Marche de Elaxxx
- 10 mars
- 27 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Marche de Elaxxx accompagnée par Pauline
Mardi 3 mars
E : Aujourd’hui, c’est le jour J, le jour où je prends mes affaires et je pars avec des personnes et des endroits que je ne connais pas du tout, avec un peu de difficultés parce que ce matin, lorsque je me suis réveillée, je n’étais pas bien. J’ai dû aller à l’hôpital. J’ai pris 4h parce qu’ils m’ont perfusée. Ensuite, après l’hôpital, j’ai pris mes affaires et la stagiaire de ma référente m’a accompagnée jusqu’à Douai, vu qu’elle s’est occupée de moi quand j’étais vraiment pas bien. Du coup, on arrive à Douai. Je rencontre mon accompagnante qui s'appelle Pauline. On s’entend directement bien. On se présente, on parle, on s’est posées dans un bar en buvant un petit coca. Puis on va dans la voiture, je prends mon sac. Il était trop lourd (mdr). Ils ont rigolé. On va découvrir le gîte. J’ai le droit de choisir ma chambre. Le lit était trop confortable. Puis on a été faire les courses pour qu’on puisse manger le soir. Puis on a cuisiné mais en cuisinant on s'est rendu compte que j'avais oublié le beurre. On s'est bien marrées. On a partagé le repas, et on s’est posées devant la télé, on a parlé de tout et de rien et on a été se reposer.
Mercredi 4 mars
E : Deuxième journée. On s’est réveillées dans les environs de 9h30. Célestin, notre responsable de marche, nous a ramené le petit déjeuner : petits pains et croissants. On a partagé un petit déjeuner tous ensemble. Ensuite on a été à Décathlon pour acheter tout ce qu’il me fallait pour bien commencer Saint Jacques de Compostelle. Ensuite on a été manger dans un restaurant pour le midi. Après tout ça, on a été faire une petite randonnée avec tout le matos pour essayer et voir s’il y avait quelque chose qui dérangeait. On s’est arrêtées sur une petite plage, il y avait la petite fille de Célestin. D’ailleurs, si tu passes par-là, merci pour ta gourde que tu m’as offerte. Je pense fort à toi. On a joué dans le sable, moi, la petite fille de Célestin et Pauline. C’était trop bien. Célestin a plongé dans la mer, je ne sais pas comment il a fait. Il a dû avoir froid (mdr). Ensuite, on est parties déposer son chien chez lui car pour la randonnée, j’ai trop voulu le prendre. Après avoir fait tout ça, il nous a déposées. On est rentrées et on a décidé d’aller manger BK. On a décidé d’y aller à pied. On avait 25 mn de route aller-retour. On est arrivées là-bas, on a commandé, j’ai cru qu’on pouvait prendre des cadeaux mystère, du coup, j’ai dit : allez un peu de peps, du coup, on a pris. C’était des tee-shirts (mdr) On a mangé ensuite. On est rentrées, on s’est posées, on a dormi. Depuis que je suis arrivée je me sens excitée et à la fois stressée d’aller vers l’inconnu.
Jeudi 5 mars
E : 3ème jour d’une nouvelle vie. Le matin, j’ai été chez le dentiste. Finalement toutes mes dents sont au top, puis la journée a été de prendre du temps pour nous à la piscine.
Pauline : Les premiers jours avec Seuil commencent fort avec diverses petites péripéties qui annoncent un chemin haut en couleurs ! Dès le 1er rendez-vous, j’apprends qu’il va falloir patienter encore avant de rencontrer E. C’est parfait pour augmenter mes appréhensions… ! Nous faisons enfin connaissance et me voilà bien rassurée : je découvre une jeune fille qui aime prendre soin d’elle, au sourire insondable mais radieux. Elle a des projets, des envies et une détermination qui peut l'emmener très loin.
Nous passons trois jours en ville pour s'équiper de la tête aux pieds, essayer le matériel autour d’un étang fort sympathique, (c’est chez mon responsable, je n’ai pas le choix que de dire combien le lieu est bien) et passer de bons et longs moments à discuter toutes les deux. Nous voilà prêtes pour atteindre Compostelle ensemble !
Vendredi 6 mars
E : Aujourd’hui est le jour “J” où les galères commencent. On a “bouclé” le gîte puis Célestin, responsable de la marche, nous a ramenées à la gare. On a eu notre train de justesse. Pauline et moi, on a discuté pendant tout le train et la dame de derrière nous a entendu parler de notre chemin et à la finale, elle est venue nous féliciter. On a pris des trains toute la journée. J’avoue, ça m’a “gavée” mais j’ai beaucoup pris sur moi. On a dû courir comme des folles à chercher de partout notre train. On était à deux doigts de le rater, mais on a géré. On est bien arrivées. On a rencontré Jean-Michel qui est super sympa.
Pauline : Nous y voilà, au Puy en Velay ! Les 8h de trajet pour y parvenir n’ont pas été de tout repos. Trois changements pour quatre trains, une course dans la gare à cause d’un retard et une première rencontre d’une charmante jeune femme qui vient nous encourager après avoir entendu notre discussion, il y a déjà tant à dire.
Je découvre E impatiente d’être sur le chemin autant qu’agacée lorsque nous devons attendre entre chaque train, puis nous partageons une soirée où elle se dévoile curieuse et à la recherche du meilleur pour elle.
