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Marche de Timxxx

Dernière mise à jour : 3 avr.

Marche de Timxxx accompagné par Robert, puis Emmanuel

 

Mercredi 10 janvier : 

 

T : Je m’appelle T. Je viens du Nord de la France. Aujourd’hui, je me suis réveillé à 8h30. Nous sommes partis m’habiller pour mon séjour de trois mois en Italie. Ensuite, nous sommes allés manger, puis faire une petite marche de 8 km avec le sac à dos pour me mettre en condition

 

Robert : Bonjour/Bonsoir. Je m’appelle Robert et demain, je pars avec T en Italie. C’est pour tous les deux la première fois que nous allons en Italie et nous ne parlons pas l’italien, alors ce sera une belle aventure.

Aujourd’hui, on a été à Décathlon pour acheter l'équipement de T et après nous avons marché une heure et demie. Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps pour plus de préparation.

Demain, nous prenons le train pour Turin où on aura un jour pour voir la ville vendredi et ce samedi nous ferons les premiers pas de notre marche, environ 1600 km.

 

Jeudi 11 janvier :

 

 T : Aujourd’hui, j’ai pris le train pour aller en Italie. A l’arrivée, nous avons pris le bus pour aller à notre Airbnb.

 

Robert : Nous sommes en Italie.

Ce matin, avant le départ, nous avons acheté quelques petits derniers trucs, partagé notre repas du midi avec Sylvie (notre responsable de marches) et après c’était voiture-train et train-bus-train et enfin l’Italie !

Avant le départ, on avait déjà réservé un Airbnb où nous sommes arrivés à 23h. La propriétaire ne parle ni le français, ni l’anglais et nous ne parlons pas (encore) l’italien, mais nous avons deux lits et si nous avons bien compris, nous aurons du café, du lait et des croissants pour le petit déjeuner. L’aventure a commencé.


Vendredi 12 janvier :

 

T :Aujourd’hui, nous avons marché jusqu’au stade de La Juventus, puis  jusqu’à l’office de tourisme. Nous avons mangé une pizza et fait quelques courses pour manger ce soir. Ensuite, nous sommes rentrés, avons fait une petite sieste, et nous sommes allés à la poste déposer un colis.

 

Robert : Nous avons commencé notre aventure par un jour de repos. T a voulu voir le stade de La Juventus et prendre des photos. Après, nous sommes passés chez Décathlon pour acheter de nouvelles chaussures : les chaussures que j’ai achetées il y a deux semaines me font mal aux pieds et je ne veux pas risquer de devoir m’arrêter. Ensuite, T a proposé de ne pas prendre le bus vers le centre ville, mais d’aller marcher (une heure et demie). En centre ville, nous avons acheté les crédentiales, documents dans lesquels nous allons recevoir des tampons dans tous les villages où l’on passera. Puis, nous avons mangé notre première pizza. italienne : beaucoup mieux qu’en France.

 

Samedi 13 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon premier jour de marche. J’ai marché 9 km pour arriver à Gassino Torinese et ce sont des religieux qui nous ont accueillis.

 

Robert : Premier jour de marche. Nous n’avons marché que 9 km pour nous habituer à la marche et au sac à dos. Ce soir, on dort chez les sœurs à Gassino Torinese (j’ai oublié le nom de la congrégation). Les sœurs nous ont offert également le dîner et le petit déjeuner le lendemain, ce qui nous arrange bien, parce que pour demain, nous avons seulement trouvé une chambre d’hôtes hors budget.

 

Dimanche 14 janvier :


T : Aujourd’hui, j’ai fait mon deuxième jour de marche. On s’est réveillés à 6h45, on a pris notre petit déjeuner à 7h30, puis à 8h nous avons pris la route jusqu’à Chivasso, on a marché 19 km au total en passant les ¾ de la route dans des champs.

 

Robert : Le dîner chez les sœurs était bon hier soir. Le petit déjeuner était moins impressionnant (quelques biscottes à la confiture), mais c’était un hébergement “a offerta” (à libre participation), ce qui est toujours agréable. Comme il faisait froid et comme  nous n’avons pas trouvé de table pique-nique sur notre chemin, nous avons marché vite et nous sommes arrivés à Chivasso à midi. Dans le gîte, nous profitons de la machine à laver dans notre chambre, parce que sur le chemin, on ne sait pas quand on trouvera la prochaine. Et le dimanche, les magasins sont fermés, alors ce soir, on va manger un kébab.

 

Lundi 15 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon troisième jour de marche. On a fait 15 km. C’était très dur.

 

Robert : La marche de Chivasso à Lamporo était dure aujourd’hui, mais heureusement il faisait beau et à midi, nous avons trouvé des petites pizzas à Terrazza. .A Lamporo, nous sommes accueillis par Pietro qui insistait pour faire des pâtes aux lentilles. Il nous offre également un petit déjeuner de rois, demain matin. Et ce petit déjeuner va nous servir parce que demain nous avons 30 (!) kilomètres à faire.


Mardi 16 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 4ème jour de marche qui a été très compliqué. Nous avons parcouru 30 km, 79 depuis le début de la marche. Dans l’après-midi, nous nous sommes perdus, mais le soir, nous avons retrouvé notre gîte. On a été manger au resto et en revenant la  police italienne était là pour nous contrôler.

 

Robert : La marche a été dure aujourd’hui. Il faisait gris, humide et froid et on avait une trentaine de kilomètres à faire, dont la plupart sur le bord d’une route nationale et évidemment nous nous sommes perdus sur les derniers kilomètres, ce qui nous a mis dans la boue jusqu’aux chevilles. Mais la vraie aventure d’aujourd’hui, c'était ce soir. En rentrant du resto au gîte, nous avons été accueillis par quatre carabiniers (gendarmes) qui nous ont séparés et qui ont voulu étudier tous les documents que je portais pour m’assurer que je n’avais pas kidnappé T. C’était un peu stressant pour T, parce que comme nous étions séparés ça a duré un peu avant que j’aie pu lui expliquer qu’ils étaient là pour le protéger et non pas pour l’arrêter. Quand ils ont compris la situation, ils ont rigolé un peu et quand ils sont partis, nous aussi, avons bien rigolé.

 

Mercredi 17 janvier : 

 

T : Aujourd'hui, j’ai fait mon 5ème jour de marche, on a marché 24 km environ, soit 103 km depuis le début de la marche.

 

Robert : Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup à raconter. Il faisait, à nouveau, gris, froid et humide. Nous avons marché 24 km, ce qui était un peu trop pour nos corps déjà “écrabouillés”.

L’hébergement pour ce soir est un autre donativo (libre participation) et nous avons mangé une pizza au seul resto de Nicorvo.

Demain, nous ne ferons que 11 km jusqu’à Mortara où nous avons réservé un hôtel pour la nuit.

 

Jeudi 18 janvier :

 

T : Aujourd’hui j’ai fait mon 6ème jour de marche. On a marché 11 km, soit 114 km depuis le début de la marche.

 

Robert : Cette nuit, nous avons rencontré le premier autre pèlerin sur notre chemin : un anglais nommé Mile qui ne marche que quelques jours. Comme il allait plus loin que nous aujourd’hui et qu’il était plus pressé, nous n’avons pas marché ensemble. Pour nous ce n’était que quelques kilomètres jusqu’à Mortara où nous sommes arrivés à l’hôtel à 13h.


Vendredi 19 janvier 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 7ème jour de marche en Italie. Nous sommes toujours sur le chemin de la Via  francigena  qui va jusqu’à Rome. Aujourd’hui, on a marché 20,7 km pour aller de Mortara à Garlasco. On commence à ne plus trop avoir de douleurs aux mollets. Le plus dur, c’est que ma famille commence à me manquer. Nous avons mangé avec les jeunes dans un Foyer pénal, puis après le repas, nous avons été invités à faire une tombola où j’ai gagné deux calendriers d’avant Noël et des bonbons

 

Robert :  Pour la deuxième fois ce matin, T m’a donné son paquet de cigarettes pour mieux gérer sa consommation, et pour la deuxième fois, il n’a tenu qu’une demie journée. A chaque fois, il réussit à achever ses cigarettes avant d'avoir assez d’argent de poche pour acheter un nouveau paquet. Il y a tellement de leçons à apprendre sur ce voyage… Mais il marche bien et (presque) sans se plaindre. Aujourd’hui, nous avons marché de Mortara à Garlasco et nous avons mangé de la focaccia à Tromello à mi-chemin.

