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Marche de Yacxxx

Marche de Yacxxx accompagné par Cédric


Lundi 18 juillet : Paris

Y : Bonjour, je m’appelle Y. J’habite dans une ville du sud, très connue par le foot. J’ai 16 ans.

Je suis à Seuil pour 37 jours. Durant ce séjour, j’ai envie de découvrir de nouvelles choses, découvrir de nouveaux paysages. Je suis arrivé à Paris. J’ai fait la connaissance de Cédric et Anthony. Puis on est allé manger au restaurant. On a marché jusqu’à l’hôtel, puis on est parti dormir.


Cédric : Je m’appelle Cédric et je vais accompagner Y pendant un peu plus d’un mois. J’ai 30 ans et je passe la majeure partie de mon temps en Bretagne tout comme Y. J’aime découvrir de nouvelles choses. C’est pourquoi, j’utilise mon temps libre à la découverte, aux voyages.

Nous nous sommes rencontrés dans les locaux de Seuil, à Paris. Je vais effectuer une deuxième marche avec l’association, la deuxième qui ira au bout

Je suis ravi de faire partie de ce projet et de m’inscrire dans la durée avec eux.

Une fois la présentation faite à Paris, sous une chaleur étouffante, nous avons passé une courte nuit dans un hôtel car il nous fallait prendre les transports pour retourner à Rennes.


Mardi 19 juillet : St Brieuc (22 - Côtes d’armor)

Y : J’ai bien dormi la nuit malgré la chaleur. Je me suis réveillé, j’ai pris le RER pour aller à la gare, puis on a déjeuné avec Paul. On a pris le train jusqu’à Rennes.. On a fait la connaissance de Clémence. Puis on a bu un café et on est parti au box de stockage pour prendre les premières affaires et sommes allés à Décathlon. Ensuite on a mangé avant de reprendre le train pour Saint Brieuc. Avec Cédric, on a fait à manger, puis on est allé dormir.


Cédric : Après quelques heures de sommeil au travers d’une nuit très chaude, nous marchons dans Paris pour descendre dans son sous-sol. Nous traversons des immeubles qui se comptent par dizaines, qui sont si hauts que ça donne le vertige d’en regarder leur hauteur.

Nous descendons dans le métro pour rejoindre la gare Montparnasse. Incroyable prouesse que cette avancée technologique lorsqu’on y pense

Le trio poursuit son chemin dans la chaleur souterraine de Paris. Arrivés à la gare, petit déjeuner express pour ensuite repartir sur Rennes..

Une fois arrivés en terre bigoudène, nous nous équipons pour le grand départ. Le timing est serré, mais respecté. Nous repartons en TGV pour Saint Brieuc, ville de départ de l’aventure qui attend Y et moi. Anthony, un « vieux de la vieille », qui connaît l’association puisqu’il y travaille depuis longtemps, nous accompagne ces premiers jours.

Les premiers pas avec les sacs à dos sont foulés à 18h. Le trio part de la gare pour se rendre à l’auberge de jeunesse située à 3 km. Nous découvrons une magnifique bâtisse en pierre qui forme un U avec un parterre en pierre qui complète ce décor médiéval.

Une fois installés, nous cuisinons Y et moi. J’apprends qu’il aime faire à manger, qu’il aimerait se lancer dans la cuisine ou la pâtisserie. Ce sera l’occasion, durant ce périple de 37 jours, de partir à la rencontre de cette envie.


Mercredi 20 juillet : Binic

Y : On s’est réveillé, on a déjeuné et on a marché jusqu'au camping. Durant la marche, on a bu un café, on a fait une pause sous un arbre, puis on a marché. Il faisait chaud. J’étais un peu fatigué à cause du sac. On a fait beaucoup de rencontres. Arrivés au camping, on a mangé un couscous. J’étais content d’aller dormir.


Cédric : Cette première étape nous époustoufle tant la beauté des paysages est subjuguante. Nous sommes entourés de nature, de sauvage. A notre droite, une mer bleue turquoise digne d’un décor de carte postale.

A notre gauche, des teintes de vert varient selon l’espèce boisée et donne un effet d’immensité. Est-ce ce décor somptueux qui aura rendu l’étape si facile pour Y ? Il aura avalé les kilomètres avec une facilité déconcertante. Le tout sous un bon rythme.

Demain, rebelote avec 27 km au compteur de prévu. Un réveil aux aurores s’annonce !


Jeudi 21 juillet : Lanloup

Y : On s’est réveillé à 6h car on avait beaucoup de kilomètres à faire. L’étape du jour était un peu dure. J’avais beaucoup de kilomètres à faire. Le sac était lourd. A midi, on a fait un sandwich. Le paysage était beau. Les plages étaient belles. Ce soir, on redort dans un camping sous la tente. Je vais m’endormir vraiment tôt soir


Cédric : Les gens dorment encore, les marcheurs éveillent leur corps. Nous rangeons notre matériel, il est 9h30. Ça ne rigole pas, on doit être arrivés pour 16h à Lanloup. Nous décollons à 6h avant même que le soleil ait ouvert les yeux.

Nos pas ne sont pas aussi légers que la veille. Il faut laisser le temps au corps de se réveiller, de s'habituer.

8h30 sonnent et le petit déjeuner arrive au pied d’une boulangerie.

L’avantage de partir à la fraîche, c’est que ça permet de prendre encore plus son temps d’apprécier la journée et les rencontres qui s’offrent à nous. Nous découvrons de magnifiques demeures en colombage sur la route, on reconnaît bien l’agencement atypique breton.

Cette Bretagne, nous allons l’explorer par la côte en suivant un sentier qui s’appelle le chemin des douaniers. C’est une randonnée où nous découvrirons que nous longeons les falaises. Ainsi, nous sommes tributaires et témoins de l'œuvre du temps et de la vie. Nous descendons un gros caillou avant de monter un autre rocher quelques mètres plus loin. Ce sentier n’est pas plat, loin de là.