Après avoir rencontré Jean-Michel, responsable de marche, chez qui nous logeons, nous sommes allées visiter la cathédrale. Nous avons eu la chance d’y croiser le prêtre en charge de fermer la grille. Il s’est rendu disponible pour bénir le médaillon de E et nous montrer la pierre miraculeuse sur laquelle l’édifice a été construit. C’était très fort à vivre.
Samedi 7 mars
E : Aujourd’hui Pauline et moi nous nous sommes réveillées à 6h35 pour partir à 7h car il y avait la bénédiction des pèlerins avec les Soeurs. Ensuite, on a fait tamponner nos cahiers pour pouvoir recevoir notre diplôme à la fin. Ensuite une des Sœurs nous a confié un secret que je ne peux pas révéler. Bien sûr, on a pu allumer des bougies pour ceux qu’on aime.
Ensuite, on a commencé le chemin de Compostelle au début avec difficultés. La première montée est toujours galère mais nous sommes bien arrivées dans notre gîte (15 km). On a fini assez tôt. C’était chouette. On a fait des jeux de société après la douche. C’est une super journée qui en dit long sur cette belle aventure.
A demain les amies !
Pauline : Première journée de marche et déjà de beaux souvenirs créés pour toutes les deux.
La cathédrale du Puy ne propose pas de bénédiction des pèlerins avant midi le samedi. Nous ne pouvions pas partir si tard, ce qui semble décevoir E. Le prêtre rencontré hier nous a gentiment proposé de nous joindre à la bénédiction qu’il célèbre chez les Sœurs de Saint Jean à 5mn de la cathédrale, ce qui motive suffisamment E pour se lever bien tôt et je dois dire en être ravie aussi. Bénédiction reçue et crédential tamponnée, la première montée de ce long chemin arrive bien vite à notre goût …. immédiatement à la sortie de la ville. Elle dure suffisamment longtemps pour pouvoir râler un peu et être fières dès les premières heures. Les paysages une fois en haut sont un beau cadeau après l’effort et la route continue entre discussions, rires et même chants pour nous motiver.
Plus qu’à répéter cette journée quelques fois et à nous Compostelle !!
Dimanche 8 mars : (12 km)
E : Aujourd’hui, on est le 2ème jour de marche et le 6ème jour de notre rencontre avec Pauline. Aujourd’hui, on a fait 12 km ce qui nous fait 27 km en 2 jours, ce qui est énorme et fou. Je n’ai pas râlé aujourd’hui. Je suis en train de prendre sur moi. Je suis tellement fière.
Pauline : L'émerveillement était au rendez-vous aujourd’hui. A chaque vallée, nous nous arrêtions pour admirer le paysage et prendre quelques photos. Nous avons évité la pluie de peu et avons eu la chance de faire de belles rencontres déjà sur la route.
Ces soir, nous sommes avec Caroline au gîte, une charmante jeune femme avec qui nous discutons bien et avons de bons échanges.
Lundi 9 mars : 19,7 km
E : Aujourd’hui, nous avons fait 19,7 km. C’était la partie la plus dure de la partie française. Je l’ai faite. Je suis trop fière.
Pauline : Ça y est, on attaque l’étape considérée la plus difficile de la partie française. Les côtes se sont enchaînées, les paysages et les belles couleurs aussi. E est persévérante et montre toute sa détermination à aller jusqu’au bout. Je suis très impressionnée par son courage à se dépasser.
Nous étions au gîte de “L’Escargot dans sa coquille”. Notre hôte prend le temps de nous expliquer le nom sa maison :
L’escargot prend le temps. Comme nous, marcheurs et pèlerins de Compostelle, nous prenons le temps dont nous avons besoin pour faire cette route. Le temps de marcher, le temps de faire des pauses, le temps d’échanger avec ceux que nous rencontrons ou de s’émerveiller.
L’escargot ralentit comme nous dans les montées. Il fait attention au chemin qu’il emprunte avec sa maison sur le dos. Nos sacs commencent d’ailleurs à peser un peu sur les épaules : porter ses affaires du quotidien et de quoi nous nourrir est une bien curieuse expérience, notamment pour E qui apprend très vite à organiser et régler son sac à dos.
Mardi 10 mars : 20 km
E : Aujourd’hui, nous avons marché 20 km. En tout, on a fait 46 km. C’est énorme, mais j’ai réussi, alors c’est trop cool.
J’ai eu mon temps calme, j’ai pu appeler ma référente, ça fait du bien. Elle m’a reboostée. Pour le reste de mon aventure, c’est la meilleure.
Ce soir, on a retrouvé des pèlerins avec qui on s’entend bien. On a joué aux cartes toute la soirée.
Pauline : Quelle arrivée ! Depuis plusieurs kilomètres, les maisons se font rares et les plaines de plus en plus grandes. Au milieu de nulle part, le seul gîte nommé “Le Sauvage” nous attend. Il porte bien son nom ! Nous y retrouvons Caroline avec joie et passons une très belle soirée : jeux de cartes à quatre avec un autre pèlerin
Mercredi 11 mars
E : Aujourd’hui, j’ai fait 30 km. Ce matin, nous sommes allées à une rivière qui soigne la peau. J’ai commencé à me mettre en tee-shirt, à me mettre de l’eau partout sur moi.
Ensuite, on a repris la marche qui a été compliquée, mais j’ai réussi à passer au-delà de la difficulté.
