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Marche de Floxxx

  • 10 juil.
  • 20 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Marche de Floxxx accompagné par Franck

 

Jeudi 8 juillet

 

F : Je viens d’arriver à l'appartement. Je me sens perdu et je fais une dépression car après avoir passé une semaine parfaite avec ma copine, elle a décidé de m’annoncer à 23h qu’elle me quittait. Je n’ai pas dormi de la nuit et je pense que c’était la fois de trop et que cela a soulevé des problèmes et le manque d’attentions de mon enfance et plein de soucis. Cette nuit j’ai honte, mais j’ai eu des pensées noires. J’étais à bout.

Aujourd’hui, je me suis promené dans la ville avec Franck et on a pu discuter de tout ce que j’avais sur le cœur. Il est très à l’écoute. J’ai passé une très bonne soirée en sa compagnie.

Bref, de beaux souvenirs

 

Franck : Première journée avec F. Je suis arrivé à 11h gare de Lyon et accueilli par Jean-Michel

F est arrivé à 12h avec son éducatrice. Il paraissait un peu fermé mais s’est très vite découvert après le déjeuner

Le voyage en train de Lyon au Puy en Velay a été agréable malgré les longues attentes dans le train, attentes dues à des pannes. F a fait preuve de patience, en a profité pour se reposer, poser plein de questions et de nous faire partager ses doutes, ses envies

Nous sommes arrivés dans l’appartement Seuil du Puy en Velay à 18h et après un rafraîchissement, la visite de l’appartement, nous partons à la découverte du Puy en Velay, après ce sera douche et dodo

 

Jeudi 9 juillet

 

F : Aujourd’hui, je me suis levé à 8h. J’ai pris le petit déjeuner avec Franck. On a fait un porridge et on a pris un café. Après le déjeuner, j’ai pas mal discuté avec Franck et je trouve qu’il est très respectueux de mes pensées et de ce que j’ai fait, mes choix, mes questions. Ensuite, Jean-Michel est venu, on a fait les sacs. Nous sommes ensuite allés à décathlon pour acheter les affaires manquantes

Après nous sommes allés au restaurant. J’ai très bien mangé et nous avons pu découvrir les monuments historiques. Après ça on est allés faire les courses, puis j’ai cuisiné en autonomie des pâtes à la carbo. On s’est régalés

Bref, j’ai encore passé une excellente journée en cohésion avec Franck

 

Franck : Encore une journée agréable

Hier soir, nous avons joué aux cartes. F a appris la manille et a très vite compris les règles et la façon dont il faut jouer. Nous avons joué à Ski Jo, puis lu. Nous sommes sortis vers le mapping sur la cathédrale. F aime découvrir, est volontaire sur toutes les activités.

Nous sommes allés dormir, le sommeil de F me semble plutôt profond excepté qu’il a parlé pendant son sommeil. (Une histoire de câble pas bien rangé :) Cela n’a duré que quelques minutes

Aujourd’hui, nous avons fait la préparation des affaires, préparation du sac, revu la partie administrative avec les obligations de chacun

Nous sommes allés chercher nos credentials du pèlerin chez “Les Amis de Saint Jacques”. Nous en avons profité pour faire la visite du petit musée où nous avons vu une vidéo dans laquelle joue une star mondiale “Jean-Michel Tony”. Nous avons visité notre Dame de France et le petit Mont Saint Michel. F s’est montré intéressé par toutes les visites

F nous a cuisiné des pâtes carbonara avant de préparer la journée de demain et d’aller voir le match de foot.


Vendredi 10 juillet : Puy en Velay - Polignac (aller-retour)

 

F Aujourd’hui, nous sommes allés à Polignac et nous sommes rentrés à pied vers 15h15. Nous sommes allés faire les courses et j’ai cuisiné des tagliatelles de courgettes. Bref c’était bon. Ce soir on va peut-être regarder le match

 

Franck : Aujourd’hui, entraînement à la marche avec sac à dos. Nous avons fait un aller-retour Puy-en-Velay - Polignac en à peu près 4h, pause déjeuner incluse. F a très bien marche. Quel souffle il a pour marcher et parler en même temps

La balade était agréable, le retour encore plus. Après avoir fait les courses, F nous a préparé des tagliatelles de courgettes à la tomate et du riz. C’était digne d’un bon restaurant !!

 

Samedi 11 juillet : Bains

 

F : Aujourd’hui je me suis levé à 5h45 et on a fait 15 km, je crois.