Cette deuxième étape aura été aussi dure que la première.

Anthony, l’accompagnant référent, nous quitte après nous avoir ouvert la voie pendant deux jours.

Maintenant, nous allons parcourir la suite de cette aventure Y et moi, en binôme.

Mais pour l’heure, c’est la piscine qui nous attend dans un camping à Lanloup, car après l’effort, le réconfort.


Vendredi 22 juillet : Paimpol

Y : Je me suis levé à 8h30, puis on a déjeuné. On n’a pas marché beaucoup plus. C’était pas trop. Le paysage m’a beaucoup plu. Bon, je trouve que celui d’hier était mieux. On s’est arrêté pour manger. Puis on s’est arrêté au bar à huîtres. On a remarché jusqu’à un lieu artistique. Ce soir, nous dormons dans une caravane décorée.


Cédric : Aujourd’hui, l’étape est plus courte. Nous effectuerons 22 000 pas pour arriver à Paimpol.

Nous quittons le camping du village de Lanloup qui était situé hors GR. De ce fait, nous traversons une forêt pendant une petite heure, en longeant un ruisseau. Une odeur iodée vient titiller nos narines, signe révélateur que nous nous rapprochons de la mer.

Malgré la fatigue qui nous gagne, par ces deux grosses premières étapes, Y suit le rythme et est tenace. Son rythme de marathonien impressionne.

Nous sommes de nouveau sur le GR en arrivant à Bréhec. Et étant donné que nous sommes en bas de la falaise, il faut la monter à son aise, pour ensuite la longer. Alors nous y allons doucement, petits pas par petits pas.

Arrivés en haut, les kilomètres s'avalent plus vite que d’habitude car nous longeons une route bitumée sur quelques kilomètres. Petit moment d'exaltation car nous avons l’impression d’avancer très rapidement.

La première pause arrive au bout de 90 mn de marche. Nous contemplons en silence le bleu infini de la mer qui se mêle à l’horizon.

La première grosse difficulté de la matinée arrivera peu avant midi. Il aura fallu descendre des escaliers si vertigineux qu’il nous faudra nous aider des bâtons. Avant, bien entendu, d’en monter 136. 136 marches à lever le pied aussi haut que le genou. Mais quelle étape !

La fin de l’étape se déroule sans encombre, sous un ciel nuageux. Mais nos pas se figeront par une beauté si époustouflante qu’on ne pouvait que s’arrêter pour la contempler. l'abbaye de Beauport. Peut-être sera-t-elle visitée demain, si le courage nous anime.

Ce soir, nous nous reposerons dans une caravane décorée sous un hangar, dans un lieu éphémère qui a lieu durant tout l’été.

Le repos sera bien mérité après ces premiers jours de marche éprouvants. Y est content de découvrir cet endroit insolite, hors du temps.

Ce soir, repas typique breton avec en menu : une belle galette complète. Y la savoure et c’est le ventre bien rempli que nous partons nous reposer pour une nuit réparatrice.


Samedi 23 juillet : repos

Y : On s’est réveillé, on a déjeuner et on est parti faire les courses. On a posté les cartes postales. On s’est reposé dans une guinguette . On a fait un sudoku. On a préparé la journée de demain. On va se lever de bonne heure pour marcher tôt car il va faire chaud


Cédric : .Après un début de marche où Y a fait preuve de beaucoup de ténacité, le jour de repos arrivait à point nommé.

Nous avons séjourné dans une guinguette où des caravanes situées à l’arrière nous servaient de couchage. Véritable havre de paix, ce lieu arrive à point nommé pour se reposer et se ressourcer. C’est un endroit où l’on peut se restaurer, ouvert au public durant la journée.

C’est dans ces belles conditions que nous avons planifié les jours à venir, dans une atmosphère joyeuse et bienveillante.

Demain, direction Lézardrieux au petit matin, pour éviter les grosses chaleurs et conserver une part de bonheur

Dimanche 24 juillet : Lézardieux

Y : On s’est levé, on a déjeuné, on a marché au petit matin à la fraîche. On a traversé des marécages. L’étape était facile, plus que les derniers jours. On va dormir dans un camping ce soir. On va cuisiner avec un réchaud pour la première fois.


Cédric : Le bonheur se poursuivra aujourd’hui avec une étape beaucoup plus simple que les précédentes. Finies les montées et les descentes à l’infini, place aux sentiers de forêt où l’on gagne en fraîcheur avec un pas léger, l’esprit tranquille. Nous prenons le temps d’observer la mer bleue azur transparente aux environs de Lovigny. Lors d'une pause, nous apercevons des maisons basées sur des îlots. Comment ont-ils réussi cette prouesse ?

Y continue de découvrir avec appétit les plats locaux. Après les galettes et les crêpes, place au kouign amann bien bourratif. Notre quotidien de marcheurs a passé un cap aujourd’hui. Ce soir, ce fut le premier repas préparé à l’aide d’un réchaud. Le menu fut simple et consistant : pâtes, un fruit, puis au lit sous la tente.

Demain, nous passerons un cap dans l’immersion d’une vie de marcheur


Lundi 25 juillet : Kermaguer

Y : On s’est levé, on a marché jusqu’au supermarché pour acheter le manger du jour. J’ai trouvé le sac plus lourd que d’habitude. J’ai trouvé un beau bar car il était au bord de la mer. Je me suis cru en Amérique. On a marché jusqu'au camping, on a pris la douche; Ca fait une semaine que je marche, j’aime bien car Cédric est un bon éducateur. J’aime bien la majorité des paysages, je m’attendais qu’on marche aussi longtemps. C’est difficile, mais je m’accroche.


Cédric : Ce qu’il y a de magique dans la marche, c’est que l’on fait continuellement face à l’inconnu. On ne sait pas ce qui nous attendra dans 100m, à la fin de la matinée, à la fin de la journée. Les envies évoluent, les occasions se présentent à nous. Et ce soir, c’est celle d’une nuit dans un camping, initialement pas prévue, qui s’est pointée devant nous.