Ce soir, nous dormons dans un Foyer pénal pour adolescents où nous sommes aussi invités à partager le dîner et le petit déjeuner.

Mise à jour :  ce soir,  après le dîner, nous sommes invités à une tombola avec les jeunes. T a gagné tout un tas de bonbons.

 

Samedi 20 janvier

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 8ème jour de marche sur la via  francigena en Italie. Aujourd’hui, on a marché environ 26 km pour aller de Garlasco à Pavie. Au début de la matinée jusqu’au début d’après-midi, j’ai marché tout doucement. Je voulais arrêter cette marche, puis à 12h, je me suis repris et j’ai marché vite en me disant que j’avais une chance d’être là. Arrivé à Pavie, on a été manger des pizzas romaines et le soir, j’ai été à la patinoire et j’ai appelé

 

Robert : Ce matin, T était très démotivé et nous avons avancé peu. Mais la perspective d’appeler sa mère et ma remarque qu’à 3km/h on aura une marche de 9h, l’ont remis en marche et l’après-midi nous avons bien marché. T refuse toujours de faire des étirements parce que “nous avons de la crème pour les maux musculaires”. A Pavie, nous sommes accueillis dans un ostello qui ressemble un peu au 115 en France. Ce n’est pas destiné qu’aux pèlerins mais à tout le monde qui cherche un abri provisoire. Le soir, T a patiné à la patinoire dont il me parlait déjà depuis plusieurs jours. Demain, nous aurons un jour de repos.

 

Dimanche  21 janvier

 

T : n’a pas écrit

 

Robert : Aujourd’hui, nous avons eu un jour de repos à Pavie. Comme T a adoré patiner hier, nous sommes, de nouveau, passés à la patinoire et cette fois-ci, je n’ai pas pu y échapper et j’ai aussi dû mettre les patins. Cela faisait une quarantaine d’années, mais je me suis débrouillé pas mal et je ne suis tombé qu’une seule fois. Mais malgré ce plaisir dans l’après-midi, T a décidé de ne pas vouloir continuer la marche… A suivre…

 

Lundi 22 janvier :

 

T : n’a pas écrit

 

Robert : Ce matin,nous ne sommes pas partis pour les 33 km qui étaient sur le programme. T était toujours convaincu de vouloir abandonner, mais malheureusement après un jour de réflexion et des appels avec son éducatrice référente et sa maman, il a décidé de reprendre et de continuer la marche. Demain 33 km.

 

Mardi  23 janvier :

 

T : Aujourd’hui, je me suis réveillé à 6h45. J’ai pris mon petit déjeuner et nous sommes partis pour mon 9ème jour de marche. On a été de Pavie à Miradolo Terme. On a fait 33 km environ. C’est 203 km au total. Je commence à avoir des ampoules. Il fait froid dans notre gîte.

 

Robert : Aujourd’hui, on avait une marche 33 km, alors nous sommes partis à 7h15. Heureusement, il faisait super beau et l’après-midi, nous avons même marché en short. Quand nous avons mangé à midi devant un supermarché, un homme nous a donné un sac de clémentines et d’oranges de ses propres courses, tellement il était impressionné par notre effort. Après s’être perdus deux fois, on est enfin arrivés au gîte à 18h30 où il n’y a pas de chauffage (il gèlera de 2 degrés cette nuit)


Mercredi 24 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 10ème jour de marche. Je me suis réveillé à 9h. J’ai pris mon petit déjeuner et j’ai été prendre ma douche. Nous sommes partis vers 9h15 pour aller de Miradolo Terme à Orio Litta. On a fait environ 15 km, soit 218 km au total. Nous sommes arrivés à Orio Litta où nous avons découvert notre gîte. Il fait  environ 210 m2 ce qui est très grand pour deux petits pèlerins, puis nous avons fait des courses car ce soir, je cuisine.

 

Robert : Même si le gîte n’était pas chauffé la nuit dernière, les lits étaient super confortables et les couvertures super chaudes. En fin de compte, nous avons alors très bien dormi. La marche n’était que de 15 km et il faisait très beau. A Orio Litta, nous avons été accueillis dans un gîte magnifique, environ 150 m2 sur trois étages pour 10 lits. Le gîte était complètement équipé : cuisine, lave-linge, une batterie de douches, plusieurs WC etc…et dans cette cuisine, T nous a fait un plat impressionnant de pâtes au fromage avec du poulet.

 

Jeudi 25 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 11ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h10. J’ai pris mon petit déjeuner et nous sommes partis de Orio Litta à Mortale (quartier de Piacenza).La route était longue et dure, c’était du béton. J’avais mal aux mollets et aux genoux. Je me suis beaucoup plaint. On a marché environ 30 km, donc 248 km au total depuis le début de la marche.

 

Robert : Le contraste est surprenant : hier matin, nous nous sommes réveillés dans un gîte de rien, mais super reposés grâce aux lits plus que confortables. Ce matin, nous sommes réveillés dans un gîte de dingues, mais mal reposés à cause des lits pas du tout confortables. En plus de ça, la marche d’aujourd’hui était longue et ennuyeuse. T a râlé tout l’après-midi et à un moment,donné j’ai pensé qu’il n’allait plus continuer. Moi aussi, j’étais “épuisé” mais je ne lui ai pas avoué. Il pourra le lire  quand il rentrera chez lui dans deux mois et demi. Le gîte d’aujourd’hui est, de nouveau, spartiate et non chauffé.


Vendredi 26 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 12ème jour de marche. Je me suis réveillé à 6h45.On a été prendre le petit-déjeuner au bar et nous avons commencé la marche à 8h15. Nous avons été de Mortale à Fiorenzuola d’Arda. On a fait environ 25 km. Cela fait 273 km au total. Un peu avant l’arrivée, on a rencontré un homme qui nous a invité à rentrer chez lui, mais nous avons refusé car nous avions encore 6 km à faire.

 

Robert : Ce jour a commencé avec un petit déjeuner type, dans un bar :  pain au chocolat avec un café. J’adore le café italien : tout petit,  mais fort. Ce matin, pour la première fois, nous avons marché une heure en silence. A partir de la deuxième semaine, nous devrons faire ça deux fois par jour pour permettre à T (et pour les autres jeunes Seuil) de réfléchir sur sa vie. Mais on a commencé une fois par jour pendant quelques jours car pour T c’était déjà assez compliqué, mais il a tenu et même quand on a trouvé un banc pour la pause de midi après 55mn, il ne m’a pas  parlé pendant 5mn pour ne pas rater le défi. Ce soir, nous avons revu l'itinéraire pour les jours à venir pour nous assurer que nous aurons bien un hébergement pour les nuits suivantes, mais ça va nous rajouter trois jours pour arriver à notre étape de repos.

 

Samedi 27 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 13ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h45.Nous avons déjeuné au bar et nous sommes partis à 8h30 de Fiorenzuola d’Arda à Fidenza. On a fait une vingtaine de kilomètres. A un moment donné, nous nous sommes trompés de route, mais un monsieur a couru vers nous  pour nous indiquer la bonne direction; On a fait au total 293 km.

 

Robert : Aujourd’hui, T n’était pas de nouveau motivé. Nous avons marché toute la journée pour une vingtaine de kilomètres. Arrivés à Fidenza, nous n’avions pas d’autre choix que de prendre un hôtel, parce que le gîte pour pèlerins était fermé depuis 2018. Demain, nous avons, de nouveau, 20 km à faire et nous devons arriver avant 16h parce qu'après, il n’y aurait plus personne pour nous accueillir. De plus, nous attaquons les premières montagnes demain. J’espère que T sera plus motivé qu’aujourd’hui.

