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Marche de Tonxxx

  • 30 avr.
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures

Marche de Tonxxx accompagné par Mathéo

 

Mercredi 29 avril

 

T : On a pris le train ce matin et nous sommes arrivés au Puy en Velay aux environs de 18h. On est montés jusqu’au gîte, mais la montée était rude et ça en valait la peine. La vue est belle. On voit toute la ville depuis notre fenêtre et je trouve ça beau. Le soir, on s’est baladés avant de manger et puis on est rentrés au gîte.

La ville est plutôt sympa et possède un chemin de pêche, malheureusement on ne reste pas assez longtemps pour aller y pêcher, mais ce n’est pas grave, il me reste tout le trajet pour pêcher. Sur ce, bonne nuit. A demain.

 

Mathéo : Après les premiers jours de rencontre entre T, Célestin et moi à Douai, nous sommes enfin prêts pour le début du voyage. Nous quittons Célestin sur le quai de la gare.

Nous traversons la France à toute vitesse pour arriver au Puy en Velay. Les paysages défilent derrière la vitre à toute vitesse. Le train traverse le défilé de collines et de plaines qui composent la France de Lille à Lyon d’un air pressé. Celles du fond se déforment, celles qui sont trop proches sont condamnées à n’être vues que comme un flou verdâtre et printanier.

Sur le siège d’à côté, T a posé son chapeau sur ses yeux pour dormir un peu. Il dort comme on voyage à moitié présent, déjà ailleurs.

Un sommeil avec un chapeau et un dossier, une sieste d’aventurier

De mon côté, je colle ma joue à la vitre, regardant ce paysage à très grande vitesse en me demandant pourquoi être pressé d’aller là où commence la lenteur.

Les heures s’étirent, puis cèdent. Enfin, le Puy en Velay.

On déambule dans les rues comme une veille de départ, commentant des choses et d’autres, discutant tranquillement sans être pressés par la nuit qui tombe.

Demain, on commencera alors l’autre moitié, au ralenti, en pas, en souffle. Sans vitre.


Jeudi 30 avril : Bains

 

T : La marche s'est bien passée. Le paysage était plutôt mal. On est passé par des villages pas très animés. Nous sommes arrivés à Bains, un petit village pas très animé aussi, mais on a croisé des animaux, mais malheureusement il n’y a pas mes animaux du zoo.

 

Mathéo : Nous quittons le Puy en Velay par la grande porte ouverte du sol de la cathédrale. La ville apparaît devant nous et à partir de maintenant chaque pas ne sera plus posé pour rien, chacun ira dans une direction, pas après pas, à travers les chemins, les frontières, les pays. Le voyage commence d’ailleurs par l’achat d’un sandwich et une route qui monte.

Le Puy rétrécit peu à peu derrière nous. T avale les premiers kilomètres, se satisfait des paysages verdoyants, semble savourer le tout début de voyage.

Les kilomètres s’entrelacent de discussions et de silences confortables, l'air est doux, le sandwich est bon.

Aujourd’hui, tout va bien et T à 17 ans.

 

Vendredi 1er mai : Monistrol

 

T : Aujourd’hui on a marché de Bains à Monistrol.

Au début, la marche était un peu fatigante à cause des montées, mais pas assez dures pour abandonner avec mes charos, on a vu pire sur la montée de Menil. Le reste du trajet s’est très bien passé, sans difficulté.

Notre gîte est collé à un pont construit par Gustave Eiffel. Une belle ville, mais pas “Belleville”.

 

Mathéo : Le chemin nous emmène à travers champs et forêts. Nous le suivons paisiblement accueillant les quelques rayons du soleil qui osent  traverser le plafond de nuages. Après une dizaine de kilomètres, le chemin descend par un escalier de racines vers Monistrol et la rivière de l’Allier.

Après avoir déposé nos sacs chez Dédé la Bolo, nous passons quelques   heures sur les bords de la rivière à essayer la canne à pêche que T a emportée avec lui. Les heures passées à essayer de penser comme une truite, n’y font rien : nous rentrons bredouilles.

Heureusement, pas besoin de se retrouver le ventre vide et l'œil humide pour le reste de la soirée car des pâtes bolognaises nous attendent, sans surprise chez Dédé la Bolo. Nous vivons une époque formidable.

Et pour les petits êtres à nageoires qui vivent en eaux troubles, nous avons encore tout notre temps pour que l’un d'eux soit consentant à être mangé.

