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Marche de Axexxx

Marche de Axexxx accompagné par Sylvie


Samedi 5 mars : Combourg

A : Chers lecteurs, chers lectrices, je m’appelle A., j’ai 16 ans, je viens du Nord. Je viens à Seuil pour réfléchir sur moi-même. Je suis heureux d’être arrivé à Seuil et au gîte. J’ai hâte de commencer cette aventure. Je suis à Combourg c’est un très beau village, il y a un château très impressionnant. Je suis un passionné d’histoire de la guerre. Mon projet est de rentrer dans la légion étrangère. Je suis quelqu’un de très courageux et très sportif je peux faire cette aventure. À bientôt la suite demain.


Sylvie : Bonjour à tous ! Je m’appelle Sylvie, j’ai 53 ans, et je vais accompagner A. sur le chemin durant trois mois. Je viens de la Drôme, et même si je connais Seuil depuis longtemps, c’est ma première marche comme accompagnante. J’ai plusieurs expériences de voyage au long court à vélo et à pied; je pars le plus souvent seule et en autonomie. J’ai hâte de marcher aux côtés d’A. J'ai un peu le trac aussi ! On ne se connaît pas et on va tout partager durant 90 jours ! Mais il a l’air déterminé et se dit têtu, ce qui peut être une qualité dans ces circonstances ! Je suis certaine qu’on peut former une belle équipe et je compte l’épauler de mon mieux dans ce beau projet. Je sais qu’il a les qualités nécessaires pour atteindre son but, et je saurai les lui rappeler si besoin !


Dimanche 6 mars : Combourg

A : Chers lecteurs, chers lectrices, ce matin nous sommes allés marcher 2h, ensuite nous avons mangé les restes du repas que j’avais préparé hier soir, des pâtes au curry et de poivrons. Et cet après-midi nous sommes allés marcher 3h, nous avons fait les courses en rentrant et j’ai préparé un barbecue avec des saucisses au sanglier offertes par une dame avec qui nous avions discuté et des pommes de terre à la braise. Je me sens bien et joyeux, j’ai envie de continuer cette aventure. La suite demain.


Sylvie : bonsoir tout le monde ! Qui a dit qu’il pleut toujours en Bretagne ? Nous avons du beau temps durant notre stage d’avant marche. Après avoir équipé A. et réglé les détails de l’organisation, nous sommes passés aux choses sérieuses : presque cinq heures de marche aujourd’hui, dont une partie avec nos sacs sur le dos. A. est volontaire, joyeux et très investi, que ce soit dans le repérage sur la carte ou dans le ramassage de châtaignes à cuire dans la braise du barbecue le soir ! J’ai beaucoup de chance car il adore cuisiner : hier c’était des pâtes au curry et aux poivrons, plus un dessert de pomme au caramel et au beurre salé fait maison ! Ce soir, c'est pommes de terre dans la braise pour accompagner des saucisses au sanglier offertes par une gentille dame rencontrée lors de notre marche ce matin. Incroyable non ? Serait-ce déjà la magie du chemin?


Lundi 7 mars : Combourg

A : Chers lecteurs, Chères lectrices. Aujourd’hui nous avons marché toute la journée. On a commencé à marcher à 11h et à midi on a mangé des sandwichs achetés par Sylvie et des pâtisseries achetées par Clémence. Ensuite nous avons continué de marcher. A 14h nous avons pris une pause et on a marché jusqu’à 16h. On a bu un diabolo grenadine puis on est rentré. On a fait notre sac pour demain pour aller au Puy-en-Velay. Je suis très heureux et joyeux, la suite demain au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour à tous ! Notre dernière journée à Combourg s’est très bien passée : marche d’une douzaine de kilomètres avec les sacs chargés. A. s’est réveillé facilement et a bien marché. On a pique-niqué en route, sous le soleil et à l’abri du vent glacial. On a vu beaucoup de vaches et A. connaît toutes les races et leurs caractéristiques. On a joué avec un âne, et surtout on a vu deux biches traverser le chemin tout près de nous : instant suspendu ! Au retour, Clémence nous a appris à jouer au Yam’s : 5 dés, ça n'alourdit pas trop le sac ! Le moral va bien. Demain, réveil très tôt pour aller prendre notre train direction le Puy-en-Velay. Soirée ménage et préparation de nos sacs, le grand départ approche ! À demain !


Mardi 8 mars : Le Puy en Velay

A : Chers lecteurs, chères lectrices…Aujourd’hui nous avons quitté Combourg pour prendre le train ce matin à Rennes pour aller au Puy en Velay et ce soir nous dormons au grand séminaire. aujourd'hui je me sens très bien, je suis heureux et j’ai hâte de commencer l'aventure demain. La suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour à tous! Nous voilà sur le lieu emblématique du chemin de Compostelle. Nous avons quitté la Bretagne et passé une partie de la journée dans le train : dernier jour de « repos » avant longtemps! Une fois installés au gîte, nous avons découvert la vieille ville et sa cathédrale, fait les derniers petits achats (de la crème solaire, nous sommes optimistes pour la météo!). Demain de bonne heure, c’est parti! A. est impatient et les paysages qu’il a vus par la fenêtre du train en arrivant ont attisé sa curiosité. J’ai hâte moi aussi! Demain nous vous écrivons en direct du Camino!


Mercredi 9 mars : Montbonnet

A : Chers lecteurs, chères lectrices… Aujourd’hui nous avons marché toute la journée. On a découvert plein de beaux paysages. Nous avons marché du Puy-en-Velay à Montbonnet à pied. On a fait 15 km en tout aujourd’hui. Je vais très bien, un peu fatigué mais ça va je suis joyeux. Ce soir nous sommes au gîte « La Première étape » chez Anne. La suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour ! Ça y est ! Nous voilà sur le chemin… Cette première étape s’est bien passée. Une quinzaine de kilomètres avec une belle côte au départ, histoire de se mettre en jambe… Un beau paysage de Landes, des maisons en grosse pierre noire (basalte) et un pique-nique sous le soleil. A. a bien marché et a beaucoup apprécié l’heure de marche en silence. Ce soir il semble content de sa journée, et d’avoir bouclé sa première étape sans difficulté. A l’aise avec les gens rencontrés sur le chemin et au gîte, il discute facilement. Nous avons suivi un pèlerin un moment ce matin, et ce soir au gîte il y a une marcheuse partie pour quelques jours. Sinon personne, la saison n’est pas encore lancée. À demain !


Jeudi 10 mars : Monistrol

A : chers lecteurs, chères lectrices… Hier soir nous avons mangé au gîte « La Première étape ». Nous avons mangé de la soupe aux légumes maison, une quiche aux légumes maison, et un clafoutis aux abricots et poires… C’était super bon. Ce matin nous sommes partis à 10h du gîte et nous avons marché. Sur la route nous avons vu des Milans royaux et nous sommes allés dans une petite chapelle. Ce soir nous sommes chez Didier. Demain la suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonsoir à tous ! Quelle belle journée ! A. s’est levé très facilement, sans doute pressé de partager le petit déjeuner avec Anne et Didier, les propriétaires adorables du gîte « La 1ère étape » et Lucie, une marcheuse qui va jusqu’à Conques. La soirée a été très agréable hier, et le repas excellent. Pour clôturer notre première étape, c’était parfait ! A. a marché sans problème les 15 km de cette étape. Le paysage était magnifique, des sous-bois moussu, des sentiers bordés de murets en pierre sèche, des petits ponts enjambant les ruisseaux, des points de vue dégagée et une jolie Chapelle peu avant Monistrol (à Ramourouscle). Ce soir, nous logeons au gîte du Pont Eiffel, et André, le propriétaire, nous raconte de bien belles histoires sur des pèlerins passer chez lui, des histoires qui font briller les yeux d’A. et nous donnent du courage ! À bientôt !


Vendredi 11 mars : Saugues

A : Chers lecteurs, chères lectrices… Ce matin nous sommes partis de chez André à 8h45 et nous avons marché. Nous avons vu de très beaux paysages et ce soir, nous sommes chez Maude à Saugues. Aujourd’hui je vais très bien et je suis de bonne humeur. Demain la suite au prochain épisode.


Sylvie : bonsoir à tous ! Il fallait que ça arrive un jour : le soleil a disparu… Mais pas notre courage ! Même si le départ (avec une belle côte !) a été un peu plus difficile pour A., nous avons finalement pris un bon rythme. Il faut dire que les bourrasques de vent étaient tellement glaciales que le seul moyen de ne pas geler était… de marcher ! Avec des pauses raccourci également (A. avait trop froid pour rouler une cigarette ! ), nous sommes arrivés très tôt au gîte où nous sommes seul en autonomie. Nous pouvons donc nous poser au chaud tranquillement : après l’effort, le réconfort ! A. l’a bien mérité : sa volonté m'impressionne. Il sait se remotiver dans les moments difficiles et garde (presque !) Toujours sa bonne humeur. Et surtout il est sensible à la beauté des paysages que l’on traverse, ce qui est motivant pour lui. Un épisode cévenol arrive : on nous prédit de la pluie ou de la neige. Brrr !


Samedi 12 mars : Le Sauvage

A : aujourd’hui, nous avons vu de très beaux paysages. Le midi on s’est arrêté dans un coin avec des rochers et on a déjeuné. Sylvie a eu très froid aux mains, moi aussi. On a marché 21 km. Ce soir, on est au Sauvage et Sylvie a son visage qui lui fait très mal, mais ça va. Ce soir je vais faire des pâtes au curry et un caramel beurre salé avec des pommes. Je vais très bien et je suis heureux mais j’ai quand même froid. Demain la suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonsoir à tous ! Aujourd’hui, nous avons marché pour la première fois 21 km ! L’étape était assez facile, mais toujours avec un vent glacial, souvent de face, pour nous retenir et nous transpercer. Nous sommes partis tôt et avons fait le plus gros de l’étape avant la pause de midi où nous ne nous sommes pas attardés frigorifiés ! Nous avons traversé des paysages magnifiques et variés, Landes, forêt d’immenses sapins, ruisseaux et ce soir , juste avant d’arriver au gîte, nous avons traversé le domaine du Sauvage, une lande vallonnée magnifique, un peu sauvage. Nous avons même touché la neige ! A. est toujours motivé pour avancer et ravi des paysages qu’il voit. On passe de longs moments de silence, qu’il apprécie et qu’il met à profit pour réfléchir, me dit-il. La magie de la marche… Ce soir, il y a trois personnes au gîte et A. propose de faire le dessert !


