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Marche de Kezxxx

  • il y a 5 heures
  • 9 min de lecture

Marche de Kezxxx accompagné par Adrien

 

Jeudi 23 avril : Le Puy en Velay

 

K : Ce matin, la matinée fut quelque peu mouvementée (un voisin alcoolisé ayant posé des problèmes à ma mère et moi), mais j’ai finalement pu partir serein. J’avais tellement attendu ce moment que ça ne me paraissait pas réel ; enfin je partais !

Avec mon éducateur, nous avons pris le train pour Lyon vers 10h30 et pendant tout le trajet, je brûlais d’impatience de rencontrer mon accompagnant pour ensuite disparaître pour ces trois longs mois.

Arrivé à Lyon, je rencontre mon accompagnant, Adrien, avec qui j’ai seulement une décennie d’écart. Le courant est très bien passé et après le repas nous embarquons pour le Puy en Velay.

Après deux trajets en train, nous arrivons enfin à bon port. Le Puy est beaucoup plus grand que ce à quoi je m’attendais. Notre appartement est juste au pied de la cathédrale, la vue est magnifique.

Avec Adrien, l’après-midi, nous avons visité partiellement la ville et avons fait nos courses pour le repas du soir. Celui-ci était catastrophique dans sa préparation ; le riz collait de partout ; les oignons sautaient de la poêle. Bref, pas franchement une réussite.

En résumé, une très bonne journée et j’ai hâte de commencer cette aventure.

 

Adrien : Une journée pour le moins chargée. Réveil à Paris, déjeuner à Lyon et café au Puy en Velay. Après des semaines d’attente et de préparation, nous y voilà. On se rencontre tous autour d’un bon repas. La timidité des premiers instants laisse rapidement place aux discussions pour apprendre à se connaître.

K est plein d’énergie. Super sportif et motivé. Il ne se demande pas s’il va arriver jusqu’au bout, mais plutôt si on aura le temps d’aller jusqu’au Portugal après l’Espagne !

On profite de la première soirée pour se promener, faire des courses et découvrir la ville.

On se lance dans notre première préparation de repas ensemble avec K qui prend le lead. Il y a encore de la marge de progression pour cuisiner ensemble, mais pour une première, vraiment pas mauvais.

On prend nos marques petit à petit et avons hâte de commencer le chemin.

 

Vendredi 24 avril : Le Puy en Velay (2ème jour)

 

K : Ce matin, petit déjeuner basique, avec Adrien. Nous avons plus tard été rejoints par Jean-Michel pour procéder aux essayages et achat du paquetage au Décathlon du Puy. Une fois bâtons, gants, lunettes, sacs, vêtements et autres en poche, nous avons regagné le centre et l’appartement pour déposer nos affaires et établir les plans de route et réservations.

Nous avons procédé ainsi : après avoir consulté le “Miam Miam dodo”, le guide indiquant les auberges, snacks et campings disponibles pour chaque étape du trajet, nous avons réservé nos gîtes pour les 4 prochains jours. Ainsi, le 1er jour, nous réservons pour le 5ème, le 2ème pour le 6ème et ainsi de suite.

Après cela, plus tard dans l’après-midi, nous sommes allés chercher notre crédencial de pèlerins, puis Jean Michel nous a quittés peu après.

Ensuite, nous avons visité le rocher Saint Michel et sommes montés dans la statue de Notre Dame de France, jusqu'à dans sa couronne.

A l’heure où j’écris ces mots, nous sommes en fin d’après-midi et il nous reste encore à préparer nos sacs et faire le ménage dans l’appartement. Il ne faudra pas veiller trop tard ce soir, car le départ se fera tôt demain matin. Je brûle d’impatience.

 

Adrien : Première nuit très agréable même si couchés un peu tard car on discutait. On se réveille de bonne heure et on file acheter le matériel du jeune, ça devient très concret et excitant pour tout le monde. De retour à la maison, on déballe tout et on se prépare. Après un bon repas au calme en terrasse, on part “travailler” nos chaussures dans les hauteurs du Puy. On commence par le bureau d’accueil des pèlerins pour récupérer la crédencial qui nous accompagnera tout le long du chemin. On enchaîne ensuite avec la statue de Notre Dame de France et le rocher Saint Michel, avec de beaux panoramas. On se familiarise ensemble aux tâches quotidiennes de gestion des comptes, réservations des hébergements et préparation des étapes.

Ce soir, on sort manger un petit bout en ville, se promener et se coucher tôt pour être prêts pour demain, pour la messe de 7h et le grand départ.

