Marche de Lorxxx
Dernière mise à jour : 29 sept.
Marche de Lorxxx accompagné par Mathieu
Jeudi 2 juillet
L : Je m’appelle L. J’ai 17 ans depuis le 29 juin ; le lendemain je me suis retrouvé dans le train vers Lyon où j'ai rencontré Mathieu. A ce moment, je ne savais pas encore que j’allais dormir avec un tracteur, mais bon ! J’ai hâte d’aller en randonnée. Depuis ma fin primaire début collège, j’ai toujours voulu voyager.
Mathieu : Bonjour, je m’appelle Mathieu, j’ai probablement 47 ans. Je ne suis pas doué avec l’âge. Je suis au Puy en Velay avec L, un jeune adulte de fraîchement 17 ans.
Après une rencontre avec son éducateur et Pierre, notre responsable de marche, nous filons en train à travers les vallons jusqu’au Puy en Velay.
Déjà trois jours passés, Pierre nous gâte de restaurants et glaces. Il prend soin de nous. Nous sommes, pour ce stage de marche, dans un gîte magnifique au pied des escaliers de la cathédrale. Nous nous découvrons, cuisinons (ah ! la bouffe nous unit déjà !). Nous visitons les monuments. Et voilà, après une randonnée “test” avec le sac à dos chargé, les gîtes réservés pour 4 jours, le jeu sky jo en poche, nous sommes prêts !
Demain, c’est le grand jour ! Mets ton sac, on y va !
Vendredi 3 juillet : Bains
L : Finalement, la première journée de rando s’est plutôt bien passée et pour le gîte je n’étais pas trop à l’aise mais ça s’est très bien passé. On a même fait du yoga et j ‘ai cru que Mathieu allait s’endormir sur le sol.
Demain on quitte Bains pour aller à Monistrol d’Allier. L’aventure continue
Mathieu : Nous avons eu la motivation d’aller à la cathédrale à 7h pour le rituel de la bénédiction des marcheurs au départ du Puy. Aucun étranger non francophone. Heureusement, le chemin à peine commencé, une japonaise pointe le bout de son nez. L prévoit d’aller au Japon avec l’une de ses sœurs. Ni une, ni deux, je ressors mon “meilleur” anglais. L’échange n’est pas évident : on retiendra qu'elle est fan de l’équipe de baseball de sa ville, Fukushima. Il y a du monde, mais pas trop : des marcheurs de tous âges dont des très jeunes.
Après 15 km de bonheur, plaisir et découvertes, nous nous trouvons au gîte en gestion libre à Bains. Nous sommes 7 ce soir de 9 à 69 ans : repas partagé, jeux ensemble. Mais où est passée l’anxiété sociale de L ? A-t-elle pris de l'avance sur notre itinéraire ?
Samedi 4 juillet : Monistrol
L : Tout d’abord, à la soirée du 3 , on s’est super bien amusés au gîte. Les gens étaient super sympas, du coup ce matin on est partis tous ensemble ; on a dû se séparer, on devait retrouver un duo de pèlerins : allez bonne continuation à vous. J’avoue que la journée d’aujourd’hui a été plus difficile que les autres mais la vue de la tour de Rochegude est magnifique, je dirais même splendide
Mathieu : La vie des uns, la vie des autres :
Soleil, soleil, soleil et vent, une combinaison parfaite ! Il fait chaud mais pas trop. Après un petit déjeuner en groupe, nous partons ensemble : 9 marcheurs/es fiers et motivés. Monistrol nous voilà
Je sens déjà la fraîcheur de l’Allier. Au bout de quelques kilomètres, nous nous retrouvons tous les deux : la fine équipe. On a tellement discuté que la pause de midi a duré 1h30. La vie de L est incroyable. Ce voyage, à la rencontre des autres, de soi, va lui faire le plus grand bien. Et pour être honnête avec vous : ça se voit déjà dans ses sourires et son regard.
Dimanche 5 juillet
L : Ce matin levé à 6h. On a monté la plus dure des montées, mais heureusement qu’il y avait Thierry
La tarte était excellente. Si vous avez le temps, foncez ; plus tard on a parlé avec Joseph, un philosophe en Deudeuche Il parlait de questions. Il ne voulait rien dire d’autre, il m’a tellement retourné le crâne quand je suis allé m’asseoir, j’ai trouvé une question sur la table du gîte : c’est quoi le bonheur pour vous ?
Mathieu : Aujourd’hui, bien des questions
Départ à la fraîche pour the big montée du chemin. On est chaud bouillant. Un “ancien” vend des coquilles Saint Jacques : il a 91 ans, a fait le chemin jusqu’à Fisterra il y a 5 ans et c’était la 25ème fois qu’il le faisait.
Météo idéale - montée sans forcer - mais ce soir, bien bien fatigué.
J’ai une histoire avec Seuil et Saugues. Je revois quelques têtes qui m’ont bien soutenue début janvier 2025. Et toujours ces coïncidences (ou plutôt rendez-vous inattendus) ... On est “poursuivis” par un homme en 2 chevaux. Il est partout : avant-hier, hier, aujourd’hui. Nous le rencontrons, il s’appelle Joseph mais ça L vous l’a raconté.
Blog - Uno - dodo zzzz (clin d’oeil du tracteur)
Lundi 6 juillet :
L : Aujourd’hui, petite journée tranquille. Avant de partir on est allés voir une connaissance de Mathieu, une personne sympa avec un chien super actif et après journée rando normale et le gérant du gîte nous a fait des lasagnes à rendre jaloux un gros chat roux
Mathieu : 15 km nous attendent aujourd’hui et sans vouloir vous spoiler, L a filé comme le vent. On n’a pas vu passer l’étape. Après s’être fait payer un café chez Maud du gîte Le Lion d’Or (faut dire qu’elle a toujours des histoires de vie incroyables à raconter, surtout au saut du lit) Nous marchons toujours avec le vent (merci le vent) Pique-nique - bla bla bla ! (et oui, qu’est-ce qu’on cause)
L part devant. Nous marchons séparément pour la première fois et il me semble que ça nous a fait du bien.
Ce soir, au gîte, nous sommes trois et en demi-pension. On vous a dit qu’on aimait bien manger, je crois. Et bien, là, nos hôtes nous ont, non pas régalés, mais achevés. Mamamia ! les lasagnes au lait cru de la ferme tiré du matin. MERCI !
Reste plus qu’à se jeter, que dis-je, s’effondrer dans le lit. Allez bonne ronflade !
Mardi 7 juillet : Les trois mousquetaires
L : Journée sympa. On est partis ce matin à 3 de Chanaleilles. Ils sont restés avec nous pendant plusieurs heures. Le reste de la journée est facile. Et une amie m’a donné le défi de prendre en photo le même billet de 5 € tous les jours (j’oublie souvent)
Mathieu : Marche rapide ce matin avec notre “colloc” d’hier soir. Il a sacrément voyagé ; il travaille dans une ONG qui s’occupe de traitement de l’eau, il a brodé au moins 12 drapeaux de pays différents sur son sac à dos. J’ai adoré ses anecdotes. On a ensuite fait le point sur l’état du monde et du capitalisme. Et le capitalisme va bien. L n’avait pas l’air de s’inquiéter de nos grands riches. On a vite changé de sujet. Et ce qu’on ne vous avait pas dit, c’est que L a une culture impressionnante en chansons - séries et variée en mode “des années 50 à 90”. Il sait même ce qu’une une VHS. Merci Mamie L
Mercredi 8 juillet : Aumont-Aubrac
L : Le chemin d’aujourd’hui qui était censé être facile mais sur le chemin il y avait deux voies et je me suis dit pourquoi faire simple car on peut faire compliqué. J’ai failli fusionner avec le sol comme Mathieu pendant le yoga.
Mathieu : Pourquoi faire simple ?
Réveil bien trop tôt… à 6h… sans déc… Ça ne me ressemble pas et on est bien d’accord là-dessus avec L. Et en même temps à 10h déjà, il tape fort ce coquin de soleil ! L marche toujours aussi bien, pas de douleur, pas de plainte, il apprécie les paysages. Quand, à 10h30, on se regarde, “on pique-nique ?” Pas besoin de réponse. 10 km ça donne faim. Nous arrivons à Aumont Aubrac vers 12h et l'auberge ouvre à 15h…
Un joli parc nous attend et j’en profite pour faire une sieste et des étirements sous un séquoia géant. Et comme on aime manger, ce soir au traiteur : aligot-saucisse !!!
Jeudi 9 juillet : du GR 65 à la route 66
L : Réveil matin à 5h. Plan pour la journée 26 km. Le réveil a piqué. D'habitude c’est l’heure à laquelle je me couche. Ensuite, plus tard, on a grimpé sur des rochers. Mathieu paparazzi comme il est, prend des photos.
Arrivée à Nasbinals, j’ai plongé ma tête dans l’eau froide. Dans trois mois, je vais finir dans des bains glacés
Mathieu : Toujours trop tôt !!! Départ à 5h30 pour une arrivée à 16h. Ça valait le coup. J’ai presque eu froid. Fraîcheur - écureuil - bonheur. On a eu la chance de voir un quai de traite mobile en action avec des vaches légères et heureuses en sortir. Un p’tit coup à boire sur le coup des 8h (plus ou moins) ... je perds vite la notion du temps en marchant. Mon esprit s’évade dans le paysage désertique et vallonné de l’Aubrac.
On s’est cru perdus au cœur du Texas avec ces taureaux qui ressemblent à des bisons. 27 km de bonheur. Honnêtement non, les 5 derniers kilomètres avec leur bitume chaud n'étaient pas top. Heureusement, lespâtes carbo étaient là à l’arrivée.
Vendredi 10 juillet : Vers l'infini et au-delà
L : Ce matin, on s’est retrouvés dans des enclos de vaches. J’avoue, j’étais pas rassuré. J’ai beau avoir des gènes espagnols, je ne suis pas toréador.
Plus tard, je me suis transformé en Mathieu en m’asseyant dans une rivière à au moins -8000
Mathieu : Aujourd’hui passage par Aubrac, le point le plus haut sur la partie française du chemin de Saint Jacques, 1400 m d’altitude (ou un peu moins… la précision et moi). Une nuit de sommeil fraîche, fenêtre ouverte, la tête dans les étoiles m’a revigorée. Cette étape de 17 km a été, malgré ses difficultés (descentes avec cailloux), une partie de plaisir. En plus, L m’a indiqué une “baignoire” dans un petit torrent : le rêve ! Il m’y a même accompagné avec de l’eau jusqu'au-dessus du nombril : On a rencontré tellement de monde ( japonais, australiens, estonien, français, espagnols).
Ce soir dans le dortoir, nous sommes 10 hommes et 2 femmes. J’ai prévenu que je ronflais…
Demain 22 km, mais à l’arrivée : REPOS. Mais ça, on vous racontera demain. Audrey et Max, on pense aussi à vous. Où en êtes-vous ?
Samedi 11 juillet : Montagne au revoir
L : Hier, on est partis se régaler avec Mathieu et un papi qui parlait à peine français et je n’ai pas activé les sous-titres (il était super sympa). On s’est éclaté le ventre avec un buffet à volonté délicieux et aujourd’hui, je suis épuisé
Mathieu : Petit retour sur la soirée d’hier, on a craqué ! Et en même temps, ils nous ont pris par les sentiments : BUFFET A VOLONTE, mais en version spécialités locales, farçou, choux farci, rougail saucisses aveyronnaises, fromage Laguiole etc…On a tout goûté sous les yeux de Grocatime, un australien avec qui on a sympathisé et qui s’est invité avec nous. On a bien discuté. J’ai amélioré son français et lui mon anglais.
Je ne sais pas si c’est la digestion, la chaude nuit, la fatigue accumulée ou l’arrivée du repos, mais aujourd’hui, nos 21 km ont été interminables.
Dimanche 12 juillet : Repos …. pas si sûr
L : Aujourd’hui, repos. Enfin pas vraiment, on s’est retrouvés à deux sur un kayak.
Ce dimanche repos s’est transformé en dimanche kayak sur le Lot mais c’était sympa à part qu’on s’est retrouvés à tirer le kayak et on a rencontré un coréen
Mathieu : Après cette journée vidée d’hier, la nuit après un peu de pluie dans notre Airbnb : oui, madame, monsieur, grâce à nos économies : pas d’heure de départ donc grasse matinée. Je me suis quand même lancé pour faire mon rapport 1 (tous les 10 jours environ), 3-4h de bonheur, soit j’en fais trop, soit je suis lent, soit autre chose. On a décidé de profiter de notre repos pour faire du kayak et avancer d’une étape : Estaing. Comme je l’ai rêvé au fil de l’eau qui manquait et qui nous a fait pousser, tirer le kayak. Tout ça pour dire que nos jambes sont fraîches mais que le kayak m’a tué. Bon j’avoue : j’ai bien profité des baignades rafraîchissantes. Merci Le Lot !
Ce soir, gîte communal dans une ancienne église, je suppose. C’est moderne.
Nous dormons dans une chambre, accompagnés d’un couple avec quatre enfants de 4 à 13 ans. Qui dérangera qui ? Bonne nuit
Lundi 13 juillet
L : Les chemins d’aujourd’hui étaient vraiment repris par la nature et il n’y avait pas beaucoup de passages puisqu’on a quitté le GR 65. Le gîte de ce soir, c'est chez une mamie (merci Pierre de nous avoir conseillé ce gîte). On s’est régalés. Elle est super gentille. Et si je ne me trompe pas : joyeux anniversaire A
Mathieu : Bon, finalement ce qui nous a tous dérangé, c'était la chaleur étouffante. C’est fou comme la pudeur s’efface quand la survie apparaît. On a cru faire partie de la famille, ça a rappelé des souvenirs à L toute cette effervescence familiale
Temps couvert aujourd’hui, moins de chaleur mais un peu de relief. Je crois que le manque de sommeil me fait des signes : dans cette déviation, par le GR6 ombragé, nous découvrons un sentier qui serpente finement dans une végétation plus dense, plus sauvage. Peu de marcheurs passent par ici. Et probablement en ayant trop bon rythme, une légère douleur au niveau du tibia me gratouille
Heureusement, ce soir, au gîte du Barthas, Mimi nous a régalés (on vous a déjà dit qu’on ADORAIT manger ?) et par magie la douleur a disparu. La fraîcheur arrive, 22h : faîtes de beaux rêves
Mardi 14 juillet : Conques (j’ai la flemme du titre)
L : Aujourd’hui, j’ai la flemme d’écrire. Allez, je vais faire bref. Ce matin on a été chez Michel : il y avait du café et des pancakes avec des pèlerins sympas. Le gîte de ce soir est immense
Mathieu : Quelle nuit merveilleuse et reposante. Lever à 5h - départ à 6h. Notre voyage du jour nous porte à Conques. Le soleil reste longtemps derrière la colline, puis la forêt nous accueille. Malgré les rencontres, les retrouvailles (le papa de la famille nombreuse, bâtons en mains, en sens inverse, à fond les ballons, en montée, qui les rejoint) malgré notre allure modérée qui m’assure d’éviter la blessure, l’hydratation (au moment où j’écris, 17h30, j’ai déjà bu 6l d’eau), malgré l'effervescence de ce magnifique village un 14 juillet : je suis fatigué. Allez une petite sieste avant le repas de 19h servi, car ce soir nous dormons dans l’Abbatiale où les Frères ne nous font payer que ma nuitée pour nous deux en demi-pension.