Dimanche 13 mars : Saint-Albans sur Limagnole

A : Hier soir, on a rencontré Eliane au gîte et puis d’autres randonneurs qui s'appellent Julien, Nadine et Amélie. On a dîné ensemble, j’ai fait des pommes au caramel beurre salé. Ensuite on est parti se coucher. Et ce matin on a commencé à marcher à 9h15. J’étais fasciné par ces beaux paysages sur la route. On a vu des majestueux taureaux d’Aubrac. Ce matin et cet après-midi il a fait très froid. Je suis très heureux et j’ai envie de continuer cette aventure. À demain la suite au prochain épisode .


Sylvie : Quel froid ! Le gîte du Sauvage porte bien son nom : cette nuit nous nous sommes senti comme en pleine mer, secoués par la tempête ! La soirée avec les trois autres randonneurs était très sympa. A. m’a cuisiné des pâtes au curry, et il a fait pour nous tous son dessert aux pommes et au caramel beurre salé. Les randonneurs croisés (peu nombreux pour le moment) et les propriétaires des gîtes sont enthousiastes quand A. leur raconte notre petite aventure. Les gens sont impressionnés (même si nous n’avons marché que 5 étapes sur les 73 prévues !) et très encourageant, ce qui nous gonfle à bloc ! Mets un pas après l’autre, profitons des journées les unes après les autres. Ce matin, le départ au milieu de ce désert de landes givrées avait quelque chose d'irréel. Mais la réalité nous a vite rattrapé : il a fait encore plus froid qu’hier ! Du coup sans même nous en rendre compte, nous avons avalé les kilomètres pour nous réchauffer, parfois même en chantant, mais aussi en respectant de longs moments de silence. La rencontre avec Éric au gîte est notre récompense, nous passons de bons moments avec lui. Et en fin d’après-midi, ça y est : voilà la neige qui recouvre très vite le village. Demain, la marche va être magique ! Notre passage de la Haute-Loire à la Lozère est mémorable.


Lundi 14 mars : Aumont – Aubrac

A : Hier soir, nous étions chez Éric. Ça c’est très bien passé avec Sylvie. On a regardé un film qui s’appelle le Joker. le matin nous sommes partis du gîte en laissant un petit mot. On a marché dans la neige, il n’y avait pas de vent. Du coup, Sylvie était très contente. On est arrivé à Aumont Aubrac. Au gîte on a été bien accueilli par Romain. Ce soir nous mangeons des pâtes à la mozzarella et de l’Aligot. Je me sens très bien et heureux. À demain, la suite au prochain épisode.


Sylvie : bonsoir à tous ! Quel plaisir de marcher sans le vent ! Les paysages enneigés nous en ont mis plein les yeux ! Bien sûr la marche dans la neige est un peu plus fatigante, il faut être vigilant; mais c’est magique aussi ! Ce soir nous sommes en autonomie au gîte, mais nous avons fait des courses ce matin en prévision du repas. Nous allons nous reposer en vue de la grosse étape de demain. Cela fait 10 jours que je connais A., 10 jours que nous vivons ensemble 24 heures sur 24 et que nous faisons connaissance tranquillement ; on aura le temps en trois mois ! A. m’a impressionné par sa détermination et son adaptation aux situations nouvelles. Il veut mûrir et être plus posé, je ne doute pas que le chemin va l’y aider. Mais surtout, il est content de marcher, et pour le moment c’est l’essentiel ! La vie comme la marche, c’est un pas après l’autre.


Mardi 15 mars : Nasbinals

A : Aujourd’hui, nous avons fait une étape de 25 km. L’ambiance était plutôt bien, on a beaucoup rigolé avec Sylvie car il y avait beaucoup de vent, donc il faisait plutôt froid. On a plutôt bien marché, on avait un bon pas et je remarque que je m’améliore de plus en plus. Je suis courbaturé mais je garde quand même le sourire et Sylvie aussi. Je suis plutôt de bonne humeur mais je suis quand même fatigué et vous comment vous êtes ? À demain, la suite au prochain épisode.


Sylvie : « Qui passe l’Aubrac arrive à Saint Jacques » dit le proverbe. Comme nous n’allons pas à Saint-Jacques je l’ai adapté. « Qui survit à cette journée arrive à Montpellier »! Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi la dame qui nous a vendu le credenciale au Puy en Velay, nous a regardé aussi sévèrement en nous avertissant : « non vous ne pouvez pas partir maintenant, c’est trop tôt »! Et bien nous sommes partis quand même et nous ne le regrettons pas, même si cette étape de 27 km nous laisse épuisés et presque saoulés de tant de vent et de froid ! Mais quelle expérience ! La beauté austère de ces landes désertes à l’infini, encore jaunies par la neige récente, les sentiers bordés de murets en pierres sèches, les zones humides à traverser en équilibre sur les pierres malgré notre acharnement, les rares villages aux allures moyenâgeuses et une étrange sensation d’isolement, nous ont maintenus dans un état un peu hypnotique tout au long de notre marche qui a été très silencieuse, chacun de nous perdus dans ses pensées tout en luttant pour avancer.

Quoi qu’il en soit, nous avons survécu à la burle, à la bête du Gévaudan et aux 27 km ! A. A bon moral malgré les courbatures et sa bonne humeur en fait un bon compagnon de route. Du repos pour finir cette éprouvante journée afin d’être sur pieds demain.


Mercredi 16 mars : Saint Chély d’Aubrac

A : Aujourd'hui, 27 km. Il a fait plutôt bon. Ce matin, on a fait une heure de silence que j’apprécie énormément avec plaisir. J’aime quand j’entends le chant des oiseaux et le vent qui souffle. Ensuite cet après-midi on a fait une heure de silence et je me suis foulé la cheville. Des biches gambadaient dans la forêt et Sylvie a adoré les regarder. J’en ai profité pour les prendre en photo. Ce soir, nous sommes chez Sylvie et Roland et il fait super beau, on a une vue magnifique et extraordinaire. Je vais bien et je suis joyeux et heureux et Sylvie aussi je pense. Et vous comment allez-vous ? La suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour tout le monde ! Nous voilà « au bout de l’enfer » si j’en crois un panneau vu tout à l’heure, qui qualifiait le haut plateau de l’Aubrac de « lieu d’horreur et de vaste solitude » et promettait le soulagement du pèlerin et l’abondance dans la vallée du Lot… Utiliser le mot « enfer » pour notre expérience serait très excessif ! Et la soirée d’hier avec Valentin, un jeune pèlerin qui veut se frotter à la vie et voir ce que le chemin va lui proposer, a été très enrichissante. Mais il est vrai que descendre dans le sous-bois, le long des drailles, tout en voyant réapparaître les ruisseaux et les fleurs printanières et tout en gagnant quelques degrés, a rendu notre après-midi bien agréable ! A., qui commençait à se lasser des landes désertiques, est ravi de ces changements. Nous sommes impatients de voir ce que vont nous réserver les prochains jours !


Jeudi 17 mars : Espalion

A : Ce matin, nous avons quitté Roland et Sylvie à 8h30 pour prendre la route pour faire 24 km. Ce matin, il faisait plutôt bon. Ensuite, nous avons fait la pause casse-croûte. On a redémarré et je suis resté en tee-shirt toute la journée. On a rencontré des personnes très sympathiques et on a discuté. Ce soir, nous sommes dans un gîte “La Halte de Saint Jacques”.


Sylvie : Bonjour à tous !

La journée a été bien agréable : la douceur du temps, les immenses prairies verdoyantes, les chants d’oiseaux. On a l’impression de revenir à la vie après la traversée du désert.

Pas de grosses difficultés si ce n’est de grandes descentes dures pour les genoux. 24 km dans les jambes ce soir et une nouvelle grosse étape demain. A. est un peu inquiet, mais je sais qu’il va tenir le coup car il est très volontaire.

Ce soir, nous nous sommes promenés dans Espalion pour acheter le casse-croûte de demain. La ville est très jolie, tout comme Saint Côme d’Olt que nous avons traversé avant d’arriver. Nous avons aussi discuté avec des passants qui nous ont encouragés chaleureusement. Tout ça nous donne la pêche pour continuer notre pérégrination.


Vendredi 18 mars : Le Soulier

A : Bonjour les amis !

Aujourd’hui, on a fait une grosse étape de 33 km, donc je suis fatigué et je ne vais pas écrire beaucoup, mais je suis heureux et très très fatigué et vous comment allez-vous ? Demain, la suite au prochain épisode

Sylvie Quelle belle journée !

Partis trop tard à cause de problèmes administratifs à régler, nous avions 33 km à parcourir, heureusement sans grosses difficultés à part quelques belles grimpettes. Un peu trop de bitume à mon goût, mais toujours de beaux paysages verdoyants et, nouveauté, de belles bâtisses en grès rose. A. et moi avons aussi remarqué et apprécié les bonnes odeurs d’herbe fraîche, de fleurs etc…Un bonheur… du moins sur la première partie !

Ensuite, A. a eu un petit coup de mou, mais quand nous avons su qu’il restait 10 km, il a repris des forces et nous avons avalé cette distance au pas de course pour arriver de nuit au gîte ! Notre récompense : un bon repas en bonne compagnie, avec des hôtes incroyables ! A. peut être fier de lui : premier défi relevé !


Samedi 19 mars : Conques

A : Nous nous sommes réveillés plus tard aujourd’hui et avons longuement discuté avec les hôtes, puis nous sommes partis. Après on a eu une étape assez facile aujourd’hui. Je vais très bien et vous comment allez-vous ? A demain, la suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour à tous !

Une étape beaucoup plus détendue aujourd’hui, avec un beau soleil toute la journée. A. marche avec de plus en plus de facilité et de régularité dans le rythme. Nous avons un peu traîné au petit déjeuner pour discuter encore avec nos hôtes, Michel et Viviane qui ont beaucoup encouragé A.