 

Samedi 25 avril : jour 3 – Montbonnet

 

K : Le grand départ ! Enfin ! J’attendais ce jour depuis des mois et enfin, nous y étions. Je ne sais pas si j’étais inconsciemment stressé, mais je n’ai pas fermé l'œil de toute la nuit. Et pourtant, quand le réveil a sonné, je sortais du sac de couchage, avec plus d'énergie que jamais. L’excitation du moment sûrement. Nous avions mis le réveil à 6h pétantes et, après avoir fait un brin de ménage dans l’appartement et finalisé notre paquetage (qui pèse tout au plus 8 voire 9 kg), nous quittons les lieux à 6h45 pour assister à la messe de départ dans la cathédrale qui prenait place à 7h. Bien qu’étant athée de chez athée, ce moment fut très significatif pour moi. Au-delà d’une cérémonie religieuse, ce fut la célébration d’un nouveau départ pour moi. Le début d’un voyage durant lequel j’espère changer et devenir la personne que je veux être, mais également de me forger un esprit sain dans un cœur sain. Une fois la trappe ouverte, c’était le grand moment ; nous nous sommes engouffrés dans celle-ci, je descendais les marches pour entamer ce qui promet d’être une des expériences les plus importantes de ma vie.

Après avoir mangé un bout dans une boulangerie au Puy, nous nous mettons en route sur le sentier. Au début, celui-ci arpente plutôt des villages (où l’on ne trouve pratiquement que de vieilles bâtisses en pierre) et longe les jardins et les routes. Puis après une vingtaine de minutes de marche, les paysages deviennent légèrement plus sauvages : les “choses sérieuses” commencent pour Adrien et moi.

Sur le chemin, nous croisons de nombreux pèlerins et la bonne ambiance règne, tout le monde salue tout le monde dans une grande convivialité.

On note que beaucoup de belges (tout comme Adrien) sont présents sur le chemin.

Tout au long du sentier, les paysages se diversifient plus ou moins, et les bâtisses défilent une à une.

Plus tard dans la journée, près de notre arrêt du soir, Montbonnet, nous nous sommes arrêtés une petite demi-heure pour nous reposer dans un champ de hautes herbes vertes et brillantes, tels des aventuriers épuisés. Ce moment de paix aurait pu durer l’éternité.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à Montbonnet, plus précisément au gîte “L’Escale”. Ma première nuit en gîte !

L’atmosphère est très détendue et l’ambiance très conviviale, semblable à une grande famille, composée de pèlerins pourtant tous inconnus les uns des autres. Parmi eux, Jam, un pèlerin américain qui fut ma 1ère interaction au gîte. Nous discutâmes longuement avec lui, une occasion de pratiquer notre anglais au passage.

J’apprécie tellement ces moments d’échange et de partage, de découverte d’autres modes de vie… La suite de ce périple s’annonce déjà fort prometteuse….

 

Adrien : Réveil très matinal aujourd’hui après une courte nuit. Peu avant 7h nous quittons la maison après avoir fait du rangement et du ménage. On monte les marches de la cathédrale avec une certaine excitation, on sent que ça devient réel.

Les bancs sont pleins et nous recevons la bénédiction du prêtre. La trappe de la cathédrale s’ouvre et on se lance.

Pause petit déjeuner et on commence la montée très rapidement avec les bâtons et on s’y habitue vite. K galope en montée et en descente, n’est pas intéressé à l’idée de faire une pause. Il propose tout de même, à la vue d’un grand champ vert, de s’y allonger rapidement.

Pour 15h, nous arrivons au gîte et découvrons la dynamique de ces lieux. Accueil énergétique de Mendi, puis installation dans le dortoir. K lance la discussion avec un américain retraité qui partage notre chambre, un pèlerin plus aguerri qui parle de la force du chemin.

Le repas du soir est hyper convivial, tout le monde se mélange et discute. Une chose qui rassemble tout le monde : le plaisir de la marche, de l’introspection et de la rencontre. Après une petite balade digestive pour se remettre de la bonne nourriture, on se prépare à se coucher avant d’entamer notre deuxième journée de marche. 

