top of page

Marche de Lorxxx

  • 3 juil.
  • 31 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 août

Marche de Lorxxx accompagné par Mathieu

 

Jeudi 2 juillet

 

L : Je m’appelle L. J’ai 17 ans depuis le 29 juin ; le lendemain je me suis retrouvé dans le train vers Lyon où j'ai rencontré Mathieu. A ce moment, je ne savais pas encore que j’allais dormir avec un tracteur, mais bon ! J’ai hâte d’aller en randonnée. Depuis ma fin primaire début collège, j’ai toujours voulu voyager.

 

Mathieu : Bonjour, je m’appelle Mathieu, j’ai probablement 47 ans. Je ne suis pas doué avec l’âge. Je suis au Puy en Velay avec L, un jeune adulte de fraîchement 17 ans.

Après une rencontre avec son éducateur et Pierre, notre responsable de marche, nous filons en train à travers les vallons jusqu’au Puy en Velay.

Déjà trois jours passés, Pierre nous gâte de restaurants et glaces. Il prend soin de nous. Nous sommes, pour ce stage de marche, dans un gîte magnifique au pied des escaliers de la cathédrale. Nous nous découvrons, cuisinons (ah ! la bouffe nous unit déjà !). Nous visitons les monuments. Et voilà, après une randonnée “test” avec le sac à dos chargé, les gîtes réservés pour 4 jours, le jeu sky jo en poche, nous sommes prêts !

Demain, c’est le grand jour ! Mets ton sac, on y va !


Vendredi 3 juillet : Bains

 

L : Finalement, la première journée de rando s’est plutôt bien passée et pour le gîte je n’étais pas trop à l’aise mais ça s’est très bien passé. On a même fait du yoga et j ‘ai cru que Mathieu allait s’endormir sur le sol.

Demain on quitte Bains pour aller à Monistrol d’Allier. L’aventure continue

 

Mathieu : Nous avons eu la motivation d’aller à la cathédrale à 7h pour le rituel de la bénédiction des marcheurs au départ du Puy. Aucun étranger non francophone. Heureusement, le chemin à peine commencé, une japonaise pointe le bout de son nez. L prévoit d’aller au Japon avec l’une de ses sœurs. Ni une, ni deux, je ressors mon “meilleur” anglais. L’échange n’est pas évident : on retiendra qu'elle est fan de l’équipe de baseball de sa ville, Fukushima. Il y a du monde, mais pas trop : des marcheurs de tous âges dont des très jeunes.

Après 15 km de bonheur, plaisir et découvertes, nous nous trouvons au gîte en gestion libre à Bains. Nous sommes 7 ce soir de 9 à 69 ans : repas partagé, jeux ensemble. Mais où est passée l’anxiété sociale de L ? A-t-elle pris de l'avance sur notre itinéraire ?

 

Samedi 4 juillet : Monistrol

 

L : Tout d’abord, à la soirée du 3 , on s’est super bien amusés au gîte. Les gens étaient super sympas, du coup ce matin on est partis tous ensemble ; on a dû se séparer, on devait retrouver un duo de pèlerins :  allez bonne continuation à vous. J’avoue que la journée d’aujourd’hui a été plus difficile que les autres mais la vue de la tour de Rochegude est magnifique, je dirais même splendide

 

Mathieu : La vie des uns, la vie des autres : 

Soleil, soleil, soleil et vent, une combinaison parfaite ! Il fait chaud mais pas trop. Après un petit déjeuner en groupe, nous partons ensemble : 9 marcheurs/es fiers et motivés. Monistrol nous voilà

Je sens déjà la fraîcheur de l’Allier. Au bout de quelques kilomètres, nous nous retrouvons tous les deux : la fine équipe. On a tellement discuté que la pause de midi a duré 1h30. La vie de L est incroyable. Ce voyage, à la rencontre des autres, de soi, va lui faire le plus grand bien. Et pour être honnête avec vous : ça se voit déjà dans ses sourires et son regard.

 

Dimanche 5 juillet

 

L : Ce matin levé à 6h. On a monté la plus dure des montées, mais heureusement qu’il y avait Thierry

La tarte était excellente. Si vous avez le temps, foncez ; plus tard on a parlé avec Joseph, un philosophe en Deudeuche Il parlait de questions. Il ne voulait rien dire d’autre, il m’a tellement retourné le crâne quand je suis allé m’asseoir, j’ai trouvé une question sur la table du gîte : c’est quoi le bonheur pour vous ?  

 

Mathieu : Aujourd’hui, bien des questions

Départ à la fraîche pour the big montée du chemin. On est chaud bouillant. Un “ancien” vend des coquilles Saint Jacques : il a 91 ans, a fait le chemin jusqu’à Fisterra il y a 5 ans et c’était la 25ème fois qu’il le faisait.

Météo idéale - montée sans forcer - mais ce soir, bien bien fatigué.

J’ai une histoire avec Seuil et Saugues. Je revois quelques têtes qui m’ont bien soutenue début janvier 2025. Et toujours ces coïncidences (ou plutôt rendez-vous inattendus) ... On est “poursuivis” par un homme en 2 chevaux. Il est partout : avant-hier, hier, aujourd’hui. Nous le rencontrons, il s’appelle Joseph mais ça L vous l’a raconté.

Blog - Uno - dodo zzzz (clin d’oeil du tracteur)


Lundi 6 juillet :

 

L : Aujourd’hui, petite journée tranquille. Avant de partir on est allés voir une connaissance de Mathieu, une personne sympa avec un chien super actif et après journée rando normale et le gérant du gîte nous a fait des lasagnes à rendre jaloux un gros chat roux

 

Mathieu : 15 km nous attendent aujourd’hui et sans vouloir vous spoiler, L a filé comme le vent. On n’a pas vu passer l’étape. Après s’être fait payer un café chez Maud du gîte Le Lion d’Or (faut dire qu’elle a toujours des histoires de vie incroyables à raconter, surtout au saut du lit) Nous marchons toujours avec le vent (merci le vent) Pique-nique - bla bla bla !  (et oui, qu’est-ce qu’on cause)

L part devant. Nous marchons séparément pour la première fois et il me semble que ça nous a fait du bien.

Ce soir, au gîte, nous sommes trois et en demi-pension. On vous a dit qu’on aimait bien manger, je crois. Et bien, là, nos hôtes nous ont, non pas régalés, mais achevés. Mamamia !  les lasagnes au lait cru de la ferme tiré du matin. MERCI !

Reste plus qu’à se jeter, que dis-je, s’effondrer dans le lit. Allez bonne ronflade !


