne.

 

Dimanche 2 novembre

 

 I : Lever à 8h, petit déjeuner offert par l’aubergiste. Nous avons fait 28 km. Une grosse journée fatigante avec beaucoup de dénivelés. Ça y est nous rentrons en Galice. Trop bien. Les paysages sont super beaux. Nous dormons dans une auberge et nous retrouvons une pèlerine qu’on avait perdue de vue. Demain, je fais ma marche encore en autonomie. Anne-Cécile a fait en sorte de trouver un magasin pour mon pique-nique de demain. Nous descendons ça y est on a descendu, ça va être une grosse journée. Nous sommes dans un village super joli et nous n’avions jamais vu ce type de village encore. Tout fait en pierre. Magnifique. Avec une vue incroyable avec les couleurs d’automne et les montagnes. Magnifique. Bon à demain. Ciao. A+ J’ai préparé le dîner à Anne-Cécile : des pâtes en sauce au poulet sel poivre curry piment doux herbes persil, oignons ail,crème .Miam

 

Anne-Cécile : Nous partons de Villafranca de Bierzo reposées après le superbe dîner préparé par I ainsi que notre nuit complète sans voisin. Le début de la journée était des plus calmes, sous un temps automnal. Vers 14h, nous sommes arrivées à La Faba après une première montée coriace. Nous y retrouvons Joseph et Manuel, deux personnes françaises rencontrées il y a trois semaines à Burgos. Nous déjeunons avec eux. Ils sont très heureux de nous voir et de constater l’évolution de I. Nous allons plus loin qu’eux et enchaînons avec 5 km supplémentaires. Malgré la difficulté, I et moi arrivons vers 16h30 à l’auberge. Nous sommes fières de passer devant la borne “Galice” car il s’agit de la dernière région dans laquelle nous entrons. I prend quelques photos. Ce soir, nous revoyons Pilar et Marco dans le dortoir, ils sont vraiment sympathiques, nous prévoyons de les rejoindre pour la bénédiction des pèlerins. Demain, ce sera une nouvelle journée en autonomie pour I alors nous préparons son étape en préparant son repas pour le pique-nique et en relisant le miam miam dodo.

 

 Lundi 3 novembre

 

 I : Lever à 7h30 pour ma marche en autonomie. C’était trop bien. Les paysages sont magnifiques. . Nous avons eu un beau ciel bleu dégagé et un grand soleil. Anne-Cécile m’a rejointe à 14h15 et je suis arrivée à 12h20 pour 22 km. Demain nous devons faire 40 km, mais sur un coup de tête et vu qu’il faisait beau et qu’on était au village tôt on a continué pour 18 km plus loin ça nous fait 11. 41 km woaw grosse étape est de 42 km car 1 de plus pour rentrer dans la ville. On est allées à l’auberge. Nous dormons en gîte communal. Super. La dame nous a proposé un dortoir pour nous toutes seules. Vous pouvez tous venir On a un dortoir privatisé que pour nous. Trop de chance. C’est parfait pour être heureux il faut se satisfaire du nécessaire pour une grosse journée de 42 km, ça tombe bien. J’ai réalisé qu’il faut peu pour être heureux. On a à manger et à boire, un beau paysage et ça repart. Rien d’autre. Demain nous ferons 23 km. Une petite étape et du repos. Voilà. A+

 

Anne-Cécile : Le village de O'Cebreiro est un petit hameau qui ressemble au village d'Astérix et Obélix. Nous y passons une belle soirée et dormons au gîte communal. Ce matin, I est partie seule. Elle devait passer la journée en autonomie. Vers 14h, après avoir marché séparément, je la retrouve. Comme la dernière fois, nous sommes tout heureuses de nous retrouver et I et moi nous rendons compte que nous sommes encore d’attaque pour continuer à marcher. Nous avons donc continué pour une belle étape, challenge de 41 km au total. Durant la fin du trajet, la bonne humeur était au rendez-vous. Les paysages étaient magnifiques. Nous avons même eu un coucher de soleil à l’arrivée. I a pu joindre ses proches qui sont tous très fiers d’elle et qui sont épatés de la voir atteindre son objectif. Les journées passent à toute vitesse et I et moi savons que cela va s’empirer, alors nous profitons de chaque instant. Ce soir, nous dormons dans une grande ville et en profitons pour dîner un superbe… kébab. Nous avons le privilège d’avoir une chambre à nous seules. Nous espérons passer une bonne nuit requinquante après tous ces efforts.


