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Binômes et hébergeurs : ces rencontres qui comptent sur le chemin

15 oct.
4 min de lecture

Les gîtes, lieux de repos et de rencontre


Les hébergements sont bien sûr essentiels pour tout grand randonneur : on s’y repose, on y reprend des forces, on s’y lave et l’on s’y régénère au mieux pour reprendre la route le lendemain. Et si les hébergeurs proposent des repas partagés — ce qui est très majoritairement le cas sur le Chemin de Saint-Jacques —, les gîtes sont également des lieux privilégiés de rencontre et d’échanges avec d’autres marcheurs.

Pour les binômes de SEUIL, ces échanges font partie de la pédagogie de la marche. Les jeunes, qui sont habituellement dans un rapport de force avec leurs parents, les enseignants, leurs éducateurs, voire les juges et les gardiens, font l’expérience sur le Chemin d’échanges bienveillants avec des adultes qui se mettent à leur hauteur.


Les marcheurs rencontrés sont généralement admiratifs de découvrir d’aussi jeunes personnes qui ont décidé de marcher trois mois pour se reconstruire et prendre un nouveau départ dans la vie. Les encouragements des personnes rencontrées sont une aide précieuse pour le jeune comme pour son accompagnant.


Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si les jeunes de SEUIL commencent majoritairement à marcher sur le Chemin de Saint-Jacques : il y a des gîtes qui y sont ouverts toute l’année, qui proposent des repas partagés et qui participent ainsi à l’ouverture des jeunes vers des adultes.




Des hébergeurs qui soutiennent les binômes


La première personne que l’on rencontre dans un gîte, c’est toujours l’hébergeur, qui joue par nature un rôle important pour le soutien des marches SEUIL.

Les relations avec les hébergeurs sont naturellement variées et dépendent bien sûr du binôme, et en particulier de son état physique et psychique du moment. L’accueil par les hébergeurs est très bienveillant. L’expérience nous montre qu’une grande majorité d’hôtes sont plutôt enthousiastes, ne serait-ce que parce que la singularité des marches SEUIL va aider à alimenter les discussions du repas.

Plusieurs hébergeurs sont plus particulièrement attentifs aux binômes SEUIL et s’emploient à les encourager et à les soutenir par des paroles fortes, des encouragements et/ou des attentions particulières.

Plusieurs jeunes ont ainsi été bluffés de se voir offrir le petit-déjeuner, le couchage, voire la demi-pension (dont le coût représente assez souvent le budget journalier complet du marcheur SEUIL).

Découvrir la gratuité du don, de la part de personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées et qu’ils ne reverront plus jamais, les marque énormément : la société ne les a pas habitués à la générosité, sans attente de retour.

Quelle que soit la nature du soutien reçu, le simple fait de se sentir encouragé, admiré, soutenu uniquement pour ce qu’il est et ce qu’il fait, participe grandement à la reconstruction du jeune.


SEUIL veut ici remercier tous les hébergeurs qui font preuve d’attentions et d’encouragements particuliers pour les binômes.

Mille mercis ! Vous êtes très précieux !


Vous êtes hébergeur et souhaitez agir concrètement pour SEUIL ?

Affichez les couleurs de Seuil dans votre gîte !




André, au gîte du Pont Eiffel : une rencontre marquante dès le deuxième jour

Nous souhaitons vous partager l’exemple d’André, du gîte du Pont Eiffel à Monistrol-d’Allier, seconde étape !


André y accueille régulièrement depuis 2018 des jeunes de SEUIL qui arrivent chez lui avec les pieds meurtris et leurs premiers coups de blues.

Les premiers jours de marche sont toujours compliqués pour les marcheurs. Pour les jeunes de SEUIL, ce sont des journées tout particulièrement éprouvantes. Partir marcher pendant trois mois, avec un accompagnant qu’ils ne connaissent pas, coupé de tout son environnement habituel, sans téléphone, avec un sac à dos trop lourd et des chaussures qui font nécessairement très mal aux pieds à la fin du deuxième jour de marche, c’est extrêmement difficile.

Ce sont bien sûr les accompagnants qui en parlent le mieux. Nous vous partageons ci-dessous le témoignage de Marielle, qui a marché avec R.





« Monistrol-sur-Allier, une rencontre unique »


C'est le tout début, la deuxième étape pour notre binôme ... L'aventure ne fait que commencer : on se découvre, on "s'apprivoise ".

On fait quelques rencontres mais pas encore la première rencontre forte que j’attends. Ce soir nous serons au gite de chez André, au pont Eiffel.

C'est simple, à son image.

L’arrivée et l’accueil de « Dédé » nous surprennent : le jeune le prend en plein cœur.

Habitué à accueillir des binômes Seuil, André parle au jeune d'égal à égal, droit dans les yeux. Il lui parle du chemin, de la promesse de mille choses à vivre, à traverser et de la force qu'il va trouver en lui.

Avec son franc-parler, son authenticité et son expérience, André lui parle vrai. Il lui dit d'aller jusqu'au bout, qu'il en est capable et qu’il ne sera pas tout seul.


Il lui parle de l’employeur qui lira sur son CV qu’il a obtenu la Compostella, avec le certificat de distance attestant 1500 km en trois mois, et qui lui dira : « Respect jeune homme ». Les mots sont simples et tellement poignants.

Ça y est… On y est !! Ce sont ces rencontres que l’on espère qui aident à avancer, à réfléchir un peu, à passer les coups durs parfois.


Et puis en fin de repas André nous sort une boîte à chaussures, remplie de cartes postales. Il s'adresse de nouveau au jeune. « Quand tu arriveras à Santiago ça me fera plaisir que tu m'envoies une carte postale : voilà un billet de 5 euros pour cela que je donne à ton accompagnante. Ce matin encore j'ai reçu une carte d'un jeune qui aura marché 3 mois, jusqu'au bout ».


Moment très émouvant, André nous lit quelques cartes ... Quel trésor !

Dans cette boîte, des vies de jeunes qui ont repris en main leur chemin, qui en témoignent par cette simple carte à André, souvenir de cette rencontre, de leur jour 2, le tout début de leur grande aventure marche Seuil.


Marielle, accompagnante









 
 
 

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