Mardi 7 juillet  : Les trois mousquetaires

 

L : Journée sympa. On est partis ce matin à 3 de Chanaleilles. Ils sont restés avec nous pendant plusieurs heures. Le reste de la journée est facile. Et une amie m’a donné le défi de prendre en photo le même billet de 5 € tous les jours (j’oublie souvent)

 

Mathieu : Marche rapide ce matin avec notre “colloc” d’hier soir. Il a sacrément voyagé ; il travaille dans une ONG qui s’occupe de traitement de l’eau, il a brodé au moins 12 drapeaux de pays différents sur son sac à dos. J’ai adoré ses anecdotes. On a ensuite fait le point sur l’état du monde et du capitalisme. Et le capitalisme va bien. L n’avait pas l’air de s’inquiéter de nos grands riches. On a vite changé de sujet. Et ce qu’on ne vous avait pas dit, c’est que L a une culture impressionnante en chansons - séries et variée en mode “des années 50 à 90”. Il sait même ce qu’une une VHS. Merci Mamie L


Mercredi 8 juillet : Aumont-Aubrac

 

L : Le chemin d’aujourd’hui qui était censé être facile mais sur le chemin il y avait deux voies et je me suis dit pourquoi faire simple car on peut faire compliqué. J’ai failli fusionner avec le sol comme Mathieu pendant le yoga.

 

Mathieu : Pourquoi faire simple ?

Réveil bien trop tôt… à 6h… sans déc… Ça ne me ressemble pas et on est bien d’accord là-dessus avec L. Et en même temps à 10h déjà, il tape fort ce coquin de soleil ! L marche toujours aussi bien, pas de douleur, pas de plainte, il apprécie les paysages. Quand, à 10h30, on se regarde, “on pique-nique ?” Pas besoin de réponse. 10 km ça donne faim. Nous arrivons à Aumont Aubrac vers 12h et l'auberge ouvre à 15h…

Un joli parc nous attend et j’en profite pour faire une sieste et des étirements sous un séquoia géant. Et comme on aime manger, ce soir au traiteur : aligot-saucisse !!!


Jeudi 9 juillet : du GR 65 à la route 66

 

L : Réveil matin à 5h. Plan pour la journée 26 km. Le réveil a piqué. D'habitude c’est l’heure à laquelle je me couche. Ensuite, plus tard, on a grimpé sur des rochers. Mathieu paparazzi comme il est, prend des photos.

Arrivée à Nasbinals, j’ai plongé ma tête dans l’eau froide. Dans trois mois, je vais finir dans des bains glacés

 

Mathieu : Toujours trop tôt !!! Départ à 5h30 pour une arrivée à 16h. Ça valait le coup. J’ai presque eu froid. Fraîcheur - écureuil - bonheur. On a eu la chance de voir un quai de traite mobile en action avec des vaches légères et heureuses en sortir. Un p’tit coup à boire sur le coup des 8h (plus ou moins) ... je perds vite la notion du temps en marchant. Mon esprit s’évade dans le paysage désertique et vallonné de l’Aubrac.

On s’est cru perdus au cœur du Texas avec ces taureaux qui ressemblent à des bisons.  27 km de bonheur. Honnêtement non, les 5 derniers kilomètres avec leur bitume chaud n'étaient pas top. Heureusement, lespâtes carbo étaient là à l’arrivée.


Vendredi 10 juillet : Vers l'infini et au-delà

 

L : Ce matin, on s’est retrouvés dans des enclos de vaches. J’avoue, j’étais pas rassuré. J’ai beau avoir des gènes espagnols, je ne suis pas toréador.

Plus tard, je me suis transformé en Mathieu en m’asseyant dans une rivière à au moins -8000

 

Mathieu : Aujourd’hui passage par Aubrac, le point le plus haut sur la partie française du chemin de Saint Jacques, 1400 m d’altitude (ou un peu moins… la précision et moi). Une nuit de sommeil fraîche, fenêtre ouverte, la tête dans les étoiles m’a revigorée. Cette étape de 17 km a été, malgré ses difficultés (descentes avec cailloux), une partie de plaisir. En plus, L m’a indiqué une “baignoire” dans un petit torrent : le rêve ! Il m’y a même accompagné avec de l’eau jusqu'au-dessus du nombril : On a rencontré tellement de monde ( japonais, australiens, estonien, français, espagnols).

Ce soir dans le dortoir, nous sommes 10 hommes et 2 femmes. J’ai prévenu que je ronflais…

Demain 22 km, mais à l’arrivée : REPOS. Mais ça, on vous racontera demain. Audrey et Max, on pense aussi à vous. Où en êtes-vous ?

 

Samedi 11 juillet : Montagne au revoir

 

L : Hier, on est partis se régaler avec Mathieu et un papi qui parlait à peine français et je n’ai pas activé les sous-titres (il était super sympa). On s’est éclaté le ventre avec un buffet à volonté délicieux et aujourd’hui, je suis épuisé

 

Mathieu : Petit retour sur la soirée d’hier, on a craqué ! Et en même temps, ils nous ont pris par les sentiments : BUFFET A VOLONTE, mais en version spécialités locales, farçou, choux farci, rougail saucisses aveyronnaises, fromage Laguiole etc…On a tout goûté sous les yeux de Grocatime, un australien avec qui on a sympathisé et qui s’est invité avec nous. On a bien discuté. J’ai amélioré son français et lui mon anglais.

Je ne sais pas si c’est la digestion, la chaude nuit, la fatigue accumulée ou l’arrivée du repos, mais aujourd’hui, nos 21 km ont été interminables.

 

Dimanche 12 juillet : Repos …. pas si sûr

 

L : Aujourd’hui, repos. Enfin pas vraiment, on s’est retrouvés à deux sur un kayak.

Ce dimanche repos s’est transformé en dimanche kayak sur le Lot mais c’était sympa à part qu’on s’est retrouvés à tirer le kayak et on a rencontré un coréen

 

Mathieu : Après cette journée vidée d’hier, la nuit après un peu de pluie dans notre Airbnb : oui, madame, monsieur, grâce à nos économies : pas d’heure de départ donc grasse matinée. Je me suis quand même lancé pour faire mon rapport 1 (tous les 10 jours environ), 3-4h de bonheur, soit j’en fais trop, soit je suis lent, soit autre chose. On a décidé de profiter de notre repos pour faire du kayak et avancer d’une étape : Estaing. Comme je l’ai rêvé au fil de l’eau qui manquait et qui nous a fait pousser, tirer le kayak. Tout ça pour dire que nos jambes sont fraîches mais que le kayak m’a tué. Bon j’avoue : j’ai bien profité des baignades rafraîchissantes. Merci Le Lot !

Ce soir, gîte communal dans une ancienne église, je suppose. C’est moderne.