 

Dimanche 28 janvier :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 14ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h30 et on a déjeuné dans la chambre, puis on a fait nos sacs et nous sommes partis à 8h de Fidenza à  Medesano. On a fait environ 20 km soit 323 km. On a vu les premières montagnes. On a monté un peu jusqu’à 250 m. Finalement, fini l’Italie et bonjour l’Espagne.

 

Robert ; T a super bien marché aujourd’hui (moi aussi). Nous devions arriver au gîte avant 16h et à 14h48, j’ai envoyé le texto à Seuil pour annoncer notre arrivée. Nous étions très contents de nous-mêmes, mais en cherchant des hébergements pour les jours à venir nous sommes, de nouveau, tombés sur des hébergements fermés. La via Francigena passe par des petits villages où les hébergements pour les pèlerins ne sont ouverts qu’en été. Nous avons alors appelé Seuil pour une solution et cette solution est que nous partons en Espagne demain pour continuer la marche. Plus de détails pour la suite demain.


Lundi 29 janvier :

 

T : Aujourd’hui, nous n’avons pas marché. On a pris le bus de Medesano à Parme et sommes arrivés à la gare de Parme pour prendre le train en direction de Milan. A notre arrivée, nous avons cherché un AirBnb, puis nous avons été manger.

 

Robert :  Aujourd'hui, nous avons commencé notre transfert vers l’Espagne, alors il n’y a pas beaucoup à raconter. Nous avons pris le bus de Medesano à Parme, puis le train de Parme à Milan. A Milan, j’avais réservé un AirBnb et nous avons mangé dans le quartier chinois.

 

Mardi 30 janvier : 

 

T : Aujourd’hui, on s’est réveillés à Milan, puis nous avons été à la gare prendre un train pour Lausanne en Suisse, puis on a pris le train pour Paris Gare de Lyon; Nous avons marché jusqu’à une librairie pour acheter un livre. J’ai été manger à O'Tacos. Ensuite, nous sommes allés à la gare de Paris Austerlitz prendre notre train couchette à 22h12.

 

Robert : Aujourd’hui, était un autre jour de notre transfert de l’Italie en Espagne. Nous avons pris le train de Milan à Lausanne, puis le train de Lausanne à Paris. A Paris, T a mangé un tacos et moi un pita keftedes. Le soir, nous avons pris le train couchettes vers la frontière espagnole.

 

Mercredi 31 janvier :

 

T : Aujourd’hui, on est arrivés ce matin à Saint Jean Pied de Port. On a été à l’accueil pèlerins “Les Amis du Chemin de Saint Jacques”. Ensuite, on a été faire des courses, puis sommes allés à l’Office de Tourisme pour appeler un taxi pour Roncesvalles en Espagne. Arrivés au gîte, nous avons  rencontré plusieurs pèlerins sympas.

 

Robert :  Cette nuit, nous avons très mal dormi dans le train couchettes. Les lits étaient trop petits, les sacs à dos trop grands et les autres voyageurs faisaient trop de bruit. Mais ce matin, nous sommes arrivés à Bayonne où nous avons pris le dernier train de ce voyage : celui pour Saint Jean Pied de Port. Nous avons acheté nos credentials pour le Chemin de Saint Jacques et nous avons pris un taxi à Roncesvalles où nous attaquons le Camino Frances demain.

 

Jeudi 1er février :

 

T : :Aujourd’hui, j’ai fait mon 15ème jour de marche et mon 1er jour en Espagne. Nous avons marché 21,7 km. C’était assez simple. Je me suis réveillé à 7h30. Arrivés au gîte du soir, on était avec le même groupe de pèlerins que la veille. Ensuite, on a été au tabac (tobaccos) où l’on a attendu au moins 30 mn pour que ça soit,au final, fermé.

 

Robert : Nous avons commencé notre chemin en Espagne. La première étape était assez simple : surtout des descentes et peu de montées. Les paysages sont magnifiques. J’adore le Pays Basque et je suis content d’être de retour. Nous avons tous les deux un peu de difficultés à changer de l’italien à l’espagnol. On commençait à apprendre l’italien et maintenant nous disons “bongiorno” et ”grazie mille” aux espagnols.

 

Vendredi 2 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 16ème jour de marche. Je me suis réveillé à 6h45. J’ai déjeuné à 7h30. Nous sommes partis. On a fait 21,8 km. C’était facile. Je crois que je commence à apprécier cette marche. On a vu de jolies rivières. J’ai adoré, ça devient de plus en plus simple pour moi, je me sens mieux en Espagne.

 

Robert : Il y a deux jours à Saint Jean Pied de Port, T a voulu dépenser son argent de poche en chips et en chocolat. Il allait arrêter de fumer pour la troisième fois. Évidemment, hier, il n’avait plus envie d’arrêter de fumer, mais nous n’avons pas croisé un bureau de tabac de toute la journée. Et aujourd’hui, le premier bureau de tabac se trouvait à Pamplona, notre terminus du jour. T a alors voulu partir à 7h30, n’a pas voulu prendre de pause et il a presque couru jusqu’à Pamplona. Il faisait très beau aujourd'hui, la différence avec l’Italie est de 10°c. Ce soir, nous avons voulu manger un menu pèlerin, mais nous sommes retournés au resto trois fois et à chaque fois la cuisine n’était pas encore ouverte (en Espagne, les horaires sont plutôt des indications que des règles). Alors en fin de compte nous allons manger kebab.

 

Samedi 3 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 17ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h10. J’ai pris mon petit déjeuner, fait mon sac à dos et nous sommes partis. On a fait 24 km. C’était assez compliqué car on avait mal dormi, mais on a réussi à monter à 800 m d’altitude. J’ai une ampoule en-dessous du pied qui frotte; Depuis que nous sommes en Espagne, ça fait en tout 65,5 km.

 

Robert : La marche de Pamplona à Puente La Reina a été plus facile qu’on ne le pensait. Au total, nous avons monté 558m et descendu 485m, mais nous n’étions pas épuisés comme avant. Les mollets commencent à se former. Le soir, T a cuisiné une recette de sa maman et il a invité quelques autres pèlerins pour manger avec nous. Seul souci : il manquait une passoire. J’ai essayé d’égoutter le riz à l’aide d’un essuie-verres et en faisant ça, j’ai gâché la moitié du riz. Mais on s’est bien régalé quand même. T est bien à l’aise dans la cuisine.

 

Dimanche 4 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 18ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h30 et j'ai pris mon petit déjeuner et à 8h30 nous sommes partis. J’avais oublié mon appareil photos, donc nous sommes repartis au gîte le chercher. J’ai pu ainsi prendre beaucoup de photos de très beaux paysages. C’était une marche dure malgré qu’on ait fait que 20,7 km.

 

Robert : Ce matin, au réveil, je découvre qu'une partie de nos courses a été volée du frigo : la moitié du fromage, la moitié du chorizo et un demi-pain sont partis. Pas tous les pèlerins se comportent comme ça. Au début de l’après-midi, je ne vois plus T. Il est parti en avant et pendant presque 45 mn, il est quasiment impossible de vérifier s’il est toujours là. Et c’est déjà la deuxième fois cette semaine. Evidemment, T a tendance à se compliquer la vie parfois. Le temps était tellement beau que T a marché torse nu une partie de l’après-midi.


Lundi 5 février :

 

T : Aujourd’hui, j'ai fait 28 km pour mon 19ème jour de marche. C’était long et dur. J’ai fait 2h de silence dans la journée et cela m’a permis de réfléchir sur ma vie et à ce que je voulais réellement.

 

Robert : La marche d’aujourd’hui était longue (28 km) et présentait quelques sacrées montées. De plus, T n’était pas très motivé. Quand nous sommes arrivés au gîte, les autres pèlerins que l’on avait rencontrés depuis plusieurs jours étaient tous déjà arrivés. Le soir, le propriétaire du gîte a préparé à manger pour tout le monde et nous avons dîné ensemble. C’était un repas agréable et très “camino”. Nous sommes quatre coréens, une italienne, une croate et nous deux.

