• pierresauge

Marche de Stexxx

Marche de Stexxx accompagné par Cédric


Vendredi 25 février : Bazouges la Pérouse

S : Je suis S., j’ai 16 ans. Je viens du 49, le Maine et Loire . Hier quand je suis parti, ma famille était triste ça ne m'a pas donné envie de partir. Quand ma mère est partie, j’ai vraiment réalisé que je partais. J’ai passé une bonne première soirée. Aujourd’hui j’ai été marché et puis les souliers me faisaient mal aux pieds. Je suis fatigué de cette journée.


Cédric : Je m’appelle Cédric, et je vais commencer ma deuxième marche avec un garçon qui s’appelle S. L’impatience de partir nous anime. Une première balade ensoleillée en forêt qui donne un avant-goût d’aventure. Retour au gîte pour préparer un repas en commun, choisi par S. : hamburger de galettes de pommes de terre. Le repas a-t-il été aussi bon que le sera la préparation vous en saurez plus demain…

Samedi 26 février : Bazouges la Pérouse

S : hier j’ai mangé un hamburger avec une galette de pommes de terre c’était bon. Je me sentais triste. Aujourd’hui on a marché 1h30 le matin et l’après-midi on a marché une heure autour d’un étang. On a mis en place un programme de 30 minutes de sport par jour.


Cédric : Premier essai d’une journée rythmée par la marche ! Une première balade matinale dans le village de Bazouges, suivie d’une autre promenade autour d’un étang. Le soleil était autant au rendez-vous que l’était la bonne humeur de S. Cet essai réussi haut la main, challenge un nouveau défi pour demain : une marche de plusieurs heures, d’une dizaine de kilomètres. Avec en prime, un sac à dos à moitié plein sur le dos…

Dimanche 27 février : Bazouges La Pérouse

S : Aujourd’hui, j’ai marché 4h30 c’était épuisant et on a pas trouvé le chemin plusieurs fois. Cet aprèm on a été à la piscine c’était bien. Je me sens bien aujourd’hui grâce au coup de fil d’hier.


Cédric : le grand rendez-vous du jour a été levé haut la main par S. Malgré une baisse de régime sur les derniers kilomètres, le rythme général de l’étape du jour était élevé. Était-ce dû à la rencontre improbable avec trois biches ? Au soleil qui nous a accompagnés tout du long tel un fidèle compagnon ? À la ténacité dont a fait preuve S. à ne pas lâcher devant les derniers kilomètres ? Sûrement un mélange de tout ça. Après l’effort, le réconfort. S’en est suivi une fin d’après-midi à la piscine pour détendre les muscles après.

Lundi 28 février : Bazouges La Pérouse

S : Aujourd’hui j’ai marché quatre heures c’était fatiguant, mais j’ai été jusqu’au bout. Je me suis senti bien mais ce soir je me sens un peu triste mais ça va.


Cédric : dernier jour de préparation avant le départ pour le Puy-en-Velay. Une marche originale, où nous avons traversé un marais avec en point d’orgue : un aperçu du Mont-Saint-Michel. Des paysages sauvages ont rythmé la marche. Serait-ce un avant-goût de ce que le chemin va nous offrir ? S. est en tout cas prêt. Prêt à enfiler le sac sur les épaules, armé de son courage, à débuter cette aventure.

Mardi 1er mars : Le Puy en Velay

S : Aujourd’hui on s’est levé pour prendre le train et puis sur la route, j’ai vu de très beaux paysages. et puis on est arrivé et on a marché jusqu’au gîte. Après on a été se balader dans la ville et on a visité la chapelle de Saint-Joseph et c’était bien. J’ai même acheté un collier avec deux médaillons et puis c’était un très bon jour. C’est un bon début d’aventure qui commence.


Cédric : Tels les catcheurs qui découvrent l’arène de leur futur combat, nous arrivons au Puy en Velay. Nous contemplons cette ville médiévale en visitant un monument historique la basilique de Saint Joseph. Les spectateurs sont déjà au rendez-vous pour encourager le boxeur, S : la rencontre d’une dame âgée qui nous souhaite tous ses voeux de réussite. Mais on ne s’arrête pas là afin de mettre toutes les chances de réussite de notre côté, S. s’offre un pendentif et un médaillon qui symbolise la vierge noire et la chapelle de Saint Joseph. Demain réveil aux aurores pour la touche finale, celle qui scellera la chance de vivre cette belle aventure et la réussite d’aller au bout. D’ici galettes et crêpes sont dégustées pour partir le ventre plein, armés de détermination.


Mercredi 2 mars : Montbonnet

S : Hier, très bonne soirée, on a été manger à la crêperie. On a été se promener dans la ville le soir pour observer la cathédrale avec ses lumières. C’était très joli. Aujourd’hui tout premier jour de marche, c’était très joli mais un peu fatiguant. On a marché 15 km et les paysages étaient beaux, j’ai bien aimé aujourd’hui. Ce soir, on dort avec d’autres marcheurs.


Cédric : Le gros début commence ! Nous voilà rentrés dans la reine des combattants de MMA pour un round de 60 jours. Une première montée en bitume à faire rougir des cyclistes, ne nous effraie pas. La récompense est belle. Un très beau point de vue sur l’ensemble de la ville s’offrent à nous. Le sac à dos n’est pas encore apprivoisé. La marche est dure, les pauses sont nombreuses. Mais on ne craque pas ! Une après-midi sous le soleil, nous aidera à terminer la première grande étape sans de grandes difficultés. Nous sommes ravis que cette grande aventure ait débuté. Demain, direction Monistrol sur Allier. Demain, direction une étape avec son lot de nouveautés. Nous sommes contents d’être là et apprécions ce moment.


Jeudi 3 mars : Monistrol sur Allier

S : Hier, bonne soirée avec les marcheurs. Aujourd’hui on a marché 15 km c’était plutôt facile, mais il y a eu des moments plutôt difficiles, mais ça va. On a vu de très beaux paysages arrivés à Monistrol sur Allier. Demain nouvelle épreuve et on s’est donné un défi, cet aprèm, de pas s’ arrêter de l’aprèm. Défi réussi.


Cédric : Nous entamons ce deuxième jour de marche gonflé à bloc ! Après un accueil très chaleureux et un repas très copieux fait de lentilles saucisses, nous les quittons le lendemain matin avec le plein d’énergie. Le lot de nouveautés fait très vite son apparition. Nous traversons pour la première fois sur le chemin une forêt. Nous nous arrêtons pour écouter la nature et se familiariser avec elle. Avec l’aide d’un petit guide, nous reconnaissons une Mésange Charbonnière, mais aussi que la forêt est principalement peuplée de « pins sylvestre ». Tout au long de cette journée la nature nous offrira des paysages à couper le souffle. Et nous n'avons fait que deux jours de marche ! Que dire par la suite ! S’en est suivi une petite pause sur un très joli point de vue appelé la chapelle de Rochegude. Ce soir, une halte dans un gîte qui est aux abords d’un défi relevé. Une route qui monte de manière vertigineuse nous attend. Le moral va-t-il flancher ? Nous en saurons plus demain.

Vendredi 4 mars : Saugues

S : Aujourd’hui, on a marché 11 km. C’était plutôt facile avec deux ou trois fois où il y a eu des difficultés mais ça va. Hier on a mangé des spaghettis bolognaise, c'était très bon. Aujourd’hui on est à Saugues et on a une très bonne entente. très belle rencontre.


Cédric : Un repas préparé par André qui n’a rien à envier aux italiens. Des spaghettis bolognaise à l’ail qui poussent la gourmandise à manifester le bout de son nez. S. commence déjà à prendre véritablement goût à l’aventure. Il se plaint de moins en moins, malgré les difficultés qui se dressent devant nous : des montées sans fin, un froid rugueux qui saisit les os. Ça ne l’empêche pas de se fixer un nouvel objectif. Et quel objectif ! S. souhaite aller au bout de la marche ! Cette belle nouvelle sera accompagné de superbes paysages : des montagnes tout aux alentours qui nous donnent l’impression d'être tout petits. Mais cette marche terminée nous donnera t’elle l’impression d’avoir grandi?