Nous dormons dans une chambre, accompagnés d’un couple avec quatre enfants de 4 à 13 ans. Qui dérangera qui ? Bonne nuit


Lundi 13 juillet

 

L : Les chemins d’aujourd’hui étaient vraiment repris par la nature et il n’y avait pas beaucoup de passages puisqu’on a quitté le GR 65. Le gîte de ce soir, c'est chez une mamie (merci Pierre de nous avoir conseillé ce gîte). On s’est régalés. Elle est super gentille. Et si je ne me trompe pas : joyeux anniversaire A

 

Mathieu : Bon, finalement ce qui nous a tous dérangé, c'était la chaleur étouffante. C’est fou comme la pudeur s’efface quand la survie apparaît. On a cru faire partie de la famille, ça a rappelé des souvenirs à L toute cette effervescence familiale

Temps couvert aujourd’hui, moins de chaleur mais un peu de relief. Je crois que le manque de sommeil me fait des signes : dans cette déviation, par le GR6 ombragé, nous découvrons un sentier qui serpente finement dans une végétation plus dense, plus sauvage. Peu de marcheurs passent par ici. Et probablement en ayant trop bon rythme, une légère douleur au niveau du tibia me gratouille

Heureusement, ce soir, au gîte du Barthas, Mimi nous a régalés (on vous a déjà dit qu’on ADORAIT manger ?) et par magie la douleur a disparu. La fraîcheur arrive, 22h : faîtes de beaux rêves

 

Mardi 14 juillet : Conques (j’ai la flemme du titre)

 

L : Aujourd’hui, j’ai la flemme d’écrire. Allez, je vais faire bref. Ce matin on a été chez Michel : il y avait du café et des pancakes avec des pèlerins sympas. Le gîte de ce soir est immense

 

Mathieu : Quelle nuit merveilleuse et reposante. Lever à 5h - départ à 6h. Notre voyage du jour nous porte à Conques. Le soleil reste longtemps derrière la colline, puis la forêt nous accueille. Malgré les rencontres, les retrouvailles (le papa de la famille nombreuse, bâtons en mains, en sens inverse, à fond les ballons, en montée, qui les rejoint) malgré notre allure modérée qui m’assure d’éviter la blessure, l’hydratation (au moment où j’écris, 17h30, j’ai déjà bu 6l d’eau), malgré l'effervescence de ce magnifique village un 14 juillet : je suis fatigué. Allez une petite sieste avant le repas de 19h servi, car ce soir nous dormons dans l’Abbatiale où les Frères ne nous font payer que ma nuitée pour nous deux en demi-pension.

Merci pour leur soutien à l’association


Mercredi 15 juillet

 

L : Ce matin, encore un réveil à 5h et direct une montée raide qui réveille mais après ça a été. Plus tard, on a pris un gâteau avec une belle vue et ce soir on est en dortoir extérieur et il y a même un hamac, il est super confortable mais c'est un vrai sauna.

 

Mathieu : Quel repas incroyablement bruyant à l’abbatiale de Conques. 80 convives, ça m’a rappelé la cantine à l’école. Un dortoir de 16 personnes. J’ai bien dormi, mais toujours pas assez. Lever à 5h, nous sommes 6 lève-tôt et il fait toujours lourd. La sortie de Conques est une montée très ardue de 1h. Ça met en jambes… et j’ai perdu 1 l de sueur pour sûr.

22 km en marchant doucement avec des pauses afin qu’aucune tendinite ne m’assaille. J’ai enfin la certitude que L n’est pas un extra-terrestre. Il a ses premières douleurs.

 

Jeudi 16 juillet : Chaleur, chaleur, chaleur

 

L : Aujourd’hui, j’ai la flemme d’écrire et je n’ai pas d’inspiration

 

Mathieu : Hier soir, nous étions 13 à table, de supers échanges. Nos lits étaient sous un abri ouvert avec des moustiquaires. Insolite ! La nuit est restée chaude.

Mais revenons à la soirée. Un groupe varié : randonneurs à pied, à vélo, en bivouac. Une étudiante en design fait une étude du chemin Saint Jacques en France pour son mémoire. Elle m’a interviewé. Pendant ce temps L échangeait avec une jeune marcheuse. J’ai eu l’impression que sa batterie sociale, qui souvent se vide en présence d’étrangers, faisait son contraire… se rechargeait, sans transition.

Réveil matin, 5h, je me réveille comme une fleur, marguerite sur le macadam. Il ne fait plutôt pas trop chaud et heureusement que le lever de soleil était magnifique. Fatigué mais 26 km plus loin …. Figeac et il fait bien trop chaud !


Vendredi 17 juillet : Lecture - Santé – Dodo

 

L : Aujourd’hui, j’ai commencé étonnamment à lire un livre de 214 pages.

Au gîte de ce soir, ma grand-mère aurait adoré être là, il y a des poules de partout.

 

Mathieu : Ambiance chaleureuse au gîte Le Carmel à Figeac, aux deux sens du terme. Nous étions 9 à table dont un prêtre et une fratrie de 3 jeunes, probablement mineurs dont la mère dormait dans un autre gîte. On devait faire 31 km…Besoin de repos… On appelle Pierre… Ok pour couper. On s’arrête à Béduer après 15 km. Sieste… Gîte à partir de 15h. On trinque à notre étape et aux suivantes. C’est devenu un rituel.

 

Samedi 18 juillet : Vice et versa

 

L : Aujourd’hui, j’ai vu des animaux et un gars qui marchait pieds nus. On a bien marché et on a mangé avec des gens de l’autre gîte.

 

Mathieu : Ce matin réveil à 7h, enfin reposé et prêt pour une journée tranquille. Sur le chemin entre un dolmen et une grotte, un pèlerin du gîte dernier passe devant nous pour marcher pieds nus. A la simple vue de son passage, j’en ai mal aux pieds. Plus tard, à l’arrivée au gîte, deux autres pèlerins, je doute qu’ils voudront rejouer avec nous vu la raclée qu’ils ont prise hier soir.

 

Dimanche 19 juillet :

 

L : Dès le départ, ce matin on a croisé une “escargot” qu’on a revu tout le long de la marche. Plus tard avec Mathieu, on est devenus musiciens avec quatre bâtons et un sifflet. On n’est pas au niveau de “Samurai”, mais on se débrouille pas mal et pendant le rituel du soir, on recroise “l’escargot”. En fait, c’était juste Stef, une bivouaqueuse et après un plongeon dans la piscine du camping avec Mathieu. Enfin de l’eau chaude, enfin presque

 

Mathieu : Bon allez, on vous avoue tout : L m’a proposé d’écrire son carnet de route en se mettant à ma place et moi à la sienne. Trop bien ! C’est un grand “oui” de ma part. Et c’est ce qu'on a fait hier (18 juillet). Surprise ! Cela nous a permis de voyager dans l'esprit de l’autre.

Que de rencontres, on est au camping ce soir dans une tente déjà montée : c’est la journée des bivouaqueurs. On discute avec trois d’entre eux, 22, 22, 52 ans. Trop sympa ! En plus, on récupère bientôt des tentes à Cahors que Pierre, notre responsable de marche, nous a envoyées. Un nouveau monde va s’ouvrir à nous. Et savez-vous ce qu’il y a dans les campings ? des PISCINES !!!