Nous sommes arrivés malgré tout assez tôt à Conques, pour prendre le temps de découvrir ce magnifique village aux ruelles médiévales, toutes tournées vers l’imposante abbaye. C’est au détour d’une rue que nous avons retrouvé Lucie, une randonneuse croisée en début de parcours et dont la balade se termine ici à Conques. Quel plaisir d’échanger nos dernières anecdotes de voyage ! Elle quitte avec regret le camino, alors qu’elle avait trouvé son rythme…. et nous, nous continuons notre chemin


Dimanche 20 mars : Decazeville

A : Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, il fait très froid, mais il y avait beaucoup de beaux paysages.Hier, j'ai acheté des chapelets et un collier avec une croix de Jésus dans une boutique à Conques, ensuite on a vu un très beau cheval. Je vais très bien et encore heureux et vous comment allez-vous ? Suite à demain au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour à tous ! Parenthèse un peu hors du temps car nous sommes logés à l'abbaye de Conques. Repas partagé avec les bénévoles du gîte et une jeune pèlerine à vélo. Le village est magnifique, il semble encore endormi, mais la Saison approche, l’animation va vite revenir ! A. aime beaucoup croiser des gens, discuter avec des adultes…. et il est toujours très bien perçu et apprécié.

Ce matin, nous avons réussi à partir assez tôt, même si A a eu du mal à se lever. Après une belle côte à la sortie de Conques, l’étape a été sans difficulté, mais fraîche et venteuse. Nous nous sommes donc abrités dans une chapelle pour manger.

Nous sommes arrivés assez tôt à Decazeville où nous prendrons un jour de repos demain, le premier depuis notre départ du Puy, il y a onze jours déjà ! Le temps passe vite au fil du camino. Nous comptons bien profiter de ce repos bien mérité


Lundi 21 mars : Decazeville


A : Aujourd’hui, on a été au cinéma. On a regardé “Notre Dame Brûle”. Et on a aussi été au Mac-Do. Moi, j’ai pris un triple cheese burger, un coca et une glace aux oreos.. Sylvie a pris un burger et une glace au spéculoos avec du caramel. Cette journée était super.

Et hier soir, j’ai fait un tour de vélo électrique avec Hervé. Il m’a fait visiter la ville.

Et vous comment allez-vous ? Moi, ça va nickel. A demain la suite au prochain épisode.


Sylvie : Cette journée nous a permis de nous poser tranquillement. Nous avons fait une grosse lessive, quel plaisir d’avoir des vêtements qui sentent bon. A midi, nous sommes allés manger au fast food et ensuite nous sommes allés voir “Notre Dame Brûle” au cinéma, un film qui a beaucoup plu à A. Il a aussi pris le temps d’écrire du courrier (celui qu’il a reçu en poste restante lui a fait trop plaisir), de préparer un gâteau au citron à partager avec nos hôtes, Hervé et Pascale, de fendre du bois pour la cheminée et de tester les vélos électriques avec Hervé. Un repos finalement bien rempli.


Mardi 22 mars : Saint Félix (20 km)

A : Bonjour,

Hier soir, nous étions chez Pascale et Hervé. On a mangé de la truffade et on a pris le dessert avec nos hôtes, car j’avais fait une tarte au citron et du caramel beurre salé et des citrons confits.

Aujourd’hui, on a fait 20 km, on a fait une pause à Montredon et on a été surpris car il y avait du thé et du chocolat


Sylvie : Hier, nous avons fini la soirée avec nos hôtes qui sont en plein rush : ils ont repris le gîte il y a trois semaines et ne sont pas encore ouverts officiellement, mais ils ont tenu à nous ouvrir une chambre grâce au mot magique “Seuil” ! Grande discussion sur leurs projets autour du gîte, ceux d’A au retour, les miens… Une très belle rencontre dans un petit coin de paradis où les pèlerins seront bien !

L’étape d’aujourd’hui était très agréable, malgré le vent, sous un beau soleil et sans difficultés particulières. A. a parcouru facilement les 20 km de la journée. Nous avons pris une longue pause à Montredon où nous avons pu nous abriter du vent pour lézarder au soleil et où se trouve un “accueil pèlerins”, une petite pièce accolée à l’église avec table, bancs, bouilloire électrique, sirops, thé café, gâteaux, produits d’hygiène… Quelle bonne surprise, gratitude pour ces belles initiatives.


Mercredi 23 mars : Figeac (10 km)


A : Aujourd’hui, nous avons fait 10 km et on est à Figeac. Cet après-midi, nous nous sommes baladés en ville et nous avons mangé un kébab. Ensuite, nous sommes retournés au gîte. J’ai fait mon cahier d’exercices. Je vais bien et je suis un peu fatigué. Et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Une courte étape avalée dans la matinée et qui nous laisse le temps de visiter tranquillement la belle ville de Figeac. Le centre historique est magnifique avec des ruelles médiévales bordées de bâtiments bien restaurés et de maisons à colombages. Au dernier étage, le "soleillou", sorte de terrasse couverte où sèchent le linge ou les récoltes et où l’on mange l’été. Soleillou, c’est aussi le nom de notre charmant gîte, dont la propriétaire ne connaissait pas encore Seuil. Nous ouvrons donc la voie aux autres binômes, car cet endroit est une halte très agréable. Presque un jour de repos pour nous, avec un beau soleil de surcroît.

A est toujours aussi heureux de découvrir chaque jour de nouveaux paysages, villes ou villages, personnes… La marche lui paraît désormais “facile” et il parle même de faire le camino intégral en partant du nord.


Jeudi 24 mars : Figeac

A : Aujourd’hui, on n’a pas marché, car je voulais arrêter l’aventure.

Après réflexion, avec l’équipe Seuil et ma famille, je reprends l’aventure avec la tête haute et plus motivé que jamais. La suite au prochain épisode.


Sylvie : Et oui, nous sommes encore à Figeac. Ce matin, après une très mauvaise nuit, A m’a annoncé qu’il voulait abandonner et arrêter la marche.

J’ai tenté de le convaincre que c’était une erreur qu’il allait vite regretter. J'étais tellement déçue pour lui de stopper alors qu’on commençait à trouver notre rythme et à former un bon binôme.

Nous avons passé la journée ici, A a pu parler, par téléphone, à Paul, à sa maman, à sa grand-mère. Sans se connaître, on forme une équipe soudée autour de lui. Finalement ce soir, A a décidé de repartir demain sur le chemin. C’est très courageux de sa part. Il espère mûrir sur le chemin. Cette décision de continuer et de dépasser son “coup de mou” est un premier pas. Il peut être fier de lui.


Vendredi 25 mars : La Tounisse

A : Aujourd’hui, j’ai repris l’aventure. On a fait 25 km et j’étais assez content et fier de moi pour ne pas avoir lâché. On a fait nos deux heures de silence. Je suis heureux, fier de moi. Et vous comment allez-vous ? La suite au prochain épisode.


Sylvie : Bonjour à tous ! Quelle belle journée.

A a marché avec entrain, l’étape était très agréable et sous le soleil et nous n’avons eu aucun mal à rejoindre le gîte de La Tounisse à 25 km de Figeac.

Je vois A content de marcher et suis très heureuse qu’on poursuive l'aventure. Je sais tellement ce qu’une longue marche peut apporter et on comptabilise déjà tant de belles rencontres, de paysages variés et de rires partagés.

Le gîte de Marylène et Arnaud est magnifique, superbement rénové et nos hôtes sont très accueillants. Nous passons une belle soirée, A ne regrette pas d’avoir repris la marche.


Samedi 26 mars : Limogne en Quercy

A : Aujourd’hui, on a fait une étape de 20 km. Il faisait encore chaud. Quand on a marché, on a vu de beaux paysages et des chevaux. Je suis encore motivé pour marcher et je vais bien et heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie : A a pris ses premiers coups de soleil aujourd’hui ! Nous avons fait de longues pauses, notamment pour lire puisque nous avons souvent du mal à trouver le temps (ou la motivation) pour le faire le soir;

Les 25 km étaient sans difficultés particulières. Le paysage a encore changé puisque nous traversons les Causses du Quercy. Le chemin passe souvent dans des allées bordées de chênes et de buis comme “fossilisés” sous la mousse. Ce décor ajouté aux murets de pierres sèches recouverts eux aussi de mousse, crée une ambiance très particulière.

Nous sommes passés par Cajarc, petite ville très jolie et logeons ce soir en autonomie au gîte municipal, une belle initiative pour les pèlerins.

Programme pour demain : bonne humeur et crème solaire.


Dimanche 27 mars : Lalbenque :

A :

Sylvie : Bonjour à tous.

Encore une journée chaude et ensoleillée ; Nous poursuivons notre balade à travers le Quercy, entre chênes, murets et avec régulièrement de jolies caselles, de petites cabanes entièrement en pierres sèches, y compris le toit. Ces cabanes servaient d’abri aux hommes et aux bêtes ou d'entrepôt pour le matériel. Elles sont souvent restaurées et jalonnent agréablement notre parcours. Sinon, le chemin est plat, sans difficulté.

Le beau temps nous permet des pauses plus agréables. Nous nous arrêtons plus longtemps pour lire, environ 1h avant notre arrivée à l’étape, puis nous terminons tranquillement.

A est content d’avancer, de voir des animaux (vaches, ânes, chevaux, chiens…), de discuter avec des promeneurs croisés ce dimanche.

A ne veut pas toujours écouter mes conseils de “vieille randonneuse”, je le laisse découvrir par lui-même la morsure du soleil et la brûlure de la soif. Rien ne vaut l’expérience vécue !


Lundi 28 mars : Cahors

A : Aujourd’hui, nous avons vu de très beaux paysages et des poneys. Nous sommes arrivés au gîte à 15h et après on va prendre notre repas. Demain, nous visitons la ville. Je vais super bien et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour,

C’est fou : Cahors nous paraissait si loin quand nous nous sommes élancés sur le chemin il y a 20 jours. Et nous y voilà aujourd’hui… Nous avons marché plus de 350 km depuis le Puy-en-Velay.

Nous marchons désormais à un bon rythme et A prend vraiment goût à ces moments en pleine nature, silencieux ou en discussion.