Merci pour leur soutien à l’association
Mercredi 15 juillet
L : Ce matin, encore un réveil à 5h et direct une montée raide qui réveille mais après ça a été. Plus tard, on a pris un gâteau avec une belle vue et ce soir on est en dortoir extérieur et il y a même un hamac, il est super confortable mais c'est un vrai sauna.
Mathieu : Quel repas incroyablement bruyant à l’abbatiale de Conques. 80 convives, ça m’a rappelé la cantine à l’école. Un dortoir de 16 personnes. J’ai bien dormi, mais toujours pas assez. Lever à 5h, nous sommes 6 lève-tôt et il fait toujours lourd. La sortie de Conques est une montée très ardue de 1h. Ça met en jambes… et j’ai perdu 1 l de sueur pour sûr.
22 km en marchant doucement avec des pauses afin qu’aucune tendinite ne m’assaille. J’ai enfin la certitude que L n’est pas un extra-terrestre. Il a ses premières douleurs.
Jeudi 16 juillet : Chaleur, chaleur, chaleur
L : Aujourd’hui, j’ai la flemme d’écrire et je n’ai pas d’inspiration
Mathieu : Hier soir, nous étions 13 à table, de supers échanges. Nos lits étaient sous un abri ouvert avec des moustiquaires. Insolite ! La nuit est restée chaude.
Mais revenons à la soirée. Un groupe varié : randonneurs à pied, à vélo, en bivouac. Une étudiante en design fait une étude du chemin Saint Jacques en France pour son mémoire. Elle m’a interviewé. Pendant ce temps L échangeait avec une jeune marcheuse. J’ai eu l’impression que sa batterie sociale, qui souvent se vide en présence d’étrangers, faisait son contraire… se rechargeait, sans transition.
Réveil matin, 5h, je me réveille comme une fleur, marguerite sur le macadam. Il ne fait plutôt pas trop chaud et heureusement que le lever de soleil était magnifique. Fatigué mais 26 km plus loin …. Figeac et il fait bien trop chaud !
Vendredi 17 juillet : Lecture - Santé – Dodo
L : Aujourd’hui, j’ai commencé étonnamment à lire un livre de 214 pages.
Au gîte de ce soir, ma grand-mère aurait adoré être là, il y a des poules de partout.
Mathieu : Ambiance chaleureuse au gîte Le Carmel à Figeac, aux deux sens du terme. Nous étions 9 à table dont un prêtre et une fratrie de 3 jeunes, probablement mineurs dont la mère dormait dans un autre gîte. On devait faire 31 km…Besoin de repos… On appelle Pierre… Ok pour couper. On s’arrête à Béduer après 15 km. Sieste… Gîte à partir de 15h. On trinque à notre étape et aux suivantes. C’est devenu un rituel.
Samedi 18 juillet : Vice et versa
L : Aujourd’hui, j’ai vu des animaux et un gars qui marchait pieds nus. On a bien marché et on a mangé avec des gens de l’autre gîte.
Mathieu : Ce matin réveil à 7h, enfin reposé et prêt pour une journée tranquille. Sur le chemin entre un dolmen et une grotte, un pèlerin du gîte dernier passe devant nous pour marcher pieds nus. A la simple vue de son passage, j’en ai mal aux pieds. Plus tard, à l’arrivée au gîte, deux autres pèlerins, je doute qu’ils voudront rejouer avec nous vu la raclée qu’ils ont prise hier soir.
Dimanche 19 juillet :
L : Dès le départ, ce matin on a croisé une “escargot” qu’on a revu tout le long de la marche. Plus tard avec Mathieu, on est devenus musiciens avec quatre bâtons et un sifflet. On n’est pas au niveau de “Samurai”, mais on se débrouille pas mal et pendant le rituel du soir, on recroise “l’escargot”. En fait, c’était juste Stef, une bivouaqueuse et après un plongeon dans la piscine du camping avec Mathieu. Enfin de l’eau chaude, enfin presque
Mathieu : Bon allez, on vous avoue tout : L m’a proposé d’écrire son carnet de route en se mettant à ma place et moi à la sienne. Trop bien ! C’est un grand “oui” de ma part. Et c’est ce qu'on a fait hier (18 juillet). Surprise ! Cela nous a permis de voyager dans l'esprit de l’autre.
Que de rencontres, on est au camping ce soir dans une tente déjà montée : c’est la journée des bivouaqueurs. On discute avec trois d’entre eux, 22, 22, 52 ans. Trop sympa ! En plus, on récupère bientôt des tentes à Cahors que Pierre, notre responsable de marche, nous a envoyées. Un nouveau monde va s’ouvrir à nous. Et savez-vous ce qu’il y a dans les campings ? des PISCINES !!!
Lundi 20 juillet : Rencontres
L : Aujourd’hui, 7h40 de marche pas parce que c'était une longue étape, pas des douleurs, enfin presque, mais c’est les rencontres. Je suis resté à peine 3h qu’avec Mathieu, le reste du temps, on était avec l’escargot fan des tampons et de photos et avec un de ses amis qui, à ce que j'ai compris, étudie une religion disparue et à quatre on a avancé et on a croisé un pèlerin jusqu’au bout des ongles, il est parti de chez lui et a fait tout le chemin et là, il retourne chez lui. Il veut faire l’aller-retour en moins de 100 jours et il est proche.
Mathieu : Réveil à 7h. J’apprécie de ne plus me lever à 5h, mais demain 26 km, réveil à 5h30…Demain est un autre jour… L me fait penser à moi, il pose beaucoup de questions pour être sûr d'avoir compris, j'ai l'impression que ça le rassure de comprendre, d’anticiper, de programmer. Et pour être sincère, c’est tout moi. Et qu'est-ce que ça peut m’agacer par moments. Qu’est-ce que je dois être agaçant ! Heureusement, ça n’arrive que rarement. Tout se déroule à merveille. L fait des projets : devenir accompagnant Seuil, gérer un gîte en donativo…
On file au vent comme le vent au fil des rencontres : Stef, l’escargote (un vrai sac à dos à quatre pattes), Gabriel, le tatoué et Nicolas qui avale les kilomètres (il vient de l’Ain), est allé à Saint Jacques ; il est sur le retour, dans deux semaines, il sera rentré. Aucun jour de repos, tout ça en moins de 100 jours. Une fusée ! Il avait quelque chose d’indescriptible dans son regard. Buen camino
Mardi 21 juillet : Adios - Buen camino
L : Vers 11h45 on a fait une pause où mangeait une fille qu’on connaît depuis deux jours (son prénom est compliqué à retenir) et à partir de là, nous avons rejoint le petit groupe de sept. Et arrivés à Cahors tout le monde s’est retrouvé dans un parc ; Gabriel a fait mon premier tampon fait main et par un mec super fort en dessin. Puis petite baignade avec tout le monde. Enfin trempette des pieds, sauf pour deux, Gabriel et le deuxième je vous laisse deviner. Petite pause au café, petit à petit le groupe diminue jusqu’à se retrouver à quatre et la petite escargote me demande un tampon alors on en a fait un, l’un pour l’autre, mais l’escargote déposait sa coquille et rentrait à la maison ; c’était un plaisir et peut-être à un de ces jours !
Mathieu : Réveil à 6h. Ah non, ça ne va pas recommencer. Je veux dormir. Je veux me reposer. Et vous savez quoi ? Demain : Cahors bis REPOS !!! Un vrai, cette fois…
Une journée forte en rencontres et retrouvailles : Benoit - Tania - Pétronille - Gabriel - Stef (l’escargote rassembleuse). Bon chemin à tous-tes !!! A bientôt, ici ou ailleurs, pourquoi pas un rendez-vous inattendu….
Une marche de 24 km (30 avec l’aller-retour au camping).
Et oui ! Une nouvelle aventure se profile. Nous venons de recevoir une tente et un matelas chacun. On retrouve Ambre qu’on avait rencontrée à la 4ème étape. Elle représente aussi la 1ère femme dans un dortoir pour L : “je ne comprends pas que les femmes et les hommes soient mélangés” ! Mais ça c’était avant. Le chemin chemine…
Sans transition. Kébab - Pétronille - marche digestive - douche, comptes, carnet de route - 23h30 - Bonne nuit. Tracteur + tracteur = tractopelle ! Mais ça c’est une autre histoire
Mercredi 22 juillet : Cahors
L : Ça y est enfin le repos au camping : piscine, mini-golf, ping-pong.
Enfin, si l’agent Z nous avait appelés, ni une ni deux on aurait pris nos jambes à nos cous et on file à Cahors. “Une valise perdue, on réalise que c'est une bombe”, alors nous filons dans les rues de la ville pour résoudre une énigme. De plus en plus dur, à quelques secondes de l’explosion, on l’a désamorcée.
Et avec Mathieu on reprend là où on en était : piscine, mini-golf et après une lourde journée, un petit moules/frites à volonté et à 22h30, on re-dort en tente.
Mathieu : Grasse matinée !!! J’ai ronflé jusqu’à 10h. Merci l’ombre, merci les arbres et leur feuillage, merci mes boules quies. A mes voisins qui m’ont plié les tentes au rythme de mes respirations sonores, j’ai pensé à vous : en train de marcher ou de faire du vélo. Depuis la piscine, en faisant paisiblement mes étirements, j’étais de tout cœur avec vous.
J’ai encore cette sensibilité légèrement enflammée qui me suit dans le creux de ma voûte plantaire et dans ma tête.
Heureusement, cette journée a eu un air de vacances. On a quand même fait 5-6 km, mais sans sac à dos, que la vie est belle.
Bon, le soleil tapait fort, c’est vrai et cela ne nous a pas empêché de sauver Cahors de l'explosion imminente d’une bombe. Si, si. En tant qu’agent de l’office du tout risque, aux détours des ruelles, nous avons déjoué des énigmes (et pour être honnête, il y en a une qui nous a échappée…). Tic-tac…. tic-tac… pas boom.
Mini-golf, moules frites à volonté (pour les gourmands que nous sommes) et boom la fin.
Rendez-vous dans 10 jours, repos qui me manque déjà.
”Comment ça va L ? Ça va et toi ? Ça marche !”
Jeudi 23 juillet : Rando - bobo – dodo
L : Selon le “miam-miam-do”, pour la montée de ce matin, la phrase c’était “dis-toi fumer tabac toi pas monter la côte”, mais finalement on a plutôt fumé la côte et d’ailleurs, je suis partant pour une autre partie de Uno ou Skyjo
Mathieu : A Benoît et Tania : Quand vous voulez pour une prochaine raclée de Skyjo !
L me surprend par ses qualités d’observation et son sens de la débrouille. J’avais cassé la fermeture éclair de mon sac-banane… Et voilà qu’il me recoud la partie qui sautait…. Bravo et merci. On reçoit des tentes techniques, 1er montage de sa vie. “Besoin d’aide ?” - “ Merci, mais non merci”.
Ce matin, démontage à 5h30, à la frontale dans le calme pour éviter de réveiller nos voisins. Et bien oui, j’ai gagné au concours de celui qui fait le plus de bruit…
Courte mais très pentue montée, direct en sortant de Cahors. J’aère mes pieds… mais que fais-tu là hématome ? Ma légère inflammation (en coulisse, on dit : “ma petite boule”) a disparu ??? On ne comprend rien. Allez, on teste. Gagné. 24 km plus tard, à un bon rythme, tout a l’air d’aller encore mieux. Mystère. Affaire à suivre.
Ça sent fort dans la cuisine. Le repas nous appelle.
Vendredi 24 juillet : Merci Nicole
L : Ce matin, Mathieu a fait un concert pendant une heure, c’était plus “Jean à peu près”. Ce soir, c’était cool et Nicole est super sympa.
Mathieu : 22h22 : l’heure trop tard pour écrire ce carnet de route et pour la simple et bonne raison qu'il y avait une bonne ambiance à table où nous étions 7 et que nous avons dormi une bonne partie de l’après-midi. Je me sens reposé
Le début de la fraîcheur va bientôt arriver avec le vent.
Le gîte de” l’Abeille Lulu” tenu par Nicole (qui nous a offert le repas du soir : MERCI) a été un havre de paix après ces 25 km.
Demain : 31 km.
Brossage de dent et au lit.
A demain.
Samedi 25 juillet : Passé - Présent- Futur : marchons ensemble !
L : Ce matin, réveil avec du ”Samurai”. Notre journée la plus longue, mais personne n'est d’accord entre les 27 ou les 30 km et même 31. On ne sait plus qui croire, mais on s’en fiche puisque dans tous les cas, on va les faire.
Ce soir, on s’était dit “kébab” avec Mathieu et j’ai fini par manger tacos. Cà aurait été peut-être le premier pour cette fille. Ah zut, j’ai oublié Pétra Pétrile, ah oui, c’est bon : Pétronille.
Heureusement qu’on n’est pas en tente, avec la pluie, tous les escargots sont de sortie et la tractopelle fait tellement de bruit que leurs coquilles se sont brisées.
Mathieu : 5h30. Réveil, je te le dis direct : je te hais ! Heureusement que L se lève seul et qu’il suffit de le réveiller une fois.
Aujourd’hui, notre plus longue étape, 30 km. Mon pied gauche collabore alors que mon pied droit, jaloux probablement, s’y met aussi. Mais là, pas de truc bizarre inconnu des médecins et marcheurs. Ma 1ère ampoule ! Salut toi. A croire que mon corps a compris que je n’avais pas la lumière à tous les étages…
Sur le chemin d’aujourd’hui, nous avons rencontré des melons, des pommes et des scoubidous…Whaouah ! heu, des kiwis, des mirabelles, des scarabées et une nouvelle ”tournée” de marcheurs. En effet, depuis notre repos à Cahors, nous voyons de nouvelles têtes.
Dimanche 26 juillet : Omelette coulante le long du canal
L : C’est bon, on reprend des horaires de réveil “normaux” 7h30 et départ à 9h. On a marché et notre estomac nous a fait s’arrêter à un donativo qui fait des omelettes. Pas besoin de se concerter avec Mathieu que les omelettes étaient déjà à notre table et ce soir : gîte communal. La vue d’Auvillar est magnifique.
Mathieu : Aujourd’hui Moissac --- > Auvillar - 19 km, une étape où l’on a choisi la facilité en prenant le long du canal du Midi et ses écluses. A l’écluse 28, on peut manger une omelette ou une crêpe à prix libre. Vive le prix libre où chacun peut évaluer ce qu’il peut dépenser en fonction de ses moyens.
Vent - chaleur tempérée - distance et relief agréables. Presque reposant… même si la fatigue est là.
L, fidèle à lui-même, marche tel Saint Jacques, la légende. Et le mec, il a un chemin à son nom. Je propose que l’on change ça à l’arrivée dans plus ou moins deux mois (déjà !!!). Ce chemin on l’appellera : “La voie de L” qui comme la légende raconte, file comme le vent sans blessure, ni tracas.
Lundi 27 juillet : Plusieurs vies en une journée
L : Ce matin, départ à la fraîche, un peu de pluie, de l’air frais et ce soir, camping et pizzas.