Samedi 5 mars : Le Sauvage

S : hier on a très bien mangé. Aujourd’hui on a marché 21 km, c’était très dur mais j’ai réussi ! Je suis content de moi, je ne pensais pas réussir mais je l’ai fait. Aujourd’hui on est arrivé au Sauvage et demain nouvelle étape. Aujourd’hui je me suis senti bien.


Cédric : Première bosse à passer aujourd’hui, une vingtaine de kilomètres à parcourir. Nous partons avec la banane après avoir passé une excellente soirée avec trois autres pèlerins. Nous avons fait la rencontre d’un couple Suisse et d’une dame à la retraite. Cela fait trois soirées que nous les passons avec eux et le moins que l’on puisse dire c’est que nous nous entendons bien vu les rires partagés lors des repas. Nous voilà donc partis, S. et Cédric en direction de la ferme de Le Sauvage. La marche est appréciable car elle n’est pas perçue comme une course. Nous prenons le temps d’échanger, de faire des pauses, de donner à manger aux chevaux, d’observer la nature ; de contempler la beauté du chemin. Car oui, nous passons par des endroits hors du temps ! Le sentier qui nous amène à la ferme du Sauvage porte bien son nom. La nature est brute, le chemin sauvage. De grandes plaines jaunâtres nous entourent et donnent l'impression d’un chemin sans fin, mais ô combien beau. La halte du jour ferait plus d’un heureux : La ferme de Le Sauvage. On n’y arrive qu'en fin de journée ; fatigué mais content d’avoir réussi une nouvelle étape. Au programme de ce soir préparation des fameux burgers à la recette spéciale S. pour nos confrères pèlerins qui s’arrêtent aussi à la ferme. Le repas sera t’il aussi bon pour nous qu’il le sera pour eux?


Dimanche 6 mars : Saint-Albans sur Limagnole

S : hier soir, on a fait à manger c’était très bon. Aujourd’hui il faisait très froid, il y avait même à certains endroits de la neige. Et après, le temps s’est réchauffé donc dans l’ensemble ça allait. On a fait 13 km d’une traite, ça n’a pas été très dur donc, l’arrivée à Saint-Albans sur Limagnole. Je me suis senti bien aujourd’hui.


Cédric : Nous nous couchons content d’avoir fait plaisir aux pèlerins avec un repas succulent. Début d’une marche bien matinale aux alentours de 8h pour arriver avant midi afin d’ avoir un sandwich. Après l’effort, le réconfort comme on dit ! Malgré un début d’étape compliqué, l’objectif du jour sera atteint et le casse-croûte sera appréciable. Tout autant que les encouragements d’un marcheur rencontré sur la route. C’est incroyable de constater le nombre de personnes qui nous encourage à aller au bout, ce qui booste notre motivation. L’avancée de la marche se voit par le changement architectural des habitations. Nous passons des toitures orange aux toitures en forme d’ardoise arrondi, de couleur noire. L’évolution des paysages, des environnements nous aide à voir une évolution de la marche pour peut-être arriver au bout ., qui sait ? D’ici là, une spécialité locale nous attend avec un aligot saucisse. C’est le ventre bien rempli que nous nous coucherons avant une courte étape nous amenant à Aumont Aubrac.



Lundi 7 mars : Aumont Aubrac

S : hier c’était nul, très mauvaise ambiance. Aujourd’hui on a fait 15 km c’était dur parce que j’avais très mal au dos. Je sais pas comment je me suis fait ça, du coup c’était très dur de marcher. On était à Aumont Aubrac et demain je vais voir le médecin pour mon dos. Aujourd’hui je me suis senti mal en plus de mon dos et j’ai envie d’arrêter la marche ça me saoule.


Cédric : Petite étape d’une quinzaine de kilomètres ou le paysage change progressivement. Les terres vallonnées laissent place à des grandes plaines sur plateau, à différentes hauteurs. La froidure climatique jaunit les herbes, les plaines donnent ainsi l’air de désert. La marche devient méditative, dans cet endroit sauvage au milieu de nulle part. Mais brutalement, nous voilà ramené à une réalité plus douloureuse. S. a une douleur qui le bloque sur place. Mais on abdique pas malgré cet uppercut reçu en pleine face. D’un joli travail d’équipe, nous réussissons à finir difficilement cette étape du jour. Nous pouvons être fiers de nous, la première grosse difficulté est derrière nous. Il nous faut continuer ce chemin pour voir tout ce qu’il a à nous apporter.


Mardi 8 mars : Malbouzon

S : Hier on mangé des pâtes et le gîte était pas mal. Ce matin on s'est levé tôt pour aller chez le médecin. Ça va et nous avons repris la marche et on a fait la moitié de l’étape, 15 km, c'était dur à cause de mon dos, j’ai réussi à arriver à Malbouzon. Je me suis senti fatigué, j’en ai marre ça me casse …


Cédric : L’étape de l’euphorie est passée. Cette première semaine de marche était sous le signe de l’émerveillement, de la contemplation. Le chemin s’ouvre à nous dans la douleur. Nous rentrons dans le vif du sujet avec un quotidien de marche qui s’installe. Le sentier transforme notre corps dans la difficulté, la douleur. Les muscles nous supplient d’arrêter. Mais nous n’abdiquerons pas. Chaque étape réussie est un succès. Nous en sommes à notre septième victoire et nous irons chercher la prochaine à Nasbinals. La traversée du plateau d’Aubrac nous aidera à surmonter la difficulté par le paysage féerique qu’il nous partage.


Mercredi 9 mars : Nasbinals

S : Hier, bonne soirée en compagnie d’amis. On a marché 11 km avec des paysages de western, c’était très joli, mais le froid gâchait un peu tout. Mais ça a été dans l’ensemble. Aujourd’hui on est arrivé à Nasbinals. On a beaucoup de chance car c’est la ville où Zizou alias Zidane va souvent. Dommage on l’a loupé MDR.


Cédric : nous apprenons du chemin en écoutant humblement. Après les signes de douleur reçu, nous décidons de diminuer les étapes pour mettre toutes les chances de notre côté pour aller au bout. Comme dit le proverbe « qui ménage sa monture, va loin ». Le chemin est beau car nous faisons de belles rencontres et que les gens nous soutiennent énormément. Cela nous rebooste lorsque le moral décline. Contempler le paysages sauvages qui révèle leur forme brute, nous laisse sans voix et nous réconforte face à tant de beauté. Une journée passée sous le signe de l’échange et de l’émerveillement.


Jeudi 10 mars : Saint Côme d’Olt

S : hier, très bonne soirée. On a rencontré d’autres pèlerins. Après on a été regarder le match de foot. Aujourd’hui, on a marché 33 km. C’était dur mais j’ai réussi. C’était une grosse étape aujourd’hui. Et pour bien finir la journée avec de la pluie, on est arrivé à Saint Côme d’Olt. Aujourd’hui, je me suis senti bien mais là je me sens très fatigué.


Cédric : Quelle journée ! Si on nous avait dit qu’on aurait fait 33 km au réveil, nous n’y aurions jamais cru ! Mais, remontant un peu l’horloge… La soirée du 9 au soir fut agréable sous le signe de la rencontre et de l’échange avec d’autres pèlerins, avant de finir en apothéose avec le visionnage de la première mi-temps du match de football. Un réveil aux aurores pour faire le 16 km initialement prévu car le terrain se présentait très abrupte selon notre fidèle guide. Le miam miam dodo. Nous partons et marchons à bon pas au milieu de ces grandes plaines où le vent vient entaillé notre motivation tout autant que les chemins escarpés. Le silence arrive de lui-même, nous sommes concentrés sur nos pas, notre progression. Espacés de quelques mètres, nous trouvons le moyen farfelue de louper notre endroit de pause pour se retrouver à l’arrivée de notre étape à… midi !!! On est étonné d’avoir si bien avancé en si peu de temps. Conforté dans notre avancée, on se prend au jeu de dépasser nos limites et de montrer à Mike Horn de quel bois on se chauffe. Nous avalons les kilomètres et arrivons dans un superbe village moyenâgeux très atypique avec une architecture intrigante, époustouflante. Tout autant que l’étape du jour ? Toujours est-il que cette réussite ne sera pas banalisée. Nous reprenons dès demain un rythme plus tranquille, plus adéquat à nos capacités physiques actuelles. Il est prévu une étape de 21 km pour stopper à Estaing: village ô combien hors du temps aussi. Mais y arriverons-nous ? Ou serons-nous emmené par une brise de vent d’imprévu ?