Mardi 4 novembre

 

I : Aujourd'hui levée à 8h30 après une nuit reposante. Nous sommes parties à 10h15 un peu tard car Anne-Cécile devait acheter un pantalon pour elle. Nous sommes allées sur le chemin. Nous avons fait 23 km et demain 25 km. Il y avait plus de vaches. Trop bien, moi je suis plus riche que tout le monde, non pas en vrai sous ni en matériel, mais en ressources que je fais dans ma vie en choisissant les bonnes personnes, en les écoutant elles m’enrichissent de ressources pour moi et ma vie. Nous dormons en gîte communal dans un beau village en hauteur et nous mangeons au restaurant ce soir. Trop cool. Voilà à +

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous avons fait un passage express au magasin de sport avant de commencer la marche. Nous quittons Seria tardivement mais nous savons que la journée sera moins longue que celle de la veille.

I et moi découvrons de nouveaux pèlerins qui débutent un chemin pour les 100 derniers kilomètres uniquement. Ils écoutent de la musique et ont des vêtements tout neufs. I les repère vite, mais nous apprenons à penser que ”chacun peut avoir son propre chemin peu importe la durée.”

En avançant dans les kilomètres nous sommes toutes les deux heureuses de voir le chemin parcouru et de réaliser celui qui nous attend. C’est très spécial de passer cette borne en se remémorant le passage de la borne des 1000 km il y a quelques semaines.

Après 23 km, nous arrivons à notre auberge. Encore une fois, nous avons un dortoir pour nous seules. Nous sommes heureuses de pouvoir profiter d’un espace à nous seules comme la nuit dernière. Lorsque nous visitons la ville, nous recroisons Daniella, Alberto et David, des pèlerins rencontrés ces derniers jours, ceux-ci sont heureux de recroiser I et l'encouragent pour son objectif

 

Mercredi 5 novembre

 

I : Aujourd’hui, nous nous sommes levées à 7h30 et nous avons déjeuné à la panaderia et nous sommes parties pour 25 km. Il n'a fait que pleuvoir. On a sorti les ponchos, c’est mon petit déguisement de pluie (mdr) et nous dormons dans une albergue San Marcos et je vais faire à manger. Trop cool. Demain, on a 30 km. Voilà à + Ciao

 

Anne-Cécile : Journée très pluvieuse au cœur de la Galice. Il était difficile d’avancer et de s’entendre. I et moi avons tenté de garder notre bonne humeur en chantant et en faisant des devinettes.

Ce midi, comme une oasis au milieu du désert, nous sommes tombées sur un bistro au milieu de la campagne. Il y avait un feu de bois qui nous a bien réchauffées. Et en prime, notre amie Catherine rencontrée à Léon, nous a offert un petit dessert. Catherine et Christine ont échangé sur Santiago avec nous, les immanquables, les hôtels, les restaurants, les visites. Après, elles aimeraient aller comme nous jusqu'à Fisterra.

Nous croisons les doigts pour qu’il ne pleuve pas trop car il est plus difficile (physiquement et moralement) de marcher sous la pluie.

Je suis super fière de I et de tous ses progrès sur le chemin. Comme elle me l’a dit, elle se sent plus riche que beaucoup de monde grâce à cet accomplissement et je trouve que cette réflexion est très forte.

Ce soir, nous retrouvons Dio et Clara avec qui nous avons joué aux cartes hier soir. Nous irons à la bénédiction des pèlerins avant que I ne se concocte un bon dîner.