Lundi 20 juillet : Rencontres

 

L : Aujourd’hui, 7h40 de marche pas parce que c'était une longue étape, pas des douleurs, enfin presque, mais c’est les rencontres. Je suis resté à peine 3h qu’avec Mathieu, le reste du temps, on était avec l’escargot fan des tampons et de photos et avec un de ses amis qui, à ce que j'ai compris, étudie une religion disparue et à quatre on a avancé et on a croisé un pèlerin jusqu’au bout des ongles, il est parti de chez lui et a fait tout le chemin et là, il retourne chez lui. Il veut faire l’aller-retour en moins de 100 jours et il est proche.

 

Mathieu : Réveil à 7h. J’apprécie de ne plus me lever à 5h, mais demain 26 km, réveil à 5h30…Demain est un autre jour… L me fait penser à moi, il pose beaucoup de questions pour être sûr d'avoir compris, j'ai l'impression que ça le rassure de comprendre, d’anticiper, de programmer. Et pour être sincère, c’est tout moi. Et qu'est-ce que ça peut m’agacer par moments. Qu’est-ce que je dois être agaçant ! Heureusement, ça n’arrive que rarement. Tout se déroule à merveille. L fait des projets : devenir accompagnant Seuil, gérer un gîte en donativo…

On file au vent comme le vent au fil des rencontres : Stef, l’escargote (un vrai sac à dos à quatre pattes), Gabriel, le tatoué et Nicolas qui avale les kilomètres (il vient de l’Ain), est allé à Saint Jacques ; il est sur le retour, dans deux semaines, il sera rentré. Aucun jour de repos, tout ça en moins de 100 jours. Une fusée ! Il avait quelque chose d’indescriptible dans son regard. Buen camino


Mardi 21 juillet : Adios - Buen camino

 

L : Vers 11h45 on a fait une pause où mangeait une fille qu’on connaît depuis deux jours (son prénom est compliqué à retenir) et à partir de là, nous avons rejoint le petit groupe de sept. Et arrivés à Cahors tout le monde s’est retrouvé dans un parc ; Gabriel a fait mon premier tampon fait main et par un mec super fort en dessin. Puis petite baignade avec tout le monde. Enfin trempette des pieds, sauf pour deux, Gabriel et le deuxième je vous laisse deviner. Petite pause au café, petit à petit le groupe diminue jusqu’à se retrouver à quatre et la petite escargote me demande un tampon alors on en a fait un, l’un pour l’autre, mais l’escargote déposait sa coquille et rentrait à la maison ; c’était un plaisir et peut-être à un de ces jours !

 

Mathieu : Réveil à 6h. Ah non, ça ne va pas recommencer. Je veux dormir. Je veux me reposer. Et vous savez quoi ? Demain : Cahors bis REPOS !!! Un vrai, cette fois…

Une journée forte en rencontres et retrouvailles : Benoit - Tania - Pétronille - Gabriel - Stef (l’escargote rassembleuse). Bon chemin à tous-tes !!! A bientôt, ici ou ailleurs, pourquoi pas un rendez-vous inattendu….

Une marche de 24 km (30 avec l’aller-retour au camping).

Et oui ! Une nouvelle aventure se profile. Nous venons de recevoir une tente et un matelas chacun. On retrouve Ambre qu’on avait rencontrée à la 4ème étape. Elle représente aussi la 1ère femme dans un dortoir pour L : “je ne comprends pas que les femmes et les hommes soient mélangés” ! Mais ça c’était avant. Le chemin chemine…

Sans transition. Kébab - Pétronille - marche digestive - douche, comptes, carnet de route - 23h30 - Bonne nuit. Tracteur + tracteur = tractopelle ! Mais ça c’est une autre histoire


Mercredi 22 juillet : Cahors

 

L : Ça y est enfin le repos au camping : piscine, mini-golf, ping-pong.

Enfin, si l’agent Z nous avait appelés, ni une ni deux on aurait pris nos jambes à nos cous et on file à Cahors. “Une valise perdue, on réalise que c'est une bombe”, alors nous filons dans les rues de la ville pour résoudre une énigme. De plus en plus dur, à quelques secondes de l’explosion, on l’a désamorcée.

Et avec Mathieu on reprend là où on en était : piscine, mini-golf et après une lourde journée, un petit moules/frites  à volonté et à 22h30, on re-dort en tente.

 

Mathieu : Grasse matinée !!! J’ai ronflé jusqu’à 10h. Merci l’ombre, merci les arbres et leur feuillage, merci mes boules quies. A mes voisins qui m’ont plié les tentes au rythme de mes respirations sonores, j’ai pensé à vous : en train de marcher ou de faire du vélo. Depuis la piscine, en faisant paisiblement mes étirements, j’étais de tout cœur avec vous.

J’ai encore cette sensibilité légèrement enflammée qui me suit dans le creux de ma voûte plantaire et dans ma tête.

Heureusement, cette journée a eu un air de vacances. On a quand même fait 5-6 km, mais sans sac à dos, que la vie est belle.

Bon, le soleil tapait fort, c’est vrai et cela ne nous a pas empêché de sauver Cahors de l'explosion imminente d’une bombe. Si, si. En tant qu’agent de l’office du tout risque, aux détours des ruelles, nous avons déjoué des énigmes (et pour être honnête, il y en a une qui nous a échappée…). Tic-tac…. tic-tac… pas boom.

Mini-golf, moules frites à volonté (pour les gourmands que nous sommes) et boom la fin.

Rendez-vous dans 10 jours, repos qui me manque déjà.

”Comment ça va L ? Ça va et toi ? Ça marche !”


Jeudi 23 juillet : Rando - bobo – dodo

 

L : Selon le “miam-miam-do”, pour la montée de ce matin, la phrase c’était “dis-toi fumer tabac toi pas monter la côte”, mais finalement on a plutôt fumé la côte et d’ailleurs, je suis partant pour une autre partie de Uno ou Skyjo

 

Mathieu : A Benoît et Tania : Quand vous voulez pour une prochaine raclée de Skyjo !

L me surprend par ses qualités d’observation et son sens de la débrouille. J’avais cassé la fermeture éclair de mon sac-banane… Et voilà qu’il me recoud la partie qui sautait…. Bravo et merci. On reçoit des tentes techniques, 1er montage de sa vie. “Besoin d’aide ?” - “ Merci, mais non merci”.

Ce matin, démontage à 5h30, à la frontale dans le calme pour éviter de réveiller nos voisins. Et bien oui, j’ai gagné au concours de celui qui fait le plus de bruit…

Courte mais très pentue montée, direct en sortant de Cahors. J’aère mes pieds… mais que fais-tu là hématome ? Ma légère inflammation (en coulisse, on dit : “ma petite boule”) a disparu ???  On ne comprend rien. Allez, on teste. Gagné. 24 km plus tard, à un bon rythme, tout a l’air d’aller encore mieux. Mystère. Affaire à suivre.

Ça sent fort dans la cuisine. Le repas nous appelle.


Vendredi 24 juillet : Merci Nicole

 

L : Ce matin, Mathieu a fait un concert pendant une heure, c’était plus “Jean à peu près”. Ce soir, c’était cool et Nicole est super sympa.