D’un commun accord, nous décidons de nous y rendre. La réjouissance d’une douche chaude fait inévitablement pencher la balance.

Mais avant cette étape qui marque la fin de la journée de la marche, nous sommes passés par des coins de Bretagne insoupçonnés. La marée basse a fait apparaître tout le long de la journée des hameaux de rochers au grand jour. Spectacle saisissant. La mer nous dévoile son univers au fur et à mesure qu’elle se retire, ajoutant un paysage mouvant, changeant à chaque instant. En point d’orgue, nous traverserons le sillon de Talbert, non sans mal, dans un sentier sablonneux où Y a fait preuve d’endurance.

Chaque jour de marche effectué révèle le caractère opiniâtre de ce garçon. Il se découvre des ressources insoupçonnées sans limite.

Comme lors de cette après-midi où pris d’un élan vital, il marcha sans s’arrêter, excepté pour s’hydrater. A ce rythme là, Brest sera la destination finale “les doigts dans le nez”.


Mardi 26 juillet : La Roche Jaune

Y : On s’est levé, on a marché jusqu’à un café pour déjeuner. Après on a marché jusqu’à midi; On a mangé. On a marché 25 kms. On va dormir dehors. Les paysages étaient pas mal.


Cédric : Première matinée de marche dans les terres bretonnes du côté de Pleubian, avant de rattraper le GR quelques kilomètres plus loin.

Nous rencontrons de plus en plus de marcheurs, avec la connaissance de l'un d'entre eux qui nous suivra jusqu’à notre lieu de bivouac, à La Roche Jaune.

Y découvre la vie en bivouac avec le réchaud et ça ne lui déplaît pas. Nos repas sont sommaires, mais consistants. Avec le célèbre menu de pâtes qui est très réconfortant après une journée de marche.


Mercredi 27 juillet : Trelevern

Y : On s’est levé, on a déjeuné. On a marché 27 km. Les paysages étaient pas mal. Les galets étaient pas mal. On a rencontré un monsieur. Ce soir, on a nagé à la piscine. On a mangé une glace. Ça fait une semaine qu’on marche. Ça passe un peu vite. J’ai un peu mal au corps. Le sac me fait moins mal.


Cédric : Après une première nuit en bivouac, accompagnés par la fraîche rosée du matin, nous repartons vers Port Blanc. Cette journée de marche nous emmènera vers des sentiers forestiers ombragés. Le paysage se dégagera peu à peu. Les rochers découverts par le phénomène de marée basse ajouteront une touche de relief à la profondeur de la mer. Nos pas nous amènerons au site touristique “Le Gouffre”. Sublime site qui ne peut laisser personne indifférent. Les 7h de marche aboutiront à 27 km engrangés.

Aujourd’hui est la dernière grosse étape de la semaine. Il faut se ménager pour aller au bout de cette aventure.


Jeudi 28 juillet : Perros-Guirec

Y : On a marché 20 km. Ca m’a fait du bien de marcher si peu, car j’étais fatigué. J’ai pu me reposer. Le camping 3*, comme dans GTA, me convient. Ce midi, j’ai mangé une salade, ça m’a fait du bien de changer.

Demain, on va se lever tôt pour aller à Trégastel. J’aime bien la marche, car j’apprends à me débrouiller tout seul. En Bretagne, les plages ne sont pas aussi belles qu’à Marseille. J’aime bien les crêpes


Cédric : Donc pour se ménager, aujourd’hui a été une petite étape de 10 km. L’arrivée à Perros-Guirec a permis d’avoir une après-midi de repos bien mérité.

Cela nous a laissé le temps de faire tranquillement les courses et de nous acheter notre péché mignon, le carburant de tous les marcheurs : le célèbre kouign-amann. Nous pourrons par la suite le partager avec les marcheurs que l’on rencontre qui sont de plus en plus nombreux.

La marche reste des plus agréable avec cette météo qui est aussi ensoleillée que l’est l’humeur de Y ces derniers temps.


Vendredi 29 juillet : Tregastel

Y : Je me suis réveillé, j’ai un peu mal dormi car les voisins d’à côté on fait des choses pas très catholiques. Après, on a marché jusqu’à un camping, on s’est baigné. J’ai été en forme aujourd’hui j’aurais pu marcher plus de kilomètres, mais il faut en garder sous le pied. C’est un peu l’Amérique ici la Bretagne. C’est chez moi et nulle part ailleurs. J’ai hâte de rentrer à Marseille.


Cédric : C’est fou de voir comme le corps peut avoir ses humeurs et sa forme du jour. Il est changeant, comme les paysages qui nous entourent. Au début, les roches abruptes, pointues, dégageaient un sentiment menaçant. Cette perception s’est renforcée lorsque les vagues viennent s’éclater avec fracas contre cette barrière rocheuse. Puis, la forme de ses pierres à changer. La menace laisse place à la douceur avec ses grosses pierres lisses, plates et disproportionnées. Un sentiment de plénitude et de profond respect s’empare de nous face à temps d’histoire. Notre histoire du jour nous arrêtera à un camping situé à la pointe de Landrellec. Petit hameau de paix et de tranquillité après une journée de marche poussiéreuse par un soleil de plomb.


Samedi 30 juillet : Trebeurden

Y : On s’est levé, on a déjeuné avec une nouvelle marcheuse. Après on a mangé une super crêpe galette. Après on a marché jusqu’au camping. On s’est baigné à la plage. Aujourd'hui, c’est la première fois que la marche m’a fait réfléchir j’étais content.