Hier, au gîte, nous avons retrouvé Billie, une pèlerine déjà croisée à Figeac. Du coup pour la première fois, nous avons marché une étape entière en trio. C’était agréable d’ouvrir un peu notre binôme et de discuter avec elle. Nous avons, malgré tout, respecté nos 2h de silence que nous apprécions beaucoup. Ce soir, alors que nous venons de quitter Billie, nous retrouvons au gîte un autre pèlerin, Nicolas, croisé lui aussi à Figeac. La magie du camino.


Mardi 29 mars : Cahors

A : Aujourd’hui, on a été à la Poste, ensuite nous sommes allés à la halle à Cahors et nous avons mangé en ville dans un snack. J’ai pris une galette au kébab et au cheddar avec des frites et un coca cherry et Sylvie a pris une galette falafel, des frites et un coca cola cherry. Ensuite, nous nous sommes promenés dans la ville et nous sommes allés voir une horloge à billes et dans un cloître, dans la cathédrale de Cahors. Ensuite, nous sommes allés faire des courses et nous sommes retournés au gîte. Je vais très bien et je suis heureux. Et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

Notre journée de repos a encore été bien remplie. Nous nous sommes mis à jour des courses et de la lessive, puis nous avons visité la ville, ses ruelles médiévales et ses monuments imposants. Dans l’après-midi, nous sommes allés au cinéma voir “La Brigade”, un film français sur une cheffe cuisinière qui vient travailler dans un foyer de jeunes migrants et les initie à son art. A a été très touché par ce film, tout comme moi qui ai versé plusieurs fois des larmes.

A a aussi écrit du courrier que nous posterons demain en re-traversant la ville pour la quitter.

La pluie nous a rattrapés, pas trop gênant aujourd’hui. Nous espérons que cela ne s’aggrave pas demain ! Ultreia (“Allons”, pour le pèlerin).


Mercredi 30 mars : Lascabanes

A : Hier soir, moi j’ai mangé des steaks hachés que j’ai écrasés en hachis et que j’ai fait cuire avec de la mozzarella et des frites et Sylvie a mangé de la soupe.

Ce matin, il fallait que ça arrive tôt ou tard, on est parti sous la pluie. On a rencontré des pèlerins allemands et on est monté sur le Pont Valentré et c’était super bien et super beau et on a fait la côte de Cahors et arrivés en haut, on a eu une super belle vue. On a pris une petite pause sous les arbres, ensuite on a continué à marcher, mais on a eu beaucoup de bitumes. Puis on a repris une pause pour déjeuner et on a continué à marcher. Nous sommes rentrés dans une superbe forêt et on a rencontré d'autres pèlerins.

Avec Sylvie on a parlé de la consommation générale, des personnes dans le monde. Avant ça, on a parlé du marathon de Paris qu’elle a parcouru et d’autres courses qu’elle a faites. J’ai pris énormément de plaisir à discuter avec elle.

Nous sommes arrivés au gîte, on a bu un verre de coca-cola.

Aujourd’hui, je vais super bien et je suis heureux et joyeux. Et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous !

Pour la première fois, nous sommes partis sous la pluie ce matin. Ça devait arriver un jour…. mais ça n’a pas entamé la bonne humeur de A. A midi la pluie s’était arrêtée et nous avons pu prendre une vraie pause. Cet après-midi, la fraîcheur étant tombée, nous avons marché d’un bon pas et doublé plusieurs pèlerins que nous retrouverons au gîte le soir.

A est en forme. Nous avons discuté des addictions, de la société de consommation, de ses projets pour le retour. C’était chouette d’échanger sur autre chose que les petites obligations du quotidien. Il est ravi, car il a pu prendre le bâton oublié ou laissé depuis longtemps par un pèlerin, au gîte de Cahors.

Ce soir, le gîte est un ancien presbytère accolé à l’église, c’est très beau. Il y a chaque soir une messe où le prêtre bénit les pèlerins en leur lavant les pieds. Nous sommes en ½ pension : plus qu’à mettre les pieds sous la table !


Jeudi 31 mars : Lascabanes

A : Hier soir, j’ai discuté avec Sylvie car j’ai eu un “coup de mou”. Je voulais arrêter et du coup, cette nuit et aujourd’hui, j’ai réfléchi et du coup je continue à marcher jusqu'à que je ne puisse plus m’arrêter de marcher.

Demain, on re-continue à marcher.

Je vais super bien. Et vous comment allez-vous ? A demain, la suite aux prochains épisodes


Sylvie : Pas de marche aujourd’hui, car A a eu un nouveau “coup de mou”. Mais il semble décidé à reprendre la route demain, encouragé par les 14 autres pèlerins présents au gîte ce soir. Une belle et sympathique tablée !

C’est ce qui est magique sur ce chemin : ici pas de différence selon ta profession, ton âge, ton physique, ta motivation première. Ici, tout le monde marche et avance, sur le chemin, mais aussi sur son propre chemin.


Vendredi 1er avril : Lauzerte


A : Hier soir, on était beaucoup au gîte et on a mangé tous ensemble. Ce matin, on a beaucoup marché et surprise il a fait très froid et il a neigé. Cet après-midi, on a marché avec Blandine qui est très sympa, elle m’a appris beaucoup de choses sur les plantes sauvages. Elle m’a fait goûter du poireau sauvage. Ensuite, nous sommes arrivés à Lauzerte. C’est un village très beau médiéval. On a été à une exposition d'œuvres sur le métal. Il y avait une tête d’éléphant et une tête de vache. C'était magnifique et splendide.

Aujourd’hui je vais plutôt bien et la reprise n'est pas trop dure, ça va.

Et vous comment allez-vous ?


Sylvie : “En avril ne te découvre pas d’un fil” Quelle drôle d’idée de renvoyer mes affaires les plus chaudes à la maison en me disant, optimiste, que l’Aubrac était derrière nous. Les giboulées nous ont accompagnés aujourd’hui, nous offrant des lumières somptueuses sur le paysage en camaïeu de vert.

Nous avons croisé et recroisé plusieurs fois les randonneurs nombreux rencontrés au gîte hier, retrouvés dans le magnifique gîte où nous sommes ce soir à Lauzerte : une maison du XIIIème siècle. Le village médiéval est plein de trésors, particulièrement aujourd’hui, journée européenne des métiers d’art. Nous ouvrons la saison du gîte et chaque jour amène son lot de découvertes et de rencontres. J’espère aller encore loin avec A


Samedi 2 avril : Moissac

A : Aujourd’hui, on a fait une étape de 27 km et c’était très embêtant car on a eu beaucoup de neige et il faisait froid et en allant au gîte, il y avait une grosse montée.

Nous sommes arrivés au gîte et on a mis la cheminée.

Je vais super bien et heureux. Et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous !

Une longue étape aujourd’hui, dans le froid des giboulées.

L’humeur de A est changeante et difficile à prévoir. Il vit beaucoup de changements extérieurs (chaque jour est plein d’imprévus) et intérieurs (il est déstabilisé, il réfléchit, gère ses souvenirs, ses humeurs…) ajoutés à la fatigue de la marche, aussi saine soit-elle. Mais il semble avoir vraiment pris goût à la marche elle-même, et j'espère que ça va l’aider à y voir plus clair et à se poser.

Aujourd’hui nous sommes plus près de Saint-Jean-Pied-de-Port que du Puy-en-Velay : notre premier grand objectif nous semble tout à fait réalisable et je sais que A en est capable.

Mais un pas après l’autre, profitons de chaque journée et apprécions chaque instant précieux, chaque découverte nouvelle, chaque rencontre unique.

Ce soir, nous sommes 6 à table et nous avons fait des courses pour partager une soirée crêpes. Trop dure cette marche…. !


Dimanche 3 avril : Espalais

A : Aujourd’hui, on a eu une étape de 17 km. On a marché le long d’un canal. C’était super bien, mais vers la fin c’était embêtant car on avait mal aux pieds.

Aujourd’hui, on a marché avec Blandine et on a retrouvé Billy au gîte de ce soir.

Je vais super bien. Et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous !

Nous avons profité de cette étape facile pour arriver tôt au gîte. Un bon chocolat chaud devant le poêle à bois est le bienvenu après le froid qui nous a transpercés. Nous avons longé le canal par l’ancien chemin de halage devenu la véloroute du canal des deux mers, reliant l’Atlantique à la Méditerranée (canal de la Garonne + canal du Midi). Une monotonie qui ne m'a pas dérangée, favorisant le calme et l'introspection. A a aussi découvert le fonctionnement ingénieux des écluses et il a eu la chance d’assister au passage d’un bateau dans l’une d’elles.

Nous avons marché en compagnie de Blandine, une pèlerine qui s'arrête dans quelques jours. De nombreuses personnes doivent morceler le chemin en fonction de leurs vacances et mettent plusieurs années à parvenir à Santiago. Toutes sont un peu frustrées d’arrêter au moment où les douleurs s’estompent et où elles commencent à vraiment apprécier la marche.

Et toutes nous disent que nous sommes chanceux de pouvoir nous offrir cette parenthèse de trois mois sur les chemins, chanceux, nous le sommes, j’en suis moi-même convaincue et j’espère que A l’est aussi !

Au sujet de A, demain est un beau jour pour lui…. mais chut, surprise !


Lundi 4 avril : Castet Arrouy

A : Ce matin, on m’a réveillé en fanfare en me souhaitant mon anniversaire, car aujourd’hui, j’ai 17 ans.

On a bien marché et en arrivant au gîte municipal, on a pris « l’apéro » et on a bien mangé.

Je suis heureux et joyeux et vous, comment allez vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

Une belle étape avec la réapparition progressive du soleil qui joue immédiatement sur le moral des troupes.

Et puis surtout…A a 17 ans aujourd’hui ! La journée a commencé en chanson par un réveil “chorale” avec tous les pèlerins du gîte.

Ce soir, nous sommes en autonomie au gîte et le lundi tout est fermé dans les petits villages, mais A a voulu cuisiner pour tout le monde, une salade de pâtes. Les autres occupants du gîte ont préparé des toasts pour l’apéro. Il a aussi eu un poème, un caillou-cœur et une coquille Saint-Jacques dédicacée d’un petit mot par un hôte qui me l'avait confiée il y a quelques semaines. Je crois qu’il se souviendra de ses 17 ans sur le chemin.