On a discuté avec des gens, c’était agréable. Cela a permis de passer

Nous avons rejoint le gîte, nous sommes 6 dans l’appartement et ce soir je cuisine

 

Franck : Après la remise en état de l’appartement et la préparation des sacs, nous avons regardé le match Espagne-Belgique derrière un diabolo

Nous nous sommes réveillés à 5h45 pour être à l’heure pour l’accueil des pèlerins et le grand départ à 8h. Nous avons fait la rencontre de Agathe, une maman de deux enfants qui profitait d’être seule pour aller sur le chemin pendant 4 jours. Elle s’est beaucoup intéressée à notre aventure. Evidemment le film “Compostelle” semble avoir eu un impact positif dans le regard des gens. F a eu des encouragements

Nous avons quitté notre campagne de chemin à l’intersection Bains/ Montbonnet. C’était une belle rencontre. La Maison Jaune de Bains est un lieu très accueillant. Je pense que nous allons faire un jeu de société et manger des pâtes au chorizo, toujours cuisinées par F

 

Dimanche 12 juillet : Monistrol

 

F : Ce matin nous avons quitté le gîte à 8h30. Nous avons retrouvé nos amis du gîte   Nicolas et Cécile qui étaient partis plus tôt et nous avons acheté une baguette de pain

Nous avons bu un verre avec nos amis. Nous avons marché jusqu’à Monistrol où nous avons pu manger et discuter, puis lorsque le gîte a été ouvert, nous avons pu le découvrir. Nous sommes allés boire un verre avec plein de gens, donc on a vu des personnes qui liaient connaissance déjà mais aussi de nouvelles rencontres.

Bref, super 3ème journée de marche

 

Franck : Hier soir, F a cuisiné des pâtes au chorizo pour toute la Maison Jaune à Bains. Nous étions six, 2 français et 2 allemandes et nous. Après nous être régalés, nous avons joué aux cartes pendant 2 - 3 heures en parlant. C’était une soirée où nous avons beaucoup partagé dans toutes les langues. Le lendemain matin, ménage pour tout le monde avant de repartir sur le chemin

Aujourd’hui, étape d’environ 19-20 km. Nous appréhendions la distance, mais les paysages nous font oublier la douleur. Les rencontres nous font également oublier la douleur. Nous montons et descendons beaucoup par les chemins escarpés jusqu’à Monistrol chez André (80 ans) chez qui, ce soir, c’est spaghettis bolognaise.

En attendant, nous allons nous baigner dans l’Allier pour reposer les muscles et préparer la journée de demain.


Lundi 13 juillet : Saugues

 

F : Aujourd’hui, on a marché 13 km, c’était plutôt facile. On a fait plein de pauses, sinon la marche aurait été pliée en 3h

Petit message pour Aurélia. Merci de m’avoir écouté pendant cette soirée et pour ta part.

Et merci à Agathe “merci de nous avoir accompagnés”

 

Franck : Encore des journées riches chez André au gîte du pont Eiffel qui est une maison au bout d’un pont conçu par l’architecte du même nom que l’architecte de la Tour Eiffel. Nous avons mangé les fameux spaghettis bolognaise, puis joué aux cartes avec d’autres marcheurs. C’est un nouveau jeu que je ne connaissais pas “Salt Sea and paper”, encore une fois nous avons communiqué en français et en anglais. Nous avons également été impressionnés par un père de famille qui était au même gîte et qui marchait avec ses deux fils de 7 et 8 ans

Nous avons repris le chemin à 6h45 après un petit déjeuner solide. Une montée de 600m de dénivelé nous attend. Ce n’est pas une longue étape mais elle est intense. A mi-chemin, nous prenons un café et regardons les vaches passer pour aller au pré.

Arrivés à Saugues, ce sera récupération et défilé des pompiers. Nous sommes seuls au gîte ce soir, le temps va être plus long. Tous les feux d'artifice sont annulés, été trop sec

 

Mardi 14 juillet

 

F :  Départ 8h30. On a marché 13 km. On a rencontré des belges et des Suisses. Nous nous sommes arrêtés manger un sandwich

On a vu un gamin vendre des cookies.

 

Franck : Départ de Saugues à 8h après une très bonne nuit, nous étions seuls dans le très beau “gîte des voyageurs”. F nous a fait semoule, courgettes et filet de poulet jaune. Nous discutons de beaucoup de sujets divers et variés.

Nous prenons le chemin, beaucoup de monde démarre à la même heure. Nous croisons trois jeunes femmes dont une travaille dans la métallurgie, une discussion s’ensuit sur la soudure. F a fait une formation en métallurgie. Tout semble le passionner. Nous rencontrons aussi des grands-parents qui marchent avec leurs petits enfants de 7-8 ans, des personnes qui viennent de Suisse. C’est incroyable les personnes que nous pouvons rencontrer sur le chemin. Les paysages sont merveilleux, beaucoup de faunes, de flores

Nous nous arrêtons manger un sandwich à la ferme du fromage. Allez-y voir les toilettes, c’est formidable.