Jeudi 6 novembre

 

I : Hier à la soirée j’ai fait à manger pour Anne-Cécile et moi. Nous avons rencontré des pèlerins, Catherine et Jean-Marc. Ils étaient très touchés par mon projet et ont déjà vu un binôme sur le chemin. Colin, un pèlerin que nous avons rencontré. C’est un poète et il m’a fait un poème avec une machine à écrire qu’il transporte dans son sac. Il est super gentil. Nous avons fait 30 km au compteur avec de la pluie et en pleine journée il y a eu un peu de soleil. J’ai appelé ma maman, trop contente. Nous dormons dans un gîte communal. Nous retrouvons Nia et Clara, deux pèlerines. Voilà. Ciao

 

Anne-Cécile : Hier soir, j’ai été gâtée par I qui m’a préparé les meilleures pâtes à la bolognaise que je n’ai pu goûter de ma vie. Elle a préparé les oignons, l’ail, la viande et la sauce avec un tas d’accompagnements choisis avec goût. Je me suis régalée et certains pèlerins qui passaient par là aussi. Nous avons fait la connaissance de Arnaud, Jean-Marc, Catherine qui parlent tous trois français. Ils étaient touchés par l’aisance de I sur le plan relationnel et durant la préparation du repas. Aussi, Colin, un canadien vivant en Alaska a écrit un poème à I. Ce poème a été tapé sur une machine à écrire de 4 kg qu’il transporte dans son sac à dos. Un moment hors du temps.

Tout au long de la journée, nous avons reçu des photos de nos amis pèlerins arrivés avant nous à Santiago. Cela nous réjouit pour eux et nous a mis dans le bain de ce qui nous attend dans quelques jours.

Encore une fois, le temps était pluvieux, mais nous avons réalisé nos 30 km comme si de rien n’était.

Ce soir, nous dormirons à l’auberge municipale avec Nia et Clara, rencontrées à Sarria.


Vendredi 7 novembre

 

I : Aujourd’hui, nous avons fait 23 km pour O’Pedrouzo

Nous avons déjà passé la borne des 100. Nous avons une journée de pluie. Pendant notre heure de pause, nous avons rencontré des messieurs avec Anne et des chiens. Ils sont partis le 22 mars et ont traversé la France et sont allés à Fisterra et nous sommes fières d’arriver à Saint Jacques demain.

Nous profitons de la soirée avant Saint Jacques nous avons fait une machine pour être toutes propres à Santiago. On n’arrive pas à y croire que nous y sommes déjà demain.  Nous sommes trop contentes et c’est proche du but, toutes les rencontres faites sur le chemin nous attendent avec impatience. Demain nous avons un grand soleil pour Saint Jacques de Compostelle. Anne-Cécile et moi sommes heureuses d’avoir atteint notre objectif : Santiago, en binôme avec des hauts et des bas. Voilà. A demain pour le grand jour. Ciao

 

Anne-Cécile : Journée très spéciale aujourd’hui : nous nous approchons à vitesse grand V de Saint Jacques de Compostelle. Nous gravissons des montées et dévalons les descentes.

Il pleut dehors mais nous sommes bien malgré cela et la fatigue. Durant la journée, nous recroisons notre ami David (Américain) et un trio qui revient de Compostelle vers Rome. Ils sont partis le 22 mars de Rome et reviennent chez eux. I les a remarqués car ils se baladent avec une dizaine de chiens…et surtout un âne adorable. Nous avons trouvé leur périple grandiose avec autant d’animaux.

Ce soir, nous nous octroyons le luxe de dormir dans une auberge privée afin de laver nos affaires et de prendre soin de nous, I et moi en avons un peu marre des auberges municipales et nous sommes heureuses de changer un peu.

 

Samedi 8 novembre

 

I : Aujourd’hui journée très spéciale. Nous arrivons à Saint Jacques de Compostelle. Bien sûr, nous avons fait une machine, mais l'essorage de la machine n’était pas activé, alors toutes nos affaires étaient mouillées. Nous avons décidé de le mettre au sèche-linge.