 

Samedi 2 mai : Saugues

 

T : Ce matin, départ aux environs de 8h45 en direction de Saugues. On a commencé avec une montée, toujours pas assez corsée pour abandonner.

On est arrivés à Saugues vers 13h et on a eu de la chance car le gîte ouvre à 15h et quand nous sommes arrivés on a vu l’hôte du gîte qui partait boire un verre mais qui a gentiment accepté de nous ouvrir ses portes un peu plus tôt.

 

Mathéo : Nous partons de Monistrol de bon matin pour la première véritable pente du voyage. Un chemin boisé nous emmène vers  le sommet du plateau.

La montée fait sans grandes difficultés pour T qui double peu à peu les autres marcheurs.

Arrivés au sommet, les étendues d’herbe se plient sous le vent qui file sans entrave, balayant l’horizon.

Nous rencontrons de plus en plus de marcheurs et les discussions s’envolent. Entre autres, Manu et son fils Maël, un père en rémission d’un cancer qu'il laisse chaque jour un peu plus loin derrière lui.

Nous finissons à Saugues où nous faisons halte pour la nuit.

 

Dimanche 3 mai : Chanaleilles

 

T : Réveil ce matin aux alentours de 8h pour se rendre à Chanaleilles. Sur le chemin, il y avait pas mal de vent malgré le combo polaire et le coupe-vent qui transportait le froid.

On est arrivés aux alentours de 14h, mais le gîte n’ouvrait ses portes qu’à partir de 15h30. On a pu profiter d’une sorte de stand qui vendait de la nourriture avant de faire une sieste sur leurs transats.

 

Mathéo : Nouvelle journée dans le vent aujourd’hui. Nous partons de bon matin, encore pour une petite étape de Saugues à Chanaleilles.

Le ciel est gris et le vent gifle. On se faufile entre les champs de vaches et les forêts de pins. Dans ces terres isolées, nous entrons sur le territoire de la bête du Gévaudan. Peut-être qu’elle nous observe depuis l’ombre des bois ou peut-être qu'elle n'existe que dans l’esprit des marcheurs qui ne peuvent voir derrière les branches ou dans l’obscurité.

Nous arrivons tôt dans la journée à Chanaleilles. Nous regardons alors le temps passer, calfeutrés dans nos vestes, à tenter d’apprivoiser le moindre rayon en attendant que le gîte du soir ouvre.

 

Lundi 4 mai : Saint Alban sur Limagnole

 

T : Ce jour, on a démarré à 9h. On est arrivés à Saint Alban sur Limagnole à 14h. Sur le chemin, il y a eu un peu de pluie mais pas assez pour nous faire s'arrêter même si un orage était prévu pour aujourd’hui. Heureusement, l’orage ne s’est pas pointé ce qui nous a permis de continuer à avancer. J’ai entendu une histoire sur les pirates où ils disent qu’ils se sont éteints. Je n’y crois pas. Tous nos pirates sont toujours actifs.

 

Mathéo : nouvelle étape de notre périple entre Chanaleilles et Saint Alban sur Limagnole. La veille, nous avons partagé une soirée particulièrement en compagnie d’un groupe de marcheurs rencontrés sur le chemin.  L’ambiance était conviviale et détendue : autour d’un repas savoureux, copieux de rires et d’anecdotes. La soirée s’est prolongée avec quelques parties de cartes, une cuisante défaite pour moi et une glorieuse victoire pour T.

Nous reprenons la route, pleins de calories et de souvenirs. Le chemin nous emmène à travers des bois paisibles, enveloppés d’un ciel chargé de nuages. Les kilomètres s’enchaînent jusqu’à apercevoir entre les troncs de pins, les premiers toits du village de Saint Alban.


Mardi 5 mai : Aumont Aubrac

 

T : Nous avons pris la route ce matin vers 9h. Sur le chemin on a fait pas mal de pauses et on est arrivés à 16h dans la ville d’Aumont Aubrac

Ça va relancer fort, la ligne n’est jamais finie. Restez à l'affût mes pirates

 

Mathéo : Nous partons pour le début de la traversée du plateau de l’Aubrac. Le chemin suit les courbures des collines, monte, puis s’enfonce dans des creux, tout en lenteur, au fond desquels les ruisseaux continuent de creuser, tout doucement. Les pins s’éparpillent dans les prairies. On se sent ici dans un alpage sans sommet.