Malgré la chaleur, nous avançons….


Mercredi 15 juillet

 

F : Aujourd’hui, nous sommes partis tard à 8h30. Nous avons fait très peu de pauses

Je pense que demain, je rentre chez moi, car j’ai beaucoup de choses à faire

Mais j’ai aimé faire ces rencontres et à tous ceux qui m’ont lu, je vous remercie. Vous m’avez appris, fait rire. Bref c’était cool. Merci à vous.

 

Franck : Hier nous avons dormi dans le même gîte qu'une famille parisienne. Nous avons regardé le match de foot France - Espagne tous ensemble, malheureusement la France a perdu.

Ce matin, F a le spleen, se pose la question s’il veut continuer ou non. C’est déroutant, il marche bien, rencontre des jeunes, discute. Nous avons eu de longs moments de silence.

La randonnée est plus ou moins diverse, des montées, des descentes, de la plaine et des forêts. Il fait chaud, ça tape sur le crâne

On arrive à la chambre chez Nicolas et Sébastien à Saint Alban. Deux jeunes gens qui remettent en état le bâtiment du 30 Grande Rue de Saint Alban. On dîne sur place et nos deux hôtes témoignent de leur aventure. Je crois que ça fait du bien à mon jeune.

Demain est un autre jour.


Jeudi 16 juillet : Saint Alban ---> Aumont Aubrac

 

F : Le chemin était facile. Nous sommes partis à 8h et nous sommes arrivés à 14h.

Le gîte est simple (mdr) Bref, ce soir on va manger pizza avec nos amis les belges. On a bien discuté. Nous logeons tous dans le même gîte.

 

Franck :  Hier soir, nous nous sommes arrêtés chez des personnes formidables, mais ça je l’ai déjà dit, mais tellement formidables qu’ils nous ont donné une carte postale à envoyer depuis Compostelle. C’est la deuxième fois qu’un hôte nous le propose.

Nous prenons le chemin. Les personnes que nous rencontrons nous encouragent. On se sent pousser des ailes malgré la douleur et la fatigue qui se cumulent. Parfois, nous envions les personnes qui utilisent la malle postale pour porter les bagages

Ça monte, ça descend, mais surtout ça monte. Nous nous arrêtons à Saint - Pas à Les Estrets. Notre hôte s’appelle Fred et a été accompagnant. Il me partage un peu son expérience. F n’aura pas été le seul à beaucoup parler, il y a une espèce de vide à combler. Néanmoins, j’ai l’impression que nous arrivons à ralentir, que certains tics verbaux se perdent.

Demain est un autre jour.


Vendredi 17 juillet : Aumont-Aubrac ---> Malbouzon

 

F : Aujourd’hui, nous avons marché 10 km en compagnie des amis belges. C’est dommage nos chemins se sont séparés, donc on se sent seuls.

Nous sommes arrivés au gîte à 14h. On a vu beaucoup de bovins.

M (mon ex je crois…) me manque beaucoup et je pense qu’il est difficile pour moi d’accepter que ce soit fini.

Mais au global, ça va.

PS. M : arrête de fumer, tu coures déjà trop vite et surtout garde confiance en toi.

A :  j’espère que l’on se recroisera sur le chemin.

A. et M. : j’espère que nous nous recroiserons même si je pense que ce texte n’est pas traduit en allemand.

 

Franck : Départ à 8h30 avec la team Belgique et Anthony qui voyage avec un sac à dos à roulettes. Nous les quittons vers 12h à l’intersection Malbouzon-Nasbinals. Une embrassade, une petite larme et nous reprenons notre route. Nous longeons les clôtures et voyons de beaux taureaux. Nous restons 20 mn devant des juments haflinger et leurs poulains. C’était très apaisant.

Arrivés au village, nous prenons nos chambres, c’est l’heure de la douche et du repos. Depuis les six premiers jours, c’est la première fois que j’arrive à faire une sieste, enfin un peu de calme. Nous faisons un peu le point sur notre chemin, nous regardons le blog. F ne savait pas qu’il y avait autant de messages d’encouragements. Merci à tous, ça a été une vraie source d’encouragements. Discussion le soir avec Bernard et Geneviève (72 et 76 ans) on traverse toutes les générations.

Demain, on continue.