Demain nous avons 19 km pour Santiago. Nous avons tellement hâte d’y être. Nous avons fait des rencontres proches de l’arrivée à Santiago. Nous avons rencontré Catherine, Jean Marc, un couple et Michel, Jean-Marc voulait faire Seuil et a postulé. Il était très heureux de faire notre rencontre et nous également. Nous avons un grand soleil et un ciel bleu pour notre arrivée à Saint Jacques. Trop contente de notre arrivée. Nous avons vu des musiciens qui jouent du violoncelle. Très sympa

Arrivées dans la vieille ville de Santiago, un monsieur joue de la cornemuse. Très joli et Anne-Cécile avait prévu de me faire une surprise et je suis arrivée devant la cathédrale et toute l’équipe était derrière moi et Marco m’a apporté une fleur, c’est tellement émouvant et suis fière d’être là aujourd’hui. Anne-Cécile avait organisé pour que tout le monde soit là au moment où j’arriverai. J'étais très heureuse et nous avons fait la fête. Nous avons bu un coup tous ensemble, tout le monde m’a serré dans ses bras

Nous sommes allées manger au restaurant italien tous ensemble qui fait des pizzas et Célia devait partir pour Fisterra demain. Nous irons lui dire au revoir et nous réalisons que nous allons quitter nos rencontres faites tout le long du chemin. Nous nous préparons pour les autres pèlerins. Nous sommes tristes de quitter Célia mais nous savons que cela fait partie du chemin

Même si nous ne réalisons pas encore que c’est la fin du chemin

C’est pas fini car c’est le début de ma vie d’adulte et le chemin continue dans ma vie d’adulte

Nous dormons dans une auberge qui est située près de la cathédrale. Nous avons fait une rencontre incroyable de Antonio Garcia, un pèlerin de 76 ans était marin en Norvège c’est le seul survivant de l’équipage. Il était hospitalier dans un hôpital. Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu'ils étaient 16 sur le bateau et 17 avec eux, c’est le seul survivant. Il était tellement gentil. Il est incroyable. Nous avons fait une photo avec lui. Voilà. A demain

PS. Il a promis à la Vierge Marie dès qu’il sera remis sur ses pieds de faire le chemin de Compostelle. Il a fait de nombreux chemins : Lourdes, du naufrage c’est le seul survivant de son équipage

 

Anne-Cécile : Aujourd’hui c’est le grand jour, nous arrivons à Saint Jacques. Ce matin, j’étais un peu désespérée car la machine que nous avions lancée n’a pas essoré, ni séché, alors je me suis retrouvée à essorer nos vêtements du jour à la main. I se réveille sans problème et nous partons avec nos vêtements mouillés en direction de Santiago. Sur notre chemin, nous rencontrons 3 français tous trois partis d’Espagne, très concernés par le projet d’I. Catherine, Jean Michel et Marc marchent avec nous jusqu’à ce que nous voyions Santiago au loin. Au Monte de Gozo nous tombons sur un contrebassiste puis un pianiste qui nous font un concert. Cette surprise nous a apporté un peu de nostalgie avant même d'être arrivées.

Je ne sais comment décrire ce que I et moi avons pu ressentir en passant les portes de Santiago. Nous étions heureuses et pressées d’arriver devant la cathédrale en même temps.

Nous avons pris le temps de sécher nos affaires et de déjeuner avant ce moment important.

Nous sommes arrivées à 15h devant la cathédrale et une superbe surprise attendait I : Célia, Cédric, Marco (et ses deux bouquets de fleurs) et James nous attendaient pour nous féliciter. Tous ensemble, nous avons célébré notre arrivée autour d’un verre, puis sommes allées à l’auberge KMO. Le soir, nous avons fait un bon restaurant italien, mais pas trop tard (23 h quand même) car demain nous nous réveillons à 6h30 pour notre place au Parador Hôtel.

 

Dimanche 9 novembre

 

I : Je me suis levée à 6h30 pour aller à l’office des pèlerins pour avoir une place pour le Parador Hôtel et pour aller manger au resto les 10 premiers qui étaient devant l’office  avaient la place pour le Parador. 3h devant l’office des pèlerins et j’ai eu ma place pour le Parador.

Trop bien. Je suis allée manger au panadone, c’est trop bon : paella. C’est un hôtel 5*. Nous attendions Vania qui venait aussi nous voir. Nous avons passé la soirée ensemble avec Marco et Vania.  Nous avons mangé dans un resto une paella. J’ai goûté du poulpe, c’est trop bon avec du paprika et nous dormons dans l’hôtel 5*. On était tout seul. Trop cool. Hier, nous sommes allées à la messe et j’ai fait aussi un câlin à Saint Jacques dans la cathédrale.