 

Mardi 6 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 20ème jour de marche. Ce matin, nous sommes partis sans notre petit déjeuner. On a eu plusieurs grosses montées, donc on avait mal partout. C'était dur. On a fait 20,7 km et 132,9 km depuis qu’on est en Espagne, plus les 400 en Italie;

 

Robert : Ce matin, nous sommes partis sans petit déjeuner. Le propriétaire du gîte nous avait dit que le magasin du village devait ouvrir à 8h, mais apparemment le propriétaire du magasin avait décidé autre chose et dans le prochain village, le magasin était aussi fermé. Nous avons alors dû marcher presque 8 km avant de pouvoir manger quelque chose. Nous en avons profité pour bien râler ensemble pendant ces 8 km. Mais après avoir mangé à Viana, tout allait mieux et nous sommes arrivés à Longroño avant l’ouverture du gîte à 15h. Et ce soir, nous nous sommes promis un bon repas.


Mercredi 7 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 21ème jour de marche. Je me suis réveillé à 7h30, j'ai pris mon petit déjeuner, fait mon sac, puis on est parti. Sur le chemin, on s’est arrêté pour m’acheter des cigarettes. Le vent soufflait fort et était froid. On n'a pas tellement eu de montées. C’était plutôt plat, donc très simple. On a fait 28 km/29 km et 159,9 km ou 160,9 km depuis l’Espagne).

 

Robert : Cette nuit, on n’était que trois pèlerins dans l’auberge de Logroño. Alors nous sommes sortis à trois pour manger. Aujourd’hui, la marche était longue et ennuyeuse. La météo s’est dégradée aussi, pas de short aujourd’hui. Une pèlerine m’a même dit qu’il y avait possibilité de neige la semaine prochaine. Heureusement, nous avons toujours nos vêtements d'hiver dans le sac à dos. L’auberge de ce soir est un donativo à Najera et nous le partageons avec le groupe de pèlerins qu’on connaît depuis une semaine maintenant.

 

Jeudi 8 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 22ème jour de marche. C’était simple. On a marché 27 km. Le soir, on a assisté à une messe et on est allé dans le centre de l’église et récité un poème et souhaité “bon chemin”.

 

Robert : Selon notre plan de marche, nous devions aller à Santo Domingo aujourd’hui, mais l’hospitalier de notre gîte d’hier soir, nous a conseillé d’aller à Grañon, alors nous avons décidé de pousser 6,5 km plus loin. La marche n’était pas très spéciale, elle était longue, il y avait quelques montées et descentes avec beaucoup de vent. Le gîte était spécial, c’est un donativo dans une église. L’hospitalier (la personne qui tient le gîte) a fait un dîner pour nous, mais avant le dîner, les pèlerins ont été invités à la messe dans l’église où nous avons été bénis, ainsi que notre chemin.

Après le dîner, nous avons fait un rituel où chaque pèlerin devait partager quelque chose qu’il voulait dire dans sa propre langue. Demain matin, nous partagerons le petit déjeuner ensemble.

 

Vendredi 9 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 23ème jour de marche. Si je peux dire assez simple. On a fait 23,9 km. On est passé par huit villes, on a eu du mauvais temps avec de la pluie à certains moments. Demain, grosse journée. On va monter à 1100 m d’altitude et redescendre à 950 m. Heureusement, on arrive à notre jour de repos après-demain.

 

Robert : Cette nuit, nous avons dormi par terre (bien sûr sur des matelas évidemment). Mais j’ai dormi étonnamment bien. Le jour commence par un petit déjeuner partagé avec les autres pèlerins et après ce sont de longs chemins droits, du vent et même un peu de pluie. A midi, nous prenons le temps pour un hamburger pour T et une pizza pour moi. Ensuite, c’est encore la même chose. Et à 15h, nous arrivons au gîte, juste avant qu’il ne commence vraiment à pleuvoir. Le gîte se trouve à l’étage d’un restaurant, alors on mange un menu pèlerin.


Samedi 10 : pas de blog

 

Dimanche 11 février :


T : n’a pas écrit

 

Robert : Comme T marche seulement lorsqu’il trouve qu’il doit marcher et non pas pour apprécier la marche, ça devient pour moi aussi de plus en plus difficile d’en prendre du plaisir.  T est toujours pressé pour arriver au gîte le plus tôt possible et ses seuls sujets de conversation sont le nombre de kilomètres qu'il nous reste et le nombre de cigarettes qui lui reste. Aujourd’hui, après une marche de 20 km dans un vent fort et froid, nous sommes arrivés à Burgos où nous aurons un jour de repos demain.

 

Lundi 12 février : 

 

T : Aujourd’hui, on a fait notre jour de repos à Burgos. On est parti du gîte ce matin pour acheter le petit déjeuner et sommes allés à l’Office de Tourisme. On a fait un tour, sommes allés au Musée militaire. C’était trop bien. On a mangé des pizzas et nous avons visité la cathédrale. C’était pas mon kiff, alors j’ai pas trop aimé.

 

Robert : Jour de repos à Burgos. Malheureusement, les espagnols ne travaillent pas le lundi, alors toutes les activités étaient fermées, alors que T parlait depuis une semaine déjà de faire du karting à Burgos. Nous avons dû nous contenter d'une visite du musée militaire et d’une visite de la cathédrale, ce qui était tout à fait intéressant, mais ce n'était pas du karting… Alors maintenant T s’est mis le défi d’atteindre Léon en 5 jours pour pouvoir faire du karting dimanche prochain. Et  ça veut dire 3 jours de plus de 30 km et même 2 jours de plus de 40 km cette semaine. Ça va être dur.


Mardi 13 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 26ème jour de marche. C’était dur. On avait 31,3 km à faire. J’ai eu du mal. La chose positive est qu’on a beaucoup rigolé avec Robert sur le chemin. C'était plutôt assez cool. On a eu de la pluie à un moment et j’ai découvert que j’avais un couvre-sac dans une pochette de mon sac à dos. J’ai une douleur au tendon gauche du pied. Ça fait mal, mais bon, on continue, on ne s’arrête pas en si bon chemin.

 

Robert : Aujourd’hui était le premier jour de Burgos - Léon en cinq jours. C’est une marche de presque 32 km, mais heureusement c'était plutôt plat ici. Nous étions fatigués, mais vers 17h, nous sommes arrivés au gîte. Nous avons mangé au gîte avec les autres pèlerins (3 italiens, 2 coréens, 3 allemands, 1 autrichien et nous). Et après, tôt au lit parce que  demain c’est presque 35 km.

 

Mercredi 14 février

 

T : La journée a été dure. Je suis fatigué. Nous avons fait 34,5km

 

Robert : L’attaque de Léon est terminée avant même d’avoir commencé… La marche était de presque 35 km et après la marche de 32km d’hier, c’était trop pour T. 10km avant la fin déjà, il me suppliait de faire une courte marche demain, ce qui est en fait pas si mal que ça, parce qu’il n’est pas facile pour T d’admettre qu’il a mal jugé quelque chose. Je lui ai dit de le mettre dans son blog, mais je suis sûr qu’il ne l'a pas fait. Demain, nous marcherons 20 km au lieu de 40.


Jeudi 15 février : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 28ème jour de marche. C'était assez simple, mais la fatigue était présente. On avait 19.8 km à faire. Je les ai faits facilement, mais avec beaucoup de pauses. La météo était parfaite durant la marche mais lorsque nous sommes arrivés, il s’est mis à pouvoir. Toute la matinée, nous avons marché avec un italien qui est dans le même gîte que nous. Il parle un peu le français, alors nous avons pu discuter. Il a proposé de cuisiner pour nous, alors je l’ai aidé. Nous avons mangé un plat typique de la Sicile. C’était vraiment bon. Résumé :  la journée a été cool.

 

Robert : Quand on cherche des photos du chemin de Saint Jacques sur internet, on trouve des images, des endroits super pittoresques et des pèlerins avec de grands sourires. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les kilomètres tout droit, le long d’une autoroute. Et ça, c’est la marche que l’on avait aujourd’hui. C’était assez facile parce que c’était tout plat, mais ce n’était pas très agréable. Ce soir, notre nouvel ami italien, Michael, a fait des pâtes pour nous trois et T l’a  aidé.