 

Samedi 18 juillet : Malbouzon ---> Nasbinals

 

F : Aujourd’hui, on a marché comme tous les jours, donc je n’ai rien à dire à part que j’ai toujours envie de rentrer. Être coupé du monde c’est ch…

Donc en attendant, j’écris 

Et aussi M me manque beaucoup trop…après j’hésite à trop gamberger parce que la gamberge ça rend fou

Sinon, je ressens un réel manque de la salle de muscu et encore plus de sport de combat car je m’étais mis au muay thaï.

Plus je réfléchis plus je me dis que j’aime l’argent, genre vraiment

Bises à tous mes lecteurs.

 

Franck : Après le petit déjeuner, nous embrassons Anne-Marie pour son accueil. Elle nous a offert un diabolo et de la tarte à la myrtille. F me dit ”mais en fait, c’est une bonne personne”, et bien oui il y a pleine de bonnes personnes sur le chemin, nous ne nous lassons pas de regarder les paysages de pierre et d’herbe, les vaches et les taureaux. Nous rencontrons nos deux amies allemandes dont l’une est pasteure. Nous essayons de parler anglais tout au long de la promenade. Nous croisons un groupe de l’association Colmia dont l’un des accompagnateurs, Arnaud, a été accompagnant de Seuil en 2025. Je ne sais pas ce que ce chemin nous apportera, certains semblent ne pas pouvoir le quitter. Quelqu’un nous arrête, une pèlerine qui rentre en voiture, finit son périple, nous dit au revoir et nous conseille d’aller à La Cascade du Déroc avant d’aller à Nasbinals. Arrivés à Nasbinals, nous allons au gîte. Rencontre difficile avec deux moralisateurs dont nous nous éloignons. Demain est un autre jour.  

 

 

Dimanche 19 juillet : Nasbinals - Saint Chély

 

F : n’a pas écrit

 

Franck : Hier soir, en discutant avec un groupe qui était au même gîte que nous, un garçon a provoqué F par rapport à sa puff (je ne savais pas qu'il existait un ordre social concernant les cigarettes électroniques). F n’a pas répondu à la provocation et nous avons passé une bonne soirée.

Ce matin, nous partons de Nasbinals à 8h30 pétantes. C’est assez magique de passer sur le plateau de l’Aubrac en passant par les pâtures où paissent tranquillement les vaches. F me fait un cours sur le jeu War Tank, il s’intéresse vraiment avec précision. J’ai l’impression après toutes ces explications qu’il me suffit d’ouvrir un PC, de charger War Tank et être un spécialiste de ce jeu

A notre habitude nous avons des moments de silence, des discussions avec d’autres pèlerins. Nous arrivons à Saint Chély chez Guillaume et Hélène. Guillaume nous explique les règles du gîte que nous appliquons consciencieusement. F joue de la guitare, les autres marcheurs discutent, on se prépare pour aller voir la finale de la coupe du monde au café de la mairie.

 

Lundi 20 juillet : Saint Chély ---> Saint Côme

 

F : Aujourd’hui pendant la randonnée, nous nous sommes arrêtés caresser des chevaux. Il y avait même des chatons errants. Nous logeons dans une tente sur pilotis. Nous nous sommes baignés dans la rivière environ 1h.

Ce soir, c’est Anthony qui cuisine. On va sûrement se coucher tard car demain on est en pause.

Ce que j’ai aimé aujourd’hui : les chevaux, la rivière, la cuisine

J’ai hâte d’aller en ville demain.

 

Franck : Notre hôte Guillaume nous a donné un plat de taboulé pour le midi. C’était vraiment plaisant et le taboulé tellement bon. Aurélie, une des pensionnaires, nous donne une carte postale à envoyer de Compostelle.

Comme à chaque départ de gîte, les pèlerins nous souhaitent de réussir notre périple.

Je vois bien la fierté dans les yeux de mon jeune, même s’il se pose dix mille questions sur le prochain village où nous passerons la fin de journée et la soirée.

Comment faire confiance au chemin ? Chemin de Saint Jacques, chemin de la vie, le futur quand on traîne des bagages qui sont parfois lourds pour nos épaules.

F me demande régulièrement “quand est-ce qu'on arrive ?”, “qu’est-ce qu’on va faire? “qui on va rencontrer ?”. Je lui réponds tout le temps “je ne sais pas, fais confiance”. A chaque fois, on trouve quelque chose d’intéressant à faire, chaque jour, nous progressons.


Mardi 21 juillet : Espalion

 

F : Aujourd’hui est un jour de repos. Je me suis baigné pendant la nuit à la rivière. Nous avons parcouru 6 km aujourd’hui pour aller à Espalion, c’est tout et demain, on fait du canoé.

On s’est baignés à la piscine municipale. Bref, super journée.