J’ai vu le tombeau de Saint Jacques

Demain grasse matinée et je repars pour Fisterra et Muxia + 90 km pour Finisterra et Muxia 27 km. Voilà à plus

 

Anne-Cécile : Réveil à 6h30, I et moi sautons du lit pour attendre nos places devant l’office des pèlerins. Pour tout vous dire, les 10 premiers pèlerins qui arrivent devant l’office reçoivent une place offerte pour déjeuner au Parador hôtel. Après toutes nos émotions d’hier, il n’est pas simple de réaliser… mais surtout de tenir contre la fatigue. L’attente est bien passée et nous récupérons une place chacune. Nous savons que ce midi, nous aurons un superbe repas.

Nous visitons la vieille ville ainsi que le musée des pèlerins durant la matinée.

Le déjeuner était grandiose, comme prévu I était heureuse d’être là. Cela fait longtemps que nous pensons à l’idée du déjeuner au Parador et nous y sommes enfin.

Durant l’après-midi, nous avons revu certaines pèlerines/amies croisées depuis plusieurs jours. Clémence, Catherine, Christine, Martine, toutes plus admiratives les unes que les autres devant la force et la volonté de I.

Et à partir de 15h, nous nous sommes rendues au SPA pour prendre soin de nous. I et moi avons vraiment veillé à garder “un peu de confort” et à prendre soin de nous durant le chemin et ce n’est certainement pas à Santiago que cela va s’arrêter.

Ce soir, nous dînons en compagnie de Vania et Marco, tous deux restés/venus pour féliciter I. La Galice est au rendez-vous et nous avons dîné avec des plats typiques de la région : poulpe, paella. Un régal


Lundi 10 novembre : Negreira

 

I : Nous avons fait une grasse matinée à l’hôtel bien nécessaire et bien méritée. Nous avons quitté l’hôtel à 12h et nous sommes allées rejoindre Vania et Marco pour aller manger. Nous sommes allées manger un kébab proche. Nous prenons le chemin pour Fisterra et nous avons 21 km. James nous rejoint au déjeuner et nous avons marché tous ensemble avec Marco. Nous avons malheureusement quitté Vania qui part car elle a un avion demain. Nous sommes tristes de la quitter mais c’est le chemin. Nous avons passé une excellente journée. Nous sommes rentrées au gîte à 19h

Il faisait nuit, car nous avions le changement d’heure. Nous sommes passées à l’heure d’hiver donc la nuit tombe plus vite. Nous dormons à Negreira ; Marco nous a concoctées un repas de chef à la façon italienne, c’est génial.  Cela fait bizarre de remarcher après Santiago et profitons des derniers instants avec Anne-Cécile et les pèlerins Demain nous faisons une grosse étape. Voilà. Ciao

 

Anne-Cécile : Nous avons bien dormi dans un superbe hôtel et la grasse matinée était bien méritée. Après notre départ, comme nous sommes lundi, nous filons à la poste pour récupérer des lettres reçues pour I. Quelle joie pour elle

Nous déjeunons en compagnie d’une flopée de pèlerins et partons tous ensemble à 13h30 en direction de notre première étape pour Fisterra Negreira

L'après-midi, la reprise de la marche était compliquée, nous avons avancé lentement et sommes arrivées dans la nuit à Negreira

Marco et James étant avec nous ce soir, c’est Marco qui nous a préparé le dîner : riz au curry. C’était un véritable régal

L’ambiance sur le chemin vers Fisterra semble différente. Il y a nettement moins de pèlerins et surtout les auberges sont beaucoup plus modernes. Nous avons des draps propres et des serviettes. Le luxe.

Demain, nous comptons faire 34 km pour rejoindre Oliveira mais comme nous sommes fatiguées et qu’il fait très froid, nous verrons

 

  Mardi 11 novembre :Lagos

 

I : Levée à 8h30, nous avons déjeuné à la panaderia, nous reprenons le chemin de Santiago cela fait bizarre. Cela était tellement bien pour moi d’être arrivée à Santiago. Nous marchons ensemble aujourd’hui.  Jean avait un appel perso et Marco a avancé. Cela est difficile   pour avancer car cela prend beaucoup d’énergie et il a bien plu aussi. Je vais dormir à Lagos dans une auberge resto avec James

Nous avons bien mangé au resto et James et moi nous avons bien rigolé.