Cédric : Première journée de marche passée avec d’autres marcheuses. Y. semble ravi de pouvoir enfin échanger avec d’autres personnes. Cette journée joyeuse rythmée par les échanges contraste avec ce ciel grisâtre inquiétant. Par chance, nous passerons entre les gouttes d’eau. Elle nous poursuivra en nous offrant un très beau spectacle. La découverte de la pointe de L’île Grande par marée basse. Elle n’aurait pas eu cette splendeur singulière si nous étions passés lors d’une montée des eaux. Ce flot d'images qui nous parvient touche notre être le plus profond et invite aux questionnements. Y. n’y échappera pas. La marche commencerait elle son processus de réflexion, auquel Y. serait touché ?


Dimanche 31 juillet : Lannion

Y : on s’est levé, on a marché. Il faisait pas beau, il faisait gris. Un peu dur au début car j’avais beaucoup de montées. La deuxième partie était moche, on est rapidement arrivé à Lannion, on a bu un café, on a fait les courses pour les jours suivants. Ce soir on fait des tacos. L’appartement est joli. Appartement de riches. On a regardé un film, il s’appelle « Mon Frère ». Cédric m’a emmené voir une galerie d’art et je n'ai pas aimé.


Cédric : Dernière journée de marche avant un jour de repos bien placé pour se ressourcer. Une courte étape de 15 km a été effectuée ce qui a permis de gagner une demi-journée de repos. Après un repas dégusté, nous avons regardé le film « Mon Frère » qui était très fort. Il fallait se détendre et souffler après ce visionnage. Alors, nous avons visité une galerie d’art. Y. y est allé de son commentaire et a trouvé certains tableaux plus beaux que d’autres. La ville de Lannion nous offrira-t-elle quelques rayons de soleil demain qui permettront d’aller se balader ?


Lundi 1er août : Lannion

Y : Aujourd'hui je me suis levé, j’ai trouvé le déjeuner sur la table merci Cédric. On est parti visiter une église, j’ai dû marcher. J’ai préféré faire la partie de baby foot. Je suis content parce que j’ai pu me poser, regarder la télé et aussi j’ai passé l’après-midi avec une marcheuse. Demain je pourrai dormir en tente.


Cédric : Journée de repos appréciable, qui diffère du mouvement permanent qui caractérise la marche. Nous regardons le ciel, restons passif à vaquer à nos occupations respectives. Les muscles laissés au repos nous remercient. Mais les fourmillements reviennent très vite ! Comment s’arrêter si nettement toute une journée alors qu’on accumule les kilomètres quotidiennement depuis presque deux semaines ? Telle une évidence, nous rendons grâce à cette envie en flânant dans Lannion, d’une après-midi ensoleillé. Les rires et la bonne humeur seront au rendez-vous lors d’une partie de baby-foot partagé avec une marcheuse rencontrée il y a quelques jours. Les préparatifs sont terminés pour entamer le dernier virage avant la grande ligne droite. Neuf jours de marche consécutifs avant une prochaine pause et notre future épreuve. C’est parti ! À vos chaussures, prêt ? Marchez !


Mardi 2 août : Michel Saint Grève

Y : Je me suis levé j’ai déjeuné après on a marché on était trop fatigué. Les paysages étaient beaux. L’étape était dure . à 12h30 on a fait une pause pour manger après on a marché jusqu’à un camping. Et après on se lève tôt d’après la juge je peux pas rentrer à Marseille jusqu’au 30 donc j’aimerais bien marcher avec cédric jusqu’au 30.


Cédric : Le repos est terminé et nous repartons de plus belle pour neuf jours de marche consécutifs. Le moral au beau fixe contrastera avec la dure réalité ! La reprise est difficile, les muscles sont crispés. La marche est douloureuse, heureusement que le soleil, au beau fixe, nous apporte du baume au cœur dans cette laborieuse progression. Sentier Forestier, chemin qui longe les falaises, potion magique contre la tristesse ! Les paysages fabuleux laissent l’esprit vagabonder autant que les pas nous portent. Y. continue à s’en sortir admirablement bien malgré la technicité du chemin qui pourrait en décourager plus d’un. Les rochers saillants au milieu du sentier freineront notre moral, mais ça ne nous empêchera pas d’arriver au bout, bien heureux d’y être.


Mercredi 3 août : près de Toul An Hery

Y : On s’est levé, on a marché dans la forêt, on a traversé des champs et on s’est un peu perdus. L’étape était difficile. Aujourd’hui j’étais silencieux, cet après-midi on a longé la mer sur les falaises. En fin de journée, on a bu un verre en face de la plage.


Cédric : réveil sous la brume dans un camping qui ne nous aura pas marqué. Aujourd’hui, nous reprenons un sentier forestier, où le bruit des vagues s’effacera pour celui des oiseaux. La marche silencieuse permet d’apprécier pleinement la sérénité et l’apaisement que ce lieu procure. Les teintes et les nuances de vert sont infiniment variables. La contemplation est de mise. La matinée se découlera aussi limpidement que le ruisseau que nous aurons suivi toute la première partie de la journée. Faits marquants de la journée ? Nous serons interrogés par une journaliste.



Jeudi 4 aout : Saint Jean du Doigt

Y : On s’est levé, on a déjeuné, on a marché jusqu’à midi. On s’est arrêté pour manger et on s’est arrêté dans un super bar. C’était une guinguette. A l’extérieur, on a rencontré un mec qui en faisait un peu trop le bonhomme, car il se vantait beaucoup. Il a dit qu’il pouvait marcher 10 heures sans manger, même Cédric ne le fait pas. Il a dit que c'était très bien dans sa tête. L’étape c’était la plus dure, car il y avait beaucoup de montées et de descentes. J'étais très fatigué.

Aujourd’hui était une journée plus dure qu’hier, il faisait chaud.

Après on est arrivé au camping. On a mis les tentes et on a fait à manger. J’ai fait mon repas seul. Demain, on a une petite étape de 15 km.


Cédric : Réveil et petit déjeuner face à la mer où le regard se perd dans ses vagues qui se confondent avec l’horizon.