Mathieu : Arrivés à Castet-Arrouy après 22 km, on plante les tentes au gîte communal. Nous étions un joyeux groupe d'une quinzaine de personnes : des nouveaux et des retrouvailles dont un binôme d’amis belge et québécois qui bivouaque, une famille et bien d’autres dont un joueur de ukulélé. Des échanges rapidement profonds. J’ai l’impression qu’on connaît vite des inconnus. Ambre a demandé : “qu'est-ce que vous avez apprécié le plus sur le chemin ?”. Et L de répondre “les gens”.
C’était radio Camino, il est 22h. Nous rendons l’antenne.
Mardi 28 juillet : Départ à 1 - Fini à 13
L : Première étape en semi-autonomie. 7 km solo. Arrivé à Lectoure, j’attends Mathieu et plouf dans la piscine et ce soir au gîte 13 à table et la légende du tracteur se propage tel “arasaka”
Mathieu : Ce soir, c’est l’accueil au presbytère de Lectoure. C’est donatif ! On a bien marché et pour la première fois, nous avons organisé, sur demande de L, une demie étape en autonomie. Tout s’est déroulé à merveille, sans surprise, car il s'intéresse à tout. Curieux va !
Ce soir, au repas, que de la joie, de partage et de SYMPATHIE (clin d’oeil général et surtout à Didier de Belgique). Il fait chaud à l’intérieur. Certes pas de moustique, mais rendez-vous demain ma toile de tente adorée.
Mercredi 29 juillet
L : 28 km de marche et pour la fin de journée, piscine et pizzas et on les a fusionnées à la “shou tucker". Elles étaient délicieuses.
Mathieu : Toutes les tentes montées - resto : pizzas italiennes de ouf !
Il est 22h - chaleur - chaleur - chaleur. On est montés à 43°c. Ouch !!!
Ici Condom où nous dormons à côté de la rivière, la Baïse. N’y voyez aucun jeu de mots, ou pas.
Bref, ce matin 5h réveil, le re- retour… J’ai de nouveau ce “truc” au pied gauche, cette gêne. Je demande à Claire qui a déjà un peu fait ça de me mettre un strap pour soutenir ma voûte plantaire qui bla bla bla, vocabulaire technique de mon podologue.
Bref, 29 km plus tard, ça va, mon pied tient la route.
Demain, orthopédiste. Affaire à suivre. En plus, nous sommes en repos !!
Jeudi 30 juillet : Joyeux “moisiversaire”
L : ça y est, ça fait un mois que je suis parti et c’est notre “moisiversaire” avec Mathieu et on l’a passé avec quatre super personnes.
Ça y est le petit blabla quotidien est fini, maintenant mon bilan sur ce mois : j’avoue au début j’ai eu le mal du pays, mais le chemin m’a attrapé à un point que je ne me reconnais plus, mais dans le bon sens et ça grâce à toutes les personnes que j’ai rencontrées du Puy à Condom.
Merci à vous et je suis ravi de vous avoir rencontrées et comme on dit BUEN CAMINO !!!
Mathieu : Repos, repos, que j’aime ta couleur…. repos !
.10h - ça : c’est une heure pour se lever en repos.
.2h - ça ! c’est le temps qu’a pris l’orthopédiste pour me faire des nouvelles semelles. MERCI !
.2 semaines - ça ! c’est le temps habituel pour en avoir
.3 semaines - ça ! c’est le temps depuis qu’on a rencontré Ambre (Au revoiiirrr !! Tu vas nous manquer !)
.6 convives - c’était le nombre de marcheurs ami-es du chemin au restaurant des adieux ce soir (Ambre, Ingrid, Brigitte, Didier et nous)
Vous êtes de merveilleusement belles personnes.
Cheminons ici et ailleurs.
.31 jours, soit 1 mois pour 1 “moisiversaire”. Et oui, déjà tout ce temps où L me supporte et, vous qui me connaissez bien, vous savez ! Et L qui me ressemble : on lâche rien ! Joyeux nous jusqu’au bout !
.150 ça ! c’est notre budget “nourriture “ ces deux derniers jours. Au revoir économies…
.500 ça ! c’est le nombre de kilomètres déjà parcourus
.1100 ! c’est ceux qu’il reste à faire.
Vendredi 31 juillet : Ça marche !
L : 3h - orage. On était en tente.
5h : avec les deux mains gauches, je fais tomber mon café.
Après 17h, plantage de tente, tressage d’oignons et cuisine avec l’hôte et je vais finir en retard, je vous laisse
Mathieu : Cette nuit, 1er orage sous tente. Elles étaient bien montées, donc on est restés au sec.
Réveil 6h : No comment !
19 km pour arriver à Montréal, et tout ça sans prendre d’avion et en faisant une longue sieste (même L). On était dans le gaz après ça. Nous sommes au gîte du Moulin de Baudin, je crois. L est sollicité pour bosser et pendant ce temps, je bricole mon rapport.
PS. Mes nouvelles semelles orthopédiques ont l’air d’accord avec mes pieds. Test in progress !
Allez, ça sent trop bon en cuisine. Je file laver mon linge et moi aussi par la même occasion. Ciao
Samedi 1er août : Le jour et la nuit
L : Le soir dernier, j’ai dormi à la belle étoile. J’ai l’idée du duo de Seuil juste derrière nous et ce soir, on était 8 à table. Super ambiance. Je vous laisse (je crois que j’ai trop lu “L’Herbe Bleue”)
Mathieu : Sans surprise, on a trop bien mangé : lasagnes végétariennes. Je dois avouer que j’ai peur de dormir à la belle étoile. Alors que L, il expérimente tout. Il semble à l’aise dans la découverte.
Aujourd’hui, réveil à 5h30 PFFF! J’en ai marre. Toujours et encore… mais ça vaut le coup. Je n’ai jamais vu autant de couchers de soleil et de lapins. Un troupeau de lapins.
Ce soir, le gîte “Le Chalet du Bonheur”, un donatif, super discussion entre marcheurs.
Bonne nuit à tous et toutes. Merci pour vos soutiens.
Dimanche 2 août : Good afternoon, good evening and good night
L : Petite journée, mais grande rencontre.
Juste après on va rejoindre un groupe bien festif, alors bonne soirée et buen camino
Mathieu : 8h - une presque grasse matinée - trop content. C’est reparti pour un tour ! 14 km plus tard, nous sommes à Nogaro. On plante la tente au gîte municipal où une troupe de joyeux lurons nous ambiance. Merci Lars, Léo, Martin et Stan !
Le fond de l’air est chaud, on entend crisser les pneus des voitures de course sur le circuit à côté.
L n’est ni motivé pour faire à manger, ni pour faire la vaisselle. Comment faire le repas du soir ? Le gîte est super équipé et il y a une cuisine au top. Allez bon appétit !
Lundi 3 août : Anecdote sous couverture
L : 13 km en autonomie. Je me pose sur un banc et je rejoins Morphée. En me réveillant Mathieu et Léo et en route pour rejoindre Martin “A la maison”, le lieu incroyable et avec un fan de cyberpunk, plus qu’à lui parler du groupe Choom en lien avec le jeu et comme on dit “buen camino”
Mathieu : Nous arrivons à Aire sur l’Adour après 26 km sous un temps couvert et agréable. L a fait les 13 derniers kilomètres en autonomie. Bravo ! Il peut être fier !
Nous sommes au gîte “A la maison” et il est vrai qu’on s’y sent super bien. Belle ambiance type “apéro (sans alcool pour nous). Ah oui, j’allais oublier l'anecdote du matin : L a “emprunté” le bâton d’une autre marcheuse. Il pensait qu’il était oublié, un peu trop sûr, il l’a pris. Heureusement, il a pu lui rendre en route. Mais il lui manquait maintenant un bâton pour monter sa tente.
Au soir, au gîte “tu demandes et tu reçois”. Avez-vous un bâton oublié ? : oui bien sûr”. Sauvé. Ciao
Mardi 4 août : Léo et Martin
L : 26 km avec Léo jusqu’à Pimbo où l’on s’est séparés, mais c’était cool. Il était sympa, sans oublier Martin qui fait une grasse mat’ pendant qu’on est en train de marcher et Stan qui a fait un tampon sur ma crédencial et comme on dit “buen camino” !!!
Mathieu : Aujourd’hui, journée couverte et agréable, 26 km de bonheur accompagnés de notre très sympathique Léo. Merci à vous, Léo et Martin d’être vous, débordant de sincérité. C’était important de partager un temps avec vous, buen camino !
On a tellement discuté que la ville de Pimbo est arrivée bien vite.
Encore des nouvelles rencontres ; super, des nouvelles têtes.
Ce soir, au gîte communal, ça discute de tout, de rien. On rigole.
Bonjour, et au cas où on ne se reverrait pas d’ici là, bon après-midi, bonsoir et bonne nuit. (Merci Truman !)
Mercredi 5 août : La journée de Belzébuth
L : La journée a très mal commencé.
Je perds mon embout de bâton
Mon bracelet s’est cassé ; désolé Steff (ça va devenir un collier)
Ma poche à eau a fui dans mon sac.J'avais la moitié de mes affaires mouillées. 29 km dans un enfer mouillé de partout.
Mais il y a eu des bons côtés :
1. Baby à l’extérieur avec Mathieu
2. Un repas à 15 personnes, c’est encore moi qui ai tout fini !
3. Des parties de skyjo à 7
Et 4 : comme on dit “buen camino”
Mathieu : Incroyable ! Merci les nuages, merci la chaleur moins étouffante : nous partons à 8h15. 29 km se profilent à l’horizon. Je me sens reposé. On part en forme.
En plus dans notre dortoir, tout le monde a bien dormi (mes ronflements peuvent aussi bercer apparemment…)
Pour L, assez rapidement, il lui arrive 1 galère, puis 2, puis 3…. On aime bien dire que : “aujourd’hui, tout est de la faute de…” (Mathieu, ou L ou un autre marcheur).
Aujourd’hui, tout est de la faute d’un vieux monsieur que l'on a croisé ; une histoire de tuyau d’arrosage ;
Bref. Il nous a fait vivre des montées horribles, il a aussi lancé ses hordes de moustiques par vagues. Quelle journée !
Jeudi 6 août : Le chemin, c’est fini pour nous !!!
L : 19 km et Belzébuth n’est pas intervenu.
On est arrivés à Maslacq. On attend le neveu de Mathieu et le programme : jeux de société et manger ! Montrer “cyberpunk” à Mathieu et une première nuit en camping.
Et comme on dit “Buen Camino”
Mathieu : Le retour de la grasse matinée, lever à 8h ! MAGIQUE !
19 km s’ouvrent à nous pour rejoindre Maslacq. Une journée en douceur, toujours avec une météo clémente et couverte. Merci la vie !
Nous recroisons des marcheurs et marcheuses d’hier et d’avant. D’autres vont plus vite, d’autres moins. A bientôt, ou pas ! Au plaisir de vous revoir !
On pique-nique… Hummm !! A chaque repas, j’ai l’impression de manger mon meilleur repas. C’est trop bien !
Sans transition : phrase de L “je sais que j’ai changé mais je ne sais pas, c’est quoi qui a changé” ?”
Pierre, notre responsable de marche, nous a autorisés à aller passer la soirée chez Valérie, ma sœur, qui habite à côté du chemin. Trop bien ! Je vais aussi voir mes neveux : Baptiste, Malo et Quentin. On a même décalé un jour de repos. On est prêts pour jouer, discuter et se régaler. C’est un comme un week-end enchanté.
Allez, bye, bisous, tchao, bye, bye
Vendredi 7 août : Tu tires ou tu pointes ?
L : ça y est enfin, une grasse matinée à 10h réveil, café, clope, puis pharmacie pour la 30ème fois, Mathieu est plus parti à la pharmacie qu’il s’est baigné.
On a été mangés au resto chinois à volonté, sur 2h, on était tous les 6 à table que 40 mn et après un énorme repos, sieste dans la voiture et dans un parc, jeux de société, pétanque et là on va enfin montrer à Mathieu le jeu cyberpunk. Hier on n’a pas pu. On a enfin regardé “Compostelle” ; la nuit était en camping, c’était cool.
Petite aparté : merci à Valérie, Quentin, Malo, Baptiste et comme on dit : Buen Camino !
Mathieu : Je suis MALADE – DE … complètement malade-de !
Lever vers 9h30, ça fait du bien, mais nuit chaude car les moustiques guettent derrière les carreaux de la fenêtre fermée. J’ai un rhume et je m’en serais bien passé.
Bonne nouvelle, j’ai des nouvelles chaussures : La la la…lère ! Les miennes n’avaient plus beaucoup de semelles après 700 km. Décathlon a bien voulu considérer mes chaussures comme défectueuses. Et boom ! remboursées ! j’étais content !
On profite de notre repos chez ma soeur avec mes neveux. Une “fine” équipe au resto chinois à volonté. L a presque trop mangé !
Ensuite, on est allés au lac de Biron : digestion, digestion, digestion, jeux, pétanque, quizz. Je vous ai dit que j’avais de nouvelles chaussures et que je suis malade ? Espagne dans 5 jours nous voilà, toi qui nous montres tes Pyrénées juste au bout de notre nez.
Poète… Pouet… Pouet ! Hasta luego
Samedi 8 août : Pyrénées
L : Marchez, marchez, marchez et les Pyrénées pointent le bout de leur nez. Elles nous regardent, nous les regardons, elles savent, nous savons, nous y serons dans 4 ronflements et comme on dit : Buen Camino !
Mathieu : Toujours malade. Mes chaussures sont au top : 22 km… Bien passés. Lever de soleil magnifique. Petit coup de mou pour L et moi. Malgré tout, les Pyrénées sont là devant nous de plus en plus grandes et impressionnantes.
Tente - piscine - 40°c - vent - orage au loin. Tout va bien ! Un pique-nique et au lit.
Dimanche 9 août : Atchoum ! rhume x 2
L : Aujourd’hui, étape en demi-autonomie. A l’arrivée au gîte, super ambiance. A voir le déroulement de la soirée. 3 couples, une mère et sa fille, 2 amis, un duo de Seuil incognito et comme on dit Buen Camino !!!
Mathieu : Allez ! On enchaîne. C’est au tour de L d’avoir un rhume. Super ! Pour ma part : ça va déjà mieux, mais ça ne me donne pas envie d’écrire mon rapport (tous les 10 jours… pfff… flemme). L a choisi de faire une grande partie de l’étape en autonomie. Il peut être fier. Un commerçant qui l’a vu passer m’a dit “je n’ai jamais vu quelqu’un filer aussi vite !”.
Le moral des troupes a un peu baissé en ce moment : fatigue - rhume. Heureusement, le gîte (en donatif, merci !), situé à Landaco, est super. Les hospitaliers sont hyper bienveillants. Nous allons probablement être une quinzaine. L’orage n’est pas loin. Les moustiques présents. Les tentes montées. Le repas est prêt. On est bien ! Et en plus, depuis 23 jours, les Pyrénées semblent nous observer.
Lundi 10 août : Très bonne journée !
L : 28 km en 11h. 7h de marche - 1h de sieste - 1h de courses et 1h pour manger
Ce soir, on dort dans une maison au milieu de nulle part.
Demain : 16 km. Le rêve !
Mathieu : 11h de période de marche
. marcher - manger - marcher - manger - sieste (1h on était mort de fatigue)
. marcher - manger - pharmacie - marcher - arrivée (19 h)
. manger - blog - compte - douche - dodo !!!. Enfin
Parsemer le tout de atchoums - reniflades - mouchages de nez version sportif - pause - épuisés, regards dans le vide.