Vendredi 11 mars : Estaing

S : hier, très mauvaise soirée avec un hébergeur pas très accueillant, il n'était pas dans son état normal. Aujourd’hui, j’ai fait 23 km. C’était pas bien difficile. Aujourd’hui, on est arrivé à Estaing et on n’y retrouve des marcheurs avec qui on a commencé la marche. Aujourd’hui je me suis senti bien.


Cédric : L’imprévu est bel et bien arrivé, mais pas comme on s'y attendait. Il ne s’est pas manifesté sur le chemin. Non, non, non… En effet, ce dernier a encore répondu comme toujours à nos attentes avec des paysages mirobolants ! On se croyait presque en montagne lorsque l’on a traversé des cols, admirant d’un air fier notre progression. On apercevait le village de départ qui devenait un petit point dans le paysage. Puis, tournant la tête de l’autre côté, nous aperçûmes une rivière en pleine hauteur, au milieu des petites montagnes, digne d’un décor du Seigneur des Anneaux. Est-ce la beauté des paysages qui transforme S. en un véritable pèlerin ? Cela doit sûrement y contribuer. Mais l’étape d’hier a vraiment son mot à dire aussi. Un déclic s'est produit lors de cette journée. Tel un serpent qui mue pour retrouver une nouvelle peau, S. est devenu une nouvelle personne en « zigzaguant » entre les lacets et le dénivelé montagneux. C’est dans la difficulté qu’il a trouvé des ressources insoupçonnées pour aller au bout des 33 km. Il a regardé l’adversité droit dans les yeux et l’a traversé pour donner une nouvelle dimension à sa marche. État éphémère ou franchissement d’une étape ? L’avenir nous le dira… D’ici là, l’imprévu dont il était question un peu plus haut s’est manifesté par la surprenante et bien heureuse retrouvailles avec nos amis pèlerins ! C’est avec « la banane » qu’on se couche avant de partir vers de nouvelles aventures.

Samedi 12 mars : Espeyrac

S : Hier soir, très bonne soirée et la dame du gîte était super. Hier on a revu des marcheurs avec qui on a commencé la marche au Puy-en-Velay. Aujourd’hui, on a fait 22 km c’était plutôt facile. On est arrivé à Espeyrac. Aujourd'hui, je me suis senti bien et en pleine forme.


Cédric : mais chaque bonne chose a une fin. Et aujourd’hui, était un jour d’adieu avec un couple de pèlerins que nous suivions depuis le début. Nous sommes heureux d’avoir pu les revoir une dernière fois. Ceci s’est passé au milieu d’une longue étape de bitume faite de montées et de descentes ou les nuages grisâtres étaient signe de mauvaise augure. Heureusement pour nous, notre bonne étoile nous suit encore et les gouttes nous ont épargné. La détermination de S. elle est toujours présente et fait plaisir à voir. Cette marche est lancée et nous sommes curieux de voir jusqu’où elle nous emmènera. D’ici là, direction Conques avec son lot de merveilles à découvrir.


Dimanche 13 mars : Conques

S : Hier soir, bonne soirée avec d’autres marcheurs. Aujourd’hui, on a marché 12 km sous la pluie donc les 12 km tombaient bien. Mais c’était très froid, même un peu dangereux mais ça va. Aujourd’hui je me suis senti bien, on est arrivé à Conques.


Cédric : Petite étape d’une douzaine de kilomètres, suffisant pour permettre de prendre le temps de visiter le village de Conques où le temps semble se dilater. Un village perdu dans des montagnes où l’architecture d’un autre temps invite à découvrir chaque monument qui constitue cet incroyable village. La pluie calmera nos ardeurs et nous resterons dans l’abbaye du XIIe siècle où l’accueil des frères sera très chaleureux. À défaut d’une pluie qui pourrait assombrir notre humeur, la convivialité et l’échange avec les autres pèlerins et frères réchauffent notre humeur. S. n’aura pas vu son humeur entachée par la pluie ce matin qui durera jusqu’à l’arrivée de l’étape. Il forge sa volonté de jour en jour. Le chemin commence-t-il à mettre en œuvre son travail de l’ombre ?


Mardi 14 mars : Decazeville

S : Hier très bonne soirée avec les Frères et les pèlerins. On a visité l’église. Aujourd’hui on a marché 22 km, ça a été mais avec un peu de difficulté. On est arrivé à Decazeville. J’ai réussi mon collier, je suis super content merci à ma famille . Aujourd’hui je me suis senti bien et Cédric m’apprend l’espagnol.


Cédric : Aujourd’hui a été une grande étape avec 200 km passés. Le corps continue sa transformation au travers de la douleur avec l’accumulation d’ampoules. Mais on s’éclaire de l’émerveillement des paysages de nature et la prodigieuse aventure que nous accomplissons. Cette étape symbolique commencera par une ascension d’une trentaine de minutes où il fallait regarder où nous posions les pieds pour ne pas manquer de faire le chemin en sens inverse ! La récompense de cet effort de labeur fut à la hauteur ! Une vue à 360° faite d’horizons en relief dans un mélange de couleurs ou la neige se mêlait aux couleurs verdoyantes. La suite de cette montée au joli cadeau offert sera plus terne. Une étape de « cycliste » composé principalement d’asphalte où le paysage rattrapera une fois encore les moments de marche plus somnolents. Impression de marcher de Crète en Crète, à tutoyer les aires, surplombant une vue fantastique et une hauteur vertigineuse. C’est dans ces conditions que nous arrivons à Decazeville pour faire le plein de provisions pour recharger les batteries avec un jour de repos bien mérité.


Mardi 15 mars : Decazeville ( repos)

S : Aujourd’hui, journée de repos à Decazeville. La ville était nulle, du coup on a passé l’après-midi au gîte. Ce soir on va au cinéma voir The Batman.


Cédric : la marche nous envahit à tel point qu’une matinée de repos nous suffisait. Après avoir visité Decazeville et ses graffitis, le plein de carburant à eu lieu autour d’un hamburger frites. Malgré notre envie de repartir, il faut avouer qu’il fait bon de marcher dans la ville à parler de tout et de rien. Cette journée de repos réparatrice permet de casser le quotidien de marche qui s’installait et permet de repartir gonflé à bloc, curieux de voir ce que la vie va nous offrir; heureux de poser un pied après l’autre sur le chemin.


Mercredi 16 mars : Saint Félix

S : hier, très bonne soirée au cinéma avec The Batman, mais après on a dû faire 2 km de montée pour aller au gîte. Aujourd’hui on a fait 20 km. Avec le jour de repos, la reprise était dure mais je l’ai fait. On est arrivé à Saint Félix. Je me suis senti fatigué mais ça va.


Cédric : Nous reprenons la marche. Pas après pas vers l’inlassable route du changement. Nous retrouvons les pauses de silence. À l’écoute de la nature, des oiseaux, à regarder les jonquilles. Le village de Livinhac le haut avec ses plaines boisées et surélevées en arrière plan. Aujourd’hui était une journée où nous n'avons pas eu le temps d’observer les paysages car les pauses étaient nombreuses. La raison ? Une reprise douloureuse ! On peut vite prendre goût aux jours de repos finalement ! Mais on a rien sans rien. Il ne faut pas se fier au quotidien de la marche qui, une fois compris, semble acquis. C’est un travail de fond, il faut aller au bout et savourer chaque jours de marche comme une victoire ! Demain, la victoire passera par la ville de Figeac où bon nombre de monuments seront peut-être visités.