Mardi 5 avril : La Romieu

A : Aujourd’hui, j’ai mal au dos. J’ai pas le coeur à écrire. On a fait 32 km, ça m’a épuisé mais je suis fier de moi.

Sylvie : Bonjour à tous,

31 km dans les jambes, nous sommes fatigués.

Mais la journée a été ensoleillée et l’étape agréable. A a été courageux ; il a attendu le 29ème km pour se plaindre.

Avec le nombre croissant de pèlerins croisés sur le chemin, il a plus de mal à respecter nos heures de silence, mais nous marchons aussi de longs moment éloignés et silencieux durant la journée. Je sens qu’il aime marcher, voir la nature etc… C’est chouette. Par contre, il aime beaucoup moins faire les comptes le soir, écrire pour le blog et tout ce qu’il prend pour des corvées. C’est dommage car je suis sûre que, vous qui le suivez, vous aimez lire ses aventures.


Mercredi 6 avril : Condom

A : Aujourd’hui, on a fait une petite étape 13/15 km et c’était super sympa et facile. La ville de Condom est super jolie. On a récupéré mes colis d’anniversaire et les hôtes, Jean-Luc et Véronique et Julien, l’hospitalier, sont très sympas.

Quand on est revenus au gîte, il fallait que ça arrive encore une fois, il a plu et il faisait un peu de mauvais temps. J’espère que demain il va faire meilleur ? Je suis content et heureux, et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

Aujourd’hui, l’étape a été facile, une quinzaine de kilomètres seulement.

Cela nous a permis de nous poser un peu et aussi de passer à la poste récupérer le courrier d’A. et il est ravi car il a reçu deux colis pour son anniversaire, remplis de bonnes choses à manger.

Deux solutions : soit ça va peser lourd dans son sac, soit sur son estomac. Ce soir, nous sommes en ½ pension, car notre hôte est, paraît-il, très bon cuisinier, et je pensais être ici le 4 pour l’anniversaire d’A. Et chut, il ne le sait pas encore, mais il aura son gâteau d'anniversaire et même un petit cadeau souvenir.


Jeudi 7 avril : Condom

A : bonjour, et oui encore à Condom. Je suis tombé malade, rien de grave, je suis juste enrhumé, j’ai de la toux. Sylvie aussi a attrapé froid. Ce matin il fait beau, et en début d'après-midi il a plu jusqu’en soirée. Je suis fatigué mais je garde le moral.

Et vous comment allez vous?

Sylvie : Bonsoir à tout le monde,

Nous n’avons pas bougé aujourd’hui, car A a un bon rhume. Nous avons essayé sur quelques kilomètres, puis fait demi-tour pour revenir au gîte et voir un médecin sur Condom. Repos donc.

Mais la soirée d’hier a été belle : nous étions huit pèlerins à chanter et applaudir A quand il a soufflé ses 17 bougies. Jean-Marc et Véro, nos hôtes, sont adorables et Julien qui les aide au gîte (et qui est conteur) nous a chanté une belle balade du pèlerin. Un moment mémorable et un anniversaire qui marquera sans aucun doute A.

Aujourd’hui, tout le monde est aux petits soins pour lui. J’espère qu’il aura retrouvé la forme demain.


Vendredi 8 avril : Montréal sur Gers

A : Aujourd’hui, j’ai eu du mal à me réveiller. “Désolé Sylvie". et on a marché 16 km et je suis fatigué. Sur la route, on a eu quelques gouttes de pluie, et oui encore. En fin d’après-midi, il faisait lourd. On a bu un petit café offert par des personnes et nous sommes repartis pour Montréal. Ce soir, on est au gîte La Halte dans les remparts.

Je suis fatigué mais je garde encore le moral en me disant “demain est un autre jour” et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

A a retrouvé la forme et nous avons quitté Condom et nos hôtes sous le soleil. La douceur nous a accompagnés tout au long de cette étape facile et agréable, mais en fin de journée les giboulées nous ont rattrapés, donnant de magnifiques lumières sur les champs bien verts. Nous avons quitté le GR et fait un petit détour pour visiter la cité médiévale de Larressingle, magnifique et encore désertée de touristes à cette époque de l’année.

Ce soir, notre gîte est situé dans les anciens remparts avec une belle vue sur la campagne alentour. Discussions autour de la table avec de nouveaux pèlerins. Nous partageons tous le même dortoir ce soir. J’espère que demain, nous passerons entre les gouttes.


Samedi 9 avril : Eauze

A : Aujourd’hui, on a marché 28 km. On a mangé à La Motte et on a rencontré des hôtes très sympathiques avec leur chien qui s’appelle Louna. On a bu un thé et en repartant, j’ai ramassé des asperges sauvages. En arrivant au gîte le soir, je les ai données à notre hôte et on les a mangées en salade avec de la soupe et de l’agneau avec du riz et un gâteau aux pommes. Je vais très bien et je suis à moitié heureux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Notre étape du jour a été courte et agréable grâce à la météo, mais assez monotone car cette partie du chemin a été créée sur une ancienne voie de chemin de fer, en sous-bois la plupart du temps. Du coup, nous n'avons pas vu grand-chose à part quelques anciennes petites gares transformées en jolies maisons et une belle lumière orageuse à travers les arbres vert vif.

Ce soir, le gîte est en donativo : ce sont des particuliers qui ouvrent leur maison aux pèlerins sans être un véritable gîte, et à ce titre, nous donnons la somme que nous pouvons et qui nous semble juste pour le service rendu. C’est un peu déstabilisant au début. Hier, nous avons aussi découvert un thermos de café et des gobelets dans un hameau à disposition des pèlerins. La magie du chemin !


Dimanche 10 avril : Nogaro

A : Aujourd’hui, on a marché 20 km. Toute la journée on a marché chacun de notre côté, mais on ne s'est pas perdu de vue. Sylvie a trouvé des fraises des bois, on en a mangé quelques-unes, mais elles n’étaient pas toutes mûres. On a bu un verre de coca-cola ensuite et on est arrivé au gîte à 17h. Je vais bien et heureux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Une vraie journée d’été aujourd’hui. Nous en avons profité en faisant de nombreuses pauses. Ça paraît déjà si loin les pauses grelottantes et raccourcies dans le froid de l’Aubrac.

Nous avons longé beaucoup de vignobles (armagnac) et demain nous quitterons les coteaux de Gascogne pour les Landes. J’ai déjà repéré quelques maisons au style basque et ici, à Nogaro, il y a des arènes : hier soir, il y avait des courses landaises.

A et moi nous avons marché séparément toute la journée, car il avait besoin de solitude pour réfléchir. Ça nous a fait du bien d’avancer seuls (je garde un oeil sur lui de loin, bien sûr) et de nous retrouver à la pause de midi pour discuter.

Je sens que A entre dans une nouvelle phase : la marche étant plus facile et agréable pour lui désormais, il peut se tourner vers plus d’introspection. Ça n’est pas toujours “confortable” à vivre, mais c’est un passage nécessaire qui va faire grandir A et changer sa vie.


Lundi 11 avril : Aire Sur Adour


A : Aujourd’hui, c’était une étape de 30 km et elle était plutôt bien. On a marché toute la journée et cet après-midi, j’ai marché, pour la première fois tout seul et vers la fin c’était embêtant car il y avait beaucoup de bitumes.

Je suis heureux et fier de moi et vous, comment allez-vous ?

Sylvie : Bonjour à tous,

Encore une belle journée, même si la fin de l’étape n’était pas très intéressante, avec une grande ligne droite longeant une voie ferrée, puis une avenue.

A est surtout ravi de l’évènement du jour : il a été autorisé à marcher vraiment seul cet après-midi et nous nous sommes retrouvés au gîte le soir. Il est très fier et je sais moi-même combien marcher seul peut rendre heureux et apporter un grand sentiment de liberté. Je partage donc son grand bonheur.

Ce soir, au gîte, une grande tablée d’une douzaine de personnes, dont certains pèlerins déjà croisés : la saison a vraiment commencé.

C’est très agréable d’échanger avec les pèlerins et les hôtes… mais ça n’aide pas A à se poser pour faire les comptes et le blog.

Tant pis pour ce soir : il a bien mérité ce moment de détente.


Mardi 12 avril Pimbo

A : Ce matin, on a marché ensemble, Sylvie et moi et après la pause déjeuner à 12h, j’ai marché tout seul et Sylvie aussi. La journée était très longue car on a marché que sur du goudron et ça faisait mal aux pieds.

Quand je marche tout seul, ça me fait énormément de bien. Je me sens libre et même aussi quand je marche avec Sylvie et je sens la puissance de la nature en moi. Sylvie m’a offert un très beau cadeau, un bracelet avec la coquille Saint Jacques de Compostelle. Merci Sylvie. Je vais très bien et je suis heureux et fier de moi et vous comment allez-vous ?

Sylvie : Bonsoir à tous,

Aujourd’hui, nous avons eu un peu de pluie, rien de bien méchant surtout qu’il faisait très doux.

Ce matin, nous avons marché à deux, mais aussi à 3, à 8, à 4… car nous avons croisé et recroisé les pèlerins rencontrés précédemment au gîte hier soir en encore avant. C’est assez drôle, ces adieux qui n’en sont pas vraiment. Des gens seuls, des familles, des duos d’amis, des couples, des français, des allemandes, des anglais, des australiens, quel joli mélange.

Ça compense la monotonie du paysage que nous traversons depuis deux jours. Demain, A fait l’étape entière seul. Il est ravi



Mercredi 13 avril : Larreule

A : Aujourd’hui, j’ai marché tout seul toute la journée. Sylvie aussi. La marche tout seul m’apporte vraiment que du bien. Je réfléchis plus, à quand je vais rentrer, ce que je vais faire, à ma situation familiale. La marche seul c’est vraiment une chance, car on sent l’odeur de la pluie, l'odeur boisée des arbres et les oiseaux qui chantent. C’est trop bien et il y avait encore beaucoup de goudron et des grosses côtes, dans les bois une grande descente pour arriver à Larreule. Ce soir, nous avons retrouvé Billy, une pèlerine qu’on a croisée beaucoup de fois. Je vais bien, je suis heureux et vous comment allez-vous ?