Au croisement d’un ruisseau et du chemin, on laisse un hameçon dériver dans le courant. Dans l’eau boueuse après la pluie, on espère qu’une truite osera enfin mordre pour tromper l’ennui. Puis l’attente de la pêche se transforme en lancer de javelot fait maison, en plombage dans la terre encore molle et mouillée de toutes sortes de morceaux de bois taillés en pointe.

On arrive à Aumont-Aubrac en fin d’après-midi. Nous passons acheter une tente chacun pour bivouaquer. Une envie de sentir le voyage, un goût de liberté.


Mercredi 6 mai : Nasbinals

 

T :  On est partis du gîte ce matin vers 9h pour notre première étape à plus de 25 km et nous sommes arrivés vers 17h au gîte à Nasbinals, le premier village sur le chemin

La marche s’est bien passée. Arrivés sur les derniers kilomètres, j’ai proposé à Mathéo de finir en trail. Pensant que je rigolais, il a accepté jusqu’à ce qu’il se rende compte que je parlais sérieusement. Il me restait assez d’énergie pour continuer encore plus loin, mais en arrivant à Nasbinals, il a commencé à pleuvoir, ce qui a fait qu’on est arrivés pile-poil au bon moment

Comme mes bons pirates me disaient “c’est l’heure de la SD (salle de sport)”, sur ce, dormez bien et à demain.

 

Mathéo : Aujourd’hui commence la véritable traversée de l’Aubrac. Une étape plus longue que les jours précédents : 27 km jusqu’à Nasbinals.

Pas à pas, les arbres se dispersent pour, peu à peu, disparaître laissant place aux immenses collines vertes et aux vieux murets de pierres de l’Aubrac. La pluie est poussée par le vent. Entre deux nuages, le soleil sèche les gouttes.

Nous traversons ce paysage jusqu’à Nasbinals. Nous retrouvons alors tous les marcheurs : ceux avec qui nous avons partagé quelques discussions, ceux avec qui nous n'avons encore rien dit, celui qui marche pieds nus et son chien portant son propre sac de croquettes, celle qui marche pour tout recommencer.

Nous profitons d’un repas gentiment partagé par d’autres marcheurs et le reste de la soirée est consacré au visionnage, dans le petit bar du coin, du match Paris-Munich.


Jeudi 7 mai : Saint Chély d’Aubrac

 

T : Aujourd'hui, on est partis de Nasbinals vers 10h. On est arrivés à Saint Chély d’Aubrac vers 15h. On ne s’est pas arrêtés là et on a continué sur 7 km avec 3 personnes qui, eux aussi, avaient prévu de bivouaquer avant de s’arrêter dans le village d’Estrades. On a monté nos tentes avant de préparer notre repas. Après avoir mangé, le soleil s’est couché et puis c’était l’heure de dormir.

 

Mathéo : Nous partons de Nasbinal pour la traversée et la redescente du plateau. Le paysage s’étend à perte de vue. Les petits bouquets de forêts poussent ici et là dans les creux du paysage. Les nuages touchent presque les sommets d’horizon. Une pente boisée s’étend devant nous. En redescendant la forêt est mousseuse, luxuriante, gorgée d’eau et de vie.

Nous dépassons Saint Chély d’Aubrac pour nous joindre à un groupe de marcheurs doux et rêveurs : Ali, Elodie et Loïc. Notre petit groupe s’avance alors seul dans la campagne fleurie pendant que les ombres s’étirent.

Nous ferons halte dans un petit village, autour d’un feu fait dans un vieux four à pain, partageant le repas avec cette joyeuse troupe, avant la première nuit de bivouac sous un ciel immaculé.

 

Vendredi 8 mai : Espalion

 

T : Réveil ce matin vers 9h. Première nuit dans la tente, pas mal du tout.  J’ai très bien dormi. On a rangé nos affaires et puis on a pris la route vers Espalion. On est arrivés vers 17h. Après une bonne pause à Saint Côme d’Olt, comme il y avait un accès au Lot, on en a profité pour pêcher et se baigner. Ce soir, on bivouaque tout seuls

 

Mathéo : Après une première nuit de bivouac plutôt réussie, nous plions bagage pour redescendre les derniers kilomètres avant les rives du Lot et Espalion.

Il ne nous faut que quelques heures avant de pouvoir plonger dans l’eau glacée, sentir le courant détendre les muscles et laisser les petits poissons mordiller les mollets.