Jeudi 17 mars :

S : n’a pas écrit son blog


Cédric : aujourd'hui S. se retrouve à terre sur la surface froide du ring, proche du KO. Se relèvera-t-il ? Cela fait trois rounds que S passe sur le ring de la marche (nous marchons depuis déjà 3 semaines). Jusqu’ici, il combattait sans difficulté, esquivait facilement les coups adverses, puis subitement à l’approche du quatrième round (4ème semaine de marche) il reçut un uppercut au moral, ses émotions le dépassent. Son corps vacilla, son mental flancha, il tomba. Sa chute l’entraîna vers l’abandon. Le décompte commença “1-2-3“. “A quoi bon continuer ? J’ai déjà bien combattu vaillamment qui plus est.” Une voix fait écho : “‘ 4 - 5 “. Ses yeux sont lourds. Il trouve la force de les ouvrir. Il aperçoit son coach faire des grands signes d'encouragements, mais ses paupières se referment Son coach comprendque le moment est critique. Le décompte continue inexorablement “6-7”

Une autre voix vient rompre le silence de l’abandon. De curiosité, ses paupières ouvrent les portes du regard. Il croise celui de sa famille. De cet échange complice, il ressent toute la fierté que sa famille lui porte dans cette bataille. Ce qui était enfoui en lui ressort, porté par l’encouragement familial, son regard change.

Le temps continue à défiler “8”. Le point fermé s’oppose au ring. Il tend son bras et se relève pour appuyer le genou contre le sol menaçant de l’abandon.

“9” Il finit par se relever d’un bond, prêt à repartir de l'avant en laissant derrière lui cet épisode douloureux.

"Merci'' se dit-il. “Merci à ma famille d’être toujours présente, même et surtout dans ces moments difficiles”. Son coach est content pour lui. La marche peut reprendre.


Vendredi 18 mars : La Source d’Ussac


S : Hier, j’ai passé une bonne soirée avec les gens du gîte. Aujourd’hui, on a marché 25 km, c’était dur à la fin, mais ça va. Nous sommes arrivés à La Source d’Ussac.

Aujourd’hui, je me suis senti énervé, mais bon ça va, juste l’autre “il me casse les c…”


Cédric : Nous voilà partis de bon matin pour reprendre le combat de marche à partir de Figeac. Ça commence par un lacet de montées dont on commence à avoir l’habitude. S s’arrête un moment, regarde le point le plus haut auquel il est donné d’apercevoir ; et c’est parti. L’enclenchement du pas après l’autre est lancé et ne sera stoppé qu’une grosse heure après pour acheter des sandwichs dans le village de pierres appelé Faycelles. Village qui caractérise bien le changement de paysages et d’architecture que nous traversons avec ses nouvelles tuiles. Nous suivons des chemins cabossés jusqu’à être au pied du parc naturel régional des Causses. Une impression de sécheresse entoure les paysages aux alentours nous rappelant que la France est un très beau pays aux reliefs et climats diversifiés. Cette impression s’accentue lorsque le sol foulé, caillouteux laisse place à une terre pourpre, Les arbres nus sont laissés de côté pour être remplacés par des petits arbustes tortueux. Nous marchons encore quelques kilomètres jusqu’à arriver à un corps de ferme : La Source d’Ussac. Nous avons la sensation d’être au pied d’une ferme australienne tant le décor s’y prête. Ce pays est souvent en proie à de fortes températures. Sous fond de ciel obscur, la noirceur du moment qui suivra pourrait s’inscrire dans le climat du pays des kangourous. Un orage foudroyant d'émotions s'installa. Des éclairs de colère jaillissent, aussi violents que inattendus. Aussi impressionnant que ça puisse paraître, on ne se laisse pas démonter, on le regarda humblement passé. La journée fut donc terminée. Une nouvelle victoire à la clef.


Samedi 19 mars : Limagne en Quercy (25 km)

S : Aujourd’hui, on a marché 25 km. La fin était dure mais cela a été. Nous sommes arrivés à Limagne en Quercy. Je me suis senti un peu énervé, mais ça a été.


Cédric : Une autre clef nous ouvrira le royaume de l’apaisement, car toute tempête a son temps d’accalmie et le soleil accompagnera notre marche en tee-shirt. L’apaisement amenant le silence, ces heures de marche se passèrent dans le silence et la contemplation des paysages. Du sommet d’un plateau, nous descendons vers Cajarc qui nous amène vers une autre plaine entourée de plateaux surélevés. Nous avions l’impression d’être dans une cuvette élargie. Notre étape du jour se poursuivra sur le hameau de Caillac, planté là sur un rocher tel un château régnant sur son royaume. Notre chemin de la journée se poursuivra par des sentiers aux allures de perche où nous traversons quelques mas, des fermes ou maisons isolées. Nous terminerons cette longue journée de marche à Limagne sur Quercy dans la bonne humeur autour d’un des repas préférés de S : spaghettis carbonara.


Dimanche 20 mars : Lalbenque


S : Aujourd’hui, on a marché 24,5 km. C’était plutôt facile. J’ai juste mal aux pieds, mais ça va. Aujourd’hui, je me suis senti bien avec ce beau soleil.


Cédric : Une journée de marche agréable en ces débuts printaniers. L’herbe jaunâtre laisse de plus en plus souvent place à une couleur verdoyante rafraîchissante. Notre chemin se délimite par des petits murets de pierre et nous offre quelques “caselles” surprenantes. Curieux, on s’y invite à l’intérieur pour voir ce qu’il s’y passe. Tout comme depuis le début de la marche, nous prenons le temps de nous émerveiller de ce qui nous entoure, de satisfaire notre curiosité, pour rendre l’accumulation des pas moins difficiles, lorsque l’effort est trop intense. Car oui, l'accumulation des kilomètres nous a fait passer la barre des 300 km. Déjà tant de kilomètres parcourus et encore de belles choses à venir


Lundi 21 mars : Cahors


S : Aujourd’hui, on a marché 18 km. C’était dur, car je me suis tordu la cheville, du coup, demain, je vais chez le médecin. Sinon, bonne journée. J’ai reçu mon colis, donc je suis content. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à Cahors.

Aujourd’hui, je me suis senti bien, mis à part ma cheville.


Cédric : Nous reprenons notre périple par des traversées de chemin sur des crêtes. Les pelouses reprennent un aspect de sécheresse avec leur couleur jaune et ses nuances. Le courant rétabli électrise nos pas. Notre allure de tonnerre nous fait atteindre Cahors en fin de matinée, soit 18 km en 4h et des poussières. Cela ne nous a pas empêchés de contempler le paysage et de continuer à alimenter l’album souvenirs en prenant des photos. Car oui, S est déterminé à l’idée de finir la marche et nous espérons tous qu’il y réussira.

D’ici là, pause d’une journée à Cahors pour reprendre des forces, recharger les batteries, avant de se fixer un nouvel objectif : Condom.


Mardi 22 mars :

S : Aujourd’hui : ce matin on a été chez le médecin pour ma cheville et après à l’hôpital pour faire une radio. Donc, j’ai une entorse, donc repos pendant 3-5 jours.

Mais, sinon, ça a été.

Ce midi, on a été manger au kébab et après nous sommes rentrés au gîte.

Aujourd’hui, je me suis senti bien


Cédric : Objectif Condom … pour le réussir nous allons nous ressourcer physiquement et mentalement et poursuivre sereinement l’aventure du changement. Pour cela nous mettons au repos une cheville qui a « fait des siennes », nous prenons des bains de soleil autour de discussions qui alimentent nos parties de dés. Nous avons un programme qui pourrait faire des envieux : repos, jeux de dés, cuisine et lecture. Mais ce temps de repos « forcé » peut aussi offrir une autre facette … plus philosophique !


Mercredi 23 mars :


S : Aujourd’hui, nous sommes restés au gîte, on a fait plus de jeux de société. On s’est reposés au soleil et après on a été marcher devant le gîte. Aujourd'hui, je me suis senti bien et reposé.


Cédric : Aujourd’hui est une journée radieuse. C’est la première fois que nous passons sous un ciel bleu avec un beau soleil fixe. Qu’il est plus agréable de patienter durant une convalescence sur un coin d’herbe au soleil qu’à l’intérieur avec la pluie.