Prochaine étape ---> Estaing

 

Franck : Aujourd’hui c’est une petite étape, 7 km, c’est notre premier jour de repos après 10 jours de marche. Nous prenons notre temps avant de partir de Saint Côme, nous prenons notre petit déjeuner avec d’autres marcheurs, une psychologue, un ferronnier d’art, un qui a décidé de laisser la vie matérielle entre parenthèse et j’avoue être passionné par l’histoire de celui qui a passé trois mois en forêt dans les alpes pour faire un reportage sur les loups pour France 5. F semble écouter d’une oreille distraite, mais il écoute. On reparlera de ce moment sur le chemin.

Après avoir posé nos affaires au gîte d’Espalion, nous allons à la piscine municipale. F veut négocier pour y aller en short de bain, prendre sa “puff” pour aller au bassin extérieur. J’en arrive à douter de qui a les bons codes, finalement il met un maillot de bain, laisse la cigarette électronique dans le casier. Dans le bassin, nous faisons une expérience de propagation du son avec l’alarme de sa montre dans l’air et dans l’eau. C’est lui qui me montre que le son se propage mieux dans l’eau que dans l’air. Je suis un peu dérouté.


Mercredi 22 juillet Espalion ---> Estaing

 

F : Aujourd'hui, on a fait du canoé et on s’est promené pendant la nuit. C’était drôle car on s’est perdus et maintenant il est super tard

 

Franck : Hier soir, nous avons fait une expédition nocturne jusqu’au château d’Espalion. Nous nous sommes bien amusés avec deux autres personnes du gîte. Nous nous sommes aussi fait quelques frayeurs, F est très apprécié des autres marcheurs.

Ce mercredi, nous allons à Estaing en canoé, mais il faut attendre 14h avant de prendre le bateau. Attendre est difficile, nous faisons des concours de ricochets, parlons de la pluie et du beau temps. Nous allons chercher de quoi faire le pique-nique, écoutons un peu de musique.

La descente en canoé est très sportive, il faut descendre du bateau et le porter pour passer les rapides. Je tombe, le canoé se retourne, F  joue les lifeguards. Nous arrivons à Estaing exténués. Nous allons au gîte communal, chambre de six, mixte, c’est la première fois que nous dormons dans ce type de dortoir, si nombreux. Nous étions tellement fatigués que nous nous sommes endormis très vite.

 

Jeudi 23 juillet : Estaing ---> Le Soulié

 

F : Aujourd’hui, on a fait 20 km de Estaing - Le Soulié.

Le café était dégueulasse 😡

 

Franck : F était un peu malade cette nuit, mais nous partons quand même, il est courageux.

Ce matin, il fait un peu froid, mais ça ne dure pas, la température monte vite. Il fait chaud mais nous avons beaucoup d’ombre

Nous arrivons à Golinhac, F est désespéré de voir les autres marcheurs s’y arrêter. Il nous reste 6-7 km pour arriver à notre gîte Le Soulié. C’est la première étape de 22 km, c’est long, le sac est lourd. Il ne faut pas avoir le sens de l’effort, mais gérer l’effort, faire des pauses toutes les heures, c’est compliqué pour mon jeune, il est encore trop fougueux.

La fin de l’étape est difficile. Le gîte ne plaît pas à F, trop roots, mais c’est pratiquement le seul donativo, en France, il est conseillé par d’autres gîtes, c’est une curiosité locale. Le repas commence, nous échangeons avec les autres marcheurs. F semble se détendre, nous sommes en compagnie d’une famille avec trois jeunes enfants, une espagnole, un belge, une dame charmante déjà rencontrée. 


Vendredi 24 juillet : Le Soulié - Conques (15 km)

 

F : Aujourd’hui, on est partis du Soulié. Nous avons marché en compagnie de pèlerins tout le long du sentier. Nous sommes allés au gîte La Bonne Etoile. Nous avons trouvé le gîte très confortable. La journée était tranquille, mais j’avais quand même fait une insolation.

 

Franck : Le soulier à Le Soulié est traditionnel. Après un petit déjeuner copieux, nous prenons nos sacs et avant de reprendre le chemin, un des hospitaliers nous remet sur le chemin et nous fait l’accolade du pèlerin. Il raconte une blague qui fait rire F. Dans le village, nous voyons des souliers accrochés un peu partout avec des fleurs parfois dedans.

F appréhende de reprendre le chemin, pense que nous allons nous ennuyer. Effectivement, nous passons beaucoup de temps uniquement à deux sur le chemin. F me fait un cours sur le tir à la carabine. L'avantage d'être deux est de pouvoir avoir de vrais moments de silence. F a de l’humour, il me dit “même quand je marche à ton allure, je te dépasse”.