On est beau, tiens ! Ajoutez ronchonnades - rigolades - incompréhension.
Voilà la recette de cette interminable journée.
Bonne nuit, je m’en vais partager mes ronflements. Et comme j’ai compris, ce soir, nous serons à égalité : 2 tracteurs sur 4 marcheurs !
Mardi 11 août : Saint-Jean-Pied-de-Port ! Purée !
L : ça y est ! Saint-Jean-Pied-de-Port alias SJPP et l’Espagne. C’est demain, mais là on est aujourd’hui et on a eu une étape tranquille de 16 km. Une super nuit et puis SJPP quoi !!! et super gîte ce soir. On est en chambre avec des vieilles têtes et à Saint-Jean-Pied-de-Port on a croisé trois personnes de Saint-Chély. Et j’ai dit qu’on est à SJPP ? Et demain c’est l’Espagne. Et comme on dit “Buen Camino”. SJPP quoi !!!
Mathieu : Ma meilleure nuit ! Malgré le fait d’être dans un refuge libre et gratuit avec une route nationale à côté, avec une chaleur, certes moite, mais moins lourde. J’ai dormi comme un bébé de 22h à 8h30. TROP BIEN ! Enfin ! Mon corps dit merci, mon esprit aussi.
L est moins malade. Nous parcourons les 16 km du jour avec facilité, mais hâte d’arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port. C’est le bout du chemin en France.
Demain un autre monde : España, nous voilà ! On a célébré ça en mangeant plein de pâtisseries locales.
Hasta luego !
Mercredi 12 août : Au-delà de l’infini !
L : Lo hemos Logrado auzado los Pirineos, y ya estamos en España
Es la jornada más dura para cualquier peregrinos, pero el paisaje es magnífico que casi Olvidas que te crene tras 1430 metros de altitud.
Es nuestra primera noche en España, compartida con otros peregrinos conocidos por el camino ; el programa eclipse solar, comer Y como dice el dicho : “Bon chemin”
Mathieu : 4h45 !!! Punaise ! Heureusement, j’ai pu me coucher tôt. Bon j’avoue, il est 21h. Je suis mortifié. Que d’émotions aujourd’hui ! Dans l’ordre déchronologique (si si je suis sûr que ce mot existe !)
. L'éclipse du soleil à 99,95 %, quelle ambiance à Roncesvalles (Roncevaux). On se serait cru dans un film post-apocalyptique. Attention, les zombies arrivent.
. L’auberge ENORME, 3 étages de dortoirs en lits superposés, 185 personnes. Là, ça ne rigole plus.
. L'œil de Sainte-Lucie, un bracelet que L voulait emmener à Finisterra. Catastrophe ! Perdu et introuvable. L en perte de contrôle, disparu, moi à sa recherche pendant 20 mn. Il était parti, possédé par ses émotions du moment, tel un taureau sur le toréador, à la recherche sur le camino. Hey L, la prochaine fois, on y va ensemble. Hein, dis, stp.
. L’incroyable traversée des Pyrénées, la plus dure des étapes d’après tout le monde et “la verdad”, je pense que les paysages ont rechargé mes batteries au fur et à mesure sur 26 km, 21 km de montée, de 200 m à 1430 d’altitude.
Avec L, nous partageons, avant le lever du soleil, angoisse et euphorie ! Et ensuite…Ouah ! Indescriptible !
Jeudi 13 août : Hola, bonjour, welcome
L : Réveil 3h pile. 7h o, récupère les sandwichs. Mathieu plus de chapeau, Mathieu fait demi-tour et re-chapeau. Départ à 50 anglais, asiatiques et étonnamment on a vu beaucoup d’espagnols. Forêt, route, forêt, descente, montée, descente. Dodo au gîte.
Rivière à 4. Mathieu retrouve son eau bien aimée. Juste après une ancienne pèlerine avec son mec, on parle et un nouveau pèlerin apparaît. On finit par manger avec eux 3 et on retrouve une table de 7 dont 3 américains et 4 français encore fini les assiettes de 2 personnes et un américain qui m’a donné une glace. Et comme on dit “Buen Camino”.
Mathieu : Départ 7h. Nous avons dû attendre notre pique-nique commandé à l’auberge. C’est impressionnant : nous avons changé de monde. Beaucoup de personnes commencent le chemin à Saint Jean Pied de Port : des hollandais, américains, coréens, chinois, japonais, allemands, italiens, espagnols, belges, suisses et sûrement d’autres. On commence le chemin avec un défilé de marcheuses et marcheurs. Nous sommes en Espagne ; on peut dire que c’est bien différent : les poteaux électriques, les chips, les prix, accessoirement la langue…
Sur le chemin, chacun se regarde, se dépasse, s’arrête, se re-dépasse. On ne sait plus dans quelle langue dire bonjour : “hello ! Hi ! Buen dia ! Buenos días ! Bonjour ! Bon chemin !”. On se l'a dit au moins 5 fois chacun. Ce monde est à part, ça sent la souffrance, la joie, la curiosité, la contemplation, l’émerveillement et la fierté. On a revu des anciennes rencontres, fait connaissance avec des nouvelles. Et j’ai encore mangé mon meilleur repas ce soir (à 9 convives, au resto svp).
L je te souhaite la bienvenue dans ce nouveau monde international qui s’ouvre à toi, à nous.
Allons et allez à la rencontre des gens autour de vous. Je nous le souhaite.
Dimanche 16 août : Pas assez de boules Quies pour les étoiles
L : Départ de Pampelune, une longue partie avec la plus ancienne pèlerine. Arrivée à Puente la Reina. On n’en a pas eu assez, on a continué jusqu’aux ruines d’un monastère. J’ai poussé Mathieu à faire une nuit à la belle étoile mais on n’a pas assez de boules Quies. Demain, réveil à 4h et comme on dit : “Buen camino !”
Mathieu : C’était super hier soir ! On a vu de très sympathiques spectacles de danses, en mode spectacles de rue gratuits. Encore une super nuit à Pamplona. Nous profitons d’une journée “normalement” couverte, avec de vraies températures estivales, pour se lever à 8h. Ces dernières nuits ont été les meilleures depuis le début. Le soleil nous chahute un peu mais on a vu pire. L. n’a pas l’air au mieux, il vapote en marchant, laisse traîner ses bâtons par terre. Heureusement, nous marchons avec Claire (la plus “ancienne” rencontre qui est encore sur le chemin).
Puis encore des têtes que l’on connaît, pic-nic et j’ai l’impression que tout va mieux. L. propose une nuit à la belle étoile puis départ 4h30 pour s’entraîner pour faire une étape de nuit. Je dois avouer que j’ai un peu peur de mal dormir dans les ruines de ce monastère. Quoi qu’il en soit, je suis content de suivre L. dans ses motivations et la découverte de nouvelles expériences. Il se motive, prend les choses en mains et me motive. A bientôt pour la suite de l’aventure.
Lundi 17 août : Montagnes étoilées
L : Une nuit horrible et merveilleuse. Je me suis réveillé toutes les heures mais avec la vue dune - montagne et des centaines d’étoiles. Départ 7h et arrivée 12h : accueilli par le gentil et le méchant flic. Manger et sieste, on recroise un espagnol de début du chemine. Une grande visite et un bon repas : encore au kébab. Et comme on dit “Buen camino !”
Mathieu : Bon finalement, avant de se coucher sous les étoiles, on s’est dit pourquoi se lever si on dort bien. Profitons. Celui qui n’arrive plus à se rendormir, réveille l’autre. Il y a eu du vent presque toute la nuit. Différentes phases :
- Fraîcheur car le vent traversait mon duvet
- Chaleur après avoir rajouté mon drap de soie et mon coupe-vent.
Heureusement à chaque réveil, le ciel étoilé, et même, en allant uriner, une étoile filante !
6h30, un L. tout blanc de poussière, les traits tirés, me réveille délicatement : “Il est 6h30 !” et moi de répondre “Et qu’est-ce que ça peut me faire ?” Ayant avancé hier soir, il ne nous restait que 16 km environ. A midi nous étions rendus. Une formalité. Machine à laver (c’est rare et ça fait du bien de ne pas laver à la main pour une fois.) - sieste - visite - kébab - et hop, allez bonne nuit.
Mardi 18 août : Nous sommes fiers !
L : 7h15 départ - 20h15 arrivée, je vous raconterai demain ! Et comme on dit : “Buen camino !”
Mathieu : Réveil à 6h. Une bonne nuit grâce au vent qui circule dans ce dortoir de 20 places. 7h15, nous partons pour cette nouvelle étape. Arrivés à Los Arcos, notre destination prévue, tout a basculé… Il est 22h14, je suis trop fatigué pour vous expliquer. A demain ! Promis, on vous racontera.
Mercredi 19 août : Tranquille, repos, dodo…
L : Nous revoilà ; une longue histoire ou pas. Hier une journée de 22 km, mais on n’a pas fait que manger de la nourriture, les kilomètres aussi ! 13h, on était arrivé, le village nous a explosé à la tronche. Du coup, on a continué jusqu’à Sansol : 7 km de plus - 29 km toujours pas assez. Petite sieste et c’est reparti comme dit Mathieu :” fouette cocher” et re 12 km. 41 km toujours pas assez mais l'heure n'était pas avec nous. Donc on s’arrête à Vianna tous les deux, fiers mais fatigués, manger, blog et dodo.
Aujourd’hui, 10 km et une sieste de 3h ! repas à 20h et il est 20h02, je vous laisse, je meurs de faim et comme on dit : “Buen camino !”
Mathieu : chose promise, chose due. Hier, on était super en forme, malgré la chaleur et grâce au vent. On a décidé d’aller plus loin que prévu. 22 km, Los Arcos devait nous recevoir. “On continue ? - Oui !” Sansol nous voilà. 34 km faits. “On continue ? - Allez !” Viano Go ! 40 km faits. “ On continue ? - Oui mais non !” On était encore chaud mais cela aurait été trop tard pour trouver un logement. On serait arrivés à 23h30. Nous sommes fiers de nous ! Très fiers ! 40 km : c’était incroyable ! Avec nos sacs de 13 kilos, avec la chaleur. On a surfé sur la terre. Euphoriques. Une sensation indescriptible : les yeux grands ouverts.
Donc aujourd’hui tranquille, il faut respecter son corps. 10 km - Logrono (grande ville) 12h00, on renvoie nos tentes par la poste (il n’y a pas beaucoup d’endroits sympas et autorisés) - 14h auberge - 15h sieste - 16h sieste - 17h sieste - 18h sieste - nos écrits - 20h repas donativo et bientôt au lit. Marcher c’est trop bien ! Hasta luego !
Jeudi 20 août 2026 :
L : Une journée remplie d'animaux, un écureuil qui est venu manger dans ma main, un serpent, des lapins et des carpes. De animaux à humain, il n'y a qu'une amande.
Et comme on dit, Buen Camino !!!
Mathieu : Des animaux plein les pâtes - Najera
Dring, Dring, Dring !!!
6 h, ça va, je me sens reposé malgré une nuit de 5-6 h encore bien trop chaude. On quitte ce dortoir de 30 lits dans le silence.
06h40 29 km pour Najera.1 h pour sortir de Logroño.1h pour sortir du parc. Traversée des vignes, rencontres avec des centaines de carpes, un écureuil qui mange dans la main de L., des lièvres, une couleuvre d'1 mètre 50, les animaux sont avec nous aujourd'hui. Sans compter les animaux morts…
A l'auberge, nous sommes 6 français. Ça fait du bien. Il y a aussi des Espagnols, des Italiens, etc... Nous cuisinons des pâtes à la carbonara, que ça fait du bien de cuisiner. Ça me manquait terriblement. On a pu jouer au Uno, ça aussi, ça me manquait. On retrouve régulièrement Sacha et Jérôme. Sacha, on l’a rencontrée à Saint-Chély, à notre 8e étape. Elle va jusqu'à Santiago aussi.
Allez, demain est une autre aventure !
Vendredi 21 août : Les souvenirs du chemin
L : Aujourd’hui 22 km … ah non 28 km, on a poussé et on se retrouve dans les combles d’une église sur des tapis et comme on dit : “Buen camino” !!!
Mathieu : Aujourd’hui après nos 22 km prévus, nous décidons de rallonger pour rejoindre Granon et son albergue donativo ! C’est pour moi un souvenir éternel que je ravive. Lors de mon 1er accompagnement avec Seuil, c’est ici que j’ai découvert le principe de “donativo”. On donne ce que l’on veut pour la nuit, la douche, le repas et le petit déjeuner. Ce que je sais maintenant après avoir fait de la route, dormi dans plus de 14 donativo (au feeling…) ; c’est que c’est le seul endroit où il y a un coffre en bois, grand ouvert, où il y a écrit : “Donne ce que tu peux, prends ce dont tu as besoin.” Tout est dit. Et bien ici, aujourd'hui dans cette auberge à flanc d’église, avec nos matelas sur le sol sous le toit, je me sens à ma place. Et je suis très heureux de pouvoir partager ça avec L. Et comme on dit : “Bon chemin.”
Samedi 22 août : Qui comprendra qui ?
L : Retour dans le passé mais pour moi, c’est le présent. Il est 22h30 du 21. On vient de sortir d’un concert, j’ai rien compris mais on a fait une chenille avec 5 pèlerins. On est passé dans la foule et on a fini par tourner en rond de plus en plus vite. Bon, je vous laisse avec le moi de demain. Merci.
Alors aujourd’hui, on a fait la visite d’une église à la base fermée. Mais le maire ouvre pour les “peregrinos”. A la base, c’est cuisine tous ensemble mais moi et un mec de Chicago, on avait rien à faire… alors on a fini par parler avec un mélange de français, anglais. Puis deux anglophones sont venus donc j’essayais de les comprendre… Et comme on dit : “Buen camino !!”
Mathieu : Hier, c’était vraiment différent et aujourd’hui semble lui ressembler. Nous avons marché d’un bon pas. Cela est devenu une routine. Le relief est plutôt plat et les montées ne nous font plus peur. La fatigue reste la difficulté majeure pour avancer. J’ai aussi une ampoule à l’extérieur du talon qui me poursuit. Elle n’est pas gênante mais demande à être protégée. Arrivée au gîte, routine habituelle (douche, lavage des habits à la main…) On discute de combien d’argent on va donner. Et oui, c’est “donativo”. Ici, comme hier, nous préparons le repas ensemble. Nous choisissons le tapis sur lequel nous allons dormir au sol : “En vrai, c’est confortable.”
Vivement le repas entouré de d’autres marcheurs. Au menu, Chicago - Wisconsin - Allemagne - Espagne - Pologne - France : un joyeux bazar ! Mais moins difficile à vivre que pendant nos moments de marche en silence. Il se passe tellement de choses dans la tête quand on laisse de l’espace et du temps au flot de nos pensées. J’ai même peur de m’y noyer. Pas toi, L. ?
Dimanche 23 août : Peregrinos, hospitaleros, mismo camino
L : Beaucoup de joie ce matin : chanson avec les bénévoles, ensuite marche avec des centaines de moucherons. On a regardé un combat médiéval ! Comme on dit : “Buen camino !”