Cette bonne étoile nous suit depuis le début et je ne doute pas que nous irons au bout de cette marche. Ce temps d’immobilisation invite aussi au questionnement, au sens qu’a cette marche. Il en découle des conversations philosophiques dont S s’y prête volontiers. La marche provoque indiscutablement un changement en lui. En a-t-il conscience, arrivera-t-il à l’exprimer ? Toujours est-il que ça lui fait du bien et que c’est là le plus important. Sa soif insatiable de curiosité et de détermination l’emmènera à l'arrivée ou des vagues d’applaudissements l’y attendront. C’est à n’en point douter.


Jeudi 24 mars : Cahors


S : Aujourd’hui, on a déménagé dans la maison du haut. Après on a fait des jeux de société; Après on a été boire un café dans la ville. C’était bien avec ce beau soleil.


Cédric : Avant de larguer à nouveau les amarres, nous devons réussir le bon rétablissement de la cheville de S. Alors, pour prendre notre mal en patience, nous découvrons toutes les facettes du jeu de cartes Solitaire ou différents jeux de dés. Lorsque l’attente est trop longue, l’hébergeur a l’amabilité de nous emmener sur Cahors pour y boire un café et se désaltérer. Ceci est momentanément notre nouveau quotidien avant de chausser, à nouveau, les souliers de marche.


Vendredi 25 mars : Cahors


S : Aujourd’hui, on a été en ville pour se promener et en fin de journée on a eu un accrochage. Dans la soirée on est allé boire un DBK (diabolo, banane, kiwi), c'était très bon et on a pu mettre les choses au clair.


Cédric : « Rester à quai » peut paraître parfois très long; on peut se prélasser un moment à voir un beau paysage mais les couleurs peuvent s'assombrir à cause les pensées trop oppressantes, elles finissent par nous submerger et balayer tout. Il nous manque notre élément vital, la MARCHE. Mais comme le dit S. « finit pipo » l'arrêt et bientôt nous allons larguer les amarres pour de nouvelles aventures.


Samedi 26 mars : Cahors


S : Aujourd’hui, on changé de gîte et on est allé en ville acheter un chapeau, puis on va manger. Ce soir au gîte on retrouve Martine, une pèlerine avec qui on a commencé la marche.


Cédric : Journée de préparation : nos sacs avec la nourriture pour 2 jours car nous ne rencontrons pas de villages avant lundi. Dépaysement garanti ! La marche se fait attendre et nous avons les fourmis dans les jambes. Alors nous rechaussons nos chaussures et direction Intersport, la direction ne fait pas rêver mais présente une double utilité : se réhabituer doucement mais sûrement et acheter un chapeau à S. en prévention de la chaleur à venir. 8 km plus tard, S. est fin prêt pour repartir avec son chapeau et ses lunettes. Nous avons redécoupé nos étapes jusqu'à Moissac pour préserver la cheville de S. Chemin nous revoilà !




Dimanche 27 mars : Trigodina


S : Aujourd’hui, on a repris la marche, étape de 15 km, difficile avec la chaleur mais la cheville ça va.


Cédric : Le grand départ ! On se décroche du ponton Cahors et on largue les amarres. Les pas se suivent et s’enquillent, sourire aux lèvres et avec un grand soleil. Une vraie invitation à marcher. Nous laissons derrière nous cette ville médiévale, direction Trigodina, petite étape de 15 km, pour une reprise en douceur. Avec la chaleur réconfortante, S a remis le pied à l'étrier et galope comme un cheval. Nous arrivons plus vite que prévu au gîte. Notre plein d'énergie se fera avec notre potion magique que nous utilisons le début …

Quelle est elle ?


Lundi 28 mars : Montcuq

S : Hier, j’ai fait à manger et c’était très bon. Aujourd’hui, on a marché 18 km. C’était facile. Nous sommes arrivés à Montcuq. Aujourd’hui, je me suis senti bien et il faisait très chaud.

Cédric : Nous avons dévoré notre ami qui s’appelle “spaghetti bolognaise” et qui nous a donné le plein d’énergie pour avaler les 18 km de la journée. Les paysages fleurissent, la couleur jaune foncée, si aride et sèche, laisse place à un vert rafraîchissant. Les fleurs ne se font pas priver d’éclore et d’ajouter une multitude de couleurs à cette nouvelle vue offerte par la saison printanière.

Cette nouvelle saison s’entame aussi avec l’éclosion de S. Fin observateur, il déniche des lézards de taille et de couleurs différentes, partageant avec moi ses moments de contemplation lors de cette journée. La vie est simple. Est-ce la magie du chemin qui s’opère ?


Mardi 29 mars : Lauzerte

S : Hier, c’est Cédric qui a fait à manger. C’était très bon. Aujourd’hui, on a marché 16 km. C'était un peu dur, mais ça a été et on a eu un de pluie, mais ça va, c'était qu’un nuage. Nous sommes arrivés à Lauzerte. Aujourd’hui, je me suis senti bien, mais fatigué, mais ça va dans l’ensemble.


Cédric : TIC et Tac repartent en avant. Ils laissent derrière eux un souffle de vent. TIC marche d’un bon pied, il décolle comme une fusée aussitôt partis, l’immobilisation est à peine finie. “Qui ménage sa monture, va loin”, comme on dit.

TIC a plein d’ardeur. Avec Tac, il y a une nouvelle brise de fraîcheur. A bientôt ; à tantôt


Mercredi 30 mars : Moissac

S : Hier, on a rencontré d’autres pèlerins avec qui j’ai bien aimé parler et en plus de ça, ils connaissaient Angers. C’était bien. Hier, c’est moi qui ai fait à manger. C’était très bon.

Aujourd'hui, on a marché 21 km. C’était facile et sur la route on a rencontré des marcheurs qui venaient de Fatima pour aller à Moscou, avec une grande statue de la Sainte Vierge et ils m’ont offert un chapelet.

Aujourd’hui, on est arrivé à Moissac et on a eu un peu de pluie ce matin.

Aujourd’hui, je me suis senti bien


Cédric : Nous avons passé une étape depuis Cahors avec le passage au 20 km passés. La cheville de S se porte bien, les douleurs sont derrière nous. Mais nous gardons un œil vigilant et bienveillant sur cette malléole fragilisée.

Il est super de voir S motivé sur le chemin au point de l'entendre annoncer son nouvel objectif : terminer les 60 jours de marche

Pour casser un rythme quotidien, nous nous lançons des petits jeux. Le premier d’entre eux est de deviner qui des pèlerins boivent du café ou du thé. Ça amène à des sourires entre nous où les mots n’ont plus besoin d’être. Est-ce là une nouvelle étape de franchie pour le binôme ? Tel le passage réussi d’un stade dans notre relation.

S a enfilé le costume de cuisinier en mettant les petits plats dans les grands. Il s’ouvre de plus en plus et donne l’impression de donner autant qu’il reçoit par le chemin.

Est-ce donc ça, la magie du chemin qui opère ?


Jeudi 31 mars :

S :

Cédric : Coup de baguette magique, nous voilà transportés jusqu’à Condom pour un nouveau départ, direction le Mille Bornes. Malgré un couac, S retrouve le sourire grâce au soutien sans faille de sa famille. Le colis surprise provoque autant de baume au cœur que le baume du tigre sur sa cheville. C’est reparti vers la conquête d’un rythme quotidien, là où la marche peut nous amener vers un autre destin.


Vendredi 1er avril :

S : Aujourd’hui, on a marché 24 km. C’était difficile à la fin, mais sinon ça a été. On a eu beaucoup de chance car on a eu les quatre saisons, pluie, soleil, froid et en fin de journée, on a eu de la neige. Et ça fait du bien de reprendre un bon rythme


Cédric : La règle du jeu a été le silence et le moins que l’on puisse dire est qu’il est bruyant. Les pensées s’encombrent, se chamaillent en pagaille. Elles offrent un joyeux carnaval. La tête peut devenir aussi lourde que le sont nos pas face à la dureté de l’asphalte qui repose sur nos pieds. puis le bruit s’estompe. On se sent léger, on ne pense plus, on observe. C’est durant ces moments que, dans un instant de félicité face à ce tableau de paysage si harmonieux, qu’une lucidité de pensée surgit.

Tout cela S le vit. Il change, ça se voit. Ses pensées s’affinent, sa réflexion est poussive.. Le calme et la « sérénitude » le gagnent au détriment d’autre chose qui s’oublie de plus en plus.