 

Vendredi 16 février : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 29ème jour de marche. La difficulté était mitigée, on devait faire 29 km. On les a faits en environ 6h. La route était assez ennuyeuse, car c’était tout droit tout le temps. On a aussi fait beaucoup de pauses. Heureusement, nous avons eu le soleil pour avancer plus vite. Nous avons re-croisé le monsieur italien sur le chemin, alors nous avons marché une petite partie de l’après-midi. Finalement, nous sommes dans le même gîte et il y aussi un autrichien..Résumé de la journée : ce n'était pas la meilleure

 

Robert : Aujourd’hui, c’était un peu comme hier : tout droit, tout droit, tout droit. Mais heureusement, après une heure, l’autoroute a pris un tournant et le soleil a fait son apparition. Nous avons pu marcher en short tout l’après-midi. Le soir, nous nous sommes arrêtés dans un tout petit gîte où l’hospitalier parle sept langues et converse avec tout le monde dans la langue de chaque personne.

 

Samedi 17 février :

 

T : J’ai appris une mauvaise nouvelle. Je n’ai pas la tête à écrire. On a fait 22 km

 

Robert : Selon la description que j’ai trouvée sur internet, notre gîte de ce soir a une cuisine. Par contre, il n’y a pas de magasin dans ce village. Nous faisons alors nos courses pour le repas du soir à 10 km du gîte et T  les porte dans son sac à dos. Pour découvrir à l’arrivée que la cuisine a été fermée pour le covid et n’a jamais été ré-ouverte. Nous pouvons alors jeter la viande et devons porter les autres courses une autre journée. Nous mangeons un menu pèlerin dans le seul restaurant du village.

 

Dimanche 18 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 31ème jour de marche. C’était assez simple, mais très ennuyeux, c’était encore tout droit. On a fait pas mal de pauses. On a eu du soleil toute la journée. Ce soir, nous sommes plus que d’habitude dans le gîte, il y a même un français et  nous avons une cuisine, alors pour me vider la tête, je vais faire des pâtes au fromage avec une salade et des tomates. Mon mental ne va pas trop bien en ce moment, mais je continue pour atteindre mes objectifs.

 

Robert : Ce matin, T me fait (de nouveau) la gu…. au réveil et il refuse de s'excuser, trouvant que je dois comprendre que sa vie est super dure. Nous marchons alors silencieusement pendant la plupart de la journée, ce qui me va très bien, parce que, moi aussi, j’ai à réfléchir sur mon avenir. Et comme de plus, il fait super beau, alors c’est une belle promenade dans ma tête et dans le soleil. Le soir, T a fait des pâtes pour nous et Michael, l’italien, qu’on connaît depuis une semaine maintenant


Lundi 19 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 32ème jour de marche. C’était vraiment dur. On a dû faire 24 km pour arriver à Léón. On a fait beaucoup de pauses. On a eu du soleil toute la journée. La vue à l’entrée de Léón est magnifique. On voyait toute la ville. Ce soir on a été manger au McDo, puis nous sommes allés au cinéma regarder le film Argylle, même si c’était en espagnol, c'était assez cool. La séance a duré de 22h à 00h00, alors nous sommes rentrés  tard.

 

Robert : En route vers Léón aujourd’hui où nous aurons un jour de repos. Il fait beau et le chemin est plat et pas trop long. Les derniers kilomètres, nous marchons avec Michael, pour lui donner un peu de support moral. Il a mal à sa jambe et il avance difficilement. Pour prendre une avance sur notre jour de repos demain, nous allons au cinéma dans la soirée.C’est la séance de 22h et à 5 km du gîte, alors nous rentrons au gîte à 1h30.

 

Mardi 20 février

 

T : Aujourd’hui, nous avons fait notre jour de repos à Léón.; j’ai pu dormir, ça m’a fait du bien. On est allé chercher un petit déjeuner dans une sorte de boulangerie. On a pris notre douche et nous sommes partis manger. Après on est allé devant la cathédrale et j’ai acheté un souvenir pour ma mère. Le soir, on s’est fait inviter à manger par deux italiens. C’était bien.

 

Robert : Jour de repos à Léón. Comme nous sommes rentrés tard hier soir, la journée commence tranquillement : chercher un croissant à la panaderia, retour au gîte, café, petit déjeuner. Vers midi, nous partons vers le centre ville, parce que T veut faire des photos de la cathédrale. Mais, évidemment, il oublie son appareil photo…. Alors nous mangeons un menu du jour au resto, faisons un tour au centre ville et rentrons au gîte. Michael a trop mal à sa jambe et décide de retourner en Italie. Pour dire au revoir, il propose de nous cuisiner un risotto et T l’aide. Giovanni, un autre pèlerin qui vient d’arriver, mange avec nous. Et comme je n’ai pas aidé à la préparation, je fais la vaisselle.

 

Mercredi 21 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 33ème jour de marche. C’était vraiment simple. On a fait 21 km pour aller de Léón à Villadangos. Nous n’avons pas fait beaucoup de pauses. On n’a pas eu un mauvais temps. Ce soir, nous sommes trois dans le gîte, il y a un italien avec nous. La dame qui nous a accueillis au gîte était super sympa. Elle nous a même fait un bon plat à manger, un bon petit déjeuner aussi et a même plié nos vêtements que nous avons pu laver.

 

Robert : Le jour ne commence pas  bien : la moitié du petit déjeuner de T a été volée du frigo. De plus, je n’ai presque pas dormi parce qu'il y avait du bruit dans le dortoir toute la nuit (appels, messages, allers-retours). Je commence alors avec une très mauvaise humeur. Le chemin n’aide pas non plus, des kilomètres de ville pour sortir de Léón et ses villes satellites. Mais tout change quand nous arrivons à Villadangos del Paramo vers 15h : un gîte magnifique avec une hospitalière très gentille qui nous propose le dîner et le petit déjeuner et l’utilisation du lave-linge et du sèche-linge, le tout à base de donativo. Nous mangeons à quatre parce que Giovanni est le seul autre pèlerin au gîte. Et après, nous nous préparons pour une nuit longue et tranquille. Demain 29 km.

 

Jeudi 22 février

 

T : Aujourd’hui, nous avons fait notre 34ème jour de marche. C’était vraiment très compliqué. On a fait beaucoup de pauses. Ce jour, c’était 29 km avec beaucoup de vent et un peu de pluie. On a été de  Villadangos à Astorga. Ce soir, j’ai connu une autre version de Robert, il a voulu me faire goûter une de ses recettes. Il était vraiment content en voyant que j’ai aimé, ça l’a rendu très souriant et on a passé une bonne soirée.

 

Robert :  Après le petit déjeuner ce matin, nous sommes partis avec un câlin de l'hospitalière. Un bon début de journée, mais vers la fin de la matinée, le vent a commencé à souffler et dans l’après-midi, nous avons dû nous battre pour avancer. Heureusement au milieu de ce vent, et au milieu de nulle part, nous avons trouvé une petite oasis “El Jardin Del Alma”. C’est un endroit créé par les pèlerins pour les pèlerins. Il y a un étal plein de café, thé, tisane, même du lait et des céréales et une table pleine de fruits. Tu peux prendre ce que tu veux et si tu veux, tu peux laisser une pièce pour payer. Ça nous a donné la force pour continuer jusqu’à Astorga. Et  ce soir, c’était mon tour pour cuisiner, alors j’ai fait mes fameuses pâtes à la sauce poulet-pesto.


Vendredi 23 février : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 35ème jour de marche. C’était       assez dur malgré que nous n’ayons fait que 20 km, car il y avait un vent fort et aussi de la neige. Ce n’était pas vraiment cool, la neige en marchant. On a été de Astorga à Nasbinals del camino.

Ce soir, nous sommes 6 dans le gîte. Il y a 1 coréen, 3 australiens et nous. On a été manger dans un bar, de la langue de bœuf, avec un groupe de pèlerins. Ça faisait longtemps. C’était cool. 

 

Robert : C’est de la folie ; il y a une semaine, nous avons marché en short et aujourd'hui, c’est la neige. Heureusement, ce n’était pas tout le temps, mais avec le vent qui soufflait bien, pas de possibilité de se réchauffer.