 

Mathieu : 22h22 : l’heure trop tard pour écrire ce carnet de route et pour la simple et bonne raison qu'il y avait une bonne ambiance à table où nous étions 7 et que nous avons dormi une bonne partie de l’après-midi. Je me sens reposé

Le début de la fraîcheur va bientôt arriver avec le vent.

Le gîte de” l’Abeille Lulu” tenu par Nicole (qui nous a offert le repas du soir : MERCI) a été un havre de paix après ces 25 km.

Demain : 31 km.

Brossage de dent et au lit.

A demain.

 

Samedi 25 juillet  : Passé - Présent- Futur : marchons ensemble !

 

L : Ce matin, réveil avec du ”Samurai”. Notre journée la plus longue, mais personne n'est d’accord entre les 27 ou les 30 km et même 31. On ne sait plus qui croire, mais on s’en fiche puisque dans tous les cas, on va les faire.

Ce soir, on s’était dit “kébab” avec Mathieu et j’ai fini par manger tacos. Cà aurait été peut-être le premier pour cette fille. Ah zut, j’ai oublié Pétra Pétrile, ah oui, c’est bon : Pétronille.

Heureusement qu’on n’est pas en tente, avec la pluie, tous les escargots sont de sortie et la tractopelle fait tellement de bruit que leurs coquilles se sont brisées.

 

Mathieu : 5h30. Réveil, je te le dis direct : je te hais ! Heureusement que L se lève seul et qu’il suffit de le réveiller une fois.

Aujourd’hui, notre plus longue étape, 30 km. Mon pied gauche collabore alors que mon pied droit, jaloux probablement, s’y met aussi. Mais là, pas de truc bizarre inconnu des médecins et marcheurs. Ma 1ère ampoule ! Salut toi. A croire que mon corps a compris que je n’avais pas la lumière à tous les étages…

Sur le chemin d’aujourd’hui, nous avons rencontré des melons, des pommes et des scoubidous…Whaouah ! heu, des kiwis, des mirabelles, des scarabées et une nouvelle ”tournée” de marcheurs. En effet, depuis notre repos à Cahors, nous voyons de nouvelles têtes.

 

Dimanche 26 juillet : Omelette coulante le long du canal

 

L : C’est bon, on reprend des horaires de réveil “normaux” 7h30 et départ à 9h. On a marché et notre estomac nous a fait s’arrêter à un donativo qui fait des omelettes. Pas besoin de se concerter avec Mathieu que les omelettes étaient déjà à notre table et ce soir : gîte communal. La vue d’Auvillar est magnifique.

 

Mathieu : Aujourd’hui Moissac --- > Auvillar - 19 km, une étape où l’on a choisi la facilité en prenant le long du canal du Midi et ses écluses. A l’écluse 28, on peut manger une omelette ou une crêpe à prix libre. Vive le prix libre où chacun peut évaluer ce qu’il peut dépenser en fonction de ses moyens.

Vent - chaleur tempérée - distance et relief agréables. Presque reposant… même si la fatigue est là.

L, fidèle à lui-même, marche tel Saint Jacques, la légende. Et le mec, il a un chemin à son nom. Je propose que l’on change ça à l’arrivée dans plus ou moins deux mois (déjà !!!). Ce chemin on l’appellera : “La voie de L” qui comme la légende raconte, file comme le vent sans blessure, ni tracas.


Lundi 27 juillet : Plusieurs vies en une journée

 

L : Ce matin, départ à la fraîche, un peu de pluie, de l’air frais et ce soir, camping et pizzas.

 

Mathieu : Arrivés à Castet-Arrouy après 22 km, on plante les tentes au gîte communal. Nous étions un joyeux groupe d'une quinzaine de personnes : des nouveaux et des retrouvailles dont un binôme d’amis belge et québécois qui bivouaque, une famille et bien d’autres dont un joueur de ukulélé. Des échanges rapidement profonds. J’ai l’impression qu’on connaît vite des inconnus. Ambre a demandé : “qu'est-ce que vous avez apprécié le plus sur le chemin ?”. Et L de répondre “les gens”.

C’était radio Camino, il est 22h. Nous rendons l’antenne.


Mardi 28 juillet : Départ à 1 - Fini à 13

 

L : Première étape en semi-autonomie. 7 km solo. Arrivé à Lectoure, j’attends Mathieu et plouf dans la piscine et ce soir au gîte 13 à table et la légende du tracteur se propage tel “arasaka”

 

Mathieu : Ce soir, c’est l’accueil au presbytère de Lectoure. C’est donatif ! On a bien marché et pour la première fois, nous avons organisé, sur demande de L, une demie étape en autonomie. Tout s’est déroulé à merveille, sans surprise, car il s'intéresse à tout. Curieux va !

Ce soir, au repas, que de la joie, de partage et de SYMPATHIE (clin d’oeil général et surtout à Didier de Belgique). Il fait chaud à l’intérieur. Certes pas de moustique, mais rendez-vous demain ma toile de tente adorée.


Mercredi 29 juillet

 

L : 28 km de marche et pour la fin de journée, piscine et pizzas et on les a fusionnées à la “shou tucker". Elles étaient délicieuses.

 

Mathieu : Toutes les tentes montées - resto : pizzas italiennes de ouf !

Il est 22h - chaleur - chaleur - chaleur. On est montés à 43°c. Ouch !!!

Ici Condom où nous dormons à côté de la rivière, la Baïse. N’y voyez aucun jeu de mots, ou pas.

Bref, ce matin 5h réveil, le re- retour… J’ai de nouveau ce “truc” au pied gauche, cette gêne. Je demande à Claire qui a déjà un peu fait ça de me mettre un strap pour soutenir ma voûte plantaire qui bla bla bla, vocabulaire technique de mon podologue.

Bref, 29 km plus tard, ça va, mon pied tient la route.

Demain, orthopédiste. Affaire à suivre. En plus, nous sommes en repos !!


Jeudi 30 juillet : Joyeux “moisiversaire”

 

L : ça y est, ça fait un mois que je suis parti et c’est notre “moisiversaire” avec Mathieu et on l’a passé avec quatre super personnes.

Ça y est le petit blabla quotidien est fini, maintenant mon bilan sur ce mois : j’avoue au début j’ai eu le mal du pays, mais le chemin m’a attrapé à un point que je ne me reconnais plus, mais dans le bon sens et ça grâce à toutes les personnes que j’ai rencontrées du Puy à Condom.

Merci à vous et je suis ravi de vous avoir rencontrées et comme on dit BUEN CAMINO !!!

 

Mathieu : Repos, repos, que j’aime ta couleur…. repos !

.10h - ça : c’est une heure pour se lever en repos.

.2h - ça ! c’est le temps qu’a pris l’orthopédiste pour me faire des nouvelles semelles. MERCI !