Sylvie : Bonjour à tous,

Aujourd’hui, A a fait l’étape entière tout seul ! Je l’ai laissé partir et j’ai quitté le gîte plus tard.

Nous avons eu un peu de pluie, mais rien de très gênant.

Encore beaucoup de bitumes aujourd’hui, ce qui provoque des douleurs aux pieds et aux genoux. Mais le paysage était très agréable et les villages traversés charmants. Des collines verdoyantes et colorées par les champs de colza en fleurs ou les arbres fruitiers des bordures. Beaucoup de pins aussi (on est dans les Landes) et des eucalyptus. Tout ça me rappelle beaucoup la Drôme des collines, ce qui ne me dépayse pas trop, mais plait beaucoup à A qui vient du Nord. Par contre, les frontons de pelote basque que l’on commence à voir sur les places des villages ne permettent pas la confusion : nous sommes entrés au Pays basque.

De nouvelles surprises nous attendent et je sens A motivé pour les découvrir.


Jeudi 14 avril : Maslacq

A : Aujourd’hui, on a marché avec Billye le matin et on a pris le repas ensemble. Cette après-midi, j’ai marché tout seul et c'était encore trop bien. J’ai beaucoup réfléchi et j’ai lu mon livre Toutankhamon, L’ultime secret et j’ai repris un autre livre qui s’appelle E.T., l’extra terrestre. Je pense que vous connaissez. Je vais bien. Je suis heureux mais j’ai un peu mal au tibia et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Quelle belle journée ! Réveillés dans le brouillard, nous avons rapidement pu profiter du soleil.

Hier, au gîte, nous avons retrouvé Billy avec qui nous avons passé une belle soirée et avec qui nous avons marché ce matin. Après le pique-nique, nous nous sommes séparés : A est parti seul devant, puis Billy et moi un peu plus tard. La promenade cet après-midi a été très agréable et ce soir au gîte nous retrouvons, à nouveau, d’autres pèlerins déjà croisés.

A semble se poser moins de questions sur cette marche : il avance de bon cœur et ne se plaint (presque) pas ! Il aime marcher seul, réfléchir, se sentir libre et il est fier à chaque fin d’étape. Nous avons pris un bon rythme et espérons continuer dans cet élan.


Vendredi 15 avril : Navarrenx

A : Aujourd’hui, j’ai marché tout seul et ça m’a fait du bien et j’étais heureux. J’ai encore fait plein de belles rencontres, j’ai revu Nathalie, une pèlerine qu’on a croisée précédemment.

Il y avait beaucoup de goudron et des grosses collines et des descentes.

Je suis pleinement heureux et joyeux, plein de bien-être, et vous comment allez-vous ?

PS. J'ai aidé une vache à vêler avec un bâton et une corde

Sylvie : Bonjour à tous,

Encore une étape en solitaire pour A, et quand je suis arrivée au gîte après lui, il était en train d’écrire son blog en m’attendant.

Les paysages étaient très vallonnés et verdoyants, mais nous avons encore marché sur des petites routes bitumées dures à nos jambes et nos pieds. Les passages sur chemins sont rares et nous les apprécions. Et parfois, nous avons la bonne surprise de tomber, comme tout à l’heure, sur un lieu magique avec des cabanes, des canapés, du thé, du café, des gâteaux. .Merci à tous les anges du camino.


Samedi 16 avril : Aroue

A : Aujourd’hui, nous avons fait une étape de 19 km. C’était sympa et j’ai marché tout seul. Je suis arrivé avant Sylvie et j’ai discuté avec Steeve, l’hôte du gîte. Martin, un gars très sympa qui fait le chemin, il est hébergé chez Steeve et donne beaucoup de coups de main.


Sylvie : Bonsoir à tous,

Une jolie étape aujourd’hui, que A a parcourue seul encore.

Des champs et des arbres bien verts, des sous-bois couverts de fleurs et encore des pèlerins croisés et recroisés avec des discussions sympathiques à la clé.

Nous avons même pu profiter d’une halte bien agréable à l’association “Le cheval bleu”, un foyer pour enfants, qui a installé au bord du chemin des tables et des chaises longues pour le repos des pèlerins et propose des boissons en donativo.

Comme ce petit paradis est aussi au bord d’un ruisseau, j’ai pu tremper les pieds dans l’eau.

Ce soir, nous sommes dans un gîte qui est aussi une ferme en permaculture et qui se trouve dans un paysage isolé et magnifique, en zone blanche (pas d’internet). A a joué avec le chien et les ânes, il est aux anges.


Dimanche 17 avril : Saint-Palais

A : Aujourd’hui, j’ai marché avec Sylvie. C’était trop bien. A la pause de midi, on a vu plein de rapaces. Il y en avait une trentaine. J’ai super bien apprécié le chemin encore.

Nous sommes arrivés au gîte et on a fait la rencontre d’un ancien militaire parachutiste. On a longtemps discuté sur mon projet, on a chanté des chants de la Légion Etrangère.

Je suis heureux. Je vais bien, et vous comment allez-vous ?

Sylvie : Bonsoir tout le monde

Une magnifique journée : du soleil et des paysages verdoyants et vallonnés du Pays Basque. Nous avons marché ensemble d’un bon pas et dans la bonne humeur.

Ce soir, nous sommes reçus au gîte des franciscains où Patrick organise une expo photos sur Seuil et la projection d’un documentaire le 20 avril à laquelle nous sommes conviés pour témoigner. Nous avons donc fait le détour par Saint-Palais pour rencontrer Patrick et discuter de cette belle soirée qui nous attend dans trois jours. A se réjouit de pouvoir expliquer ce qu’il vit, raconter son expérience et répondre aux questions des spectateurs. Encore une découverte pour lui : parler en public. Je suis heureuse de le voir évoluer dans le bon sens et contente pour lui.


Lundi 18 avril : Lacarre, après Ostobat

A : Aujourd'hui on a fait 21 km. Le temps était gris. Il y avait de super beaux paysages et une grande montée. C’était super bien. On est arrivé au gîte. Je suis fatigué. Je n’ai pas le moral et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

Aujourd’hui, nous avons traversé des paysages magnifiques comme hier.

A a eu du mal à se réveiller ce matin et s’est un peu traîné durant la journée. Mais nous avons eu le plaisir de recroiser notre amie pèlerine, Billy, avant qu’elle ne s’arrête à son gîte bien avant le nôtre. Nous la retrouverons demain et ce sera un grand jour pour nous : Saint-Jean-Pied-de-Port ! C’est incroyable. Ce soir, nous sommes logés dans une ferme équestre avec des woofers. L’étape de demain sera très courte, ce qui nous permettra de profiter de Saint-Jean-Pied-de Port où nous aurons aussi un jour de repos.

En attendant A profite des chevaux qui nous entourent


Mardi 19 avril : Saint-Jean-Pied-de-Port

A : Aujourd'hui, il a bien plu, c'était embêtant. Nous sommes enfin arrivés à Saint-Jean-Pied-de-Port, un premier grand but accompli. Ce soir, on mange au restaurant avec des pèlerins.

Je suis très heureux et joyeux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : On l’a fait !

Premier grand défi relevé : nous avons bouclé la Via Podiensis, la voie du Puy. Rendez-vous compte : nos pieds nous ont porté sur plus de 750 km. Un pas après l’autre, une journée après l’autre, avec des hauts et des bas, physiquement et moralement, nous avons avancé pour nous trouver, ici, aujourd’hui, à la mi-temps de notre aventure.

A peut être fier de lui, seuls sa volonté et son courage l’ont porté jusqu'à là.

Je lui ai dit début mars : “c’est ta marche. Elle sera ce que tu en feras”. Aujourd’hui c’est sa victoire. Il ne la doit qu’à lui-même et je l’en félicite.

Il pleut sur Saint-Jean-Pied-de-Port, mais ça ne gâchera pas notre soirée : nous allons fêter ça avec tous nos amis pèlerins présents ici aujourd’hui.


Mercredi 20 avril : Saint Palais

A : et Oui encore à Saint Palais et non, on n’a pas fait demi-tour, c’est juste qu’on a témoigné sur un documentaire et c’était super bien et rigolo. Les personnes étaient très intéressées par Seuil. Une bonne soirée encore. Je vais bien et heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

Beaucoup de pluie pour ce jour de repos à Saint Jean Pied de Port. Mais la soirée au restaurant hier avec tous nos amis pèlerins n’a pas été gâchée. Que de souvenirs en commun en si peu de temps et que d’émotions au moment de se quitter. Certains s'arrêtent là, pour cette fois, d’autres continuent jusqu’à Santiago. Aujourd’hui, c’était nos “au-revoir” à Billy, notre chère Billy. A elle j’ai fait des promesses de retrouvailles…

Et ce soir, grande soirée pour nous : c’était la projection du documentaire de Stéphanie Paillet “Démarche” sur Seuil à Saint Palais, que nous avons rejoint en bus et où nous dormons à nouveau ce soir. Outre la découverte, à travers le film, de la partie espagnole du chemin, nous avons beaucoup apprécié la discussion qui a suivi. Les gens ont posé beaucoup de questions à A et nous-mêmes et se sont montrés très intéressés et enthousiastes. Nous avons reçu de chaleureux encouragements. Merci à Patrick, Martine et Roxane pour l’organisation de la soirée et surtout pour leur invitation.

Répondre aux questions a permis à A de verbaliser des ressentis et de faire un premier bilan du chemin parcouru, physiquement, mais aussi moralement. ça nous a reboostés pour la deuxième partie de notre longue marche.


Jeudi 21 avril : Bidarray

A : Et oui déjà ici, mais il a fait très mauvais et il a beaucoup plu. Je n’ai pas le moral, mais je suis encore motivé pour marcher et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous ! Quelle journée !

Patrick nous a ramenés à Saint Jean Pied de Port d’où nous sommes partis plein ouest, cap vers l’océan. Mais l’Office de Tourisme nous ayant fortement déconseillé de prendre le sentier partiellement inondé, nous avons longé la route, ce qui n’a pas changé grand-chose vu le peu de visibilité que le mauvais temps nous autorise.