Nous arrivons à Conques et la ville est merveilleuse, nous n’en profiterons pas beaucoup, F est fatigué.  il dort une bonne partie de la journée.

Le gîte La Bonne Etoile est confortable, la nuit s’annonce reposante. Avant de dormir, nous mangeons avec un randonneur, et les randonneuses que nous avions rencontrées sur d’autres étapes.  F passe une bonne soirée. 

 

Samedi 25 juillet :  Conques ---> Livinhac le Haut (24 km)

 

F : Aujourd’hui, la marche a été très dure. On était fatigués mais je n’ai pas trop galéré avec Myriam et Nini. On souhaitait créer un podcast dans lequel on ferait des interviews de pèlerins pour partager nos ressentis

Le gîte est sympa. On est dans un dortoir avec Mimi, Nini et d’autres pèlerins

 

Franck : L'étape est importante, nous allons voyager avec trois autres randonneurs, ça donnera de l’énergie et de l’entrain pour F. Les grosses étapes sont plus difficiles à gérer. La montée pour sortir de Conques est raide, un des voyageurs a un sac sur roulettes. F l’aide à transporter son sac dans les cailloux. En haut de la montée, un chien vient à notre rencontre, F s’approche du chien et comme un numéro est noté sur le collier, nous appelons le propriétaire et lui donnons rendez-vous au bout d’un chemin. Il est content de l’avoir récupéré. Nous continuons la randonnée tous les cinq, et croisons une randonneuse qui vomit sur le bas-côté. Nous lui apportons assistance et appelons les pompiers. La randonneuse qui est emmenée à l’hôpital aura une perfusion. Aux dernières nouvelles, elle allait très bien.

Nous arrivons à Livinhac Le Haut rincés, mais avec quelques souvenirs. F fait des efforts pour parler moins fort, filtrer ses pensées c’est encore difficile mais il découvre d’autres façons d’exister. 

 

Dimanche 26 juillet :  Livinhac le Haut - Figeac (25 km)

 

F : Aujourd'hui, on a marché pour la dernière fois avec Nini et Mimi. Il ne faisait ni chaud ni froid, température idéale pour marcher. Nous avons marché pour 25 km, c’était long, mais on avait de quoi manger et avons rigolé. L’ambiance était lunaire. Nous avons bu chez Cécile, car le bar était fermé. Bref, elle ne nous connaît pas et elle a deviné que je faisais partie de Seuil. Nous avons pris un raccourci. On a gagné 4 km (1h30)

Nous sommes arrivés Au Maquis (nom du gîte) où nous nous sommes installés, puis nous sommes partis au restaurant. J’ai pris un burger classique. Il était bon, après deux semaines de rando, à “bouffer” des barres de céréales.

Phrase de la semaine :  bof pas ouf !

 

Franck : Notre hôte du gîte est nordiste. Ça me fait plaisir, nous échangeons quelques anecdotes sur Lille et ses alentours. F découvre une autre région, ça le fait rire qu’on parle patois, ça lui rappelle “Bienvenue chez les ch’tis”.

Après le repas, F joue de la guitare, et un autre randonneur se joint à lui avec sa mini guitare qu’il transporte sur le chemin. Nous sommes contents d’être au gîte car un gros orage a éclaté cette nuit, cela a permis de rafraîchir l’atmosphère.

Nous partons vers 8h30, nous avons de nouveau 25 km à faire, ça va être long, ça va, à nouveau, monter et descendre.

Nous marchons avec trois personnes qui nous donnent l’idée de créer un blog vocal. Nous allons nous essayer aux enregistrements vocaux dès demain.

Nous nous arrêtons dans un endroit étrange et coloré pour boire un café, une expérience en plus sur le chemin.

Nous arrivons à Figeac. Marion et Virginie tiennent également un carnet de bord, un vrai effet d'entraînement pour F


Lundi 27 juillet : Figeac - Cajarc (31 km)

 

F : Aujourd’hui était un jour pourri. On a fait 30 km, c’était la dernière fois que je voyais Toto, Nini et Mimi, mais la prochaine fois, c’est notre promesse.

Bref, j’ai passé la soirée à l’hôpital car j’ai fait un malaise un peu chelou, mais bon tout va bien. Inchallah !

 

Franck : Après une belle soirée et une bonne nuit au gîte “Le Maquis”, nous préparons nos affaires pour partir, c’est comme un rituel. Une longue marche nous attend. F a, parfois, du mal à quitter les groupes de marcheurs qui rentrent chez eux. Nous sommes seuls sur le chemin, après quelques montées pour sortir de la vallée et après un temps de silence, nous discutons des jours passés.