.2 semaines - ça ! c’est le temps habituel pour en avoir

.3 semaines - ça ! c’est le temps depuis qu’on a rencontré Ambre (Au revoiiirrr !! Tu vas nous manquer !)

.6 convives - c’était le nombre de marcheurs ami-es du chemin au restaurant des adieux ce soir (Ambre, Ingrid, Brigitte, Didier et nous)

Vous êtes de merveilleusement belles personnes.

Cheminons ici et ailleurs.

.31 jours, soit 1 mois pour 1 “moisiversaire”. Et oui, déjà tout ce temps où L me supporte et, vous qui me connaissez bien, vous savez ! Et L qui me ressemble : on lâche rien ! Joyeux nous jusqu’au bout !

.150 ça ! c’est notre budget “nourriture “ ces deux derniers jours. Au revoir économies…

.500 ça ! c’est le nombre de kilomètres déjà parcourus

.1100 !  c’est ceux qu’il reste à faire.


Vendredi 31 juillet : Ça marche !

 

L : 3h - orage. On était en tente.

5h : avec les deux mains gauches, je fais tomber mon café.

Après 17h, plantage de tente, tressage d’oignons et cuisine avec l’hôte et je vais finir en retard, je vous laisse

 

Mathieu : Cette nuit, 1er orage sous tente. Elles étaient bien montées, donc on est restés au sec.

Réveil 6h :  No comment !

19 km pour arriver à Montréal, et tout ça sans prendre d’avion et en faisant une longue sieste (même L). On était dans le gaz après ça. Nous sommes au gîte du Moulin de Baudin, je crois. L est sollicité pour bosser et pendant ce temps, je bricole mon rapport.

PS. Mes nouvelles semelles orthopédiques ont l’air d’accord avec mes pieds. Test in progress !

Allez, ça sent trop bon en cuisine. Je file laver mon linge et moi aussi par la même occasion.  Ciao

 

Samedi 1er août : Le jour et la nuit

 

L : Le soir dernier, j’ai dormi à la belle étoile. J’ai l’idée du duo de Seuil juste derrière nous et ce soir, on était 8 à table. Super ambiance. Je vous laisse (je crois que j’ai trop lu “L’Herbe Bleue”)

 

Mathieu : Sans surprise, on a trop bien mangé : lasagnes végétariennes. Je dois avouer que j’ai peur de dormir à la belle étoile. Alors que L, il expérimente tout. Il semble à l’aise dans la découverte.

Aujourd’hui, réveil à 5h30 PFFF! J’en ai marre. Toujours et encore… mais ça vaut le coup. Je n’ai jamais vu autant de couchers de soleil et de lapins. Un troupeau de lapins.

Ce soir, le gîte “Le Chalet du Bonheur”, un donatif, super discussion entre marcheurs.

Bonne nuit à tous et toutes. Merci pour vos soutiens.

 

Dimanche 2 août  : Good afternoon, good evening and good night

 

L : Petite journée, mais grande rencontre.

Juste après on va rejoindre un groupe bien festif, alors bonne soirée et buen camino

 

Mathieu : 8h - une presque grasse matinée - trop content. C’est reparti pour un tour ! 14 km plus tard, nous sommes à Nogaro. On plante la tente au gîte municipal où une troupe de joyeux lurons nous ambiance. Merci Lars, Léo, Martin et Stan !

Le fond de l’air est chaud, on entend crisser les pneus des voitures de course sur le circuit à côté.

L n’est ni motivé pour faire à manger, ni pour faire la vaisselle. Comment faire le repas du soir ? Le gîte est super équipé et il y a une cuisine au top. Allez bon appétit !


Lundi 3 août : Anecdote sous couverture

 

L : 13 km en autonomie. Je me pose sur un banc et je rejoins Morphée. En me réveillant Mathieu et Léo et en route pour rejoindre Martin “A la maison”, le lieu incroyable et avec un fan de cyberpunk, plus qu’à lui parler du groupe Choom en lien avec le jeu et comme on dit “buen camino”

 

Mathieu : Nous arrivons à Aire sur l’Adour après 26 km sous un temps couvert et agréable. L a fait les 13 derniers kilomètres en autonomie. Bravo ! Il peut être fier !

Nous sommes au gîte “A la maison” et il est vrai qu’on s’y sent super bien. Belle ambiance type “apéro (sans alcool pour nous). Ah oui, j’allais oublier l'anecdote du matin : L a “emprunté” le bâton d’une autre marcheuse. Il pensait qu’il était oublié, un peu trop sûr, il l’a pris. Heureusement, il a pu lui rendre en route. Mais il lui manquait maintenant un bâton pour monter sa tente.

Au soir, au gîte “tu demandes et tu reçois”. Avez-vous un bâton oublié ? : oui bien sûr”. Sauvé. Ciao


Mardi 4 août : Léo et Martin

 

L : 26 km avec Léo jusqu’à Pimbo où l’on s’est séparés, mais c’était cool. Il était sympa, sans oublier Martin qui fait une grasse mat’ pendant qu’on est en train de marcher et Stan qui a fait un tampon sur ma crédencial et comme on dit “buen camino” !!!

 

Mathieu : Aujourd’hui, journée couverte et agréable, 26 km de bonheur accompagnés de notre très sympathique Léo. Merci à vous, Léo et Martin d’être vous, débordant de sincérité. C’était important de partager un temps avec vous, buen camino !

On a tellement discuté que la ville de Pimbo est arrivée bien vite.

Encore des nouvelles rencontres ; super, des nouvelles têtes.

Ce soir, au gîte communal, ça discute de tout, de rien. On rigole.

Bonjour, et au cas où on ne se reverrait pas d’ici là, bon après-midi, bonsoir et bonne nuit. (Merci Truman !)


Mercredi 5 août : La journée de Belzébuth

L  : La journée a très mal commencé.

  1. Je perds mon embout de bâton

  2. Mon bracelet s’est cassé ; désolé Steff (ça va  devenir un collier)

  3. Ma poche à eau a fui dans mon sac.J'avais la moitié de mes affaires  mouillées. 29 km dans un enfer mouillé de partout.

Mais il y a eu des bons côtés :

1. Baby à l’extérieur avec Mathieu

2. Un repas à 15 personnes, c’est encore moi qui ai tout fini !

3. Des parties de skyjo à 7

Et 4 : comme on dit “buen camino”


Mathieu : Incroyable ! Merci les nuages, merci la chaleur moins étouffante : nous partons à 8h15. 29 km se profilent à l’horizon. Je me sens reposé. On part en forme.

En plus dans notre dortoir, tout le monde a bien dormi (mes ronflements peuvent aussi bercer apparemment…)

Pour L, assez rapidement, il lui arrive 1 galère, puis 2, puis 3…. On aime bien dire que  : “aujourd’hui, tout est de la faute de…”  (Mathieu, ou L ou un autre marcheur).