Aujourd’hui c’est une dure journée avec la pluie et le vent

Demain nous allons à Cée waw c’est ouf après 3 mois de marche.

Demain nous avons 27 km. Nous allons nous coucher tôt ce soir. Nous espérons que demain il n’y aura pas trop de pluie. Les auberges de Fisterra sont superbes. Voilà Ciao

PS Nous avons coupé l’étape de 33 km en deux car il pleut et que c’est trop dur.

 

Anne-Cécile :  Ce matin, le réveil était compliqué. Nous avons quitté Negreira après notre petit déjeuner habituel vers 10h30. Les premiers kilomètres étaient difficiles à faire car I ressentait le besoin de faire des pauses, mais arrivées au premier village, nous avons rejoint James qui a remonté le moral de la troupe. Un peu de chant, des vaches et du chocolat et c’est reparti.

Après notre pique-nique du midi, nous avons repris la marche en nous disant que finalement nous n’irons pas à Oliveira car la pluie tombe à flot et qu’il nous reste un trop grand nombre de kilomètres.

Nous arrivons vers 18h30 à Lagos trempées de la tête aux pieds par la pluie galicienne. Heureusement, l’auberge est spacieuse, propre et il y a une machine à laver.

Ce soir, c’est menu pèlerin et du dodo avant notre journée pour Cee et la mer demain.

 

Mercredi 12 novembre : Cée

 

I  : Cela fait trois jours que nous marchons vers Fisterra accompagnées de James, cela est super. Nous rigolons beaucoup ensemble. Nous avons accompli 27 km aujourd’hui dans le vent. Sous la pluie nos chaussures sont mouillées, nous sortons les ponchos, la pluie est forte; Nous essayons de lutter contre  les gouttes en partant car la pluie s’arrête mais c’est complexe. Nous dormons dans une albergue sympa, l'accueil est très chaleureux, la dame est tellement gentille que je lui dis que j’avais que 16 ans, elle était émue et touchée.  Nous n’étions que tous les trois au gîte, bien évidemment en compagnie de James et je décide de concocter un repas fait pour une cheffe qui s’appelle I mdr. Nous dormons à Cée et je suis allée au magasin faire les courses et j’ai préparé un poulet basquaise à ma façon, tout le monde a adoré. Et nous allons nous coucher après une bonne soirée dans la joie. Nous approchons de Fisterra. Demain ça y est nous y sommes. Voilà à +

 

Anne-Cécile : Ce matin, face à la pluie, la motivation n’est pas totalement au rendez-vous. Nous réfléchissons à prendre un bus mais nous changeons finalement d’avis. Nous sommes si proches de Fisterra. Alors nous nous lançons sous une pluie battante pour 27 km sous la pluie.

Vers midi, après 12 km, nous nous arrêtons pour un déjeuner dans un restaurant. C’est tout simple, il n’y a que des sandwichs et des tortillas mais c’est l’un des meilleurs repas depuis longtemps, au sec.

Il nous reste 15 km pour atteindre Cée et I et moi avançons à mesure que nous voyons la mer s’approcher. James est à nouveau présent pour nous motiver. A l’arrivée à Cée, nous avons une descente difficile. Ce soir, I nous prépare un poulet basquaise. Le dîner est exquis… encore une fois, ses talents de chef nous régalent. Nous dormons dans un lit XXL et demain le réveil est tardif. Ouf !

 

Jeudi 13 novembre : Fisterra

 

I : Nous avons pu dormir un peu plus, le check out était à 9h et nous n’avons que 15 km à faire, cela s’est fait et nous sommes allées à la plage de Cée et puis nous sommes parties direction Fisterra. Let’s go nous sommes si proches du but il n’a fait que pleuvoir. Cela a été dur mais nous avons fait preuve de résilience.