Je me suis sentie plus énervée que les jours précédents, d’ailleurs on s’est même clashées avec Pauline. C’était tellement dur que je ressentais le besoin d’être seule un long moment. On est rentrées. J’ai mangé et j’ai pris ma douche. J’ai appelé ma maman de cœur. (ma référente) et je lui ai raconté ma journée. On a passé notre soirée à rigoler. Je l’adore. Elle m’encourage à fond. D’ailleurs si tu lis, même si je sais que tu vas le lire, je t’aime. Ensuite, j’ai parlé avec Pauline. On s’est excusées, ça m’a fait du bien d’apaiser les tensions.
On va aller dormir. J’ai prié pour ma maman. Repose en paix. Je t’aime. Je pense à toi et j’arriverai au bout mon ange.
Pauline : Aumont-Aubrac à 30 km de notre dernier gîte. Cette grosse journée de marche a commencé par une bonne heure de brouillard, difficile de se motiver avec peu de visibilité ! Un arrêt à la fontaine Saint Roch pour remplir les gourdes et s’arroser avec cette eau aux nombreuses vertus selon Laurent, croisé sur la route et c’est reparti.
Nous avons marché pour la première fois à quelques minutes d’écart une bonne partie de la journée, ce qui nous a permis d’expérimenter la solitude et le silence sur ce chemin isolé. Ce temps était nécessaire pour nous deux, pour retrouver le calme après quelques tensions qui arrivent avec la fatigue. Malgré cela, E s’est montrée très forte et je suis très fière d’elle et de son chemin.
Jeudi 12 mars : Nasbinal
E : Aujourd’hui ça fait six jours que j’ai commencé à marcher et ma première ampoule arrive. On a rencontré Alain et Quentin, on a marché ensemble jusqu’au gîte, on a pas mal parlé, c’était trop chouette, on est rentrées, on a pris notre douche, après on s’est posées dans un café pour prendre une limonade. Ensuite, Quentin a eu une idée de génie de manger au resto. J’y suis allée en pyjama rose (mdr). Le resto était trop bon. J’ai mangé des frites, salade et un hamburger. Ensuite on est rentrées, les garçons étaient couchés, nous les filles on a fait une soirée meufs et on est parties dormir ensuite.
Pauline : Nasbinal, cette étape est magnifique. Nous entrons dans le plateau de l’Aubrac connu pour ses étendues, ses vents et les vaches. Nous avons marché toute la journée avec deux pèlerins, Quentin et Alain avec qui les discussions étaient diverses et variées. En parlant, les montées passent inaperçues. L’arrivée au village est très jolie aussi. Après avoir posé nos sacs au gîte, nous sommes allées prendre une limonade à la terrasse d’en face avec tout le monde. Tseten, une pèlerine suisse qui est avec nous au gîte nous a rejointes. Elle ne parle qu’anglais et allemand, heureusement pour nous nos deux compagnons de journée peuvent jouer les traducteurs. La soirée arrive paisiblement et nous restons tous les cinq ensemble pour dîner au petit restaurant d’à côté. Quentin voulait faire tester à Tseten et moi les escargots, très bonne expérience et nous avons pris des spécialités du pays, aligot et viande d’Aubrac, c’était délicieux.
Vendredi 13 mars : Saint Chély
E : Aujourd'hui, ça fait une semaine qu'on marche, je commence à le sentir dans mes jambes mais c'est normal, mon corps s’habitue, mais pas de panique après demain, c’est la pause.
Le soir, on est rentrées et en rentrant dans la maison, je me suis rendue compte que le cauchemar commençait à peine que la maison me faisait flipper. Je monte tranquille pour découvrir ma chambre et là j’ai l’impression de loucher, à deux doigts de pleurer, du moins j’ai pleuré ; comment vous dire, j’ai dormi sur un lit en palettes qui l’aurait cru ! Il faisait très froid dans cette maison remplie d’araignées, pas du tout comme chez moi. Pour finir en beauté, on a fait du riz, j’aipas mangé le repas, faut pas déc…., j’ai mangé mon taboulé (mdr) à la fin Quentin m’a fait un massage des pieds, je vous le recommande (mdr)
Pauline : Saint Chély, 19 km que nous avons commencé toutes les deux en silence pendant un bout de chemin. Le silence associé à la marche est réparateur : il permet de penser à ce qui a pu se passer et réfléchir à nos réactions et comment mieux communiquer et pardonner. Nous avons retrouvé Alain et Quentin en haut d’une grande côte et nous avons partagé un bout de route. Il est très intéressant de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles manières de faire ou de penser. Plus tard sur le chemin, nous retrouvons Tseten, laissons Alain filer devant et Quentin prendre son temps, il nous rejoindra au gîte seulement. Nous passons à nouveau une bonne soirée tous les cinq dans une petite maison isolée au milieu de la forêt, chauffée au feu de bois et tenue par Nadège qui nous a concocté un délicieux repas des spécialités du coin.
Samedi 14 mars : Espalion
E : Aujourd’hui, on s’est réveillées, moi j’étais pressée de partir parce que j’avais passé une nuit de m… Je suis descendue et là j’ai vu qu’il neigeait. Je me suis dit “super la journée”, du coup, on a déjeuné, j’ai pris ce qui me restait, une madeleine et Pauline, elle s’est pris des tartines grillées, mais j’ai remarqué que sur le pain que la dame nous a laissé, j’avais du blanc, on m’a dit que c’était parce qu’il a été congelé, mais j’ai préféré manger ma madeleine et pas goûter le pain (mdr). Ensuite, on a pris la route. Depuis qu’on est arrivées, on s’est pris tous les temps. On a pris 1h pour faire 7,5 km. On a été trop vite, normalement 7,5 km : 2h. On avait que de la descente, on a eu une/deux montées, une grande et une petite et à la fin c’était que du plat, donc même si j’en avais marre, je me suis dit “dernière journée avant la pause.