La pluie ne nous a laissé aucun répit et nous avons dû trouver des abris pour nos pauses. A midi une gentille dame nous a autorisés à utiliser son hangar pour manger au sec. Puis, nous avons “tracé” silencieusement, plongés dans nos pensées, jusqu’au gîte. Etre au sec, au chaud, quel plaisir !


Vendredi 22 avril : Saint Pée sur Nivelle

A : Aujourd’hui on a marché 30 km. C’était plutôt long. On a vu de super beaux paysages et plein de vautours. Je suis très fatigué et heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie: : Bonsoir à tous,

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. J’ai adoré cette étape.

Dès le réveil, nous avons redécouvert le paysage autour du gîte cette fois sous le soleil. La journée a été radieuse et les montagnes basques nous enchantent. La nature reflète les couleurs du drapeau basque : la terre est rouge brique et les prairies vert vif. Les agriculteurs croisés discutent facilement et leur accent chantant qui roule les “R” est chaleureux et joyeux. Ajoutez à cela les jolies maisons blanches aux colombages et aux volets “rouge basque” où pendent parfois les fameux piments d’Espelette et les animaux nombreux (moutons et brebis, mais aussi chevaux, ânes, vaches…) et vous comprendrez notre plaisir à avancer au milieu de tout ça. A dit à tout le monde qu’il adore le pays basque. L’étape a été rude pour lui, par sa longueur, mais aussi par son dénivelé : les montagnes basques se méritent et les vues à couper le souffle sont notre récompense.

Saint Pée est une charmante petite ville, mais nous y sommes arrivés tard. Demain est à nouveau un grand jour pour A : l’océan !


Samedi 23 avril : Saint-Jean-de-Luz

A : Aujourd’hui, il a fait gris toute la matinée et l’après-midi, il a plu. On est arrivé au gîte à 17h30 et ensuite on a visité la ville qui est super belle. On a fait une photo dans le sable. J’ai écrit “Seuil” dans le sable et on a fait les courses. Nous sommes rentrés et on a mangé. Je vais bien et je suis à moitié heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Encore une belle journée (avant le retour de la pluie) dans les montagnes basques. Nous nous sommes un peu perdus et avons fait une petite "rallonge" et comme nous ne trouvions pas d’hébergement à Hendaye, c’est finalement à Saint-Jean-de-Luz que nous avons fait étape ce soir.

Le gîte est très agréable, en plein centre et la ville est magnifique, mais il pleut beaucoup ce soir, nous allons encore marcher dans la boue demain.


Dimanche 24 avril : Guéthary

A : Aujourd’hui, il a fait beau. Nous sommes arrivés à la plage et on a mangé et j’ai trempé mes pieds dans la mer. Nous sommes arrivés au gîte et nous avons fait les courses. J’ai été chercher des baguettes avec l’hôte. Je vais bien et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

L’océan à peine aperçu sous la pluie hier, nous l’avons longé tout au long de cette courte étape. Le temps s’est éclairci au cours de la journée et nous avons mangé sur la plage à midi…. Nous sommes finalement restés 3h.

A s’est beaucoup amusé les pieds dans l’eau ou avec les bois flottés récupérés sur la plage.

Quel bonheur et quelle fierté de se dire qu’on a rejoint l’océan à pied. Nous avons partagé le gîte avec deux pèlerins partis de Bayonne hier pour Santiago. Ils sont impressionnés par le chemin que nous avons déjà parcouru et celui qu’il reste à faire.

Malgré une humeur difficile ces jours-ci, A semble bien décidé à aller au bout de cette aventure. Ultreia !


Lundi 25 avril : Bayonne

A : Aujourd’hui, on a fait 22 km et on a marché au bord de l’océan et c’était très beau. On a mangé sur la plage et ce matin, on a été se baigner dans l’océan. Cet après-midi, il y avait pas mal de bitumes et le temps était magnifique. Je vais bien et je suis heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Quelle magnifique journée, le soleil, l’océan et la bonne humeur d’A revenue. A peine partis sur le sentier du littoral, nous nous sommes arrêtés sur une belle plage et l’eau turquoise nous a incité à nous lancer : je me suis mise à l’eau et me suis baignée, pendant qu’A tentait vainement d’entrer dans l’eau, bien froide, je l’avoue.

Ensuite, nous avons eu du mal à suivre les marquages du chemin jacquaire et avons décidé de rester près de l’océan un peu plus longtemps avant de le quitter à regret pour bifurquer vers Bayonne.

Etrange sensation de se mêler aux touristes à Biarritz, avec nos dégaines de pèlerins et notre habitude de la campagne ! Un petit air de “vacances”, il va falloir se remobiliser pour repartir vers l’Est ! Adio, comme on dit en basque


Mardi 26 avril : Saint Jean Pied de Port

A : Aujourd’hui, on a visité la ville et on a été à la gare. Il a fait très beau et on a été au cinéma. Nous avons pris le bus et le train, il y avait beaucoup de pèlerins. Nous avons retrouvé Eric, notre hôte.

Je suis déçu d’avoir quitté l’océan et je suis heureux et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Nous revoilà à Saint Jean Pied de Port sous le soleil cette fois et seulement de passage.

Après une journée passée à Bayonne à visiter et nous reposer, nous sommes revenus ici en train pour repartir vers l’est, cette fois-ci.

Cet après-midi, nous sommes allés au cinéma voir “En corps” de Cédric Klapisch, dont le thème principal est la danse classique et contemporaine. C’est un film qui me tentait vraiment et je suis contente car il a beaucoup plu à A.

Ce soir, nous avons re-mangé au restaurant découvert l’autre soir avec nos amis pèlerins et les restaurateurs nous ont gentiment offert les desserts.

Nous avons hâte d’être à demain pour repartir.


Mercredi 27 avril : Saint Just Ibarre

A : Aujourd’hui, on a attaqué la voie d’Arles. Il y avait une belle montée, mais ça en valait la peine, car on avait une très belle vue. Il a plu cet après-midi. J’espère que demain, il va faire meilleur temps. Je vais bien, je suis heureux de continuer le camino et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Drôle de sensation sur cette étape. D’abord hier soir, dans le train, puis au gîte, la foule partout ! On nous l’avait dit, mais il faut le voir pour le croire. La saison a commencé et les pèlerins du monde entier démarrent, pour la plupart, de Saint Jean Pied de Port. Les gens arrivent avec de grosses valises (il existe un système de transport de bagages de gîte en gîte pour ceux qui ne veulent pas porter leur sac). Certains s’équipent entièrement pour la randonnée sur place à Saint Jean et démarrent le chemin avec des chaussures et des vêtements tout neufs.

Dans le gîte, une foule qui se croise, mais finalement se côtoie peu. Quand on croise peu de monde, on prend le temps d’échanger dans le calme du gîte. Là, beaucoup de groupes déjà formés et qui communiquent peu finalement. Un peu décevant. Tout ça nous a un peu déconcertés….

Et ce matin, alors que la ruelle principale de Saint Jean se remplissait de pèlerins tout neufs prenant la route de Roncevaux, première étape après la frontière espagnole, nous sommes partis à contre-courant, revenant sur nos pas sur quelques kilomètres avant de rejoindre le GR 78, chemin du Piémont qui nous permettra de rallier la voie d’Arles. D’ailleurs des gens nous ont arrêtés plusieurs fois gentiment sur le chemin pour s’assurer que nous ne nous trompions pas de direction.

L'étape a été jolie mais s’est terminée sous une grosse averse. Nous sommes arrivés au gîte bien mouillés. Espérons que demain ce soit moins humide.


Jeudi 28 avril : Mauléon-Licharre

A : Aujourd’hui, il a plu et c’était une journée pas très terrible, je suis heureux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous,

J’ai beaucoup aimé cette étape, malgré la bruine de temps en temps.

Ce matin, nous avons discuté tranquillement avec Marko, notre hôte, avant de nous mettre en route par une longue côte très raide et assez glissante, suite à la pluie de cette nuit. Mais le spectacle vu d’en haut était la récompense : une vue magnifique sur la vallée verdoyante, avec la brume qui se déplaçait sous le vent.

Pour la première fois depuis longtemps, nous n’avons pas fait des heures de goudron plat et du coup aucune douleur aux pieds ce soir.

A a été beaucoup moins positif que moi : mauvaise journée pour lui, ça arrive. La marche fait traverser différentes phases et ce n’est pas toujours simple. Demain est un autre jour.


Vendredi 29 avril : Mauléon-Licharre

A : Aujourd’hui, on n’a pas marché, car j’ai envie d’arrêter de marcher, mais je n’ai pas été juste avec Sylvie, car je suis maladroit et insolent.

Je vais bien, un peu déboussolé et vous, comment allez-vous ?

Sylvie : Bonsoir à tous,

Nous sommes toujours à Mauléon, car A veut arrêter la marche et n’a pas voulu partir ce matin. Il est très dur ces derniers jours et ce sont des moments difficiles, alors que j’espérais un dernier mois plus apaisé où l’on pourrait vraiment profiter et prendre du bon temps.

Il a finalement été décidé de parcourir les deux étapes qui nous mènerons à Oloron Sainte Marie, une ville plus grande avec une gare.

Chaque jour amène son lot de surprises et cette aventure apprend aussi à prendre les jours les uns après les autres, en gardant confiance. Alors la seule chose à faire, c’est marcher. Ultreia !


Samedi 30 avril : Hopital Saint Blaise

A : Aujourd’hui, il n’a pas plu, il n’a pas fait de soleil, mais c’était agréable de marcher. On a vu de très beaux paysages et nous sommes arrivés dans un beau petit village où il y a une belle église qui est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. On a assisté aux sons et lumières de l’église où il y avait des images et des illuminations et ça parlait. C’était magnifique. Je vais bien, et vous comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous,

Une belle étape aujourd’hui avec un ciel voilé, mais une température agréable pour marcher.