Nous sommes arrivées à Fisterra, la vue sur la mer est incroyablement belle avec l’horizon. Nous voilà sur la fin de notre aventure. Nous avons marché tout au bord de la mer, c'est impressionnant. Après trois mois de terre et ça a été une immense fierté pour moi d’être là aujourd’hui. Après tous ces efforts accomplis en persévérance, tout au bout de mon chemin en motivation, bien évidemment, la force, la persévérance et la richesse de ce que je viens de vivre.

Nous sommes dans la ville de Fisterra, nous dormons dans une auberge avec un accueil chaleureux, une immense humanité fatima pèlerine. Nous sommes au phare. Incroyable, tellement fort et tellement fou avec l’horizon c’est le paradis, je me suis mise sur un rocher et j’ai regardé l’horizon et cela est fou

Je ne peux plus mettre un pied devant l’autre, c’est la fin mais c’est un nouveau départ. Comme si j’ai la chance moi I de reprendre ma vie en main et de créer ma vie que je désire avoir grâce au chemin et grâce à ma volonté de renaître dans une vie que je décide d’avoir que je garde de précieux.

James nous invite au restaurant. J’ai mangé des énormes crevettes et du poulpe de James.  Incroyable et demain Muxia 27 km

Je suis inarrêtable mais voilà ce sont les mots qui me définissent inarrêtables. Incroyable. Voilà. A plus les babacools

 

Anne Cécile : Aujourd’hui, nous allons à Fisterra et nous n’avons que 15 km à parcourir. Alors notre réveil est tardif et nous avons même le temps d’aller à la plage et de prendre un petit déjeuner comme tous les matins depuis la France.

La marche vers le phare de Fisterra est émouvante et à travers la pluie, nous voyons des éclaircies, comme dans la “vraie vie”. Nous traversons des champs d'eucalyptus à côté de la mer et nous nous approchons du km 0.

Ce midi, nous avons déjeuné à l’auberge. L’ambiance y est chaleureuse et I reçoit même un petit présent de Marco qui a dormi ici hier et a pris le soin de lui laisser une lettre.

Nous ne le reverrons pas car il a des impératifs, mais nous ne l’oublierons pas.

Tant bien que mal, nous essayons de faire sécher nos affaires toutes trempées au coin du feu, puis nous repartons pour ce point mythique du Cap Finisterre. Nous y arrivons sous la pluie, mais heureuses. I me confie que ce moment est plus fort que celui de l’arrivée à Saint Jacques. Ici, nous ne pouvons plus mettre un pas devant l’autre. Nous devons nécessairement nous arrêter, alors nous repensons à tous ces souvenirs que nous nous sommes faits, ces rencontres, ces régions et paysages traversés.

Nous étions toutes deux fières du chemin accompli et fortes de cette expérience incroyable, nous avons pris un temps chacune face à ce paysage sublime qui s’est dévoilé sous nos yeux.

Les nuages se sont écartés, le coucher du soleil est apparu et dans ce moment suspendu, nous avons retrouvé Colin. Un moment hors du temps

 

Vendredi 14 novembre : Muxia

 

I : Nous avons pris le petit déjeuner offert par l’auberge toujours en compagnie de James qui m’a gentiment fait mon petit déjeuner. Nous quittons l’auberge avec de la pluie mais après avoir fait du chemin pour aller au supermarché, nous décidons de prendre le bus car la forme et la motivation ne sont pas au rendez-vous.

Nous ressentons la fatigue de l’accumulation des kilomètres accomplis tout le long du chemin. Direction Muxia. Le temps n’était pas très beau aujourd’hui. Nous arrivons à Muxia, un petit village au bord de la mer super joli. Nous dormons dans une auberge très moderne alors je décide, vu qu’il y a une cuisine très bien, comme dans les restos et pour une cheffe cuisto comme moi, c’est trop bien. Je concocte un petit plat pour James et Anne-Cécile. Nous savons que c’est bientôt la fin alors nous profitons des derniers instants ensemble. Nous nous couchons tôt pour être en forme pour demain. Voilà. A +

PS Nous nous remémorons les moments passés ensemble et cela restera indélébile dans notre mémoire et dans notre cœur à jamais.