La mer ne change pas, au contraire, du décor qui évolue invariablement., les rochers de granit rose qui avaient une couleur particulière ont disparu. Nous traversons depuis deux jours des broussailles à travers un sentier poussiéreux et très technique. Pour le coup, on peut dire que la beauté a un prix ! Depuis quelques soleils levés (où écrire jours passés ?), nous entre-croisons un couple sympathique qui marche pour une grosse semaine. Nous avons échangé avec eux hier et il est agréable de décharger sa douleur en conversant et que ça soit partagé.

Y, lui ne parle pas. Il est totalement focalisé sur la réussite de son étape du jour. Quelle bravoure.

La marche nous amène aussi à ces épisodes cruciaux de temps à autres : le dépassement de soi, repousser ses limites.

Aujourd’hui, Y peut être fier de lui.


Vendredi 5 août : Saint Samson

Y : Aujourd’hui, on s’est levé, on a déjeuné au village de Plougasnou. La marche de ce matin était facile, car il n’y avait pas beaucoup de montées. Je regarde pas trop le paysage. Je suis concentré sur mes pas. On a mangé un sandwich sur la plage. On a marché avec d'autres personnes. Ils étaient sympas. On a croisé des gens. Hier, un barman a refusé de l’eau à Cédric. Aujourd'hui, je me sentais bien, alors on a marché plus que prévu.


Cédric : Y, capitaine de bord de son sac à dos, part longer la Manche pour une épopée de 700 km. Il largue les amarres et embarque dans le cargo Seuil, dont il sera le matelot. La découverte de l’inconnu l’impressionne.

L’équipier effectue bien les tâches confiées, mais non sans une touche flegmatique. Va falloir bousculer tout ça ! C’est alors que la boussole, qui n'était qu’un drôle d’objet inconnu, lui est confiée une heure.

De ce fait, de matelot, il passe capitaine et prend la barre quelques instants. A lui d’ouvrir la voie et de trouver les repères pour nous amener dans la bonne direction.

D’un œil attentif, je corrige ses quelques erreurs et il s’en sortira globalement bien pour une première.

Samedi 6 août : Morlaix

Y : On s’est levé, on a déjeuné, on a marché et on a fait une pause pour boire dans un bar. On a marché jusqu’à Morlaix. J’ai pas aimé la ville. On a recroisé deux marcheurs sympas. On a mangé avec eux le soir, On a rencontré beaucoup de gens; Aujourd’hui, j’étais content de moi.


Cédric : 15 petits kilomètres nous séparent de Morlaix, ville caractérisée par le pont qui la surplombe. Notre empressement d’arriver nous jouera des tours, l’impression de se traîner et que les kilomètres s’allongent rendra l’étape pénible, malgré les bois traversés qui inspirent à l'apaisement, la destination nous laissera sur notre faim, le charme n’aura pas eu lieu à cause du manque de caractère. Cette palme d’or reviendra à Paimpol, dont nous avions aimé l’aspect breton qui ressortait nettement au travers de ses bâtiments. Ce soir, nous avons apprécié partager notre repas avec un couple de marcheurs alsaciens. Nos chemins se croisaient depuis quelques jours, nous avons fini par sympathiser. Qu’il est agréable de pouvoir passer des moments chaleureux et spontanés en toute simplicité.

Y est autant ravi que moi. C’est la première fois qu’il s’ouvre autant auprès d’autres personnes. Demain, direction Carantec

Dimanche 7 août : Carantec

Y : On s’est levé, on a déjeuné, j’ai mangé une banane. Je commence à aimer les fruits. L’étape du jour n’était pas facile. Ce matin, j’ai ouvert la route. C’est Cédric qui me suivait.

Ce midi, j’étais dans une mauvaise assiette. J’ai vu des vaches. Ça me calme. Je ne comprends pas pourquoi on tue des vaches. Ce soir, on dort, on bivouac


Cédric : C’est après une nuit très froide, ventue que nous nous réveillons groggy. Un petit déjeuner avalé à la hâte et nous voilà repartis sur le chemin des douaniers ou plutôt forestier.

Aujourd'hui, aura été une étape verte. Nous aurons admiré des pins d’une hauteur à donner le vertige. Le bocage est diversifié, c’est une invitation à ralentir le pas, à observer les alentours.

Y se prêtera au jeu, mais pour une toute autre raison. Gagnant en autonomie, il ouvrira la voie pendant deux bonne heures, ne se trompant que peu de fois.


Lundi 8 août : Saint Pol de Léon

Y : On s’est levé, on a déjeuné, on a marché moins que prévu, car j’étais malade. On est parti chez le Docteur. J’ai juste attrapé froid. Après on est parti faire les courses. On est rentré au camping.


Cédric : La nuit en bivouac est instructive pour Y., il découvre la vie de marcheur. La leçon de hier soir « comment trouver un bon spot pour la nuit? »

La marche commence, nous prenons notre temps, l’allure est lente et régulière. Seulement elle glisse sérieusement vers une quasi immobilité. Yacine est fatigué, les siestes se cumulent sur les temps de pause. Un rendez-nous chez le médecin un peu plus tard confirme une légère fièvre, il prescrit un jour de repos. Qui a dit que la marche était de tout repos? Nous nous arrêtons à St Pol de Léon, Y pique un gros roupillon. Demain repos imposé donc. La marche est un marathon de contemplation. Pour nous elle est des « sprints » en permanence.


Mardi 9 août : Saint Pol de Léon

Y : Je me suis levé. J’ai déjeuné. Je me suis reposé dans un bar à l’abri du soleil. J’ai fait un billard et un baby foot. Je me sens mieux.


Cédric : La journée de repos arrive à point nommé tant la chaleur nous aurait écrasés si nous avions pris la route. Cette journée à flâner aura permis à Y de faire le plein de batterie et ça s’entend :

De nouveau, les paroles de chanson fusent, il semble définitivement aller mieux. C’est reparti.


Mercredi 10 août : Santec

Y : ….