Samedi 2 avril : Nogaro

S : Hier, on a mangé des lasagnes. C’était très bon. Aujourd’hui on a marché 28 km, ça a été mais les 5 derniers kilomètres étaient très durs.

Aujourd’hui on est arrivé à Nogaro. Les gens du gîte sont très gentils envers nous et très motivants. Je suis content car on est arrivé au milieu du chemin


Cedric : Le spectre de l’abandon qui perturbaient nos journées s’est dissipé tel le vent glacial qui a accompagné notre journée de marche. Le sentier qui se cachait derrière une montagne devient plat à se perdre à l’horizon. Notre regard qui se perd au loin se confond avec nos pensées. C’est ainsi que les pas se suivent, s'enquillent, que les kilomètres augmentent, que le compteur grimpe. Nous arrivons à Nogaro, dans un gîte communal où une nouvelle rencontre autour d’une partie de dés ponctuera une fin de soirée.

Dimanche 3 avril :

S : Aujourd’hui, on a beaucoup marché. J’ai mal aux pieds, maintenant je vais me reposer. Bonne suit


Cédric : Qui dit dimanche dit semi repos pour le pèlerin. Un réveil à 9h qui recharge les batteries, mais qui oblige à partir plus tard. Le milieu de la matinée arrive, la porte derrière nous se ferme. Une autre s’ouvrira, à 18h et après 30 km passés. On ne calculera pas le nombre de pauses faites, synonyme d’une fatigue qui pointe le bout de son nez. Les kilomètres auront semblé être une éternité, alors on s’occupe avec des conversations animées. Mais la fin est encore loin, alors il faut en garder sous le pied.


Lundi 4 avril : Pimbo

S : Hier, une très bonne soirée avec les nombreux marcheurs. C'était bien. Et aujourd’hui, on a marché 27 km. La fin a été dure, mais ça a été, on est arrivé à Pimbo.


Cédric : Les journées de marche prennent un nouveau tournant avec tous ces pèlerins qui arrivent en masse. C’est telle une locomotive qui commence doucement son trajet que nous partons aux aurores, huit pèlerins se suivent, se distancent, se croisent et se re croisent dans ce décor vert où les arbres et les longues routes nous entourent.

S marche pour la première fois avec un autre pèlerin et s’en ravit. Quelques randonneurs s’arrêteront plus tôt. Nos pas nous guident jusqu’au village perché de Pimbo. Incroyable hameau de maisons qui nous offre une vue imprenable sur les Pyrénées.


Mardi 5 avril : Pomps

S : Le soleil m’a trop tapé sur la tête, donc j’ai la flemme d’écrire. J'écrirai plus demain.


Cédric : Notre matinée de marche sera émerveillée par les points de vue incroyables sur la chaîne de montagnes des Pyrénées. Forcément, nous nous mettons à penser à Saint-Jean-Pied-de-Port. L’objectif qui paraissait si lointain prend des allures de vérité. Le soleil nous accompagne dans cette étape et sera si fort qu’il nous grillera les neurones. Non sans mal, nous arriverons séparés à l’étape du jour qui s’appelle Pomps. Le vent souffle et le besoin de souffler se fait aussi ressentir.


Mercredi 6 avril : Maslacq

S : Hier, on a fait à manger. C’était bon. Aujourd’hui, on a marché 21 km. C’était facile et là nous sommes arrivés à Maslacq.

Aujourd’hui, j’ai plus apprécié la marche parce qu’on était que tous les deux et on a pris notre temps. Aujourd’hui, je me suis senti fatigué, mais ça a été. Et hier et un peu aujourd’hui, on a vu les Pyrénées mais on les a beaucoup plus vues hier.


Cédric : Alors si ce besoin d’oxygène se fait fait sentir, respirons. Mais pourquoi étions nous asphyxiés ? La caravane des pèlerins avec laquelle nous marchions depuis deux jours a amené de la gaité, de la nouveauté mais aussi de la turbulence. Cela a bousculé notre quiétude et le rythme de notre marche.

Alors nous avons voulu « corriger le tir » et repartir de notre côté, à notre allure, à notre tempo. Le silence, troisième compagnon de marche qui avait disparu revient. Nous nous rendons compte qu’il nous manquait et ce temps intériorisé nous apaise. Les pauses réapparaissent, nous regardons l'horizon sans un mot, c’est beau.


Jeudi 7 avril :

S : Hier, j’ai fait à manger. C’était bon.

Aujourd’hui, on a marché 26 km. C’était dur, mais Cédric m’a motivé, donc j’ai réussi. Dans la journée, j’ai déposé mon caillou au pied d’un zouave, mais c’était pas un caillou comme les autres, il signifie toute ma colère, tout est là. Ce caillou, je l’ai depuis le début de la marche et voilà ça m’a fait du bien . Comme ça, je repars sur de nouvelles bases. Aujourd’hui, je me suis senti soulagé et bien.


Cédric : L’horizon offre un paysage montagneux majestueux qui rappelle que la grandeur de l’homme peut se mesurer par la conscience de sa petitesse. Les Pyrénées sont imposantes, monstres de vie et éclatantes de beauté par le blanc de ses cimes.

Est-ce sa couleur blanche écarlate qui aura éclairé notre conscience et nous fera passer une étape ? Un cran est passé, nous avançons, peut-être reculerons-nous ? Qu’importe, nous avons franchi un seuil. Carpe diem.


Vendredi 8 avril : Aroue

S : Hier, très bonne soirée avec les gens du gîte. Juste c’était pas très bon le repas, mais ça a été. Aujourd’hui, on a marché 20 km. C’était facile, mais à la fin c’était dur, car j’étais fatigué. Aujourd’hui, je me suis senti bien et fatigué, mais ça a été. On est arrivé à Aroue.


Cédric : Vivre au jour le jour, c’était le défi de la journée pour un S impatient de retrouver sa famille d’ici dimanche. L'excitation le gagne, il a hâte de raconter son succès, son trophée, son parcours de marche. Dans ces conditions, c’était un bon exercice d’essayer de s’ancrer dans le présent les paysages et ne pas être focalisés sur leur arrivée.

Qu’elle fut longue d’ailleurs cette arrivée tant convoitée. Elle a été longue à venir car il y a eu de nombreuses pauses à rallonge. Alors les derniers kilomètres s’effectuent chacun de son côté, à son propre rythme. Le gîte, perché sur la colline, surplombant la vallée et ses alentours s’entrevoit.

Enfin, nous arrivons. Une étape de plus de faite, qu'elle est loin l’étape du Puy-en-Velay. Nous déposons nos sacs pour un repos mérité.


Samedi 9 avril :


S : Hier, on a fait à manger. C’était très bon. Aujourd’hui, on a marché 25 km. Ce matin c’était très dur, mais l'après-midi très facile. Ce midi, on s’est fait à manger avec un réchaud et on a pu céder du lien on a eu de la chance car on était à l’abri et il commençait à pleuvoir et dans l’effort je trouve mon réconfort.

Aujourd’hui, je me suis senti bien et soulagé.


Cédric : Perchés sur notre colline, les sacs allégés, nous avançons pas après pas au travers une brume matinale, les nuages sont chargés et inquiétants, leur noirceur effrayante. Tout comme eux, nous avons été dans l’entre deux, prêts à basculer du « mauvais côté ». Mais nous avons tenu bon en déjouant le diablotin colérique. Il a été habilement battu par la patience et l’encouragement. Le regard jusqu’alors posé sur la froideur du bitume, s’est dirigé vers des montagnes. Alors la marche reprend bon train, tout autant que la conversation. L’épuisement physique atteint l’épuisement moral. Nous sortons de notre sac secret l’un des accessoires indispensables du campeur, le réchaud. Sa fonction de cuisson sera, bien entendu, effectuée. Mais plus que cela, il réchauffera nos cœurs et nous amènera un peu plus profondément dans le lien indéfectible qui nous unit créé par la marche.

La matinée si compliquée physiquement fait déjà partie du passé. Nous repartons sur des bases saines.

Arrive alors une montée si vertigineuse qu’elle en donne le tournis. Comment allons-nous faire ? Impossible ? Ah oui, pas après pas.