A un accueil de pèlerins, nous rencontrons deux marcheurs que nous avons rencontrés plus tôt. F retrouve de l’énergie, peut-être un peu trop. Il court sur le chemin, veut faire des pompes. Nous croisons un cochon rose avec des yeux bleus, nous le nommons Belouda. F a beaucoup d’affinité avec les animaux quels qu'ils soient.

Nous quittons les marcheurs et comme lorsque nous nous retrouvons seuls, F me dit qu’il veut arrêter à Cahors. L’étape était longue, la nuit sera difficile. C’est une épreuve difficile tant physique que morale

 

Mardi 28 juillet : Cajarc ---> Limogne en Quercy (18 km)

 

F : Aujourd’hui, je suis rentré à 2h du matin de l’hôpital et je suis parti à 11h du gîte. On a fait 15 km. Je suis très fatigué.

 

Franck : Nous nous réveillons tard, nous sommes fatigués, nous hésitons à prendre une journée de repos. Je me prépare à annuler les réservations, mais F est courageux et nous repartons pour une nouvelle promenade. Tout est sec, c’est très chaud et sur cette portion de chemin, il n’y a pas beaucoup d’eau. C’est très fatigant.

Heureusement, F apprend de ses erreurs, il met sa casquette, de la crème solaire, nous arrivons à faire plus de pauses, et nous marchons plus lentement.

Nous avons de plus longs moments de silence. Je trouve ça agréable, mais ce n’est pas le cas pour F. Quand il n’y a pas d’autre chose à faire que marcher, F gamberge à rentrer chez lui. J’ai l’impression qu’il négocie avec lui-même chaque étape.

Nous sommes rejoints par des pèlerines, ça donne un peu plus d’engouement.

A quand une marche en binôme, avec le sourire de bout en bout ?

 

Mercredi 29 juillet : Limogne en Quercy - Vaylats (16 km)

 

F : Aujourd’hui, on a marché 16 km. J’ai doublé des gens trois fois d'affilée. J’ai failli refaire un malaise. Il faisait 40°c. C’est énorme, peu importe la distance, en fait on a tous chaud

 

Franck : Après une bonne nuit sous la tente, nous reprenons le chemin. La météo annonce de fortes températures, heureusement c’est une étape courte. Nous marchons seuls entre les murets de pierres plates et les petits chênes. Nous ne voyons plus d’animaux. F veut quitter l’aventure à Cahors, nous avons une discussion un peu plus tendue que d’habitude, il prend ses bâtons à pleines mains, les tape sur le sol, avance vite. Il veut en découdre avec le chemin. Il avance vite. Il m’attend pour faire une pause, nous re-discutons de façon plus apaisée.

Nous sommes rejoints par trois marcheurs, ça redonne de l’énergie.

Nous arrivons à Vaylats dans un gîte de yourte et sommes accueillis par un jeune trisomique qui nous propose des rafraîchissements, son papa arrive, nous souhaite la bienvenue. Au fil des questions, il nous raconte qu’il était caméraman sur France 2 et qu’il avait couvert des reportages au Rwanda. C’est incroyable.

Anthony qui marche avec nous prête sa guitare à F. La soirée débute bien….


Jeudi 30 juillet : Vaylats ---> Cahors (22 km)

 

F : n’a pas écrit

 

Franck : La soirée était agréable avec un petit concert de guitare. Le fils de notre hôte nous explique le fonctionnement des yourtes et surtout comment créer un courant d’air pour avoir de la fraîcheur pendant la nuit. Avec les autres randonneurs du gîte, nous racontons nos anecdotes des jours passés sur le chemin. F exprime le souhait de ne pas continuer.

Vendredi nous ne ferons pas l’étape complète et nous prendrons le bus à mi-parcours à l’albergue. Dormir dans une yourte avec le toit ouvert est une expérience, on peut voir les étoiles. Malheureusement F saigne du nez, la nuit est courte.

Le matin nous prenons le petit déjeuner, préparons les sacs et commençons la marche, accompagnés d’Anthony. C’est silencieux, la marche est rythmée par le bruit des cailloux sous nos pas. Nous quittons Anthony après 7 km de marche environ et prenons la direction de l’albergue. Le bus est à 13h, nous devons attendre 3h. L’attente est longue et un peu pesante. F, me demande le téléphone pour écrire à Jean-Michel, notre responsable de marche. Il veut rentrer.

Arrivés à Cahors, nous déposons nos bagages à l’accueil et faisons le tour de la ville. J’essaie de le convaincre que la marche est une belle opportunité, mais cela ne semble pas l’atteindre.