Positif : la neige ne tenait pas

Moins positif : les chemins pleins de flaques d’eau.

Le gîte a une cuisine, mais il n’y a pas de supermarché, alors nous sommes forcés de dépenser trop d’argent pour un resto.

 

Samedi 24 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 36ème jour de marche. Le début était dur. On marchait dans la neige qui montait jusqu'aux genoux et ça tirait sur le mollet. On a fait 26 km de Nasbinals del Camino à Molinaseca. Ce soir, nous dormons dans un hôtel, alors nous ne sommes que deux. J’ai re-cuisiné la recette de ma mère, c’était vraiment bien. On est monté encore plus haut dans les Pyrénées, à 2502 m d’altitude.

 

Robert :  Il a bien neigé cette nuit, il y a 30-40cm de neige. Au début, nous avons essayé de suivre le chemin officiel, mais c’était dur. On s’enfonçait jusqu’aux genoux dans la neige, alors nous avons décidé de suivre la route. Le gîte le plus proche était à 35 km, ce qui est déjà trop quand il ne neige pas, alors nous avons été forcés de prendre une chambre d’hôtel. Heureusement, il y avait une cuisine, alors pas de resto. T a fait le dîner et avant de s’endormir il a exceptionnellement eu droit de regarder un peu la télé. Il n’en comprend rien, parce que c’est en espagnol, mais il est content.

 

Dimanche 25 février


T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 37ème jour de marche. C’était simple. On a enfin plus de neige, mais de la pluie. On a fait environ 10 km de Molinaseca à Ponferrada. On a marché presque toute la route en ville. Arrivés, on a dû attendre 15h que l’hôtel ouvre et en plus les douches étaient froides. Ce soir, on a mangé un kébab.

 

Robert : Aujourd’hui, nous avons fait une marche de 10 km seulement. Les dernières semaines, nous avons dû dévier un peu du plan de marche de Seuil, à cause des gîtes fermés pour l’hiver. Mais à partir de Ponferrada, nous allons pouvoir reprendre le plan original (avec 3 jours d’avance). Nous en profitons pour dormir un peu plus longtemps et prendre le temps pour un petit déjeuner dans le bar de l'hôtel. Après seulement 10 km de marche, nous sommes arrivés au gîte de Ponferrada, mais celui-ci n’ouvrant pas avant 15h30, nous avons tué le temps en nous promenant en ville mais comme c’était dimanche, les magasins étaient fermés. Nous terminons ce jour par un kébab.


Lundi 26 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 38ème jour de marche ; c'était plutôt facile, sauf qu’il a plu pendant toute la marche et lorsqu’on est arrivés, gros soleil. J’étais dégouté. On a fait 23 km de Ponferrada à Villafranca. Ce soir, nous dormons dans une gîte avec une dizaine d’autres pèlerins. Nous avons mangé au gîte tous ensemble. C’était vraiment cool. Un espagnol m’a même dit que je parlais bien l’espagnol.

 

Robert : Aujourd’hui, c’est un jour de pluie et de vent froid. Et comme j’ai oublié mon imperméable hier matin au gîte, je n’apprécie pas trop cette journée. Mais en arrivant au gîte, le soleil a fait son apparition, dans plusieurs sens. Pour commencer le soleil fait son apparition, le prix du gîte est tout à fait raisonnable, le dîner et le petit  déjeuner sont inclus, et le lit à côté du seul radiateur est encore libre, et la douche est brûlante.

Demain, 28 km et dans les derniers 10 km, on monte de 600 m à 1300 m.

 

Mardi 27 février :

 

T : Je suis fatigué. On a fait 28 km avec 10 km de montées en montagne.

 

Robert : Même si c’était une longue marche avec beaucoup de montées, la marche d’aujourd’hui n’était pas aussi dure que prévu. Il faisait beau et les vues étaient spectaculaires. Ce soir, un menu pèlerin au resto.


Mercredi 28 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 41ème jour de marche. C’était simple. On a commencé la journée en marchant dans la neige (on était dans les montagnes), le temps était bien. Aujourd’hui, on a fait 20 km de O’Cebreiro à Triacastela..Ce soir, on a eu notre responsable du suivi des marches au téléphone. Demain, je commence ma marche en autonomie. Trop bien !!!

 

Robert : Aujourd’hui, nous sommes de nouveau partis dans la neige jusqu’aux chevilles. Mais comme ça fatigue, nous avons décidé de suivre la route. Un chien nous a accompagnés pendant presque 15 km et nous ne pouvons qu’espérer qu’il a retrouvé le chemin pour rentrer chez lui. Demain T marchera son premier après-midi seul. Ça va nous faire du bien à tous les deux.

 

Jeudi 29 février :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 41ème jour de marche. J’ai eu des moments durs et d’autres simples. Je me suis trompé deux fois pendant ma marche en autonomie qui a commencé vers 12h après le déjeuner avec Robert, ça m’a permis de me sentir libre et de bien réfléchir à ma vie.Je suis arrivé 1 heure avant Robert, alors en attendant j’ai lavé mes vêtements et pris ma douche pour mon plus grand bien. J’ai fait 18 km de Triacastela à Sarria.

 

Robert : Oh la Galice où il pleut toujours. Je me sens presque chez moi en Bretagne. Aujourd’hui, c’était le premier jour que T marchait seul. A 12h30, après notre pause de midi, il est parti vers Portomarin et moi je l’ai suivi une heure plus tard. Je l’ai retrouvé devant le gîte où il avait réussi à expliquer à la réceptionniste que son éducateur suivra plus tard pour payer. En route, il s’est trompé deux fois, mais il a réussi à retrouver son chemin. Une bonne première expérience alors. Et marcher seul nous a fait du bien à tous les deux.

 

Vendredi 1er mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 42ème jour de marche. C'était simple. Il a beaucoup plu.C’était assez embêtant. Je ne suis pas trempé. Pendant ma marche en autonomie, j’ai aussi beaucoup réfléchi sur mes projets après la marche. Ce soir, il y a enfin une cuisine équipée dans le gîte. On a été de Sarria à Portomarin. On a fait 24 km.

 

Robert : Un autre jour de pluie. Tellement que j’ai dépensé 30 €  pour un nouvel imperméable. L’après-midi, T a, de nouveau, marché seul et nous l’avons de nouveau apprécié tous les deux.

 

Samedi 2 mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 43ème jour de marche. Il n’y a pas beaucoup de rencontres. Comme d’habitude de la pluie, mais c’est normal, nous sommes en Galice. J’ai refait une fin d’étape en autonomie. Je ne me suis pas trompé sauf de gîte, mais normal, il y a deux auberges gérées par la  Xunta de Galicia ici. (le gîte est une sorte d’association pour pèlerins). On a marché 16 km de Montmarin, belle ville d’ailleurs, à Palas de Rey un peu moins beau

 

Robert : Froid, pluie, grêle


Dimanche 3 mars : 

 

T : Je suis fatigué. On a fait environ 30 km de Palas de Rei à Arzua

 

Robert : n’a pas écrit :

 

Lundi 4 mars : 0’Pedrouzo

 

T : J’ai très mal dormi. Je suis encore crevé. On a fait 20 km.

 

Robert : n’a pas écrit

 

Mardi 5 mars :  Santiago

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 46ème jour de marche. C'était Assez simple, un tout petit peu de pluie, sinon soleil. Le matin, Robert m’a énervé, alors j’ai pris mon sac et je suis parti en autonomie. Je l’ai attendu à lavacolla qui veut dire machine à laver. Aujourd'hui, on a fait 20 km de O’Pedrouzo à Santiago de Compostelle. J’ai eu mon premier diplôme et j’en suis fier.

 

Robert : Ce matin, T a, de nouveau, marché seul. Cet après-midi, nous sommes arrivés à Santiago de Compostelle ensemble. Nous sommes quatre, en fait, parce que nous avons marché avec Bernard et son chien Bozo qui sont partis de Chambéry. Devant la cathédrale, nous avons revu Giovanni, l’italien qui était toujours sur son portable et nous avons revu Marco, le coréen avec qui T avait joué aux échecs il y a un mois et qu'on avait perdu de vue. C’était des sourires et des câlins partout, parce qu'ils avaient tous complété leur marche à Saint Jacques de Compostelle. Mais pour nous, il nous reste encore presque un mois de marche.