L’ascension débute, il faut esquiver les pierres sinueuses. S esquive. Il monte, monte, Non, Il batifole. Les bâtons résonnent sur les pierres lorsque ses pieds volent. La montée si appréhendée devient un terrain de jeu. Il lit le terrain, esquisse, marche, monte, esquive… Et, oh ! la vue est imprenable, se passe de commentaire. Nous voilà à la Chapelle de Seyants. D’un tour à 360° nous sommes entourés de montagnes, le paysage est à couper le souffle. L’apaisement nous enveloppe, nous ne pensons plus, nous vivons, le partage est sans mot, seul le moment compte.

Nous arrivons au gîte, ce tableau montagneux féérique en tête, heureux d’avoir terminé cette étape.


Dimanche 10 avril :

S : Hier soir, ambiance très bizarre mais dans l’ensemble ça a été. Aujourd’hui, j’ai bouffé des pâtes comme j’ai “bouffé” l’étape. En plus de ça avec Cédric on s’est soutenu. Aujourd’hui, on est arrivé à Saint-Jean-Pied-de-Port. Donc c’est bien et ma famille vient me rejoindre pendant deux jours. Donc, je suis content. Aujourd’hui, je me suis senti bien et joyeux. Maintenant, le plus dur est derrière nous.


Cédric : Et aujourd’hui est un jour ô combien spécial. C’est une étape à franchir, aussi bien mentalement que physiquement car le dénivelé des 26 km peut paraître impressionnant. Poussé par l’excitation et l’appréhension de voir sa famille, S avalera les kilomètres aussi férocement que l’appétit qui le dévore le soir.

Le soleil, véritable frein pour S, n’aura pas eu d’impact aujourd’hui. Il marchera admirablement tout au long du parcours et les pauses seront à compter sur les doigts d’une main.

Nous avons ici l’exemple même que le mental peut nous faire repousser nos limites, même celles insoupçonnées.

Insoupçonné sera l’un des qualificatifs retenus pour cette marche pour le côté inattendu des belles rencontres, pour la bienveillance des hébergeurs envers S, pour l’accomplissement qu’il effectue au travers de cette marche.

Demain sera jour de repos avant d’entamer la dernière ligne droite, le chemin de Arles.


Lundi 11 avril

S : Hier, ma famille est arrivée. J’étais grave content. Après on a été manger au restaurant tous ensemble. C’était grave bien.

Aujourd’hui, j'ai visité la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port avec ma mère et mon frère. C’était bien. On a bien rigolé et après on est rentré au gîte. Ce soir, on va faire à manger.

Aujourd’hui, je me suis senti super bien et j’ai passé une super journée.


Cédric : Journée de repos sur Saint-Jean-Pied-de-Port. Une étape symbolique est passée avec l’arrivée sur la fin du parcours français de Saint Jacques de Compostelle. Les pèlerins commencent déjà à arriver en masse pour poursuivre le mythique chemin sur le tronçon espagnol.

Les retrouvailles ont été tout aussi mythiques et fortes pour S. Elles ont commencé par un restaurant avec le fameux “menu pèlerin” et poursuivies par la découverte du village et de sa citadelle.

Saint-Jean-Pied-de-Port est un village central pour le départ sur le célèbre camino frances envié par des marcheurs venus du monde entier. Nous en ferons malgré nous l'expérience avec une cacophonie de ronflements, de sifflements, comme guise de berceuse. Au réveil, les conversations anglaises, espagnoles, coréennes vont de bon train.

Pour notre part, le départ se fera dans l'autre sens pour remonter vers Arles. Les randonneurs nous regardent, quelque peu surpris. Et nous, quelque peu amusés !

Demain, S partagera son quotidien depuis six semaines avec ses proches. Il est impatient.


Mardi 12 avril : pas de blog!


Mercredi 13 avril : Mauléon

S : Hier, c'était une très bonne soirée avec ma famille et le menu était bon. Ce matin, j’ai dit au revoir à ma famille car ils partent. Aujourd’hui, on a marché 22 km. C’était très long et dur, on a monté un col. Bref, c'était dur et là on est arrivé à Mauléon.

Aujourd’hui, je me suis senti bien, un peu déçu que ma famille parte.


Cédric : Départ de Saint Juste Ibarre, direction Mauléon pour une étape de 14 km. Nous grimpons un petit col et observons derrière nous un petit point, ce qui était un corps de ferme une grosse heure auparavant, vertigineux. Nous avons une chance inestimable, celle d’être hors du temps. Nous longeons des flancs de montagne, montons des cols, respirons l’air frais. Puis nous sommes spectateurs de la vie rurale qui s’ouvre à nous. Les troupeaux de moutons avec leur berger nous amusent et nous nous arrêtons pour les observer. Les béliers viennent nous sentir, repartent suivre le troupeau. Ils seront aussi doux que des agneaux que peut parfois l'être S. Le paysage de la pause du midi est magnifique par sa beauté et sa forme, mais aussi par son contraste.

A nos pieds et en premier plan, de belles plaines vallonnées d’une couleur verte. Les plaines n’ont pas de formes définies, claires, tout comme dans la vie où rien n’est acté. Les arbres plantés ici et là ajoutent une dimension au paysage. D’une profondeur de plaine peut s’y buter quelques bosquets. Ça donne une touche singulière, comme ce que définit chaque marche : sa singularité.

Puis si le regard se pose au loin, les Pyrénées se distinguent. Elles sont majestueuses, hautes. On en ressent une force pure, brute, face à tant de prestance. Les nuages qui s'entremêlent dans les montagnes accentuent cette force. La noirceur du tableau sera aussi perçue physiquement par de nouvelles tensions, les mots sifflent, fusent, volent. Ils sont aussi rapides que les rapaces aperçus au-dessus de notre tête. Il représente à la fois la beauté, à la fois l’inquiétude, la colère. Le parallèle avec cette marche vient naturellement.

Nous terminons cette étape à Mauléon, heureux de laisser derrière nous cette journée mouvementée.


Jeudi 14 avril : Hospital Saint Blaise

S : Hier, on a mangé une mauvaise pizza.

Aujourd’hui, on a marché 16 km. C’était pas très dur, mais beaucoup de montées, en plus je suis tombé deux fois dans la boue. J’ai le tout plein de boue, mais bon, c’était drôle.

Aujourd’hui, je me suis senti bien, mais un peu fatigué.

Aujourd’hui, on est arrivé à Hospital Saint Blaise, de faire le chemin à l’envers, c’était bien parce que les gens nous disent comment seront les étapes de demain et nous les étapes qu’ils devront faire le lendemain.


Cédric : Certes je suis adepte de nouveautés, mais je me serais bien passé de celle d’un oiseau qui a son réveil capricieux. Une montée plus tard, ce sera le chant des mésanges qui englobera l’atmosphère devenue plus légère. Bien plus agréable et apaisant. Nous avons un “retour de bâton” qui casse le moral et les jambes. La famille est partie, la pression qui a été relâchée a laissé penser que la marche était terminée. Retrouver un rythme est laborieux, pénible. Mais il faut s’accrocher. Observons ces beaux points de vue ! Regardons toutes ces montagnes majestueuses qui nous entourent. Mesurons toute la chance que l’on a. Non ? Bon… Bah, marchons et vive la fin si c’est ce qu'il anime le quotidien..


Vendredi 15 avril : Oloron Ste Marie

S : Hier soir, on a mangé un plat pas très bon. Aujourd’hui, on a marché 21 km. C’était plutôt facile. C’était la première fois que je faisais le plus gros du chemin tout seul avec Cédric, donc journée cool parce que j’ai plus beaucoup réfléchi.

Aujourd’hui, je me suis senti bien. On est arrivé à Oloron donc demain on commence le chemin de Arles


Cédric : Une journée de marche dans la quiétude et la bonne humeur qui font du bien. La redondance du chemin n’aura pas raison de l’envie du jour de S de marcher. Nous passerons par beaucoup de sentiers et de forêts qui apaiseront les esprits et qui seront ressourçants. Les kilomètres défilent autant que les jours passent. Forcément viendra comme sujet de conversation le retour et ses attentes. S est pressé de retrouver les siens, ça se comprend. Beaucoup d’émotions nous traversent durant ce périple. L’empressement de vouloir les partager est perceptible. Il le sera tout autant que le bruit des oiseaux qui nous suivra dans les forêts.