Ensuite on est arrivées devant le gîte, un AirBnb, mais on a dû attendre les clefs pour rentrer. Ensuite, on a posé nos affaires, je me suis lavée, après on a rejoint Alain, Quentin, Tseten, Christian. On a bu dans un bar une limonade. Ensuite, on a mangé au resto, on est rentrées, on a dormi.
Pauline : Espalion, 19 km aujourd’hui. En quittant notre petite maison isolée en forêt, nous avons été surprises par la neige. Pas de quoi faire des bonhommes de neige mais suffisamment pour que le moral n'aille pas fort. Marcher une heure, penchées au vent et le temps maussade ne rendent pas la conversation facile. Puis le vent a laissé place au beau temps et aux belles discussions. E s’ouvre de plus en plus et semble commencer à goûter aux bienfaits de la marche “ça fait du bien des fois d’être sans portable” me dit-elle. Il est compliqué de couper avec le téléphone mais déjà au bout d'une semaine sans les réseaux sociaux, nous profitons mieux de ce qui nous entoure.
Le soir, nous retrouvons, à nouveau, nos compagnons de la semaine autour d'une limonade suivie du dîner tous ensemble.
Dimanche 15 mars : Espalion - jour de pause
E : Jour de pause enfin. Je me suis réveillée à 9h45, je suis descendue prendre mon petit déjeuner, j’ai déjeuné croissant, jus d’orange. Ensuite, je suis partie, on a été au cinéma voir “Les enfants de la résistance”. On est rentrées. Le film était trop bien. J’en ai eu les larmes aux yeux. Moi et Pauline on s’est disputées, du coup, on a été chacune de notre côté. Le soir, j’ai mangé un couscous, après j’ai appelé ma petite sœur et je suis partie dormir.
Pauline : Journée de pause à Espalion. Le village semble bien joli mais. E ne souhaite pas marcher davantage, même sans sac, ce qui me déçoit un peu même si je peux comprendre après la grosse semaine que nous avons passée. E a de quoi être fière d’elle !
Pour faire une vraie pause, nous sommes donc allées voir “Les enfants de la résistance” au cinéma, le seul du coin, évidemment, nous n’avons pas eu le choix de la programmation, mais nous ne sommes pas déçues, c’est un très beau film.
De retour au gîte, nous ne nous sommes pas entendues sur le programme de marche des jours suivants et restons à distance. C'est un peu triste mais ça arrive et je suis convaincue que nos discussions reprendront avec la marche.
Lundi 16 mars : Conques
E : La pause est finie, on doit prendre nos sacs et marcher. On s’est avancées de 10 km en voiture et après on a marché 13 km à pied. Ça me tire sur les jambes, mais je tiens. On est enfin arrivées, on a été accueillies par Mimi. On a bien parlé, moi et Pauline, on a joué à un jeu de société. Ensuite, j’ai pris ma douche, mais je suis restée bloquée, du coup, ils ont dû me débloquer de l’extérieur. On s’est bien marrées. Ensuite, on a mangé : en entrée salade, en plat pommes de terre à la poêle avec une saucisse. J’ai appelé mon papa de cœur et j’ai prié et je suis partie dormir.
Pauline : Nous sommes accueillies ce soir par Mimi, une dame au grand cœur et surtout aux petits soins pour E qui trouve auprès d’elle le réconfort nécessaire après cette dure journée. Les montées se sont enchainées et malgré la pause d’hier, c’était compliqué de grimper
Mardi 17 mars : Conques
E : Aujourd’hui, je me suis levée à 8h30. Je me suis préparée, ensuite on a fait un gros bisou à Mimi et on est parties marcher. Ensuite on est arrivées à Conques. Super endroit avec des personnes rigolotes, gentilles, bienveillantes. On a été avec Pauline aux offices et après on a été une deuxième fois après avoir mangé le soir avec Yannick. Merveilleuse rencontre.
Ensuite, on s’est tous posées prendre une tisane. Au repas, on a mangé en entrée pour eux c’était de la soupe, moi vu que j’ai goûtée et que je n’aimais pas, ils m’ont donné des carottes rapées à la moutarde. Trop bon. Repas : Ils ont fait des pâtes, vu que je n’aimais pas (mdr) ils m’ont fait une assiette de viande avec du pain. Le dessert c’était fromage avec du pain et yaourt à la fraise. Puis ensuite on a été se reposer pour le lendemain
Pauline : Conques. 20 km au soleil, de quoi nous mettre de bonne humeur toutes les deux. J’ai été heureuse d'entendre E dire que marcher sans portable lui fait du bien et qu’elle peut profiter de ce temps pour elle.
La dernière heure avant l'arrivée a été plus difficile. Nous étions sur du béton, cuites par la journée de marche autant que par le soleil et ça semblait interminable. Nous avons été accueillies par les hospitaliers de l’abbaye qui nous ont installées au dortoir. Nous ne sommes que deux pèlerines ce soir… Quand nous descendons poster du courrier écrit dans la journée, nous croisons le frère Godefroid qui prend le temps pour répondre à nos questions. Assis tous les trois dans le jardin un bon moment, nous avons une très belle discussion alimentée par les questions de E.