Demain, nous avons un jour de repos et après c'est Fisterra et puis la via de la plata en à l’envers.

 

Mercredi 6 mars :

 

T : Aujourd’hui, jour de repos à Compostelle. On a changé de gîte. Ce matin on a attendu jusqu’à 13h pour être admis, puis on a été au kébab et avons été rejoindre notre responsable de marche qui nous a rejoint au centre-ville, puis on s’est baladé toute l’après-midi. C’était cool.

 

Robert : Jour de repos à Saint Jacques de Compostelle. Il n’y a pas beaucoup à raconter. A midi, T voulait, de nouveau, un kébab (après cette marche, je ne mange plus au kébab) et dans l’après-midi, Sylvie, responsable de marche, nous a rejoints pour marcher à Fisterra avec nous.

 

Jeudi 7 mars : Negrera

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 47ème jour de marche. C'était vraiment compliqué. On a fait 33 km de marche. En sortant d’un jour de repos, ce matin on a pris deux bus, le premier de Compostelle à une ville à 6h25 et de cette ville à Negrera où on a recommencé à marcher. Il y avait beaucoup de montagnes à monter.

 

Robert : n’a pas écrit

 

Vendredi 8 mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 48ème jour de marche, c’était simple, le truc embêtant c’est que le temps était pluie-soleil. On a été boire un café et un chocolat chaud qui s’appelle en Espagne Cola Cao dans un bar tellement il faisait froid dehors. On a fait 24 km en démarrant de Oliveira sur le camino. Cet après-midi, la dame du gîte nous a dit que nous sommes les premiers pèlerins de l’année à s’arrêter ici.

 

Robert : Mon dernier blog. J’ai un peu marre de la négativité que je reçois quand je rappelle T qu’il est censé écrire un blog tous les jours : il écrit toujours le moins possible, et c'est moi qui dois noter tous ses souvenirs. Et la négativité ne se limite pas aux blogs ; c’est pareil pour la gestion des comptes, pour la préparation des marches, pour les réveils, pour les marches, pour les heures de silence, pour la météo etc… Alors je trouve que j’ai le droit d’en avoir un peu marre. Il reste trois semaines de marche. J’espère que T vous tiendra au courant. Pour moi, je vous remercie de m’avoir lu et je vous dis adieu.


Mardi 12 mars : Saint Jean de Compostelle

 

T : Aujourd’hui, on a fait un jour de repos à Saint Jean de Compostelle. On a été à Décathlon, puis on a marché jusqu’à la cathédrale, on s’est posé, une heure après on a été mangé et revoir la cathédrale de l’intérieur. Puis on s’est posé à différents endroits. On a été faire des courses et sommes allés chez le coiffeur pour Manu, et on est rentrés au gîte.

 

Emmanuel : Arrivé hier, ce matin après avoir salué Sylvie, responsable de marche, tentative infructueuse d’achat chez Décathlon, puis nous sommes allés à la cathédrale, nous avons mangé sur place, et nous avons visité la cathédrale, très beau monument. Ensuite, nous avons traîné dans la ville, c’était agréable malgré quelques rencontres hasardeuses avec des marginaux. Nous sommes rentrés vers 17h, avons fait les courses, en somme une belle journée simple et agréable. T est très sympa avec moi.


Mercredi 13 mars :

 

T : Aujourd’hui, j'ai fait mon 51ème jour de marche. C’était très compliqué car on a pris un nouveau chemin, la via de la plata, et pour rajouter encore plus de difficultés, on doit le faire à l’envers. On devait faire 17 km de Santiago à Outeiro, mais on s’est retrouvé à devoir faire 34 km, car ce n’était pas bien balisé et du coup, on s’est perdu deux fois.

 

Emmanuel : Dure, mais belle journée, le soleil était au rendez-vous. Nous avons doublé notre journée de 17 km en passant à 34.

D'abord passage à Décathlon (+ 7 km), puis nous nous sommes perdus, car faire le chemin à l’envers, n’est pas facile (+ 4/5km), puis après être arrivés à l’auberge (+ 6 km) pour pouvoir manger… Nous sommes rincés, mais heureux T a l’air d’avoir apprécié sa journée.


Jeudi 14 mars : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 52ème jour de marche, encore compliqué pour la même raison, il a plu toute l’après-midi, on s’est encore paumés deux fois.

 

Emmanuel : Journée super sympa. Nous nous sommes, à nouveau, perdus, donc + 5 km à ajouter au 17 prévus. La route est sympa. T est cool. Les gîtes sont déserts, c’est plutôt agréable. J’espère que cela va continuer.

De belles choses à vivre en perspective.


Vendredi 15 mars :

 

T : Je suis fatigué. On a fait 20 km que sur la nationale. C’était dur et long

 

Emmanuel : Belle journée, mais cela devient compliqué de marcher dans le sens inverse sans marquage et sans carte. T devient impatient sur le sujet. Belle météo. Nous passons un beau moment. J'espère que cela va continuer comme ça. 

 

Samedi 16 mars : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 54ème jour de marche. c'était dur mais moins que la journée précédente. Le temps n’était pas terrible, pas de soleil, ni de pluie. L’auberge où nous devions aller était fermée alors on a attendu un bus qui n’est jamais arrivé. On a essayé de faire du stop mais sans succès, on a attendu qu’un autre bus arrive.

 

Emmanuel : Belle journée mais un peu dure pour T. Difficile de doubler l’étape car l’auberge initiale était fermée. De beaux moments, nous avons bien rigolé. T a l’air de se plaire ; Il a eu sa famille au téléphone. Il était heureux.

 

Dimanche 17 mars : Ourense

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 55ème jour de marche. C’était simple. Il a fait bon. On a fait 25 km pour aller à Ourense. Demain jour de repos. Ce soir, on a été manger à KFC et je ne sais pas pourquoi j’ai voulu faire de la machine à coups de poings dans une salle de jeux et on s’est retrouvés à tout faire.

 

Emmanuel : Super journée. T est adorable. Il lui arrive de chercher les limites mais il est très sympathique. Nous avons marché jusqu'à Ourense (20 km) très tranquille. Le soir, nous sommes allés à la salle de jeux. Très bons moments, suivis d’une balade en ville, puis T qui adore lire a lu son livre jusqu’à tard dans la nuit.

 

Lundi 18 mars : Salamanque

 

T : Aujourd’hui, on avait un jour de repos, mais on devait quitter l’auberge à 8h, alors réveil très tôt ; nous avons été déjeuner dans un bar et pour faire passer un peu le temps, puis on a été chez le coiffeur et manger au Mcdo. Comme prendre le chemin à l’envers était trop compliqué, nous avons pris le train jusqu’à Zamora et on est arrivés à 16h ; On a attendu un bla-bla car qu’on avait à 20h pour aller à Salamanque où l’on avait appelé son amie, une femme très gentille qui a accepté de nous héberger. On a passé une trop bonne journée.

 

Emmanuel : Nous avons été mis à la porte de l’auberge dès 8h. Nous avons été boire un café. Etant donné que c’était notre jour de repos, nous nous sommes promenés, puis avons été chez le coiffeur, puis Décathlon, Mcdo, ensuite nous avons pris le train pour descendre dans le Sud à Zamora, puis un bla-bla car pour Salamanque. Nous avons été accueillis par une amie, nous avons visité la ville, puis avons été manger. Ensuite, retour à l’appartement. T était HS. Belle journée.

 

Mardi 19 mars : Calzada de Valdunciel

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 56ème jour de marche. C’était assez simple. On a fait 15 km de Salamanque à Calzada de Valdunciel. Il a fait super beau, le soleil tapait fort, en plus j’avais super bien dormi cette nuit et ce matin le réveil était assez cool, donc bon commencement de journée.

 

Emmanuel : Départ matinal de Salamanque, très belle ville, le climat et les paysages sont différents du Nord. T tient ses heures de silence, mais ce n’est pas simple. L’ambiance et le moral sont bons. T fait des efforts et c’est agréable.