Aujourd’hui, tout est de la faute d’un vieux monsieur que l'on a croisé ; une histoire de tuyau d’arrosage ;

Bref. Il nous a fait vivre des montées horribles, il a aussi lancé ses hordes de moustiques par vagues. Quelle journée !


Jeudi 6 août : Le chemin, c’est fini pour nous !!!

 

L : 19 km et Belzébuth n’est pas intervenu.

On est arrivés à Maslacq. On attend le neveu de Mathieu et le programme : jeux de société et manger ! Montrer “cyberpunk” à Mathieu et une première nuit en camping.

Et comme on dit “Buen Camino”

 

Mathieu : Le retour de la grasse matinée, lever à 8h ! MAGIQUE !

19 km s’ouvrent à nous pour rejoindre Maslacq. Une journée en douceur, toujours avec une météo clémente et couverte. Merci la vie !

Nous recroisons des marcheurs et marcheuses d’hier et d’avant. D’autres vont plus vite, d’autres moins. A bientôt, ou pas !  Au plaisir de vous revoir !

 On pique-nique… Hummm !! A chaque repas, j’ai l’impression de manger mon meilleur repas. C’est trop bien !

Sans transition : phrase de L “je sais que j’ai changé mais je ne sais pas, c’est quoi qui a changé” ?

Pierre, notre responsable de marche, nous a autorisés à aller passer la soirée chez Valérie, ma sœur, qui habite à côté du chemin. Trop bien ! Je vais aussi voir mes neveux : Baptiste, Malo et Quentin. On a même décalé un jour de repos. On est prêts pour jouer, discuter et se régaler. C’est un comme un week-end enchanté.

Allez, bye, bisous, tchao, bye, bye 


Vendredi 7 août : Tu tires ou tu pointes ?

 

L : ça y est enfin, une grasse matinée à 10h réveil, café, clope, puis pharmacie pour la 30ème fois, Mathieu est plus parti à la pharmacie qu’il s’est baigné.

On a été mangés au resto chinois à volonté, sur 2h, on était tous les 6 à table que 40 mn et après un énorme repos, sieste dans la voiture et dans un parc, jeux de société, pétanque et là on va enfin montrer à Mathieu le jeu cyberpunk. Hier on n’a pas pu. On a enfin regardé “Compostelle” ; la nuit était en camping, c’était cool.

Petite aparté : merci à Valérie, Quentin, Malo, Baptiste et comme on dit : Buen Camino !

 

Mathieu : Je suis MALADE – DE … complètement malade-de !

Lever vers 9h30, ça fait du bien, mais nuit chaude car les moustiques guettent derrière les carreaux de la fenêtre fermée. J’ai un rhume et je m’en serais bien passé.

Bonne nouvelle, j’ai des nouvelles chaussures : La la la…lère ! Les miennes n’avaient plus beaucoup de semelles après 700 km. Décathlon a bien voulu considérer mes chaussures comme défectueuses. Et boom ! remboursées ! j’étais content !

On profite de notre repos chez ma soeur avec mes neveux. Une “fine” équipe au resto chinois à volonté. L a presque trop mangé !

Ensuite, on est allés au lac de Biron : digestion, digestion, digestion, jeux, pétanque, quizz. Je vous ai dit que j’avais de nouvelles chaussures et que je suis malade ? Espagne dans 5 jours nous voilà, toi qui nous montres tes Pyrénées juste au bout de notre nez.

Poète… Pouet… Pouet ! Hasta luego

 

Samedi 8 août : Pyrénées

 

L : Marchez, marchez, marchez et les Pyrénées pointent le bout de leur nez. Elles nous regardent, nous les regardons, elles savent, nous savons, nous y serons dans 4 ronflements et comme on dit : Buen Camino !

 

Mathieu : Toujours malade. Mes chaussures sont au top : 22 km… Bien passés. Lever de soleil magnifique. Petit coup de mou pour L et moi. Malgré tout, les Pyrénées sont là devant nous de plus en plus grandes et impressionnantes.

Tente - piscine - 40°c - vent - orage au loin. Tout va bien ! Un pique-nique et au lit.

 

Dimanche 9 août : Atchoum ! rhume x 2

 

L : Aujourd’hui, étape en demi-autonomie. A l’arrivée au gîte, super ambiance. A voir le déroulement de la soirée. 3 couples, une mère et sa fille, 2 amis, un duo de Seuil incognito et comme on dit Buen Camino !!!

 

Mathieu : Allez ! On enchaîne. C’est au tour de L d’avoir un rhume. Super ! Pour ma part : ça va déjà mieux, mais ça ne me donne pas envie d’écrire mon rapport (tous les 10 jours… pfff… flemme). L a choisi de faire une grande partie de l’étape en autonomie. Il peut être fier. Un commerçant qui l’a vu passer m’a dit “je n’ai jamais vu quelqu’un filer aussi vite !”.

Le moral des troupes a un peu baissé en ce moment : fatigue - rhume. Heureusement, le gîte (en donatif, merci !), situé à Landaco, est super. Les hospitaliers sont hyper bienveillants. Nous allons probablement être une quinzaine. L’orage n’est pas loin. Les moustiques présents. Les tentes montées. Le repas est prêt. On est bien ! Et en plus, depuis 23 jours, les Pyrénées semblent nous observer.


Lundi 10 août : Très bonne journée !

 

L : 28 km en 11h. 7h de marche - 1h de sieste - 1h de courses et 1h pour manger

Ce soir, on dort dans une maison au milieu de nulle part.

Demain : 16 km. Le rêve !

 

Mathieu : 11h de période de marche

. marcher - manger - marcher - manger - sieste (1h on était mort de fatigue)

. marcher - manger - pharmacie - marcher - arrivée (19 h)

. manger - blog - compte - douche - dodo !!!. Enfin

Parsemer le tout de atchoums - reniflades - mouchages de nez version sportif - pause - épuisés, regards dans le vide.

On est beau, tiens ! Ajoutez ronchonnades - rigolades - incompréhension.

Voilà la recette de cette interminable journée.

Bonne nuit, je m’en vais partager mes ronflements. Et comme j’ai compris, ce soir, nous serons à égalité : 2 tracteurs sur 4 marcheurs !


Mardi 11 août : Saint-Jean-Pied-de-Port ! Purée !

 

L : ça y est ! Saint-Jean-Pied-de-Port alias SJPP et l’Espagne. C’est demain, mais là on est aujourd’hui et on a eu une étape tranquille de 16 km. Une super nuit et puis SJPP quoi !!! et super gîte ce soir. On est en chambre avec des vieilles têtes et à Saint-Jean-Pied-de-Port on a croisé trois personnes de Saint-Chély. Et j’ai dit qu’on est à SJPP ? Et demain c’est l’Espagne. Et comme on dit “Buen Camino”. SJPP quoi !!!

 

Mathieu : Ma meilleure nuit ! Malgré le fait d’être dans un refuge libre et gratuit avec une route nationale à côté, avec une chaleur, certes moite, mais moins lourde. J’ai dormi comme un bébé de 22h à 8h30. TROP BIEN ! Enfin ! Mon corps dit merci, mon esprit aussi.