Mathieu : 25 km plus tard, arrivée Atapuerca. Albergue privado, 14 euros, chance : 1 chambre de 5 personnes pour nous deux. C’est la fête ! ça fait plaisir. Ce soir, L. cuisine et moi je fais la vaisselle. On a vu un spectacle grandeur nature style moyen-âge à propos d’une bataille dans la ville en 1400 et quelques. J’ai peu compris, voire pas compris. “Je veux plus de terres. Quoi, mon frère veut le pouvoir et veut me la faire de travers !” Guerre, pouvoir et trahison ! La routine habituelle !
Mais je dois avouer que le meilleur était ce matin. Rembobinons. L’ambiance d’hier soir nous portais encore. Que je suis content, l’ère des “embrazo” (câlins ou hugs en anglais) a commencé. J’adore ! Et aujourd’hui, j’en ai appris un spécial. L’hospitalière, en nous disant le bien connu “buen camino”, nous explique qu’il faut placer coeur contre coeur. Du coup, un 2ème câlin. On était prêt à partir, après de profonds échanges, des partages d’expériences (elle parlait français). Voilà nos 2 dames qui reviennent pour chanter une chanson tous les 4 ! Trop mignon !
Bref ! On est parti, tard comme jamais, à 9h20. Buen camino !
Lundi 24 août : Burgos, partage etc…
L : Aujourd’hui marche tranquille. Arrivée à Burgos : le train-train quotidien. Au repas du soir, une française : espèce de plus en plus rare ! Dans la salle commune, on a fait du flipper, baby-foot et partage de musique Dali, Stupeflip, TKKF qui sera le prochain ? Et comme on dit : Buen camino !
Mathieu : Burgos, 20 km, la grande ville. Merci la météo ! Il fait presque frais. Nous quittons Atapuerca, son histoire, son archéologie. Nous passons une montée, ça fait longtemps.
Le sommet pointe le bout de son nez, et Bim ! Un flash ! Le paysage désertique pierreux, jaunâtre et sec, avec des oliviers épars ; tout devient blanc et brumeux dans le fond de mes yeux. Je me retrouve 12 ans en arrière avec D., que j’accompagnais. Nous sommes en décembre, seulement quelques pas dans la neige dessinent le chemin. Nous ne voyons qu’à une dizaine de mètres devant nous. Une brise découvre les quelques mètres au ras du sol, voilà le panneau qui nous confirme la direction. Et soudain, perdu dans ce manteau d’hiver, nous traversons un troupeau de moutons.
Mais aujourd’hui, c’est l’été et à l’horizon, nous avons la chance de voir la grande cité.
Mardi 25 août : Entre cathédrale et Bershka
L : Repos, repos réveil à 10h - changement d’auberge. 13h La journée commence vraiment. Première église de San Lorenzo, visite de la cathédrale et manger. On en apprend plus sur ce San Lorenzo. Visite des ruines d’un château et en allant à un point de vue, on a vu 4 peregrinos. Puis un tour à Bershka, ça faisait longtemps. On a mangé à 19h10.
Je mets mes chaussures et c’est reparti. Et comme on dit Buen camino !
Mathieu : Aujourd’hui, repos à Burgos. Dans le but de faire des économies, car littéralement, nous mangeons nos sous, nous avons changé d’hébergement : de l’auberge de jeunesse à 25 euros à “l’albergue” de marcheurs à 11 euros.
Nous sommes à 2 pas de la cathédrale. Elle est immense ! Nous l’avons visité et sommes montés aux ruines du château avec une vue incroyable sur la ville. Météo toujours agréable depuis 6 jours, je crois. On est presque au frais.
L. m’a montré son magasin de vêtements préféré Bershka. Ca plairait à ma belle-fille Alona. Il a fait quelques essayages : le beau gosse ! J’ai la chance d’avoir un aperçu de son style.
Ce midi, c’était plat typique : une paëlla dans le restaurant “El Camino”. Que le temps passe vite. Nous avons déjà fait 1000 km sur les 1700 de notre grande marche. Fierté, fierté, fierté ! Allez ! Bon appétit !
Mercredi 26 août : Le point Némo de la Meseta
L : Cela fait déjà 14 jours que nous écrivons que pour nous… Plus de signe de nous, perdus dans l’immensité de l’Espagne ! Chaque jour se ressemble mais jamais vraiment entre rando, manger, sieste et rencontres.
22 km jour après jour : Santiago se rapproche ou plutôt, nous nous rapprochons de lui ! Entre les gens qui partent et les nouveaux arrivants, le Puy paraît si loin maintenant.
Et même si personne ne me lit : “Buen camino !”
Mathieu : Difficile de s’endormir hier soir. Trop de sucres au repas probablement. Petite nuit mais qui sera suffisante pour les 21 km qui nous attendent.
8h-14h et voilà. Nous sommes à l’albergue municipale de Honillos del Camino (c’est le nom du village). Une rue qui traverse, deux maisons ou plutôt un couloir de maisons en pierre qui sont presque toutes mitoyennes. C’est beau et perturbant à la fois.
Pour arriver ici, nous avons commencé le plateau de la Meseta. C’est une piste clanche en cailloux, qui traverse d’interminables champs de blé fauchés à perte de vue, tout ça semés d’immenses éoliennes en veux-tu, en voilà.
Nous sommes 4 marcheurs dans notre maison du jour. Malgré le vent continu qui nous amène quelques maigrelettes averses, le calme, un calme sidéral règne ici.
L. est parti à la sieste à 16h, bientôt 19h … reviendra-t-il un jour ? Il y a pleins de jeux ici. J’ai envie de jouer.
Jeudi 27 août : Le silence des ruines - souffle le vent
L : Jour 15 que la France n’a plus de nouvelles ! Nous sommes perdus dans la Meseta, dans un village tournant autour d’une montagne surmontée des ruines d’un château. Longue journée entre prés, silence et ruines.
20 km qui en paraît 40, des éoliennes à perte de vue et derrière nous, il y a, à la fois le paysage passé et vous. Vous qui nous avez suivi depuis le début, vous qui lisez ou pas le blog et vous que nous amènerons à Fisterra, ainsi que tout ceux qui font le chemin avec nous même sans y avoir posé un pied, tous ceux avec qui on a marché ou même ceux qu’on a croisé dans les gîtes. Bon allez, comme on dit, Buen camino !
Mathieu : Toujours une météo fraîche. Carrément ! Merci à toutes et tous pour vos commentaires (pour les derniers en date où nous écrivons : Valérie, Sandrine, Léo, Martin.) Vraiment merci, c’est encourageant !
Aujourd’hui, 8h-12h30 : 20 km. Bonjour Castrojeriz et ses ruines incroyables de couvents et de châteaux. L. a du mal avec l’heure de silence dont j’ai maintenant besoin durant la marche. Je m’entraîne à la marche afghane (3 pas en inspirant - 1 pas on bloque - 3 pas en expirant - 1 pas on bloque). Ca me permet de mieux laisser mes pensées me traverser, d’être plus en conscience. L. me dit avoir trouvé une astuce pour faire passer le temps à l'auberge, il fait maintenant des siestes quotidiennes. Quel malin ! Le temps est aux économies, comme nous avons mangé le budget (en même temps, elle était bonne cette paëlla !). Alors on cuisine.
Demain est un autre jour. Toujours tout droit dans la Meseta…
Vendredi 28 août : Du ciel à la terre : IMMENSITE !
L : Jour 16. Départ à 5h sur une éclipse lunaire avec des millions d’étoiles. Nouveau record de 44 km, on avance. On a marché et dormi en même temps.
Au gîte de ce soir, on a mangé à 2. Personne ne nous a prévenu mais tout le monde mangeait ensemble. Mais je suis crevé pour participer avec eux et en plus dans une autre langue.
Et comme on dit, Buen camino !
Mathieu : Motivation maximum aujourd’hui. Hier soir, nous avons décidé de faire 2 étapes en une journée. 44 km nous attendent, mais nous pouvons nous arrêter pour dormir à 27 km, 31, 34, 38 : il y a beaucoup d’auberges et pas chères.
5h00 réveil et 5h30 départ de nuit par 8 degrés. L. en tee-shirt (il y en a qui sont motivés !). La lune paraît inhabituelle, les étoiles filent et nous apprenons à reconnaître de nouvelles constellations. Au loin, les lumières des lampes frontales des autres marcheurs nous donnent un avant goût du chemin. A l’horizon, un spectacle de lumières avec des centaines d’éoliennes qui clignotent en chœur en points rouges et blancs. Je n’avais jamais vu tel spectacle.
Le reste de la journée est une longue ligne droite sur notre plateau où j’ai appris à dormir en marchant sur au moins 2 km au total. Quelle journée !
Samedi 29 août : Entre la terre et la mer, il n’y a plus qu’un pas !
L : Jour 17 ; l’impression d’écrire pour personne dans l’immensité de la Meseta : la mer de terre alors que la vraie mer se rapproche à 23 jours. Avant de voir son horizon et la fin d’un arc. Encore 28 km aujourd’hui ! Et comme on dit “Buen camino !”
Mathieu : Départ à 8h. Nous quittons tranquillement Carrion de los Condes pour le petit village de Terradillos de los Templarios. 28 km … Mouahaha !! C’est peut-être beaucoup pour vous, mais pour nous, c’est un détail ! Et en vrai, mes jambes, à chaque fois que je me lève d’une chaise, ont, comment dire … ? une latence : “ici tour de contrôle, ici tour de contrôle ! Je répète… la communication est coupée. Bougez le pied gauche si vous m’entendez, ok … le pied droit… super. Allez Alpha Tango, bon voyage !”
Tel Don Quichote dans son immensité, la Meseta nous fait tourner la tête. D’éternelles lignes droites sans autres fins que l’horizon.
Avec L., on échange beaucoup sur nos vies et aujourd’hui, les émotions ont débordé. Je crois que ça fait du bien. Et comme dit si bien le grand philosophe Shrek : “mieux vaut dehors que dedans.”
Hasta luego chicos !
Dimanche 30 août : Joyeux moisiversaire, le retour !
L : Jour 18. Aujourd’hui, on quitte le camino français et c’était une bonne idée. On a vu 2 cerfs et une ambiance. Peu de monde dans les 11 peregrinos avait prévu à manger alors tout le monde a donné ce qu’il avait. Un repas avec 5 français, italiens et 2 anglais. Je vous laisse, on va au bar avec les 11. Ah oui “Joyeux moisiversaire” Mathieu ! Et comme on dit “Buen camino !”
Mathieu : Calzadilla de los Hermanillos, c’est ici que notre chemin s’arrête aujourd’hui. 26 km, je manque de magnésium, mon mollet droit me fait coucou ! J’ai les prémices d’une crampe. Parfait ! Une bonne raison de manger des bananes et du chocolat. Je suis content ! Et hop, c’est reparti ! “Quand l’appétit va, tout va !” chantaient Astérix et Obélix.
Demain, c’est toujours et encore tout droit. On commence à voir des montagnes, nos prochaines et dernières “difficultés”. Préparez-vous “arribamos !”
Cadeau du jour, 15h, devant nous, à 30 mètres, 2 cerfs, avec d’énormes bois, traversent notre chemin en faisant des bonds si haut qu’ils auraient sauté par-dessus nous (bon, j’exagère peut-être un peu).
Hey L. déjà 2 mois que je te supporte… ou est-ce l’inverse … ?
Lundi 31 août : Pas le temps pour un titre… dodo
L : Salut tout le monde, il est 22h et on a fait un départ à 5h ! Petit débrief :
- Départ au clair de lune
- Mathieu a voulu parier et il a perdu : il a fait 20 pompes
- On a refait 43 km
- On a récupéré un cadeau : Merci “Escargolé”
- Et comme on dit “Buen camino !”
Mathieu : Encore une fois…22h30, le lit m’appelle. Grosse journée ! Fatigué. 43 km - 5h30-19h. Étirements puis dodo. Promis, demain je vous parle des oiseaux, des étoiles, de la lune et du soleil. Bravo à nous ! Fier ! Buenas Noches
Mardi 01 septembre 2026 :
L : Départ de Léon. 8 h à la cool, petit tour de la ville. Un Aldi est venu murmurer à l'oreille de Mathieu, et après son retour, une voix familière, ou plutôt un cri. Vous vous rappelez de Lars ? Probablement pas. Et je comprends, la dernière fois qu'on l'a vu, c'était à Pamplona. Et oui, 19 jours, on a passé la journée ensemble, à parler, chanter. Mathieu a même fait de la balançoire et est passé à 2 doigts de crever l'œil de Lars. Mais rien de grave. À un moment, j'entendis une voix encore et Vlatina, une pèlerine pas vue depuis Roncevaux.
C'est fini pour les anecdotes de la journée. Mais avant de partir, petit aparté pour remercier Anne-Camille qui a retapé tout le blog en une journée et pour la première fois, j'ai utilisé le mot médusé.
Et comme on dit Buen Camino !!!
Mathieu : La journée de Lars
21h30 : Villar de Mazarife, sur la terrasse à l'étage d'une Albergue bien sympathique, après une longue conversation à 2 avec L sur ce qu'on est, entre philo et psycho, bla bla bla… Entre “non mais…”, “entre guillemets”, “j'ai juste…”, “Oui et non”, bla bla bla…Bref.
Que je suis bien, ici et maintenant, au bon endroit, avec la bonne personne, où des débuts de compréhension, des débuts de leçons, des incertitudes et des certitudes pointent le bout de leur nez.
Et PINAISE !!! Les moustiques aussi, par la même occasion !
Bon d'accord, Welcome ! Plus on est de fous… Plus on ....Et Vlan … Mouhahaha ! Je l'ai tué ! Il était sacrément balèze !
REMBOBINAGE : ce matin.
07h30, réveil. Je n'ai pas très bien dormi. On est arrivé tard, on a mangé tard hier. Après tant de kilomètres, il faut du temps pour redescendre : entre excitation et euphorie, tous les sens en ébullition.
Encore mon meilleur repas ! (note pour moi-même : Je pense avoir compris pourquoi mon ventre ne dégonfle pas et mes jambes se musclent plus cette fois.)
REMBOBINAGE : J-1 longue journée.
Chose promise. 05h30 La nuit et nous, lumière éteinte, ou plutôt lune allumée, projetant nos ombres plein Est vers le proche futur lever de soleil, qui lui, inversera notre projection éphémère avec notre future destination. Fisterra, bout de terre sur l'infini de l'océan. L. apprend vite les constellations. Quand soudain, le bruit du vent dans les herbes nous interpelle. Et le vent n'est pas, quelle joie de découvrir des centaines d'oiseaux qui nous guettent.
Mercredi 02 septembre 2026 : Aujourd'hui, L n’a pas écrit
Mathieu : 9h départ. Ce matin, nous avons pu partir plus tard. Nous n'avons que 16 km à faire, ça change. Qui ne change pas, ce sont les interminables lignes droites à travers les champs. Ça commence à bien faire. Heureusement, la météo est avec nous. L. fume ou vapote de plus en plus souvent pendant le temps de marche. Je lui fais remarquer. Il me dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas. Je dois bien avouer que c'est vrai. On a eu une discorde aujourd'hui. Je n'ai pas bien compris pourquoi au moment où j'écris (17 h… marre d'écrire crevé à 21h30). L. a trouvé un moyen intelligent de faire passer le temps : il fait une longue sieste. De mon côté, je profite d'avoir du temps pour avancer mon rapport, observer les gens, me laisser rêver. J'ai profité aussi de la cuisine et ai anticipé la préparation du repas de ce soir. J'aime trop cuisiner, ça me manque. Ma famille me manque.