PS. Premiers coups de soleil, snif snif 😢

 

Dimanche 26 avril - Jour 4 (15 km) - Monistrol d’Allier

 

K : La première nuit en gîte fut moins agitée que la précédente : j’ai dormi comme un loir. Après un bon petit déjeuner à base de pain-beurre et de confiture, nous nous sommes mis en route pour notre 2ème journée de marche. Dès le début, les paysages s’annonçaient magnifiques : des champs  de diverses couleurs, jaune, vert, brun s’étendaient à perte de vue devant mes yeux et bordaient d’immenses forêts, de grands arbres d’un vert très sombre. Nous nous étions liés d’amitié avec divers pèlerins du gîte durant le repas d’hier soir et nous les re-croisons sans cesse le long du chemin, resserrant ainsi les liens déjà établis, y compris en partageant un café lors d’une halte au petit village de Saint Privat d’Allier, dernière bourgade avant Monistrol d’Allier, notre halte du soir.

Un temps après ça, après avoir continué sur environ 5 km, nous avons fait une 2ème pause sur des roches imposantes surmontées par une tour en ruine et au pied de laquelle se trouve une mignonne petite chapelle, dont le tout était fait en roches superposées.

Nous retrouvons ici nos 3 amis suisses qui dégustaient leur sandwich bien mérité. Je m'écarte d’eux pour monter sur les roches, en hauteur, et prendre quelques minutes avec moi-même. Je contemplais les vastes étendues de vert, cet horizon de cimes qui semblait infini. Je pensais à cette marche, à ce voyage et à ce que j’avais laissé derrière et que je retrouverai dans un quart d’année, non pas en tant que garçon, je l’espère, mais en tant qu’homme.

Après une bonne heure, nous reprenons la route, il nous restait 2 km environ.

Nous sommes passés tout d’abord par sinueux chemin, en descendant une forêt d'arbres très fins aux feuilles d’un vert très lumineux, presque fluorescent, pour ensuite arriver sur un chemin semblant comme au centre d’une vallée, formée par les massifs verdoyants alentour.

Après une ultime descente d’une route goudronnée, nous arrivons finalement à bon port.

Nous résidons dans le camping “La Vicier”, escale très agréable, bordant une rivière également très pittoresque. Après avoir déposé nos sacs dans la tente-dortoir, nous sommes allés nous rafraîchir dans cette rivière, dont le son des courants berce nos oreilles, lorsque j’écris ces lignes.

Durant cette petite baignade, je rejoignais l’autre rive du ruisseau après avoir “affronté” les courants et les pierres glissantes et j’eus le plaisir de titiller un serpent gris dont les écailles semblaient sèches du bout de mon orteil.

Je gagnais ensuite une petite plage paisible, semblant figée dans le temps et baignée par les rayons chauds du soleil.

Nous avons ensuite pris une douche revigorante et sommes présentement en train de mettre par écrit nos aventures d’aujourd’hui.

Ce n’est que le 2ème jour, mais j’ai l’impression d’être parti depuis deux semaines sur ce sentier que je suivrai pendant 3 mois jusqu’en Espagne (mais j’espère de tout mon coeur avoir 2 semaines restantes après être arrivé au point zéro pour continuer jusqu’à Porto et ainsi atteindre le Portugal)

 

Adrien : Content au réveil ce matin, on a bien dormi. En descendant dans la pièce commune, on retrouve l’énergie de la veille. On papote, on se prépare à prendre la route. Le gîte fermant à 8h30, nous visons presque tous de partir aux alentours de… 8h29.

On part chacun notre tour, mais ayant des pauses et rythmes différents, on se croise régulièrement. Au prochain village après notre départ de Montbonnet, on se fait inviter pour un café par la Camille suisse rencontrée au gîte.  D’autres voyageurs se joignent, on se conseille sur la route : les pansements pour ampoules se glissent d’une main à l’autre. On visite aussi une belle chapelle construite il y a plus de 900 ans. Impressionnant !

Quelques kilomètres plus loin, on se retrouve avec le même groupe, par hasard sur un gros rocher avec vue panoramique. Cette fois-ci, photo de groupe, une belle bande !

Les gens sont intrigués et impressionnés par notre projet, on échange beaucoup.

On galope les derniers kilomètres et on arrive à notre destination. Un petit village paisible au bord d’un fleuve, une vraie âme de vacances.

En attendant le check-in, on se baigne dans l’eau froide et peu profonde, mais ça fait un bien fou. Puis lessive, bon, à la machine mais quand même, pour avoir le temps d’écrire ces lignes au bord de l’eau avant le repas du soir.

Déjà hâte de reprendre la route demain et de croiser quelques visages connus aussi.

 

 

 



L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %

Le reste est financé par vos dons



(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)



 

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