Cédric : Il y a des jours comme ça où tout est fluide et se déroule bien. La marche est silencieuse, les marquages sont bien indiqués, la température est à son idéal.

Tout cela invite à aller se tremper les pieds sur une plage paradisiaque : mer bleu turquoise transparente, sable fin blanc qui adoucit la plante des pieds.

Bref, un genre de journée agréable qui décontracte et qui est le bienvenu.


Jeudi 11 août : Mogueriec

Y : On s’est levé, on a fait une petite étape. On a mangé au restaurant. On a rencontré une mamie. On a nagé à la piscine du camping. Ça m'a plu. Demain, grosse étape de 30 km. On se lève très tôt.

Cédric : Aujourd’hui, petite erreur de calcul qui nous a contraints à s’arrêter au bout de 11km. A peine nous commencions à bien attaquer la journée que notre élan s’est stoppé net. Bon. On ne va pas cracher dans la soupe. La pause de l’après-midi a été bien plus appréciable à la piscine qu’à marcher sous cette chaleur torride qui fait lanciner.

Cette petite étourderie sera rattrapée demain avec peut-être un nouveau record de kilomètres effectués dans la journée.

Pour ça, un réveil aux aurores est de mise. Les paupières s’ouvriront à 6h.


Vendredi 12 août : Lanevez

Y : On s’est levé, on a marché sans s’arrêter pendant 2h30. On déjeune dans un bar. On a marché sur le sable avec Seil et Cédric. J’apprends à devenir autonome. Le soleil nous a mis une gifle, pourtant on est parti assez tôt à 7h30. On a mangé dans un bon restaurant.


Cédric : Les kilomètres se suivent et se poursuivent. Nous passerons à travers des « jungles et des déserts » selon Y, qui témoignent de la diversité des paysages rencontrés. Le soleil de l'après-midi très chaleureux viendra nous saluer. Quelques pauses nous permettons de récupérer et d’arriver à bon port dans un camping où nous nous reposerons sur une plage magnifique de sable blanc et une mer bleu turquoise, propice à la discussion.


Samedi 13 août : Guerassy, un peu avant

Y : On s’est levé tôt, on a déjeuné. Au bout de 2h j’ai ouvert la voie, c’était dur. On s’est un peu, voire même beaucoup trompé. C’est pas simple d’ouvrir la voie. C’était calme cet après-midi, on a marché sur le sable. Vers 10h une femme nous a offert une crêpe. Cédric est sympa. mais ch… il me demande beaucoup de trucs. Apprendre à devenir autonome, c’est ch... I’humeur très bien.

Cédric : Réveillés aux aurores, nous débutons sous une pleine lune orangeâtre les premiers kilomètres. Nous apprenons de la veille et partons plus tôt pour éviter la même déconvenue qu’hier. Arrivée au camping et bien heureux de poser nos sacs, nous apprenons qu’il faut les remettre pour 10 km de plus : Y les fera sans broncher, malgré un soleil qui voudra nous sape


Dimanche 14 août : Plouguerneau

Y : Aujourd’hui, on s’est levé, on a déjeuné avec deux dames super sympas. Après on a marché jusqu’au restaurant. On a bien mangé. Aujourd’hui, il faisait pas très beau. On a fait les cartes postales. J’en ai fait une pour Paul et une pour Anthony. Humeur du jour content. Aujourd’hui, on ne s'est pas pris la tête avec Cédric, je suis bien content que ce ne soit pas arrivé.


Cédric : Une journée sous le signe de l’apaisement. C’est la première fois depuis quelques jours que nos pas concordent et organisent une fluidité relationnelle.

Aujourd’hui, il n’y a pas eu d’incompréhension. C’est bien plaisant et relaxant de voir que l’énergie apportée ne s’échappe pas dans les méandres de l’ignorance.

Au fur et à mesure que la marche progresse, Y gagne autant en autonomie qu’en endurance. D’ici quelques jours, il sera bientôt jeté dans le grand bain.


Lundi 15 août : Lannilis

Y : On s’est levé, on a déjeuné après on a marché une petite étape de 18 km. L’étape était facile car il n’y avait pas trop de montées. Il faisait pas beau. On marche depuis deux jours avec un randonneur qui s’appelle Patrick. On l’aime bien parce qu’il est rigolo. Ce soir, on dort dans un lit mais je ne suis pas trop content car le camping me manque. Je suis abattu.


Cédric : Le temps nuageux et pluvieux s’invite de plus en plus souvent et ce n'est pas nous déplaire. La brise d'air fraîche vient remplacer la chaleur étouffante.

Cela fait longtemps qu’on n'avait pas partagé un bout de chemin avec quelqu’un. Nous croiserons les pas de Patrick, monsieur que nous avions rencontré quelques jours plus tôt, lorsque Y eut un coup de mou. Il s’est tout de suite pris d'amitié pour ce retraité. Son rire franc et sincère est aussi communicatif que ses histoires loquaces.

Pour la petite histoire, Patrick eut la bonté de partager son emplacement avec nous, car le camping était complet. C’est comme ça que le contact avait été créé.

Ce soir, nous dormons dans un lit, sur un matelas, objet tant convoité et rêvé ces derniers temps.


Mardi 16 août : Lannilis

Y : on s’est levé, on a déjeuné, on est parti faire les courses pour les prochains jours, on a fait une sieste, on était fatigué. On devait aller faire du poney, mais il a plu. Je me sens bien car on s’est reposé. Il fait beau. Demain on se lève tôt pour aller marcher, le camping me manque .

Cédric ; Journée de repos passée à se reposer et à apprécier le confort d’un lit moelleux.

Nous passerons une partie de celle-ci à planifier les étapes jusqu’à Brest, à acheter des provisions qui ralentiront notre rythme, mais qui nous permettra d’apprécier d’une telle liberté sans se soucier de la nourriture et de bivouaquer là où nous souhaitons. Et tout cela n’a pas de prix!