Jeudi 03 septembre 2026 :
L : 22h16 comme d'habitude, pourtant on a eu le temps.16 km arrivée 12h. Manger, sieste, enfin presque, 2 espagnoles qui parlent à tout-va. Puis réunion de Français, 4, de nos jours, c'est rare.
Manger, puis une discussion longue et ennuyante. J'avoue, j'ai décroché. Bon, on va se faire virer de la pièce, je vous laisse et n'oubliez pas comme on dit Bueno Camino !!!
Mathieu : Petits et grands détails
Hospital de Orbigo, 16 km. Astorga, tu es bien vite arrivé. Village perché, à 12h30 à l'Auberge installés. Sur le chemin, un souvenir marquant, intense, a ressurgi. Il y a 12 ans, en décembre, un jour froid où le soleil suffit à réchauffer quand il nous regarde, un homme immobile, placé après une bosse sur notre piste, au milieu du chemin, figé. Son regard ébloui est perçant même à 20 mètres, des yeux bleus et ronds, en sandales et chemise tannées par l'hiver. Je m'approche et il ouvre ses bras et un large sourire d’un seul geste. Je reçois une vague de … comment dire … une vague d'amour. Oui, ça doit être ça. J'accepte ce câlin sincère et merveilleux. Avec un compagnon, ils attendent les marcheurs, proposent boissons et nourriture en donation à côté d'une ruine. Aujourd'hui, ce lieu a bien changé. Il est aménagé, rénové. Au moins 5 bénévoles y logent, et sur une photo, le créateur du lieu, il y a 17 ans, ce même homme, ce même regard et cet amour que j'ai reçu de nouveau.
Vendredi 4 septembre 2026 : Peut-on être sûr de demain ?
L : Ah, le revoilà le jour de repos. Le programme d’hier pour aujourd'hui :
Balade dans la ville avant l’ouverture de l’auberge
Visite du musée romain
Mangé, puis sieste
Musée du chocolat
Et mangé à la pizzeria
En réalité, on a visité la ville et pris des churros. Premier Musée fermé, on a mangé sans souci et sieste avec 4 anglais qui crient à gorge déployée. Puzzle, échecs, dames.
Bon, a va au Musée du Chocolat
Allez, attends. Il ferme quand ? dans 30 mn
Bon pizzas -pizzas.
Allez, comme on dit : Buen Camino
Mathieu : : Aujourd’hui, toujours au même endroit, Astorga !!! On est en repos. Trop bien ! Notre auberge ne coûte que 8 € par personne.Cela fait plusieurs jours que nous faisons la cuisine et ça paie. Nous avons, de nouveau, des économies. Youpi !
Ce matin, les tant attendus, “churros con chocolate”; L m’en parle depuis la France. Encore une case de cochée. On avance. Pendant les temps de marche, j’ai maintenant besoin de temps de silence. J’essaie de mettre ça en place (2 fois, 1h par jour). Ce n’est pas évident, soyons honnête, déjà je parle beaucoup, et aussi L n’apprécie pas. J’ai l’impression qu’il fume de plus en plus de cigarettes en marchant. Nos dernières étapes ont été plutôt courtes et mes pieds nous remercient. J’ai une nouvelle ampoule. C'est maintenant une habitude qui ne m’empêche pas de marcher.
Demain, au revoir l'immensité de l’horizon. Meseta derrière nous, montagnes nous vous voyons, sans peur, pas à pas, nous gravirons
Samedi 5 septembre : Adios Meseta, Welcome Santiago
L : Départ à 7h. Adieu affreuse Meseta et bonjour aux dénivelés. Demain 33 km et dans 10 jours Santiago.
Attends, attends ! le présent d’abord plutôt que le passé : tout à l’heure on a fait un goûter avec 11 personnes, dont 1 prêtre et une francophone et comme on dit Camino Buen !!!
Mathieu : Réveil à 6h30. La chaleur revient et ce n’est pas pour me plaire. Spoiler : le programme s’est passé comme prévu : la Meseta est derrière nous. Tout est plus vert ici, nous prenons tranquillement de l’altitude. Un faux-plat de 20 km qui nous a amené à Rabanal del camino dans une albergue donativo tenue par des anglaises. J’ai toujours du mal à communiquer en “english” mais ça avance pas à pas. Et il n’y a pas que ça qui avance : Santiago de Compostela (Saint Jacques de Compostelle), c’est dans dix jours. Et ça c’est difficile à croire !!!
L n’a pas kiffé les 2x1h de la marche silencieuse aujourd’hui, mais il s’habitue. Je lui souhaite, car c’est devenu vital pour moi.
Ce matin, au départ, c’est la première fois que je dis à L : “je ne sais pas ce que j’ai aujourd’hui, mon corps est tout mou”. Pas trop mon jour, je me suis agacé vite, mis la faute sur L. Je crois m’en être rendu vite compte et me suis excusé.
Dimanche 6 septembre : Stop camino 6 : le retour des Pyrénées
L : Départ à 6h. On évite de justesse la pluie. Arrivée au lever du soleil à la Cruz del Ferro. On se serait cru de retour dans les Pyrénées. La pluie nous a rattrapés. Ce soir, un petit tour dans Ponferrada, kébab.
J-9 demain est un autre jour. Que le camino soit avec toi !
Mathieu : Ponferrada, grande ville de nouveau. 33km.
Le point le plus haut de tout notre chemin : 1500 m d'altitude. Départ à 5h40, nous avons attendu quelques minutes que l’orage déverse une trombe d’eau. Timing parfait ! Du coup, il fait plus frais. Nous partons dans la clarté de la lune qui ne nous éclaire que d’un petit croissant. Je suis trop content que L apprécie de marcher dans la nuit.
A la “Cruz del Ferro, le lever de soleil est avec nous. Ici, une petite pierre que je porte depuis quelques jours où j’ai écrit un de mes poids de mon esprit, va prendre place au pied de cette croix de fer. L’ambiance est chargée d’une énergie indescriptible. Chacun dépose ici sa pierre, pleure, sourit, regarde dans le vide.
Et nous voilà entre averses orageuses, vent chaleureux et arc-en-ciel, avançant parmi la foule de marcheurs à travers un paysage qui nous rappelle les Pyrénées. Et malgré tout, je me sens agacé.
Lundi 7 septembre : Merci ! Thank You ! Gracias !
L : 22h33 Je …. non, on vient de passer un super moment. Cela a commencé vers 19h. On a préparé un repas à plusieurs. On a fini dehors à parler. On a pris du rapé, admiré des étoiles. J’ai beau l’écrire, ça ne paraît pas aussi magique. Moi qui pensais que l’Espagne c’était moins bien que la France. Je me suis trompé.
Merci à eux trois pour ce moment, merci à Mathieu d'être là pour toute cette expérience. Merci à vous, à tous ceux que j’ai rencontrés sur ce chemin, merci à ceux qui laissent des commentaires. C’est un plaisir de les lire. Merci à mon éducateur de m’avoir permis de venir, merci à ma famille de m’avoir laissé partir et de me laisser vivre mon chemin. Merci à l’équipe de Seuil pour tout. Sans vous, je n’aurais pas pu être là.
Même si j’ai du mal à dire les choses, à m’exprimer et à communiquer, juste un truc qui se dit trop peu : MERCI. Bon, et vous savez ce qu’on dit….
Mathieu : Arrivée à Villafranca del Bierzo. 25 km. Un peu de relief, nous tenons la forme. Départ à 6h20, on apprécie la fraîcheur du matin.
Ce soir, nous écrivons dehors, il est 22h40, le vent, une fraîcheur qui s’installe, le calme. L’auberge s’est endormie. Nous sommes 3 à écrire nos carnets de vie. Pendant que L faisait sa meilleure sieste, je suis allé avec trois autres compagnons, me baigner dans l’eau fraîche de la rivière. Un bonheur ! J’en ai repris 3 fois.
Au retour, l’idée de partager un repas passe dans nos envies. Nous voilà à cuisiner, parmi d’autres marcheurs de toutes nationalités. On discute “et toi, le poulet, tu le préfères bien grillé ?”. Repas dans une ambiance de cantine scolaire internationale. On prend le dessert dehors. Les langues se délient, on parle de nos expériences de vie, de spiritualité, de ce que sera le retour. On profite du temps qu’on se donne.
Aujourd’hui, Santiago vient de passer sous la barre des 200 km. C’est demain
Mardi 8 septembre : Notre dernière grande montée
L :
1. Dodo à 00h30/1h. J’ai beaucoup parlé avec une pèlerine.
2, Départ à 8h et au revoir aux 3 pèlerines
3. On ne prend pas le chemin qu’on voulait
4. Tortilla
5; Churros et pain aux tomates
6; Sieste
7. Une bonne montée sous la pluie
Tout ça pour dire : une longue journée et je suis fatigué !
Et comme on dit “buenas noches”
Mathieu : Enfin la pluie ! Ça nous change. En plus, ça tombe sur une grosse journée, 27 km et en finish 6 km de montée avec 1000 m de dénivelé positif. Notre dernier “Everest” ! Pour être honnête, après environ 1380 km, cette montée a, certes été longue, fatigante mais ne nous a pas épuisés. La pluie, quant à elle, est arrivée juste à ce moment et n’a pas facilité notre mental. A ça s’ajoute de faire sécher ses affaires dans une ambiance humide. Je suis parti chercher de vieux journaux dans le village pour mettre dans nos chaussures afin de les sécher : une technique imparable !
Ce soir, à l’auberge où nous sommes arrivés à 18h, l'ambiance est internationale, mais le temps de notre routine, de manger, il est déjà 21h30. Une partie de Skyjo et au lit. Je me meurs
Mercredi 9 septembre : Inversion ?
L : 8h ! Départ entre brouillard, montagne et pèlerins.
21 km et mon mollet gauche se réveille depuis la montée d’hier.
Les rôles vont-ils s’inverser avec Mathieu ?
Un resto pas piqué des hannetons.
Et comme on dit “Buen provecho” !!!
Mathieu : C’est fou et indescriptible.
Pierre, notre responsable de marche, part en vacances vendredi. Il est trop sympa, il a dit qu’il passera nous voir sur la fin de ses congés. Nous serons en stage de fin de marche à Rennes.
Nous venons de recevoir nos billets de bus.
On parle de la fin, mais il reste encore 14 jours de marche en Espagne.
Ce qui est perturbant, c’est la dynamique qu’a pris le chemin depuis Astorga : ça sent le tourisme fort. De mon point de vue, ça sent le business.
Demain Sarria… les 100 derniers kilomètres pour Santiago, ceux qui permettent de valider le diplôme : la compostela.
J’ai une expression “trop de gens, tue les gens”.
J’ai peur de rencontrer une part de population que je fuis habituellement. C’est, pour sûr, une de mes étapes de ce chemin personnel : accepter la diversité du monde.
Heureusement, L montre son humanité : il a mal aux mollets.
Jeudi 10 septembre : Proche de la fin et le chemin est toujours là
L : ça y est. Sarria j’en ai tellement entendu parler, la fameuse. Plus que 100 km, ça fait bizarre. Moi qui compte la fin depuis le début, je n’arrive pas à imaginer que dans 5 jours, on est à Santiago et que dans 19 jours je retourne chez moi. Je crois que ça me fait peur et même rajouter des jours de marche, et je dois le faire ressortir inconsciemment, en m’arrêtant dans la ville, en ne voulant plus rien faire.
Mais cette fin est prévue depuis le 11 juin et je ne regrette pas tous ces moments passés et il reste encore plein de moments et le plus important, c’est le chemin, pas la fin.
Et comme on dit BUEN CAMINO.
Mathieu : Sarria !!! 17 km. Facile mais quand même, ça monte, ça descend, mais pas trop longtemps. Malgré une bonne nuit, mon corps est fatigué. C’est beau ici, au paradis des arbres, avec de gigantesques châtaigniers qui nous regardent de haut, plein de sagesse, chauffés par le soleil dans le dos, rafraîchis par le vent humide qui porte l’odeur de la terre encore trempée des dernières pluies.
A l’horizon, encore de rondes montagnes et, aujourd’hui, des corbeaux qui accompagnent notre chemin. Croa - croa ! C’est par là qu’ils nous disent. On voit un peu plus de français et finalement, pas autant de monde. L’auberge n’est même pas pleine. Entêtés que nous sommes, nous avons eu un moment désagréable partagé. Un trop plein d’on ne sait quoi. Avant de trouver l’auberge, on, comme qui dirait, on boude. Mais ce soir, les yeux tournés sur Fisterra, c’est de plongée que nous rêvons.
Vendredi 11 septembre : Fou du Puy V. Sarrianos
L : Départ avec tous les “Sarrianos”. Un petit déjeuner, des dépassements. La BORNE 100. Un repas du midi bien chargé et comme d’habitude : Buen Camino !
Mathieu : Bonne nouvelle ! Nous avons le feu vert pour faire un baptême de plongée à Cap Finisterre espagnol, notre bout du monde. Youpi !
Finalement, je ne suis pas submergé par les gens. Plus de peur que de mal ! Les auberges ne sont pas complètement remplies (en même temps, elles sont immenses…100 places), le flot sur le chemin n‘est pas qu’une ligne continue et je me surprends à presque aimer prendre le temps de faire les “boutiques de souvenirs” (et il y en a une par village). Ici, c'est l'été sur fond de fraîcheur et de verdure. On mange bien. On marche. On contemple. On s’améliore aux échecs (j’ai acheté un jeu portable magnétique hier). On vit. Certes, dans un flot un peu impersonnel. Mais avec le voyage que nous avons déjà fait, j’ai l’impression de ne pas être dans la même dimension qu’eux, et je me sens léger.
Samedi 12 septembre : Démons de l’un et l’autre
L : Ouille - Ouille, chers lecteurs et lectrices, ici radio L et Matx. Tout commence à 8h, même un peu avant. Au réveil, des vieux démons ressortent. Du coup, je trouve deux échappatoires : fumer et manger : à 10h une tortilla, 13h menu pèlerin, 18h manger, manger et manger jusqu’à la surdose … de sucre.
Bon, je donne la parole à Matx. Et comme on dit : BuenCamino !
Mathieu : Et bien pour ne rien vous cacher, aujourd'hui, on a marché. Ça change…
Trève de plaisanterie, Portomarin → Palas del Rei - 25 km - 2h → 16h.
Résumé de l’épisode précédent : douches sans rideau - beaucoup de monde, mais ça va - une classe d’italiens (peut-être en terminal) : ça fait du bruit la jeunesse et ça parle fort dans le dortoir à 5h40… De nos jours…. 7H20…. Dring - réveil matin.
L tombe sur une canette de bière pleine abandonnée par une lycéenne italienne. Le retour de l’envie de boire. Il me confie avoir un instant imaginer tout un plan pour la boire plus tard. Plan qu’il fait tomber à l’eau directement : “Eh Mathieu, y a “une purée” de canette de bière sur le lit ! “ Je dis “BRAVO ! Tu as résisté”.
Mais j’ai moi aussi mes travers.
Et ce soir, au supermarché Dia, on a craqué ! “tu veux du sucre ?”. J’en ai du bon, pas cher”. Et c’est dans cet état second que nous écrivons. Ciao !
