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"Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose dire ainsi, que dans les voyages que j'ai fait à pied ...".

Qui ne se souvient de cette confession de Jean-Jacques Rousseau ? Le jeune, au terme de son voyage de 1800 kilomètres, peut la faire sienne.

La gravité terrestre nous maintient les pieds au sol. Quand on marche, on retrouve des conditions simples, humbles. Quand on marche, on ne peut pas aller tout le temps contre ... sinon on s'épuise. On est obligé de s'accepter avec ses limites, de gérer son corps, de maintenir ses impulsions, de retenir ses tensions.

La marche Seuil ouvre des horizons, change le statut du jeune, il devient actif de sa propre émancipation et ce, de par sa seule énergie, sa seule volonté.

  • Changer l'image de soi très souvent liée à un contexte social,
  • lâcher prise,
  • se libérer à travers la marche,
  • se rendre disponible au présent, à la rencontre de l'autre, des autres,
  • dépasser des limites qu'on croyait inaccessibles et se reconnaître à sa juste valeur,
  • faire l'expérience de son corps,
  • apprendre à se faire confiance, à faire confiance à l'autre, l'adulte accompagnant, aux autres ...,
  • se donner une rigueur quotidienne.

Telle est la proposition de l'association Seuil. Prendre la route et marcher pour changer.

Après un stage de préparation, le jeune et son accompagnant suivent un itinéraire fixé à l'avance en pays étranger limitrophe de la France au rythme de 25 kilomètres par jour en moyenne pendant 15 semaines.

La présence permanente d'un accompagnant adulte qui partage les mêmes conditions de voyage oblige l'adolescent à réfléchir, plus profondément que jamais auparavant, sur son passé et son avenir. Les éléments structurants sont l'effort quotidien, la gestion de leur matériel, les rencontres et la perspective d'une réussite.

Les marcheurs Seuil ne sont pas entièrement isolés, l'accompagnant, équipé d'un téléphone de l'association, est en contact régulier avec le responsable de marche. Ils reçoivent deux visites de la part du groupe d'évaluation et de soutien composé du responsable de marche, de la psychologue de l'association et du parrain du jeune et des co-marcheurs.

Parcourir les 1800 kilomètres, réussir son objectif, aller au bout des 1800 kilomètres crée une synergie, donne un élan insoupçonné. Profiter de rebondir sur cette réussite.

Dans la très grande majorité des situations le constat de départ n'est pas très encourageant : manque de motivation, pas d'objectifs, pas de projets, situations bloquées ... Seuil veut faire le pari qu'un jeune peut s'en sortir ... en marchant ou du moins créer un élan qui, pour rebondir, serve de base pour se projeter sur un devenir.

Au terme de la marche, le retour se fait en "douceur" : trois jours pour faire le bilan de la marche et finaliser, valider les propositions élaborées, construites pendant tout le parcours en lien étroit avec l'éducateur ou le travailleur social référent du jeune.

La Marche
La Marche / Introduction