Samedi 16 avril : La Commande

S : Aujourd'hui on a fait que monter et descendre, c'était long. Les gens du gîte de hier nous avaient dit que on allait monter 7 collines, c’c'était long mais ça était. On est arrivé à La Commande. Je me suis senti bien.

Cédric : Les fôrets qui apporteront tant de silence et d’apaisement n’auront duré qu’un temps. Sans raison apparente, ça basculera à nouveau vers des tensions dont on se passerait bien. Mais, en aucun cas, ça ne l’empêchera de continuer à marcher ce qui est positif. Il gravira sans difficulté l’étape baptisée “les 7 collines” par les 7 importants dénivelés à passer. Le beau temps continue à nous soutenir quotidiennement et nous facilite grandement les étapes. Continuera-t-il à nous porter chance jusqu’à l’arrivée ?

Aujourd’hui est un grand jour. Nous passons le cap symbolique de la dernière semaine de marche et S en est ravi. Dernière ligne droite maintenant. Courage !


Dimanche 17 avril : Lescar

S : Hier, j’ai mangé des pâtes avec du poulet. C’était bon. Aujourd’hui, on a marché 18 km, très facile. On est parti à 8h, on est arrivé à 13h30. Bref, comme ça on a pu se préparer pour l’étape de demain qui est plus longue, mais bon, bref.

Aujourd’hui, je me suis senti bien, on est arrivé à Lescar.


Cédric : Petite journée de marche où l’accumulation des pas n’ont pas entaché le moral, le soleil y est aussi pour quelque chose. Il nous permettra de passer une après-midi dans le repos avant l’étape de chemin : un mini marathon de 35 km nous attend. L’excitation et l’impatience nous gagnent. Nous espérons que le défi de ces deux mois de marche n’est pas trop élevé. Alors nous mettons toutes nos chances de notre côté en récupérant du mieux qu’on peut : douche froide et baume du tigre en prévention du grand jour.

Espérons que le soleil ne sera pas trop chaud, la pluie pas trop forte et que le vent nous poussera.


Lundi 18 avril : Anoye


S : Hier, on a bien mangé. C’était bon. Aujourd’hui on a marché 37 km, nouveau record, mais très dur surtout à la fin j’avais mal partout.

Aujourd’hui, on a vu une vache morte par terre. C’était dégueulasse, c’était trop bizarre les gens ils l’ont laissée comme ça dehors. Bref.

Aujourd’hui, je me suis senti bien, mais à la fin très très fatigué et mal partout.

Aujourd’hui, on est arrivé à Anoye et demain plus petite étape car je suis fatigué.


Cédric : C’est le grand jour. Étape de plusieurs dizaines de kilomètres à franchir. L’avons-nous réussie ? Pour nous, l’étape ne présentait pas assez de difficultés, alors nous nous rajoutons quelques marches à gravir avant d’atteindre la fin de l’escalier de 35 marches. Ce détour de quelques marches, nécessaire pour notre bien être, nous amènera à enquiller autant de bitume dans les pieds que dans le corps.

Puis, l’étape débute enfin. Les premiers kilomètres défilent, le silence est d’or, tel un exercice de concentration pour visualiser l’étape à venir et toute la difficulté qu’elle présente. La dizaine de milliers de pas franchis, un brin de route trop monotone viennent titiller le moral et ouvrent les portes de la colère. Et comme toute chose est impermanente, une fois n’est pas coutume, cette rage se dissipa et le compteur défila. La matinée de marche se terminera à Morlaàs.

Nous remettrons nos sacs à dos en début d’après-midi pour arriver en début de soirée. Les pauses seront aussi nombreuses que les doigts de nos mains. La transformation en bouddha n’aura pas été loin d’atteindre son apothéose tant la patience a été mise à contribution. Mais qu’importe, la journée se sera déroulée sans véritable heurt et l’étape terminée, avec un S bien rincé.


Mardi 19 avril : Maubourguet

S : Hier, on a bien mangé. Aujourd’hui, on a marché 24 km. C’était dur à la fin parce qu’avec les 37 km d'hier, c'était dur.

Aujourd’hui, on a eu que de la pluie. C’était mon premier jour de pluie pendant les deux mois. Donc, en soi, ça va.

Aujourd’hui, on est arrivé à Maubourguet.

Aujourd’hui je me suis senti mouillé, bizarre non, mais en vrai je me suis senti bien, mais la pluie ça me saoule.


Cédric : Rincés, nous le serons aussi bien au sens propre qu’au sens figuré. La pluie aura été notre fidèle accompagnant durant ces 10h de marche. Aura-t-elle aussi bien rafraîchi nos idées que nos chaussures ? Nous aura-t-elle nettoyé nos vêtements comme nos pensées pour les rendre limpides et claires?

Toujours est-il que nous serons trempés de la tête aux pieds et que cinq pauses repas n’auront pas été de trop pour ragaillardir nos corps endoloris par le froid.

Ces journées de marche difficiles forgent le mental et S peut être fier de l’accomplissement de sa journée.

Nous arriverons au gîte, heureux et contents d’avoir franchi cette étape.


Mercredi 20 avril :


S : Hier, très très bon gîte, on a grave bien mangé, c’était une chef cuisto, donc je vous laisse imaginer. Très bonne ambiance. Bref, grave bien.

Aujourd’hui, on a marché 18 km. C’était dur, mais ça a été. On a pris notre temps, donc ça a été.

Aujourd’hui, on a eu un peu de pluie le matin, mais l'après-midi ça a été, juste on a eu peur qu’il pleuve car les nuages étaient bien gris.

Aujourd’hui, je me suis senti bien et cool car dans deux jours la marche se termine


Cédric : La fin approche, les kilomètres ont défilé, encore une étape de terminée. Nous avons inauguré une journée de marche sous la pluie, pensant que ça serait fini.

Les trombes d’eau continueront à nous poursuivre, comme pour nous montrer que la fin n’arrive pas encore.

Alors,nous mettrons à profit toute l’expérience acquise jusque-là pour continuer à marcher, malgré la pluie et la boue qui s'insinuent sur nos chaussures, dans nos vêtements.

Pour continuer à braver ce temps qui demande qu’à arrêter la marche, nous ferons plusieurs pauses pour manger à notre faim et espérer entrevoir la fin de cette étape.

Elle arrivera au pied d’une tour, lieu de repos du soir.


Jeudi 21 avril :


S : Hier on a été manger dans une pizzeria. C’était bien, après nous sommes rentrés au gîte. Il y a d’autres gens et ils ne marchent pas, mais très gentils.

Aujourd’hui, je suis arrivé à Auch, on a fait un petit morceau jusqu’à Montesquiou et après on a pris le taxi jusqu’à Auch et demain on prendra le train pour aller à Rennes, donc je suis grave content car la marche s’est fini, fin de marcher, et dans quatre jours je rentre chez moi. Aujourd’hui, je me suis senti bien mais c’est chiant la pluie, j’avais les pieds mouillés.

Cédric : Partis à l’aube, nous arpentons l’une des dernières étapes l’esprit léger. Nous traversons quelques forêts, quelques sentiers à travers champs, ayant le privilège d'apercevoir pour l’une des dernières fois, la nature s’ouvrir à nous, chevreuils, biches, lapins, oiseaux en tout genre viendront à notre rencontre. Nous aurons encore la chance de passer par de magnifiques villages constitués de bâtisses en pierre, bien différentes de celles rencontrées en début de chemin.

Ce sentier sera arrêté en cours de route de manière inattendue pour diverses raisons.

Inattendu, comme le comportement de S durant la marche, mais il faut accepter les choses telles qu’elles sont.

D’un retour en taxi sur Auch, nous pouvons hocher la tête fièrement pour tout le chemin parcouru jusqu’ici;

Place au retour avec tout ce bagage émotionnel et tous ces souvenirs en tête qui resteront peut-être gravés en mémoire.

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