Dimanche 13 septembre : Tout près du but
L : Nouveau sur LCM. Le film du moment. Tout près du but ! Avec de la musique, de la souffrance physique et mentale, de la romance, du suspens et surtout de la marche. Avant de passer la parole à Matx : Buen Camino !!! Bip … Bip…Bip
Mathieu : Nous sommes à Arzua : “Hey ! Bonjour ! Vous allez bien ? (comó estas ?) Moi, ça va, super !” Une belle journée comme j’aime. Les Sarrianos, ceux qui font seulement les 100 derniers kilomètres et qui sont plus des touristes qui se font porter leur sac, ceux-là ne se lèvent pas à 5h30.
Et je dois avouer que j’ai retrouvé l’ambiance qui me plaît tant. On double les marcheurs, on se croise du regard, on se sourit, et on se dit un sincère “Buen Camino !”.
29 km de petites montées et descentes qui s’enchaînent sur un paysage qui ressemble beaucoup à mes contrées : bocage, forêt, maïs, ruisseau. La grande différence, des forêts d’eucalyptus et une odeur légère qui les accompagne. Ici, tout est vert et humide.
Et aujourd’hui, il fait chaud. Au détour d’une rivière, un pianiste amplifié emplit le bois de ses mélodies improvisées, pendant qu’avec L nous admirons les araignées d’eau qui dansent sur leur piste mouvante.
Lundi 14 septembre : Avant, pendant, après
L : Salut ! c’est moi L, mais vous savez puisque vous nous lisez. Et vous savez quoi, demain c’est Santiago. Alors je sais que pour certaines personnes, ce n’est qu’une ville, mais pour moi, Mathieu et pour les randonneurs, c’est …. c’est … c’est … indescriptible. C’est comme imaginer son futur, c’est jamais vraiment la vérité.
Tout ça pour dire : Santiago , nous voilà ! Après 1519 km parcourus !
Et avec vous que j’ai rencontrés et avec qui j’ai vécu de supers moments du Puy en Velay jusqu’à O’Pedrouzo, l’aventure continue jusqu’à Muxia. Et Buen Camino !
Mathieu : Fatigué, mais content ! Je vous raconte un peu.
Aujourd'hui, on a marché. Lever tôt 5h30 !
Hier soir, trop chaud, j’ai craqué. Il y avait un espace extérieur couvert. J’ai gonflé mon matelas et suis parti coucher dehors. C’était mieux, plus ou moins… J’ai bien discuté avec les moustiques, même si la conversation a tourné en rond, et au clap de fin de scène, ils m’ont salué bien bas en passant dans la postérité. Pour résumer, bzzz, clap, il est minuit. Grrr !
L adore nos 2x1 heures de silence. Il en fume de joie…
En marchant, je ne peux m’empêcher de penser à l’après, au retour, mon autre vie, celle qui a l'air si lointaine et pourtant si proche.
Peu de monde sur le chemin quand on part tôt. On a quand même vu à mi-chemin, deux débarquements de “mi-marcheurs”, un “asiatique”, et un “espagnol”. Le tourisme de masse n’en finira jamais de me surprendre.
Demain, L c’est Santiago !
Et aujourd'hui, 2 600 marcheurs y sont passés.
Mardi 15 septembre : Paris - Cluny - Santiago - Ensemble
L : Santiago ! Nous sommes là ! L’arrivée sur la place de la cathédrale remplie au moins par 200 personnes et deux randonneurs qui se précipitent face à cette cathédrale et hurlent à pleins poumons.
La place était remplie de câlins, de pleurs, de fierté et de joie.
On a revu des randonneurs, une personne de Grañon, deux de Forantos, trois français, un papi espagnol. On a un peu parlé, mais quand il nous a vus, il nous a serrés dans ses bras, tellement fort qu’on sentait toutes ses émotions. Et comme on dit : Buen Camino !
Mathieu :
. 2 400 : c’est le nombre de marcheurs qui ont récupéré leur diplôme “la compostela” qui atteste du pèlerinage.
. 1 515 : c’est le nombre de kilomètres écrits sur ce diplôme, la distance du Puy en Velay à Saint Jacques (on avait plutôt compté 1 530). Oui ! On aime compter, ça nous rassure
. 2 : c’est nous, le binôme de choc L et Mathieu, fiers de ce parcours incroyable
. 1 : c’est l‘unité : l’émotion sans nom d’arriver à un même but dans des efforts partagés.
Tous dans la même direction chaque jour.
. 0 : c’est le temps qui me reste pour écrire ce soir.
J’ai envie de manger. Et pour célébrer, viens L, je t’invite au restaurant !
Merci à toutes les rencontres qui ont cru en nous. C’est ensemble que nous sommes arrivés.
Demain, repos, puis quelques 125 km à cheminer encore pour rejoindre le bout du monde et être soi-même.
Mercredi 16 septembre : “Le prochain ce sera toi”
L : Repos à Santiago !!! Réveil à 10h30 ; 13h30 rentrée dans la cathédrale avec visite guidée. On a fini sur le toit avec vue des nouveaux randonneurs. Passage chez le barbier. Mathieu est rentré et Mathieu est sorti, pris un tacos Bell.
Demain, on part de Santiago, la mer nous appelle dans 4 jours. Nous la verrons et comme on dit “Buen Camino”.
Mathieu : Repos - Santiago !!! - Lever à 11h …. MAGIQUE !
On joue souvent aux échecs avec L. On va devenir pro. 14h visite guidée des toits de la fameuse cathédrale de Saint Jacques de Compostelle. C’était impressionnant, la vue sur l’horizon et les toits sans fin, l’arrivée des marcheurs qui s'allongent, comme nous hier, contemplatifs ! “Hey, t’es tout p”tit” ! Coucou : “Hey, regarde, il m’a fait coucou !”
Errance dans les rues, L est là et ailleurs en même temps. Je profite de son “absence” de choix, d’envie et de volonté pour aller chez le barbier. Et là, je ne savais pas que j’étais tendu, mais lui l’a bien senti. Il a enfilé des gants “magiques””, vibrants”. Et retirant la serviette chaude de mon visage, le vrombissement s’approchant de mes oreilles, il pose ses mains sur mes épaules qui quasi instantanément fondent dans mon dos. J’ai le corps qui devient tout mou, tout détendu et un sourire apparaît. MERCI !
Je ressors et vois L assis à m’attendre en fumant des clopes.
Ah ! j’allais oublier un truc important : hier, en arrivant tout proche de la place de la cathédrale, je chope la main de L (je lui avais dit la veille pour le prévenir), je lui serre de plus en plus fort. Il me dit “tu veux crier maintenant ?”. Il m’emmène sourire aux lèvres au milieu de la place. Je décompte 3…2…1 YouuuHoo ! Toute notre énergie sort d’un coup à l‘unisson, nos mains liées, dirigées vers le ciel. Je n'ai pas les mots.
Et aujourd’hui, il me dit “tu viens, on va crier ?”. “Oui, mais cette fois, je ne te tiens pas la main”. Son regard se ferme un instant avant que son sourire ne reprenne le dessus. On file au centre. On décompte ensemble ! Pfouuuu ! Que ça fait du bien. L, la prochaine fois, seul, où tu veux, tu pourras crier.
Jeudi 17 septembre : Allo… Allo… A l’eau !!!
L : Départ à 8h de Santiago. Au revoir, mais pas pour longtemps. On se reverra dans 6 jours, mais là, Fisterra nous attend.
Petit résumé de la journée : j’étais de bonne humeur au point de siffler, parler à tout le monde, et on a même fait un jacuzzi au pied d’une cascade de au moins 15m de haut, à tout se prendre sur le dos… Bon, j’ai peut-être abusé, elle n’était pas si grande.
Bon, je vous laisse, je commence à avoir faim et il y a une tablette de chocolat qui m’attend.
Et comme on dit : Buen choco.
Mathieu : Aujourd’hui, ça fait bizarre, c’est la première fois qu’on s’éloigne de Santiago. Après tant de jours, de semaines, de mois à s’en approcher. C’est un comble ! Mais le bout du monde m’attend.
Tout est calé ! Ici, il y a encore un peu de monde, mais cette fois, c’est parce que tout est plus petit. Capacité d’accueil, ce soir à l’auberge : 19 lits. Ça change.
Nous sommes arrivés à Negreira après 12 km tout cool, avec la meilleure météo, temps couvert, 20 degrés, le soleil qui fait quelques apparitions et surtout de magnifiques sentiers qui courent, vallonnant entre les arbres. Que de verdure : eucalyptus, feuillus divers, chênes etc… Il “petit” pleut des glands.
On tourne à gauche, on descend, quand soudain, posés sur un magnifique pont en pierre à observer une cascade : “L , t’es motivé pour un massage dans les remous ?”. Un “non” rapide qui s'ensuit très rapidement d’un sourire complice qui finalement dit “oui”. PLOUF !!!
Vendredi 18 septembre : Lago (27 km aujourd’hui)
L : 27 km, notre dernière grande étape, deux étapes avant Fisterra.
Aujourd’hui, un petit sandwich, enfin une demi-baguette, une partie d’échecs, quelques kilomètres avant l’arrivée, jeux de société et manger un menu entièrement fait “maison” et on s'est régalés. Ça vous étonne pas vrai ! Et comme on dit Buen Camino.
Mathieu : “Terre… terre… Ici la terre… vous m'entendez ! On est perdus, je crois”.
“Suivez les flèches !”
“Ce n’est pas ça, Capitaine. Je crois que l'équipage perd la tête. Il ne sait plus s'il veut rentrer ou partir. Ça fait tellement longtemps que nous n'avons pas vu nos proches, que les flots nous portent au gré de nos souffles. On a essuyé des tempêtes, mais Capitaine…j’ai peur de ne plus savoir comment faire. Est-ce que je vais me reconnaître quand je croiserai mon visage dans le miroir ? J’ai l'impression d'avoir changé, mais sur l'eau ça me semble plus facile maintenant que je n’ai plus le mal de mer. J’ai entendu parler du mal de terre. J’ai peur Capitaine.
“TERREEE !!! terre en vue !”
“Mais rassurez-vous, moussaillons. Elle n'est pas encore là. D’abord, le bout du monde, sourire aux lèvres. Après, ce n’est pas maintenant”
Samedi 19 septembre : Mer en vue
L : Nous sommes à un jour du but que je me suis fixé : Fisterra… non ! Finisterra… Quoi toujours pas ! Finisterrai ! Bon, c’est bon, on s'en fiche, tout ce qu'il faut savoir, c'est qu’on y est presque et on a même pu aller à l’eau…
Je ne sais plus quoi dire.
Allez ! A demain ! au bout du monde et comme on dit : Buen Camino !!!
Mathieu : Départ tranquille pour la ville de Cee : 25 km, notre dernière “longue” distance. Et oui, il ne reste plus que 3 étapes de marche d’une quinzaine de kilomètres. On finit tranquillement. Nous avons enfin atteint l'Océan Atlantique. 1600 km et 2 mois et demi que l’on vise ça.
Et re-plouf ! Oh Punaise ! Elle est fraîche !
Sur la plage de Cee, les pieds dans l’eau, nous cherchons notre coquille Saint Jacques, car nous avons, depuis le début, décidé de la trouver nous-mêmes.
Aujourd’hui, bien rafraîchis, (nos muscles nous disent merci), c’est bredouille que nous sommes.
Demain, l’objectif principal de L, Fisterra, on cherchera encore.
Anecdote : on a croisé un italien qui fait le tour du monde à pied.
Emotion : moment particulier sur une hauteur scrutant l’horizon à la recherche de l’océan. On n’était pas sûrs. Hésitations entre chaîne de montagnes, nuages. Incertitude. On marche encore. Certitude. Sourires. Et énorme satisfaction !
Dimanche 20 septembre : The end of the world
L : On est au bout du monde après 83 jours, mon objectif depuis le début, mais…. Rien.
A l’arrivée, je regarde le sol à la recherche d'une coquille, j’en ai une petite, fragile et cassée en deux, peut-être à la borne 0 mais rien, le phare, toujours pas, puis on est partis en bas des rochers au bord de l’eau avec le vide, l’immensité de l’océan, mais sur tout monde ; et en le regardant j’ai fait un bon dans le temps de ces 83 jours. Plus que 9 jours avant la fin du projet, ça me paraît tellement long, mais j’ai déjà fait 83 ; 9 c’est plus rien.
Allez, comme on dit : BuenCamino !
Mathieu : 23 km. Je suis épuisé tant physiquement que psychologiquement.
Flemme d’écrire.
Tumultes variés d’émotions. La nuit dernière, mon extraterrestre préféré, Cronos et Gaïa à la fois, est décédé. JP, je t’aime et je sais que tu existes en moi à ta façon. Je t’en remercie.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui à Fisterra, devant l’Océan Atlantique, au bout du monde, avec L, j’étais chahuté entre colère, tristesse, fierté, joie, satisfaction. Un mélange à outrance.
La borne du km 0 : les marcheurs qui partagent eux aussi, j’ai l’impression, un ballottement entre joie de l’accomplissement et tristesse que l'aventure s'arrête et peut-être même, peur de rentrer. Ce qui est sûr, c’est que des regards se croisent, des yeux fiers, des soulagements.
Au retour, on comprend que chaque pas maintenant nous rapproche de chez nous.
Lundi 21 septembre : Dans le ventre de l’océan
L : Waou… Une sacrée journée !
Tout a commencé dans le ventre de ma mère. Oula trop loin.
. Tout a commencé à 10h30 : on récupère notre Fisterrana, puis direction l’auberge et”pouf” des pèlerins qu’on connaît du 7/09.
. 15h30 : on va à la PLONGEE. En un rien de temps pour le dire, on se retrouve sur le bateau et le moniteur de plongée.
Dans ma tête, je me suis dit : purée ! il a la foi ; heureusement on a l’échelle ; puis je vois Mathieu le faire.
“Attends, je dois faire ça : ha ha NON… ! Oh et puis m……plouf”, puis un nouveau monde : des poissons nagent avec nous, la mer qu’hier me paraissait froide et agitée, me paraissait douce et apaisante. Et le sable d’hier chaud et lourd me paraissait doux et léger. En jouant avec eux deux, ma main atterrit sur un coquillage, pas n’importe lequel, une coquille Saint Jacques.
Tout ce que j’entendais, c’était le bruit de ma respiration sous l’eau.
C’était magique et indescriptible.
Puis, coucher de soleil au bord de la plage
Et petit message pour toi Mathieu : “merci, si j’ai vécu tout ça, c’est grâce à toi” .
Et comme on dit : Buen Camino.
Mathieu : Repos à Fisterra. Et bah, ça fait du bien. En plus, nous avions hier, une chambre avec salle de bain privative et balcon. Un havre de paix bien rare dans nos vies. Grasse matinée jusqu’à 9h30.
On file aux courses, on passe à l'office de tourisme pour obtenir un diplôme de plus, la Fisternerranna ! (j’ai sûrement mis des lettres en troppp !), ça atteste que nous avons touché le bout du monde. Et SURTOUT !!! Baptême de plongée, notre 1ère fois à tous les deux. C'était incroyable !