Il nous invite ensuite à aller écouter l’office avant le dîner que nous prendrons avec les hospitaliers et Yannick venu quelques jours se reposer ici. Là encore ce fut une très belle soirée. Le repas était joyeux, on a ri, chanté même et E a participé de bon cœur à la vaisselle avec cette fine équipe. C’était animé, enjoué et voilà un beau souvenir créé.
Entraînée par E qui a demandé à aller à l’office du soir, nous sommes descendues à la chapelle. Les Frères chantent vraiment très bien. Nous avons ensuite rejoint la cuisine pour une tisane avant de dormir avec les hospitaliers et les invités ainsi que Frère Godefroid, de quoi bien conclure cette longue journée bien remplie.
En revenant au dortoir, E s’assied d’un grand soupir et me dit “je suis tellement bien ici que je ne veux pas repartir ! C’est la première fois que je me sens si bien “.
C’est une vraie joie pour moi de l’entendre dire ça car Conques est un lieu qui m’est très important et où j’étais heureuse de revenir grâce à Seuil.
Mercredi 18 mars : Decazeville
E : Ce matin, j’ai mal à mes grosses ampoules. Je décide de marcher jusqu’à Decazeville. Il y à 20,5 km. J’étais triste de quitter Conques, mais en même temps j’ai hâte de retrouver le canadien, Alain. Les hospitaliers m’ont préparé un bon déjeuner du matin, comme du midi. Ils étaient adorables. Didier, un hospitalier, m'a soigné mes ampoules. Si tu passes par là, grosse pensée pour toi. Il est temps du grand départ, de préparer nos affaires et de faire nos “au revoir”. On s’avance vers l’église, le Frère Damien nous a donné la bénédiction et tous les hospitaliers m’ont accompagnée jusqu’au bout. Didier était très ému de mon départ et moi très triste de les quitter, surtout que la veille ils m’ont dit que ça faisait longtemps qu’ils avaient passé une si bonne soirée, ce qui m’a touchée. Pour finir, Yannick nous a accompagnées pour sonner la cloche et a continué avec nous jusqu’au village et après a fait demi-tour pour retourner à Conques. C’était très agréable de marcher avec lui. Ensuite, on a continué jusqu’au gîte. On a retrouvé le canadien et on a passé une très bonne soirée.
Pauline : La journée a commencé fort : toute l’équipe des hospitaliers était aux petits oignons dès le réveil. Petit déjeuner extraordinaire et pique-nique glissé dans le sac pour la journée, un grand merci à eux pour cet accueil.
Yannick, présent hier, a été missionné de nous accompagner quelques kilomètres : il a porté une corde à installer pour tirer la cloche d’une petite chapelle en hauteur. La côte pour y accéder était bien pentue, mais le jeu en vaut la chandelle !
Yannick installe ladite corde et le concert a pu commencer : chacun notre tour a sonné la cloche à la volée. Nous espérons que les Frères et l’ensemble du village nous ont entendues. Puis la marche a repris, accompagnées jusqu’au déjeuner et toutes les deux pour l’après-midi, la jolie vallée du pays aveyronnais font se succéder côtes et descentes, ce qui ne réjouit pas E.
En fin de journée, la fatigue l’emporte sur notre moral et nous terminons, à nouveau, cette étape avec difficultés. Fort heureusement, l'arrivée au gîte, le merveilleux accueil par nos hôtes et les retrouvailles avec Alain, le canadien, mettent du baume au cœur et font oublier les soucis du jour.
Jeudi 19 mars
E : Aujourd’hui, une petite journée au soleil avec Alain et des cloques qui me font extrêmement mal. On arrive chez Isabelle et Philippe qui ont été très aimables ; on a passé une très bonne soirée.
Pauline : Des côtes et du soleil, quelques vaches à qui je vais dire “bon jour” sur la route. Rien de bien nouveau aujourd’hui. E est partie devant avec Alain. Je profite de cette marche seule à quelques minutes d’écart pour me ressourcer dans ce calme des vallons de l’Aveyron. Notre cher canadien encourage E qui a de plus en plus de mal à marcher avec ses premières ampoules. La présence bienveillante et son calme la font se dépasser, un immense merci à lui. Les derniers kilomètres ne pouvaient plus se faire à pied. Toujours avec calme, E a pris les pauses nécessaires et le temps qu’il fallait pour trouver une solution et arriver au gîte. Une fois là-bas, chacun a pris du temps pour soi paisiblement avant de dîner avec nos hôtes. Une journée de plus au compteur.
Vendredi 20 mars : Béduer
E : Aujourd’hui, s’annonce une journée difficile, mais à la fois très bien. Je me réveille, je prends le déjeuner, je me prépare. Moi, Alain, Pauline nous sommes prêts à partir. La journée commence, on marche jusqu’à midi, ensuite, on prend notre pause déjeuner. On profite du soleil, on fait une petite sieste, ensuite on reprend, il ne nous reste plus que 8 km. On arrive au gîte de Isabelle et Pierre. Tout de suite, on a bien accroché avec eux. J’ai raconté que je faisais Saint Jacques de Compostelle pour ma maman qui est partie trop tôt. Elle était très émue. On s’est posées au café, on a parlé de tout et de rien. Ensuite on a pris notre douche chacune notre tour et on a pris notre repas. L'entrée, c'était de la soupe aux champignons. C’était trop bon. Le repas, c’était filet mignon avec du gratin dauphinois et en dessert mousse au chocolat. C’était trop bon le repas. Puis je leur ai montré ma maman. J'étais beaucoup émue. Isabelle m’a prise dans ses bras, d’ailleurs, si tu passes par là, je t’adore. On a été se reposer, le lit était trop confortable.