Dernière chance, je contacte Anthony, Clara et Charlotte à l’auberge de jeunesse. Ils nous invitent le soir pour le dîner. Rien n’y fait, F ne veut pas continuer. Je ne comprends pas, son désir de rentrer ne correspond pas au plaisir qu’il prend sur le chemin….

 

Vendredi 31 juillet : Cahors

 

F : n’a pas écrit

 

Franck : C’est notre jour de repos. Nous prenons le temps du petit déjeuner, nous lavons nos affaires et partons pour faire quelques courses pour le midi. En allant à la cathédrale, nous rencontrons Maxime, jeune pèlerin, tailleur de pierre, et maçon à l'ancienne. C’est un personnage, ce Maxime. Il fait le chemin en dormant à la belle étoile sur une peau de mouton qui est attachée au bas de son sac.

Nous passerons la fin de l’après-midi avec lui et d’autres randonneurs dont l’un d’eux offre une carte postale à F. Il a vraiment une certaine intelligence sociale, tout le long du chemin tout le monde me dit qu’il a du potentiel. Nous sommes le binôme idéal pour aller au bout de l’aventure, mais malgré tout F persiste à vouloir rentrer. Le retour doit s’organiser et nous passerons le week-end à Cahors. Ça va nous sembler long, mes jambes me réclament déjà de marcher, nous avons le week-end pour peser le pour et le contre de continuer ou d’arrêter.








  L'Etat finance cette marche à hauteur de 80 %

Le reste est financé par vos dons



(Ces dons ne constituent pas de l'argent de poche supplémentaire pour le binôme mais nous permettent de financer leur marche)


 



                              __________________________________________________

 

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20 commentaires


Julie T
il y a 3 jours

Quel plaisir de partager avec toi Florian cette aventure!


J’espère que tu auras retrouvé ta force intérieure pour poursuivre ce chemin.


La lecture de ce blog me rappelle la citation de Lao Tseu:

« il n y a pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur c’est le chemin! »


Continue ces belles rencontres en ouvrant ton cœur comme tu sais le faire…


À très bientôt

Julie


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Nini
29 juil.

Randodou ! Et Franckie,

Merci de nous avoir laissé partager ces kilomètres avec vous.

Pour ma part, je suis passée par toutes les émotions, des grands moments de silence, par chrono de 20 minutes au rire, mais aussi aux larmes. Comme le dit mon adorable Marion, vous avez nos vœux à transporter à Compostelle et nous suivrons avec plaisir vos aventures et nous vous laisserons des messages d’encouragement, autant que nous pourrons. Si le podcast ou blog vocal comme le dit Franck 🤣, c’est avec une immense fierté que nous vous écouterons. On vous passe un grand bonjour, une grosse bise et ULTREIA !!!

Modifié
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Mimi
29 juil.

Fifi et Francky,


Petit message pour vous dire a quel point nous avons été heureuses de pouvoir marcher à vos côtés. Vous êtes deux personnes extras, avec qui il fait bon vivre ! Après notre départ, impossible de ne pas verser ma larme!


Fifi, tu n’es plus seul. Les cartes ont été très claires : prendre une pause, et se laisser guider par une personne qui te veut du bien. Je sais que tu auras compris de qui je veux parler. Tu as nos vœux à apporter à Compostelle. Ne l’oublie pas.


Bref, quand tu auras fini cette aventure, sache que ça n’enlève rien même si des mois seront passés. Tu peux compter sur nous quand tu auras besoin! Entoure…


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Véronique
28 juil.

Bonjour Flo et Franck,

Heureuse d'avoir croisé votre route quelques fois, fugacement mais suffisamment pour avoir trouvé votre "binôme" beau et solide, et dans un profond respect mutuel.

Je vous souhaite un bon chemin, biensur celui qui va mener vos pas jusqu'à Compostelle, mais aussi vos chemins de Vie respectifs.

Je vais continuer à vous suivre avec grand intérêt.

Buen camino, profitez bien

Véronique ( Christelle Eleonore...)

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Eléonore
26 juil.

Hello Flo et Franck ! On s'est croisés plusieurs fois cette semaine entre Nasbinals et Conques, et c'était toujours fugace mais drole et intense. Nous étions 7 filles et vous 2 puis 4 puis 5... On a partagé une baignade dans le Lot quelques cartes de tarot une pizza une pastèque une table de ping pong en ciment... et surtout plein de mots et de chaleur humaine. Quel bel equipage vous faites ! Nul doute que cette aventure vous portera loin. Grosses bises et bon chemin à vous deux. Eléonore.

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