Demain nous partirons aux aurores. Le jeu du jour consistera à essayer d’éviter les gouttes qui voudront rafraîchir notre ardeur du jour qui nous amènera à boucler une étape d’une trentaine de kilomètres.

Mercredi 17 août : Lothunou


Y : On s’est levé, on a déjeuné au gîte, on a marche dans les bois et la dune. Il faisait pas beau. On bivouaque au milieu de nulle part. Pour moi 27 km ça ne me suffit pas. Il en faut 40 pour me fatiguer. J’aime bien la marche, ça me fait réfléchir sur des pensées privées. L’étape était facile. J’espère revoir un randonneur qui s’appelle Patrick. Il s’arrête à Brest. On aura le temps de le rattraper d’ici là. Il est très drôle, il en a marre que je lui taxe ses cigarettes.


Cédric : La pause à Lannilis a permis de soulager les jambes et ça s’est ressenti aujourd’hui. Moins de pauses, un rythme plus soutenu et plus fluide qui a été accompagné par la visite des dunes aux allures désertiques. La Bretagne regorge de paysages diversifiés et on en prend plein les mirettes.

Notre bonne étoile veille toujours sur nous. Nous passons entre les intempéries, ce qui facilite la progression.

Y gagne en endurance, son rythme évolue au fil des jours et s’adapte au dénivelé. Et si la randonnée ou la course à pied ne serait pas un don caché à dévoiler ?


Jeudi 18 août : Saint Gouvel

Y : On s’est levé, on a marché 3h à jeun. Après on a déjeuné, puis on a marché. J’étais en « fuego ». J’ai marché sur le sable. A midi on a mangé sur la plage. J’ai envie de marcher avec Anthony, car je l’aime bien. Aujourd’hui, ça va faire un mois que je suis sorti de l’EPM.


Cédric : Nous avons découvert la Bretagne sous un autre aspect aujourd’hui, celui de son climat très changeant. Réveil sous un crachin qui a perduré une bonne partie de la matinée jusqu’au moment où on se fait payer un café par un personnage haut en couleur.

Du blouson nous passerons au tee shirt dans l’après-midi, car les nuages disparaîtront pour laisser le soleil réchauffer notre corps endolori par le froid.

Aujourd’hui, nous avons eu la chance de visiter le magnifique manoir de Bel Air qui est un monument majestueux. La marche s’est poursuivie dans un silence et un calme dont on a rarement eu l’occasion de remarquer.

Demain, c’est Y qui devra lever un peu plus souvent la tête et remarquer les marques qui seront sur son passage. Il passe son baptême d’autonomie.


Vendredi 19 août : Porspol

Y : On s’est levé, on a marché sur la plage. On a déjeuné. J’ai pas trop aimé la marche d’aujourd’hui. On a bu un café chez Kévin. Il était grave mais gentil.


Cédric : Aujourd’hui fut une véritable journée test pour Y. Je lui ai transmis, l’espace d’une journée, la casquette de capitaine de bord de cette aventure.

Tant de responsabilités ont dû le perturber. Les repères ont été longs à se dessiner. Le départ “escargotuesque” n'annonce rien de bon et prévoyait une arrivée dans la nuit. Jusqu’au moment déclencheur. Une phrase le piqua au vif tel le dard d’une abeille. Bouillonnant d’énergie, ses pas légers et amples volèrent au-dessus du sable pour atteindre 13 km en deux heures. Mais, cela n’a pas permis de rattraper le retard initialement pris. Les milliers de pas à récupérer nous amèneront à une arrivée à 20h.

Encore une fois, une personne fera preuve de gratitude envers nous. Il s'agit de la gérante du camping qui en plus de nous avoir accepté (c’est un camping exclusivement composé de mobil homes) nous a fait un prix sur l’emplacement.

Journée bien pleine dont Y dormira profondément, éreinté par cette journée de responsabilités.


Samedi 20 août : Plougonvolin

Y : On s’est levé, on a déjeuné. après on a marché vingt minutes. On s’est arrêté dans un bar. J’apprends à devenir autonome. Cédric m’a laissé décider pour que je change mon comportement. On a refait une pause pour manger. On a marché à 6 km par heure pendant 2 heures. On a bu un smoothie, on a fait les courses et on est arrivé à 20 heures, c’était une longue journée. Au début j’ai senti la tension et après c’était mieux.


Cédric : Dernière étape pour une arrivée à Brest. Un point de chute tant convoité ces derniers jours. Cette ville marque la fin d’une étape longue d’un mois puisqu’il y a que “l’étape défi” à effectuer maintenant. Mais avant d’en arriver là, nous en avons souffert !

Ces deux dernières journées avaient un goût de “déjà vu” et elles ressemblaient fortement aux deux premières étapes de Saint Brieuc à Binic. Elles furent composées d’un dénivelé “casse pattes” avec des montées et des descentes incalculables, avant-goût de ce qui nous attend pour l’étape défi. Il a fallu aller chercher à l’abord des profondeurs de soi-même pour terminer ces cruciales étapes.

Y est prêt, tant il a réussi à obtenir mon respect pour sa témérité lors de ces deux épreuves. Maintenant, il s’agit de se reposer et de récupérer pour pouvoir aborder le plus sereinement et le plus fraîchement possible la fameuse étape.


Dimanche 21 août : Brest

Y : On s’est levé, on a déjeuné, on a marché sur les falaises. L'étape était dure. Les paysages étaient “beauf”. Brest ne me plait pas, car il y a trop de gens. Ce soir, on a goûté au merveilleux kouign-amann. Je suis content d’avoir un jour de repos, Je vais pouvoir bien dormir dans un vrai lit. Demain on se prépare pour l’étape défi;

Cédric : Départ sous un crachin qui nous fait accélérer le pas pour se réchauffer. Nous respirons à pleins poumons l’air frais breton qui transcende.

Le crachin devient de plus en plus dense et vient claquer nos genoux qui nous fait frissonner.