 

Anne-Cécile : Ce matin, nous quittons Fisterra sous la pluie, mais la motivation n’est pas totalement au rendez-vous. Vers 10h30 nous rebroussons chemin car nous convenons finalement de prendre le bus pour aller à Muxia. Cela permet à I et moi d’avoir une journée plus reposante, de profiter de la ville de Muxia et de préparer la soirée “restaurant”. A nouveau, I va nous préparer un dîner de chef.

A Muxia, nous découvrons la ville et I et moi profitons de ce temps disponible pour nous remémorer tous nos souvenirs, retrouver les photos et penser à ce que nous venons de vivre. L’après-midi est très forte en émotion car I et moi réalisons que nous allons bientôt nous quitter. Nous regardons les images avec nostalgie et nous nous promettons de ne jamais oublier cette aventure et ces moments vécus ensemble.

Encore une fois, nous nous régalons avec le superbe repas préparé par I : une viande typique de Galice accompagnée par du riz et une sauce onctueuse délicieusement préparée par I.

L’avenir et spécialement la formation que I va bientôt débuter en restauration est déjà en cours de préparation sur le chemin et nous sommes fières de ce qu’elle fait et prévoir d’accomplir.





                 L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %.

                              Le reste est financé par vos dons


                                                (Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme

                                                                mais permettent réellement de financer leur marche)


 

 

 

 

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6 commentaires


jm.perreaut
15 nov. 2025

Bravo à toutes les deux pour votre arrivée à Santiago. Nous espérons que les jours suivants ne sont pas trop pénibles en direction de Fisterra compte tenu de la météo annnoncée. Nous vous avions espéré vous croiser dans les rues de Santiago où nous sommes arrivés le 9/11 également. Ce sera peut être pour une prochaine fois… Mais déjà lire votre blog si frais nous fait vraiment chaud au cœur.

Jean Marc et Catherine qui gardent un souvenir ému des spaghetti à la bolognaise qu’I. Avait préparé ce soir là au gite après la messe à Palas de Rei. Qui gardent surtout un fort souvenir de nos échanges autour de ce bon repas. Nous te souhaitons I plein de réussite…


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bernard.belledent
09 nov. 2025

Bravo Inès pour ton courage , je suis très content pour toi et en plus pour moi une grande émotion je suis arrivé à Santiago l'année dernière le 6 novembre et le 10 j'étais à Fisterra

Isabelle la journaliste qui t'a interviewé à ton départ au Puy en Velay , souhaite faire un nouvel interview à ton arrivée à Santiago

Jean Michel va organiser cela à ton retour

Encore 1522 kms de Félicitations


Bernard

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christophe.mergey
09 nov. 2025

Bonjour à vous deux.

Bien arrivé à Santiago, mardi matin vers 10h00et déjà de retour en France a la maison. J'espère que le temps n'est pas trop dur avec vous pour ces derniers jours et que votre arrivée sur la place de la cathédrale sera aussi belle que vous le méritez. Merci pour cette merveilleuse et éclairante rencontre à Foncebadon. Bon chemin, bonne route et belle vie. Christophe

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laurent.desmaries
05 nov. 2025

Coucou à toutes les deux c’est Laurent de Cahors , je vous ai tamponné et emmené acheter des chaussures pour Anne-Cécile . Super parcours et beau duo j’étais sûr que vous alliez arriver. Malgré les péripéties traversées . Je n’ai eu la chance encore d’entrer en Galice de sera l’année prochaine.

Bien du courage à vous pour la suite de votre belle épopée et plein d’enseignements pour ixxx , une belle aventure humaine également

Pensées pour vous deux

Laurrnt

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emmalisa
08 oct. 2025

Coucou Ixxx, c'est Stéphanie. Nous avons commencé le chemin ensemble jusqu'à Saugues. Je ne sais pas si tu te souviens, je t'ai donné un petit coquillage, j'espère qu'il te donne du courage. Je suis très impressionnée par ton parcours. Je regarde régulièrement le site et je suis vraiment fière de toi. Déjà l'Espagne. Bravo! Tu l'avais dit que tu irais jusqu'au bout, Ultreia droit devant !!! Alors courage ma belle, continue et prends du plaisir. Je suis certaine que tu vas y arriver et que ce chemin va changer ta vie. Je pense fort à toi, j'espère que tu pourras avoir ce message. Je t'embrasse.

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