L est moins malade. Nous parcourons les 16 km du jour avec facilité, mais hâte d’arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port. C’est le bout du chemin en France.

Demain un autre monde : España, nous voilà ! On a célébré ça en mangeant plein de pâtisseries locales.

Hasta luego !


Mercredi 12 août : Au-delà de l’infini ! 

 

L : Lo hemos Logrado auzado los Pirineos, y ya estamos en España

Es la jornada más dura para cualquier peregrinos, pero el paisaje es magnífico que casi Olvidas que te crene tras 1430 metros de altitud.

Es nuestra primera noche en España, compartida con otros peregrinos conocidos por el camino ; el programa eclipse solar, comer Y como dice el dicho : “Bon chemin”

 

Mathieu : 4h45 !!! Punaise ! Heureusement, j’ai pu me coucher tôt. Bon j’avoue, il est 21h. Je suis mortifié. Que d’émotions aujourd’hui !  Dans l’ordre déchronologique (si si je suis sûr que ce mot existe !)

. L'éclipse du soleil à 99,95 %, quelle ambiance à Roncesvalles (Roncevaux). On se serait cru dans un film post-apocalyptique. Attention, les zombies arrivent.

. L’auberge ENORME, 3 étages de dortoirs en lits superposés, 185 personnes. Là, ça ne rigole plus.

. L'œil de Sainte-Lucie, un bracelet que L voulait emmener à Finisterra. Catastrophe ! Perdu et introuvable. L en perte de contrôle, disparu, moi à sa recherche pendant 20 mn. Il était parti, possédé par ses émotions du moment, tel un taureau sur le toréador, à la recherche sur le camino. Hey L, la prochaine fois, on y va ensemble. Hein, dis, stp.

. L’incroyable traversée des Pyrénées, la plus dure des étapes d’après tout le monde et “la verdad”, je pense que les paysages ont rechargé mes batteries au fur et à mesure sur 26 km, 21 km de montée, de 200 m à 1430 d’altitude.

Avec L, nous partageons, avant le lever du soleil, angoisse et euphorie ! Et ensuite…Ouah !  Indescriptible !


Jeudi 13 août : Hola, bonjour, welcome

 

L : Réveil 3h pile. 7h o, récupère les sandwichs. Mathieu plus de chapeau, Mathieu fait demi-tour et re-chapeau. Départ à 50 anglais, asiatiques et étonnamment on a vu beaucoup d’espagnols. Forêt, route, forêt, descente, montée, descente. Dodo au gîte.

Rivière à 4. Mathieu retrouve son eau bien aimée. Juste après une ancienne pèlerine avec son mec, on parle et un nouveau pèlerin apparaît. On finit par manger avec eux 3 et on retrouve une table de 7 dont 3 américains et 4 français encore fini les assiettes de 2 personnes et un américain qui m’a donné une glace. Et comme on dit “Buen Camino”.

 

Mathieu : Départ 7h. Nous avons dû attendre notre pique-nique commandé à l’auberge. C’est impressionnant : nous avons changé de monde. Beaucoup de personnes commencent le chemin à Saint Jean Pied de Port : des hollandais, américains, coréens, chinois, japonais, allemands, italiens, espagnols, belges, suisses et sûrement d’autres. On commence le chemin avec un défilé de marcheuses et marcheurs. Nous sommes en Espagne ; on peut dire que c’est bien différent : les poteaux électriques, les chips, les prix, accessoirement la langue…

Sur le chemin, chacun se regarde, se dépasse, s’arrête, se re-dépasse. On ne sait plus dans quelle langue dire bonjour : “hello ! Hi ! Buen dia ! Buenos días ! Bonjour ! Bon chemin !”. On se l'a dit au moins 5 fois chacun. Ce monde est à part, ça sent la souffrance, la joie, la curiosité, la contemplation, l’émerveillement et la fierté. On a revu des anciennes rencontres, fait connaissance avec des nouvelles. Et j’ai encore mangé mon meilleur repas ce soir (à 9 convives, au resto svp).

L je te souhaite la bienvenue dans ce nouveau monde international qui s’ouvre à toi, à nous.

Allons et allez à la rencontre des gens autour de vous. Je nous le souhaite.




 

 



   L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %

Le reste est financé par vos dons



(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)


 

                  ______________________________________________



« Pour des raisons de confidentialité, les commentaires mentionnant des informations personnelles concernant les jeunes (prénom, photos, etc…) seront supprimés. Merci d’anonymiser vos commentaires ! »

Posts similaires

Voir tout
Marche de Enzxxx

Marche de Enzxxx accompagné par Thibaud Jeudi 13 août E : Bonjour les lecteurs/trices, moi c'est E, j’ai 15 ans, je suis rapeur, je viens du bs dans le 91 je ne suis pas très rassuré par ce projet

 
 
 

21 commentaires


Sandrine
il y a 4 jours

Hola a los dos !

C'est Sandrine (la sosie), Isabelle et Corinne ! Quel bonheur d'avoir partagé ces moments avec vous, merci pour ces parties de skyjo endiablées, pour nos photos avec ces vues incroyables sur les Pyrénées, pour ces pas faits ensemble, pour notre câlin collectif réconfortant (pour nous tous) à Roncevaux, pour votre préoccupation pour ma bronchite, pour ces "bon appétit" "pfiou c'est dur" "buen camino" "hum elles sont trop bonnes ces mûres" au détour du chemin, merci L. pour ton "Arlequin", etc etc etc ! Des moments de vie partagés inoubliables. Nous sommes rentrées aujourd'hui, notre coeur est toujours sur le Camino, vous nous avez manqué sur les dernières étapes. On va continuer à vous suivre via…


Modifié
J'aime

Mequbama
16 août

Bravo L pour ton espagnol !! Tu es déjà au top !!

Bravo aussi pour cette étape très difficile. Et si tu n'as pas retrouvé ton bracelet, dis toi bien que l'avoir conduit jusqu'en Espagne, c'est déjà une très belle réussite. Un pélerin l'aura ramassé et le conduira à sa destination.

Profitez au max.

Bisous, toujours marocains, à vous deux.


J'aime

Mequbama
12 août

Coucou les garçons !!! Ça y est les Pyrénées dont vous avez tant rêvé, vous y êtes !! Bravo !!

Maintenant, il va falloir parfaire votre espagnol. 😉

Bonne route à vous et bisous marocains.

J'aime

Invité
11 août

Hello les garçons! C’est Audrey, Jade et Dominique de la maison jaune. Ce soir on regarde « Compostelle » alors on pense à vous! On vous suit et on vous félicite pour le chemin parcouru!

Bonne continuation et à bientôt pour suivre vos aventures et encore bravo L.

J'aime

Mélody
06 août

C’est un plaisir de vous suivre chaque jour ! Merci pour votre bonne humeur :) et buen camino !

J'aime
bottom of page