C’est à ce moment opportun qu’un personnage haut en couleurs viendra nous interpeller pour nous offrir un café qui sera accepté de bon cœur.

Les batteries rechargées nous aideront à terminer l’étape sans difficultés particulières.


Lundi 22 août : repos à Brest

Y : On s’est levé, on a déjeuné. J’avais bien dormi. On a mangé à Subway et on est parti à Décathlon pour préparer la prochaine étape . On a acheté des protéines pour ne pas se blesser. On a mangé des raviolis. Demain, je vais faire beaucoup de kilomètres. Devinez de combien ?. La surprise. Je ne vous en dis pas plus. Souhaitez-moi “bon courage” parce que je vais en ch….


Cédric : Dernier jour de préparatif avant le grand départ. Après une nuit réparatrice, nous passerons l’après-midi à régler quelques détails : derniers achats de nourriture à Décathlon, un passage à la pharmacie. Nous passerons une partie de la soirée à replanifier l’étape défi, à checker les points de progression, selon une vitesse jugée. Un mélange d'excitation, de doutes et d'appréhension plane au-dessus de nous au moment de partager notre repas.

Demain, lever à l’aube pour débuter cette épopée. Une marche de plusieurs dizaines de kilomètres où l’inconnu nous ouvrira les portes.



Mardi 23 et mercredi 24 août : étape défi de Brest à Camaret : 95 km.

Départ à 7 heures du matin le 23 et arrivée à 21 heures le 24.

Y : On s’est Rêvé. On a déjeuné chez Paul. Après on a entamé la dernière marche de l’étape défi. que j’ai beaucoup aimée. Durant cette marche, je réfléchissais à tous ces moments de marche. La marche va me manquer.

Le soir de l'étape, ça a été super, car le soir on entendait les cigales chanter. Il faisait tout noir. J’ai bien aimé.

On a fait une petite sieste sur un pont qui était très joli. Dès qu’on s’est réveillé de cette petite sieste, on a marché jusqu’à un village pour déjeuner. J’étais fatigué, mais j’ai quand même marché les dernières heures de marche. On a mangé une bonne pizza et une glace et les dernières minutes on a marché sur des rochers. C’était dur, mais 10 m avant de terminer cette belle étape, l’orage est venu.


Cédric : Le début de cette étape défi se déroule sans accroc. Nous respectons une moyenne de 3 km/h. Nous avons établi cette moyenne pour ne pas perdre plus de temps lorsque nous prendrons des pauses. En effet, le mois de marche effectué nous permet d’effectuer plusieurs dizaines de kilomètres à une moyenne de 4 ou 5 km/h sans appréhension. Nous passerons quelques villages qui nous permettent de passer des “caps mentaux”.

Au vu du nombre lancinant de kilomètres à marcher, nous avions prévu de passer des check points avant l'épreuve cruciale.

Les check points furent passés avec brio. Nous traversons ainsi "Daoulas "Hôpital Camfrout”, pas “Le Faou”. La dernière pause ponctuée d’une sieste de deux heures. Mais pourquoi donc ?

Car le réveil nous sort d’une sieste où l’heure indique minuit ; Nous allons tenter une étape de nuit pour réussir notre étape défi constituée d’un nombre de kilomètres envisagés au début. Lampe torche sur le front, nous partons à petits pas dans une nuit obscure et nuageuse. Le bruit de nos pas et des bâtons résonnent au loin, le silence étouffe notre voix dont aucun mot ne sort. Nous découvrons un autre monde.

Nous marcherons de la sorte jusqu’à une sieste au petit matin.

Victorieux de cet épisode nocturne, il laissera indéniablement des traces. La poursuite de la marche sera plus lente, à un rythme d’escargot mais nous tiendrons bon jusqu’aux lueurs du soir où nous atteindrons les 95 km parcourus, arrivant à Camaret sur Mer pour s’affaler dans un lit, ne réalisant pas encore la prouesse effectuée


En guise de conclusion, le texte de Yacine :


Je suis venu parce que mon éducateur m’a proposé une marche Seuil. Au début, ça ne m’intéressait pas et je me suis dit “qui ne tente rien, n’a rien”... En plus, moi, j’aime bien marcher.


Je suis venu et j’ai fait ce qu’on me disait. Au début, j’aimais pas trop parce que je marchais trop, mon sac à dos était lourd… Je me suis habitué, je sentais plus le sac et hop là c’est devenu extrêmement bien.


Je me suis régalé, j’aimais bien dormir en camping, les petits repas du midi, les pauses dans les bars, les rencontres, la piscine.


Patrick, il était drôle, j’aurais pu rester avec lui un mois. C’est le seul qui ne me faisait pas de leçon de morale et lui, il racontait pas sa vie. ; Olivier, il était gentil et il ne me cassait pas la tête ; Catherine, elle est formidable, elle n’est pas exaspérante, elle est rigolote ; Marion, c’est une très jolie dame, 40 ans, c’est la femme de mes rêves.


Le plus dur ça a été de marcher quand j’étais malade. Je l’ai même pas dit à Cédric qui l’a remarqué après. Je marchais à 2 km/h. J’avais froid, j’avais chaud et mal à la tête.


Marcher sous la pluie, mes habits étaient tout trempés et je glissais un peu sur les cailloux, mais pas beaucoup.


Marcher sous le soleil, ça me donne mal au crâne. Il m’a giflé par le soleil. C’est pas le soleil qui va m’empêcher de marcher.


Mon accompagnant, Cédric, était très sympa. Il prenait soin de moi, il m’a appris à devenir autonome, à faire à manger, à ranger ses affaires.


Il y a eu des prises de tête, car Cédric n'aimait pas trop quand je chantais. Sur 20 km, je peux chanter 19 km.


Il me répétait souvent les mêmes choses “fais-ci”, “fais-ça” “range-ci”, range-ça”, ça me faisait mal au crâne, mais au final, je me suis habitué.

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