L a trouvé sa coquille Saint Jacques, la seule parmi tous les coquillages (je dois avouer que je suis un peu jaloux). Elle lui est ”tombée” sous la main à 5m de profondeur. Il ne cherchait même pas. Entre poulpes, dorades, un truc avec une tête grosse comme ma main, caché dans un rocher, une faune nombreuse, curieuse et diversifiée. L a touché un poisson et notre guide a ouvert une moule et nous en avons nourri. WAOU !!!
Mardi 22 septembre : De la fin au renouveau
L : 23 km. Petite étape, mais longue journée. Je vous raconterai demain.
Et comme on dit : Buen Camino
Mathieu : Lever à 7h20 pour un lever de soleil à 8h30. Allo la France ! je crois que nous avons un léger décalage.
L’ambiance dans le dortoir est différente. La majorité des marcheurs s’arrêtent ici… Ça se ressent.
Nous attaquons l’étape par les verts vallons de la Galice. Et cette fois, c’est nous qui sommes ceux qui reviennent. Ceux qui renaissent en direction de la maison. On croise les regards plus longtemps, les uns arrivent bientôt, et nous chargés de notre nouvelle énergie, nous partageons de profonds sourires.
Malgré ça, je craque, je jette gratuitement une colère sur L. Vlan ! Heureusement, je m’excuse bien vite et explique mon bordel, la peur de la fin, des fins et sûrement d’autres choses. Nous reprenons le chemin.
Aujourd’hui, Lires nous accueille pour la nuit.
Demain, dernier jour de marche.
PS. On a fait 1h30 de pause chez les “Hippies” en musique. C’était super !
Mercredi 23 septembre : Bien trop vite à Santiago
L : Pour moi, on est le 22 actuellement et je vais vous raconter la fabuleuse histoire d’aujourd'hui.
Je vais commencer à partir à 9h30. On a été chez des hippies : de la musique, de la nourriture, une partie d'échecs, des chiens en veux-tu en voilà. Bref ! Une pépite dans ces lieux.
Après la petite histoire avec moi et Mathieu : j’ai vu une pierre plate, lisse, plutôt grande. Je l’ai prise, plus tard je l’ai gravée à notre duo, puis direction la mer après le coucher de soleil. Une plage vide au clair de lune. Mathieu monte sur un rocher, puis j’avance les pieds dans l’eau, je tourne et lance la pierre de toutes mes forces…puis Mathieu crie… Je crie et le rejoins sur le rocher où les vagues tapent et nous regardons l’horizon avant de retrouver des pèlerins.
Je passe le stylo à moi de demain :
Bonjour, ici le moi du 23 : 15 km pour aller à Muxia, pique-nique au bord de la mer, puis le bus et je ne pensais pas me sentir mal à la simple vue d’un bus.
Et ce soir, pique-nique sur la place de la cathédrale de Santiago, puis échecs.
Et comme on dit “Buen Camino !
Mathieu : Pas facile d’écrire aujourd’hui.
Hier, L, qui spontanément a ramassé une plaque en pierre pendant la marche, se met à trouver un marteau et un tournevis et la grave. C’est en l’honneur de notre duo. Après avoir mangé, le soleil venant de se coucher, on part à la plage et cérémonieusement, L la jette à la mer. Une partie de nous, de notre entité restera ici. Merci pour ça, L, ce symbole est important et me touche profondément.
On croise des marcheurs qu’on connaît bien, des français, dont Sasha qu’on a rencontrée il y a deux mois et demi. Sara a eu la patience de contempler l’océan, seule, pendant des heures, et quel cadeau, elle a vu un dauphin.
Nous finissons la soirée au bar à discuter, fatigués entre un mélange de langues : français, espagnol et anglais.
Dur de s'endormir, chacune des personnes de notre groupe ainsi formé ”ne se voit pas arrêter de marcher”. C’est si simple.
6h30 réveil, on fait le sac, café et clope pour L. On marche, on pique-nique, on discute, on contemple, on arrive à l’auberge, douche, lessive à la main, étendage, manger, faire les comptes, écrire le carnet de route, jouer aux échecs ou autres, rencontrer - partager - revoir - surprise - écoute - différences - cultures - pays - étrangers- marcheurs - difficultés - émotions - regards - câlins - émotions - connexions - éléments - nature - respiration - calme - tempête - soleil - voyage - retour - quotidien - nouveau - énergie - temps. PRENDRE LE TEMPS.
Et aujourd’hui, après nos 16 derniers kilomètres, les paysages, les visages, les scènes, L, dans un bus qui a filé tel le vent, tout ça allait bien trop vite.
Il est minuit et demi, dans la cuisine d'une auberge de Santiago. Passe le temps….
Jeudi 24 septembre : Au revoir Santiago !
L : Dernier jour sur le chemin.
Demain 20h de bus, mais aujourd’hui on s’est baladés dans Santiago.
Et comme on dit “Buen Camino”
Mathieu : J’ai bien dormi. Couché tard, levé tard. Et ça fait du bien. Petites courses, petit moment de cuisine. Ah ça aussi ça fait du bien. Ça me manque tellement de cuisiner. Et les légumes aussi me manquent. Ensuite autre manque SIDERAL, on a écouté de la musique pendant le repas ! J’en ai eu les larmes aux yeux.
Demain, c’est la crémation de JP. C’est vraiment dur de ne pas être présent. C’est comme ça que ça doit se passer. L dirait la fin d’un arc, JP, la fin d’un cycle. Je pense fort à vous qui lui faites honneur : à cet être sensible, très sensible, trop sensible.
Demain, c’est aussi notre retour en France en bus. On est prêts. Le trajet passe par le nord. On ne verra pas nos paysages, mais on aura largement le temps de les voir défiler dans nos têtes et dans nos cœurs.
Ce soir, Lars, une rencontre du chemin, plus rapide, vient de finir. Il est revenu du bout du monde à pied. Apéro !
Vendredi 25 septembre : Dans l’bus
L :
10h00 : Départ
11h25 : bus avec un randonneur
13h00 : Pause de 30 mn
16h00 : Échecs
18h30 : regardé La Haine
19h44 : blog
Tic, tac, tic, tac.
Mathieu : Flemme d’écrire, ça bouge trop. Je vous raconterai demain. Je voulais vous prévenir qu'on écrirait jusqu’à lundi, mais on est déjà vendredi. Et vendredi, on disparait d’internet.
Samedi 26 septembre : de 1500 km à pied à 1500 en bus
L : Il est 1h29, on est à Bordeaux, on vient dire au revoir à Lars où dans la soirée on a joué au baby avec lui. On va prendre un autre bus jusqu’à 8h. A plus. Re, il est 22h50.
Arrivée au gîte à 9h, dodo jusqu’à 13h.
On est partis acheter du matériel pour l’album photos, puis petit resto, full crêpes.
Et comme on dit : “Buen Camino !”
Mathieu : Tout va vite. Hier, on se lève tranquillement vers 9h. Notre bus nous attend vers 11h30. Préparation des sacs. Ça change : on va faire un peu plus de 21 h de trajet jusqu’à Rennes. Je vous écris d’ailleurs depuis le petit secrétaire en mélaminé marron, avec devant moi nos lits jumeaux. Les murs sont en saumon, nous avons une petite salle de bain et un balcon, au 3ème étage au-dessus de la rivière “La Vilaine”. Nous avons rarement été aussi proches pour dormir et rarement aussi seuls. Ça fait du bien, même si c'est petit, de pouvoir étaler nos affaires. C’est notre chez nous pour encore trois nuits.
Le décompte final est lancé : 3…2…1…et après.
Aujourd’hui, belle surprise, notre bus nous dépose vers 8h30 et arrivons à l’hôtel “Les Chouettes”. Quelle chance ! (Merci à notre responsable de marche Pierre), notre chambre est prête. Nous allons pouvoir dormir confortablement jusqu’à 13h. Ensuite, on part développer 130 photos.
L va pouvoir se faire un magnifique album photos. On traîne au Colombier après un pique-nique dans un parc. Le Colombier est une grande galerie marchande. A la FNAC, on trouve notre bonheur. L'heure est à la création : L devant moi en train de trier les photos.
Et le trajet me direz-vous, 21h de bonheur ?
Non, mais j’ai vu bien pire.
Nous avons pris 2 bus avec une correspondance à Bordeaux, 2h d’attente entre 1h et 3h du matin : ambiance soirée boîte de nuit et voiture tuning. C’est un spectacle pour nous. Un nouveau monde. Nous avons aussi joué aux échecs, discuté, dormi, lu et mangé. Lars, notre vieux compère du chemin, nous aura accompagnés jusqu’à Bordeaux avec des adieux saisissants.
On est là. ”Hey L, tu savais qu’on est en France ? ”.
Dimanche 27 septembre
L : J’avoue ça m’a fait ch… d’être à Rennes. Pourquoi ? parce que c'est fini.
Aujourd’hui, album, ciné, un bon film, pizza, re-album, clé usb.
Et comme on disait ” Buen Camino !”
Mathieu : Et après une pizza napolitaine, nous voilà à vérifier les comptes, continuer l’album. Il est minuit dans le bar de l’hôtel.
L n'a pas envie que ça s’arrête. C'est difficile. Il part courir sans raison. Je lui propose un câlin. Les chaudes larmes coulent à flot. C’est bien, il faut que ça sorte.
Allez, serre-moi fort ! Encore plus fort !
On doit retourner dans la chambre. On va continuer un peu.
C’est long de décorer et de faire son album photos de trois mois d’aventures.
Plus que 2 jours… et encore, le dernier, c’est le retour en début d’après-midi.
Lundi 28 septembre : Le dernier
L : Bonjour Mesdames et Messieurs, je vous écris de Rennes pour vous dire au revoir. Et oui “au revoir, pour moi, c’est fini après trois mois.
Ici, ça fait bizarre, je ne vais pas mentir, je ne sais pas trop quoi dire, alors “merci pour tous ces moments juste tout.”
Je ne saurais dire ce que je ressens, c’est un peu le bordel dans ma tête, entre tristesse, joie, peur, l’envie de rentrer et tout ça. Je suis en “camino-stalgie”, alors que je suis encore là jusqu’à demain.
AAAH ! je ne vais plus écrire.
Bon, pour la dernière fois “Buen Camino” et peut-être à plus.
Mathieu : Demain, on se sépare.
Fin de nos trois mois de séjour de rupture Seuil.
Fin d’une incroyable aventure.
Fin d’un duo.
Vous ne nous suivrez plus. Alors, je vous souhaite à toutes et tous de faire un jour, au moins 15 jours sur un de ces chemins de Saint Jacques ou autres. La reconnexion à la nature, probablement à soi, la rencontre, les rencontres, et surtout, comme Maud dit si bien : “sur le chemin, tu auras des réponses à des questions que tu ne te posais pas”.
Bon chemin ici ou ailleurs et BUEN CAMINO !!!
Et voilà, les larmes me coulent encore. Et c'est trop bien.
L, je suis plutôt mauvais pour les relations à distance. On garde contact. Histoire de se rappeler une fois de temps en temps, l’importance que tu as eue, que tu as, et que tu auras dans mon histoire. Marqué à vie. L merci pour ça !
Sans transition.
Soyez prêts, les au revoir sont faits. Chères lectrices et lecteurs, rencontres du chemin, famille, amies et amis, vous avez été là aussi avec moi et en quelque sorte, vous m’avez porté. Je crois que c'est la première fois que j’ose écrire aussi sincèrement, avec les tripes, avec le cœur. Et comme je ne sais pas clore les choses dans ma vie, je vais vous raconter les journées de demain et finir par celle d’aujourd’hui.
Merci à vous, merci à nous. On est ensemble.
Sans transition :
Demain, on se réveillera, petit déjeuner à l’hôtel. Tranquille. On prend le temps, peut-être d’une dernière partie d’échecs, ou pas. On fait nos sacs. On file au resto pour fêter le départ. On profite avec nos responsables de marche, l'éducateur de L. : L Hey, L ! C’est le grand jour. Tu vas retrouver ton téléphone portable. ENFIN ! Bah ouai, vous aviez peut-être oublié. L, a fait 1700 km avec 30 mn d’appel à sa famille par semaine, sans téléphone, sans musique, sans internet, sans télé. Un “punaise” de héros des temps modernes !
Chemin, on te quitte. Notre vie passée va reprendre, mais probablement pas exactement la même, ou alors pas avec le même goût. Je suis certain que déjà maintenant, nous ne sommes plus nous. Et ça, ça n’a pas de prix.
Et aujourd’hui, me direz-vous ? Anthony, le responsable de marche, qui prend la place de Pierre en vacances, arrive vers 11h, on parcourt l’album photos de L, on discute. Il nous invite au resto. Des grandes questions sur la vie, le monde. Il pousse L à l’introspection, brusque, conseille, rassure, fait rire. On fait un point sur le déroulé de la marche, le déroulé pédagogique. On peut dire que ça me fait réfléchir. Anthony est efficace.
16h de retour à l’auberge. Je continue d’écrire le rapport et L avance son album
21h : nouveauté pour demain. Anthony vient plus tôt, on est missionné pour faire une vidéo de 3 mois pour un concours pour qu'une entreprise paie moins d'impôts et que Seuil ait de l’argent. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.
L’ambiance est particulière : rangement de sacs, dernier carnet de route, L qui re-découvre ses habits d'avant la marche, vidage du téléphone.
Demain midi, l’éducateur de L nous rejoint pour le resto final.
Il est 9h30, dans notre cocon du jour, c'est le matin : “Hey L ! Réveille-toi, ouvre les yeux !
Je vois le soleil”.
L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %
Le reste est financé par vos dons
(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)
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« Pour des raisons de confidentialité, les commentaires mentionnant des informations personnelles concernant les jeunes (prénom, photos, etc…) seront supprimés. Merci d’anonymiser vos commentaires ! »



Bravo à vous ! Vous m avez mis les larmes au yeux avec votre histoire de plongée et de coquille !
Le reste est devant vous ! Avec une aventure humaine hors du commun qui nourrira le reste de votre vie ! Bon vent !
Bravo à vous deux !
Je vous imagine criant sur la place comme les cœurs que nous avons reçu sur la place de Condom! Je vous embrasse fort !
Ça y est vous y êtes !!!
Bravo L !!! Bravo, bravo et bravo !! Quel bel exploit dont tu te souviendras toute ta vie, que tu raconteras à tes enfants et à tes petits enfants !!
Et un bravo supplémentaire pour avoir résisté samedi matin, maintenant que je n'étais plus là pour t'inciter à tort 😕.
Objectif Cap Finisterre dont je t'ai plus entendu parler que de Santiago. Profitez bien de la plongée !!
Coucou les garçons, quel plaisir de vous lire à nouveau !!! Oui, d'accord, ça doit faire 2 semaines que le blog est réapparu mais c'était la rentrée...
L. c'est à toi qu'on dit merci ! Mille fois merci ! Merci de transmettre tout cet enthousiasme, toutes ces bonnes vibes !!
La fin approche et ça fait un peu peur mais tu rentreras tellement différent, tellement plus fort, tellement plus tout !
Courage à vous deux, je pense fort à vous,
Bisous
Trop contente d’avoir de vos nouvelles ! On attend la suite avec impatience. Vous me faites voyager et vous m'impressionnez : des 40km au compteur régulièrement, la classe 👏 merci de faire en sorte qu’on soit encore avec vous avec vos histoires du jour, c’est un bonheur de vous lire. Bisous de Conflans ! Haut les cœurs, et courage les pieds ❤️🔥🦶