Après quelques heures au bord de l’eau, T parti pêcher, revient avec quelques rencontres des habitants des bords de rivière : une vipère et unécrevisse, malheureusement pas assez gras pour le souper du soir.

Nous repartons alors sur la route, cherchant du coin de l'œil un endroit où bivouaquer. Nous finissons par trouver un petit coin d'herbe tondue à la sortie de la ville, caché derrière une haie.

 

Samedi 9 mai : Campuac

 

T : On est partis d’Espalion aujourd’hui et on est arrivés vers 19h à Campuac. On s’est arrêtés 2h30 à Estaing au bord du Lot, comme il y avait des galets pour faire des ricochets.

 

Mathéo : Nous longeons la rivière du Lot vers l’ouest. Le chemin traverse des forêts bourdonnantes d’insectes et d’oiseaux. Après quelques heures de marche et une longue pause passée à siroter des cafés-crème dans un jardin ombragé, nous découvrons Estaing, un délicat empilement de maisons de pierre et de vieilles tours.

Un nouvel arrêt s’impose au bord de l’eau pour tremper nos pieds fatigués. Très vite, des galets plats trouvent refuge dans nos mains et l’après-midi se transforme en un véritable tournoi de ricochets. A force de lancer des pierres, nous avons sûrement fait monter le niveau du Lot de quelques centimètres.

Nous repartons avec difficultés, peinant à interrompre le jeu pour reprendre la route. À travers l’eau que nous longeons, des silhouettes de truites gigantesques apparaissent çà et là sous les branchages. T résiste au murmure de son hameçon d’une part car il se fait déjà tard, d’autre part car des panneaux interdisent la pêche à ces endroits.

Malheureusement un petit troupeau de fraises des bois croise nos pas et nous fait perdre encore un peu de temps.

Nous arrivons finalement au gîte avant la nuit, avec la chance de rien avoir croisé de plus sur les derniers kilomètres.

 

Dimanche 10 mai : Campuac

 

T : On n 'a pas marché aujourd’hui. On a fait une pause à Campuac. Comme il y a un lac, on est partis pêcher et pour la première fois depuis notre départ, on a enfin eu un poisson en remontant la ligne.

 

Mathéo : Aujourd’hui, journée de doux repos à Campuac. Au programme : grasse matinée, taboulé premier prix, pêche dans le petit lac du coin et, peut-être, une sieste. A part le taboulé, un dimanche touché par la grâce.

Après plusieurs heures passées à écouter les grenouilles croasser au bord de l’eau, nous finissons par sortir un petit poisson des profondeurs, pêché au bout d’une canne improvisée à l’aide d’un morceau de bois et d’un hameçon. Le petit poisson se débat tant bien que mal avant que T ne le relâche aussitôt.

Les premiers coups de tonnerre nous font rentrer juste à temps pour le fameux taboulé. Nous attendrons ensuite l'orage qui ne viendra jamais vraiment.


Lundi 11 mai : Conques

 

T: Départ très tôt ce matin aux alentours de 7h. On est arrivés à Conques vers 16h, journée fatigante à cause d’une douleur aux deux genoux, mais ça va.

 

Mathéo : Départ dans la brume ce matin en direction de Conques. La silhouette des arbres pourtant toute proche de nous apparaît à peine. Puis l’opacité s’évapore laissant quelques rayons traverser le plafond de nuages, s'échouant par brefs instants dans les champs.

Les kilomètres s’enchaînent et les genoux de T commencent à devenir douloureux.

Pas après pas, nous finissons par arriver à Conques. Un petit village sur les pentes d’une profonde vallée, presque irréel, comme un décor de théâtre en pierres au milieu du paysage.

 

 





L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %

Le reste est financé par vos dons



(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)


 

                    _______________________________________________

 

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5 commentaires


Littleboy
30 avr.

We le t longue vie bonne marche

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DNS_75020
30 avr.

weee frérot montana longue vie charo tu connais déjà

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Sd
30 avr.

Oe le toto longue vie mon reuf on t’oublie pas montre leur c’est quoi le zoo tche 🦾❤️

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Le big
30 avr.

Ww le t du 19 longue vie bosse


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Lecram
30 avr.

Wey le T c’est comment ? Longue vie à nous !

Je vais suivre ton périple à fond t’inquiète même pas et choque les montre leurs c’est quoi un pèlerin de paname va jusqu’au bout 💪

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