Hier soir, un jeune pèlerin est arrivé au gîte. Du coup A s’est calmé et a pu discuter avec Quentin qui a un beau parcours. Et aujourd’hui, nous avons fait route avec lui, en profitant encore des montagnes du Pays Basque que nous quittons ici pour entrer dans le Béarn. Le petit village est magnifique et nous avons assisté à un sons et lumières dans la petite église classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce soir, nous sommes en demi-pension avec plusieurs pèlerins. Une soirée sympa en perspective qui devrait remonter le moral de A;


Dimanche 1er mai : Oloron Sainte Marie

A : Aujourd’hui, il n’a pas plu, mais il a fait du bon temps pour marcher.

On a marché dans une forêt où il y avait plein de boue, en plus ça montait et ça descendait. On a failli se casser la figure plusieurs fois, mais c’était drôle.

Ce soir, on a été à la foire, on a bien mangé et bien profité de cette belle soirée.

Je vais bien et heureux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous !

Encore une journée de marche en compagnie de Quentin avant de nous séparer demain matin, car il reste sur le chemin du Piémont et nous prenons la voie d’Arles.

Beaucoup de boue et de glissades plus ou moins contrôlées, mais de jolis sous-bois et paysages et des fous rires aussi !

En arrivant à Oloron ce 1er mai, nous avons eu la bonne surprise de tomber sur la foire annuelle de la ville. Nous en avons profité pour goûter des spécialités locales et avons bien mangé. Un pèlerin a besoin de prendre des forces après tout.

Demain, nous attaquons donc la voie d’Arles et le chemin déjà parcouru nous rend fiers et nous laisse songeurs. A s’est remotivé. Ultreia


Lundi 2 mai : Lescar

A : Bonjour cher lecteur (trice). Je ne vais pas écrire beaucoup, car on a fait une étape de 33 km et je suis fatigué, mais demain je ferai un plus gros blog. Je vais bien et heureux, mais très fatigué et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous !

Ce fut une longue étape aujourd’hui. 33 km avec de belles bosses et pas mal de boue qui glisse et nous ralentit. Mais je ne me plains pas, moi qui déteste marcher sur le bitume plat ! Il a fait gris toute la journée, mais la pluie ne nous a rattrapés qu’en arrivant à Lescar.

Cet après-midi, A a marché un peu seul. Les marquages du GR sont à nouveau opérationnels, pas de risque de se perdre si on est vigilant.

Quand je l'ai rattrapé, nous avons fini l’étape ensemble. Nous avons discuté et nos rapports semblent apaisés. J’espère que A va tirer parti de ce dernier mois de marche sans se focaliser sur des petits détails sans intérêt, mais en profitant de ce temps précieux et de cette expérience exceptionnelle.


Mardi 3 mai : Anoye


A : Bonjour, aujourd’hui grande étape de 34 km. Le matin le temps était gris et en fin d’après-midi, il a plu. On a fait pas mal de goudron et de sentiers. Je vais bien, je suis fatigué et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous, Encore 34 km aujourd’hui, à cause d’un gîte fermé à Morlaàs. Pleins de courage, nous avons donc décidé, après avoir profité d’une éclaircie à la terrasse d’un café, de faire les 15 km qui nous menaient au gîte suivant. Et quelle surprise quand, en discutant avec nos voisins de table, nous avons découvert que l’un d’entre eux, professeur de guitare, avait été accompagnant Seuil sur une marche en 2012. Il nous a même chanté une composition écrite sur le camino à cette occasion. Visiblement ce trimestre sur le chemin l’a beaucoup marqué, il était très ému. Et nous, nous sommes fiers : 67 km en deux jours. De la pluie, des arcs en ciel, de la boue… On avance !


Mercredi 4 mai : Maubourguet


A : Aujourd’hui, journée pluvieuse. J’ai marché tout seul toute la journée. C’était très sympa C’était dans la forêt et la descente en sous-bois. J’ai fait une pause très sympa à côté de cochons. En plus, j’ai cru voir “Peppa Pig'' (lol) et je lui ai donné du pain. Il était très content. J’ai fait une photo d’eux avec mon saucisson. Journée très sympa. Je suis heureux et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonsoir à tous ! Nous avons eu une belle journée de printemps…. avec une arrivée sous la pluie comme chaque jour. Une étape très verte, en sous-bois ou au milieu des champs. A a pu faire l’étape seul et je l’ai rattrapé vers la fin, avant d’arriver au gîte. On a croisé quelques rares pèlerins (la voie d’Arles est moins fréquentée que celle du Puy) et nous allons à contre-courant, donc nous devons nous contenter de quelques mots échangés sur le chemin ou au gîte pour s'échanger des informations. C’est un peu frustrant. Tout comme le fait de voir des panneaux routiers indiquant des villes où nous sommes passés il y a 15 jours (la voie du Puy encore proche) et qui, à vol d'oiseau, sont à quelques dizaines de kilomètres seulement. Pourtant, c’est sûr, nous avançons !


Jeudi 5 mai : Marciac

A : Aujourd’hui il a fait plutôt beau avec du soleil. On a fait une étape de 18 km assez facile mais, par contre, il y avait pas mal de lignes droites et c’était embêtant. On a été boire un coca ce soir en terrasse et manger au restaurant.

Je vais bien et vous, comment allez-vous ?


Sylvie : Bonjour à tous !

Nous voilà à Marciac, célèbre pour son festival de jazz chaque été.

Et c’est un temps presque estival que nous avons eu cet après-midi. A est parti seul après la pause de midi pour finir l’étape, je l’ai donc retrouvé directement au gîte, une magnifique bâtisse avec un grand jardin fleuri et un étang. Nous dormons dans le pigeonnier.

L'étape était jolie et facile. J’ai croisé une jeune allemande partie marcher pour soigner sa dépression. Elle marche depuis 15 jours et se sent apaisée et riche des rencontres déjà faites. La magie du chemin : “si tu n’arrives pas à penser, marche. Si tu penses trop, marche. Si tu penses mal, marche encore” (Jean Giono)

Vendredi 6 mai : Montesquiou

A : Aujourd’hui on a fait une étape de 23 km. Il a fait beau toute la journée, il a fait grand soleil, c'était une surprise. Il a même fait un peu chaud. C’était très sympa dans ces grandes forêts de chênes majestueux. Je vais bien et vous comment allez-vous ?


Sylvie : bonsoir à tous ! Encore une belle journée et une belle étape avec très peu de goudron, beaucoup de verdure et de sous-bois. Nous traversons le Gers à nouveau, avec de nombreux petits villages ou hameaux charmants et typiques. Ce soir nous dormons et mangeons chez l’habitant en donativo (on donne ce qui nous semble juste), ce qui nous permettra d’échanger un peu plus que ces derniers jours. Nous croisons peu de monde et les gîtes municipaux font en autonomie ; même si les bénévoles qui nous y accueillent sont très gentils, il ne reste pas sur place. Une belle soirée en perspective, A. va apprécier ce moment je pense… Ainsi que le dessert surprise si j’en crois notre hôtesse !


Samedi 7 mai : Auch

A : Bonjour . Aujourd'hui on a fait une étape de 33 km. C’était très sympa car il faisait très beau, avec du soleil, des sentiers magnifiques, des bois de pins et de chênes majestueux très beaux. Sylvie a une ampoule à son pied. J’espère qu’elle va réussir à la soigner. Elle a très mal. On est dans un très beau gîte en face d’une cathédrale qui ressemble à Notre- Dame de Paris.

Je vais bien et vous comment allez-vous ?


Sylvie : bonsoir à tous ! L’étape d’aujourd’hui a été longue : 33 km sous un soleil magnifique. J’ai une vilaine plaie au pied qui gâche un peu mon plaisir : j’ai dû découper la chaussure qui me blessait ! Ce soir nous sommes à Auch et la vieille ville et sa cathédrale sont magnifiques. Malheureusement nous sommes arrivés un peu tard et nous devons repartir tôt demain pour une nouvelle grosse étape. Mais notre gîte au presbytère a une vue panoramique sur la ville basse et il est très central. Nous allons donc nous balader un peu ce soir et nous offrir un restaurant libanais que nous avons repéré. Nous l’avons bien mérité !


Dimanche 8 mai : Auch

A : Bonjour et oui encore à Auch aujourd’hui, la marche se termine définitivement en tout cas j’ai apprécié ce bon air de Compostelle et ces fabuleux paysages. Aussi j’ai retenu la richesse d’une rencontre vaut mieux que rencontrer la richesse. Bonne continuation à tous j’ai pas le moral et je suis déboussolé et vous comment allez-vous ?


Sylvie : bonsoir à tous ! Notre marche s’arrête. Cette fois c’est pour de bon : trois semaines avant notre objectif final, Montpellier, nous stoppons à Auch. Je ne sais pas si je dois être triste ou déçu, je ne sais pas ce que je dois penser de tout ça et je n’ai pas le recul pour dresser un bilan. Mais, j’ai une tendance naturelle à voir le verre à moitié plein et aussi à voir le meilleur côté des gens. Alors je vais croire que ces 1150 km ne sont pas rien pour A. Que ces 63 jours d’aventure ont ouvert un chemin qui ne se refermera pas dans son esprit. Que ces dizaines de personnes qui lui ont donné du temps, tous ces échanges motivants, ces discussions enrichissantes, c’est fou rires partagés, l’auront enrichi pour toujours. Que ces paysages traversés dans le froid, la neige, le vent ou sous le soleil l’auront marqué comme autant de terrains d’aventure possible. Que les histoires personnelles des autres pèlerins mais aussi de nos hôtes, l'inspireront et lui prouveront qu’il est possible de changer de cap et de décider de sa vie à tout moment. Qu’il aura pris conscience que chaque jour est le premier et que chaque jour on fait des choix, petits ou grands, qui peuvent changer nos vies ; que la véritable estime de soi ne se trouve pas dans le regard des autres mais en soi. Je veux croire que ces milliers de pas sur le chemin ont semé des graines qui vont avoir leurs effets dans son esprit et porteront des fruits, maintenant ou plus tard. Je souhaite le meilleur à A. et à ses proches. Je remercie Seuil pour cette expérience incroyable et cette chance donnée aux jeunes. Et je remercie aussi tous ceux qui ont jalonné notre chemin, ils l’ont rendu tellement meilleur. Cette marche m’a apporté énormément à titre personnel et je ne doute pas que ce soit pareil pour A.

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