Mercredi 20 mars : Zamora

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 57ème jour de marche. C’était simple. Il y avait du soleil. On a fait 20 km à pied et 21 en bus, car l’auberge était trop chère.

 

Emmanuel : Le début de la journée est agréable, malgré quelques rappels à T sur le bien-fondé de sa marche et surtout le sens… Nous avions prévu de marcher 20 km, mais l’auberge étant fermée, il nous restait l’option de l’auberge privée, mais le tarif était prohibitif. Après discussion, nous avons pris un bus pour Zamora. Nous avons pu visiter la ville. J’ai appris à notre retour du dîner, à T le lavage à la main, chose qu’il ne maîtrisait pas. Nous avons été nous coucher dans la bonne humeur, mais grosse chaleur.

 

Jeudi 21 mars : Montamarta

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 58ème jour de marche. C’était assez dur. Réveil tôt ce matin, car on devait partir à 8h. Lorsqu’on est parti, la route de Zamora était pleine de grêlons car il y a eu une tempête dans la nuit. Sur le chemin, je me suis donné à fond en marchant avec mes deux bâtons. On a été super vite et on a doublé tous les pèlerins que nous avons dépassés.

 

Emmanuel : Aujourd’hui, petite journée. La nuit a été rude, gros orage et grêle, nous n’avons pas beaucoup dormi. Nous avons pris la route, nous avons beaucoup discuté avec T, il a commencé à respecter les temps de silence, le retour approche, son appréhension monte. Il est très sympa et touchant, mais parfois ses démons prennent le dessus. J’ai décidé de le challenger, nous avons parcouru les 20 km avec une pause au pas de course. Nous sommes arrivés dans les premiers, T était fier. Nous avons déjeuné, puis avons fait une belle sieste.

 

Vendredi 22 mars : Granja (22,6 km)

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 59ème jour de marche. C’était assez simple. On a fait 22 km, à 12h on a croisé un allemand qui jouait du violoncelle et un groupe de 20 bêtes sont venues le regarder. Après cette balade, ce soir, une folle avait bougé mes affaires et volé mon lit, en plus elle ne voulait pas bouger.

 

Emmanuel : Nous sommes partis un peu tard pour profiter de la route, nous nous sommes reposés en chemin après avoir croisé un troupeau de biches fascinées par un violoncelliste. Puis nous sommes arrivés à l’auberge remplie, les pèlerins étaient tout sauf sympathiques. Petite nuit, un départ à 4h30 pour 48 km, T se fixe de vrais objectifs… (il s’est fait voler son lit et s’est bien comporté).

 

Samedi 23 mars : Santa Marta de Tera (48 km)

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 60ème jour de marche. C’était trop dur. Je m’étais fixé l’objectif de 50 km que j’ai réussi en partant à 4h30 et en arrivant vers 18-19h. C'était long. Beaucoup de pauses. On a même vu une biche de près et courir. Il y a eu de grosses montées et de grosses descentes.

 

Emmanuel. Grosse journée. Nous avons bien discuté et vu de très jolies choses. Je reprends les bases de la vie petit à petit, mais c’est plutôt bien reçu. Nous sommes arrivés assez tard après 13 bonnes heures de route et deux pauses. Arrivés à l’auberge, nous avons pu trouver des plans de dernière minute (matelas au sol) T se porte bien, pas trop abîmé par cette journée.

 

Dimanche 24 mars : Calzadilla de Tera (12 km)

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 61ème jour de marche. C’était simple mais la fatigue et les coups de soleil de la veille étaient encore présents. On est parti ce matin à 8h du gîte et on a été à la messe de l’église à 10h et on a pris le chemin pour 12 km. Ce n’était pas beaucoup, mais j'avais encore mal aux mollets et aux cuisses à cause des coups de soleil que j’ai attrapés hier. 

 

Emmanuel : Petite journée aujourd’hui. T est un peu fatigué et fatiguant. Il a du mal à apprécier la beauté des choses. Je lui rappelle sans cesse de prendre le temps d’apprécier les choses. Nous sommes arrivés dans une auberge proche, simple car celle de demain était full, seulement 8 lits. Demain départ à 4h30 pour arriver les premiers. 


Lundi 25 mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 62ème jour de marche. C’était dur. J’ai fait 25 km. Il y avait beaucoup d’eau et de boue. On est partis à 4h30 du matin, alors je suis fatigué car dans l'auberge, seulement 8 lits, alors on s’est dépêchés.

 

Emmanuel : Départ à 4h30. Nous sommes partis très tôt pour être sûrs d’avoir une place dans l’auberge. Arrivés tôt, nous avons pu profiter de la journée pour nous reposer.

 

Mardi 26 mars : Requejo

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 63ème jour de marche ; c’était super dur. On a dû pousser 13 km de plus et on a donc fait 33 km. Il a fait très froid. On a même eu le droit à de la neige. Ce matin, j’ai vu un troupeau de biches dans la forêt, c’était magnifique. On est partis à 5h du matin et arrivés vers 16h30 environ. Ce soir, on a enfin une cuisine

 

Emmanuel : Aujourd’hui, j’ai poussé T dans ses retranchements. Je savais que l’auberge à 32 km de notre départ était fermée. Deux solutions étaient possibles, soit nous prenions un hôtel et notre budget était à 0 ou T marchait 45 km sous la neige. Nous avons pris cette option. T est fier, même s’il se plaint, il est arrivé jusqu’au bout

 

Mercredi 27 mars : Lubian

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 64ème jour de marche. C’était simple, beaucoup de montées. Batailles de neige avec Manu. On a fait 20 km environ

 

Emmanuel : Petite marche aujourd’hui car grosse tempête de neige. T marche bien, petite mise au point (encore et toujours), mais tout va bien. Nous avons un compagnon de route avec qui T aime passer du temps

 

Jeudi 28 mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 65ème jour de marche. C’était dur sur les premiers 12 km car il n'y avait que de la montée en montagne enneigée et après ces 12 km que de la descente, alors c’était simple. Ce soir, on dort dans une grande ville. Ce matin on est parti à 8h30 environ. Ce soir, j’ai proposé d’essayer d’arriver un jour avant à Ourense. On a fait 23 km

 

Emmanuel : Journée compliquée sous la neige, mais T a le moral. Je lui laisse un peu d’espace et je le pousse à réfléchir. Bientôt la fin.

 

Vendredi 29 mars : 

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 66ème jour de marche. C’était dur car beaucoup de grosses montées et de grosses descentes. Je me suis fait mal à la cheville et j’ai boité toute l’après-midi. On a fait 35 km avec des vues magnifiques. J’ai adoré. Il me reste 2 jours de marche. C’est passé vite en fait, mais je suis content de commencer une nouvelle vie et de bientôt revoir ma famille.

 

Emmanuel : Miracle ! T a mis un pantalon de marche. Bientôt la fin. T commence à apprécier les temps de silence.

 

Samedi 30 mars :

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 67ème jour de marche. C’était dur mais sans plus. Il y a eu de belles vues. On a fait 33 km.

 

Emmanuel : Je fais au mieux pour faire profiter T, mais par moments, il adopte de mauvais comportements. Dommage, à deux jours de la fin. Journée longue pour moi, mais T est heureux de vivre de beaux moments.

 

Dimanche 31 mars : Ourense

 

T : Aujourd’hui, j’ai fait mon 68ème et dernier jour de marche. C’était simple, on a fait 21 km. J’avais très mal dormi cette nuit. Ce soir, le programme est ciné, salle de jeux, Mcdo au KFC. C’était ma dernière journée, enfin.

 

Emmanuel : Dernière journée. J’ai laissé T marcher devant. Le soir, il a été au cinéma, KFC/Mc Donald, puis soirée à la salle de jeux. Il était heureux, mais commence à penser au retour et recommence à faire le cake

 

Lundi 1er avril

 

Emmanuel : Retour en bus à Compostelle sous la grêle, grosse mise au point avec T pour changer, puis nous avons passé un super moment pour la dernière fois à Compostelle. T est vraiment attachant. J’ai beaucoup aimé ce moment.

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