Pauline : Toujours accompagnées par notre barbu préféré, la journée s’est vraiment bien déroulée. Pourtant, il y a eu plusieurs difficultés, comme la côte à la sortie de Figeac où les ampoules de E prennent de l’ampleur. Mais elle se montre vaillante et la marche continue sous le soleil.
Ce soir, Isabelle et Pierre nous ont magnifiquement accueillies dans leur jardin déjà fleuri. Ils nous affirment qu’il l’est plus encore au printemps, il nous faudra revenir.
Au cours de la soirée, E s’est ouverte à Isabelle et a su exprimer l’émotion ressentie après une telle discussion. Je suis touchée de la voir ainsi faire confiance à notre hôte et lâcher un peu plus ce qu’elle semblait cacher en elle-même. Cet échange est édifiant, comme tous ceux que nous avons eus jusqu'à là d’ailleurs.
Samedi 21 mars : Cajarc
E : Aujourd’hui, je me suis réveillée, j’ai été déjeuner et pendant que je déjeunais Pierre et Isabelle m’ont dit “on voulait te faire un petit cadeau”. Ils m’ont donné une pochette et dedans il y avait un collier en argent avec une petite coquille. Trop beau le collier. Je leur ai fait un câlin, ensuite Pierre est parti travailler. On a fini de déjeuner, on s’est préparées, on a fait nos “au revoir” et on est parties pour une nouvelle journée. C’était dur, mais j’ai réussi, du coup sur la route, vu que le gîte est au milieu un peu de rien, on a fait les courses, on a mangé des hamburgers maison. Trop bon. On a aussi pris à manger pour le lendemain midi. J’ai pris juste un sandwich. On est arrivées donc ensuite au gîte, on a parlé avec la dame du gîte, trop gentille d’ailleurs, on monte nos affaires dans la chambre, on se fait à manger. Alain, le cuisto. On mange, on débarrasse, brossage des dents et au dodo.
Pauline : Cajarc (Gaillac). La présence d’Alain est bénéfique pour toutes les deux. E prend beaucoup sur elle malgré la douleur des ampoules et apprend à manifester ses émotions positives, comme négatives raisonnablement. Notre cher canadien a toujours le mot pour rire ou pour nous motiver, “malgré” l’adversité, comme il dit souvent. Je profite de sa présence pour me reposer et prendre un peu de temps pour moi, qu’il en soit encore remercié.
Dimanche 22 mars : Bach
E : Aujourd’hui, je me suis réveillée comme chaque matin, la routine : déjeuner, nos affaires et une journée de plus et c’est parti pour 27 km avec 5 ampoules, mais ce n’est qu’une petite douleur, ça partira à mon jour de pause (mdr).
On commence par une grosse côte. J’ai très mal à mon pied. J’ai marché 13 km mais à la fin, il nous en restait 15. On a fait du stop, un monsieur en camion s’est arrêté et nous a aidées. On est arrivées chez les gens. Un monsieur nous a accueillies. Il est très gentil. On a parlé, on a rigolé et ensuite, il nous a fait découvrir le gîte. Après on a rencontré sa femme, on a bien parlé elle et moi. Ensuite, on a mangé et on a été se reposer.
Pauline : La journée a commencé paisiblement, plutôt silencieusement même. La première côte longue de 4 km dès la première heure était de trop pour E et ses ampoules. A peine en haut, Alain a pris de l’avance en nous distançant d’un pas régulier. Nous faisons trop de pauses pour être à son rythme. Nous l’avons retrouvé avec joie le soir dans ce joli gîte qui porte bien son nom “La Joie du Chemin”. La soirée était, en effet, pleine de gaîté et les rencontres fort sympathiques.
Lundi 23 mars : Cahors
E : n’a pas écrit
Pauline : Laetitia, notre hôte de ce joyeux gîte, nous alourdit d’un délicieux cake fait maison pour le pique-nique du jour. La bouchée “beurre de cacahuètes - pépites de chocolat” pour sublimer le tout, donne bien envie de faire demi-tour et revenir dans ce havre de paix “la joie du chemin”.
Trente minutes après le départ, nous sommes rejointes par Guillermo avec qui nous étions hier soir. Il a gentiment pris sa voiture pour être à l’ouverture de la pharmacie et acheter des pansements pour E qui peine à avancer avec ses ampoules. C’était drôle de le voir arriver sur ce chemin de terre, au milieu des prés, avançant doucement dans sa voiture aménagée. Grâce à lui, la journée a pu reprendre et nous sommes ravies d’atteindre Cahors et où Quentin qui nous y attend pour prendre un jour de repos tous ensemble. Pour fêter les retrouvailles, nous nous sommes offertes un restaurant, un délice, après tous ces kilomètres.
Mardi 24 mars : Pause à Cahors
E : n’a pas écrit
Pauline : La barre des 300 km est dépassée, nous sommes bien heureuses de faire une pause. Elle ne se passe pas tout à fait comme prévu : nous passons la matinée aux urgences pour la foulure de E. Rien de grave, heureusement, nous prendrons juste un jour de pause supplémentaire
L’après-midi, Quentin a proposé un jeu de rôle organisé par un de ses amis. C’est un jeu qui dure plusieurs heures (4 pour nous) dans lequel nous jouons chacun un personnage, selon ses compétences, son caractère ou son histoire. Je jouais avec Thibénus, toujours accompagné par mon corbeau gourmand en myrtilles, E dans le rôle de Valeria était la protectrice du groupe. Ce type de jeu permet de jouer son personnage presque comme dans un théâtre, c’était vraiment chouette à faire ensemble.
La soirée est arrivée bien vite après plusieurs heures de jeu et nous avons fait nos “à Dieu” à Alain qui repart sur le chemin demain.
Mercredi 25 mars : Pause à Cahors
E : n’a pas écrit
Pauline : Notre ami canadien a continué sa route, nous restons à Cahors pour qu’E puisse récupérer de sa foulure. Quentin reste très gentiment avec nous en prenant un peu de retard sur son propre chemin. Nous sommes toutes les deux ravies de sa présence. Tout comme avec Alain, je constate que la présence d’autres pèlerins aide beaucoup E à se poser et à rester calme dans les situations complexes. Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui ont pris du temps pour nous, chaque rencontre est précieuse pour E comme pour moi.
Cette journée de pause était très tranquille, nous sommes allées tous les trois au cinéma, il n’y avait personne, la salle était pour nous !
Jeudi 26 mars : Pause à Cahors
E : n’a pas écrit
Pauline : C’est au tour de Quentin de reprendre sa route. Après avoir longuement hésité à marcher avec lui, il a semblé plus sage de rester en pause tant que l’entorse de E n’était pas soignée. A nouveau des “au revoir” pas simples, notamment pour la miss qui s’attache très vite aux pèlerins qu’elle rencontre.
Nous ne pouvions pas rester dans notre logement et avons fait nos sacs pour changer de gîte. Jaquie, une belle dame à l’accent anglais charmant nous accueille dans sa jolie maison “vieille de 300 ans”.
Après avoir flâné dans les boutiques en nous prenant la tête entre deux vitrines pour une histoire de téléphone, nous sommes allées à la piscine. Ça nous a fait du bien de partager cette activité et ça a permis de calmer un peu la tension.
Tristement, arrivées au gîte, nous nous sommes à nouveau disputées et nous nous couchons fâchées.
Jeudi 2 avril : Dufort Lacapelette
E: n’a pas écrit
Pauline : Nous avons pris un peu de retard sur ce blog…. c’est que les journées sont intenses !
Nous avons quitté Cahors lundi et la journée entière à deux a été compliquée et nous sommes bien heureuses de voir arriver Célestin, notre responsable de marche. Il vient quelques jours avec nous et sa présence apaise les tensions.
Trigodina : nous avons été reçues par Rémi avec une famille allemande que nous retrouvons le lendemain à Montcuq.
Les sentiers sont toujours aussi beaux et nous avons beaucoup de chance de ne pas avoir de pluie. On doit être chanceuses parce que bon nombre de pèlerins qu’on croise disent avoir été trempés ces derniers jours !
En quittant Lauzerte ce matin, nous avons retrouvé Y et Alice, un autre binôme de Seuil. Tous les quatre accompagnés par Célestin, nous avons passé une très agréable journée avant d’arriver ensemble au village étape.
Une limonade, un bon repas, plusieurs parties de Kem’s et une bataille corse, voilà une bonne soirée de passée !
E est d’ailleurs très douée pour jouer aux cartes et nous a battus à plates coutures.
Dimanche 5 avril
E : Coucou tout le monde. Désolée pour mon retard. Je n’avais pas trop envie d’écrire. Je voulais me concentrer sur moi et prendre soin de moi, notamment ma cheville, car je me suis blessée, mais pas d’inquiétude. Tout ira mieux dans moins de deux semaines. Je suis en Espagne. J’ai trop hâte de voir mon petit frère aussi qui vient me rendre visite. J’ai rencontré Y et Alice, super gentilles. Je les adore. On a été au restaurant ensemble, c'était trop drôle. On a passé un moment merveilleux, ça m’a fait du bien.
Aujourd’hui, c’est Pâques, alors Joyeuses Pâques à tous. Joyeuses Pâques Maman. Repose mon amour. Ta fille va y arriver. Je vais te rendre fière, tu me manques beaucoup. J’espère que de là où tu es tu seras fière de ta fille. Chaque pas, chaque moment compliqué, je pense à toi et d’un coup, tout va mieux.
Le chemin m’apporte beaucoup. Je ressens un changement sur moi, ça me fait tellement de bien, c’est mon chemin et des fois c’est compliqué, mais je m’accroche. Je remercie Pauline, Célestin, de m’écouter chaque jour, de faire en sorte que je m’améliore, que je me sente mieux et que j’avance. Je vous adore aussi. Célestin a marché avec nous pendant six jours, c’était trop bien. J'étais triste qu’il parte. Je l’adore !!! mdr je deviens trop mignonne. Célestin va me jeter des fleurs mdr.
J’ai eu aussi ma famille, ma référente au téléphone, c’était chouette. Demain, je fais 30 km et ça ne rigole plus ici. Fou rire. J’essaierais de vous écrire plus, mais faut pas oublier, c’est mon chemin.
Petit message aux personnes qui me suivent, je vous adore. Vous me manquez. Croyez en moi. Je vais réussir. Bisous.
Pauline : Dimanche matin, nous partons pour 26 km. La marche à peine lancée, nous rattrapons Christophe qui demande à trouver une messe ici. En cherchant pour lui la réponse sur internet, on en voit une à 3 km hors chemin. E demande à y aller également et nous voilà tous les trois partis pour Valence du Gers. C’était Pâques, tout le monde était joyeux et les chants entraînants. E a allumé une bougie pour nous. Nous avons été raccompagnées en voiture sur notre route.
Le chemin a continué, on s’est arrêtées à Castet Arrouy chez Jean-Patrick qui nous a fait découvrir le sirop de gingembre et les confitures de fleurs : pissenlit, glycine, cynorrhodon… Il y en avait de très originales.
Ce matin, nous avons marché avec Lou et Pascal et Lou a proposé à E de marcher pieds nus. Elles ont passé la matinée entière les pieds dans la boue et elles en avaient l’air ravies.
Mardi 7 avril : Montréal du Gers
Pauline : C’est à la gare de Moissac que nous disons au revoir à Célestin. Ces 5 jours avec lui ont été super, nous avons bien rigolé, bien marché, mais aussi bien discuté et voilà la marche relancée après un creux de motivation.
Après l’avoir accompagné à la gare, nous sommes allées voir une romance au cinéma et on était, à nouveau, toutes seules dans la salle…. Chouette, ça nous laisse libres de faire des commentaires. Puis Y et Alice nous ont retrouvées et nous sommes allées toutes les quatre au resto à volonté. Les fous rires étaient aussi à volonté.
Le lendemain n'a pas été de tout repos et nous nous sommes arrêtées pour une pause chez Rémy et Yol pour un bon verre d’eau bien rafraîchissant dans l’après-midi. Ils ont été si accueillants et nous étions si fatiguées que nous y sommes restées pour la nuit.
Nombreux sont les hôtes grâce à qui tout va bien, tout va mieux et tout peut s’apaiser. Ils sont nos anges gardiens sur le chemin, qu'ils en soient tous remerciés.
Samedi 11 avril
E : Bonjour,
J’ai décidé d’écrire un petit peu pour vous donner des nouvelles.
Aujourd’hui, j’avais décidé de faire une journée de pause, mais après j’ai changé d’avis, je voulais marcher. Il nous reste 900 km pour arriver à Compostelle. On a fait plus de 600 km, c’est énorme. Je suis trop fière de moi parce que même si c’est dur, chaque pas est une victoire. On va arriver à la frontière dans 5 jours, je vais y arriver. Impossible d’abandonner.
Aujourd’hui, j’ai marché avec un beau couple de canadiens. On a partagé un beau moment. J’ai aussi rencontré un garçon, on a aussi échangé, la discussion était vraiment constructive.
Ensuite, on est arrivées à notre gîte. On a rencontré Jean-Michel et sa femme qui nous ont très bien accueillies. On est avec le couple canadien et une autre dame qu’on a rencontrée aussi en route. On a passé une bonne soirée, on a bien mangé.
Je vous fais de gros bisous Didier si tu lis. Je pense beaucoup à toi. Mon coup de coeur du chemin 🧡
Dimanche 12 avril : Arthez de Béarn
E : n’a pas écrit
Pauline : La semaine est passée bien vite… et les rencontres ont été nombreuses ! Tai accompagne Marie et Cécile sur ce chemin de Compostelle en camion dans lequel il glisse son vélo. Il parcourt ensuite le chemin en pédalant pour retrouver celles qu’il connaît, mais également les pèlerins qu’il a déjà rencontrés au fil des jours. C’est toujours une joie de le voir arriver, il participe à “Radio Camino” en donnant des nouvelles des uns et des autres.
“Radio Camino”, c’est une source d’informations extras sur le chemin !
Ce soir, on a dîné avec de nouveaux pèlerins qui avaient eux-mêmes rencontré des pèlerins que nous connaissons. De fil en aiguille nous prenons des nouvelles des personnes perdues de vue et c’est drôlement sympa.
L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %
Le reste est financé par vos dons
(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)
___________________________________
« Pour des raisons de confidentialité, les commentaires mentionnant des informations personnelles concernant les jeunes (prénom, photos, etc…) seront supprimés. Merci d’anonymiser vos commentaires ! »




Bonjour E et Pauline,
Depuis quelques semaines je vous lis lors de mon petit déjeuner. C'est ma nouvelle manière de bien commencer la journée. Je vous admire toutes les 2, quel courage!
Tu as raison E., le chemin c'est propre à chacun, on a tous le notre 🤍, mais nous rentrons changé et tu verras, il t'emmènera loin!
Bonne journée les filles!
Coucou les filles
Bravo à vous deux .. bientôt l Espagne !!!Ollé !!! Et viva Espagna.
Je suis très très heureuse d avoir croisé votre route à Conques. Je pense souvent à vous et toi ma petite E quel courage ! Oui ta maman t accompagne tu peux en être sure. Que de rencontres, ce chemin est magique.
Gros bisous à vous deux.. ma pensée vous accompagne.
Brigitte
Bonsoir E et Pauline,
C'est formidable quels progrès vous avez faits, félicitations à vous deux. C'est un plaisir de lire ton dernier message E.
Bon courage pour la suite et bonne découverte de l'Espagne.
Continue de nous donner des nouvelles.
Bises à vous deux
Ni
Coucou les marcheuses, juste un petit mot pour vous souhaitez tout mon courage. Ainsi que vous, félicitez pour ce beau chemin déjà parcouru. Je suis très fière de toi E, continue comme ça :)
Coucou E,
Bravo pour ton parcours et ta determination. Ne laches rien ! Continue comme ça ! Tu peux etre fiere de toi ! Bisous